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Samara Facilities se présente comme un cabinet d’ingénierie événementielle. Son plus par rapport aux autres agences du secteur : il crée une chaîne de valeur qui apporte un impact sur l'économie locale. L’entreprise va chercher des talents dans des territoires périphériques pour les mettre au service des besoins de grandes entreprises.
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00:06C'est le zoom de ce Smart Impact, on explore le secteur de l'événementiel,
00:10comment le mettre au service des territoires tout en pariant sur l'économie sociale et solidaire.
00:15Bonjour Sarah Ouattara, bienvenue.
00:16Bonjour Thomas, merci beaucoup.
00:18Vous êtes la fondatrice de Samara Facilities que vous avez créée il y a 10 ans, en 2016,
00:23donc déjà bon anniversaire.
00:24Merci.
00:25Pourquoi vous l'avez créée ? C'est quoi l'idée de départ ?
00:27L'idée de départ, c'est vrai que moi je ne suis pas du tout entrepreneur au départ,
00:31mais j'avais vraiment à cœur de remplir une mission, valoriser les territoires,
00:35surtout les territoires périphériques, et j'ai trouvé ce prétexte-là d'aller sourcer des talents locaux
00:41et de les mettre au service d'entreprise.
00:43Rien de plus que ça au départ.
00:45D'accord, donc c'est de l'événementiel au service des talents locaux
00:49qui met en contact les talents locaux et des grandes entreprises, c'est un peu ça l'idée ?
00:52Oui, avec une troisième intervention, c'est et les territoires, et les talents locaux, et les entreprises.
00:58Comment est-ce qu'on peut faire marcher tout ça ensemble ?
01:01Oui, alors vous parlez d'un cabinet d'ingénierie événementielle.
01:05Comment il fonctionne, ce cabinet d'ingénierie événementielle ?
01:08Alors concrètement, c'est vrai qu'une agence événementielle classique,
01:11elle a déjà une grosse mission d'organisation et de chefferie de projets pour des événements,
01:17mais au-delà de ça, nous on est beaucoup en amont sur la conception,
01:20sur comment créer une chaîne de valeur qui va permettre à un événement,
01:24quand il est livré, d'avoir vraiment un impact sur l'économie locale
01:27et d'avoir un impact concret sur ces talents de l'économie de proximité,
01:33les artisans, chefs chantiers d'insertion, PME familiale, etc.
01:39Et donc ça suppose, juste pour bien comprendre,
01:42d'intervenir presque à l'origine d'un projet d'événement, c'est ça ?
01:47Alors il y a deux formats.
01:48En effet, on a des entreprises qui savent déjà ce qu'elles veulent
01:51ou qui ont l'habitude de travailler avec nous
01:52et qui vont passer une commande un petit peu plus précise,
01:55ou d'autres qui en effet ont un objectif à atteindre
01:59et nous laissent vraiment la main sur toute la réflexion jusqu'à la livraison
02:02et même au-delà, parce qu'on lui remet les éléments pour pouvoir mesurer
02:06à quel point elle a impacté l'économie locale.
02:09Oui, parce que ça rentre évidemment dans un bilan RSE d'une entreprise
02:13qui va pouvoir intégrer ça, notamment dans le S de sociétal,
02:18dans l'acronyme RSE.
02:20Donc d'une certaine façon, vous êtes en prise avec l'économie sociale et solidaire.
02:25Ce n'est peut-être pas le mot que vous aviez en tête
02:27quand vous avez créé Samara Facilities,
02:29mais finalement vous vous rendez compte que vous faites partie de cette économie-là ?
02:33Tout à fait, et vous avez tout à fait raison,
02:34c'est qu'au départ on ne se définissait pas comme cela.
02:37Moi je n'avais pas une grande idée de l'économie sociale et solidaire,
02:41encore moins de la cause, ou en tout cas de la recherche de préserver l'environnement.
02:46Et c'est au fur et à mesure des actions posées
02:48qu'on s'est rendu compte que oui, en choisissant tel prestataire
02:52ou tel fournisseur, on pouvait limiter les contraintes environnementales et sociétales.
02:59Et finalement, c'est ce qui nous a permis de nous définir encore mieux.
03:01Alors on va prendre des exemples, on va voir ça dans un instant,
03:03mais on peut considérer, en tout cas il y a des biais
03:07qui peuvent être des biais culturels, des freins,
03:08j'imagine les difficultés que vous pouvez affronter
03:14avec notamment des critères, des grands groupes
03:19et à côté de ça des prestataires qui sont peut-être un peu petits.
03:22Vous voyez ce que je veux dire ?
