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  • il y a 8 heures
Ce jeudi 19 février, Raphaël Legendre a reçu Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de l'Institut Harris Interactive, Thomas Rougier, secrétaire général de l'Observatoire des finances et de la gestion publique locale (OFGL), Martin Vanier, professeur à l'École d'urbanisme de Paris, et Philippe Goetzmann, consultant commerce et consommation, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:05BFM Business et la Tribune présente
00:08Les Experts
00:09Raphaël Legendre
00:12Bonjour à tous, il est 10h pile, nous sommes en direct sur BFM Business pour les Experts.
00:17Une spéciale municipale à un mois du dernier scrutin avant la présidentielle.
00:22Le groupe RMC BFM se mobilise dans son ensemble.
00:25Aujourd'hui, c'est le lancement depuis Marseille de son dispositif municipal 2026.
00:31Ce soir, ne ratez pas le grand débat en direct sur BFM TV et BFM Marseille-Provence,
00:36animé par Apolline de Malherbe, qui opposera Franck Alizio, Sébastien Deloglu, Benoît Payan et Martine Vassal.
00:43C'est le premier grand débat de ces municipales.
00:45Il y en aura d'autres en partenariat avec le Figaro et la Provence.
00:49Et ce matin, dans les Experts, c'est une spéciale municipale aussi.
00:53On va parler politique, on va parler finances locales, on va parler aménagement du territoire.
00:58Quelles sont les attentes des Français dans le cadre de ces élections ?
01:03Quel sujet les intéresse ? Faut-il rétablir la taxe d'habitation ?
01:08Oui, le grand débat est de retour trois ans seulement après sa suppression.
01:13On verra que c'est toujours ouvert.
01:15Et puis, le millefeuille territorial freine-t-il l'efficience économique de la France ?
01:21Comment les nouvelles pratiques de consommation redessinent-elles la carte économique locale ?
01:26Autant de questions passionnantes pour lesquelles j'interrogerai mes experts aujourd'hui.
01:32Voilà pour le programme de l'émission.
01:33Il est dix heures passées de une minute.
01:36Vous êtes en direct sur BFM Business.
01:38C'est les experts.
01:39Allez, c'est parti.
01:50Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir autour de la table Jean-Daniel Lévy
01:54qui vient de nous rejoindre.
01:55Bonjour Jean-Daniel.
01:55Bonjour Raphaël.
01:56Directeur délégué de l'Institut Harris Interactive.
01:59A côté de vous, Martin Vanier.
02:00Bonjour Martin.
02:01Bonjour.
02:01Première participation dans les experts.
02:03Bienvenue professeur à l'école d'urbanisme de Paris.
02:07J'ai le plaisir d'accueillir Philippe Gutzmann.
02:09Bonjour Philippe.
02:10Bonjour.
02:10Consultant commerce et consommation et Thomas Rougier.
02:13Bonjour Thomas.
02:14Bonjour Raphaël.
02:15Secrétaire général de l'Observatoire des finances et de la gestion publique locale, l'OFGL.
02:22Jean-Daniel, je commence avec vous.
02:24On va commencer par poser un peu la cartographie politique des attentes des Français dans le cadre de ces municipales.
02:33D'abord, est-ce que c'est un sujet qui intéresse ?
02:35On a un peu l'impression que cette campagne patine un peu, ou tarde en tout cas à être lancée.
02:40Peut-être qu'on va donner l'impulsion avec les premiers débats dans les grandes villes avec Marseille.
02:45Et ce matin, en en parlant à l'antenne, est-ce que les Français connaissent simplement les dates des prochaines
02:52municipales ?
02:53Absolument, parce que je pense que si on sortait dans la rue et qu'on allait demander aux Français quand
02:58auront lieu les prochaines élections municipales,
03:00peu seraient capables de pouvoir nous dire que ça aura lieu les 15 et 22 mars prochains.
03:04Il y a à cela, pas uniquement en fait un aspect qui est lié à la campagne ou à l
03:08'absence de campagne,
03:09mais également à des dimensions qui sont extérieures.
03:12Ces dimensions, elles sont de plusieurs natures.
03:13La première nature, c'est que le premier sujet de conversation des Français au cours de l'année précédente,
03:18ça a été un sujet extérieur à la France et le nom de Donald Trump a été présent matin, midi
03:23et soir.
03:23Eh oui, c'est beaucoup l'international.
03:25De conversation des Français et ça n'a pas été d'un point de vue positif,
03:28avec des craintes, des inquiétudes, des interrogations concernant non seulement aujourd'hui,
03:33mais également concernant demain.
03:34Et puis il y a également une singularité, c'est qu'on a eu un débat national,
03:38notamment sur la question budgétaire, on en a parlé sur ce plateau, on en a parlé à pas mal.
03:43Absolument, et qui fait que, pour faire vite, jusqu'à il y a encore quelques jours,
03:48la focalisation était très nette autour des grands enjeux nationaux
03:52et pas forcément autour des enjeux locaux.
03:54Et puis il y a également une troisième dimension dont on ne parle pas beaucoup,
03:57déjà pour partie produit en 2020, ça se produit à nouveau en 2026,
04:01c'est que vous avez une dimension de politique nationale qui, à cet égard, peut être un peu moins présente.
04:08Alors vous pouvez me dire que c'est paradoxal,
04:09mais nous n'avons pas de maire macroniste sortant majeur en 2026,
04:15comme nous ne l'avions pas eu de manière majeure en 2020,
04:18et qu'on sait que ça avait pu avoir la présence de personnalités dans des municipalités
04:23qui se revendiquaient ou qui, peu ou prou, étaient proches du gouvernement,
04:28qui avaient une incidence.
04:29Deux exemples, en 2008, peu après l'élection de Nicolas Sarkozy,
04:33il y avait eu un raz-de-marée de villes qui avaient basculé vers la gauche,
04:38notamment parce que des électeurs de droite étaient déstabilisés par le début du mandat de Nicolas Sarkozy,
04:43ils ne s'étaient pas déplacés pour aller voter,
04:45et le mouvement complètement inverse s'était produit en 2014,
04:49avec des villes qui avaient basculé de la gauche vers la droite,
04:52notamment parce que des électeurs, deux ans après l'arrivée de François Hollande à l'Elysée,
04:56se sentaient en difficulté de pouvoir, d'une manière ou d'une autre,
05:00apporter leur soutien indirect à l'égard de l'exécutif.
05:03Cette dimension aujourd'hui de structuration nationale est un peu moins présente au niveau local,
05:08et ça participe aujourd'hui d'une forme de distance ou d'absence de combat politique majeur
05:14qui est de nature à pouvoir structurer les représentations.
05:17Ça va probablement changer, mais en tout cas à l'heure actuelle, ça n'est pas encore...
05:19Ça veut dire que l'élection est plus ouverte, cette année, que 5 ans.
05:22Alors en plus, il y a 5 ans, on était en plein Covid, souvenez-vous,
05:24on avait complètement décorrélé le premier tour au mois de mars,
05:27du second tour qui était arrivé au mois de juin.
05:29Absolument, même si la logique du deuxième tour découlait pleinement
05:33de ce qu'on avait identifié dans le cadre du premier tour,
05:36et on se demandait s'il y aurait un sursaut de mobilisation,
05:38parce qu'à l'époque, d'ailleurs on parlait plus de coronavirus,
05:40d'ailleurs à cette époque-là, était un peu moins présente,
05:45mais la logique qui avait prévalu à l'issue du premier tour
05:47n'avait pas inversé la tendance qui était celle initiée dans le cadre du premier tour.
05:53Une dernière question, à quoi s'intéressent les Français ?
05:55Les principaux sujets de préoccupation dans le cadre de ces municipales.
06:00Les Français sont quand même assez attachés à ces élections,
06:02c'est l'élection de la proximité, on va en parler avec vous, Martin.
06:05Alors, ils sont intéressés, on dit que le maire est souvent
06:10l'élu préféré de la part des Français, pour autant...
06:12On dit aussi que c'est l'élu à portée de baffes, régulièrement.
06:15Absolument, ou le plus accessible, celui qui est censé le plus connaître
06:18ce que peuvent être les aspirations, les préoccupations de la part de nos compatriotes.
06:21Rappelons quand même qu'on a une baisse tendancielle de la participation
06:24depuis le milieu des années 80, juste deux repères.
06:26Au début des années 70, début des années 80,
06:29nous avions sensiblement 8 Français sur 10
06:31qui se déplaçaient aux élections municipales.
06:332014, on va dire que 2020 est une exception,
06:35mais 2014, c'est moins des deux tiers des Français
06:38qui se sont déplacés aux élections municipales,
06:40c'est-à-dire moins que dans le cadre d'une élection présidentielle
06:42ou sensiblement au même niveau qu'aux dernières élections législatives
06:45qui étaient présentées comme étant des élections législatives.
06:47à enjeu, quand bien même il y avait des vacances scolaires
06:49au cours du deuxième tour des élections législatives.
06:52Les préoccupations, ce sont des préoccupations
06:54qui sont assez uniformes globalement sur le territoire.
06:57D'ailleurs, quelle que soit la taille de la commune,
06:59on va avoir des préoccupations en matière de sécurité,
07:01on va avoir des préoccupations en matière d'environnement
07:03qui sont toujours présentes.
07:04On a des préoccupations majeures en matière de santé
07:06et on peut penser qu'il s'agit d'ailleurs d'un impensé
07:09du débat à l'heure actuelle dans le cadre de ces élections municipales.
07:13Et puis, des préoccupations qui sont fortes en matière de circulation,
07:17en matière de stationnement et en matière globalement,
07:20et je pense qu'on va être amené à en parler,
07:21si c'était de finances publiques, en tout cas de pouvoir d'achat
07:24qui vont se relayer autour de la question,
07:27non pas forcément de la taxe d'habitation, mais de la taxe foncière,
07:29de la manière dont peut être considéré le prix des services publics
07:33et le prix de la vie au quotidien à travers notamment la question du logement.
07:36Oui, effectivement.
07:37La fiscalité locale, elle a pas mal bougé ces dernières années, Thomas Auger.
07:41Vous êtes un grand spécialiste de la fiscalité locale.
07:44Il y a un grand débat qui est en train de faire son retour,
07:46avec deux échos totalement différents.
07:47C'est celui du rétablissement de la taxe d'habitation.
07:50La taxe d'habitation, je rappelle, elle a été complètement supprimée en 2023.
07:53Ça a pris quelques années.
07:54Et on a eu deux sondages, là, coup sur coup, assez étonnants.
07:58L'un qui venait de la fondation Jean Jaurès,
08:01qui expliquait que les Français, finalement,
08:04pas une majorité, 40% des Français environ,
08:07étaient favorables à un rétablissement de la taxe d'habitation
08:11en échange de davantage de services publics locaux.
08:16Et puis, de l'autre côté, on a eu quelques jours plus tard
08:19le baromètre de l'Institut Paul Delouvrier,
08:21qui analyse, qui sonde les attentes des Français
08:24vis-à-vis de ces services publics,
08:25et qui nous dit, là, que les Français sont prêts à avoir moins de services,
08:29mais surtout parce qu'ils veulent moins d'impôts.
