Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 17 heures
Samedi 14 mars 2026, retrouvez Fanny Bénard (directrice générale, opération Milliard), Caroline Renoux (fondatrice et CEO, Birdeo) et Frantz Gault (co-directeur, Vivoices) dans 4GOOD, une émission présentée par Alix Nguyen.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Sous-titrage MFP.
00:57Sous-titrage MFP.
01:27Sous-titrage MFP.
01:57Sous-titrage MFP.
02:00Bonjour à tous les trois, merci d'être avec nous.
02:03Au sommaire de cette émission, donc, comment élargir la gouvernance de l'entreprise et jusqu'où une entreprise doit-elle
02:10partager son pouvoir et sa valeur avec son territoire ?
02:13Éléments de réponse dans cette émission. Dans le pour ou contre, nos invités se positionneront face à cette affirmation.
02:19Les entreprises ne sont pas conçues pour partager le pouvoir.
02:24Et enfin, dans Paris d'Avenir, chacun partagera une initiative, un outil ou une actualité qu'il a marqué et
02:30qui redonne le pouvoir d'agir.
02:37Et on commence avec ton édito, bien sûr.
02:39Thomas, tu nous dis que le capitalisme actionnarial montre aujourd'hui ses limites.
02:44Oui, oui, je pense qu'on peut dire qu'il touche à ses limites et on l'a souvent développé
02:47ici, mais je vais plutôt citer une personne qui, à mon sens, a une sacrée légitimité pour l'affirmer.
02:51Ces derniers jours, Thierry Breton, qui n'est autre que notre ancien ministre de l'économie, commissaire européen, rappelait à
02:56quel point le monde capitaliste et l'économie mondiale étaient à bout de souffle.
03:00Alors, dans un contexte géopolitique très tendu, mais aussi pour d'autres raisons.
03:03Sans doute parce que cette économie mondiale est trop verticale, trop concentrée et puis, en réalité, trop déconnectée des enjeux
03:09de ces territoires.
03:10Les entreprises, elles, elles restent du coup très hors sol et sans doute perdent en pérennité et en robustesse à
03:15cause de cela, parce qu'elles doivent passer d'un capitalisme actionnarial à un capitalisme partenarial.
03:19Alors, voilà, la concentration du pouvoir et de la richesse aujourd'hui crée un dangereux décalage.
03:23Dans le baromètre Territoires et Confiances de 2025, on apprend que 64% des Français estiment que les décisions économiques
03:29sont prises loin des réalités locales.
03:31En interface de cela, un autre chiffre que j'ai trouvé très intéressant, c'est que 70% des dirigeants
03:35reconnaissent que leur entreprise défend davantage de leur écosystème local que par le passé.
03:39Il y a donc une trop forte déconnexion entre les deux et ça, ça peut nuire à la pérennité des
03:43entreprises.
03:44Et alors, pardon, comment est-ce qu'on entre dans l'ère du capitalisme partenariat ?
03:48Alors, sans doute par deux jambes très bien ancrées.
03:50La première, un ancrage dans le partage du pouvoir pour garder une légitimité vis-à-vis de son territoire et
03:55de ses parties prenantes.
03:56L'entreprise qui, si de seule, aujourd'hui s'expose, s'expose à des projets bloqués, à de la défiance,
04:01à des pertes de rendement et de performance.
04:03Et puis, il y a des conflits avec les riverains.
04:04On a en France un projet très symbolique de cela qui est la construction d'une autoroute qui fait que
04:09par trop faible concertation, aujourd'hui, il y a plein de blocages.
04:12L'État, je crois, vient de décaisser 70 millions d'euros de dommages envers l'entreprise qui devait opérer le
04:16site à cause de tout le retard pris et les conséquences que cela a pour elle.
04:19On voit à quel point toutes les parties y perdent quand il y a un manque de concertation.
04:23Alors, d'après l'Observatoire européen Environmental Justice, en 2024, un conflit socio-environnemental sur deux est lié à un
04:29déficit de participation locale initiale.
04:31C'est montrer à quel point le partage du pouvoir et des décisions devient fondamental.
04:34Le message est donc clair.
04:35Il faut mettre en place des conseils de parties prenantes, de la sociocratie, s'appuyer sur les modèles de la
04:40coopération, représenter peut-être aussi les communautés locales dans les instances.
04:44Voilà comment une entreprise qui, avec une gouvernance partagée, peut davantage jouer collectif et ne pas être hors sol.
04:50Donc, le partage de la valeur est présenté comme stratégique. Comment est-ce qu'on mesure l'impact territorial des
04:54entreprises ?
04:55Alors, évidemment, c'est assez difficile, mais on ne crée pas d'ancrage avec un slogan. Il faut réellement des
04:59flux économiques, notamment pour le représenter et pour que tout le monde y gagne.
05:03Aujourd'hui, seulement 18% des achats des grandes entreprises bénéficient à leur territoire directement.
05:07Un chiffre simple est assez sonnant et trébuchant de la problématique à laquelle on fait face.
05:12Alors, pourtant, les organisations qui redistribuent mieux la valeur, elles y voient des intérêts.
05:16Plus 22% d'impact économique local, 15% de résilience aux crises d'après Coop Europe en 2025.
05:22Acheter local, co-investir, mieux rémunérer la participation des acteurs à la création de richesses de l'entreprise, ce n
05:28'est pas du militantisme aujourd'hui.
05:30C'est une garantie de pérennité, de robustesse face aux fluctuations.
05:32Et selon toi, le capitalisme partenarial peut devenir la norme ou est-ce qu'il sera réservé à une minorité
05:37d'entreprises pionnières ?
05:38À court terme, je pense que ça va être très difficile, mais on peut passer d'un pouvoir sur les
05:42parties prenantes à un pouvoir avec les parties prenantes.
05:44C'est bien ça l'enjeu.
05:45Un nouveau capitalisme qui coopère, c'est celui qui inclut les invitants, les élus, évidemment les salariés, les acteurs associatifs,
05:51peut-être même la nature.
05:52On en parlera aujourd'hui via des représentations dédiées.
05:55Au-delà de ces mécaniques, il y a aussi un cadre réglementaire, en Europe notamment, qui peut vivement y inviter,
06:00pour faire en sorte que les entreprises soient davantage évaluées sur le partage du pouvoir et de la valeur,
06:04comme un gage de sécurité, de souveraineté et pas seulement une unique performance financière.
06:09C'est la fin sans doute du coup d'un modèle très clos.
06:11C'est le début d'un modèle davantage relationnel qui met réellement au service des enjeux sociétaux les entreprises.
06:16Et ça, c'est une noble ambition.
06:17Merci beaucoup Thomas pour cette entrée en matière.
06:19On passe tout de suite au pour ou au contre.
06:26Certaines entreprises, on l'a évoqué, commencent à ouvrir leur gouvernance.
06:29Chez Norcisse, en siège au conseil d'administration, est attribué à la nature, représentée par France Go ici présent.
06:36Patagonia, de son côté par exemple, a transféré la propriété de l'entreprise à des structures chargées de protéger la
06:42planète.
06:44Nous tâcherons de savoir jusqu'où une entreprise peut-elle réellement ouvrir sa gouvernance.
06:49Mais avant toute chose, pour ou contre cette affirmation, les entreprises ne sont pas conçues pour partager le pouvoir.
06:58Caroline ?
06:59Contre ?
07:00France ?
07:01Pour et contre.
07:02Ah non, il faut se positionner.
07:05Au pif, pour.
07:06Très bien.
07:07Contre ?
07:08Je serai pour avec France surtout, qui va avoir besoin d'aide, puisque visiblement il n'était pas sûr de
07:12lui.
07:13Caroline, est-ce que vous pouvez développer, argumenter ?
07:17Alors, les entreprises, de facto, si elles adoptent la réglementation du pays où elles sont, de toute façon, elles sont
07:25amenées en général à avoir une partie du pouvoir qui est déléguée.
07:31Et de plus en plus, on sent une tendance sociale et sociétale, même environnementale, qui fait qu'on ouvre de
07:38plus en plus le pouvoir.
07:39Donc, la tendance, c'est que c'est de plus en plus.
07:42Après, on pourra toujours trouver des entreprises qui vont contre la loi, qui n'ont pas envie d'adopter ce
07:48partage du pouvoir.
07:50Mais là, on tombe soit dans l'illégalité, soit dans le truc un peu tordu.
07:56France ?
07:57J'ai répondu pour et contre parce que, historiquement, en 1867, est officiellement créé le statut de société anonyme en
08:06France.
08:07Mais la même année est créé, quelques mois plus tard, le statut de société coopérative.
08:12Et on a simultanément deux modèles d'entreprise, un modèle qui partage le pouvoir sous forme d'une coopérative et
08:18le modèle de société anonyme qui le partage beaucoup moins.
08:22Alors, il est vrai qu'une société anonyme, on pourrait se dire que le pouvoir...
08:25Alors, le partage beaucoup moins, ça veut dire le partage quand même ?
08:27Exactement, c'est ce que j'allais dire.
08:29Il est quand même partagé, il faut en revenir aux fondamentaux juridiques.
08:32Il y a une assemblée générale des actionnaires qui délibère et qui valide ou invalide, premier point.
08:38Et deuxième point, et pas des moindres, et je vous laisserai peut-être rebondir sur ce point,
08:42les syndicats. Dans le sang, les syndicats se sont battus à la fin du XIXe siècle pour obtenir un pouvoir
08:49de négociation vis-à-vis de la direction.
08:51Je dis dans le sens que je viens du nord de la France, pas très loin de Fourmi.
08:55Et souvenez-vous, il y a eu la bataille de Fourmi pour que les syndicats puissent exister.
09:01Forcément, en fait, ces entreprises qui partagent le pouvoir, elles existent déjà.
09:04Et en fait, moi ce qui m'intéresse, c'est de se dire, en fait, une entreprise en tant que
09:08telle, elle peut exister, elle existe déjà.
09:10On a parlé des modèles coopératifs où on partage le pouvoir entre différents salariés,
09:16puisque les salariés peuvent être sociétaires de cette coopérative et une personne au capital égale une voix.
09:22Et donc, il va falloir se partager le pouvoir. Il va falloir apprendre à délibérer ensemble.
09:25Et c'est le cas des coopératives, mais c'est le cas aussi d'autres structures qui n'ont pas
09:29forcément le statut coopératif,
09:31mais qui fonctionnent déjà en gouvernance partagée, en sociocratie, en impliquant différentes parties prenantes,
09:38en appelant la nature à leur conseil d'administration.
09:40En fait, ce n'est pas un potentiel, c'est quelque chose qui existe déjà.
09:45La question, c'est comment on pense la structure, soit dès le départ, soit on la fait évoluer pour qu
09:51'on partage le pouvoir.
