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  • il y a 6 heures
Engagée à la fois sur l’environnement et la cohésion sociale, la Fondation BNP Paribas agit pour réduire les inégalités et favoriser l’égalité des chances dans les territoires fragiles. Portée par Isabelle Giordano, elle développe aussi des actions majeures en faveur du climat et de la biodiversité. Sa déléguée générale insiste sur la nécessité de soutenir la recherche dans ces domaines.

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Transcription
00:04Prêt pour l'impact, c'est la question, vous le savez, que je pose tous les jours à une personnalité
00:08qui compte dans notre économie, dans notre société.
00:11Et j'ai le plaisir de recevoir Isabelle Giordano. Bonjour.
00:14Bonjour.
00:14Bienvenue. Vous êtes déléguée générale de la fondation BNP Paribas.
00:18On va commencer par une question toute simple de présentation de cette fondation.
00:22Quel est son champ d'action ? Qu'est-ce qu'elle représente aujourd'hui ?
00:25Une des plus anciennes fondations en France.
00:26Déjà, ça donne un petit peu la taille. C'est vrai qu'on a l'avantage de l'expérience, plus
00:30de 40 ans derrière nous, avec une seule obsession, c'est l'égalité des chances, la jeunesse.
00:35Qu'est-ce qu'on peut faire pour les générations futures ? Et dans le monde actuel, c'est vrai
00:37qu'on peut se poser cette question.
00:39Et puis, on déploie ça en trois axes. Donc, il y a la solidarité massivement. C'est plus de 50
00:43% de notre budget qui est vraiment focalisé sur comment aider les jeunes aujourd'hui.
00:47Et ensuite, on a une partie environnementale qui est vraiment précieuse aujourd'hui. Il s'agit de biodiversité et climat
00:52et une partie de mécénat culturel très engagé aussi.
00:55Donc, voilà. J'ai envie de dire que c'est l'innovation sociale qui nous intéresse et l'impact et
01:01les deux obsessions que nous avons tous les matins quand on arrive au bureau.
01:04C'est déjà deux belles obsessions et on va les détailler. Mais c'est vrai que l'aspect culturel, c
01:09'est votre monde d'une certaine façon.
01:12Qu'est-ce qui fait que vous avez basculé d'essayer de rejoindre la fondation BNB ?
01:16L'envie d'être utile, l'envie d'impact. C'est vrai que j'avais l'impression qu'avec un
01:19simple micro, comme vous le faites, Thomas, tous les jours, on peut être utile.
01:22On peut donner des bonnes infos qui permettent aux gens de réfléchir et surtout d'agir.
01:27Mais j'avais l'impression qu'on pouvait faire encore un petit peu plus.
01:29Et puis, après des années et des années, passer effectivement soit derrière le petit écran, soit derrière le micro avec
01:35France Inter, j'avais envie de faire un peu plus.
01:37Et surtout, je trouve qu'en France, il y a encore beaucoup de choses à faire pour faire progresser le
01:41mécénat.
01:42Donc, je me suis dit, bon, allez, on essaye de mettre un tout petit peu d'eau dans le moulin
01:47et voir comment ça peut tourner un peu dans le meilleur sens.
01:50Ça fait combien de temps ?
01:51Ça fait cinq ans.
01:51Et quel bilan vous faites ?
01:52On peut faire un bilan.
01:54Alors, une note. Vous me mettez une note ?
01:56Non, vous ?
01:57Non, moi, je mets une note, effectivement, sur l'immense capacité qu'ont les associations aujourd'hui en France à
02:02se transformer, à faire justement de la transformation sociale environnementale.
02:06Après, on voit qu'il y a des choses positives, d'autres un peu moins.
02:09On voit que c'est un milieu qui est très actif.
02:11On le sait, c'est 12% du PIB.
02:13C'est le pays d'Europe, d'ailleurs, en France, où il y a le plus grand nombre de bénévoles.
02:1720 millions de personnes qui se retroussent les manches pour faire des choses comme ça dans un monde non marchand.
02:21Et on a besoin de ça quand même, là aussi, dans le monde d'aujourd'hui.
02:24Donc, il y a des choses comme ça très positives.
02:25C'est un milieu où il y a beaucoup d'innovation sociale, beaucoup de jeunes qui sortent justement de Paris
02:29Agrotech, d'HEC, de l'ESSEC, de Sciences Po,
02:31et qui ont envie, pas forcément de bosser dans des grandes entreprises,
02:34mais de se dire, voilà, je vais essayer, moi aussi, d'avoir les questions que je me suis posées, moi,
02:38sur le tard.
02:38D'être utile.
02:39D'être utile.
02:39Donc, ça, c'est vraiment bien.
02:41On a vraiment des femmes, des hommes très engagés, des gens aussi qui sont dans les entreprises et qui font
02:45du mécénat de compétences.
02:46C'est important.
02:47Je le vois tous les jours, moi, chez BNP Paribas, il y en a vraiment des centaines et des centaines.
02:50Donc, ça, c'est important.
02:52Et puis après, on va se dire que par rapport aux Américains, aux Anglais, il y a un petit peu
02:56moins de recherche d'impact.
02:57Donc, il y a peut-être des progrès à faire.
02:58Mais c'est surtout, pour moi, la clé, c'est de créer des nouvelles alliances.
03:01De se dire, voilà, il y a le monde du privé, il y a le public qui souffre un peu.
03:04Il y a de moins en moins de subventions, de moins en moins de politiques publiques capables de répondre.
03:08L'État n'est plus là.
03:09L'État-providence, ça se trouve, est même en train de disparaître.
03:12Donc, du coup, il faut créer des alliances privées, publiques, sociétés civiles, citoyens.