08:33Bon, on en est où quelques années après la suppression de la taxe d'habitation ?
08:38Alors, précisons que c'est la suppression de la taxe d'habitation
08:41sur les résidences principales.
08:42Absolument, il reste celle sur les résidences secondaires.
08:44Il y a quelques milliards sur les résidences secondaires,
08:45qui créent déjà une première différence entre territoires,
08:49entre communes, avec l'existence ou non d'un poids
08:52de cette taxe d'habitation sur les résidences principales.
08:54Il vaut mieux être une commune balnéaire.
08:56Sur certains aspects, et sur ce point-là.
08:58Financièrement, en tout cas.
08:58Voilà, sur ce point-là, oui.
09:00Après, vous êtes une commune balnéaire, vous avez des charges
09:02qui sont liées à l'accueil de publics saisonniers.
09:05Donc, vous avez des réseaux d'assainissement,
09:06vous avez des dimensionnements d'équipements
09:08qui sont calibrés sur une population beaucoup plus large.
09:10Il y a d'autres contraintes, donc je ne les oppose pas.
09:13Mais cette suppression de la taxe d'habitation,
09:16elle s'est transformée en une spécialisation de la taxe foncière
09:19pour les communes et leurs intercommunalités,
09:21mais c'est surtout les communes qui prévèvent la taxe foncière.
09:24Ça s'est traduit financièrement de cette façon-là.
09:27Alors, c'est un petit peu plus technique,
09:28mais en tout cas, la part départementale de la taxe foncière
09:31pour les propriétaires, qu'ils soient entreprises ou ménages.
09:34Donc, il y a une hyper-concentration et une hyper-dépendance
09:37pour tous nos élus qui se présentent à cette taxe foncière.
09:42– Avec une crise de l'immobilier et de la construction.
09:46– Avec une crise.
09:47– On peut ajouter la ressource fiscale, ça devient compliqué.
09:49– Mais des bases qui sont peu fluctuantes,
09:51enfin, elles fluctuent, on va en parler,
09:53elles fluctuent, mais en tout cas,
09:54elles ne sont pas conditionnées au marché directement,
09:56comme le sont les droits de mutation à titre onéreux.
09:58– Voilà, les fameux frais de notaire,
09:59comme on les appelle de manière courante.
10:01– Ceux-là subissent les à-coups.
10:02Les départements ont payé le prix en 2023 et 2024,
10:05ça va un peu mieux en 2025,
10:07mais la situation financière des départements s'est dégradée
10:09à cause de cette baisse des DMTO, des droits de mutation.
10:12Mais les communes, c'est plus de 42 milliards d'euros,
10:17avec une dynamique assez nette sur les dernières années,
10:21ça a été très décrié, oui, oui.
10:23Il y a, sur les six dernières années,
10:24à peu près 25% d'augmentation de la taxe foncière
10:28prise dans son ensemble.
10:29– Qu'il faut corréler à la suppression de la taxe d'habitation ou pas ?
10:32– Eh bien, non, parce que la taxe d'habitation…
10:34– C'était son craignère, vous supprimer la taxe d'habitation,
10:36c'est la taxe foncière qui va flomber,
10:38et c'est les propriétaires qui vont trinquer.
10:39– Et les contribuables peuvent mélanger les effets,
10:43parce qu'effectivement, ça correspond en date,
10:45mais il se trouve que cette taxe foncière,
10:48la base, l'assiette sur laquelle les propriétaires payent,
10:51est indexée, en tout cas pour les ménages, sur l'inflation.
10:54Donc on vient de traverser un mandat,
10:56on a dit que ça avait commencé par le Covid,
10:58ça s'est prolongé par l'inflation,
11:00l'inflation a eu un impact fort sur les budgets des collectivités,
11:04avec un accroissement mécanique des bases.
11:06Donc sur l'augmentation totale du foncier bâti,
11:09nous on estime, c'est un calcul assez grossier,
11:11il mériterait d'être précisé,
11:12mais que la trois-quarts de l'augmentation,
11:14c'est lié à l'effet des bases,
11:16indexé, ou alors l'augmentation des bases naturelles,
11:20et un quart lié à l'augmentation des taux,
11:22sachant que beaucoup de communes n'ont pas du tout touché leur taux,
11:25pendant cette période-là.
11:26– Les maires ont été finalement assez sobres ?
11:28– Je crois que le calcul,
11:30c'était la direction du Institut de la Banque Postale qui l'avait fait,
11:32il y avait 13 000 communes qui avaient augmenté leur taux du taux 2025
11:37par rapport au taux de 2020.
11:39Donc 13 000 communes, c'est un peu plus de la moitié,
11:41avec des grandes villes, on en parle souvent,
11:45qui occupent l'espace public avec une augmentation de taux,
11:48mais beaucoup de communes qui n'ont pas.
11:50Du coup, des intercommunalités,
11:51il y a eu un petit peu plus sur le foncier bâti.
11:55Mais cette hyperdépendance sur le foncier bâti pose débat,
11:57et c'est pour ça que le retour à une taxe d'habitation
12:00ou alors à une contribution fait débat,
12:03parce qu'on a déconnecté une partie de la population
12:06de ce lien fiscal qu'elle avait avec le service public local.
12:09Tout l'enjeu, il est là,
12:11et c'est pour ça que le débat revient.
12:13Il revient souvent accompagné d'une phrase
12:16qui est qu'il ne s'agit pas d'imposer en plus,
12:18il s'agit de substituer cet impôt qui serait recréé
12:22à un impôt existant.
12:24Il ne s'agit pas de...
12:24Les élus ne vont pas assumer le fait
12:26qu'on réaugmente les impôts sous prétexte...
12:30Ça aide rarement à se faire réélire.
12:32Mais avec un lien entre territoire...
12:34Toute cette question, ça pose la relation,
12:37et vos sondages que vous avez cités
12:38posent la question de cette relation
12:40qu'on a chacun avec la taxation.
12:43Et la taxation locale,
12:44ce n'est pas l'achat d'un service,
12:46à part quelques cas comme la taxe d'enlèvement
12:48des ordures ménagères.
12:49Mais en tout cas, ce n'est pas l'achat d'un service pour soi,
12:52c'est l'achat d'un service pour son territoire.
12:54Et ça fait une grosse différence, à mon sens,
12:56dans le financement des services publics.
12:58Je vois opiner du chef Martin Vanier.
12:59Je rappelle votre ouvrage,
13:01Martin Vanier,
13:02en finir avec des fausses idées
13:03sur l'aménagement du territoire,
13:06que je conseille à tout le monde.
13:07C'est absolument passionnant.
13:09Qu'est-ce que vous retirez
13:10de ce qui a été présenté là ?
13:12Je voudrais ajouter deux choses.
13:14Le problème de la taxe foncière,
13:16c'est qu'elle est construite par nature
13:18sur une ressource dont on est tous invités
13:21à moins consommer
13:22et à moins étendre le développement.
13:24C'est la politique de sobriété foncière
13:26plus connue par tous les Français
13:27sous le nom de ZAN.
13:28Le fameux coup de ZAN.
13:29Donc, il y a une intention contradictoire
13:31à dire aux communes,
13:32appuyez-vous sur cette ressource majeure.
13:34Et évidemment, vous avez raison,
13:35c'est le foncier,
13:36le foncier bâti économique ou les ménages
13:38qui aujourd'hui fait la ressource principale
13:40des communes.
13:41et de leur dire en même temps
13:42qu'il va falloir en consommer un peu moins
13:43et cessez de vous étendre.
13:45Autrement dit, étanchez
13:49le rendu en question.
13:50Donc ça, c'est la première chose.
13:51La deuxième chose,
13:52c'est que moi, je ne suis pas fiscaliste,
13:53mais je sais quand même
13:55que dans beaucoup de pays d'Europe,
13:57la fiscalité dite locale
13:58n'est rien d'autre que le partage
14:00de la fiscalité nationale.
14:01Autrement dit, ce sont des parts
14:02de l'IRPP,
14:04de l'impôt sur l'avenage,
14:06des parts de la TVA
14:08ou des parts de l'impôt
14:10sur les carburants, par exemple.
14:11Ce qui, peut-être, serait à explorer
14:14pour qu'on arrive à sortir
14:15de cette espèce d'héritage,
14:16vous le savez mieux que moi,
14:17ça s'appelle les quatre vieilles.
14:19Ce n'est pas par remarque,
14:20ça s'appelle les quatre vieilles.
14:21Ce sont des impôts inventés
14:21au 19e siècle,
14:23ce sont des ressources fixes.
14:25On s'épuise à les rejouer
14:26et les rejouer en permanence.
14:28On les supprime,
14:28on les rétablit, etc.
14:30Est-ce que les champs fiscaux
14:31de demain ne sont pas ailleurs ?
14:33En territorialisant, alors.
14:35Thomas Aulier.
14:35C'est le gros problème
14:36de ces impôts nationaux
14:37qui sont redistribués aux collectivités.
14:38C'est déjà le cas maintenant
14:39avec la suppression
14:40de la taxe d'habitation.
14:41Oui.
14:42Le département a perdu
14:43le foncier bâti
14:44et ils ont récupéré de la TVA.
14:45Oui.
14:45Ils ont récupéré de la TVA
14:47à due concurrence
14:47de ce qu'ils percevaient avant.
14:49Comme les régions.
14:50Comme les régions
14:50qui avaient déjà récupéré de la TVA.
14:52Il y a plus de 50 milliards de TVA
14:54qui sont consacrés
14:54aux services publics locaux
14:56des régions jusqu'aux communes.
14:58Mais souvent avec une répartition
15:00qui n'est liée qu'au passé,
15:02c'est-à-dire qu'à l'existence
15:03de recettes antérieures.
15:04Donc il faut impérativement
15:05corréler cette redistribution
15:08de fiscalité
15:08avec des éléments liés au local.
15:11Soit des charges,
15:12soit une péréquation.
15:14C'est-à-dire soutenir.
15:15Et c'est déjà le cas.
15:16Il y a des mécanismes de péréquation
15:17qui sont très puissants.
15:19Soutenir les territoires
15:20qui sont en déficit
15:21de ressources fiscales naturelles
15:23sur leurs assiettes.
15:25et par ailleurs,
15:27développer, développer
15:29une équité.
15:30Tout en tenant compte
15:31des efforts que font les collectivités.
15:33Il y a l'enjeu industriel.
15:34On parle évidemment
15:35de l'industrie en France.
15:36Et au même moment...
15:37On va glisser vers l'aménagement
15:38du territoire.
15:39Mais c'est évidemment
15:39à la base de politique
15:41d'aménagement du territoire.
15:42Mais on désintéresse
15:43sur les dernières années
15:44les collectivités
15:45à l'installation des entreprises.
15:47En tout cas,
15:48on désintéresse fiscalement.
15:49Suppression de la CVA,
15:50la contribution sur la valeur ajoutée.
15:51Oui.
15:51et diminution,
15:52qui était probablement
15:53une très bonne nouvelle,
15:54pour les bases industrielles
15:55par deux en 2021.
15:57Et on désintéresse
15:59les collectivités.
16:00Et donc,
16:01là, c'est un enjeu
16:01d'aménagement.
