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  • il y a 3 jours
Retrouvez le débrief de l'actu du lundi 26 janvier dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bon les briefs, les informations de la matinée avec Wilfried Galland, bonjour, directeur général de Montfancière Beuvel.
00:05Pierre-André Tchalandard nous disait quelques instants, ce sont les taux américains et les marchés qui ont fait reculer Donald Trump.
00:10Vous partagez cet avis là ?
00:11Tout à fait, tout à fait. Il ne faut pas oublier qu'on est dans un monde de matières premières,
00:15et la première matière première de l'économie américaine, comme de beaucoup d'économies, c'est la dette.
00:19Et le prix de la dette, c'est les taux.
00:21Et donc quand le prix augmente, tout le monde commence à devenir nerveux, et même Donald Trump commence à devenir nerveux.
00:26C'est exactement ce qui s'était passé lors du fameux Libération Day.
00:29Souvenez-vous, on avait eu une poussée de la dette américaine, et ça fait partie des critères, pas que,
00:33mais ça fait partie des critères qui ont poussé Donald Trump à dire, bon, peut-être que j'y suis allé un petit peu fort.
00:38Là, effectivement, on a, d'un point de vue économique, une sanction qui aurait pu être assez radicale sur l'économie américaine,
00:44quand on sait en plus que Donald Trump, sa première préoccupation pour les Américains, c'est de faciliter l'accès au crédit.
00:50On le voit, il insiste beaucoup sur le fait que les cartes de crédit ne doivent plus être à 20, 25, 30% de taux d'intérêt,
00:57mais surtout pour le logement, parce que les taux des cartes de crédit dépendent essentiellement des taux à court terme.
01:03Ça, à la limite, on peut dire, il peut faire pression sur la Fed pour les piloter.
01:06Sauf que les taux à long terme, vous ne faites pas pression sur la Fed pour les piloter.
01:09Lorsque la Fed a commencé à baisser ses taux en septembre 2024, les taux à long terme étaient inférieurs à ceux qui sont aujourd'hui.
01:16Depuis, elle a baissé les taux de 175 points de base, presque 2%.
01:20Et les taux à long terme ont monté par rapport à cette marque-là.
01:24Donc ça, c'est très mauvais pour lui.
01:24En fait, ça veut dire qu'effectivement, on renchérit les coûts de financement de l'économie.
01:29Il y a des bonnes raisons.
01:29Ça veut dire qu'on a confiance aussi dans la croissance américaine.
01:33Sinon, quand on price une récession ou une dépression, les taux s'effondent.
01:37Donc, ce n'est pas le cas.
01:38Mais ça veut dire quand même qu'on a un sujet d'équilibre financier aux États-Unis
01:43sur une économie qui tient beaucoup avec la dette.
01:45Et donc là aussi, Donald Trump est forcé de faire attention.
01:47Et je suis d'accord avec Pierre-André de Chalandard.
01:49C'est un des éléments très importants.
01:50Et c'est une lente augmentation, mais ce n'est pas par à-coups.
01:53On n'a pas vu, après le Grand-Léland, un pic.
01:55Ça a augmenté ces dernières semaines, petit à petit.
01:58Exactement.
01:59Surtout à 10 ans.
02:00Compte tenu à la fois de la progression de la productivité aux États-Unis
02:05et du faible taux d'inflation déjà aujourd'hui,
02:07normalement, on devrait avoir des tendances désinflationnistes relativement fortes
02:13avec en plus une croissance importante.
02:15Donc normalement, on ne devrait pas avoir même de stabilité des taux.
02:18On devrait plutôt avoir une baisse des taux.
02:21Quand on a une montée même très progressive des taux,
02:23ça veut dire qu'on a cette tension sur, je rappelle une fois de plus,
02:27les taux d'intérêt, c'est le prix du risque et le prix du temps.
02:29Ça veut dire qu'on a une tension là-dessus.
02:31Et là aussi, une économie aussi endettée que les Américains
02:35et Donald Trump, il ne faut pas oublier, c'est un homme de l'immobilier.
