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  • il y a 2 jours
Ce vendredi 20 mars, Christopher Dembik répond à vos questions dans l'émission Tout pour investir, la masterclass, sur BFM Business. Retrouvez l'émission tous les vendredis à 11h.

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Transcription
00:00Tout pour investir, la masterclass, Christopher Dembic vous répond.
00:04On se retrouve pour les questions-réponses et bien sûr n'hésitez pas, vous pouvez nous poser vos questions
00:09et notamment sur mon compte X, on y répond chaque semaine.
00:12On va commencer par une première question de Pierre concernant les stratégies long-short.
00:18J'ai entendu que les stratégies long-short sont bien adaptées en période d'aversion au risque,
00:22comme c'est le cas actuellement, mais de quoi s'agit-il en détail ?
00:25Finalement, on a invité Mathieu Barrière, il les a un peu évoqués lorsqu'il a évoqué le fait d'être
00:29long
00:29sur certaines actions et d'être short sur d'autres, donc d'être acheteur et vendeur sur certaines actions.
00:34Ces stratégies-là qu'on retrouve notamment via des fonds, mais qu'on peut faire finalement en tant que particulier,
00:39c'est une stratégie concrètement de stock picking qui a pour avantage d'être extrêmement décorrélée
00:44du marché des actions et des taux, puisque l'objectif, c'est finalement dans une phase de hausse,
00:50de capter la hausse, probablement pas intégralement, mais surtout le point qui est important,
00:54c'est quand on est dans une phase de baisse des marchés,
00:56cette type de stratégie permet de réduire vos pertes, voire potentiellement d'être en positif,
01:01puisque quand on regarde à l'heure actuelle, vous avez une myriade de fonds
01:04qui sont sur ce type de stratégie long-short et qui performent très très bien,
01:07qui performent mieux que leurs indices de référence et qui s'en sortent bien
01:11parce qu'ils arrivent à contenir justement les excès en termes de volatilité,
01:14de mouvements baissiers du marché des actions.
01:17Concrètement, comme je vous l'ai dit, c'est vraiment une stratégie qui repose comme sur du stock picking,
01:21donc c'est extrêmement simple, si vous sélectionnez une entreprise que vous allez acheter,
01:25on pensera par exemple à tout hasard, c'est vraiment juste pour illustrer,
01:29on va être long acheteur sur Nvidia parce qu'on considère par exemple que c'est une entreprise
01:33qui a encore beaucoup de potentiel, il y a eu la conférence de Nvidia qui a eu lieu cette semaine
01:38qui s'est plutôt bien passée avec de nouvelles annonces,
01:40en revanche on va être short vendeur et encore une fois c'est un exemple d'Intel.
01:45Voilà, ça vous permet d'avoir un cadre et vous jouez avec ce type de stratégie,
01:48donc c'est vraiment des stratégies purement de stock picking et j'insiste,
01:52qui sont extrêmement bien adaptées pour les périodes d'incertitude,
01:55de forte volatilité, de mouvements erratiques des marchés
01:58et qui s'adaptent aussi assez bien en règle générale au marché boursier chinois
02:02qui est très loin d'être le plus volatile,
02:04mais en revanche vous avez beaucoup d'immixion du politique,
02:06parfois ça peut être aussi dur de bien appréhender ce qui se passe sur les entreprises chinoises,
02:11donc ce type de stratégie long short peut être plutôt assez opérante
02:14de manière extrêmement nette sur ce type de marché,
02:17donc soit en période de risque géopolitique,
02:19soit avec une adaptabilité qui est assez nette sur le marché boursier chinois.
02:23Autre point, qui est bien sûr le pétrole,
02:27on en a un tout petit peu parlé avec Benjamin Louvet en introduction,
02:31donc c'est une question de François-Xavier,
02:34le pétrole est-il le nouveau trade de l'année ?
02:37Alors si on regarde en termes de flux,
02:38et vous le savez, si vous nous suivez assez régulièrement dans la masterclass,
02:41on regarde de manière très très récurrente tout ce qui se passe en termes de flux,
02:45y compris des fonds spéculatifs, de flux des investisseurs, notamment via les ETF.
02:50Le point qui est important, c'est qu'on le voit,
02:52vous avez eu bien sûr les fonds spéculatifs qui sont rentrés acheteurs sur tout ce qui est pétrole,
02:58donc aussi bien Bren, WTI ou encore entreprises pétrolières.