09:53Mais en fait, c'est aussi qui partage le pouvoir.
09:55Aujourd'hui, qui prend des décisions dans une organisation ?
09:58Tous les jours, au quotidien, de façon opérationnelle, il y a des tas de gens qui prennent déjà des décisions.
10:04On a parlé de l'Assemblée générale des actionnaires, souvent, prennent des décisions,
10:08mais elles peuvent prendre des décisions en consultant d'autres parties prenantes.
10:12Donc en fait, les entreprises, elles sont déjà faites pour partager le pouvoir.
10:16La question, c'est est-ce qu'on le met en place ou pas ?
10:18Est-ce que les dirigeants souhaitent le faire ou pas ?
10:20Est-ce que les actionnaires souhaitent le faire ou pas ?
10:22Donc c'est plus une affaire de culture d'entreprise ?
10:23Exactement, mais en fait, elles peuvent être faites pour partager le pouvoir.
10:27Il y a un proverbe en France qui est très fréquent, qui consiste à dire
10:30« L'entreprise n'est pas une démocratie ».
10:32Vous avez déjà dû l'entendre à droite ou à gauche, et en fait, c'est complètement faux.
10:36D'ailleurs, on est plusieurs à affirmer l'inverse en ce moment,
10:39de dire que l'entreprise peut être un vrai lieu de préservation de la démocratie,
10:43d'un dialogue de qualité, etc.
10:44Mais dans les faits, finalement, j'ai l'impression d'être le seul pour l'affirmation,
10:47ce n'est pas grave, c'est que je pense que dans le droit français, d'ailleurs,
10:50comme France l'a rappelé, la grande majorité des entreprises aujourd'hui sont conçues de telle sorte
10:54qu'elles créent de la richesse au bénéfice de leurs actionnaires.
10:57Donc déjà, on a une conception même qui fait que ce sont les actionnaires qui décident
11:01et qui bénéficient des fruits de l'activité commerciale,
11:03ce qui fixe une grosse limite au fait d'avoir des modalités de partage du pouvoir et de la valeur.
11:07Alors, on peut les travailler différemment, certes,
11:09mais je pense que malheureusement, aujourd'hui, la quasi-intégralité du monde économique
11:13est structurée selon ces préceptes-là.
11:15Et si ce n'est pas que lié à des structures juridiques, c'est aussi à leur modalité de fonds.
11:19Alors après, Thomas, tu as aussi la façon...
11:21Qui sont les actionnaires ?
11:23Il y a aussi énormément d'entreprises qui donnent des actions à leurs collaborateurs,
11:28ce qui fait qu'ils sont aussi intégrés...
11:30Il y en a sans doute des centaines, et on le voit dans les communautés comme Bicorp,
11:34on le voit dans tout le milieu coopératif qui est très animé par cette idée du partage.
11:38Chez Norcisse, on a un exemple de ça aussi.
11:40On le fait par conviction et parce qu'on voit même que ça nous rend aujourd'hui
11:44plus en capacité d'absorber des chocs et de décider ensemble
11:47de ce qui peut être mieux pour toutes les parties prenantes.
11:49Mais je ne pense pas que ce soit la façon de fonctionner,
11:51le logiciel de la majorité des entreprises aujourd'hui.
11:54C'est bien tout le problème.
11:55Si ce n'était pas le cas, je pense que notre société et le monde économique
11:58répondraient mieux aux enjeux sociétaux.
12:00Et ce qui est intéressant, juste pour compléter là-dessus,
12:02et quand on parlait de culture d'entreprise, c'est même parfois de culture salariale.
12:05Pour avoir fondé un cabinet de conseil qui travaille sur les sujets de RSE,
12:09on a un projet de le transformer en coopérative.
12:12C'est aussi pour ça que je me suis impliquée sur la notion de partage de la valeur
12:15et de partage du pouvoir.
12:17Et en fait, quand on dit aujourd'hui aux salariés de Bayroué,
12:20qui aujourd'hui sont déjà en gouvernance partagée,
12:22donc ont déjà l'habitude de participer aux décisions,
12:24on leur dit qu'on va passer en coopérative,
12:26vous aurez une part égale une voix.
12:28Et la question c'est, mais à quoi ça sert d'avoir des parts si c'est pour pas avoir
12:31des dividendes ?
12:32Puisque dans le modèle coopératif, alors il y a une forme de rétribution de la coopération,
12:36mais il n'y aura pas de dividendes et il n'y a pas de plus-value à la sortie.
12:39Et donc, à quoi ça sert d'avoir des parts si c'est pour pas faire fructifier mon capital ?
12:43En fait, cette part, elle sert à avoir du pouvoir.
12:45Mais c'est intéressant, c'est que même dans des entreprises engagées,
12:48même dans des entreprises qui réfléchissent à des modèles économiques différents,
12:51ce sujet de part égale capital égale argent qui va sortir du capital,
12:57il est super ancré sociétalement dans tous les milieux.
13:01Oui.
13:01Moi je trouve que quand on pose la question,
13:04est-ce que l'entreprise est un lieu de partage de pouvoir,
13:07au fond la réponse est techniquement oui,
13:09mais c'est surtout, qu'est-ce qu'on attend ?
13:11Qu'est-ce que les uns et les autres attendent ?
13:13J'aurais pu répondre non,
13:15parce que d'un point de vue partage du pouvoir avec la nature,
13:18par exemple, l'entreprise n'est absolument pas un lieu de pouvoir.
13:22Donc en fait, ça dépend de qui on parle,
13:24de quelle partie prenante on veut impliquer dans le partage du pouvoir.
13:27Et puis bon, France a évoqué le dialogue social,
13:28alors il se trouve qu'on partage les mêmes racines
13:30et qu'on a cet ancrage historique qui fait qu'on a quand même été dans un territoire
13:34qui a été de haute lutte, notamment pour les industries minières.
13:38Mais aujourd'hui, quand on voit la structure
13:40et la façon dont le dialogue social se déroule,
13:42bien souvent on en entend beaucoup parler,
13:43parce que souvent ce sont des oppositions
13:45entre le patronat et le salariat.
13:48Alors dans le traitement médiatique,
13:49c'est très centré sur des fermetures d'usines,
13:51dans des logiques justement de pouvoir, mais conflictuelles.
13:54Heureusement, il existe bien d'autres modalités possibles
13:56pour construire un dialogue social
13:57qui soit contributeur d'une entreprise qui résiste mieux.
14:00Mais là encore, je doute que ce soit représentatif
14:02de la majorité des acteurs issus du monde économique.
14:05France, ce que vous faites chez Norci,
14:07c'est absolument inédit.
14:10Certains diront que représenter la nature
14:12ou des générations futures dans un conseil d'administration,
14:15ça peut sembler utopique ou symbolique.
14:17En quoi ce modèle peut réellement influencer
14:19les décisions stratégiques ?
14:21Tout d'abord, souligner que ce n'est pas une utopie,
14:24puisque ça existe chez Norci,
14:26mais on pourrait aussi parler de Veolia,
14:28puisque Veolia dispose d'un conseil des générations futures
14:31qui intervient directement au niveau du comité exécutif.
14:34Veolia étant une société, je ne vous l'apprends pas,
14:36du CAC 40, donc c'est du sérieux.
14:39Le Norci, c'est du sérieux, même si ce n'est pas dans le CAC 40 !
14:44Petit missile !
14:45Donc en quoi ça peut changer les choses,
14:47si j'ai bien compris la question ?
14:49Eh bien, on revient à la question du partage de pouvoir.
14:52Au fond, le pouvoir souverain,
14:55le pouvoir suprême en entreprise,
14:56se situe au niveau de l'actionnariat
14:59et des représentants de l'actionnaire,
15:01que sont les administrateurs.
15:03Et donc, tout l'enjeu de l'initiative de Norci a été de dire
15:06« Il faut bien entendu donner une voix à la nature dans le dialogue social,
15:10les syndicats ont un rôle à jouer,
15:12il faut donner une voix à la nature à droite et à gauche,
15:14mais c'est au conseil d'administration que se joue le dernier mot. »
15:18Et donc, il est question d'une nature qui est non seulement administratrice,
15:23rôle que je joue,
15:24sauf que dans trois ans, on peut me dire « Merci France, au revoir ! »
15:28Et donc, pour se prémunir d'un tel scénario,
15:30ce qui a été décidé, c'est que la nature soit en outre actionnaire,
15:34parce qu'on ne peut pas virer un actionnaire.
15:36Et donc, même si je dois partir demain,
15:39une autre personne viendra jouer le rôle de représentant de la nature.
15:42Et qu'est-ce qui te rend légitime, alors, pour représenter la nature ?
15:46Absolument rien.
15:47Caroline Journaliste.
15:48Non, mais c'est vrai, j'allais poser cette question.
15:50Si ce n'est d'avoir été la première personne à publier un livre académique,
15:54que je souligne sur le sujet, mais trêve de plaisanterie,
15:58effectivement, à la différence de représentant du personnel,
16:03la nature ne vote pas.
16:05La nature n'a pas choisi France Go pour être représentée.
16:09Et donc, il existe heureusement d'autres façons de traduire les intérêts,
16:14de traduire les intérêts des uns et des autres,
16:17et notamment de la nature, c'est la science.
16:19Donc, c'est par la science.
16:20Et donc, d'où le caractère académique.
16:22J'aimerais simplement souligner un point qui me semble très important,
16:26c'est que la légitimité, pour moi, vient du fait que ce sont des organisations
16:30d'intérêt général et scientifiques qui doivent porter la voix de la nature.
16:36Ce n'est pas des consultants, ce n'est pas ma grand-mère,
16:40ce n'est pas l'épicier du coin, ce n'est pas le milliardaire américain
16:43à qui on va confier ce job.
16:45Pour moi, ce sont des organisations d'intérêt général.
16:47Et donc, c'est un panel de scientifiques qui vous a désigné ?
16:50C'est un panel de scientifiques qui m'appuie,
16:52parce que Norsi, c'est une grande première,
16:54donc on a créé un premier dispositif.
16:57Mais à l'avenir, les choses, espérons-le, vont changer,
17:00puisque avec une coalition d'acteurs,
17:02nous avons déposé la semaine dernière une proposition de loi.
17:06Et dans cette proposition de loi,
17:07il est bien question que ce soit des établissements d'intérêt général
17:11et scientifique qui portent cette mission de représentation de la nature.
17:15Je vais, pour terminer, et puis parce que je ne suis pas totalement étranger au dispositif,
17:20ajouter deux choses qui sont liées à une volonté plus large
17:23qu'on a évoquée d'ailleurs précédemment,
17:25qui est la pluralité de la représentation.