03:17Et ça, il y a vraiment un beau chantier.
03:19On ne peut le faire qu'ensemble.
03:20Et je voyais vos précédents invités.
03:21On peut le faire avec des fondations familiales, des entreprises familiales.
03:24On peut le faire avec des gens qui sont à la recherche dans toutes les boîtes, avec la RSE d
03:28'inclusion, d'une certaine manière.
03:30Et voilà, donc ça, c'est tous ensemble qu'on y arrivera.
03:33On va détailler ces différentes actions.
03:35Mais là, déjà, je rebondis sur ce que vous venez de dire.
03:38Ça veut dire que dans le fonctionnement de la Fondation BNP Paribas, vous allez chercher forcément des partenaires.
03:43Vous êtes rarement les seuls à activer un plan, une action, une aide.
03:49C'est même devenu un principe aujourd'hui.
03:50Pour bien agir, on n'agit pas seul.
03:52On ne va jamais seul dans un combat, donc on essaye toujours d'agir en coalition.
03:56On a remarqué que c'était une des clés quand même du succès.
03:58Donc on va chercher des partenaires chez AXA, chez L'Oréal, chez Kering, etc.
04:02Je ne veux pas toutes les citer, mais c'est vrai que suivant les sujets...
04:05Et ce n'est pas seulement leur argent, c'est leur expertise.
04:07C'est leur expertise, leur manière de faire, leur cible.
04:10Et on essaye d'avoir un maillage territorial.
04:13Donc je parlais de la jeunesse, par exemple, si on se dit, on veut qu'il y ait plus de
04:16jeunes mentorés.
04:17Parce qu'on sait qu'on a remarqué que ça, ça marche.
04:19Ça marche.
04:19Ça marche toujours d'impact.
04:20Un jeune qui n'a pas le capital social, qui n'a pas de livre chez lui,
04:23qui habite dans un petit deux-pièces où ils sont à neuf, etc.
04:26Où il y a du bruit, il ne peut pas faire ses devoirs.
04:28C'est sûr que s'il est aidé et mentoré, il va plus réussir.
04:31Et tous les chiffres le prouvent.
04:32Il a 92% de chances de plus d'avoir son bac.
04:35Et souvent, il l'a avec mention.
04:37Donc ça, ça marche.
04:37Donc on s'y met à plusieurs.
04:39Si je parle de biodiversité et climat, là aussi, parfois, on cherche...
04:42On a fait avec la Fondation Gates, notamment un très beau projet pendant des années, qui aidait à l'émergence
04:47d'une nouvelle génération de scientifiques en Afrique.
04:49Parce qu'on sait que ce sont, effectivement, souvent les femmes en Afrique qui sont leaders, qui sont sur le
04:54terrain.
04:55Ce sont elles qui font avancer la recherche sur le changement climatique.
04:58Et en fait, on a financé un programme pour avoir de plus en plus de scientifiques, hommes et femmes, en
05:04Afrique, dans certains pays.
05:05Et pour qu'ils puissent, justement, eux-mêmes prendre en charge et s'adresser et adresser ce problème.
05:10Vous évoquiez la baisse de subvention.
05:12Ce n'est pas seulement américain.
05:14Parce que c'est vrai que dès qu'il est arrivé au pouvoir, Donald Trump supprime USA.
05:19Alors certains des programmes qui ont été redonnés à des agences de l'État.
05:22Enfin bref, USA, c'est des mannes d'argent qui ont disparu du jour au lendemain.
05:28Mais c'est vrai aussi de l'Europe, c'est vrai aussi de la France.
05:31Vous, vous le voyez dans les sollicitations d'où vous faites l'objet ?
05:34Énorme. C'est-à-dire que là, on est en train de vivre une crise totalement historique.
05:37Même une crise vraiment de plaques tectoniques.
05:39C'est-à-dire que vous me demandiez le bilan au bout de cinq ans.
05:41Là, ce que je vois, c'est qu'on n'a jamais vu ça.
05:44C'est-à-dire qu'on est à un moment donné où il y a énormément de problèmes.
05:46En plus, il y a de nouveaux problèmes.
05:48Par exemple, les fake news, etc.
05:50Et par ailleurs, il y a un désengagement total à la fois dans les pays et à l'international.
05:55USAID, l'aide américaine, a baissé de plus de 80%.
05:58Donc là, on est face à la Croix-Rouge, on est face à Médecins sans frontières,
06:01on est face à énormément de grosses ONG.
06:03Je pense au HCR aussi pour le problème des réfugiés.
06:06Ils sont en train de devoir licencier des milliers de personnes.
06:09Ce n'est pas des centaines, c'est des milliers.
06:10En France, on a effectivement les politiques publiques.
06:13Vous voyez la dette que l'on a.
06:14On ne peut plus vraiment frapper à leurs portes.
06:16Et puis, on a aussi dans les collectivités locales,
06:18parfois ce sont même des choix politiques, idéologiques,
06:21des gens qui décident effectivement de retirer leurs subventions.
06:24Là où ils mettaient 50 000 euros, ils n'en mettent plus que 5 000.
06:27Donc vous voyez, ça fait vraiment de grosses difficultés à adresser
06:30dans un monde qui est en plus en train de basculer.
06:33La bonne nouvelle, c'est que très souvent,
06:35on l'a vu pendant le Covid et pendant d'autres crises,
06:37c'est que quand on connaît de telles crises, structurelles, conjoncturelles,
06:41c'est peut-être le moyen de trouver des opportunités et de nouvelles idées.
06:44Mais ça, c'est l'optimisme qui vous parle.
06:46Ce n'est pas si simple, bien sûr.