16:02Donc, effectivement,
16:02ça rejoint les sujets
16:03d'aménagement du territoire
16:05qu'on peut signaler.
16:06Philippe Götzmann,
16:06je vous vois prendre des notes.
16:10Je partage évidemment
16:11ce qui a été dit
16:12pour la partie que je connais.
16:14Je ne suis pas un spécialiste
16:14des finances du tout.
16:16Mais la question pour moi,
16:19alors moi, je travaille beaucoup
16:20sur les questions
16:20de consommation et de commerce.
16:21Oui.
16:21Une des questions
16:22qui me semble importante,
16:23c'est le...
16:25Je parle souvent,
16:26la carte de France
16:26est en train de se tordre
16:27complètement.
16:28Et ça a des impacts,
16:29évidemment,
16:30sur, j'imagine,
16:31sur la fiscalité.
16:32Enfin, pour avoir vécu
16:33dans différents territoires,
16:34je l'ai bien observé.
16:35et des impacts sur la consommation.
16:38C'est-à-dire que...
16:39Juste un chiffre qui, moi,
16:40me frappe,
16:41parce que je l'utilise beaucoup
16:41dans mes travaux de consommation.
16:43Sur les 20 dernières années,
16:45on sait,
16:46on l'a beaucoup dit récemment,
16:47la démographie française
16:48est maintenant
16:49dans une phase
16:50plutôt de déclin.
16:51Hivernal.
16:51Mais, sur les 20 dernières années,
16:53la population française
16:54a fait une croissance
16:55de 12%.
16:57Dans les 20 prochaines,
16:58ce sera plutôt zéro
16:59ou zéro moins.
17:00Enfin, bon.
17:02Donc, 12%.
17:02Je vais prendre deux villes,
17:05deux préfectures,
17:05une petite,
17:06une grande.
17:07Bar-le-Duc,
17:08qui est une préfecture,
17:08une petite préfecture,
17:09a connu une décroissance
17:11démographique de 12%.
17:12Donc, déjà,
17:13en 20 ans,
17:1424 points d'écart
17:15à la moyenne.
17:16Je cite Bar-le-Duc,
17:17pourquoi ?
17:17Parce que...
17:18Petite île que je connais,
17:20mais il se trouve,
17:21dans mon domaine,
17:22qu'en l'occurrence,
17:23Auchan,
17:24au mois de mai,
17:24a fermé purement
17:25et simplement
17:26un hypermarché
17:27que j'ai connu
17:27il y a 15-20 ans
17:28et qui était rentable.
17:29Fermé, fermé.
17:30Il n'y a pas de repreneur,
17:31il s'est fermé.
17:32Donc, ça dit quelque chose
17:33de la décroissance
17:33d'un territoire.
17:34À l'opposé,
17:35Montpellier,
17:37grande ville,
17:38mais quand j'avais 15 ans,
17:40ce n'était pas encore
17:40une très grande ville,
17:41Montpellier.
17:42Montpellier,
17:42sur les 20 dernières années,
17:43a connu une croissance
17:44de 38%.
17:45Assez attractive.
17:46Ça veut dire
17:46qu'entre deux préfectures,
17:48vous avez en 20 ans
17:4850 points d'écart
17:50de croissance.
17:51Donc, évidemment,
17:52vous avez un territoire
17:53qui va mécaniquement
17:55amener un développement
17:56économique,
17:56un développement
17:58commercial,
17:58etc.
17:59On pourra le détailler,
18:01mais qui forcément
18:01va être également
18:02un développement
18:04de sa ressource fiscale,
18:04de sa capacité
18:05à financer des équipements,
18:07des routes,
18:08des écoles,
18:08des piscines,
18:09que sais-je encore.
18:10Alors que de l'autre côté,
18:11vous avez une ville
18:12qui est structurellement
18:13dans un schéma
18:13de décroissance
18:14et forcément va connaître
18:15de grosses difficultés.
18:17À titre personnel,
18:17j'ai vécu ça
18:18il y a plus de 20 ans
18:20où il se trouve
18:20que pendant un temps,
18:21je dirigeais
18:22un hypermarché
18:23à Longoui.
18:25Et ça m'avait
18:26beaucoup marqué
18:27à Longoui
18:27parce que c'est une ville
18:28qui à cette époque-là
18:29faisait une agglomération
18:30qui faisait 30 000 habitants
18:31alors qu'à la fin
18:33des années 70,
18:34à l'époque
18:34de la sidérurgie Lorraine,
18:36il y avait 30 000 emplois.
18:38Donc vous voyez,
18:40quand vous avez
18:40de la désindustrialisation,
18:42il y a beaucoup
18:42de territoires en France
18:43qui connaissent ça,
18:45sur les 20 dernières années
18:46qui l'ont connu
18:46et on est en train
18:47de le subir,
18:47vous avez des territoires
18:48en France
18:48qui vont connaître
18:50de fortes décroissances.
18:52Encore une fois,
18:53quand on était
18:53à plus 12,
18:54celui qui allait mal
18:55il était à zéro.
18:56Quand on est à zéro
18:57en moyenne,
18:57devant nous,
18:58on a des territoires
18:59qui vont connaître
19:00des décroissances
19:00très violentes.
19:02Et ça,
19:03c'est un enjeu
19:03me semble-t-il
19:04à anticiper
19:05pour les municipales
19:06et d'un point de vue social
19:07qui sont absolument colossaux.
19:08On va en parler
19:08en seconde partie
19:09de l'émission.
19:11Je voulais qu'on termine
19:11sur la fiscalité locale.
19:13Cette suppression
19:14de la taxe d'habitation,
19:15Jean-Daniel Lévy,
19:16est-ce qu'elle l'a imprimée
19:18dans l'opinion publique ?
19:19Est-ce que l'opinion publique
19:21a été grée
19:22à Emmanuel Macron
19:23d'avoir supprimé
19:23la taxe d'habitation ?
19:24Est-ce qu'elle a vraiment eu lieu ?
19:27Parce qu'en fait,
19:27en tout cas,
19:27on peut vraiment s'interroger
19:28parce que d'un point de vue
19:29d'opinion...
19:29C'est presque la disparition.
19:30D'un point de vue d'opinion,
19:31en fait,
19:32c'est aujourd'hui
19:33absolument un non-sujet.
19:34C'est-à-dire qu'en fait,
19:35à aucun moment,
19:36on nous dit
19:36qu'au moins,
19:37il y a eu cette suppression
19:38de la taxe d'habitation
19:40et donc l'effet...
19:41Boucher à Vallée
19:42n'a plus de goût
19:43comme on dit souvent en politique.
19:44C'est vrai,
19:44l'effet est absolument nul.
19:47Ça renvoie quelque peu
19:48à ce qu'on avait pu voir
19:49après la suppression
19:50de la vignette automobile,
19:52on se rappelle,
19:53et qui avait été absolument
19:54sans aucun effet
19:55sur le comportement...
19:56C'était sous Lionel,
19:57je ne sais pas,
19:57à l'époque.
19:57Absolument,
19:57et si je me souviens bien,
19:58je crois qu'il n'a pas été qualifié
19:59pour le deuxième tour
20:00de l'élection présidentielle de 2002,
20:01quand bien même il avait...
20:02Absolument.
20:02C'était un vrai sujet,
20:03c'était un sujet
20:04dont on parlait longtemps
20:05et qui a été un sujet
20:06de débat,
20:06de confrontation
20:07et il y avait eu cette orientation
20:08qui avait été proposée
20:09notamment par Lionel Jospin.
20:11Peut-être qu'elle n'a pas eu lieu,
20:12enfin je suis un peu caricatural,
20:13mais en tout cas d'un point de vue
20:14d'opinion,
20:14elle n'a pas eu lieu
20:15parce que quand on les interroge,
20:17quand bien même
20:17il n'y a pas eu d'évolution
20:18de la fiscalité locale
20:27assez fréquente,
20:28que ce soit en début de mandat,
20:29en milieu de mandat
20:29ou en fin de mandat,
20:30les électeurs nous disent
20:31si, il y a eu augmentation des impôts.
20:33Alors pourquoi ?
20:34Parce qu'ils mettent
20:34dans un grand ensemble
20:35tout ce que vont être
20:37leurs contributions.
20:37Donc ils vont parler
20:38des transports,
20:39ils vont parler
20:40du prix de la piscine,
20:41du prix du logement potentiellement,
20:43du prix de la taxe foncière
20:44lorsqu'on est soumis
20:45à la taxe foncière,
20:46ils vont nous parler
20:47de l'accès
20:48à différents services publics
20:49ou services publics,
20:51donc de tout ce qui relève
20:53peu ou prou
20:53d'une collectivité locale
20:54sans qu'on sache véritablement
20:56est-ce que cela relève
20:57de la commune,
20:58de la structure intercommunale
20:59dont on ne parle pas beaucoup
21:00mais qui aujourd'hui
21:01a un rôle,
21:01qui est un rôle en plus
21:02extrêmement pratique
21:03pour un certain nombre de maires
21:03qui vont dire
21:04que ce n'est pas nous.
21:04Et oui,
21:05ça permet d'accuser
21:07l'échelon au-dessus.
21:07C'est un peu comme l'État
21:09par rapport à l'Europe.
21:10Quand il y a un problème
21:11c'est la structure intercommunale,
21:12quand il y a un problème
21:13c'est l'Europe
21:13et quand ça va bien
21:14c'est la commune
21:15où évidemment c'est la couverture
21:16à soi.
21:16Exactement le même type
21:17de registre qui existe.
21:18Donc en fait,
21:18il y a une forme
21:19de mélange
21:20qui est effectué
21:21avec la perception
21:22que globalement
21:23d'une manière
21:24ou d'une autre
21:25on ne voit pas
21:26en tant que consommateur
21:27pas uniquement
21:28en tant que citoyen
21:28mais en tant que consommateur
21:29les effets
21:30à proprement parler.
21:32Ça rejoint également
21:34l'idée
21:34d'une suspicion
21:35en plus initiale.
21:36C'est-à-dire que
21:37d'une manière globale
21:37lorsque l'État dit
21:38vous inquiétez pas
21:39on va supprimer
21:41un appôt local
21:42mais il va être remboursé
21:44à l'euro près
21:45personne n'y croit.
21:47et que d'une manière
21:48c'est vrai
21:49on se souvient
21:50des associations d'élus
21:51qui ont été énormément
21:52qui disent
21:53vous nous faites l'histoire
21:55mais vous nous la faites
21:55de manière systématique
21:56et qui plus est
21:57sans parler de la question
21:58des dynamiques
21:59mais en parlant de l'existant
22:00un doute
22:01qui est un doute
22:01qui vient percoler
22:04les Français
22:05lorsqu'on est amené
22:06à les interroger.
22:06Alors que c'est vrai non ?
22:08Avec Thomas Rougier
22:09ça a été remboursé
22:10à l'euro près
22:11et ça progresse chaque année
22:12la compensation de l'État.
22:13À l'instant T
22:13les compensations
22:14sont souvent assez proches
22:17assez proches
22:18et on est souvent
22:18à l'euro près quand même
22:19etc.
