00:04Et place au scan, Hervé, pour toi c'est évident, la désinformation médicale vient des réseaux sociaux.
00:09Alors en partie, c'est évident que c'est le plus simple, Boris en a parlé,
00:12c'est tellement simple de raconter n'importe quoi planqué derrière son écran sans contradicteur,
00:17on balance un gros truc, plus c'est gros, plus ça passe, ça me fait des followers et ça fait
00:21du buzz formidable.
00:23Mais pas que, les réseaux sociaux, on ne parle que de ça,
00:25mais je voudrais juste attirer l'attention de nos téléspectateurs sur le fait que ça a toujours existé.
00:30Oui, et aujourd'hui tu t'interroges sur l'intérêt de diffuser de fausses nouvelles.
00:33L'intérêt, alors l'intérêt, on en a un peu parlé, l'intérêt historique,
00:37pour ne pas prendre des exemples sur lesquels on pourrait attaquer des personnes encore vivantes,
00:41mais est-ce que vous vous souvenez qu'au 19e siècle, quand le Coca-Cola s'est lancé avec un
00:46argument d'autorité,
00:47un tonic fabriqué par un pharmacien avec une indication médicale,
00:52c'était on est fatigué, on a des troubles nerveux, ça marchait hyper bien, les patients étaient addicts.
00:57Pourquoi ils étaient addicts ? Déjà parce qu'il y a une addiction au sucre,
01:00il y a quand même 104 grammes par litre, donc ça, personne ne va me contredire.
01:04Puis je crois qu'il y avait aussi un peu de cocaïne et de caféine.
01:07Donc bon cocktail, et ça a évidemment pris.
01:11Et la question est pourquoi ?
01:13Vous savez le chiffre d'affaires de Coca-Cola dans le monde en 2025 ?
01:1647 milliards de dollars, ça répond à la question, non ?
01:19Alors vous en voulez un autre dans le même genre ?
01:21Autre argument d'autorité, début du XXe siècle, des médecins recommandaient le tabac.
01:27Le tabac qui avait des indications.
01:29On disait c'est bon contre l'asthme, ce qui est quand même formidable.
01:32L'asthme, le stress, l'envie, tout ça.
01:35Et en fait, les fake news de l'époque utilisaient des médecins dans les pubs.
01:39Et on avait les pubs de Lucky Strike qui disaient
01:42une population de plus de 20 000 médecins ont déclaré qu'ils préféraient les Lucky Strike
01:47parce qu'elles sont moins irritantes que les autres cigarettes.
01:49Ils n'ont jamais interviewé un médecin, quoi.
01:51Et Kamel, aux années 50, qui disait
01:53« Ma marque est plus sûre, c'est la cigarette préférée des médecins. »
01:57Et jamais un médecin n'avait donné son aval à cette connerie.
01:59Mais c'était quand même formidable.
02:00Donc c'était l'argument d'autorité.
02:01On balançait ça.
02:03Donc autre question, quelle est la taille du marché mondial des produits du tabac ?
02:071 000 milliards de dollars en 2025.
02:09Peut-être que ceci explique cela.
02:11Il y a aussi le vin à la cantine.
02:13Ah, le vin à la cantine, formidable.
02:15Je ne sais pas si vous vous souvenez qu'il a quand même fallu attendre
02:181956 pour que ça soit interdit chez les moins de 14 ans
02:20et 1980 pour que ça soit interdit aux collèges et aux lycées.
02:24Tu as 14 ans.
02:26Vin, cidre, enfin tout un tas de trucs, la bière et tout ça.
02:28Il faut dire qu'à l'époque,
02:29comme il y avait un problème d'importation de vin à partir d'autres pays,
02:33il fallait défendre le patrimoine viticole français
02:35et c'est un peu terrible, je veux dire,
02:37recruter les futurs consommateurs de demain.
02:40C'était dit.
02:41Et bien, c'était à chaque fois, moi, ce qui m'intéresse,
02:42c'est-à-dire que c'est une désinformation, évidemment, médicale,
02:44mais je comprends l'objectif.
