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Mardi 14 avril 2026, retrouvez Clarisse Hermelin (Directrice opérationnelle, Galopin) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Art et Marché, l'émission qui vous ouvre les portes du marché
00:12de l'art.
00:13La foire d'art contemporain Art Paris s'est tenue au Grand Palais, accueillant quelques 165 galeries pendant 5 jours.
00:20Elle vient de fermer ses portes et nous revenons sur cette 28e édition avec Clarisse Hermelin,
00:25qui est directrice opérationnelle du cabinet de conseil en gestion artistique Galopin Art Advisory.
00:31C'est parti pour Art et Marché.
00:37La foire Art Paris vient tout juste de fermer ses portes.
00:40Nous allons dresser un bilan de cet événement parisien avec Clarisse Hermelin.
00:44Bonjour Clarisse.
00:45Bonjour Sybille.
00:46Vous êtes directrice opérationnelle du cabinet de conseil en gestion de patrimoine artistique Galopin Art Advisory.
00:52Merci d'être avec nous.
00:53Tout d'abord, bien sûr, on revient de ces 5 jours de foire.
00:57Qu'est-ce que vous en avez pensé, premières impressions à chaud ?
01:01Alors oui, c'est une foire qui s'est très bien passée.
01:04Le bilan, il est plutôt positif.
01:05Une foire qui confirme son identité, à la fois exigeante, engagée.
01:09On a vu que le marché était actif, mais sélectif et discipliné,
01:14dans le sens où les collectionneurs étaient là très tôt.
01:16Il y a eu de très belles ventes dès l'ouverture, même pendant le vernissage.
01:20Mais avec des collectionneurs préparés, qui étaient quand même attentifs à la cohérence des prix,
01:26à la proposition artistique.
01:28Donc, un bon bilan.
01:30Oui, j'ai l'impression, quand vous parlez d'une foire engagée,
01:33que cette année, ils se sont particulièrement positionnés.
01:36Comme une foire, ce que disait Guillaume Piennes, de découverte.
01:40Je trouve que cette année, on a senti la véritable démarcation par rapport aux foires d'octobre et Art Basel.
01:47Je ne sais pas ce que vous en pensez.
01:48Complètement.
01:48On avait vraiment une identité claire d'une foire qui est une plateforme de lecture de l'écosystème français et
01:55européen,
01:55mais avec cette ouverture vers l'international des galeries et des artistes.
01:59Et puis, ce secteur promesse aussi, qui met quand même en avant grandement les galeries émergentes,
02:03les galeries de moins de 10 ans, et les artistes de cette scène aussi ultra contemporaine.
02:08Quand vous disiez qu'il y avait eu quelques ventes, etc.,
02:10est-ce que vous avez fait un tour des galeries, est-ce que vous avez eu vent de ventes intéressantes
02:16?
02:16Oui, on a vu de très belles ventes, comme je le disais, dynamiques dès l'ouverture,
02:22avec une structuration, on va dire, des niveaux de prix et des dynamiques qui étaient distinctes suivant ces niveaux de
02:27prix.
02:28On a d'abord les œuvres qui étaient entre 1 000 et 30 000 euros,
02:32avec vraiment un volume de transactions considérable et une diversité des acheteurs.
02:38Donc, au niveau du secteur promesse, justement, des œuvres aussi sur papier,
02:43par exemple, à la galerie Dilecta avec l'artiste Alice Gauthier,
02:46un photographe chez The Bridge Gallery, Sarfou Emmanuel Hanor, aussi très beau photographe.
02:52Voilà, on a eu de très belles dynamiques.
02:54Aussi, des œuvres plus ancrées historiquement, à la galerie Pavec, par exemple,
02:59Pauline Pavec, avec l'artiste Madeleine Dines.
03:01Et puis, on a ces œuvres au-delà de 30 000 euros, avec des signatures vraiment identifiées.
03:07Par exemple, Eva Jospin, chez Galeria Continua, qui a été vendue dès l'ouverture.
03:11Bilal Hamdad, aussi, chez Templon.
03:13Donc, voilà, des dynamiques au niveau des ventes.
03:15Et des échelles de prix qui couvrent un peu...
03:18Assez large.
03:18Oui, oui, ça commence à 1 000.
03:21On avait même des céramiques à 800 euros chez Edgy, à la galerie Edgy,
03:26avec l'artiste Philippe Indotrep.
03:28On avait aussi, donc oui, des œuvres, comme je disais, sur papier, 1 000, 1 500 euros.
03:34Et puis, ça pouvait monter jusqu'à 450, 500 000 pour des œuvres d'artistes modernes d'après-guerre.
03:41Qu'est-ce que, justement, comme c'est une représentation de la scène française et européenne,
03:45est-ce que, pour vous, il y avait une tendance de création, une tendance esthétique différente cette année
03:50ou on reste toujours dans ce mouvement qu'on voit figuratif, etc.,
03:56des différentes foires des dernières années ?
03:59Alors, ça va un peu dans la veine de l'an passé où, voilà, il y a ce côté très
04:02figuratif, en effet, qui revient.
04:03On sort un peu du contemporain très abstrait et conceptuel des dernières années.
04:08Mais après, c'est plus au niveau de l'identité des collectionneurs et de la dynamique du marché
04:14qui devient vraiment rigoureux, sélectif.
04:16Il y a une lecture, en fait, qui est plus construite.
04:18On fait vraiment attention à la position de l'œuvre dans le corpus de l'artiste,
04:24à l'artiste dans l'histoire de l'art, à l'ancrage sur le premier, sur le second marché.
04:28Toutes les questions aussi de due diligence, les rapports d'État, de conformité, etc.
04:34De provenance, etc.