06:47Mais c'est peut-être le moment justement de se dire,
06:51trouvons justement de nouvelles solutions.
06:55On parle souvent, enfin vous avez parlé juste avant effectivement
06:58de ce qu'on peut faire pour le climat.
06:59On voit bien, on arrive à des niveaux de pollution, etc.
07:03Dramatiques, dans les océans, partout, etc.
07:05Donc peut-être que là aussi justement, il faut mettre plus d'argent.
07:08La philanthropie au niveau mondial, uniquement pour l'environnement,
07:13c'est 6%, la philanthropie totale.
07:15Donc c'est très peu par rapport aux enjeux.
07:16C'est environnemental, on pourrait l'appeler comme ça.
07:18Oui, il est vraiment trop peu développé.
07:20L'argent va beaucoup, et c'est normal, vers le fait de soigner les enfants en Afrique,
07:24régler la malaria.
07:25On a vu la Fondation Gates, j'en parlais tout à l'heure.
07:27Mais effectivement, sur cette question-là,
07:28si seulement toutes les entreprises européennes se disaient,
07:30on va faire comme avec le Covid, on va tous mettre le paquet,
07:33on va mettre vraiment beaucoup d'argent pour essayer de trouver des solutions
07:36pour régler le problème du dérèglement climatique et de l'érosion de la biodiversité,
07:40rien que ça, il faut des décisions fortes.
07:44Il ne faut pas juste quelques fondations, c'est très bien ce qu'on fait,
07:47c'est essentiel même, mais il faut faire plus,
07:49il faut effectivement prendre de grandes décisions.
07:51Et puis je parlais des dérives idéologiques,
07:53on le voit en ce moment dans les débats au Sénat,
07:55effectivement, il y a des fondations qui sont ce qu'elles sont,
07:58mais qui effectivement ont un projet politique,
08:00très souvent marqué à l'extrême droite,
08:02et effectivement, il y a de la place, il y a une démocratie,
08:05on écoute tout le monde,
08:06mais il faut aussi surveiller qu'est-ce qu'on veut faire avec le mécénat.
08:09À quoi ça sert le mécénat ?
08:10Je disais aider les générations futures, aider les jeunes,
08:13faire en sorte qu'il y ait moins de pollution,
08:15ça me semble effectivement des sujets d'intérêt général.
08:17Il y a la question de l'intérêt général,
08:19désolé d'aller là-dessus, mais elle est fondamentale.
08:22Et aujourd'hui, on ne sait plus qui fait de l'intérêt général.
08:25Les fondations, souvent, en font et prennent le relais.
08:29Alors, on va parler d'environnement,
08:30on reviendra à la cohésion sociale après,
08:32il y a ce programme notamment qui s'appelle Climate and Biodiversity.
08:35Alors, de quel financement on parle et quel type de projet vous accompagnez ?
08:40Alors, ça fait plus de 15 ans qu'il existe,
08:41et c'est vrai que c'est pas mal aussi de savoir que là aussi,
08:43ça fait des années qu'il y a des chercheurs qui ont déjà un petit peu avancé,
08:46on n'a pas attendu la crise récente.
08:49Je pense que c'est important aussi de savoir
08:50que c'est le plus gros programme de mécénat environnemental en France,
08:53avec 7 millions d'euros,
08:54il était de 6 millions auparavant,
08:561 million de plus,
08:57notamment quand il y a eu les problèmes avec la recherche américaine,
09:00quand les chercheurs avaient moins d'argent.
09:01Ce qui est intéressant, c'est de voir qu'on peut aider cette année 11 chercheurs
09:06qui vont vraiment essayer d'avancer,
09:08ce sont d'abord des chercheurs qui disent une première chose,
09:10ils disent on a besoin de votre argent,
09:12il n'y a pas assez d'argent quand on est à l'IRD ou au CNRS.
09:14On les a sélectionnés avec un jury de scientifiques internationaux,
09:18donc on sait qu'ils sont de haut niveau,
09:19on sait qu'on a là,
09:20moi c'est un chercheur qui me l'a dit,
09:21c'est pas moi qui le dis,
09:22on a les meilleurs programmes aujourd'hui de recherche
09:25sur la biodiversité et le climat avec ces 11 personnes.
09:28Ils sont basés un petit peu partout,
09:30en Portugal, en Espagne, dans le sud de la France, etc.
09:33Et ils travaillent sur différentes régions,
09:34sur différentes géographies.
09:36Donc il y en a un qui par exemple bosse
09:37sur tout ce qui se passe dans le golfe du Sénégal,
09:40il y en a un autre qui va bosser sur la Guinée,
09:41un autre qui travaille sur la Méditerranée.
09:43Pour essayer de voir comment est-ce qu'on peut faire
09:45pour qu'il y ait moins de planctons abîmés,
09:48moins de plastique, la pollution des plastiques.
09:50J'imagine que vous avez vu comme tout le monde ces images
09:52qui sont mais effrayantes.
09:54Voilà, pour essayer de voir ce qu'on fait
09:55avec les récifs coralliens,
09:57on sait que c'est important, c'est le poumon,
09:58un des poumons de l'océan, le corail,
10:01voir comment est-ce qu'il peut être impacté,
10:02plus résilient, etc.
10:03Voilà un petit peu la description de ces ondes chercheurs.
10:05Et parmi les ondes chercheurs, bien sûr,
10:07il y a des chercheuses.
10:08J'espère bien qu'il y a des chercheuses
10:10et de l'importance de promouvoir
10:14les femmes scientifiques.
10:16C'est des thèmes dont on parle souvent
10:17dans cette émission.
10:20Alors là aussi, vous avez le recul,
10:21puisque ça fait 15 ans.