02:39Donc sa matière première, là aussi, c'est le crédit.
02:40Il regarde ça de façon très attentive.
02:42Pendant son à côté européen, on a le spread entre l'OAT et le BUN.
02:46Donc les taux français, les taux allemands qui se resserrent,
02:47ce n'est pas grâce aux taux français, c'est grâce aux taux allemands qui remontent.
02:50Ou à cause.
02:52En fait, ce qu'on voit, c'est qu'on a en Europe une anomalie
02:56qui était l'anomalie allemande d'une utilisation extrêmement faible
03:00des capacités d'endettement de l'économie,
03:02de cette flexibilité bilentaire quand on parle entreprise,
03:04qui n'était pas du tout utilisée.
03:06Là, effectivement, les Allemands commencent à l'utiliser.
03:08On commence à avoir de la dette allemande qui arrive sur le marché.
03:12Ça marche d'ailleurs, puisqu'on commence à avoir la production industrielle allemande
03:15qui remonte, ça c'est quand même une bonne nouvelle.
03:17Mais ça veut dire aussi qu'effectivement, on a une pression
03:19sur l'économie allemande, sur le taux de financement allemand,
03:22qui est supérieur.
03:23Ça nous permet d'avoir une espèce de cohérence,
03:26une reconvergence des taux d'intérêt dans la zone euro.
03:30C'est globalement plutôt une bonne nouvelle,
03:31parce que ça veut dire que, vu des marchés,
03:34il y a moins de primes de fragmentation,
03:36il y a moins de primes de dislocation de la zone euro.
03:38C'est quand même, dans un monde extrêmement instable,
03:41ça, ça fait un facteur d'instabilité en moins, c'est plutôt pas mal.
03:43Ce qui est inquiétant, c'est les chiffres sur les ETI
03:45qui ont été publiés par le METI,
03:46sur les intentions de recrutement.
03:49Alors là, on est sur baisse de 13%
03:51sur les créations d'emplois,
03:52baisse de 17% de l'investissement,
03:54hausse de 22% des licenciements.
03:55Ça, c'est sur l'année 2025.
03:56Tout à fait.
03:57Et ça vient, en fait, après d'autres études,
03:59des études de Rexécode en particulier,
04:00qui montraient que le tissu économique profond de la France,
04:03je ne parle pas des 300 plus grandes entreprises,
04:04mais le tissu économique profond français
04:06souffre énormément de charges importantes,
04:10en fait, d'un climat global,
04:11qui est un climat à la fois d'incertitude
04:13et de pression fiscale.
04:14Et les deux en même temps,
04:15et j'insiste, c'est vraiment les deux en même temps,
04:17pas uniquement l'incertitude,
04:18c'est l'incertitude et la pression fiscale,
04:20et la conviction qu'en fait,
04:22que ça ne peut qu'aller de mal en pis,
04:24qu'effectivement, qui bloque les projections vers l'avenir,
04:28à tel point que ce qu'on voit,
04:29c'est quand même une divergence
04:30entre les intentions d'investissement à l'étranger
04:33et les intentions d'investissement en France.
04:35On voit qu'il y a toujours des capacités,
04:37ou en tout cas des projets,
04:38pour aller se développer à l'étranger,
04:40et moins en France,
04:41on construit moins d'usines,
04:42on en ferme,
04:43c'est quand même notre tissu productif,
04:44on parle beaucoup de notre capacité à créer des alliances,
04:46on ne peut créer des alliances que si on est fort.
04:48Il nous reste 20 secondes,
04:49l'or à 5 000 dollars ?
04:50C'est un vrai signal d'acconfort global
04:53dans le système financier,
04:54d'acconfort global sur la dette américaine
04:56et sur le dollar.
04:57C'est ça en fait qui explique la montée de l'or.
04:59C'est un mauvais signal quand même.
05:00Ce n'est pas un bon signal du tout, non.
05:01Merci beaucoup Wilfried d'être venu ce matin.
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