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  • il y a 6 jours
Vendredi 13 mars 2026, retrouvez Loïc Bénétière (Co-fondateur, Ceysson & Bénétière) et Anne-Cécile Hervé (Directrice, Lille Art Up!) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Arrêt Marché, l'émission qui vous ouvre les portes du marché de
00:13l'art.
00:13Et en première partie d'émission, nous nous sommes rendus à Saint-Etienne, dans le département de Loire, en Auvergne
00:19-Rhône-Alpes,
00:20pour découvrir la galerie Cesson à Béniettière, qui fête ses 20 ans.
00:24Une galerie internationale qui a ouvert des espaces à Paris, à New York ou encore à Tokyo, mais qui garde
00:29un ancrage régional fort.
00:32En seconde partie d'émission, nous échangeons avec la directrice de l'île Art-Up, Anne-Celcile Hervé,
00:37pour la 18e édition de la Foire, qui investit à nouveau le Grand Palais de l'île.
00:41On en parle tout de suite dans Arrêt Marché, c'est parti.
00:48De Saint-Etienne à New York, en passant par Tokyo, en 20 ans, la galerie Cesson et Béniettière,
00:54s'est construite une place sur la scène artistique internationale, pourtant tout a commencé dans la Loire, en Auvergne-Rhône
01:00-Alpes.
01:01Comment cette galerie a-t-elle réussi à s'exporter aux quatre coins du monde,
01:05tout en restant profondément attachée à son territoire, rencontre avec l'un de ses fondateurs ?
01:11L'école des Beaux-Arts a toujours été extrêmement active à Saint-Etienne et a créé des générations d'artistes
01:15très conséquentes,
01:15dans les années 80 notamment, Otoniel, Favier, Pifaretip, pour citer des exemples.
01:20Le musée et les musées de Saint-Etienne, Bernard Cesson avait repris dès 1974 le musée d'art de l
01:25'industrie,
01:25qu'un des premiers musées au monde à avoir montré Franck Stella.
01:28Le musée d'art moderne, bien sûr, que Bernard a inauguré en 87, est encore très actif, deuxième collection de
01:33France.
01:33Donc, on va dire que l'art infuse dans la culture stéphanoise et fait assez partie de la vie ici.
01:39En 2006, un petit local s'est libéré dans une petite rue un peu crasseuse de Saint-Etienne.
01:44On a pris ce petit lieu et on a fait une expo pour essayer.
01:47Mais au départ, on s'est dit on va voir ce que c'est.
01:50On ne savait pas du tout ce que c'était d'être galeriste et vraiment pas d'ailleurs, pour vous
01:53dire.
01:54Donc, on a fait cette première exposition de Claude il y a 20 ans.
01:57Et on a été heureusement surpris de voir qu'on en vendait quelques-unes.
02:01On s'est dit que ce métier a l'air intéressant quand même.
02:03Et puis, assez rapidement, on a développé et on s'est un peu spécialisé là-dedans, même si au début,
02:07on continuait un peu le commissariat et l'édition à côté.
02:10Et après, naturellement, les lieux se sont enchaînés.
02:12C'est-à-dire qu'on a ouvert deux ans après au Luxembourg pour, pareil, des raisons de connaissances et
02:16de marché.
02:17Après, on a ouvert à Paris, on a ouvert en Suisse, on a ouvert après à New York, à Tokyo,
02:22etc.
02:23Mais les choses se sont faites de manière très naturelle.
02:25On a beaucoup invité des artistes américains en Europe.
02:27Notamment, on a monté une résidence en Auvergne où ils peuvent venir travailler, etc.
02:31Donc, on fait régulièrement ce pont-là.
02:33Et notre galerie new-yorkaise a aussi servi très longtemps à accueillir des expositions d'artistes français.
02:37Il y a vraiment cette idée de bouger un petit peu, que les gens se reconnaissent et se croisent.