22:20Là dans ce cas-là
22:20c'est la taxe professionnelle
22:21et près c'est l'histoire.
22:23Là on vit en ce moment
22:24une loi de finances
22:252026
22:25dans son sein
22:26pour les collectivités
22:27je ne vais pas faire technique
22:28mais elle prélève
22:29deux recettes
22:30qui sont liées
22:30à de la fiscalité professionnelle
22:32perçue par les collectivités locales
22:34une liée à la réforme
22:35et la suppression
22:36de la taxe professionnelle
22:37à l'époque
22:37donc vous voyez
22:3715 ans après
22:3815 ans
22:39ça a commencé
22:40on est en train
22:42de rogner
22:42cette dotation
22:43de compensations
22:43sur la réforme
22:44de la taxe professionnelle
22:45qui était une partie
22:45de la compensation
22:46et il y a une autre mesure
22:48sur la diminution
22:49des bases industrielles
22:50qui avait été compensée
22:51plutôt assez bien
22:52par l'État
22:53qui date de 2021
22:54et qui est remis en cause
22:56on va aller prélever
22:5620% de cette compensation
22:58qui est versée aux collectivités
22:59donc dans l'esprit
23:00je ne sais pas
23:01si vous dites
23:02dans la population
23:02ça je ne sais pas
23:03mais en tout cas
23:04chez les élus locaux
23:06il y a cette suspicion
23:07qui est ancrée
23:08elle n'est pas liée
23:09à ce gouvernement
23:09elle est ancrée
23:10donc on finit
23:11par nous
23:12l'affaire à l'envers
23:13une persistance rétinienne
23:15donc l'affaire
23:16de la taxe d'habitation
23:17si les contribuables
23:19localement
23:20l'ont oublié
23:20chez les élus locaux
23:21on s'en souvient encore
23:22Martin Vanier
23:24pire que
23:25la perte de pouvoir fiscal
23:27je trouve que
23:28de l'entente des élus
23:29il y a l'incertitude
23:30sur l'exercice budgétaire
23:33à la limite
23:34on leur dirait
23:34d'une façon fiable
23:36sur plusieurs années
23:37sur le PPI
23:38des 6 ans d'un mandat
23:40le plan pluriannuel
23:41d'investissement
23:42bon effectivement
23:44vous n'avez plus
23:45le levier fiscal
23:46parce que vous n'avez plus
23:46les marges de manœuvre
23:47pour les raisons
23:48que vous avez dites
23:48c'est transformé en dotation
23:49mais on vous garantit
23:51sur l'exercice politique
23:52qui est le vôtre
23:53les ressources suivantes
23:54je pense qu'il ferait
23:57comme n'importe quel
23:58acteur responsable
24:00il prendrait acte
24:01de la contrainte
24:02et il jouerait dedans
24:03mais ça
24:04ça pèse à mon avis
24:05beaucoup plus lourd
24:06que le fait
24:07de ne pas pouvoir
24:07continuer
24:08à régler
24:09le robinet fiscal
24:10pour pouvoir
24:11ajuster des projets
24:13avec
24:13et j'ajoute
24:13que la deuxième chose
24:14qui permettrait
24:16de compenser
24:16cette perte
24:17de pouvoir fiscal
24:17c'est un gain
24:19de pouvoir réglementaire
24:20c'est-à-dire que les élus
24:21se plaignent énormément
24:22et à juste raison
24:22d'être constamment rappelés
24:24à l'ordre
24:24de ne pas pouvoir faire
24:25ne pas faire comme ça
24:28et donc ils réclament
24:30une capacité
24:30de plus grande autonomie
24:32sur ce que sont
24:33les aspects normatifs
24:34de leur politique
24:35et de leur action
24:36et il me semble que là
24:37on a deux leviers
24:38qui permettraient
24:39de dire à tout le monde
24:40bon évidemment
24:40la question fiscale
24:41est très compliquée
24:42et d'une certaine façon
24:44on n'arrive pas
24:44à trouver la solution
24:45mais là on a deux
24:46facteurs de progrès
24:47qui permettraient
24:48de redonner
24:48de la capacité
24:50mais parler de la proximité
24:51la proximité
24:52sans capacité
24:53c'est le drame
24:54il ne reste plus que la baffe
24:55en effet
24:56Thomas Rougier
24:57le sujet de la lisibilité
24:59il est très très clair
25:00effectivement
25:00il y a un enjeu de lisibilité
25:01à tous les niveaux administratifs
25:02et moi j'entends ça aussi
25:04sur vos plateaux
25:05du côté du milieu
25:06des entreprises
25:07évidemment
25:08c'est la même chose
25:09alors il y a des événements
25:10qui bousculent
25:12quand l'État
25:13quand il essaye
25:14de donner une trajectoire
25:15etc
25:15qui sont
25:17d'inflation
25:18une crise
25:19une crise financière
25:20puis après une crise Covid
25:21etc
25:22donc il y a des perturbateurs
25:24mais hors
25:25ces perturbateurs essentiels
25:26il faudrait effectivement
25:27parvenir
25:27à un niveau
25:28de lisibilité fort
25:29alors si c'est un niveau
25:30de lisibilité fort
25:31pour dire
25:32vous allez perdre
25:3220% de vos moyens
25:33je ne pense pas
25:34que ça va
25:34ça va me permettre
25:35de faire
25:36mais en tout cas
25:38de la lisibilité
25:39sur plusieurs années
25:40je ne dis pas 10 ans
25:41disons 5 ans
25:42ce qui est intéressant
25:43c'est qu'en fait
25:44on a au niveau national
25:45un débat
25:45qui n'existe quasiment pas
25:46au niveau local
25:47c'est à dire que
25:47quand vous regardez
25:48il y a un clivage gauche droite
25:49sur le budget de l'État
25:51où globalement
25:52il y a de la part
25:53de la gauche
25:55pour faire un peu caricatural
25:56l'aspiration
25:57à ce qu'il puisse y avoir
25:58une augmentation des impôts
25:59et notamment une augmentation
26:00des impôts pour les plus riches
26:01ce débat là
26:02ce débat là
26:02n'existe quasiment pas
26:03au niveau local
26:04alors qu'il existait
26:05par le passé
26:05c'est à dire que
26:06vous prenez
26:06les campagnes de 2008
26:07et d'avant
26:08il y avait ce débat là
26:09le moment en fait
26:10qui a été le moment de bascule
26:11n'a pas été uniquement
26:11le moment qui a été lié
26:12à l'inflation
26:13qui a été le moment
26:14en fait où il y a eu
26:14les empreintes toxiques
26:15qui ont été contractées
26:16par un système de commune
26:17et qui a vraiment
26:17eu une incidence
26:18même sur la part de la gauche
26:19et aujourd'hui
26:20quand vous faites
26:20l'analyse
26:21des programmes politiques
26:22de la plupart
26:23des candidats
26:24aux élections municipales
26:26très peu
26:27vont être de nature
26:28à pouvoir dire
26:29nous allons augmenter
26:30les impôts locaux
26:31ou nous allons augmenter
26:32les impôts sur
26:34mais Jean Daniel
26:34est-ce que c'est pas
26:35le discours classique ça
26:36en même temps
26:36évidemment qu'on va pas dire
26:38salisez-moi
26:39je veux augmenter vos impôts
26:39dans les années 70
26:41années 80
26:4290 et début
26:43des années 2000
26:44la gauche était plutôt
26:45sur la posture
26:46d'augmenter les impôts
26:47d'un point de vue global
26:48au nom justement
26:49de ce qu'était
26:50l'investissement
26:51les services publics
26:52etc
26:52je me permets de rappeler
26:53que Bertrand Lanoé
26:54en 2008
26:54avait indiqué
26:55dans le cadre
26:55de sa campagne électorale
26:56qu'il allait augmenter
26:57les impôts
26:57d'un peu moins de 10%
26:58donc tout le monde avait compris
26:59que ça serait 9,5%
27:00mais que ça n'a pas empêché
27:02d'être réélu
27:02d'être même réélu brillamment
27:04parce qu'on voyait
27:04l'articulation
27:05entre la dépense publique
27:06et les effets pour les citoyens
27:07aujourd'hui cet aspect là
27:08est complètement
27:09en dehors du débat
27:11et c'est d'autant plus marquant
27:13qu'il y a pour le coup
27:14une décorrélation
27:14entre la posture
27:15qui peut être adoptée
27:16par la gauche
27:16au niveau national
27:17et celle qui peut être
27:18adoptée au niveau local
27:19oui
27:20Philippe Gossman
27:20je vais y réagir
27:22j'écoute ces éléments
27:23et moi je suis effaré
27:26du système
27:27qu'on a mis
27:28dans notre pays
27:28
27:29par rapport à cette décentralisation
27:30que vous évoquez
27:31c'est vrai pareil
27:32de la même façon
27:33dans les entreprises
27:33c'est-à-dire que comme
27:34on a une carte de France
27:35qui est de plus en plus
27:38fragmentée
27:38de plus en plus
27:39différenciée
27:40avec des enjeux
27:40de plus en plus
27:42spécifiques
27:43zone par zone
27:44je n'arrive pas
27:45à comprendre
27:45la centralisation
27:46qu'on a faite
27:47de la fiscalité
27:47avec des dotations
27:49alors que précisément
27:50on le voit dans les boîtes
27:50c'est historique ça Philippe
27:52on est un pays ultra centralisé
27:54en France
27:55les entreprises en France
27:55dans mon métier
27:56ce sont celles
27:58qui ont la subsidiarité
27:59et qui travaillent
28:01à partir du local
28:02et quand on fait l'inverse
28:03on se crache
28:04et je pense qu'il faudrait
28:06au contraire
28:07c'est un point de vue
28:08très personnel
28:08au contraire
28:08que les collectivités
28:10aient la liberté
28:12de leurs ressources fiscales
28:12et que le meilleur gagne
28:13et elles sauront l'adapter
28:14à leur environnement
28:15mais le système des dotations
28:16nous freine en fait
28:17l'adaptation nécessaire
28:18des collectivités
28:19à la réalité
28:21démographique
28:21économique
28:21doit être de plus en plus rapide
28:23ça ne peut pas se faire
28:23depuis Paris
28:24et oui
28:24vive la liberté
28:25on se retrouve dans une
28:26courte minute
28:28après une pause publicitaire
28:29on va parler aménagement
28:31du territoire
28:31on va glisser un peu
28:32vers les conséquences
28:34de tout ce qu'on vient de dire
28:35en première partie
28:36pour voir quelle politique
28:38d'aménagement
28:38du territoire
28:39en France
28:40et puis
28:41on parlera aussi
28:42pas mal commerce
28:43avec vous Philippe
28:44également
28:45ne quittez pas
28:45on se retrouve tout de suite
28:51BFM Business
28:52et la tribune
28:52présente
28:53les experts
28:55Raphaël Lejean
28:56on est de retour
28:58pour la seconde partie
28:58de l'émission
28:59pour cette spéciale
29:00municipale
29:00en direct sur BFM Business
29:02il est 10h31
29:03avec toujours
29:04autour de la table
29:04Philippe Götzmann
29:06Thomas Rougier
29:07Jean-Daniel Lévy
29:08et Martin Vanier
29:09Martin Vanier
