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  • il y a 10 heures
Retrouvez le débrief de l'actu du lundi 23 mars dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bonjour Wilfried, directeur général adjoint de Montpensierre VEL, on a l'étau obligataire qui a ouvert à 8h avec un
00:06OAT à 3,80.
00:08Sur l'Italie on a dépassé les 4, sur la main on avait déjà dépassé les 3 vendredi, mais on
00:12est à 3,06, ça commence à se tendre sérieusement.
00:16Oui ça va vite, ça va vite en Europe, ça va vite aux Etats-Unis, puisqu'on n'est pas
00:20très loin maintenant du seuil de 4,5%
00:24qui est l'antichambre des fameux 5% qui fait peur à tous les investisseurs qui ont des tiens du
00:30dollar, c'est les taux US.
00:32Là on est à 4,41, vous le voyez déjà à 4,5.
00:35En fait c'est le seuil, souvenez-vous il y a à peu près un an au moment du fameux
00:39Liberation Day, exactement,
00:40où à un moment donné il s'est dit non mais là il va falloir quand même que je nuance
00:43un peu mon propos parce que j'ai un vrai sujet.
00:46En fait ce qu'on voit c'est qu'on parle beaucoup effectivement des coûts de l'énergie,
00:50aujourd'hui on sait que l'économie, la croissance c'est de l'énergie transformée,
00:54mais aujourd'hui l'économie et la croissance c'est aussi et peut-être même encore surtout de la dette
01:00transformée.
01:01Et donc quand le coût de la dette augmente de façon forte, vous avez une pression sur toutes les économies,
01:06à la fois les économies publiques mais aussi les économies privées, qui devient extrêmement importante.
01:12Aujourd'hui aux Etats-Unis cette année, avant la hausse des taux qu'on avait,
01:15on avait fait les calculs, on devait payer, le trésor américain devait payer en intérêt seulement 1000 milliards de dollars
01:23sur sa dette.
01:24Donc la bonne nouvelle c'est quand vous dites que vous avez dépensé à peu près 200 milliards de dollars
01:28pour la guerre en Iran,
01:29quand vous payez 1000 milliards de dollars pour le service de votre dette,
01:32finalement ça reste gérable.
01:35Mais ce qui n'est pas gérable c'est effectivement dans toutes les économies,
01:39cette hausse extrêmement considérable des taux de refinancement.
01:42Parce que ça veut dire que c'est vos projets, voire votre vie quotidienne,
01:46quand vous devez payer les dépenses, les infrastructures, le social,
01:51qui effectivement est extrêmement contraint.
01:53Et là on commence à atteindre également un niveau où tous les investissements qui sont faits,
01:58en particulier les investissements dans la tech,
02:00qui commençaient à être mis en cause en disant mais est-ce que la rentabilité est là ?
02:04Quand vous passez d'un taux d'intérêt de 3% à 5% sur la dette de ces entreprises,
02:11vous avez quand même pas mal de seuils de rentabilité qui remontent quand même très fortement.
02:16Et là la question c'est comment est-ce que les flux de financement vont s'adapter,
02:20d'où beaucoup de volatilité, y compris sur les taux.
02:22On parle beaucoup de la volatilité sur le marché des actions,
02:25la volatilité sur les taux est également en train de monter de façon très importante.
02:28Ce qui veut dire que c'est toujours à la fin les taux obligataires qui décident ?
02:32En fait, comme la matière première numéro 1 de l'économie, c'est l'argent et c'est la dette,
02:39c'est le coût de cette matière première qui effectivement détermine la trajectoire.
02:43Et donc quand vous avez un peu de variation,
02:45vous dites que la trajectoire elle ne va pas énormément bouger,
02:47mais dès que vous commencez à avoir des variations un peu plus importantes,
02:50c'est comme des énormes paquebots.
02:52Alors c'est vrai que l'image n'est peut-être pas très bien choisie en ce moment,
02:56mais c'est extrêmement...
02:58En fait, les taux obligataires, vous avez beaucoup d'acteurs dans le marché obligataire
03:02qui en fait ne vendent jamais.
03:03Parce que quand vous êtes investi par exemple en France dans un assureur
03:07avec un énorme fonds en euros, vous ne vendez pas de la dette.
03:11Sauf qu'à un moment, quand vous commencez à avoir des mouvements très forts,
03:15vous êtes obligé de commencer à bouger.