02:46Donc là, c'est clair, je ne sais pas que je cautionne, je partage.
02:49Et pourtant, certaines fake news ne profitent à personne,
02:51elles n'enrichissent personne.
02:53Alors, pourquoi tourne-t-elle ?
02:55Alors, il y en a certaines, je pense que c'est l'ego.
02:57On a vu des grands professeurs de médecine
02:59raconter n'importe quoi au moment de la pandémie Covid.
03:02Qui donc ?
03:02Je ne sais pas, un Marseillais, je crois, assez connu,
03:05qui voulait absolument prendre la lumière et devenir important.
03:08C'est sûr qu'il est passé pour un génie,
03:10pas auprès du Conseil de l'Ordre.
03:12Et donc, je parle de Didier Araux, tout le monde avait compris.
03:15Mais je pense que là, c'est de la mégalomanie.
03:16C'était le besoin d'exister dans les médias.
03:20On a parlé des vaccinosceptiques.
03:22Alors là, j'ai plus de problèmes,
03:24parce que je comprends l'émotion Big Pharma et tout ça.
03:27Ils sont vachement créatifs quand même.
03:29Pourquoi est-ce que Bill Gates irait mettre des puces dans les vaccins
03:32pour prendre le contrôle de nos cerveaux ?
03:34Non, il faut quand même le trouver.
03:35Et pourquoi les vaccins activeraient la 5G de nos téléphones ?
03:39Non, mais c'est dément, quoi.
03:40Et ça marche, moi je l'ai entendu.
03:42Qu'on dise, j'ai peur, un vaccin à l'ARN,
03:44ça va bousiller mon ADN, c'est complexe.
03:47Je peux comprendre qu'il y a une confusion.
03:49Mais voilà, c'est infini comme champ de la désinformation.
03:52Et alors, in fine, pourquoi le domaine de la santé est-il si concerné ?
03:55Boris en a parlé, c'est l'émotion.
03:57On a peur.
03:58On ne maîtrise pas la maladie, la mort et tout ça.
04:01Donc effectivement, dès qu'on nous ment pour nous faire du bien,
04:05c'est une bonne nouvelle.
04:06Et pour finir, je vous rappelle une phrase de Voltaire qui dit
04:10« J'ai décidé d'être heureux en écoutant que ce qui est bon pour ma santé ».
04:15Merci beaucoup Hervé.
04:17Boris Ancel, vous abondez.
04:18Comment est-ce que vous expliquez, comme ça,
04:20que certaines idées fausses continuent de circuler,
04:24même quand les preuves scientifiques sont claires ?
04:26Je pense que tout a été dit.
04:28Il y a l'intérêt financier et l'intérêt légal de certains.
04:33Et puis, il y a aussi, parfois, et ça on le sait moins,
04:39des sectes derrière.
04:40Ça, on le dit assez peu.
04:42Oui, c'est-à-dire ?
04:43L'émivilude, vous savez, la mission de lutte contre les dérives sectaires,
04:48quand elle regarde de très très près,
04:50on se rend compte qu'il y a des incointances
04:51entre certains influenceurs et certaines sectes.
04:54Ça, c'est beaucoup plus difficile à détecter.
04:56mais ça existe.
04:57Donc, c'est des croyances, en fait.
04:59Donc, il y a la croyance.
05:00Et puis, évidemment, derrière, il y a aussi un gourou qui se fait de l'argent.
05:02Mais je pense que l'argent pour soi, pour vendre un produit,
05:08le buzz, l'ego et les croyances, on va dire,
05:15je pense que ça explique l'essentiel de la désinformation.
05:20Merci beaucoup.
05:21Merci à vous.
05:22Merci Boris Ancel, professeur endocrinologue et nutritionniste.
05:26à l'hôpital d'Icha, cofondateur de la chaîne Pums.
05:30Merci.
05:30Avec Jean-Julien Solic et le professeur Patrick Nataf,
05:33qu'on mentionne, qui travaille avec moi.
05:35Merci beaucoup.
05:35Merci à vous.
05:36On passe à la pépite santé.
05:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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