29:10je veux me tourner vers vous
29:11je rappelle
29:12cet ouvrage
29:14l'aménagement
29:15du territoire
29:16en finir
29:17avec les idées fausses
29:18sur l'aménagement
29:19du territoire
29:20c'est une collection
29:21aux éditions
29:21de l'atelier
29:22en finir avec
29:23les idées fausses
29:25je rappelle que vous êtes
29:27géographe
29:28professeur à l'école
29:28d'urbanisme
29:29de Paris
29:31ça serait quoi
29:32les idées fausses
29:33en France
29:33sur l'aménagement
29:34du territoire
29:35quelles idées fausses
29:36vous battez en brèche
29:37dans ce lieu
29:3838 ou 39
29:40je ne me rappelle plus
29:40il y a 39 petites séquences
29:42de deux pages
29:42c'est l'exercice
29:44qui est imparti
29:45par la collection
29:45j'en retiens une
29:46l'idée fausse
29:47de l'équilibre
29:48l'idée fausse
29:49selon laquelle
29:49nous répondrons
29:51à nos défis
29:52et à ce qui nous attend
29:53en mettant un peu
29:54de tout partout
29:54et en promettant
29:56en France équilibrée
29:58ce qui me l'a toujours
29:59laissé
30:00extrêmement dubitatif
30:01qu'est-ce que c'est
30:02qu'une France équilibrée
30:03je voudrais repartir
30:04sur l'intervention
30:05de M. Guzman
30:06tout à l'heure
30:07parce qu'il a raison
30:08Bar-le-Duc
30:08et Montpellier
30:09le grand écart
30:10c'est terrible
30:12ce qu'on vient de vivre
30:13sur on va dire
30:14deux générations
30:14parce que Bar-le-Duc
30:15fut une cité florissante
30:16alors sans remonter
30:17au 18ème siècle
30:18c'était une très très
30:19très belle petite ville
30:20pendant que Montpellier
30:21était à peine plus grosse
30:22d'ailleurs
30:22bon en toujours est-il
30:24qu'on a l'impression
30:24que l'écart est abyssal
30:26et qu'il s'est creusé
30:27et c'est pas qu'une impression
30:28c'est la réalité
30:29des chiffres
30:31mais dans quelle société
30:32vivons-nous
30:34à laquelle on pourrait dire
30:35aujourd'hui
30:36on va rééquilibrer ça
30:37comme sur des plateaux
30:38et puis on va prendre
30:39des Montpellier
30:39pour les mettre
30:40à Bar-le-Duc
30:40on comprend très bien
30:42que la réalité géographique
30:44de notre pays
30:45correspond aussi
30:46à un fonctionnement
30:47sociétal
30:48économique
30:48à des aspirations
30:49à une montée
30:51très forte
30:52des aspirations
30:53individuelles
30:54aux choix résidentiels
30:55des français
30:56et donc on occupe
30:57le pays
30:57comme on a envie
30:58de l'occuper
30:58la vraie grande question
31:00elle est en sous-titre du bouquin
31:01c'est dans quelle France
31:02voulons-nous vivre
31:03et la réponse
31:04elle n'est pas équilibrée
31:05la réponse
31:06vous l'avez dit aussi
31:07messieurs
31:07elle est extrêmement éclatée
31:09c'est-à-dire qu'en réalité
31:10vous pouvez prendre
31:1010 français ici
31:11dans cette pièce
31:12vous aurez 10 réponses
31:13différentes
31:13sur à quel âge
31:16réponds-je à cette question
31:17avec quel statut social
31:19dans quelle histoire familiale
31:20dans quel projet professionnel
31:22etc
31:22c'est magnifique
31:24il faut se le raconter
31:25comme ça
31:25nous avons une société
31:27qui a envie
31:27d'habiter son territoire
31:29de façon très différenciée
31:30et qui par conséquent
31:32pourrait aussi bien
31:33demain faire le choix
31:34de Bar-le-Duc
31:35très joli cité
31:36Bar-le-Duc
31:37Montpellier
31:38évidemment plein d'avantages
31:39mais coûts d'accès
31:40un peu élevés
31:42et donc arbitrer comme ça
31:44ménage par ménage
31:46toute une série de solutions
31:46la vraie question
31:48c'est comment on donne
31:49des capacités
31:50aux ménages en question
31:51et aux territoires
31:52qui les accueillent
31:53de se rendre disponibles
31:55dans ce qui est finalement
31:56une sorte de marché géographique
31:58il faut bien l'appeler comme ça
31:59marché public
32:00de préférence
32:01marché privé aussi
32:02marché de l'emploi
32:03marché résidentiel
32:04marché des services
32:05on a envie d'habiter
32:06là où il y a de la prospérité
32:07aussi Martin Vanier
32:08c'est-à-dire
32:08on a un accès au logement
32:10où on a du boulot
32:11et où on peut vivre
32:12à peu près
32:13alors du boulot
32:1430% de retraités
32:15du boulot
32:17c'est vrai
32:18et cette part va augmenter
32:20de plus en plus
32:2017 millions de retraités
32:22et ils pèsent lourd
32:22c'est vrai
32:23et puis bon
32:24l'effervescence
32:25c'est-à-dire se trouver
32:26là où ça se passe
32:28très important
32:28pour les jeunes ménages
32:30rentrant sur le marché
32:31du travail bien sûr
32:32et donc cause majeure
32:33de la croissance des villes
32:34qui ne vont pas s'arrêter
32:35de croître
32:36dans la prochaine génération
32:36ce qui est plutôt
32:37une bonne chose
32:38mais après il y a
32:39d'autres aspirations
32:39d'autres trajectoires
32:41d'autres comportements
32:42des gens qui sont
32:42dans une forme de retrait
32:43mais au sens positif
32:44mettre un peu à distance
32:46au calme
32:47loin d'eux
32:47il y a des possibilités aussi
32:49donc voilà
32:50je pense qu'il ne faut pas
32:52s'effrayer
32:52alors bien sûr
32:53on entend le discours
32:54de la fragmentation
32:54d'une société qui explose
32:56ça c'est vrai
32:56l'archipélisation
32:57de la France
32:58on la constate
32:59de Jérôme Fourquet
33:00bien sûr
33:01c'est ça l'objet politique
33:03qu'il faut travailler
33:04c'est saisir cette société
33:05dans sa multitude
33:07d'aspirations
33:07pour continuer
33:08à l'aider
33:09à vivre ensemble
33:09sinon effectivement
33:10on ne fait pas une France
33:11on en fait 50
33:11Alors évidemment ça passe par une politique
33:14une politique publique
33:16d'aménagement
33:16du territoire
33:17digne de ce nom
33:18vous dites que
33:19ce concept même
33:21de politique d'aménagement
33:22s'est transformé
33:22en un objet
33:24politique
33:25ces dernières années
33:26avec une importance
33:26symbolique forte
33:28mais souvent
33:29entouré
33:30d'affirmations
33:31non vérifiées
33:33ou simplifiées
33:34à quoi vous pensez là ?
33:36Bon alors
33:36tout le monde a en tête
33:37Paris est le désert français
33:38enfin
33:38je suis désolé
33:40de remettre
33:41sans balle dans l'histoire
33:42parce qu'elle dure
33:44à mon goût
33:44depuis bien trop longtemps
33:46mais ce genre de choses
33:47qui obscurcissent
33:48nos lectures
33:50qui sont des héritages
33:51sur lesquels
33:51il faudrait discuter
33:52parce que celui-là
33:53est très contestable
33:53enfin peu importe
33:54et qui
33:55le bouquin datant
33:56de 1947
33:58Paris est le désert français
33:59Jean-François Gravier
34:00finissent par
34:01nous empêcher
34:02de penser
34:03le monde contemporain
34:04qui est le nôtre
34:04et les transformations
34:05qui sont les nôtres
34:06un autre exemple
34:07c'est ce
34:07Mais est-ce qu'on n'est pas
34:08de plus en plus vers ça
34:09pardon
34:09mais vers la
34:10alors c'est Paris
34:11et les autres
34:13mégalopoles
34:13entre guillemets
34:14mégalopoles
34:15on n'y a peut-être pas
34:16jusqu'à
34:17il n'y a pas d'emmêlée
34:18métropoles
34:19métropoles
34:19en tout cas
34:20mais à quel niveau
34:21acceptons-nous de descendre
34:22pour considérer
34:23que ce sont quand même
34:24des villes structurantes
34:25après tout
34:25Périgueux
34:27puisque chacun y va
34:27de ses souvenirs
34:29Périgueux
34:29La Rochelle
34:30comme métropole
34:31alors mégalopoles
34:32laissons tomber
34:33mais comme métropole
34:34métropole non
34:34parlons plutôt métropole
34:35effectivement
34:35il y a pire
34:37vous voyez
34:37ce sont des villes
34:38qui je ne sais pas moi
34:40Vannes
34:40Saint-Malo
34:41mais voilà
34:41mais qui sont attractives
34:43je veux dire
34:44sont attractives
34:45alors c'est pas le cas
34:45c'est pas le cas
34:46de Barleduc
34:46c'est pas le cas
34:47de Saint-Dizier
34:47c'est pas le cas
34:48de Saint-Dier
34:49c'est pas le cas
34:49de Sedan
34:49et là on a un problème
34:51régional
34:51plus que de strates
34:52de villes
34:53donc tout ça pour dire
34:54que le désert
34:56oui il y a des poches
34:57qui sont
34:57et vous avez raison
34:58de le souligner
34:59qui sont aujourd'hui
35:00en vieillissement accéléré
35:01et pour lesquels
35:02on va avoir
35:02des vraies questions
35:03de déshérence
35:04territoriale
35:05absolument
35:05parce que
35:06pourquoi
35:07c'est pas que
35:08il y a un abandon
35:09de l'état
35:10etc
35:10il y a un choix
35:11des ménages
35:12et ce choix des ménages
35:13fait qu'à un moment donné
35:14nous allons occuper
35:15différemment le pays
35:16il faut l'entendre
35:17et le saisir
35:17et en faire une politique
35:18plutôt que de
35:19de s'anéantir
35:21devant cette
35:22nouvelle répartition
35:23du peuplement
35:24ce sentiment d'abandon
35:25il existe quand même
35:26dans beaucoup de régions
35:28de départements
35:29et de campagnes
35:29en France
35:30Jean-Daniel Lévy
35:31on a parlé
35:31de la diagonale du vide
35:33il y avait cette idée
35:35que quand les services
35:35publics fermaient
35:36quand les trésoreries
35:37publics fermaient
35:37moi ça m'a toujours
35:38stupéfait
35:38les français seraient
35:40attachés à leur trésor
35:41république
35:41et quand elles ferment
35:42ils se sentent
35:42abandonnés de l'état
35:43surtout la fermeture
35:45des barres tabac
35:47en masse
35:48il y a une politique
35:49publique
35:49de réouverture
35:51des barres tabac
35:51qui a été mis en place
35:53par Emmanuel Macron
35:54me semble-t-il
35:55mais ce sentiment
35:56d'abandon
35:56il existe
35:56Jean-Daniel Lévy
35:57il existe
35:58avec des conséquences
35:59politiques
36:00oui on peut déjà
36:01prendre également
36:02deux exemples
36:03emblématiques
36:03qui sont en général
36:04la fermeture
36:04d'un bureau de poste
36:06et puis également
36:06la fermeture
36:07d'une maternité
36:07et ou d'un hôpital
36:08quand bien même