10:22Quel type de programme vous avez accompagné
10:24et où ils en sont aujourd'hui ?
10:25Sur quoi ça débouche ?
10:26C'est de la recherche fondamentale ?
10:28Ça peut déboucher sur des solutions très concrètes
10:31qui sont à l'œuvre aujourd'hui ?
10:32On privilégie le concret.
10:33Je prendrais peut-être juste un exemple.
10:34C'est Franck Courchand,
10:35qui en plus, sur LinkedIn,
10:36il a récemment écrit qu'il avait été décerné,
10:39il a eu le titre de meilleur chercheur au monde
10:40dans son domaine.
10:41Et son domaine,
10:42c'est les espaces invasifs.
10:43Alors ça paraît être une expression comme ça
10:45un peu compliquée,
10:46mais en fait,
10:46vous savez,
10:46quand il y a des guêpes qui arrivent,
10:49des frelons asiatiques,
10:50etc.,
10:50des insectes,
10:51et ils sont de plus en plus nombreux.
10:53Vous savez,
10:53avec le réchauffement de la planète,
10:54ce sont des dérèglements,
10:55et ça peut abîmer des champs de maïs,
10:59des champs de culture de toutes sortes,
11:01etc.
11:02Donc il a fait un calcul aussi très scientifique
11:04sur les coûts économiques
11:06de ce que ces dérèglements
11:08avec ces espèces invasives,
11:09de tout ce que ça peut...
11:10Et le fait de parler d'argent,
11:12effectivement,
11:13tout le monde s'est dit,
11:14on va essayer de faire un programme
11:15pour lutter contre ce dérèglement,
11:18lutter contre le fait
11:19qu'il y ait de plus en plus
11:19d'espèces invasives, etc.
11:20Donc voilà,
11:21le fait de faire des calculs,
11:23de fournir de la data,
11:24en fait,
11:25si je résume ce programme,
11:26ce qui est important,
11:26c'est d'avoir de la data,
11:27de l'information scientifique
11:29pour mieux agir ensuite
11:30et faire en sorte que,
11:32voilà,
11:32on essaye de prendre
11:33les bonnes décisions.
11:34Si vous voulez peut-être
11:34que je sois peut-être
11:35encore plus explicative,
11:36je peux vous prendre
11:37un autre exemple,
11:38c'est Amandine Cornille
11:39qui est une chercheuse
11:40qui est une des rares
11:40à travailler sur les arbres fruitiers
11:42et de voir,
11:43on le sait,
11:44on dit parfois
11:44qu'il n'y aura peut-être
11:45plus de Champagne
11:45en Champagne
11:46mais il sera peut-être
11:48dans le nord de la France
11:49et non plus en Champagne
11:50à cause justement
11:51de ce réchauffement,
11:52les arbres fruitiers
11:52poussent différemment,
11:54font des fruits différents,
11:55etc.
11:55Donc c'est ce qu'elle est
11:56en train d'analyser
11:57et ses études,
11:58très concrètement,
11:59on l'espère,
11:59d'ici 3, 4, 5 ans,
12:01pourront faire en sorte
12:02qu'on puisse toujours
12:03cultiver des poires,
12:04c'est important pour
12:05dans telle et telle région,
12:06c'est important pour les agriculteurs.
12:07Il y a des appellations
12:08d'origine protégée,
12:09par exemple l'abricot
12:10dans certains départements
12:12du Sud
12:12qui vont peut-être disparaître
12:14parce que la sécheresse
12:14est telle
12:15qu'il va falloir changer de culture.
12:17Et vraiment, on parle de biodiversité
12:18de climat,
12:18de l'influence du réchauffement climatique
12:20sur la biodiversité,
12:22on parle aussi
12:22de conséquences économiques
12:23et bien sûr de conséquences
12:24sur notre santé.
12:25Voilà, tout est lié
12:26et c'est ça qui est intéressant
12:27dans une recherche
12:28qui nécessite
12:30beaucoup d'argent,
12:30c'est des programmes
12:31où effectivement chaque chercheur
12:32a plus de 500 000 euros
12:33pour travailler
12:34pendant 3-4 ans.
12:35Justement, c'est là-dessus
12:36que je voudrais vous interroger maintenant
12:37parce que vous l'avez dit
12:37tout à l'heure,
12:38le mécénat environnemental,
12:39ça représente moins de 6%,
12:40moins de 5%
12:41de la philanthropie mondiale
12:42et vous dites, je vous cite,
12:44plus que jamais
12:44la recherche scientifique
12:45a besoin d'un appui solide
12:46au travers d'alliances
12:47du secteur public et privé
12:49pour mener à bien ses travaux.
12:51C'est là-dessus
12:51que je voudrais qu'on se concentre.
12:52L'alliance du secteur public
12:53et privé.
12:54Là, en l'occurrence,
12:56les programmes,
12:56les chercheurs
12:57ou les scientifiques
12:58que vous accompagnez,
13:00ils sont financés
13:01par le secteur public
13:02mais sans l'argent privé,
13:05qu'est-ce qui leur arriverait ?
13:06Les programmes s'interrompraient
13:08ou ils mettraient
13:09beaucoup plus de temps ?
13:10Ils mettraient plus de temps
13:11ou alors ils n'aboutiraient pas,
13:13ils n'accéleraient pas.
13:14Moi, ce que j'aime bien
13:15dans l'idée d'une fondation
13:16et du mécénat,
13:16c'est que ça joue
13:17un rôle d'incubateur
13:18et d'accélérateur.
13:19C'est vraiment le levier
13:20qui va permettre
13:20justement à un chercheur
13:21de se dire,
13:22moi, je voudrais vraiment
13:23arriver à ça
13:23en deux ans.