17:27En fait, le rôle que joue France au Conseil d'administration,
17:30on a souhaité qu'il ne soit pas exclusif au Conseil d'administration,
17:32et donc on a travaillé ensemble à désigner d'autres personnes
17:35qui vont représenter la nature dans d'autres instances de gouvernance,
17:39qui seront des instances plus opérationnelles, plus exécutives,
17:42pour que ce sujet ne soit pas exclusivement l'apanage d'une institution
17:45qui se réunit deux fois par an sur des sujets de très long terme.
17:48Et l'autre point important que je voulais évoquer,
17:49donc ça on appelle ça la nature partie prenante,
17:52c'est aussi que cette représentation n'est pas que liée à la nature.
17:55Et donc de plus en plus dans nos instances de gouvernance,
17:57on veut avoir des représentations issues de la nouvelle génération,
18:01des gens plutôt jeunes, il n'y a pas de plafondage absolu,
18:04mais en tout cas l'idée c'est d'une certaine jeunesse.
18:05Et là aussi représentée par qui ?
18:07Par des salariés, mais qui sont issus de nos rangs,
18:10qui ont une pertinence, mais qui se sont construits professionnellement
18:13sur des idées un peu différentes,
18:14et aussi du dialogue social,
18:16donc de plus en plus des représentants du CSE
18:17dans des instances de gouvernance de l'entreprise.
18:19Nous avons un conseil d'administration dans quelques semaines,
18:21il y aura deux membres du CSE qui seront présents
18:24pour pouvoir vivre ce conseil et faire des ponts
18:27entre une instance souveraine et une instance plutôt de contrôle
18:30et représentative du personnel qu'est le CSE.
18:33Et pour pousser un peu la réflexion,
18:34jusqu'où une entreprise peut-elle aller dans le partage de pouvoir
18:38sans se mettre en danger en termes de performance
18:41ou de cohérence stratégique ?
18:43Alors moi il y a un exemple que je trouve très intéressant,
18:45c'est l'entreprise, c'est qui le patron ?
18:47Vous savez, au départ c'était du lait,
18:51maintenant il y a du beurre, il y a des parboises,
18:53voilà c'est ça, Nicolas Chabanne.
18:55Je trouve ça très intéressant parce que là ce sont les consommateurs
18:59qui sont dans la gouvernance.
19:02Donc un consommateur, une voix, c'est une coopérative également.
19:05Et pour leur raison d'être, ça fonctionne vraiment très bien
19:11et ça a énormément de sens.
19:13Et ce que ça a incité, c'est que les consommateurs ont dit
19:17on est ok pour payer un petit peu plus cher nos produits,
19:21en revanche les agriculteurs seront mieux rémunérés,
19:24voire même les agriculteurs pourront aussi mieux s'occuper de leur terrain.
19:28Oui, et puis en fait je pense qu'il faut aussi battre en brèche
19:31une espèce de pensée générale
19:33qu'il n'y a que certaines personnes qui sont capables de comprendre
19:36comment fonctionne une entreprise
19:38et quelles sont les bonnes décisions à prendre
19:39pour qu'elles soient rentables, pour qu'elles soient actuelles, etc.
19:42Oui, bien d'accord.
19:43Parce qu'en fait, on peut prendre le cas du monde de l'entreprise
19:47mais on peut prendre le cas même de la vie locale
19:50et de ce qu'on appelle la participation citoyenne,
19:53les formes de démocratie différentes.
19:55C'est qu'en fait, aujourd'hui,
19:58quand on est plusieurs autour de la table
20:00à partager des points de vue
20:01et à prendre le temps de s'écouter, de débattre,
20:03de comprendre les contraintes de chacune et chacun,
20:06moi je pense qu'on prend des meilleures décisions.
20:08Et donc c'est le cas aussi dans une entreprise,
20:09c'est-à-dire que quand on met en place
20:12des discussions autour,
20:13même sans aller jusqu'au modèle coopératif,
20:16de gouvernance,
20:17où on informe des niveaux de trésorerie,
20:20où on informe de l'impact financier
20:21de telle ou telle décision qui sont demandées
20:23par les salariés, etc.,
20:25et bien tout le monde prend conscience de
20:26« Ah bah oui, d'accord,
20:27donc quand on prend telle décision,
20:28ça impacte tel ou tel indicateur de l'entreprise
20:31et donc peut-être qu'il y a des choses à ajuster. »
20:33Et donc c'est aussi quelque chose de se dire
20:36« En fait, si on prend le temps de le faire,
20:39si on prend le temps de s'écouter
20:40et de monter toutes et tous en compétences,
20:42on est tous et toutes capables de comprendre
20:44qu'une entreprise,
20:45on ne va pas la mener à sa perte
20:47parce qu'on prend des décisions collectivement. »
20:50Tu soulèves la question de la meilleure décision,
20:53et c'est la meilleure décision pour qui ?
20:54Si je suis caricatural,
20:56trop de délibérations et trop de sociocratie,
20:59par exemple,
20:59n'amènent pas forcément à des bonnes décisions
21:01du point de vue de l'actionnaire américain,
21:03pour citer un exemple,
21:05qui serait plus gourmand qu'un autre.
21:08Et une autre preuve,
21:09c'est qu'en tant qu'administrateur représentant la nature,
21:12nous avons un siècle et demi
21:14d'organisations coopératives
21:17qui n'ont pas eu des prises
21:19des décisions positives
21:20du point de vue de la nature.
21:21Donc en fait, la question,
21:22c'est vraiment qui on met autour de la table
21:23et pour qui ?
21:24Sinon, on appelle ça la démocratie éclairée,
21:26c'est-à-dire qu'il faut permettre
21:28à celles et ceux qui veulent s'investir du projet
21:30et qui se sentent vraiment partie intégrante
21:31d'avoir voix au chapitre,
21:34de pouvoir potentiellement décider collégialement.
21:36Mais il est évident que certains sujets
21:38ne sont pas à l'apanage de tout le monde
21:39et que des personnes,
21:41même bien informées sur une dimension économique,
21:43ne sauront pas forcément avoir
21:45toutes les clés de l'écran nécessaires,
21:46la compréhension d'un contexte
21:48qui peut être géopolitique,
21:49qui peut être sanitaire,
21:50qui peut être sectoriel
21:51pour prendre une décision
21:52la plus éclairée possible.
21:53Donc nous, par exemple,
21:54ce qu'on essaie de faire,
21:55c'est de créer des mécaniques de concertation,
21:57de consultation
21:57et d'avoir à travers
21:58toutes nos instances de gouvernance
22:00tous les salariés pertinents
22:01et qui veulent participer
22:02qui peuvent avoir voix au chapitre
22:03de prise de décision.
22:04Et puis l'exemple peut-être
22:05le plus marquant de cela,
22:06c'est que France,
22:07au sein de notre Conseil d'administration,
22:08il a un droit de veto.
22:09C'est le seul à avoir aujourd'hui
22:10un droit de veto
22:10dans le Conseil d'administration.
22:11Tu l'as utilisé ?
22:12Oui.
22:14Mais pourquoi on lui a donné ?
22:15Déjà parce que c'est un signal très fort
22:16qu'on envoie à tous les autres
22:17administrateurs et actionnaires,
22:19il n'est pas là pour faire de la figuration.
22:21Mais en revanche,
22:22entre nous,
22:22et je pense que c'est comme ça
22:23qu'on fonctionne,
22:24le droit de veto de France,
22:25c'est aussi un devoir de consensus
22:26parce qu'il peut en user
22:27comme un moyen de pression
22:28et en même temps,
22:29si on crée une forme de rupture
22:30dans le dialogue
22:31parce qu'il l'exerce trop,
22:32alors on ne progressera pas.
22:33Et donc,
22:34on a un devoir de consensus
22:35à travers ce droit de veto
22:36qui est très intéressant,
22:37ce qui peut rendre une décision
22:38qui paraît très radicale,
22:39finalement hyper éclairée.
22:41Pour répondre à ta question...
22:42C'était une bonne question.
22:43Oui, on a envie de savoir.
22:45Non.
22:45Alors ?
22:46Non, parce que j'estime
22:47que le droit de veto,
22:48c'est un peu comme l'arme nucléaire
22:50en politique internationale.
22:51C'est quand on a épuisé
22:52toutes les solutions
22:53de négociation,
22:54de diplomatie et de compromis
22:56qu'on va envoyer la bombe atomique.
22:57Ça ne me semble pas
22:58une bonne solution.
22:59Après, moi,
23:00je voudrais revenir,
23:00c'est aussi sur la connaissance
23:02et la compétence
23:03des administrateurs.
23:04Parce que le rôle
23:05d'un conseil d'administration,
23:07c'est d'assurer la pérennité
23:08de l'entreprise.
23:09C'est son premier rôle.
23:11En ce sens,
23:12si la nature est endommagée,
23:15voire abîmée, etc.,
23:17l'entreprise ne pourra pas
23:19continuer dans bien des cas.
23:21Pour ne pas dire
23:21100% des cas, d'ailleurs.
23:23Mais bon.
23:23Et ça, c'est plus
23:24une connaissance des administrateurs
23:26de comprendre ça.
23:28Et une entreprise
23:29qui tente d'ouvrir sa gouvernance,
23:31est-ce qu'elle se heurte
23:32à des résistances internes ?
23:35Ah non !
23:36Oui !
23:37Mais non,
23:38mais parce qu'à partir du moment
23:39où certaines personnes
23:40ont eu le pouvoir
23:41un certain temps,
23:42et qu'en fait,
23:42on va à un moment
23:43déléguer du pouvoir
23:44ou donner du pouvoir
23:45à d'autres,
23:46quels que soient les autres,
23:47forcément,
23:48ça heurte un peu.
23:49En tout cas,
23:50c'est des dynamiques
23:51qui sont différentes.
23:52Et puis,
23:53pour en revenir au sujet
23:55des actionnaires
23:57ou des administrateurs,
23:58même,
23:58aujourd'hui,
23:59on a quand même
23:59beaucoup eu l'habitude
24:00de piloter les entreprises
24:01d'un point de vue financier
24:02et exclusivement financier.
24:03Le sujet de l'extra-financier
24:05et de comment on pilote
24:06sur d'autres typologies
24:07d'indicateurs
24:08environnementaux,
24:09sociaux,
24:10existe,
24:10et ça arrive,
24:12et c'est en cours
24:13depuis des années,
24:14et je travaille là-dessus
24:14moi-même depuis des années.
24:15Mais ce que je veux dire,
24:17c'est qu'on a quand même
24:17un peu la référence ultime
24:19étant la rentabilité financière,
24:22l'impact financier,
24:22la finance,
24:23la finance,
24:23la finance,
24:24etc.