36:09d'ailleurs
36:10la satisfaction
36:11à l'égard du service
36:12n'est pas élevée
36:12et donc ça montre bien
36:13la décorrélation
36:14qui peut exister
36:14entre le regard
36:15en tant que consommateur
36:16d'un côté
36:17et puis le regard
36:17en tant que citoyen
36:18c'est-à-dire que
36:18en tant que consommateur
36:20j'ai rencontré
36:21beaucoup de personnes
36:22dans les enquêtes
36:22qu'on a réalisées
36:23qui disaient vivement
36:24que j'aille au bureau de poste
36:24aller chercher
36:25un pli recommandé
36:26ou autre
36:27donc c'est pas ça
36:29mais quand il n'est plus là
36:30en fait il y a
36:31on a de l'absence
36:32il y a la symbolique
36:33d'ailleurs en fait
36:33en général
36:34souvent en fait
36:34le bureau de poste
36:35est à coller à la mairie
36:36en fait
36:36donc c'est un drapeau
36:37national qui se retire
36:39et donc il y a une dimension
36:40de symbolique
36:40et en plus de cela
36:42on sait qu'en général
36:44avec la présence
36:45d'un bureau de poste
36:45il peut y avoir
36:46la présence d'un bureau de tabac
36:47il peut y avoir
36:47des personnes
36:48qui vont venir
36:48des communes environnantes
36:49et consommer un petit peu
36:50localement
36:51participer du dynamisme
36:53économique
36:53donc il y a
36:54ces aspects-là
36:55et même sur la question
36:55de la maternité
36:56en fait
36:56ce qui est extrêmement intéressant
36:57c'est-à-dire que
36:57tous les arguments
36:58rationnels entre guillemets
36:59qui peuvent être opérés
37:00c'est-à-dire en termes
37:01de coûts engendrés
37:02en termes même
37:03de sécurité
37:04et de prise en charge
37:06réelle en fait
37:07et efficace
37:09de la part
37:10en fait
37:10des maternités existantes
37:11ou des petits centres
37:12hospitaliers
37:12au regard de ce qui peut
37:14être construit
37:1620 ou 50 kilomètres
37:17plus loin
37:17ne fonctionne absolument pas
37:19parce qu'il y a également
37:19une dimension d'attachement
37:20très fort à ce que peut
37:21être la maternité
37:22etc
37:23et avec dans un pays
37:24où l'État s'est construit
37:25avant la nation
37:26un attachement très fort
37:27justement
37:27à la présence de l'État
37:29dans les différents territoires
37:30et le sentiment
37:30qui est un sentiment
37:31d'abandon
37:32on peut peut-être ajouter à cela
37:33et puis on avait vu également
37:34que tout ce qui a été
37:36parce qu'en fait
37:36vous parliez tout à l'heure
37:37métropole, mégalopole etc
37:39on sait qu'en France
37:39il y a une interrogation
37:40sur le nombre
37:41qui existe
37:42de nos collectivités locales
37:43et notamment
37:44de nos communes
37:45si on compare à l'Allemagne
37:46on n'est pas du tout
37:46dans le même niveau
37:47il y a des chiffres
37:47très intéressants d'ailleurs
37:48dans votre livre
37:48Martin Vanier
37:49il y a de très grandes difficultés
37:50on le sait
37:51pour des raisons
37:52qui sont des raisons
37:53d'identité territoriale
37:55à fusionner
37:56des communes
37:57ou à faire en sorte
37:58on en parlait tout à l'heure
37:58qu'il puisse y avoir
37:59des structures
38:01intercommunales plus fortes
38:02ça n'entre pas
38:02aujourd'hui
38:03dans le registre
38:04on sait que ça peut être
38:05en tout cas
38:06d'un point de vue économique
38:07d'attractivité
38:07de déperdition
38:08d'absence de déperdition
38:09de la dépense publique
38:10une des solutions
38:11c'est celle-là
38:12mais en tout cas
38:12c'est une de celles
38:13elle n'est absolument pas
38:15engagée aujourd'hui
38:16comme étant
38:16une des voies
38:18vers lesquelles on peut aller
38:18et même quand vous regardez
38:19dans le cadre
38:20de ces élections municipales
38:21vous ne trouverez
38:22quasiment personne
38:24qui vont mettre en place
38:25des propositions
38:26où il va y avoir
38:28une réduction
38:29du nombre de structures
38:30au niveau local
38:33ce qui se passe à Lyon
38:34ce qui s'est passé à Rennes
38:35par exemple
38:35sont des formes
38:37d'exception
38:38au niveau national
38:38avec ou éventuellement
38:41à Nantes par exemple
38:42sont des formes d'exception
38:43par rapport à ce qu'on peut voir
38:44au niveau national
38:45où vous allez avoir
38:45un empilement
38:46qui peut déstabiliser justement
38:48les questions
38:48d'attractivité territoriale
38:49on rappelle les chiffres
38:50Martin Vanier
38:51que j'ai tiré de votre ouvrage
38:53l'aménagement du territoire
38:54dans quelle France
38:55voulons vivre
38:5685% des communes
38:57ont moins de 2000 habitants
38:59en France
38:5985% des communes
39:02ont moins de 2000 habitants
39:03et représentent à peine
39:0422% des français
39:06à l'inverse
39:0780% de la population
39:10vit dans des communes
39:11dirigées par seulement
39:1215% des maires
39:14qu'est-ce que ça dit
39:14de notre pays ça ?
39:15ça dit
39:16ça dit que
39:18la démocratie
39:21est référée
39:22à la taille
39:23des territoires
39:24dans lesquels
39:25elle s'exprime
39:26par les circonscriptions
39:27électorales
39:28et que ça
39:28ça finit
39:29pour la raison
39:30qu'a dit M. Guzman
39:31tout à l'heure
39:31à savoir quand même
39:32des grands écarts
39:32de développement
39:33par créer une situation
39:35de grande inéquité démocratique
39:36parce qu'effectivement
39:38en réalité
39:39cette masse de maires
39:40dont nous parlons
39:41ce matin
39:43représente
39:44dans son immense majorité
39:45une petite fraction
39:46de la population
39:47et donc inversement
39:48une majorité
39:49de la population
39:50est assez mal représentée
39:52mais évidemment
39:52ce sont des maires
39:53avec des capacités
39:54ce sont des hommes politiques
39:55qui sont plus visibles
39:56donc ils vont tenir
39:57de la place
39:58dans le débat public
39:58mais enfin
39:59il y a quelque chose
39:59à revoir
40:00qui renvoie bien sûr
40:01à la question
40:02de notre morcellement communal
40:03et à l'intouchabilité
40:05de cette maille
40:08alors c'est très spécifiquement français
40:09je dis dans le bouquin
40:10que le seul pays en Europe
40:11qui a quelque chose de comparable
40:12c'est la République tchèque
40:15et ça fait partie
40:16de ces sujets
40:16dont on vient d'évoquer
40:18le caractère très symbolique
40:20relativement irrationnel
40:21enfin la poste
40:22je veux bien
40:23mais il faut que chacun
40:24de nos auditeurs
40:25se demande
40:25depuis combien de temps
40:26il n'y est pas allé
40:26alors il y a beaucoup de gens
40:28qui continuent à
40:28bien sûr
40:30globalement
40:30qui continuent
40:31à envoyer des courriers
40:32etc etc
40:33la trésorerie
40:34vous en avez parlé
40:36et la même chose
40:36ne touchons pas à la commune
40:38moi je travaille beaucoup
40:39dans les collectivités
40:40je débarque dans des communes
40:41où il y a 150
40:43200
40:43250 habitants
40:440
40:47ETP
40:48équivalent en plein
40:48aucun agent
40:49aucun
40:510-1
40:51une personne
40:52qui passe
40:52une matinée par semaine
40:53monsieur ou madame le maire
40:55qui se décarcasse
40:56comme c'est pas possible
40:57ce sont des véritables bénévoles
40:58ce sont des saints
40:59de l'action publique
40:59mais ça n'a pas de sens
41:00tout ça aujourd'hui
41:01donc il faudrait pouvoir
41:02le faire évoluer
41:03je ne dirais pas l'anéantir
41:05mais le faire évoluer
41:06et c'est visser
41:07c'est soudé
41:08c'est figé
41:09dans des idées préconçues
41:11qu'on n'arrive pas
41:11à transformer
41:12vous pouvez réagir
41:13sur mon compte twitter
41:14arrobase le genre
41:15n'hésitez pas
41:16comme Davidia
41:17qui nous dit que le retraité
41:18est une source d'emploi
41:19c'est vrai aussi
41:20peut-être qu'il faut suivre
41:21les retraités
41:22puisque c'est eux
41:22qui ont plutôt
41:23du fort pouvoir d'achat
41:25généralement
41:26et Laurence
41:27qui salue
41:29l'invitation d'un géographe
41:30sur le plateau
41:31pour analyser l'économie
41:32c'est vrai que c'est
41:32pas tous les jours
41:33Thomas Rougier
41:34vous voyez réagir
41:37la démonstration
41:38de l'économie financière
41:39en réduisant massivement
41:41le nombre de communes
41:42il n'est pas totalement
41:42fait non plus
41:43parce que vous avez
41:44dit quelque chose
41:45c'est qu'il n'y a pas
41:46de TP dans ces toutes
41:46petites communes
41:47de moins de 200 habitants
41:48mais il y a un maire
41:50parfois un ou deux adjoints
41:51le TP c'est des emplois
41:52on le rappelle
41:53équivalent en plein
41:54équivalent en plein
41:55donc il y a parfois
41:56un demi-poste
41:58ça dépend de la taille
41:59mais vous avez
42:01des élus impliqués
42:02et qui s'occupent
42:04de l'aménagement
42:06peut-être pas
42:06l'aménagement du territoire
42:07au sens
42:07mais en tout cas
42:08et puis vous avez
42:10des petites communes
42:11qui sont en développement
42:11vraiment c'est ce que
42:12vous avez dit
42:12il y a plusieurs façons
42:14d'être une commune
42:15de 500 ou 1000 habitants
42:17donc il n'y a pas
42:17de règle générale
42:18à dicter à mon sens
42:19et surtout la démonstration
42:21de l'économie financière
42:22alors peut-être
42:22du côté des charges
42:24que ça fait porter à l'État
42:25pour gérer un nombre
42:26de collectivités importantes
42:27peut-être
42:28mais du côté des collectivités
42:30elles-mêmes
42:30c'est des masses financières
42:31qui ne sont pas énormes
42:31c'est pour ça que
42:33l'autre enjeu en parallèle
42:34et ça sera l'enjeu
42:35et ça sera l'enjeu
42:36à Marseille aussi
42:37vous le verrez
42:38vous aurez peut-être
42:39l'occasion de discuter avec eux
42:40c'est l'intercommunalité
42:41et c'est aussi
42:43de maintenir cet outil
42:45et de développer cet outil
42:46au service
42:47de chacune des communes
42:49en répartissant
42:50les équipements
42:51en répartissant
42:52les moyens
42:52en répartissant
42:53les mobilités
42:54les flux
42:55en gérant
42:56des...