02:42On a eu aussi l'opportunité de créer ce très grand lieu qu'on a fait sortir de terre en
02:462021,
02:47dont on est propriétaire et qui est notre navire amiral, où on a concentré notre siège sociale, notre comptabilité, notre
02:53logistique.
02:54On veut garder cet ancrage aussi parce que ça crée une spécificité de la galerie.
02:57Ça crée aussi une possibilité de faire des expositions extraordinaires dans une ville qui est très identifiée quand même pour
03:02l'art contemporain,
03:03avec un musée très actif.
03:05Et puis, c'est assez paradoxal, mais on a une galerie à Paris depuis presque 14 ans.
03:10Et les gens nous assimilent encore vraiment beaucoup plus comme des Stéphanois.
03:13Et donc, on ne va pas renier notre spécificité.
03:16En fait, cette galerie, quand on l'a créée, on changerait peut-être quelque chose aujourd'hui,
03:21mais était un peu l'aboutissement de nos réflexions sur ce qu'on voulait que soit une galerie,
03:25c'est-à-dire des grandes salles très efficaces, aussi des lieux d'accueil, de restauration, etc.
03:29Il y a aussi une lecture commerciale très claire, c'est-à-dire qu'il y a énormément de collectionneurs
03:35en région.
03:35Les gens sont très actifs aujourd'hui, ont peut-être moins le temps qu'avant de faire les foires, de
03:41se déplacer, etc.
03:42Et nous, on a fait le pari qu'il ne fallait pas forcément attendre que les gens se déplacent à
03:46Paris ou sur les foires pour découvrir les œuvres
03:48et qu'au contraire, ils seraient heureux qu'on leur les amène.
03:50Saint-Etienne, c'est vrai qu'on y a fait nos armes depuis longtemps, on est assez connus ici, on
03:54est assez identifiés.
03:55Mais aujourd'hui, bon, le marché a explosé, c'est-à-dire qu'en termes géographiques, j'entends.
04:00C'est-à-dire que là, sur l'exposition de Vialla, peut-être la moitié des œuvres qui seront vendues
04:04ne seront, voire les trois quarts, pas des Stéphanois.
04:10A Lille, la foire Lille Artup s'est imposée au fil des années comme un rendez-vous majeur de l
04:15'art contemporain en région.
04:16Je suis ravie de recevoir en plateau la présidente de l'une des plus grandes foires d'art contemporain français,
04:22hors de Paris.
04:23Anne-Cécile Hervé, vous êtes directrice de Lille Artup. Merci beaucoup d'être venue jusqu'à nous.
04:29Tout d'abord, vous étiez là dès le début 2007-2008. Pouvez-vous nous dire comment ça s'est passé
04:34au début ?
04:35Quel était le constat de l'idée de créer cette foire à Lille d'art contemporain ?
04:41Alors, vous me faites revenir dans le passé.
04:44Un peu de temps en arrière, on est à la 18e édition, on reprend depuis le début.
04:47C'est parfait. En fait, moi, quand je suis arrivée à Lille Grand Palais, qui est un parc d'exposition
04:54et de congrès,
04:55j'avais pour mission de créer des événements.
04:58Et il faut savoir que Lille avait été une place marquante de l'art contemporain en 2004,
05:05avec Lille 2004, capitale européenne de la culture,
05:09avec un véritable engouement de toute la population autour des expositions
05:16et toutes les initiatives qui avaient été portées à l'époque.
05:20Et c'est vrai que nous n'avions pas de foire d'art contemporain,
05:23une foire marchande d'art en région.
05:27Donc, on s'est lancé et on a créé Lille Art Up
05:32pour justement permettre à des galeries, à des artistes de se faire connaître
05:36et à des publics qui sont férus d'art ou qui ne le sont pas,
05:41de venir découvrir ce que propose l'art contemporain.
05:44Oui, vous parlez de 2004, ça s'avait permis d'établir déjà une sorte d'écosystème assez important
05:52pour pouvoir faire de Lille un point de rencontre ?