13:25On lui permet
13:26parce que malheureusement,
13:28il n'y a pas assez d'argent.
13:28Mais ce qui est bien,
13:29c'est de se dire,
13:29ce n'est pas grave
13:29s'il n'y a pas assez d'argent
13:31au CNRS.
13:31Ce qui est bien,
13:32c'est de se dire,
13:32on va faire des coopérations.
13:33Il faut peut-être
13:34dans l'esprit,
13:35peut-être français,
13:37se dire,
13:38arrêtons peut-être
13:39avec des préjugés idéologiques
13:40de se dire que,
13:41voilà,
13:41c'est impossible
13:42que l'éducation nationale
13:43et les laboratoires publics
13:45ne puissent pas travailler
13:46avec le privé.
13:46Le privé n'est pas l'ennemi,
13:47l'entreprise privée
13:49n'est pas l'ennemi,
13:50le patron n'est pas une figure
13:51comme ça,
13:52qu'on résume
13:52à deux, trois grands patrons
13:53français en se disant
13:54mon Dieu, etc.
13:55Et c'est vrai que
13:56si on prononce le mot
13:57philanthrope
13:57ou philanthropie,
13:58parfois on a des images
13:59un peu et des préjugés
14:00négatifs qui arrivent.
14:01Donc voilà,
14:02moi je donne ces exemples
14:03pour montrer à quel point
14:04ça peut avoir un impact
14:05dans la vie quotidienne
14:05de chacun.
14:06On parle de science,
14:07c'est presque
14:08un engagement politique.
14:09Quand on entend
14:10Donald Trump
14:10à la tribune des Nations Unies
14:12dire que le réchauffement
14:13climatique,
14:14c'est l'arnaque du siècle,
14:16soutenir les scientifiques,
14:17c'est faire de la politique.
14:18Exactement,
14:19mais de toute façon,
14:19tout est politique,
14:20Thomas,
14:20on le sait,
14:20même ce que vous faites
14:21en ce moment même,
14:22interviewer ces politiques.
14:23Mais c'est vrai
14:23qu'on parle d'intérêt général
14:25quand on parle de politique,
14:26c'est au sens
14:26effectivement faire
14:27de la grande politique
14:28ou de la politique.
14:29Oui, mais les attaques
14:29contre la science,
14:30elles sont autrement
14:31plus importantes
14:32et elles viennent
14:33d'autrement plus haut
14:34en termes de pouvoir
14:36et de caisse de résonance
14:37qu'avant.
14:38Mais est-ce qu'un homme politique
14:39a seul le pouvoir ?
14:40Non, il y a le pouvoir économique
14:41qui compte.
14:41C'est pour ça que ce qui se passe
14:42dans les entreprises privées
14:43est important.
14:43Quand elles décident
14:44de faire du mécénat
14:45et de mettre de l'argent
14:46effectivement pour s'occuper
14:48de l'intérêt général
14:49et du bien commun,
14:50c'est important par rapport
14:51à ce que peut décider
14:52un président ou un homme politique
14:54qui soit président de région
14:55ou président d'un pays,
14:56ce qui est intéressant
14:57c'est de voir le poids
14:58qu'on peut avoir
14:59et effectivement
15:00comment on peut faire bascule,
15:02comment on peut faire levier.
15:03Moi je crois qu'effectivement
15:04bien sûr je ne suis pas naïve,
15:05bien sûr que c'est compliqué.
15:06Mais c'est pour ça
15:07qu'on a décidé de mettre
15:07un million d'euros supplémentaires
15:09en se disant
15:09qu'il y avait des chercheurs américains
15:11qui aujourd'hui
15:11ne peuvent plus faire leur recherche.
15:13Ils nous alertent en ce moment.
15:14On est en contact
15:14avec tous les centres
15:15de recherche américains.
15:16Ils nous disent
15:17le prochain Covid
15:18ça va être compliqué
15:18s'il y a une prochaine pandémie
15:20et on sait que les zonos
15:21sont là,
15:21sont classifiés
15:22dans les principaux problèmes
15:25qui risquent de nous arriver.
15:26Effectivement
15:27il n'y aura pas
15:27les mêmes possibilités
15:28aux Etats-Unis.
15:29Donc c'est à l'Europe
15:30aujourd'hui
15:30de se préoccuper
15:32de cette souveraineté scientifique
15:33de la même manière
15:34qu'elle se préoccupe
15:35de sa défense
15:35et de sa souveraineté alimentaire.
15:37C'est un sujet
15:38vraiment fondamental
15:39et de mettre juste
15:39un million d'euros.
15:40C'est formidable
15:41mais c'est toujours pas suffisant.
15:42C'est pour ça
15:43que j'en appelle
15:44vraiment à chaque grande entreprise
15:45et même les entreprises familiales
15:47chacun peut mettre au pot
15:48que l'on mette
15:4910 000, 50 000
15:50ou 1 million d'euros
15:51pour le mécénat environnemental.
15:52C'est fondamental aujourd'hui.
15:54Et il faut s'adresser pour ça
15:55par exemple
15:55à la Fondation de France
15:56qui est un organisme
15:57qui fédère
15:58qui chapote.
15:59Ce n'est pas de dire
16:00tiens on va donner plus
16:01à Bébé Paris-Bas
16:02ou je ne sais quoi.
16:03Non mais il faut vraiment
16:04agir collectivement
16:06vraiment dans un souci
16:07de bien commun.
16:07Et il y a urgence.
16:08Moi ce que je dis
16:09c'est qu'il y a urgence.
16:10Il faut tirer la sonnette d'alarme.