42:57voilà
42:57donc il y a
42:58un effort de rationalisation
43:00qui a été fait
43:01il y a moins de communes
43:02quand même
43:02on a perdu
43:02on a perdu plus de 1000 communes
43:04en 1500 je crois
43:06en quelques années
43:07il y a le principe
43:07des communes nouvelles
43:08sur le volontariat
43:09etc
43:09ça c'est des choses
43:10qui peuvent porter leurs fruits
43:12j'ai l'impression
43:13que la dynamique
43:14c'est un peu tassé
43:14c'est un peu tassé
43:16mais
43:16voilà
43:17le concept
43:18du regroupement
43:20plutôt sur la base
43:21d'une dynamique locale
43:22sera plus performante
43:24parce que là
43:24les intercommunalités
43:25créées un tout petit peu
43:26de force parfois
43:27ont du mal
43:28parfois
43:28à se mettre en marche
43:29et voilà
43:32or
43:32elles portent
43:33une partie
43:33des enjeux de demain
43:34dans les métropoles
43:35maintenant
43:35c'est devenu
43:36l'investisseur
43:37numéro 1
43:38dans ces territoires là
43:39c'est pas le cas
43:40dans les comités de communes
43:41mais c'est le cas
43:41dans les métropoles
43:42donc il y a un enjeu
43:43intercommunal
43:44qui va être peu porté
43:45dans les campagnes
43:46mais on va voter
43:47pour notre maire
43:48et derrière
43:49il va y avoir
43:50l'élection
43:50d'un président
43:51ou d'une présidente
43:52j'espère
43:53le plus souvent possible
43:54des intercommunalités
43:55bon là on parlait
43:56des structures institutionnelles
43:58un petit peu
43:59on va finir par parler
44:00du commerce
44:00quand même aussi
44:01pareil je tire
44:02un chiffre très intéressant
44:03de votre ouvrage
44:03Martin Vanier
44:05le commerce
44:06n'est plus seulement
44:07pardon
44:07les communes
44:08de 1000 à 10 000 habitants
44:099999 précisément
44:11accorde davantage d'importance
44:12à l'aide au maintien
44:14du commerce
44:1620%
44:17tandis que les communes
44:18les plus grandes
44:18plus de 100 000 habitants
44:19elles
44:20sont plutôt intéressées
44:22par la préservation
44:23de l'environnement
44:24le logement
44:24la circulation
44:25au stationnement
44:26je ne suis pas sûr
44:27que ça tire de votre ouvrage
44:28d'ailleurs c'est peut-être
44:28pardon
44:29sondage de Jean-Daniel
44:31Lévy
44:32je confirme
44:33je confirme
44:35son maintien du commerce
44:36effectivement
44:37la carte du commerce
44:38elle dit beaucoup
44:39de la carte
44:40aussi de l'aménagement
44:41du territoire
44:42c'est un de mes grands plaisirs
44:43de travailler
44:44sur le commerce
44:46comme étant
44:47finalement un marqueur
44:49une administration
44:50des évolutions sociologiques
44:51mais donc aussi
44:52des évolutions politiques
44:53et c'est au coeur
44:54je crois
44:55de beaucoup de débats
44:56politiques
44:56la question du commerce
44:58dans la ville
44:58il y a eu beaucoup de rapports
44:59récemment encore
45:01autour de cette question
45:02et de la vacance commerciale
45:03dans les centres-villes
45:04qui se développent
45:05elle ne se développe pas
45:06d'ailleurs que dans les centres-villes
45:07mais également dans les centres commerciaux
45:08et on incrimine assez directement
45:11évidemment le développement
45:12des plateformes numériques
45:13du digital
45:13ce qui est vrai
45:14il y a bien sûr
45:15un effet
45:16mais moi je pense
45:18qu'il n'y a pas que ça
45:19et qu'on pointe
45:21un peu facilement
45:21quand on parle des villes
45:24un peu facilement
45:25à la question du digital
45:27c'est assez basique
45:28le commerce
45:29c'est quelque chose
45:29d'assez basique
45:31si les commerces
45:32ne vivent pas
45:33c'est d'abord
45:33parce qu'il n'y a pas de clients
45:35et la question
45:35c'est celle-là
45:36c'est pourquoi
45:37il n'y a pas de clients
45:37dans les villes
45:38et notamment
45:39dans beaucoup de grandes villes
45:40qui aujourd'hui
45:41connaissent des problèmes
45:42de vacances commerciales
45:44pas toutes
45:44je visite parfois des villes
45:45notamment
45:47façade ouest
45:47où il y a des dynamiques démographiques
45:49et qui s'en sortent
45:50parfois mieux
45:51récemment à Tours
45:53j'ai vu un centre-ville
45:53assez actif
45:55il y a plusieurs
45:56paramètres
45:57donc c'est quoi
45:57c'est les questions
45:57de pouvoir d'achat
45:58c'est les questions
45:58de démographie
45:59la première chose
46:00quand on parle de commerce
46:02et de clients
46:02on parle d'une zone de chalandise
46:04si on prend un terme
46:05un peu technique
46:05elle est composée de qui ?
46:07d'abord les habitants
46:08et notamment
46:09dans certaines villes
46:10à Paris
46:10on a beaucoup parlé
46:11de la ville du quart d'heure
46:12ou qu'on raisonne
46:12par rapport aux habitants
46:14dans beaucoup de grandes villes
46:15on vide les coeurs de villes
46:17des habitants
46:17on les vide pourquoi ?
46:19on ne s'est pas réveillé un matin
46:20en disant
46:21on ne veut pas d'habitants
46:22c'est juste que
46:22l'évolution
46:23des besoins de logement
46:26des normes autour des logements
46:27du coût du logement
46:28fait que les familles
46:29ou même des petites familles
46:30s'en vont
46:31les jeunes étudiants
46:32ne peuvent plus habiter
46:33au coeur des villes
46:33souvent c'est trop cher
46:34etc
46:34donc on perd des habitants
46:36dans la ville
46:36donc on perd des clients primaires
46:38le deuxième élément
46:39j'incrimine beaucoup
46:40les municipalités pour ça
46:41et les intercos
46:42on perd des travailleurs
46:44c'est-à-dire des emplois
46:45dans les villes
46:45moi je suis très frappé
46:46ici sur ce plateau
46:48on est juste à côté
46:48du nouveau ministère des armées
46:51absolument
46:51c'est récemment
46:529000 emplois
46:54qui ont été déplacés
46:55donc forcément
46:56ils étaient à côté
46:56d'un certain nombre de commerces
46:58ils se sont déplacés
46:59le tribunal de Paris
47:00c'est je crois 1500 emplois
47:01l'hôpital d'Orléans
47:03de mémoire
47:04je crois que c'est 5000 emplois
47:05déplacés
47:05le commissariat de Strasbourg
47:06déplacé au bord du périphérique
47:08c'est 1500 emplois
47:09par rapport à la ville
47:09donc on enlève des emplois
47:11donc des gens qui consomment
47:12au café
47:13la supérette du coin
47:14le resto etc
47:15donc on déplace des emplois
47:16et puis enfin
47:17sans parler des touristes
47:19qui concernent beaucoup de villes
47:20mais pas toutes
47:22les banlieusards
47:23les gens qui viennent
47:24d'un peu plus loin
47:25qui viennent à la ville
47:25les villes se sont construites
47:27autour des routes
47:27autour des flux
47:29ces banlieusards
47:29on empêche
47:30on limite leur accès
47:32pour des raisons
47:32que je comprends
47:33et souvent que je partage
47:34on limite l'accès à la ville
47:35par les enfreintes
47:36mises à la voiture
47:37les ZFE
47:38les ZTL
47:39la transformation du parc
47:41en électrique
47:41et donc
47:41on empêche un certain nombre
47:43de clients
47:43potentiels
47:44de venir dans les villes
47:45et on fait ça
47:46depuis 15 ans
47:48au moment même
47:49où se développe
47:50un outil
47:50qui est le digital
47:51qui fait que
47:51en plus
47:52on n'est plus obligé
47:53de venir en ville
47:54on peut avoir tout
47:54chez soi
47:55sans se déplacer
47:56donc il faut absolument
47:57rendre la ville désirable
47:58le coeur de ville
47:59ou le centre commercial
48:00quel qu'il soit
48:01désirable
48:02donc accessible
48:03donc on y vive
48:04une expérience agréable
48:05c'est-à-dire
48:06il faudrait que les villes
48:07gagnent
48:07on va pas les citer
48:08mais on a certains exemples
48:10dont la propreté des villes
48:12est parfois très dégradée
48:14dont l'accessibilité
48:15est parfois très dégradée
48:17je parle pas nécessairement
48:18du métro ou du bus
48:19mais de l'état
48:20du métro ou du bus
48:21de l'état des couleurs
48:22du sentiment d'insécurité
48:23qui peut exister
48:24dans un certain nombre
48:24d'endroits
48:25et qui font que
48:26vous avez des chalants
48:28qui habitent parfois
48:29à l'extérieur des villes
48:30et qui ne s'y rendent pas
48:30nécessairement
48:31parce qu'ils sont freinés
48:32par ça
48:32encore une fois
48:33parce qu'ils peuvent
48:33avoir tout chez eux
48:34donc il faut rendre ça désirable
48:35et c'est pour moi
48:38un des axes importants
48:39des municipalités à venir
48:40c'est non pas de s'occuper
48:41du commerce
48:41au sens de
48:42je subventionne
48:43j'achète des beaux commerciaux
48:44j'impose tel ou tel type de commerce
48:46il faut que l'environnement
48:47soit attractif
48:47c'est qu'il s'occupe
48:48de l'environnement
48:49qu'il fasse en bon jardinier
48:50qu'il fasse en sorte
48:51que les fleurs puissent pousser
48:54bon il y a des programmes
48:55nationaux
48:56de rénovation
48:57des coeurs de ville
48:58me semble-t-il
48:59Action coeur de ville
49:00bien sûr
49:00Action coeur de ville
49:01le grand projet
49:02de l'agence nationale
49:04de cohésion des territoires
49:04enfin la grande politique
49:05le grand programme
49:06de politique publique
49:07qui fonctionne bien
49:08ou pas alors ?