24:24Et donc,
24:25il y a quand même
24:25en effet un sujet
24:26de formation
24:27des administrateurs,
24:28de formation
24:30des comités exécutifs,
24:32des comités de direction,
24:33à comprendre
24:33quels sont les autres indicateurs,
24:35à comprendre
24:35comment on fait l'équilibre,
24:37et ça,
24:38et comment on sort
24:39du tout financier.
24:41C'est aussi un sujet,
24:42et à l'inverse,
24:43comment les personnes aussi
24:44qui portent des sujets
24:46plutôt environnementaux
24:47et sociaux,
24:47etc.,
24:48s'intéressent
24:48aux sujets financiers,
24:49tout ça étant pour que
24:50tout le monde parle
24:50la même langue
24:51aussi,
24:52globalement.
24:52Merci Fanny de soulever
24:55la question de la formation
24:56qui est extrêmement importante.
24:58En fait,
24:59le pilotage
25:00de l'économie
25:01des entreprises
25:02par de simples indicateurs
25:03économiques
25:04n'est pas un fait
25:05de droit,
25:06c'est un fait culturel,
25:07c'est une école de pensée
25:08qu'on appelle
25:09le néolibéralisme
25:10qui s'est imposé
25:11depuis une cinquantaine
25:12d'années,
25:12mais quand on regarde
25:14ce que nous dit le droit
25:14ou même les vademecum
25:16de bonne pratique
25:17énoncés par
25:18l'Institut français
25:19des administrateurs
25:19pour prendre un exemple,
25:20il n'est absolument
25:21pas question
25:22d'un pilotage
25:22uniquement économique
25:24et c'est là
25:24où la formation
25:25rentre en jeu.
25:26C'est super important
25:27et en tout cas,
25:27moi,
25:27il me tient à cœur
25:29maintenant que le sujet
25:30d'administrateur nature
25:31se développe en France
25:32de former pour m'assurer
25:34qu'il soit à la hauteur
25:35du job.
25:36Et c'est ce qu'on fait
25:37nous avec l'opération
25:38Miller,
25:39de se dire,
25:39on essaie de faire changer
25:41le monde de la finance
25:41pour mieux financer
25:42la transition.
25:43Aujourd'hui,
25:44quand on parle
25:45transition juste
25:46au monde financier,
25:49ça commence à impacter
25:50un petit peu,
25:51mais concrètement
25:52ce que ça veut dire,
25:53comment je mesure
25:53la notion de transition,
25:55comment je mesure
25:56la notion d'impact
25:57ou de valeur sociale
25:58créée et environnementale.
26:01En fait,
26:01c'est tout un monde
26:02qui s'ouvre
26:03avec toute une terminologie,
26:04etc.
26:05Et aujourd'hui,
26:06on travaille nous aussi
26:07avec l'opération Miller
26:08à former aussi
26:10les financeurs à ça,
26:11à leur faire comprendre,
26:12à remonter les besoins
26:13des organisations
26:14en disant,
26:14regardez,
26:15ces organisations fonctionnent,
26:16elles existent depuis
26:175, 10, 15, 20 ans.
26:18Donc ça veut dire que
26:19financillement,
26:20elles tiennent quand même
26:20la route.
26:21Mais donc,
26:22de se reposer la question
26:22du rendement,
26:23qu'est-ce que ça veut dire,
26:24quel est le juste besoin
26:25de rendement,
26:25tout ça,
26:26c'est des choses
26:26qu'il faut mettre sur la table
26:28parce que parfois,
26:29c'est perçu comme
26:30c'est un cadre,
26:31on n'a pas le choix,
26:32alors qu'en fait,
26:32on a tout à fait le choix
26:33de faire bouger ce cadre,
26:35de faire bouger ses seuils,
26:36mais ça demande
26:36à ce qu'on se mette
26:37tous autour de la table,
26:38à ce qu'on se forme différemment
26:39et qu'on s'informe différemment.
26:41Moi, je mets peut-être
26:41un bémol quand même
26:42sur la formation
26:43administrateur à la nature,
26:46dans le sens où...
26:47De la nature.
26:48Administrateur de la nature.
26:49Toutes mes excuses.
26:51Dans le sens où,
26:53alors moi qui suis chasseuse
26:54de tête sur ces sujets,
26:55j'ai rencontré énormément
26:57de spécialistes très bons
26:58sur les sujets
27:00environnementaux et sociétaux
27:01qui ont fait des formations
27:02devenir administrateur,
27:04et pas ta formation,
27:05c'est peut-être pour ça,
27:06mais qui arrivent
27:07dans le conseil
27:08en se disant,
27:09en ayant un prisme
27:11très spécialiste,
27:12et donc qui arrivent
27:13en silo,
27:14donc ils ne sont pas compris
27:17par les autres administrateurs
27:18parce qu'ils n'utilisent pas
27:20le langage de la stratégie,
27:21de la finance,
27:22et on dit beaucoup
27:23dans notre milieu,
27:24il faut former
27:25les administrateurs,
27:25mais je pense que nous aussi,
27:27on doit se former
27:27pour parler le langage
27:28des administrateurs
27:29plus classiques.
27:30C'est pour ça que France
27:31m'appelle parfois
27:32Nelson Monfort,
27:32parce que je traduis
27:34ces propos dans les conseils
27:35de l'administration.
27:36C'est pour ça que nous,
27:37on a des masterclass
27:38d'explication de la finance
27:39pour les organisations
27:40de la transition juste,
27:41parce que ce langage,
27:42il doit être dans les deux sens.
27:43Le fond du problème,
27:44je crois,
27:45tient au fait que
27:46c'est facile de piloter
27:48avec des chiffres,
27:48avec des nombres,
27:50c'est des choses
27:51qu'on a appris
27:51dans notre voiture,
27:52avec le compteur,
27:54piloter avec des problématiques
27:56qui mettent en conflit
27:58les intérêts écologiques,
27:59les intérêts sociétaux,
28:00les intérêts économiques.
28:01Là, ça demande
28:02une posture un peu de hauteur,
28:03ça demande une posture
28:05philosophique.
28:06Et il y a un autre problème,
28:08c'est que,
28:08désolé,
28:09vous allez me trouver
28:10rébarbatif,
28:10mais j'aimerais à nouveau
28:11parler de droit.
28:12Ce que dit notre droit,
28:13c'est qu'au fond,
28:14l'entreprise doit être gérée,
28:16certes,
28:17dans l'intérêt de sa pérennité,
28:18mais plus précisément
28:19dans l'intérêt social.
28:21En fait,
28:21en droit français,
28:22on ne sait pas
28:22ce que ça veut dire
28:23l'intérêt social.
28:24C'est un voile
28:25qui masque
28:26la diversité
28:27d'intérêts divergents,
28:29nous disent
28:29un certain nombre
28:30de juristes.
28:31Alors,
28:31comment on fait
28:32pour gérer l'entreprise
28:33dans ces circonstances-là ?
28:34Eh bien,
28:34on en revient
28:35aux hauteurs
28:35et aux chiffres.
28:37Peut-être un dernier point,
28:37parce qu'en fait,
28:38cette question,
28:38c'est vrai qu'on l'a anglais
28:39sur l'entreprise,
28:40mais en réalité,
28:40c'est peut-être aussi
28:41toutes les normes autour
28:41qui posent une difficulté.
28:43Aujourd'hui,
28:43les normes comptables,
28:44notamment,
28:45qui ne valorisent
28:46absolument pas autre chose
28:47que des lignes financières
28:48très directement tangibles.
28:49On a déjà parlé ici,
28:50par exemple,
28:50des coûts évités.
28:51Quand on voit
28:52que l'État subventionne
28:53des business
28:54qui sont très destructeurs,
28:55qui polluent les eaux
28:55pour dépenser des milliards
28:57pour les dépolluer,
28:57ces eaux,
28:58c'est très inefficiant,
28:59finalement,
28:59comme système.
29:00Et donc ça,
29:01ça nécessite bien évidemment
29:02bien plus de manœuvres
29:03que simplement
29:03des ajustements
29:04de prise de décision
29:05ou de partage de la valeur
29:06dans les entreprises.
29:07C'est beaucoup plus systémique.
29:08Et donc,
29:09pour clôturer cette séquence,
29:10je rebondis sur les dits d'autres Thomas.
29:13Ces modèles,
29:13est-ce qu'ils sont réservés
29:14à des pionniers,
29:16pionniers
29:16ou est-ce qu'ils peuvent
29:17devenir la norme ?
29:19Non,
29:20CAC 40,
29:20j'ai donné des exemples.
29:21C'est accessible à tout le monde.
29:23Et même sur des décisions
29:24qui peuvent paraître
29:24très particulières,
29:26très singulières,
29:27cette idée de la nature actionnaire,
29:28en réalité,
29:29ce qu'on est en train
29:29de mettre en place
29:30avec la nature partie prenante,
29:31n'importe quelle organisation
29:32et pas qu'entreprise
29:33peut le faire,
29:33de désigner une personnalité
29:36qualifiée ou pertinente
29:37pour avoir ce rôle-là.
29:38Il existe des fiches de mission
29:39qu'on a déjà d'ailleurs publiées
29:40pour jouer ce rôle
29:41n'importe où,
29:42n'importe quand,
29:43sans forcément revoir
29:44les pactes d'actionnaires.
29:45Depuis quelques jours,
29:46on peut même donner facilement
29:471% de son capital
29:49à la nature,
29:50ça s'appelle V-Voice,
29:51les représentants de la nature
29:53et ce sont des scientifiques,
29:54évidemment.
29:55Après,
29:55je pense quand même
29:55que ces modèles,
29:58est-ce que c'est pionnier,
29:59est-ce que c'est pour le CAC 40,
30:00etc.,
30:00il faut quand même
30:01se reposer la question
30:02de la raison d'être
30:03et adapter sa gouvernance
30:05et la faire évoluer
30:06dans le temps.
30:07Il y a quand même
30:08un certain nombre d'entreprises,
30:09si on leur dit
30:10dès demain,
30:11vous avez un administrateur
30:13qui représente la nature,
30:14c'est peut-être
30:15un peu trop tôt,
30:16il faut peut-être passer
30:17par quelqu'un
30:18qui va d'abord
30:18représenter la RSE.
30:21Non,
30:21mais je pense que
30:22la notion de conduite
30:23du changement
30:24elle est quand même
30:25clé et essentielle,
30:27ne serait-ce que,
30:28et c'est tout à votre honneur
30:29avec Narcisse,
30:30mais vous êtes pionnier
30:31sur le sujet,
30:32vous allez revenir
30:33avec des feedbacks positifs
30:34et d'autres
30:34où il y aura eu
30:35des ajustements à faire
30:36et vaut mieux
30:37qu'il y ait quelques pionniers
30:38qui se cassent un peu les dents
30:39avant de déployer
30:40le système partout.
30:41Pour l'instant,
30:41ma dentition va bien,
30:42je veux inviter les autres
30:43à se lancer.
