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  • il y a 4 heures
Jeudi 26 mars 2026, retrouvez Gérald Grant (Associé et Directeur Délégué en charge de l’allocation d’actifs et de la sélection de fonds, Fundesys) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.

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Transcription
00:04Et pour finir cette émission, l'œil de l'expert, où nous avons le plaisir de retrouver sur le plateau
00:08de Smart Patrimoine, Gérald Grant.
00:09Bonjour Gérald.
00:10Bonjour Nicolas.
00:10Merci d'être avec nous, vous êtes associé gérant chez Fundaisy.
00:13On va se demander ensemble quelle allocation idéale sur les marchés européens à l'heure actuelle.
00:18Donc on va regarder ça sur le moyen long terme, 2026, peut-être même les années suivantes.
00:24Aujourd'hui, rapidement, la conviction que vous avez sur les marchés européens, depuis le début de l'année déjà, est
00:31-ce qu'elle a évolué ?
00:32Et quelle est-elle, Gérald ?
00:33Alors déjà, c'est vrai que chez Fundaisys, nous avons conseillé à nos clients, dès l'année dernière, de commencer
00:40à diversifier un peu plus leur portefeuille vers de l'Europe,
00:43même si, pour être très honnête, le reste des géographies était quand même plus présente dans un portefeuille.
00:49Mais on sentait qu'il y avait quelque chose qui se passait, notamment avec les élections allemandes en début de
00:53l'année 2025,
00:54puis tous les plans dont on a tous entendu parler, qui, effectivement, devaient porter de la croissance ou un peu
01:00plus de croissance à l'Europe.
01:01Et puis, un élément aussi important, c'est que la Banque Centrale Européenne devait continuer à baisser ses taux.
01:07Bien sûr.
01:07Et ça pouvait apporter aussi un support, évidemment, au marché.
01:12Bon, c'est plus tellement le scénario actuel.
01:13Le scénario n'est plus le même, mais c'est aussi peut-être pour ça que les marchés européens ont
01:17plus sous-performé
01:19que les marchés américains, dans la récente phase suite au déclenchement du conflit en Iran,
01:23même si, effectivement, il y a aussi cette dépendance à l'énergie qui est plus forte en Europe.
01:27Je pense que mes camarades de jeu ont pu le dire aussi.
01:29Bien sûr, oui, oui.
01:30Mais ce qui est important de voir, c'est que l'Europe, de toute façon, en tant qu'investisseur européen,
01:34on ne peut pas passer à côté.
01:35La question qu'on doit se poser, c'est pourquoi est-ce qu'on a envie d'avoir de l
01:39'Europe ?
01:39Et qu'est-ce qu'on a envie d'acheter en Europe ?
01:41Parce que je pense que dire « il faut acheter de l'Europe parce que c'est moins cher que
01:45le reste »,
01:45ce n'est pas une bonne raison.
01:46D'accord.
01:46Elle est largement pas suffisante.
01:47Donc là, c'est quand même un désartiment qu'on entend régulièrement.
01:49Oui, mais je pense que ce n'est pas le bon.
01:50Pour la simple et bonne raison, c'est que dans ma carrière qui a commencé maintenant,
01:53il y a quasiment 27 ans sur les marchés,
01:55j'ai vu des boîtes ou des secteurs ou des styles de gestion qui restent sous-valorisés longtemps.
02:02Un exemple, je n'ai rien contre Stellantis,
02:04mais Stellantis, j'ai l'impression qu'on me dit depuis 25 ans que c'est sous-valorisé.
02:09Stellantis, aujourd'hui, c'est 7 fois le PE.
02:10Est-ce que pour autant Stellantis fait une belle perf depuis le début d'année ?
02:13Non, moins 40.
02:14Donc sous-valorisation ne veut pas forcément dire « rattrapage à venir ».
02:17Absolument pas.
02:17Et c'est pour ça qu'il faut être très attentif en Europe,
02:19parce qu'on nous dit tout le temps « ah, c'est moins cher, ah, c'est moins cher »,
02:21mais en fait, ce n'est pas la raison.
02:23L'Europe est moins chère parce que la structure du marché,
02:25la structure sectorielle du marché est totalement différente des autres géographies.
02:29Prenez les États-Unis.
02:30Les États-Unis, c'est 35% de technologies au sens large,
02:34avec la communication, etc.
02:36L'Europe, ce n'est pas du tout ça.
02:37Vous êtes sur des secteurs aux États-Unis qui sont plus chers naturellement.
02:40Donc c'est normal, vous payez de la croissance.
02:41Donc pas de généralisation, mais pour autant,
02:43est-ce qu'il y a des opportunités pour un gérant actif,
02:46pour une gestion active, justement, dans ce contexte de marché actuel ?
02:48Je dirais que tout au contraire, il faut être gérant actif en Europe
02:52parce que justement, il y a de fortes dispersions,
02:54non seulement entre les secteurs,
02:56mais aussi au sein même des secteurs,
02:57il peut y avoir des valeurs qui vont se comporter très différemment.
03:00Donc effectivement, c'est un marché qui laisse la place aux gestions actives,
03:04mais cependant, et moi, je n'ai jamais mis en opposition
03:07gestion active et gestion passive,
03:08parce que les deux correspondent à des besoins bien identifiés.
03:12On parle depuis déjà des mois et des mois du secteur de la défense.
03:15Aujourd'hui, si vous voulez investir le secteur de la défense en Europe,
03:18soit vous êtes titre rare et vous achetez du titre vif,
03:21soit vous achetez un ETF dédié au secteur de la défense européenne.