05:55Alors, c'est vrai que ce sont toutes ces initiatives, c'est important l'ancrage territorial en fait.
06:00Et c'est vrai que ces initiatives qui sont aujourd'hui incarnées par Lille 3000,
06:05puis aussi tous nos grands beaux musées,
06:08le LAM de Villeneuve-Dasque a réouvert après une séance de travaux,
06:14on a la piscine, on a l'ouvre-lance.
06:17Ce sont vraiment de très belles institutions.
06:19Il y a tout un réseau de structures culturelles, d'associations très dynamiques à Lille.
06:26Et c'est vrai que la foire avait tout son sens
06:31de venir s'installer sur une métropole de plus d'un million d'habitants, quand même.
06:36Et vous parlez de capitale européenne,
06:38est-ce que l'image européenne de Lille joue un jeu ?
06:42Je voyais qu'il y avait énormément de galeries bruxelloises ou belges qui venaient.
06:47Est-ce que c'est un réseau, on peut dire, européen,
06:50une image européenne qu'on peut projeter via Lille ?
06:52Alors, sincèrement, la foire cette année,
06:54elle compte 91 galeries et nous avons un fort renouveau.
07:00du panel de galeries.
07:02On a près de 40% de galeries qui n'étaient pas là l'an dernier.
07:05Donc, on a voulu marquer un vrai renouveau.
07:08Et également, cet élan international,
07:11puisqu'on a plus de 26% de galeries qui viennent de l'international.
07:16Donc, en effet, les pays du Nord, la Belgique, la Hollande,
07:20mais aussi l'Italie, l'Espagne, le Japon, l'Allemagne.
07:25On a vraiment une très jolie reconnaissance aussi de la part de ces galeries
07:30qui comprennent que Lille est une destination pour vendre de l'art.
07:37Oui, justement, une galerie japonaise,
07:39comment est-ce qu'elle a su qu'il y avait une forêt à Lille ?
07:46Comment ça s'est passé pour elle ?
07:47Qu'est-ce qu'elle recherche aussi quand elle va à Lille ?
07:49Nous sommes une équipe formidable de communication.
07:52Au-delà de ça, nous travaillons beaucoup à aller voir les galeries sur des foires,
07:59sur leur lieu de travail en galerie,
08:02pour faire connaissance, présenter notre foire et les convaincre de venir.
08:10Et en effet, c'est dans ce contexte que l'on rencontre des galeries internationales
08:17et que l'on peut leur parler de notre zone de chalandise.
08:21Et c'est vrai que nous sommes les mitrophes avec la Belgique,
08:25donc forcément, ce sont nos voisins, nos amis.
08:28Et c'est ainsi qu'en fait, on développe l'approche vis-à-vis des galeries pour les faire venir.
08:37Qui sont les collectionneurs qui viennent à Lille Art-Up ?
08:42À qui vous adressez-vous ?
08:44En fait, c'est vrai que ça fait partie des enjeux pour installer notre foire à Lille.
08:49On a un contexte, c'est que beaucoup de galeries sont très sollicitées
08:53par des grandes foires internationales.
08:56Et en fait, il faut que nous, on les convainque de venir sur Lille,
09:00qui n'est pas une de ces grandes capitales internationales du marché de l'art.
09:05Donc, on a en effet à aller travailler avec eux l'attractivité de notre territoire.
09:14Et cela passe bien sûr par tous les argumentaires, l'organisation de la foire, nos tarifs, etc.
09:22Mais c'est aussi cette capacité à les rassurer sur le fait que nous avons des collectionneurs,
09:28nous avons des acheteurs, nous avons un grand public.
09:31Et il ne faut pas oublier que quand on accueille 30 000 visiteurs, nous n'avons pas 30 000 collectionneurs.
09:37D'ailleurs, certains sont collectionneurs, mais ne se reconnaissent même pas à cet état-là.