49:09Oui qui fonctionne bien
49:10alors on a un peu
49:11tordu le nez au début
49:12parce que ça consistait
49:13à regrouper des financements
49:15qui existaient déjà
49:15en les promettant
49:16à tout le monde
49:16comme des choses nouvelles
49:17ce qui n'était pas
49:18complètement juste
49:19au plan financier
49:20je vois mon collègue
49:21qui sourit
49:22parce qu'il doit pouvoir
49:23confirmer
49:23mais globalement
49:24ça a quand même permis
49:25de faire converger
49:26les efforts
49:27de redonner des envies
49:28de constituer des équipes
49:29d'ingénierie
49:30parce que pour rendre
49:30la ville plus belle
49:32pour qu'on ait du plaisir
49:33à s'y balader
49:34et à consommer
49:35il faut mettre
49:37de l'intelligence là-dedans
49:38il faut mettre
49:38de la qualité
49:39il faut mettre
49:39du projet
49:40il faut mettre
49:41de la créativité
49:42etc
49:42et donc ça ne se décrète pas
49:43ça se travaille
49:44et je pense qu'Action Cœur de Ville
49:46a des belles
49:47alors moi j'ai une ville
49:48en tête par exemple
49:50qui a beaucoup investi
49:51j'ai travaillé avec elle
49:52en ce moment
49:53c'est Arras
49:53qui a beaucoup investi
49:54son centre-ville
49:55qui a complètement
49:55transformé son centre-ville
49:57et qui va continuer
49:58à le faire
49:58et donc là on voit
49:59qu'on peut faire
50:00des politiques d'aménagement
50:01qui vont dans le sens
50:02que vous avez très bien décrit
50:04tous les paramètres
50:05de l'équation
50:06ce n'est pas facile quand même
50:07parce que faire revenir
50:08des gens dans le centre-ville
50:09après on sait que
50:10comment ça peut
50:11renchérir les loyers
50:12on sait qu'il y a un effet
50:14de tri social
50:15il y a un effet richesse
50:15pour le commerce
50:16c'est un peu compliqué
50:17enfin etc
50:18il n'y a pas de projet
50:19commercial tout nu
50:21il n'y a un projet commercial
50:22que pris dans un projet urbain
50:24et ma foi
50:25c'est un très très beau sujet
50:26pour vivre ensemble
50:27parce qu'il n'y a rien
50:28de plus collectif
50:29et commun
50:30que ces moments-là
50:31il suffit d'aller se balader
50:32dans une ville française
50:33un samedi après-midi
50:34si c'est bien fait
50:35c'est un chouette moment
50:36c'est le rené qui parle
50:38Thomas Rougier
50:39je vais y réagir
50:40pour le coup
50:40sur le vivre ensemble
50:41c'est indéniable
50:42c'est une des missions
50:43au cœur
50:44qui devrait être au cœur
50:45d'une équipe municipale
50:46on peut parler de sécurité
50:48on peut parler de santé
50:49etc indéniablement
50:50mais en fait
50:50la mission première
50:52c'est de regrouper
50:53une population
50:53sur un territoire
50:54avec des caractéristiques
50:55relativement communes
50:56de proximité
50:57parfois c'est un peu étendu
50:58en Outre-mer
50:59il y a des communes
50:59qui sont très très grandes
51:00mais en tout cas
51:01voilà
51:01mais d'essayer de construire
51:03un projet
51:03la sécurité
51:03c'est quand même
51:04la première préoccupation
51:06des sondés
51:0745%
51:08plus 5%
51:09par rapport à 2020
51:10non mais je
51:10alors là
51:11que ce soit une préoccupation
51:12première
51:13sécurité
51:13santé numéro 2
51:15et les dépenses
51:16de la municipalité
51:16en 3
51:17après nous on a travaillé
51:18sur les dépenses
51:19des collectivités
51:20en matière de police municipale
51:21on était les premiers
51:21à dire que
51:22Communauté Interco
51:23c'est environ 2,3 milliards
51:26gardes champêtres
51:27et puis police municipale
51:28voilà
51:28qu'il y avait un enjeu financier
51:30mais la collectivité
51:32commune intercommunalité
51:34n'est pas la réponse
51:35au problème de la sécurité
51:36il est un maillon
51:38de la réponse
51:39avec l'État
51:40c'est pareil pour la santé
51:41vous avez une implication
51:42des collectivités
51:43avec des impacts financiers
51:45de plus en plus net
51:46sur des territoires
51:47urbains
51:48ou ruraux
51:49sur l'accueil
51:51de professions libérales
51:52voire de salariats
51:53de médecins
51:54pour combler un vide
51:56donc bien sûr
51:57que c'est des sujets
51:58préoccupants
51:59mais le fait de
52:00faire communauté
52:03même si on pense pas
52:04la même chose
52:04même si on a pas vécu
52:05la même chose
52:06même si on a pas le même âge
52:07c'est au coeur
52:08pour moi
52:09de la mission
52:09de cet échelon
52:10communal intercommunal
52:11il faudrait que très rapidement
52:14les débats reviennent
52:15sur ce sujet là
52:16quels sont mes projets
52:18et ça peut être
52:18des projets très simples
52:20de festif
52:21de culturel
52:21de sport
52:22de social
52:24mais de mélanger tout ça
52:25c'est une attente
52:25de l'opinion publique ça
52:26parce qu'on est quand même
52:27de plus en plus individuels
52:28tous les uns avec les autres
52:29c'est vrai que
52:30cet idéal de faire société
52:31on en parle beaucoup
52:32si
52:33c'est un vrai idéal
52:34c'est un vrai idéal
52:35en fait la France
52:36n'a pas fait le deuil
52:37de pouvoir avoir
52:39un destin commun
52:40d'un point de vue global
52:41et que d'une manière
52:43ou d'une autre
52:43en fait on voit une forme
52:44de décorrélation
52:45entre les opinions
52:46et les comportements
52:47c'est qu'on peut avoir
52:49des comportements
52:49à caractère individualiste
52:51mais qu'on va
52:53pas tout à fait porter
52:54comme étant une forme
52:55de fierté
52:55de manière absolue
52:57ou des attitudes
52:58qui peuvent parfois
52:59un peu déstabiliser
53:00au niveau communal
53:00et on le voit surtout
53:01dans les grandes communes
53:03le fait de contourner
53:04la carte scolaire
53:05par exemple
53:06le fait d'inscrire
53:06ses enfants dans le privé
53:07plutôt que dans le public
53:08ne régit pas du tout
53:09et ne répond pas du tout
53:10aux mêmes aspirations
53:11que celles qui pouvaient
53:12exister au cours
53:12des années 70-80
53:13c'est-à-dire que c'est pas
53:14un côté militant
53:15autant que tel
53:15de critiques à l'égard
53:16d'une éducation nationale
53:17etc.
53:18mais c'est plutôt
53:18une critique à l'égard
53:20de l'idéal
53:20de ce qui doit être porté
53:22par l'éducation nationale
53:23et notamment
53:24la question de l'autorité
53:25de l'enseignant
53:27même de la part de personnes
53:28qui sont à gauche
53:28sous l'échiquier politique
53:29qui donnent le sentiment
53:30de ne pas être suffisamment
53:31assurées au sein
53:32de l'école publique
53:33et qui vont rechercher
53:34au sein de l'école publique
53:35une sorte de nostalgie
53:36donc peut-être
53:36de modèle passé
53:37c'est ça
53:38et en étant
53:39pas tout à fait fier
53:40de son comportement
53:41parce qu'on a le sentiment
53:42qu'il va à l'encontre
53:42de ce à quoi on aspire
53:43collectivement
53:43donc on a cette forme
53:44de tension
53:45et puis on va pas
53:46tout ramener aux JO
53:46mais les JO ont quand même
53:47montré que globalement
53:48on avait une France
53:49qui par moment
53:49avait envie d'avoir
53:51une forme de fierté
53:52le fait de pouvoir
53:52vivre ensemble
53:53quand vous regardez
53:53ne serait-ce que
53:55ce qu'étaient les fan zones
53:55en fait où vous allez
53:56vous retrouver dans des conditions
53:57qui sont pas les meilleures conditions
53:59pour voir du sport
53:59en tout cas par rapport
54:00à un canapé
54:01et tranquillement
54:01devant sa télévision
54:02mais en tout cas
54:02de pouvoir vivre
54:03de manière collective
54:05même le cinéma
54:06en fait on aurait pu penser
54:07qu'il serait amené
54:08à pouvoir complètement
54:09péricliter
54:10avec la mise en place
54:11à l'époque du DVD
54:12et aujourd'hui de la VOD
54:14on voit
54:15même s'il y a une transformation
54:16du type de consommation
54:17de cinéma
54:17des multiplexes etc
54:18que on va encore
54:20aujourd'hui
54:20dans des lieux
54:21où on peut
54:22ne pas être uniquement
54:23soi-même
54:23mais être également
54:24dans un cadre collectif
54:25et ça renvoie effectivement
54:26à ce que vous aviez indiqué
54:26c'est
54:27quelles sont les conditions
54:28de notre activité
54:29et quel est le petit supplus
54:30et surplus entre guillemets
54:31qu'on peut avoir
54:32avec ces services
54:33et ces orientations
54:33qui peuvent être donnés
54:34Philippe Guesman
54:35Oui alors
54:36je crois beaucoup
54:37à ce que vous dites
54:38je pense qu'il faut
54:40nuancer un point
54:41le sentiment
54:42que j'observe
54:43dans la consommation
54:43c'est qu'effectivement
54:44on a tous cette envie
54:45de vivre ensemble
54:46mais on aimerait bien
54:47que les autres vivent comme soi
54:48c'est-à-dire que
54:49quand on voit la carte
54:50moi je le vois
54:51dans le commerce
54:51c'est que
54:53quartier par quartier
54:54je vais redonner exprès
54:55à l'échelle du quartier
54:56on a des certaines
54:57homogénéités de consommation
54:58en revanche
54:59entre quartiers
55:00entre villes
55:00entre régions
55:01c'est de plus en plus éclaté
55:02c'est-à-dire que par exemple
55:03les enseignes
55:04les marques
55:05qui sont les plus mainstream
55:06qui correspondaient finalement
55:07à la grande classe moyenne
55:09qu'on a connue
55:09de l'après-guerre
55:10aux années 2000
55:11sont en train d'être écrasées
55:12par des marques
55:14très discount
55:15ou des marques
55:15très premium
55:16très positionnées
55:17et ça se voit
55:17à l'échelle des quartiers
55:18juste une image
55:19très parisienne
55:20mais si vous prenez
55:21la carte des magasins parisiens
55:22les Biocop sont au nord-est
55:24les Monoprix
55:25sont à l'ouest
55:26et les Lidl
55:27sont sur les boulevards
55:28des marais chauds
55:28donc c'est très très très marqué
55:30et ensemble
55:31mais avec un peu
55:32d'entre-soi aussi
55:33ce sera le mot de la fin
55:34de cette émission
55:36passionnante
55:36merci beaucoup
55:37à tous les quatre
55:38disponibles en podcast
55:39et replay
55:39sur l'application
55:40BFM Business
55:41tout de suite
55:42c'est Antoine Larigaudry
55:43pour Tout.investir
55:44et cet après-midi
55:46n'oubliez pas
55:47vous retrouvez le podcast
55:48Le Monde Qui Bouge
55:49Annalisa Capellini
55:50et Mathieu Jolivet
55:51reviennent sur 4 ans
55:52de guerre en Ukraine
55:53à télécharger
55:55dès cet après-midi
55:56quant à moi
55:56je vous retrouve
55:57demain même heure
55:58même endroit
55:58en direct
55:59à 10h
55:59sur BFM Business
56:00très bonne journée
56:01à tous
56:04Les experts
56:06débats et controverses
56:07sur BFM Business
56:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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