03:23C'est-à-dire des grands groupes qui disent
03:24« Vous êtes bien gentils, mais là, se faire travailler cet artisan,
03:28c'est trop petit pour moi. »
03:29Tout à fait, c'est exactement ça.
03:30Et en fait, moi je partais d'une idée préconçue qui était
03:34« Ils sont bien gentils ces grands comptes à s'installer
03:36pour des raisons peut-être financières ou immobilières
03:39en marge de Paris. »
03:41Et elles ne font même pas l'effort de s'ancrer sur un territoire
03:44alors qu'au final, en effet, qui dans une grande entreprise
03:46a un bâton de pèlerin pour aller détecter l'artisan d'excellence
03:50ou le prestataire qui leur compte ?
03:54Parce qu'il y a des standards de ces grands groupes, de ces grands comptes
03:57auxquels il faut répondre.
03:58Exactement.
03:59Et en effet, ces talents locaux, qui ont l'aspiration
04:02ou même pas, qui se disent que c'est impossible de travailler pour un grand compte,
04:06finalement, moi je suis la cheville ouvrière
04:07qui permet la rencontre de ces deux mondes-là.
04:12Alors, on va prendre des exemples,
04:14des réalisations un peu emblématiques
04:15pour bien comprendre ce que vous faites.
04:18Alors, en termes de référence, c'est vrai que moi j'ai...
04:22Parce que là, vous fêtez vos dix ans,
04:24donc il y a moyen de regarder un peu dans le rétro
04:26et de se dire « tiens, ça c'était quand même très réussi »
04:28ou emblématique de ce que vous voulez faire.
04:30Alors, je ne suis jamais totalement satisfaite,
04:33c'est pour ça qu'on continue.
04:35Mais pour vraiment, vraiment comprendre le métier de notre cabinet,
04:40au début, j'ai eu un échange avec une directrice
04:43d'une grande société, directrice de la communication,
04:45qui voulait absolument avoir un traiteur
04:49pour lequel étaient mobilisés des jeunes en insertion.
04:52On n'a jamais parlé de la qualité
04:53ou des nombres de pièces à déguster.
04:55Et le jour de l'événement,
04:57elle est à côté de moi,
04:58elle croque dans une bouchée
05:00et elle me dit « hum, et en plus c'est bon ! »
05:04Et en fait, là, c'est ça le cœur du métier de Samara,
05:06c'est comment réconcilier des mondes,
05:08comment créer une relation
05:09et comment rassurer ces grands comptes
05:11et permettre au talent aussi de faire la démonstration
05:14de leur savoir-faire.
05:14En termes de réalisation,
05:16moi, je suis très heureuse d'avoir été
05:17un des membres importants
05:19sur la plus grande fanzone de Paris 2024, par exemple,
05:22d'avoir eu à organiser des événements
05:24à l'Opéra Garnier également,
05:26d'avoir pu...
05:29Là, on est...
05:30Pour coller à l'actualité,
05:31on sort là d'une séquence
05:32où pour un gestionnaire de parc d'activité,
05:35pour la journée des droits des femmes,
05:37on a organisé une série de tables rondes
05:39sur un sujet qu'on a proposé,
05:41celui de l'indépendance financière des femmes,
05:42et de bout en bout, qu'il s'agisse du choix des fleurs,
05:45du choix du traiteur,
05:46du choix de la bâche qui va être recyclée,
05:49qu'il s'agisse également du choix des intervenantes,
05:52tout est venu de notre proposition
05:54et tout a un impact sur l'économie locale.
05:56C'est ça, en fait, notre promesse.
05:58Est-ce que vous voyez le regard changer ?
06:00Oui.
06:01Entre, justement, les a priori de départ
06:03et la réalisation de ce que vous racontiez tout à l'heure,
06:06et en plus, c'est bon.
06:07Et en plus, c'est bon.
06:08Et de toute part, j'ai un changement de regard,
06:10c'est que le talent local se dit
06:12« Déjà, on ne va pas très bien me payer,
06:14ensuite, ça ne va pas être utile,
06:16et ça ne va pas me valoriser. »
06:19Et ils sont rassurés aujourd'hui.
06:21Et de l'autre côté, les grandes entreprises,
06:22souvent, quand on me sollicite pour la première fois,
06:24on me commande un petit déjeuner,
06:27un petit coffret cadeau, un plateau repas.
06:30Je pense que c'est le test.
06:31On vous teste ?
06:31Exactement, c'est le test.
06:33Et aujourd'hui, je me rends compte
06:34que tous les clients qu'on a rentrés,
06:36ce sont des clients qui restent.
06:38On les a gardés.
06:39Il n'y a aucun client qui a disparu.