03:01Les dernières données qu'on a en termes de flux du côté américain sur les investisseurs,
03:06donc de type particulier américain,
03:09c'est qu'aujourd'hui ils font réellement un pari sur le fait que le pétrole va continuer d'augmenter.
03:14Alors peut-être un message de prudence à cet égard.
03:17Un, le message qui est assez évident, c'est un, on a assez peu de visibilité bien sûr sur le
03:21conflit,
03:21pour ainsi dire on en a zéro, donc il fait assez limpide,
03:24c'est pour ça qu'on est tous très prudents dans toutes les émissions de BFM Business,
03:28et notamment dans Tout pour investir sur les différents scénarios,
03:31on en est contenté à différents scénarios.
03:33Le deuxième point, et c'est ce qui a été mis en avant par Benjamin Louvet en introduction,
03:38les matières premières, il faut systématiquement regarder l'offre et la demande.
03:43Sur le marché du pétrole, en règle générale, c'est plutôt l'offre qui va fixer le prix.
03:48Sur les autres matières premières, par exemple le cuivre, ça va être plutôt la demande qui fixe le prix,
03:52donc il y a cette divergence à prendre en considération.
03:54Et le message de prudence, c'est quoi ?
03:56C'est bien évidemment, quand vous êtes aujourd'hui,
04:00quand on regarde l'évolution du marché pétrolier,
04:02on est plutôt sur un marché qui est ultra spéculatif,
04:05avec un, la première brique, bien sûr la géopolitique et les disruptions éventuelles,
04:09mais vous rajoutez une brique supplémentaire avec les positions qui sont plutôt acheteuses des fonds spéculatifs
04:15et la dernière brique qui va être les ménages, les investisseurs particuliers américains
04:20qui, potentiellement via des ETF, en tout cas spéculent aussi sur le prix du baril de pétrole.
04:24Ça veut dire quoi ?
04:25Quand on est sur un marché ultra spéculatif,
04:27on peut avoir des mouvements de prix dans tous les sens, de manière très très rapide
04:30et malheureusement, on peut avoir des pertes aussi qui sont très importantes,
04:33donc vraiment un message de prudence,
04:34si vous n'exagez aujourd'hui d'être exposé sur le marché pétrolier,
04:37c'est un marché qui est ultra spéculatif,
04:39donc avec les risques éventuels à prendre en considération.
04:42Et on a une dernière question d'Anna,
04:44ce ne sera pas moi qui vais y répondre,
04:46c'est notre invité aujourd'hui, Florian Yelpo,
04:49vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier,
04:51ravi de vous retrouver dans notre émission.
04:53La question d'Anna concerne les marchés émergents.
04:58On note depuis le début de la guerre des flux sortants massifs des marchés émergents,
05:01effectivement notamment via les ETF,
05:03on a quelques données qui corroborent cette ascension.
05:06Est-ce la fin de ce trade qui était présenté comme incontournable en début d'année,
05:11ou est-ce que c'est juste une sorte de parenthèse selon vous ?
05:14Bonjour Christopher, bonjour à tous,
05:16et puis bonjour Anna, merci pour la question.
05:19Il est important de comprendre le point de départ,
05:21c'est-à-dire le moment où on est rentré dans cette crise,
05:25les marchés émergents étaient l'un des grands performeurs de l'année,
05:29les actions émergentes arrivaient à quelque chose de l'ordre de 15%.
05:34L'Europe était à 8% et les actions mondiales étaient à peu près entre 3 et 4%.
05:40Le point central à comprendre, c'est ce qu'on vend en priorité dans ces moments-là,
05:47c'est justement ce qui vient de faire bien, on monétise ces gains tout simplement.
05:52Oui, les actions émergentes ont souffert,
05:57mais néanmoins, elles n'ont pas encore perdu l'attrait qu'elles avaient auparavant.
06:02Pourquoi ? Parce que ces actions émergentes, c'est essentiellement un élément de long terme.
06:08Déjà, faisons la différence entre les émergents de l'Amérique latine et les émergents de l'Asie.
06:15Ce qu'on dit souffrir, c'est davantage l'Asie émergente qui n'est pas productrice,
06:20en tout cas pour une majorité de ces pays-là, de matière première.