03:24Parce qu'aujourd'hui, à part quelques maisons de gestion que j'ai en tête,
03:27mais dont je ne ferai pas la publicité,
03:28qui ont pu avoir jusqu'à 30 ou 40% de leurs expositions au secteur de la défense,
03:33je ne connais pas un fonds de gestion active 100% défense.
03:37Donc il y a certains segments où la gestion passive peut venir combler
03:40des lacunes d'investissement quand on veut être très pointu.
03:44Mais de façon générale, c'est vrai que le marché européen est plus value.
03:48N'oublions pas quand même qu'en 2025,
03:49la performance du marché européen s'est faite pour moitié grâce au secteur bancaire,
03:54qui a fait une différence hallucinante et qui a contribué pour moitié.
03:57Est-ce que ça veut dire qu'en tant que gérant actif,
04:00il faut regarder le secteur bancaire en 2026 également ?
04:02Le secteur bancaire présente un intérêt,
04:05c'est que malgré tout, même s'il a été revalorisé,
04:07lui, est encore pas trop cher.
04:10Alors ça, vous allez me dire, c'est contradictoire.
04:11Avec ce que vous avez dit juste avant, oui.
04:12Mais en même temps, c'est un secteur qui était sous-valorisé pour des bonnes raisons.
04:17Et aujourd'hui, les raisons qui avaient apporté cette sous-valorisation
04:20il y a quelques années sont beaucoup moins présentes.
04:23Le seul élément qui est peut-être un peu gênant à court terme sur ce secteur bancaire,
04:27ce sont les taux.
04:28Parce qu'effectivement, vous l'avez souligné,
04:30on attendait plutôt des baisses de taux,
04:32ou peut-être encore une baisse de taux de la part de la BCE en début d'année.
04:35La situation aujourd'hui fait qu'on est plutôt,
04:37avec les déclarations de Christine Lagarde,
04:39ou même de Casimir, le banquier central-slovaque,
04:43plutôt sur peut-être une hausse de taux.
04:45Alors, est-ce qu'on va l'avoir ? J'en sais rien.
04:46Mais en tout cas, c'est ce que pense le marché.
04:48Et dans ce cadre-là, ça veut dire un aplatissement de la courbe,
04:52parce que finalement, les taux courts ont plus monté que les taux longs.
04:55Et ça, ce n'est pas très favorable à l'activité bancaire principale,
04:58qui est la transformation.
04:59J'emprunte cours, je prête long.
05:01Après, il y a bien d'autres activités,
05:02bien sûr dans les banques, notamment les généralistes,
05:04comme une BNP qui s'en sort bien sur les marchés,
05:06mais il y en a d'autres qui s'en sortent aussi beaucoup moins bien.
05:09Quelle allocation idéale sur les marchés européens,
05:11si on peut donner une allocation idéale au moyen-long terme ?
05:13Alors, je pense que déjà, l'allocation idéale,
05:15c'est de garder en tête une sélectivité
05:17entre les boîtes qui sont capables d'avoir du pricing power,
05:21parce qu'effectivement, ce qui se passe en ce moment, ça va jouer.
05:24Le fait que le choc énergétique,
05:26dont on ne sait pas combien de temps il peut durer,
05:27s'il dure, des études montrent que ça peut être un frein fort
05:32sur les croissances des bénéfices.
05:34Si d'aventure, ça dure de 6 à 9 mois
05:36et que le pétrole reste autour des 100 et 110,
05:38on peut enlever jusqu'à 13% de croissance des bénéfices.
05:42Quand on sait qu'on en attend à peu près entre 10 et 15,
05:44ça veut dire qu'on peut être encore une deuxième année
05:46autour de zéro sur la croissance des bénéfices européens.
05:49Donc ça, ce n'est pas bon.
05:50Dans ce cadre-là, il vaut mieux aller cibler
05:52les segments qui ont du pricing power
05:54et qui peuvent effectivement s'en sortir
05:56sur leur marge et les croissances des bénéfices.
05:59Donc il y en a, bien évidemment.
06:02Les bancaires, s'il n'y a pas trop d'aplatissement de la courbe,
06:04ça peut être une idée.
06:05Mais il y a aussi potentiellement la défense
06:07qui est toujours un secteur qui est intéressant
06:09compte tenu évidemment de tous les plans qu'on connaît.
06:11Je ne vais pas me répéter là-dessus, tout le monde le dit.
06:14Souveraineté, défense ou souveraineté ?
06:16Alors effectivement, la souveraineté,
06:18on peut la prendre au sens large
06:19parce que la souveraineté, c'est aussi les chaînes d'approvisionnement,
06:22c'est aussi l'énergie, c'est plein de choses en Europe.
06:25Il y a quand même des sujets qui vont être plus compliqués.
06:27Je pense que l'énergie est un sujet
06:28que l'Europe doit traiter de façon sérieuse.
06:30Je pense que les dernières déclarations
06:33des autorités européennes
06:34sur l'erreur énergétique sur le nucléaire
06:38est un vrai sujet.
06:39Nous, par exemple, on aime bien tout ce qui est lié au nucléaire.
06:42Alors évidemment, ça peut être global,
06:43mais en Europe, il y a des choses aussi à faire
06:44sur tout ce qui est transformation énergétique
06:47et tout ce qui va être lié
06:48à l'électrification de l'économie
06:50et l'utilisation dans les modèles d'IA.
06:53Alors évidemment, c'est plus peut-être en dehors d'Europe,
06:55mais il y a aussi quelques boîtes niches en Europe
06:58qui peuvent en tirer parti.
07:00Merci Gérald Grand de nous avoir accompagné
07:01dans la dernière partie de cette émission Smart Patrimoine.
07:04Et je vous dis à très vite sur Be Smart for Change.
07:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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