06:41Et encore mieux que ça,
06:43mes clients recommandent les futurs clients
06:46de Samara Facilities.
06:48Si j'étais un peu provocateur,
06:50je dirais qu'ils font appel à vous
06:52pour la bonne conscience,
06:53la première fois,
06:54et puis ensuite,
06:56parce qu'il y a de l'efficacité,
06:58parce qu'il y a un retour sur investissement,
07:01parce que leur marque entreprise en profite,
07:04comment vous l'analysez, ça ?
07:05Oui, tout à fait, tout à fait.
07:06Moi, ce que je ne voulais absolument pas,
07:08et c'est pour ça qu'on s'est constitué
07:09en entreprise dès le départ,
07:11un tel brief,
07:13une entreprise créée par une jeune fille
07:15originaire de banlieue
07:16qui veut valoriser les territoires,
07:17ce qui est à créer en Seine-Saint-Denis,
07:19tout de suite, on tombe peut-être
07:20un peu dans le pathos
07:21et dans ce qui est dédié
07:23au monde de l'association,
07:24et je voulais que ce soit une entreprise
07:26pour que la relation soit vraiment
07:27gagnante-gagnante.
07:28Voilà, exactement.
07:29On est vraiment là sur un enjeu économique,
07:31et c'est vrai que dans ce premier temps-là,
07:33ils sont vraiment,
07:33quelle pièce je vais pouvoir mettre,
07:35quelle ligne je vais pouvoir ajouter
07:37à mon rapport,
07:38et finalement,
07:39nous, on devient vraiment incontournable
07:41finalement pour nos clients,
07:42parce qu'on devient la boîte à outils,
07:44le petit détail qui fait la différence,
07:46et voilà la relation.
07:49Est-ce que vous sentez quand même
07:50quand les fluctuations économiques,
07:53quand une crise économique démarre,
07:56et on est peut-être en train
07:57d'en démarrer une nouvelle,
07:59l'événementiel,
08:00ça peut être un peu la variable d'ajustement,
08:02est-ce que vous le ressentez ?
08:03Tout à fait.
08:03Tout à fait.
08:04Là, on me demande
08:04comment se passe l'activité.
08:06On travaille,
08:07c'est très bien actuellement,
08:08mais je sais que dans les prochains mois
08:10ou peut-être dans une année,
08:11il y a une grande claque qui se prépare,
08:13on est préparé à ça.
08:14C'est-à-dire que je sais
08:15que l'activité tourne actuellement,
08:17mais le contexte,
08:18on le sent parce que de plus en plus,
08:20on réfléchit un peu plus
08:21à reconduire tel projet,
08:23on rétrécit un petit peu les budgets,
08:26et on sent que les entreprises
08:28sont un peu plus frileuses.
08:29Et l'événementiel ou la communication
08:30sont des lignes qui sautent
08:33les premières dans ces situations-là.
08:35Ça vous est déjà arrivé
08:37dans cette décennie d'expérience
08:39de vivre une période comme ça ?
08:41Covid !
08:42Voilà, Covid !
08:44On a la mémoire courte parfois,
08:46mais Covid, forcément,
08:47Covid, tout s'arrête.
08:48Oui, Covid, tout s'arrête.
08:49Nous, on était...
08:51Après coup, pour moi,
08:52c'était une très bonne période
08:53parce que ça nous a permis
08:54de revoir le modèle,
08:55de mieux s'installer.
08:57De se poser,
08:57de réfléchir à ce qu'on veut faire.
08:58J'avais jamais décidé
08:59de m'adresser essentiellement
09:00aux grands comptes,
09:01mais finalement,
09:02c'est le discours
09:03qui les intéressait le plus.
09:04Et le Covid,
09:05ça a été une période
09:08où nous,
09:08on est en état de mort cérébrale.
09:10On peut poster de temps en temps
09:11des posts sur LinkedIn,
09:12mais il se passerait en fait.
09:14Deux semaines avant,
09:15on devait signer un gros contrat,
09:16puis plus rien.
09:17Mais c'est finalement,
09:18après coup,
09:19c'était une période
09:20plutôt positive.
09:21Et les conséquences
09:22de la guerre en Ukraine,
09:23de la période inflationniste,
09:24vous l'avez ressenti aussi, ça ?
09:26Oui, là, on sort de la période
09:29de fin d'année.
09:30On avait des marchés de Noël
09:31qu'on organisait sur trois jours
09:33pour des clients.
09:34Cette année,
09:34sur certains sites,
09:35c'était deux jours,
09:36plutôt une journée,
09:36avec un budget plus rétréci.
09:38Donc, en effet,
09:39ça a un impact sur notre activité.