16:11On va parler de récits
16:13de nouveaux récits
16:14ou de nouveaux imaginaires
16:15et il y a une tradition
16:16dans cette émission
16:17c'est que l'invité
16:17du Grand Entretien
16:18pose une question
16:19à celui-là
16:19qui va lui succéder
16:20la semaine suivante.
16:22C'est Anne-Catherine Péchineau
16:23la patronne d'Isikage
16:24qui vous pose cette question.
16:26Bonjour Isabelle.
16:28Dans le cadre de Venfouction
16:29à la BNP Paris-Bas
16:30vous soutenez depuis
16:31nombreuses années
16:32des démarches de mécénat fortes
16:34notamment en faveur
16:34de l'environnement.
16:36Quel rôle attribuez-vous
16:37aujourd'hui à l'art
16:38et en particulier au cinéma
16:40dont vous êtes familière
16:41dans la conduite du changement
16:42face aux enjeux environnementaux ?
16:44Est-ce que vous pensez
16:45que la création artistique
16:46puisse faire émerger
16:46de nouveaux récits narratifs
16:49qui seraient capables
16:49de transformer durablement
16:51nos représentations
16:52nos imaginaires
16:53et in fine
16:54nos comportements
16:56de consommation ?
16:57La réponse est oui
16:59trois fois oui.
17:00Et effectivement
17:01c'est aussi pour ça
17:02que j'aime le cinéma
17:03et la télé.
17:04Je pense qu'effectivement
17:05ça peut avoir une influence
17:06une sorte de soft power
17:07sur nos comportements
17:10au quotidien
17:11mais aussi sur
17:11nos préjugés
17:13peut-être nos biais cognitifs
17:14et je pense qu'effectivement
17:15raconter le monde
17:17raconter pas seulement
17:18les dangers
17:18que court le monde
17:19en ce moment
17:19mais raconter aussi
17:20les solutions
17:21raconter comment
17:21on peut le transformer
17:22comment chacun
17:23peut être acteur
17:24je pense que c'est important
17:25je prendrais des films
17:26voilà des exemples
17:27les films de ce qu'on fait
17:28Mélanie Laurence
17:29et Réunion
17:30avec Demain
17:30par exemple
17:31sur toutes les innovations
17:32même dans l'éducation
17:33et puis effectivement
17:34bien sûr
17:34on connaît les grands films
17:35Al Gore etc
17:36qui nous ont alertés
17:37donc je pense que c'est important
17:38aujourd'hui
17:39de s'appuyer sur le monde
17:40des récits
17:41et le faire bien sûr
17:42avec toutes les possibilités
17:43est-ce qu'on s'est trompé ?
17:44est-ce qu'on a été trop anxiogène
17:46trop culpabilisateur ?
17:49même moi qui suis écolo
17:50j'allais plus voir les films
17:51qui nous faisaient flipper
17:52c'était fait avec des déversements
17:54de pollution etc
17:55on a besoin d'être alerté
17:56mais on a surtout besoin
17:57de sentir qu'on a
17:59un esprit libre
18:00capable d'agir par soi-même
18:02c'est intéressant
18:02c'est comme dans l'éducation
18:03vraiment ce qu'on fait
18:04il y a beaucoup de gens
18:06avant nous
18:06à Saint-Colonne à la Lune
18:07on disait que les journalistes
18:08étaient des instituteurs souriants
18:11c'est une belle définition
18:12oui c'est une belle définition
18:13surtout pour parler
18:14de Saint-Colonne à la Lune
18:15mais je pense qu'effectivement
18:17il faut peut-être se dire
18:19que comme on élève un enfant
18:21l'idée c'est de favoriser
18:23son esprit critique
18:24et de l'aider à réfléchir
18:25c'est ce qu'on fait tous
18:25on est là
18:26on donne des informations
18:27mais on aide surtout
18:28les gens à réfléchir
18:29et le cinéma
18:30avec toutes ces technologies
18:31aujourd'hui
18:32ce sont les plateformes
18:33passées par Netflix
18:34etc HBO
18:35mais passées aussi
18:35par tout ce qui se passe
18:36sur Youtube
18:37je pense à Inosh Tag
18:38ce qu'il a fait
18:39parler à un maximum
18:40de public
18:41pour les sensibiliser
18:42les aider à réfléchir
18:43c'est bien mieux
18:44que de faire juste
18:44le discours anxiogène
18:46on voit bien
18:46ça ne marche pas
18:47quand il n'y a que
18:48du discours anxiogène
18:49ça n'est plus suffisant
18:50ça c'est sûr
18:51et ça rejoint d'ailleurs
18:53cette question
18:53des nouveaux récits
18:55la désinformation
18:56dont vous parliez
18:57tout à l'heure
18:57je vais vous citer encore
18:58la désinformation
18:59constitue aujourd'hui
19:00un défi majeur
19:00pour la démocratie
19:01et la cohésion sociale
19:02au travers de notre programme
19:03Engagement citoyen