30:44Après,
30:45nous,
30:45on croit vraiment
30:46que c'est le modèle
30:46qui doit devenir la norme,
30:47c'est-à-dire que,
30:48face aux crises
30:50qu'on a aujourd'hui
30:51qui soient environnementales,
30:52qui soient sociales,
30:53qui soient même démocratiques,
30:54puisqu'on parle
30:55du partage du pouvoir,
30:57en fait,
30:58des organisations économiques
30:59qui prennent en compte
31:00leur impact environnemental
31:01et qui ont un impact positif,
31:04des organisations économiques,
31:06parce qu'on parle beaucoup
31:07des entreprises,
31:08mais on pourrait aussi
31:09parler des associations
31:10qui sont des organisations économiques,
31:11qui se posent
31:12d'autres questions financièrement,
31:14qui prennent en compte
31:15leur impact social
31:16et qui ont du partage
31:18du pouvoir en interne.
31:20Pour nous,
31:21ça doit être la norme
31:22parce que ça répond aujourd'hui
31:24aux crises
31:25auxquelles on fait face
31:26et qu'il n'y a pas
31:28d'autres solutions
31:29entre guillemets
31:30pour la pérennité
31:31des organisations économiques
31:32que de faire face
31:34aux sujets environnementaux,
31:35aux sujets sociaux
31:35et aux sujets démocratiques.
31:36Sinon, il y a un moment,
31:37elles seront plus pérennes,
31:39ce qu'on leur demande d'être,
31:40socialement ou pas,
31:41est le sujet.
31:42Et donc, en fait,
31:42il faut qu'elles deviennent
31:43la norme.
31:43Mais pour que ce soit le cas,
31:45la transition,
31:45elle est importante,
31:48majeure,
31:49sur les indicateurs,
31:50sur la formation,
31:50sur les dirigeants, etc.
31:52J'aimerais rappeler
31:53un dernier point,
31:54si vous me permettez,
31:55que quand même,
31:56depuis quelques années,
31:57il n'y a plus le choix
31:57quand on est chef d'entreprise
31:59ou administrateur.
32:00Pourquoi ?
32:01Parce que la loi
32:02Pacte nous dit
32:03que l'entreprise
32:04est gérée
32:04en tenant compte
32:05des impacts environnementaux,
32:07premier point,
32:07et que la loi
32:08Climat et Résilience
32:09dit que désormais,
32:10les représentants du personnel
32:12ont des prérogatives
32:13sur les questions environnementales.
32:15Donc, il y a bien
32:16deux parts d'un étau,
32:17en quelque sorte,
32:18qui, aujourd'hui,
32:19fait qu'une entreprise
32:20n'est pas censée
32:20se poser la question.
32:21Elle doit aborder ces questions.
32:24Gardez-en sous le pied,
32:25on passe à notre
32:25troisième séquence.
32:32Et c'est parti
32:32pour notre séquence
32:33retour de terrain.
32:35France,
32:35pour aller plus loin,
32:36chez Norcisse,
32:37comment est-ce que
32:37la voie de la nature
32:39est intégrée
32:40dans la gouvernance quotidienne ?
32:42On a parlé
32:42du droit de veto,
32:44ça passe par
32:45quel autre droit,
32:47exactement ?
32:49Un droit d'information,
32:50un droit de discussion,
32:52si vous voulez,
32:53en fait,
32:53c'est un sujet
32:54tellement pionnier
32:55que c'est aussi
32:56un droit de questionnement,
32:57en quelque sorte.
32:59Il faut explorer
33:00de nouveaux terrains,
33:01se poser la question
33:01de ce qu'on peut faire,
33:02de ce qu'on ne peut pas faire,
33:04et donc,
33:04on apprend collectivement.
33:06Ce qui est important
33:07dans cette dynamique,
33:08ce sont vraiment
33:08tous les échanges
33:09qu'il peut y avoir
33:10au niveau du conseil
33:11d'administration,
33:12qui réunit les actionnaires
33:13ou les représentants
33:14des actionnaires,
33:15mais aussi,
33:15comme le soulignait
33:16tout à l'heure Thomas,
33:17les échanges avec le terrain.
33:19On ne peut pas
33:20imaginer une transition
33:21écologique
33:22sans prendre en compte
33:23les salariés,
33:24sans prendre en compte
33:25les représentants
33:26des salariés.
33:27Aujourd'hui,
33:28ils n'ont pas été invités
33:29les éco-syndicats,
33:31vous savez qu'il existe
33:32en France,
33:33Printemps écologique,
33:34ou les Sentinelles vertes
33:35de la CFDT,
33:36qui sont des éco-syndicats,
33:37et qui se battent
33:38pour que la voie
33:39des salariés
33:40soit aussi une voie
33:40de la transition écologique,
33:42parce que transformer
33:44l'entreprise au bénéfice
33:45d'un meilleur respect
33:46de la planète,
33:47c'est aussi transformer
33:48le travail quotidien
33:50et transformer,
33:50du coup,
33:51les métiers
33:52et le quotidien
33:52des salariés.
33:53Il faut peut-être
33:54donner un point de contexte,
33:55c'est que dans le cadre
33:56de Norcisse
33:57qui développe
33:58des services numériques,
33:59rien de ce que l'on fait
34:01n'est en réalité
34:02soutenable
34:02ou ne dégrade pas
34:03du vivant.
34:04Ça, c'est une grosse contrainte
34:05que nous avons aujourd'hui
34:06et un devoir d'humilité
34:07aussi qu'on se doit
34:09d'avoir.
34:10Et c'est pour cette raison
34:11précisément
34:11qu'on a pris une décision
34:13qui paraît
34:13très pionnière,
34:14mais moi,
34:15ce mot m'énerve
34:15parce que je pense
34:16qu'on devrait être
34:16les derniers à le faire.
34:17La Banque Centrale Européenne
34:19rappelait l'année dernière
34:20que 72% des entreprises
34:21dépendent directement
34:22du vivant.
34:23Ce n'est pas le cas
34:23de Norcisse.
34:24Nous, on ne devrait pas
34:24être les premiers
34:25à faire ça.
34:25On le fait par conviction,
34:27on le fait parce qu'on pense
34:27qu'on anticipera mieux,
34:28mais c'est délirant
34:29qu'on soit les premiers
34:30à le faire.
34:30Et donc,
34:31ce qu'on met en place
34:31avec France,
34:32c'est peut-être pionnier,
34:33mais c'est vraiment
34:35plus le temps d'attendre.
34:36Là, on a ouvert la brèche,
34:38on voit que ça fonctionne,
34:39même en ayant des modalités
34:40qui peuvent paraître
34:40très radicales.
34:42Ce n'est pas le cas
34:43dans la mise en œuvre opérationnelle.
34:44On fonctionne très bien ainsi.
34:46On a pu faire quelque chose
34:47qu'on n'avait jamais fait avant,
34:49c'est de regarder
34:49notre chaîne de valeur
34:50et de conscientiser
34:51là où sont réellement
34:52nos impacts,
34:53même indirects,
34:53et là où sont potentiellement
34:54nos leviers d'action.
34:55Du fait de la présence de France,
34:57de ses attentes
34:58en tant qu'actionnaire,
34:58de dire,
34:59mais où se situent
35:00les impacts et dépendances
35:01sur la nature de Norcisse ?
35:02On n'en avait aucune idée.
35:03La réalité est celle-ci.
35:04En plus,
35:04on est entre eux
35:05des constructeurs d'équipements numériques
35:06et des distributeurs de logiciels
35:07qui sont des multinationales étrangères
35:09sur lesquels
35:10on n'a absolument aucune prise.
35:11Donc en fait,
35:12ce qu'on est en train de créer
35:12ensemble avec France,
35:13c'est les conditions
35:14de pérennité de Norcisse
35:15parce qu'on sera beaucoup plus
35:16en capacité d'anticipation
35:17que n'importe quel autre acteur
35:19qui continuera à fonctionner
35:20de façon silotée.
35:20Oui, mais moi je m'interroge
35:21parce que Norcisse,
35:23vous êtes quand même
35:23très engagé depuis très longtemps.
35:26Pourquoi est-ce qu'il a fallu
35:27l'arrivée de France
35:28pour aller aussi loin ?
35:29Parce que c'est un angle mort
35:31en réalité,
35:31et je suis honnête là-dessus,
35:32d'une entreprise
35:33de services numériques
35:34qui aujourd'hui
35:35n'a jamais connu
35:36de contraintes physiques
35:38environnementales
35:38à la conduite de son activité.
35:40C'est pour ça que d'ailleurs
35:41des entreprises
35:41qui font du textile
35:42ou de l'alimentaire,
35:43à mon avis,
35:43feraient bien de se bouger
35:44plus vite que nous nous le faisons.
35:46Les seuls cas
35:47que nous avons eus
35:48ces dernières années,
35:48c'était au moment du Covid,
35:49il y a eu des pénuries
35:50sur les ordinateurs
35:51parce qu'il y a eu des problèmes
35:51de chaînes d'approvisionnement.
35:52Pour le reste,
35:53aujourd'hui,
35:53notre activité
35:54n'est que très peu contrainte.
35:55Donc en réalité,
35:56on était très investis
35:57sur des causes sociales,
35:58très investis
35:58sur la réduction
35:59de notre bilan carbone
36:00depuis 2007,
36:00mais notre chaîne de valeur,
36:02nous ne l'avions pas assez considérée.
36:03C'est ça qu'on est en train
36:04de mettre en place,
36:04c'est la vraie marche supplémentaire
36:05qu'on a faite.
36:06C'est la grande difficulté
36:07par-delà l'unique cas
36:08de Norcise,
36:09c'est la grande difficulté.
36:09Je représente la nature
36:10dans d'autres contextes,
36:11notamment une association
36:12qu'on peut citer ici
36:14qui s'appelle TILT
36:15et une association
36:16qui a pour vocation
36:17à soutenir la transition écologique
36:19dans le secteur associatif.
36:21On se dit,
36:22ils y sont déjà.
36:24Les associations...
36:25Non, pas du tout en fait.
36:26Et le peu de transition écologique
36:28qu'il y a dans le secteur associatif,
36:30c'est le bilan carbone,
36:31comme tu le disais.
36:32Or, la nature,
36:32c'est bien plus complexe que ça.
36:34La nature,
36:35c'est neuf limites planétaires,
36:37c'est la forêt amazonienne,
36:38c'est les étoiles filantes,
36:39c'est les vers de terre,
36:40enfin, c'est tout ça, la nature.
36:41Donc, c'est très complexe
36:42et il faut prendre tout ça en compte.
36:43Et, long story short,
36:45si on veut respecter la nature,
36:47si on veut créer une entreprise
36:48qui respecte la nature,
36:49ça n'existe pas aujourd'hui.