06:25Le point sur lequel j'aimerais insister, c'est ce qui fait qu'une classe d'actifs actions
06:30a de l'intérêt, a de l'attrait à long terme,
06:33c'est la capacité de la zone à générer des gains de productivité.
06:36Ce sont les gains de productivité qui font la majeure partie des profits
06:40qui vont devenir ensuite des dividendes et de la performance d'un marché.
06:44Généralement, cette productivité, elle croît de façon plus rapide
06:49dans les zones où on commence à enregistrer un ralentissement démographique.
06:53Vous me voyez venir, la Chine, l'Asie du Sud-Est, là-dessus,
06:56c'est l'une des grandes thématiques séculaires de la zone.
07:01Pourquoi est-ce que c'est important ?
07:02Parce que quand la démographie décline,
07:04l'adoption de la technologie se met à accélérer
07:06et les gains de productivité surviennent à ce moment-là.
07:10Donc la thématique Asie, la thématique émergente,
07:14pour nous, elle reste un tas.
07:15Simplement, on est en train de reconstituer des points d'entrée intéressants.
07:19Deuxième point, et je m'arrête après,
07:22pensons également que les émergences, c'est aussi des obligations.
07:26Les taux d'intérêt associés aux obligations émergentes,
07:30oui, se sont écartés, ont remonté,
07:32mais probablement pas autant qu'on le croit.
07:34C'est-à-dire que oui, les obligations qui viennent de la zone Afrique
07:38ont plutôt souffert.
07:39L'Amérique latine, on est à 0% d'écartement des taux
07:43et en Asie, on est à 35 points de base, 0,35%.
07:47C'est exactement l'écartement des taux aux États-Unis.
07:50Donc attention à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain,
07:54on a encore de l'intérêt pour les obligations émergentes.
07:57Elles ont relativement bien tenu dans la tourmente
07:59et en comparaison du reste de l'obligation.
08:02Et puis les actions, encore une fois, c'est une thématique séculaire,
08:04pas une thématique cyclique.
08:06Oui, je suis à ligne avec vous.
08:07C'est-à-dire que quand on regarde même,
08:09effectivement, il y a des flux sortants, bien sûr, du côté des émergents,
08:11mais on n'est pas sur un phénomène de panique,
08:13on n'est pas sur des montants sortants qui sont records.
08:16Or, surtout quand on regarde que les flux entrants en janvier et février,
08:20quasiment jusqu'au déclenchement du conflit,
08:23étaient records sur certaines zones, je penserais notamment au Brésil.
08:26Il y a un point qu'on met toujours en avant, c'est sur le dollar.
08:29Je pense qu'on avait dû échanger sur ce sujet au cours des précédents mois.
08:33Vous n'avez pas changé de dynamique.
08:34C'est-à-dire qu'on a un léger renforcement du dollar,
08:37qui n'est pas si important que ça, d'ailleurs, au regard du conflit et de l'incertitude.
08:41Vous considérez que le dollar va continuer de baisser
08:43ou est-ce que vous avez changé en termes de perspective
08:45et est-ce que ça aurait un impact, justement, sur votre positionnement émergent ?
08:49Alors, pour l'instant, pas.
08:52C'est-à-dire qu'on est encore, comme vous le disiez avant mon intervention,
08:56dans cette zone de flou.
08:58Une progression du prix du Brent qui tutoierait les 150 dollars le baril,
09:03comme on peut le lire ici ou là, changerait considérablement la donne.
09:07Je mets ce cas-là de côté.
09:08Si on met ce cas-là de côté, alors si on pense structurelle,
09:11on pense productivité relative dans l'ensemble,
09:14ce qu'on anticipe encore, c'est une amélioration de la productivité en Asie globalement.
09:18On appelle ça Eja Maxima.
09:20Il y a de très bonnes raisons d'anticiper,
09:22notamment la démocratie, comme je le précisais.
09:24L'Europe est dans le même panier.
09:25Le Japon est dans le même panier.
09:27Donc, on a des momentum de productivité
09:28qui devraient être plus appuyés chez ceux qui ne payent pas le coût de l'IA.
09:33Ça n'est pas le cas des États-Unis.
09:34C'est un des éléments qui devraient peser encore à moyen terme sur le dollar.
09:38Merci beaucoup pour ces éclaircissements, Florian Yelpo.
09:41Vous êtes en charge de la macroéconomie chez Lombard-Odier.
09:44Merci.
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