19:04et c'est de ça
19:05dont on va parler
19:05nous soutenons
19:06l'éducation aux médias
19:07et la lutte contre la désinformation
19:08ce programme
19:10ces programmes
19:10en quoi ils consistent
19:11et pourquoi vous avez décidé
19:12de les activer
19:13en quelque sorte
19:14en fait l'idée
19:16j'ai créé un laboratoire
19:17d'exploration
19:18et d'innovation
19:19dans la fondation
19:20il y a quelques temps
19:20il y a 2-3 ans
19:21en se disant
19:22on va explorer
19:23un peu les défis de demain
19:24l'idée c'est de travailler
19:25au changement systémique
19:26c'est le fameux
19:26on ne va pas seulement
19:27donner du poisson
19:28on va apprendre à pêcher
19:29donc qu'est-ce qu'on pourrait faire
19:30pour demain
19:30pour changer les habitudes
19:32mais surtout
19:33quels sont les prochains défis
19:34de demain
19:35donc on a créé ce laboratoire
19:36et on a bien vu
19:38tout de suite
19:38dans les grands dangers
19:41il y avait la lutte
19:42contre la désinformation
19:43les fake news
19:44et c'est vrai que je crois
19:45que dans les dernières études
19:46de Davos
19:47la pollution
19:48l'environnement
19:49etc
19:49la guerre
19:50tout ça arrivait
19:51dans les 5 premiers dangers
19:52mais aujourd'hui
19:53la lutte contre les fake news
19:56apparaît
19:57dans les 4-5 premiers dangers
19:58donc c'est
20:00effectivement
20:00quelque chose
20:01qu'on a voulu prendre
20:02en considération
20:02parce qu'en plus
20:03les fake news sont partout
20:04il y a les fake news scientifiques
20:05les platis
20:06etc
20:06aujourd'hui vous pouvez croiser
20:07quand même des élèves de 5ème
20:08qui vous disent
20:09la terre est plate
20:10etc
20:10c'est quand même spécial
20:11il y a un vrai danger
20:12de santé publique
20:13sur les vaccins
20:14on voit aux Etats-Unis
20:15que c'est à l'oeuvre
20:16et que ça risque d'arriver en Europe
20:17et les fake news
20:17effectivement
20:17au niveau de la politique
20:18au niveau de la cohésion sociale
20:19etc
20:20donc on le voit
20:21les fake news sont partout
20:22elles mettent en danger aussi
20:23les entreprises
20:23le monde économique
20:25est perturbé par tout cela
20:26et donc du coup
20:28on s'est dit
20:28on va essayer de choisir
20:30une ou deux ou trois
20:31très bonnes associations
20:32là aussi on va chercher
20:33l'impact
20:34l'innovation
20:36et on a identifié
20:37notamment
20:37je ne peux pas toutes les citer
20:38mais Lumière sur l'info
20:40avec un journaliste
20:41qui travaille encore
20:42à TF1
20:43Damien Fleureau
20:43et je pense qu'il fait
20:44un travail exemplaire
20:45il a notamment
20:45un camion de l'info
20:47qui circule partout
20:47en France
20:48un petit camion jaune
20:49qui va dans les grandes villes
20:50mais également dans les petits villages
20:52expliquer ce qu'est l'information
20:53ce qu'est un journal papier
20:55il y a des gens
20:55qui découvrent
20:56ce qu'est un journal papier
20:57mais en tout cas
20:57expliquer la manière de faire
20:59et ça ne concerne pas que les jeunes
21:01il y a beaucoup aussi
21:02de personnes de plus de 50 ans
21:04qui sont très sensibles
21:05aux fake news
21:05qui ne regardent que les réseaux sociaux
21:07et l'idée c'est d'aller
21:08vers une information juste
21:09et vérifiée
21:10et de voilà
21:10c'est ce que je disais
21:11d'essayer de former
21:14je ne sais pas
21:14à peu près 5000
21:156000 jeunes citoyens
21:18éclairés pour le futur
21:19c'est un peu l'ambition
21:21parce qu'on essaye
21:21de chiffrer les choses
21:22et de se dire
21:23voilà si on peut arriver
21:24chaque année
21:24il y a un effet boule de neige
21:25chacun de ces citoyens formés
21:27va pouvoir passer
21:29et j'ai cité lumière sur l'info
21:30il y a bien sûr
21:31d'autres associations
21:32qui font ce très très bon travail
21:34mais elles ont besoin d'argent
21:35et elles ont besoin d'aide
21:36allez il nous reste
21:37moins de 5 minutes
21:37on va terminer avec
21:40la solidarité
21:41la cohésion sociale
21:42c'est 50%
21:43du budget de la fondation
21:45il y a notamment
21:45et on va faire un focus
21:46ce projet banlieue
21:48qui fête ses 20 ans
21:49et donc c'est une bonne raison
21:50de faire un bilan
21:51de quoi s'agit-il
21:52c'est quoi le projet banlieue ?