36:52Même Patagonia,
36:53dont on a parlé tout à l'heure,
36:54même certaines entreprises
36:55dites régénératives,
36:57non.
36:57Toutes les entreprises
36:59abîment la planète.
37:00Et donc, c'est difficile,
37:01c'est difficile chez Norcisse,
37:03c'est difficile chez Tilt,
37:05l'association,
37:06parce qu'en fait,
37:07il faut imaginer
37:08des modèles radicalement nouveaux
37:09et que ça,
37:10je le disais tout à l'heure,
37:12ce n'est pas du jour au lendemain.
37:13Et ça tombe bien,
37:14le rôle d'un administrateur,
37:15pour mieux répondre à la question
37:16qui a été posée tout à l'heure,
37:18ce n'est pas de s'intéresser
37:19aux gestes et aux détails du quotidien,
37:22c'est de travailler
37:22sur la stratégie long terme.
37:24Donc, c'est ça le rôle
37:25d'un administrateur nature,
37:26le long terme.
37:28Vous voulez répondre,
37:28Fanny ?
37:29Non, sur le sujet
37:30du modèle associatif,
37:31puisque au sein
37:32de l'opération Millard,
37:33on est des personnes individuelles
37:35et on vient avec nos bagages
37:36de dirigeants d'entreprise
37:37ou salariés
37:38ou bénévoles,
37:39et puis nous,
37:39on est une association.
37:41Et en effet,
37:42on travaille vraiment
37:43au périmètre
37:44de ce qu'on appelle
37:44la transition juste,
37:45c'est-à-dire
37:46la réponse aux besoins essentiels
37:48dans le cadre
37:48des limites planétaires
37:49en partageant
37:50la valeur et le pouvoir,
37:51on se met bien
37:51toutes ces contraintes-là.
37:53Et en effet,
37:53les modèles entrepreneuriaux
37:55classiques
37:56comme les modèles associatifs
37:57aujourd'hui
37:57ne se posent pas toujours
37:59la question
37:59de leurs enjeux environnementaux.
38:02Et d'autant plus
38:03quand on est
38:03une association
38:04très ancrée sur le social,
38:06on se pose peut-être
38:06encore moins cette question-là.
38:07Et à l'inverse,
38:08quand on est une association
38:09très ancrée sur l'environnement,
38:10peut-être qu'on se pose
38:11moins la question
38:11des enjeux sociaux.
38:13Et donc,
38:13comment on réunit tout ça,
38:14c'est une autre façon
38:15de penser les choses.
38:17Et ce n'est pas évident,
38:18quel que soit le modèle
38:19qui soit associatif,
38:21donc qu'on pense engager,
38:22on est souvent engagé
38:23sur une cause
38:23et sans forcément
38:25voir celles qui sont autour.
38:26C'est la quadrature du cercle,
38:28soyons honnêtes,
38:29c'est très compliqué
38:29de tout réconcilier.
38:31De tout réconcilier,
38:32tout à fait.
38:33Et dans une entreprise
38:34du CAC comme Veolia,
38:35j'imagine que vous avez
38:36moins de marge de manœuvre.
38:38Quels sont vos droits ici ?
38:40Je n'ai pas sollicité
38:41la direction de la communication
38:42pour parler d'aujourd'hui.
38:44Mon collègue Nils Defraghié,
38:46qui est le secrétaire général
38:48du Conseil des Générations Futures
38:50pourrait mieux en parler que moi.
38:52Mais ce que je peux dire,
38:53c'est que Estelle Brachianov,
38:54qui est donc la CEO du groupe,
38:56a souhaité disposer
38:58d'un outil de délibération
39:00et d'expertise.
39:01On disait tout à l'heure,
39:02il est important d'avoir
39:03une intelligence collective.
39:04Et ce sont les Générations Futures,
39:06c'est-à-dire des jeunes
39:07de l'entreprise
39:08et des experts venant de l'extérieur
39:10qui vont parler.
39:11Alors, ça veut dire
39:12quoi Générations Futures ?
39:13Eh bien, ça nous oblige
39:14à nous projeter
39:15dans un siècle,
39:16dans deux siècles.
39:17et ça nous ramène finalement
39:18sur les neuf limites planétaires.
39:20Donc, le sujet de discussion
39:22est au fond le même.
39:23C'est ce qui est mis en place
39:24pour essayer d'aider Veolia
39:26dans sa mission.
39:27Parce que je rappelle
39:27que Veolia est quand même
39:29un acteur de la transition écologique
39:31du fait de son métier.
39:33Caroline, vous avez des exemples
39:34d'autres dispositifs
39:36où la gouvernance élargie fonctionne ?
39:38Il faut moins rêver.
39:40Mais si on prend l'exemple
39:41de Michelin, par exemple,
39:43donc là, c'est assez connu.
39:46Michelin, qui, somme toute,
39:47est quand même assez engagé
39:48sur ces sujets.
39:49En conseil d'administration,
39:50quand ils prennent
39:51une décision financière,
39:54ils incluent le prix du carbone.
39:56Donc, c'est un prix
39:56qu'ils ont calculé, eux.
39:57Ce n'est pas le prix classique.
39:59Et c'est ça qui va influer
40:02un investissement ou pas.
40:03Donc là, effectivement,
40:05on n'est pas encore
40:06tout le reporting extra-fi
40:08aussi important
40:09que le reporting financier.
40:11Mais c'est quand même
40:12des choses qui sont mises en place.
40:14Et puis, ça rentre dans la culture.
40:18Après, chez Interparfum,
40:20l'engagement est tout à fait correct
40:23sans être ultra-militant.
40:26Il y a un comité RSE.
40:28Moi, je préside ce comité RSE.
40:30Dans le comité,
40:31il y a le CEO.
40:33Il y a la directrice RSE
40:35et il y a la présidente
40:37du comité d'audit également.
40:39Ça, ça fait partie
40:39des bonnes pratiques
40:40qui peuvent se mettre aussi
40:41en place facilement, entre guillemets.
40:44Et est-ce qu'il existe
40:44des indicateurs
40:46qui permettent de savoir
40:47l'impact de cette participation externe ?
40:52Non, malheureusement.
40:53Non, non.
40:54C'est bien dommage.
40:56Il existe des certifications
40:58qui vont évaluer
41:01la gouvernance,
41:02le degré d'ouverture
41:04de la gouvernance.
41:04Il existe des mesures scientifiques
41:06qui vont permettre
41:07de voir dans quelles mesures
41:09on fait du bien
41:10ou du mal
41:11à la planète.
41:13Mais on arrive très vite
41:15à un certain nombre de limites.
41:16Je vais donner un exemple.
41:17Chez Norcis,
41:17on avait voulu réaliser,
41:19on peut en parler,
41:20je crois,
41:20un diagnostic.
41:21Je vais dire après.
41:21neuf limites planétaires.
41:24Neuf limites planétaires
41:25qui est le référentiel
41:26scientifique international.
41:28Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
41:29On appelle Stockholm
41:31parce que c'est à Stockholm.
41:32Ça vient de Suède.
41:33C'est au Stockholm Resilient Center.
41:35Les spectateurs
41:36ne le savent pas forcément.
41:37C'est au Stockholm Resilient Center
41:39qu'ont été formulés
41:40et validés
41:40les neuf limites planétaires.
41:41Donc, on appelle Stockholm
41:42et c'est véridique.
41:44Et là, on découvre
41:45qu'au fond,
41:46il n'existe pas d'outil
41:47pour faire un diagnostic
41:48d'une entreprise
41:49sur son impact
41:50sur les neuf limites planétaires.
41:52Dans les services,
41:52dans les activités de service.
41:53Ils ont d'abord adressé
41:54des industries lourdes
41:55et c'est logique
41:55là où il y a le plus d'impact
41:56mais c'est vrai
41:57que dans les activités servicielles.
41:58C'est souvent le cas.
42:00On a souvent plus de difficultés
42:01à mettre des impacts
42:03et à comprendre
42:04et à anticiper
42:05ces impacts sur le service.
42:07Donc, faire le lien
42:07entre gouvernance
42:08et puis ensuite un impact
42:10qu'on a parfois
42:10du mal à mesurer,
42:12ben non,
42:12c'est très compliqué
42:13malheureusement aujourd'hui
42:14d'autant plus
42:14qu'entre l'un et l'autre
42:16il y a des corrélations
42:17mais pas forcément
42:18des causalités.
42:19Voyez-vous,
42:20ce n'est pas parce qu'on change
42:22un point que l'autre.
42:24Après, ce qui peut être intéressant
42:25dans les chiffres,
42:26si on revient à l'économie sociale
42:28et solidaire dans son ensemble
42:29puisqu'on a parlé
42:30des coopératives,
42:30j'ai parlé un peu
42:31des associations,
42:32l'ESS dans son ensemble
42:33est plus large
42:34et aussi les entreprises
42:35commerciales de l'ESS.
42:36On a quand même
42:37des chiffres qui nous disent
42:38que leur pérennité
42:39à 5 ans est supérieure
42:40à des entreprises classiques.
42:41Donc, il y a quand même
42:42un sujet sur,
42:43dès qu'on se pose la question
42:44de son utilité sociale
42:45et du partage du pouvoir
42:48puisque c'est le principe
42:49de l'économie sociale
42:50et solidaire,
42:50on a quand même
42:51une pérennité
42:52de durée de vie
42:53des entreprises
42:54qui est supérieure à 5 ans.
42:55Donc, ça ne lit pas tout
42:57et voilà,
42:58mais ça donne des indices
43:01sur le fait
43:02que ça permet
43:03de durer plus longtemps.
43:05Et au sein de l'entreprise,
43:07pour faire vivre
43:08cette gouvernance
43:09plus ouverte,
43:10est-ce qu'il y a
43:10des nouveaux rôles
43:11qui apparaissent
43:12de nouveaux métiers,
43:14des facilitateurs ?
43:15Alors,
43:16ce n'est pas tant
43:18qu'il y a des nouveaux rôles
43:18qui apparaissent.
43:20Déjà, il y a
43:20les directions RSE
43:21que moi, je trouve
43:22formidables,
43:23essentielles,
43:24qui existent
43:24depuis bientôt 30 ans,
43:27qui ont joué
43:28un rôle
43:29quand même
43:29assez puissant
43:30sur le sujet
43:31et qui continuent.
43:32mais après,
43:34c'est plus
43:34l'intégration
43:35de ces sujets
43:37dans les process RH.
43:39C'est-à-dire,
43:40à la fois,
43:40il y a la formation,
43:41la sensibilisation.
43:43Enfin,
43:44la fresque
43:46pour le climat,
43:46c'est quand même
43:47un outil
43:48alors qu'on connaît tous,
43:49on se dit
43:49c'est ringard et tout,
43:50mais ça a eu
43:51un effet quand même
43:52assez incroyable.