09:41Alors, je reviens au cœur
09:42de votre activité.
09:43On a beaucoup parlé
09:44des grands comptes,
09:45des grandes entreprises
09:46avec lesquelles vous travaillez,
09:48et un peu moins
09:49du tissu local
09:51et de ces artisans,
09:53de ces associations,
09:53de ces entrepreneurs.
09:55Comment vous les choisissez,
09:56sélectionnez,
09:57pour qu'ils soient
09:58à la hauteur des enjeux
10:00et de la qualité
10:01que vous vendez à vos clients ?
10:02Alors, aujourd'hui,
10:03on a un réseau
10:04d'à peu près 150,
10:06presque 200 talents locaux.
10:07Au début,
10:08ça a été vraiment
10:09d'aller au contact
10:10chez les uns et les autres
10:11pour pouvoir les identifier,
10:13les tester,
10:13échanger avec eux.
10:15Moi, mon intérêt,
10:16c'est de ne pas
10:17les mettre en difficulté,
10:18de les soulager un maximum
10:19et de leur permettre aussi
10:21de faire la démonstration
10:22de leur savoir-faire.
10:23Donc, c'est un peu comme ça
10:24que ça s'organisait.
10:25Et aujourd'hui,
10:26on a la possibilité,
10:29on a des talents
10:30qui viennent à nous directement.
10:31Et une chose
10:32que je répète à chaque fois,
10:33qu'il s'agisse
10:34d'un chantier d'insertion
10:35ou d'une PME
10:35qui est déjà bien installée,
10:37la qualité de la prestation
10:38doit être parfaite.
10:39Il n'y a aucune concession
10:40là-dessus.
10:41Oui, ce n'est pas
10:41parce que c'est un chantier.
10:42Il n'y a pas d'excuses.
10:43Oui, aucune excuse.
10:44Je n'accepte pas
10:44de la part des talents locaux
10:46des excuses
10:46parce que ça entraîne
10:47toute l'image
10:50des territoires
10:50qu'on veut mettre en valeur.
10:52Est-ce que certains
10:52de ces prestataires
10:53ou de ces artisans,
10:54ils sont en train de grandir,
10:55ils ont grandi avec vous ?
10:56Oui, je suis hyper fière
10:58parce qu'il y a
10:58quelques traiteurs,
11:00notamment.
11:00On a une grosse partie
11:01qui est dédiée
11:02au sourcing
11:02de femmes entrepreneurs.
11:04Et c'est vrai
11:05que j'avais commencé
11:06avec une jeune pâtissière
11:07qui n'est pas exclusivement
11:09grâce à nous,
11:10mais grâce au flux
11:12de commandes
11:12et au volume
11:13des commandes,
11:14finalement,
11:14a pu prendre
11:15un laboratoire,
11:16le développer,
11:17recruter.
11:18Pareil pour des traiteurs
11:19indépendants
11:19qui proposent en plus
11:20une cuisine saveur du monde
11:22qui n'est pas forcément
11:23la plus mise en lumière.
11:25Donc, en effet, oui.
11:26Comment vous voyez
11:27la suite ?
11:28Est-ce qu'on peut,
11:28entre guillemets,
11:30industrialiser le modèle ?
11:31C'est la belle
11:32et c'est la bonne question.
11:34Moi, je suis ouverte
11:34à toutes les réflexions.
11:35C'est ce que j'essaye
11:36de voir
11:36parce que je fonctionne
11:37vraiment en village.
11:39C'est comment est-ce
11:39que le cabinet
11:40se transpose un peu partout
11:41et après,
11:42quand on travaille
11:42avec des entreprises
11:44telles que Randstadt,
11:45Caisse d'épargne,
11:47VP ou d'autres,
11:48on est obligé aussi
11:49de les suivre partout
11:50en France
11:51parce qu'elles sont
11:52grandes et disponibles
11:54partout.
11:55Donc, en effet,
11:56on est déjà au-delà
11:57de la région parisienne
11:58mais on réfléchit sérieusement
12:00à quel modèle
12:01peut nous permettre
12:02de contenir cet ADN.
12:04Merci beaucoup Sarah Ouattara.
12:06Bravo et à bientôt
12:08sur Be Smart for Change.
12:09C'est l'heure du grand entretien
12:11de ce Smart Impact.
12:12Alors, un peu particulier
12:13parce qu'il a été réalisé
12:14par Nathalie Croizet
12:17avec Franck Charton
12:18qui est le délégué général
12:19de Perifem,
12:21l'association qui fédère
12:22les acteurs du commerce
12:24et de la distribution.
12:24C'était à l'occasion
12:25du Perifem Day.
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