21:53alors c'est un programme
21:53qui est assez unique en son genre
21:55parce qu'il aide uniquement
21:56les associations de proximité
21:57donc l'idée c'est d'aider
21:58les toutes petites associations
21:59c'est pas forcément
22:00des gros montants
22:01donc là on est vraiment
22:02dans l'aide
22:02vous voyez c'est un peu
22:04dans les mailles du filet
22:05c'est là où l'état
22:05n'arrive pas toujours
22:06à aller dans tel et tel quartier
22:07dans telle et telle ville
22:08là où souvent
22:09il y a besoin de plus
22:10de cohésion sociale
22:11et c'est vraiment
22:11sur des axes très très simples
22:13le vivre ensemble
22:14la cohésion sociale
22:15l'éducation
22:16et l'insertion professionnelle
22:17c'est vraiment
22:18trois axes très très forts
22:20mais qui permettent
22:21comme me l'a dit un jeune
22:22un jour j'étais dans
22:23le quartier des Aubiers
22:24à Bordeaux
22:25c'est un jeune
22:26qui travaille pour une association
22:26que j'aime beaucoup
22:28et qui nous a dit voilà
22:29si notre association
22:30n'était pas là
22:30le quartier il exploserait
22:32tout est dit
22:33et vraiment on est là pour ça
22:34pour essayer de les aider
22:36à faire le lien
22:37et faire en sorte
22:38qu'effectivement
22:39on vive un petit peu mieux
22:40tous ensemble
22:40et on améliore la vie quotidienne
22:42des gens qui vivent
22:42dans ces quartiers
22:43mais alors c'est très pointilliste
22:44avec un
22:45donc si c'est un peu d'argent
22:47un peu partout
22:47je vous donne les chiffres
22:48en 20 ans
22:49on a aidé plus de 1500 associations
22:51près de 2 millions de bénéficiaires
22:52donc c'est pointilliste
22:54mais en même temps
22:54c'est ce qui permet
22:55d'avoir de l'impact
22:55c'est les trous dans la raquette
22:56et c'est les trous dans la raquette
22:57parce que si on n'est pas là
22:58il n'y a personne d'autre
22:59souvent la mairie
22:59n'a pas assez d'argent
23:00pour les aider etc
23:01donc l'idée c'est d'aller là
23:02où il n'y a pas grand chose
23:03pas grand monde
23:04c'est un peu notre principe
23:05même d'action
23:06à la fondation
23:06quand je vous parlais
23:07de mécénat culturel
23:08on va souvent aller là
23:09où il y a très peu d'argent
23:10dans tel domaine culturel
23:11le hip-hop
23:12la danse contemporaine
23:13le jazz etc
23:14donc ça c'est important aussi
23:15de se dire qu'il faut
23:17agir de manière
23:18effectivement très ciblée
23:19il y a vraiment
23:20une manière de faire
23:22de repérage
23:22avec une difficulté
23:26et comment vous les contrôlez aussi
23:28c'est-à-dire plus il y a
23:29d'associations aidées
23:31plus cette question
23:32doit se poser
23:33vous avez raison
23:33c'est un vrai sujet
23:34j'ai même envie de dire
23:35que c'est de plus en plus
23:36un sujet
23:36et vous pouvez faire confiance
23:38quand même à un banquier
23:38en général un banquier
23:39surveille toujours
23:40où va l'argent
23:41et à qui il est donné
23:42donc il n'y a pas un euro
23:43qui peut être donné
23:44à une association
23:45qui pratiquerait
23:46des malversations
23:47quelle qu'elle soit
23:48et comment vous les sélectionnez
23:50donc c'est aussi de l'IA
23:51maintenant c'est nouveau
23:52voilà avec l'IA
23:52on peut désormais aussi
23:54on s'appuie sur un chercheur
23:55Hugo Micheron
23:55pour ne pas le citer
23:56qui nous aide effectivement
23:57et qui fait un gros travail aussi
23:59grâce à l'IA
24:00de repérage
24:01de tout ce qui peut être
24:02effectivement extrémiste
24:03dans telle ou telle association
24:04comment vous les sélectionnez
24:05ce sont elles qui viennent à vous
24:07ce sont des élus
24:08des citoyens
24:10des clients
24:10ou des collaborateurs
24:13qui vous disent
24:13à cet endroit là
24:14on peut être utile
24:14essentiellement des collaborateurs
24:16et c'est la force je pense
24:17de ce réseau
24:18de salariés
24:19dont je parlais
24:20très engagés
24:20des femmes
24:21des hommes
24:21qui sont sur le terrain
24:22et puis qui à force aussi
24:23effectivement il y en a certaines
24:24qui sont clientes
24:24pas toutes
24:25pas forcément
24:25c'est pas ça la logique
24:26mais en tout cas c'est de voir
24:27qu'est-ce qui se passe de bien
24:28dans le quartier
24:28et d'aller justement
24:30pointer, repérer
24:31eux ils font un truc bien
24:31et bien on va les aider
24:32et on va les aider à grandir
24:34et bien souvent
24:34en 20 ans
24:35on a pu voir telle et telle association
24:37je vous ai parlé d'été terminée
24:38mais je pourrais vous parler
24:39de Viens voir mon taf
24:40que vous connaissez peut-être
24:41puisque c'est aussi
24:42une ancienne journaliste
24:43il y a pas mal d'anciens journalistes
24:44quand même
24:44qui font de l'associatif
24:46Virginie Salmène
24:47qui effectivement
24:48avec Mélanie Taravan
24:49a réussi à aider ces jeunes
24:51qui n'ont aucune possibilité
24:52de faire des stages
24:53à part ce qu'on appelait
24:54à un moment donné
24:54en rigolant les stages kebab
24:56effectivement on essaye
24:57de faire en sorte
24:57qu'un jeune puisse sortir
24:58de son quartier
24:59pour avoir accès
25:00comme ceux qui sont bien dotés
25:03ceux qui ont le capital
25:04social et culturel
25:05on va essayer de leur en donner
25:06aussi à ceux
25:06qui n'en ont pas beaucoup
25:07et je pense que ça
25:09c'est important effectivement
25:09de voir à quel point
25:10ces petites associations
25:11de projets monlieux
25:12ont grandi
25:13et sont devenues aujourd'hui
25:13de très grosses structures
25:15Merci beaucoup Isabelle Giordano
25:17d'être venue nous présenter
25:18les actions
25:18Merci de mettre la lumière
25:19sur tous ces gens
25:20qui font des trucs chouettes
25:21Il y en a beaucoup
25:22et on essaye
25:24d'être dans cette démarche
25:26positive
25:26malgré le backlash
25:27malgré l'autour de le bâton
25:28montrer qu'il y a un mouvement
25:29de fond comme ça
25:29et qui continue d'avancer
25:30Et c'est aussi le contre-récit
25:32qu'il faut poser
25:32parce que si on ne parle pas fort
25:34d'autres parleront plus fort que nous
25:36pour dire des choses
25:36qui sont moyennement intéressantes
25:38Merci beaucoup
25:39et à bientôt
25:40sur Be Smart for Change
25:42On passe tout de suite
25:42à notre rubrique
25:44Startup et Innovation
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