43:52Vous pouvez peut-être
43:52vous rappeler
43:53pour nos téléspectateurs
43:54brièvement
43:54de quoi il s'agit ?
43:56Qui veut expliquer
43:56la fresque ?
43:57La fresque,
43:58en fait,
43:58c'est comment on rend
44:00plus facilement accessible
44:02les enjeux climatiques
44:03et quand je dis
44:04plus facilement accessible,
44:05c'est que le principe
44:05de la fresque,
44:06c'est qu'on va avoir
44:07un atelier
44:08où on va chercher
44:09nous-mêmes
44:09les définitions,
44:11mettre en corrélation
44:11les impacts
44:12les uns avec les autres
44:13et donc c'est par la pratique,
44:14c'est un peu du Montessori
44:15pour adultes,
44:15c'est par la pratique
44:20qu'on va comprendre
44:21quels sont les enjeux
44:22et donc la fresque
44:23est un outil
44:23de sensibilisation
44:24aux enjeux climatiques
44:25qui est maintenant
44:26très largement développé,
44:27il y a des tas de fresques
44:28sur des tas de sujets
44:29mais c'est comment
44:29on apprend autrement
44:30sur des enjeux
44:31qui peuvent être complexes.
44:31Il y a plus d'un million
44:32de personnes qui ont suivi.
44:33Oui, c'est ça.
44:34Après, une fois
44:35qu'il y a la sensibilisation,
44:36c'est déjà déterminer
44:37les métiers
44:38qui sont le plus impactés
44:40par ces sujets
44:41parce qu'on ne peut pas
44:42transformer tous les métiers
44:43d'un coup,
44:44donc c'est déterminer cela
44:48et adapter la formation
44:49mais aussi l'évaluation
44:51et la rémunération
44:52parce que si on est évalué
44:54seulement sur ce qu'on vend,
44:57le cash qu'on ramène
44:58ou le cash qu'on dépense,
45:00etc.
45:00et qu'on dit en même temps
45:03occupe-toi de la nature,
45:05etc.
45:05ça a des limites.
45:08C'est que dans l'évaluation
45:09des salariés,
45:10le sujet RSE
45:12a besoin d'être davantage présent.
45:14Et opérationnaliser,
45:16vraiment concrètement
45:17ce que ça veut dire
45:17dans mon métier,
45:19les enjeux climatiques, etc.
45:20C'est pour ça que,
45:21commencer par tous les métiers
45:22en même temps,
45:23je trouve ça difficile
45:24parce qu'à nouveau,
45:25il y a cette notion
45:26de conduite du changement
45:27mais déterminer
45:28les plus impactés
45:29dans un premier temps
45:30et aller petit à petit.
45:31On parle de la transformation
45:32du terrain,
45:33c'est important
45:33mais par rapport
45:34au nouveau métier,
45:35j'aimerais en citer un
45:36qu'on n'a pas trop évoqué
45:37mais qui, je pense,
45:38va vous plaire,
45:39c'est l'actionnaire.
45:41On en parle de très loin
45:42depuis tout à l'heure
45:43comme un méchant actionnaire
45:45qui viendrait d'outre-Atlantique
45:47et qui viendrait dévorer
45:48les pauvres économies.
45:49On a dit que ça pouvait
45:50être des salariés
45:51de l'entreprise aussi,
45:52c'est pas vrai.
45:53Je sais,
45:53mais en fait,
45:54il y a de plus en plus
45:57d'actionnaires activistes
45:58et j'aimerais quand même
45:59souligner leur rôle
46:00parce que dans les assemblées
46:04générales du CAC 40
46:05ou ailleurs,
46:05nous voyons de plus en plus
46:07de structures
46:08qui sont investisseuses,
46:09qui détiennent des actions
46:11et qui vont tenter
46:12de changer l'agenda stratégique
46:14des entreprises.
46:14Alors,
46:15ce n'est jamais
46:15un actionnaire majoritaire,
46:17le droit ne va pas
46:18dans leur sens
46:19mais toutefois,
46:20ce sont quand même
46:21des acteurs qui existent
46:22et ces actionnaires activistes
46:24sont peut-être minoritaires
46:25au CAC 40
46:25mais derrière,
46:26ils ont quand même
46:26des fonds pour ensuite
46:28dans l'économie réelle
46:29comme on dit,
46:30donc dans les TPE et PME,
46:31investir et là,
46:33changer la donne.
46:33Et ça,
46:34c'est quand même
46:34un mouvement
46:35qu'il faut souligner,
46:36les actionnaires
46:36sont aussi nos alliés.
46:38Et c'est une des cibles
46:39majeures de l'opération
46:41milliard.
46:41En fait,
46:41l'opération,
46:42elle se crée
46:42parce qu'il y a aujourd'hui,
46:44je le disais déjà,
46:45des organisations
46:45de la transition
46:46qui oeuvrent déjà
46:47sur les impacts sociaux,
46:49environnementaux
46:49et de la gouvernance,
46:50elles existent
46:51et en fait,
46:51dès qu'il faut se financer,
46:53il y a une limite.
46:54Pourquoi ?
46:54Parce qu'on ne comprend pas
46:55trop ce qu'elles font
46:56ou ça fait un peu peur
46:57ces histoires
46:58ou elles ne crachent pas
47:00du cash à 12% par an
47:01et donc ça ne nous intéresse pas.
47:03Et donc,
47:03ce sujet de
47:05le financeur,
47:06l'investisseur,
47:07l'actionnaire,
47:08au-delà de poser
47:09les questions
47:09en matière de RSE,
47:10comment dans ses propres pratiques
47:12va changer des choses
47:14pour financer,
47:15alors nous on dit
47:15pour financer
47:16ce qui compte vraiment,
47:17c'est-à-dire
47:17ces organisations
47:18qui vraiment
47:19font la transition juste.
47:20et la difficulté là-dedans
47:22et c'est pour ça
47:23que nous on crée
47:23un fonds d'investissement
47:25qui s'appelle
47:26le fonds de développement
47:27de la transition juste
47:28avec l'opération Milliard,
47:29c'est pour montrer
47:30que ça peut fonctionner,
47:31qu'il peut y avoir
47:32des investisseurs
47:33qui sont intéressés,
47:34qu'on peut financer
47:35ces organisations.
47:36Et justement,
47:36vous avez un exemple
47:36de projet à nous donner
47:37que vous financez ?
47:38En fait,
47:39on lève des fonds
47:40pour l'instant
47:40mais une fois qu'on aura
47:42les projets à identifier,
47:44on lève des fonds,
47:45on a un objectif
47:47d'abord de 50
47:48puis de 100 millions
47:49pour cette année
47:50et vraiment,
47:51on va investir
47:52dans des coopératives
47:54de type
47:55la coopérative Belleville,
47:56je ne sais pas
47:56si vous connaissez
47:57la coopérative Belleville
47:58mais qui aujourd'hui
47:58a des projets
47:59d'immobiliers sociaux
48:01tout en prenant en compte
48:02son impact environnemental
48:04et c'est une coopérative
48:05donc en travaillant
48:05sur le partage du pouvoir.
48:07On a des financements
48:09pareil sur le sujet énergétique,
48:11on peut avoir
48:12comment on va financer
48:13et ça c'est un outil
48:14aussi de financement
48:14qu'on connaît peu
48:15mais le titre associatif
48:16qui est comment
48:17par des formes
48:18d'investissement
48:19on peut renforcer
48:20les fonds propres
48:21des associations
48:22et donc leur permettre
48:23d'investir
48:24elles aussi
48:25et donc il y a des associations
48:26qui nous intéressent
48:27il y a des tas de lieux
48:28partout en France
48:29aussi qui font des choses
48:30on pense au Moulin du Pont-Rue
48:32par exemple
48:32qui est un moulin
48:33qui a été repris
48:34pour accueillir
48:34des personnes
48:35soit des femmes
48:36en situation de violence conjugale
48:37soit des personnes
48:38exclues de la société
48:39pour les réinsérer
48:40donc ça va être
48:41des tas de projets
48:42et qui sont souvent
48:43d'ailleurs à une maille
48:44très territoriale
48:45donc on ne les connaît pas
48:45très bien
48:46niveau grand public
48:47parce qu'en fait
48:48c'est des organisations
48:50associations
48:50entreprises
48:50qui oeuvrent
48:51sur leur territoire
48:52à faire vivre
48:53leur territoire
48:53à créer de l'emploi
48:54à créer de la richesse
48:55à partager la valeur
48:57à limiter leurs impacts
48:58environnementaux
48:58donc c'est ça qu'on veut financer
49:00ça si je puis me permettre
49:00c'est vraiment intéressant
49:01parce qu'il y a énormément
49:03d'initiatives
49:04de fonds
49:04qui investissent
49:05sur des entreprises
49:06de la transition écologique
49:08parce que quelque part
49:09il y a toujours peut-être
49:10un moyen de gagner
49:11beaucoup d'argent derrière
49:12alors que là
49:13on est vraiment sur
49:14des coopératives
49:15où il y a une ambition
49:16de long terme
49:18beaucoup plus intéressante
49:19aujourd'hui c'est facile
49:19de se faire financer
49:20c'est une entreprise
49:21de la tech environnementale
49:22ça il y a des fonds pour ça
49:24on va faire de l'argent
49:25avec ça
49:25c'est pas un problème
49:26mais dès qu'on se repose
49:27la question du partage
49:28de la valeur
49:28de la création de valeur sociale
49:30on trouve quand même
49:31moins d'investisseurs
49:32alors qu'en fait
49:32c'est des entreprises
49:33qui existent
49:35qui fonctionnent
49:36nous notre pipe
49:36il a 3-4 ans d'existence
49:38donc c'est des entreprises
49:39qui déjà ont des salariés
49:40du chiffre d'affaires
49:41de la rentabilité
49:42Alix sur ces nouveaux métiers
49:44il y en a peut-être un
49:44qui est un pari d'avenir
49:45d'ailleurs ça m'est venu
49:46en écoutant tout le monde
49:47mais en fait
49:48pour œuvrer sur les territoires
49:50coordonner
49:51dé-siloter l'entreprise
49:52en fait peut-être
49:52qu'il va émerger un métier
49:53de chief corporation officer
49:55qui viendrait mettre en œuvre
49:57mettre en musique
49:58réunir les parties prenantes
49:59autour de la table
49:59parce qu'on a parlé
50:00depuis le début
50:00de décloisonner l'entreprise
50:02de dé-siloter les parties prenantes
50:03de les intégrer
50:04dans les décisions
50:05et ça c'est un sacré métier
50:07que de réussir
50:08à créer de la confiance
50:09à créer de l'engagement
50:10à être transparent
50:12à être humble aussi
50:13dans cette intention-là