03:17Et là, vous avez ce socle qui était censé être un socle extrêmement stable,
03:22qui devient beaucoup plus mouvant.
03:24Donc non seulement les taux remontent,
03:25mais en plus, la volatilité sur les taux fait que vos calculs deviennent beaucoup plus compliqués.
03:29Donc c'est ça qui est très important.
03:30Le seuil pour vous, Wilfried, auquel Donald Trump recule, le seuil taco,
03:36c'est 4,5 sur le 10 ans, c'est à peu près ça ?
03:39En fait, il y a trois seuils importants sur la dette américaine.
03:42Il y a 4,5 parce que c'est la porte ouverte au fameux seuil psychologique des 5%.
03:46Vous savez que vous n'êtes vraiment pas loin, et donc là, il va falloir agir.
03:50Et celui qui est juste après, c'est 6%.
03:52On sait qu'à 6% sur les taux...
03:55Et sur le 10 ans ?
03:56À 6% sur le 10 ans, c'est là où les grandes turbulences financières se déclenchent.
04:01Ça s'est déclenché en 1929, ça s'est déclenché en 2008.
04:046%, c'est véritablement quelque chose que les investisseurs ont en tête
04:08comme étant un seuil vraiment dont il ne faut pas s'approcher.
04:11Et donc, quand on commence à être à 4,5 avec une remontée très forte,
04:14on se dit, attention, on n'est pas loin de la zone orangée
04:19où il faut faire très attention,
04:21surtout que l'économie américaine est beaucoup plus endettée qu'elle l'était il y a quelques années.
04:24Mais il recule, Wilfried, il fait quoi ?
04:25Parce que là, on en est à des menaces d'atteindre les infrastructures électriques.
04:28C'est extrêmement compliqué, c'est-à-dire que c'était Frédéric Ancel qui disait
04:34il y a trois raisons pour faire la guerre.
04:36Il y a l'intérêt, la peur et l'honneur.
04:39Là, on a l'impression qu'on tombe dans l'honneur.
04:41C'est-à-dire qu'on tombe dans la guerre de vengeance
04:43et on tombe dans quelque chose qui est assez peu difficilement lisible.
04:47Donc, pour les marchés, c'est extrêmement compliqué
04:49parce que la seule chose que vous avez en fait pour vous rattraper,
04:52ce sont les précédents historiques et les statistiques.
04:54En disant, finalement, les chocs géopolitiques,
04:57c'est à peu près une dizaine de pourcents,
05:00entre 10 et 15% sur le marché actions.
05:01Donc, on n'est pas très loin d'avoir ces seuils-là.
05:04On est à peu près sur 30 à 45 jours de choc.
05:08Là, on commence à atteindre effectivement ces seuils-là.
05:10Mais pour le reste, ce sont des décisions
05:12qui sont purement des décisions politiques
05:13avec un rationnel derrière qui semble changer.
05:17C'est-à-dire qu'en 48 heures,
05:20on est passé de « j'ai quasiment fini et je me retire »
05:23à « je vous donne 48 heures pour faire ce que je vous dis ».
05:27Sinon, je tape les infrastructures.
05:29Ça, effectivement, c'est extrêmement dangereux.
05:31Il nous reste une minute, mais on disait ce matin,
05:33on a perdu 1000 points sur le CAC 40 depuis février.
05:37Les marchés américains tiennent quand même un peu.
05:39On perd 10% sur 20 jours, mais on ne perd pas 10% par jour.
05:42Exactement.
05:43Et en fait, on a l'impression que par rapport à notre propos
05:46sur les taux d'intérêt qui sont quand même largement pilotés
05:49par la crainte que les États fassent un peu n'importe quoi
05:52dans cette situation-là,
05:53il y a la sensation que les entreprises
05:56sont un peu les derniers adultes dans la pièce.
05:59et qu'ils vont prendre des décisions qui sont rationnelles
06:01et que tant qu'à faire, pour mettre son argent,
06:03on a effectivement soit le dollar,
06:05soit directement investir dans les entreprises,
06:07celles qui ont un cash flow qui est important,
06:11qui ont su s'adapter à des crises extrêmement majeures.
06:14Donc la tech, c'est la valeur refuge, c'est mieux que l'or.
06:17Voilà, c'est un peu le lingot d'or de l'économie maintenant.
06:20Merci beaucoup Wilfried,
06:20d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.

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