09:42Par contre, cette notion d'achat, même pour des jeunes, de primo-accédants, c'est important.
09:47Parce que l'art contemporain, elle couvre une palette de prix,
09:52dont on ne parle peut-être pas assez dans les médias,
09:55qui peuvent être très accessibles, en fait.
09:58Oui, parce que dans la foire, vous savez déjà quelle fourchette c'est, à peu près ?
10:02Oui, les premières œuvres, je dirais des estampes, des sérigraphies signées,
10:07sont à partir de 300 euros.
10:09Et puis, bien sûr, vous avez des œuvres, 3 000, 8 000, 10 000, 300 000 euros.
10:14Tout dépend de la notoriété de l'artiste, du matériel utilisé, etc.
10:19Mais l'art contemporain, c'est quelque chose qui reste accessible.
10:24Et nous, on travaille beaucoup là-dessus.
10:26Donc, bien sûr, on a des clientèles acheteurs,
10:29on a des clientèles de collectionneurs aussi.
10:33C'est un long travail que l'on mène depuis 18 ans
10:36pour fidéliser ces amateurs et ces vraies personnes très averties.
10:43Mais c'est important d'ouvrir et d'être dans cette accessibilité.
10:48Parce que le primo accédant d'aujourd'hui
10:51sera probablement le collectionneur de demain.
10:54Donc, il faut s'ouvrir sur toutes ces publiques.
10:57Et maintenant que c'est la 18e édition,
10:59vous avez quand même un encourage territorial assez établi,
11:02une réputation, etc.
11:04Est-ce que ça, c'était difficile à développer en dehors ?
11:09Parce que la France reste quand même très centralisée,
11:11surtout pour le marché de l'art.
11:11Est-ce que ça, c'était difficile à développer sur ces 18 dernières années ?
11:15Alors, oui, il a fallu y mettre beaucoup d'envie, de passion.
11:21Après, nous sommes, moi je trouve que nous sommes très gâtés à Lille.
11:25On a, comme je vous le disais, avec les initiatives Lille 3000,
11:29les musées, les structures,
11:31on a vraiment un écosystème culturel,
11:34une politique autour de l'art, de la culture,
11:38qui est extrêmement forte.
11:40Et en plus, on a des populations qui sont très preneuses.
11:44Donc, ça aide beaucoup.
11:46Et puis, à cela, nous, nous avons ajouté un ingrédient qui est l'entreprise.
11:50On n'y pense pas assez.
11:52Mais en fait, nous, on a des partenaires entreprises de notre territoire
11:56qui soutiennent la foire,
11:58qui invitent leur meilleure clientèle,
11:59et qui viennent contribuer à cette notoriété aussi.
12:03Donc, en fait, c'est toutes ces énergies,
12:06alors probablement spécifiques du Nord,
12:08où on est très convivieux,
12:10on sait travailler ensemble.
12:12Mais ces deux pôles, économie et culture,
12:17se sont associés très rapidement à la foire.
12:21On les accueille, d'ailleurs.
12:23On a des musées qui viennent exposer,
12:25qui parlent de leurs expositions à venir.
12:28On a un parcours hors les murs pour les visiteurs,
12:31pour aller découvrir ce qui se fait dans la région
12:34au moment de la foire et après.
12:36Donc, on travaille tous ensemble à développer l'attractivité
12:40et puis renforcer cet écosystème artistique.
12:44Merci beaucoup, Anne-Cécile Hervé.
12:46Je rappelle que vous êtes directrice de Lille Artup.
12:48Merci de nous avoir présenté la foire.
12:51Bonne 18e édition.
12:52Merci beaucoup.
12:53Et puis, j'espère qu'il y aura beaucoup de gens
12:56qui viendront aussi de Paris
12:57pour venir découvrir notre l'île du foire du 12 au 15 mars.
13:00C'est qu'à une heure de Paris.
13:02Merci à vous toutes et tous aussi de nous avoir suivis.
13:04C'était Arrémarché.
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