50:14et je pense que s'il y a des choses
50:15ça veut dire quoi
50:15créer du lien
50:16ça veut dire de faire en sorte
50:17que l'entreprise
50:18ne soit plus silotée
50:19entre ses murs
50:19et extrait de la matière
50:21pour la transformer en richesse
50:22mais de réunir autour de la table
50:24les parties prenantes
50:24pour travailler ensemble
50:25alors il y a quand même
50:27c'est déjà un métier
50:28alors ça existe peut-être déjà
50:29mais il n'est peut-être pas
50:30il y a quand même des gens
50:30très bien
50:31très compétents
50:32qui font du dialogue
50:33partie prenante
50:34un métier dont l'intitulé
50:35le même
50:36alors il n'y a pas de
50:37direction des relations de public
50:39non
50:40non
50:41mais qu'elle est
50:41des comités de parties prenantes
50:42responsables du dialogue
50:44partie prenante
50:44et souvent
50:45j'en connais pas beaucoup
50:46dans les coopératives
50:47ça s'appelle
50:47les responsables de la vie
50:48coopérative
50:48souvent c'est des profils
50:49passionnants
50:49parce qu'ils sont vraiment
50:51à la croix des mondes
50:51c'est des gens qui ont travaillé
50:52en association
50:53qui comprennent le monde
50:54qui comprennent le monde
50:56du business aussi
50:57exactement
50:57qui ont pu travailler aussi
50:59au niveau de l'état
51:00donc ça existe
51:02et il y a des profils comme ça
51:03qui ont ces envies
51:03et des standards
51:04qui vont dans le sens
51:05de ces nouvelles façons
51:06d'entreprendre
51:07et de coopérer
51:08les nouveaux standards de Bicor
51:09par exemple
51:10intègrent une très forte dimension
51:11sur la prise en compte
51:12de la vie des parties prenantes
51:13sur des mécaniques
51:14de remontée
51:15de concertation
51:15voire de réclamation
51:17et sur le fait
51:18qu'au sein des directions générales
51:19il y ait des mécanismes
51:20de consultation direct
51:22avec les parties prenantes
51:23ça ça va être
51:24un des nouveaux fondements
51:24des standards Bicor
51:25qui prouve une fois de plus
51:26que ce qu'on est en train
51:26de dire là
51:27c'est l'avenir
51:28et ça tombe bien
51:29parce que les Nations Unies
51:30elles-mêmes
51:31recommandent depuis
51:32plusieurs décennies
51:33d'ouvrir la gouvernance
51:35des entreprises
51:35c'est le Global Compact
51:37que vous connaissez
51:38donc il est temps
51:38d'y passer
51:39merci à tous les quatre
51:41on passe à notre
51:41dernière séquence
51:47et comme à chaque fois
51:48on termine avec
51:49le pari d'avenir
51:50un moment pour découvrir
51:51une initiative
51:51un outil
51:52ou un événement
51:53qui inspire
51:54et Thomas
51:55c'est toi qui commence
51:55oui voilà
51:56une fois n'est pas coutume
51:56d'habitude je clôture
51:57aujourd'hui
51:57j'ai ouvert ce pari d'avenir
51:59alors dans l'édito
52:00j'ai évoqué le fait
52:01qu'il était temps
52:01de passer d'une économie
52:02actionnariale
52:03à une économie partenariale
52:04et si je pense
52:05qu'une économie
52:06ou un capitalisme partenarial
52:07aura encore du mal
52:08à voir le jour
52:09à court terme
52:09pour différentes raisons
52:10qu'on a d'ailleurs
52:10un petit peu évoqué
52:11aujourd'hui
52:12il semble évident
52:12qu'il faut que le monde
52:13de l'entreprise
52:14fonctionne avec beaucoup
52:15plus de démocratie participative
52:17qui est d'ailleurs
52:17un des fondements
52:18du modèle coopératif
52:19dont Fanny a pu parler
52:20et donc le pari d'avenir
52:21c'est que de plus en plus
52:22d'entreprises
52:23parce qu'elles en auront
52:24directement intérêt
52:25vont créer les conditions
52:26pour que évidemment
52:27les salariés
52:27mais plus largement
52:28des parties représentatives
52:30de communautés
52:30qu'elles affectent
52:31vont pouvoir avoir
52:33voix au chapitre
52:33et pas uniquement
52:34dans des logiques
52:35de boîte à idées
52:35mais dans des vraies mécaniques
52:36de décision participative
52:37avec des modalités de vote
52:39avec des droits de vote
52:40peut-être des droits de veto
52:40sur certains sujets
52:41parce qu'il est clair
52:43compte tenu du contexte
52:44dans lequel on évolue aujourd'hui
52:44que ce sera une condition
52:45sine qua non
52:46de la pérennité des entreprises
52:47Merci Thomas
52:48Caroline
52:49Alors de façon plus légère
52:50moi je voudrais parler
52:51de la Climate House
52:53c'est un espace
52:54à la fois de
52:56Ah pardon
52:56Non il n'y a pas tout ça
52:57c'est très bien
52:58c'est tellement bien
52:58c'est un espace de co-working
53:00qui rassemble
53:01les acteurs
53:01de la transition
53:03écologique et sociétale
53:04donc installé à Paris
53:05depuis un peu plus d'un an
53:07et qui aujourd'hui
53:07est en train de s'installer
53:08à Bordeaux également
53:09Merci beaucoup
53:11Fanny
53:12Alors moi en effet
53:13j'allais parler de coopératives
53:15J'en ai pas dit beaucoup
53:16pour laisser à César
53:17ce qui lui appartient
53:18En fait
53:19aujourd'hui
53:20dans une façon
53:21de s'impliquer
53:22en tant que citoyen
53:23directement
53:24il y a aussi
53:24certaines coopératives
53:25qui ouvrent leur capital
53:26qui vous permettent
53:28de
53:29les financer
53:30en partie
53:31et on en a parlé
53:32l'enjeu du financement
53:33est un enjeu crucial
53:34et aujourd'hui
53:35vous avez
53:36par exemple
53:37Enercop
53:37qui a fait
53:38une grande levée
53:39de fonds citoyenne
53:40pour pouvoir
53:41financer sa infrastructure
53:42sur des sujets
53:42de l'énergie
53:43mais vous avez aussi
53:44des moyens
53:45d'acheter
53:46auprès de coopératives
53:47c'est par exemple
53:48le cas de vous doter
53:49d'amendements téléphoniques
53:51chez Télécope
53:52par exemple
53:52aussi
53:53et qui repense
53:54au-delà
53:55du modèle
53:56de participation
53:57et de qui a le pouvoir
53:59de quoi
53:59de décider dans l'entreprise
54:01qui est quand même
54:01le modèle coopératif
54:02aussi la façon
54:04dont on s'approvise
54:05d'un énergie
54:05dont on pense
54:06sa consommation téléphonique
54:08avec Télécope
54:09j'en parlais
54:09etc
54:09et ces modèles coopératifs
54:11c'est aussi des façons
54:12d'innover sur
54:12produire et consommer
54:14autrement
54:14et je trouve que c'est
54:15intéressant
54:15d'aller chercher
54:17du côté
54:17de ces entreprises là
54:18je me permets
54:18de parler sur Télécope
54:19parce qu'il y a un modèle
54:20qui est extrêmement intéressant
54:21en termes du point de vue
54:22du consommateur
54:23on a tous des forfaits
54:24à beaucoup de gigas
54:25on ne consomme pas
54:26le tiers
54:27voire le quart
54:27et donc Télécope
54:29par exemple
54:29permet de rétribuer
54:30la partie des data
54:31qui ne sont pas consommées
54:31soit pour financer
54:32des assos
54:33soit pour avoir une cagnotte
54:34pour ensuite faire réparer
54:35son smartphone etc
54:36et là on touche à la fois
54:37des modèles de gouvernance
54:39qui sont bien plus participatifs
54:40mais aussi je trouve
54:40du point de vue du consommateur
54:41quelque chose
54:42qui a vraiment de la valeur
54:43c'est pas uniquement
54:43un engagement sociétal
54:44je pense que c'est intéressant
54:45pour le consommateur
54:48Frantz
54:48vous me voyez venir
54:50ce n'est pas d'humain
54:51que je vais parler
54:52mais plutôt de nature
54:53et mon pari d'avenir
54:54c'est un fleuve
54:56alors pourquoi un fleuve
54:57parce qu'aujourd'hui
54:58on a beaucoup parlé
54:59de donner une voix
55:00à la nature
55:01de donner des droits
55:02de vote
55:03dans les conseils d'administration
55:04on a parlé peut-être aussi
55:06de droits de la nature
55:07c'est un sujet
55:07de plus en plus à la mode
55:08mais il y a un fleuve
55:10sur la planète
55:11qui fonctionne autrement
55:12c'est le fleuve
55:13Wanganui
55:13en Nouvelle-Zélande
55:14ce fleuve est non seulement
55:17détenteur de droits
55:18mais il est aussi devenu
55:19personne juridique
55:20et plus important
55:21il a récupéré
55:22la propriété de son corps
55:24je m'explique
55:25Alex si je vous dis
55:26vous avez des droits
55:27super
55:28vous êtes une personne
55:29juridique
55:29super
55:29mais si votre corps
55:30ne vous appartient pas
55:31à quoi bon avoir des droits
55:33et bien ce fleuve
55:34dispose de ses droits
55:35de sa propriété
55:36et le texte de loi
55:38et j'en terminerai là
55:39dit que ce fleuve
55:40peut commercialiser
55:41les biens et les produits
55:43qu'il fournit
55:45sous titre
55:46il peut devenir
55:47une entreprise
55:48et peut-être que l'entreprise
55:49de demain
55:49sera une entreprise naturelle
55:51et les humains
55:51seront à son service
55:55on peut pas parler
55:56de financiarisation
55:57de la nature
55:58on peut ouvrir
55:58un nouveau débat
55:59je pense
55:59avec cette conclusion
56:00de France
56:00merci France
56:02pour ce mot de la fin
56:02merci pour ces
56:03quatre paris d'avenir
56:04merci donc à Caroline Renou
56:06présidente du groupe
56:07Birdéo
56:08fondatrice de
56:09People for Impact
56:10Fanny Bernard
56:11directrice générale
56:12de l'opération
56:13Milliard
56:14et vous
56:14France Go
56:15fondateur
56:16de la fondation
56:17Vivoïs
56:18et merci à toi
56:19Thomas bien sûr
56:19merci à Alexis Mathieu
56:21aux manettes
56:22de cette émission
56:23à très bientôt
56:24sur Bismarck for Change
56:25àôt
56:29keynote
56:30continue
56:34– Sous-titrage FR 2021
Commentaires

Recommandations