04:35Voilà. Tout ça qui, en fait, vient contribuer à la valeur de l'œuvre.
04:39Donc, c'est-à-dire que vous remarquez que les collectionneurs, en tout cas, qui étaient présents durant la foire,
04:44étaient beaucoup plus attentifs, peut-être avaient aussi préparé leur venue ?
04:48C'est ça. Voilà.
04:49Il y avait déjà des conversations qui étaient vraiment approfondies entre collectionneurs et galeristes.
04:54Et les collectionneurs venaient voir à plusieurs reprises l'œuvre.
04:57Ce n'était pas des achats instinctifs, on va dire.
05:00Oui, j'ai l'impression que ça, c'est un sentiment qui revient,
05:03de Google Galeriste aussi à qui je parle,
05:05qu'il y a moins le côté achat compulsif, des achats plus réfléchis,
05:09qui durent plus dans le temps,
05:11quelles que soient un peu les foires qu'on voit les dernières années.
05:13On veut faire des acquisitions qui vont perdurer
05:15et qui vont s'entendre sur la durée, oui.
05:19Vous, en tant que conseillère en gestion patrimoniale et statistique,
05:23comment est-ce que vous préparez justement ce genre d'événement
05:25quand on rentre à Paris ?
05:27Comment ça se passe ?
05:28Ou est-ce que vous préparez ça plusieurs semaines en avance du mois d'année ?
05:31Oui, on demande bien évidemment les previews
05:33pour avoir une vision globale de la foire.
05:35Et en fait, on ne vient pas dans cette démarche
05:37de juste voir et observer les œuvres.
05:39On vient vraiment identifier des opportunités,
05:42les hiérarchiser, lire l'écosystème
05:44pour en fait voir, sentir de vraies décisions
05:48qui vont être cohérentes au niveau patrimonial.
05:51Donc on regarde d'une part la qualité des œuvres,
05:53c'est quand même le point d'entrée principal.
05:55Oui, chose qu'on ne verrait pas forcément avec le preview par exemple.
05:58Exactement, voilà, la qualité aussi visuelle.
06:00Mais on va regarder aussi la structure du marché
06:03qu'il y a derrière l'œuvre.
06:04Quelle galerie soutient l'artiste ?
06:06Avec quelle crédibilité ?
06:07Est-ce que c'est un artiste qui est reconnu au niveau institutionnel ?
06:10Est-ce qu'il a un second marché ?
06:12Toutes ces questions en fait qui encore une fois sont importantes.
06:16Et pour vous, un événement comme Art Paris,
06:18Art Paris et même les foires en général,
06:20c'est vraiment important pour vous ?
06:22En quoi ça change ces cinq jours ?
06:24C'est vrai que c'est très succinct, c'est très ramassé.
06:26En quoi pour une gestion patrimoniale et un accompagnement ?
06:28C'est important ce genre de moment de foire ?
06:30Parce qu'en fait, ça va nous permettre de filtrer le marché.
06:33On ne vient pas seulement accompagner pour un achat,
06:36on vient aussi documenter,
06:37on vient qualifier une œuvre, la négocier, etc.
06:40Il y a tous ces aspects qui sont à considérer
06:44et qui vont permettre ensuite d'imbriquer chaque transaction
06:48dans une stratégie patrimoniale cohérente.
06:51Donc on ne vient pas seulement dire
06:52« Ok, telle œuvre est belle »,
06:55on vient vraiment dire « Ok, cette œuvre va avoir tel rôle à jouer
06:59dans un patrimoine global ».
07:01Et là, vous nous parliez justement de prix
07:03qui allait jusqu'à 30 000, voire plus.
07:07Avec quelle enveloppe c'est intéressant d'arriver à une foire comme Art Paris ?
07:11Qu'est-ce qu'on peut avoir dans son enveloppe ?
07:15Alors quand on est primo-collectionneur,
07:17on peut tout à fait commencer avec des œuvres
07:19aux alentours de 5 000, 10 000 euros,
07:21des œuvres sur papier.
07:23Mais si on part sur une enveloppe plus large,
07:25disons, de 100 000, 150 000 euros,
07:28donc nous, ce qu'on va essayer de construire,
07:29c'est un profil...
07:30Enfin, on essaie de trouver un profil de risque équilibré
07:33pour construire une enveloppe cohérente et rationalisée.
07:38Donc en fait, on va avoir plusieurs lignes au sein de cette enveloppe
07:41avec des artistes plutôt lignes de socle,
07:44on appelle ça, donc des artistes qui sont ancrés au niveau institutionnel,
07:47qui sont des artistes blue-chips souvent.
07:49Ensuite, on va avoir...
07:51Blue-chips, c'est référence au poker, c'est ça ?
07:55Donc c'est les artistes les plus importants.
07:57Exactement, qui sont les premiers rangs,
07:59qui ont contribué à former l'histoire de l'art, etc.
08:04On a ensuite ces lignes plus de consolidation,
08:06donc des artistes qui peuvent être encore sous-valorisés.
08:09Et ensuite, une phase d'accélération avec des artistes
08:12qui ont une croissance maîtrisée,
08:15mais qui méritent encore éventuellement de...
08:20qui sont en fait en début de carrière, très souvent.
08:22Donc ça, c'est des différences de risque, en fait ?
08:24Exactement.
08:25Par rapport au porte-monnaie du collectionneur ?
08:27Tout à fait, voilà.
08:28Et donc là, si vous parlez de 100-150 000 euros,
08:31déjà, comment est-ce que vous vous arrêtez sur cette enveloppe-là ?
08:35Parce que ça veut dire que pour vous,
08:36à partir de 100-150 000 euros,
08:38on peut faire des investissements qui sont intéressants ?
08:40Tout à fait.
08:41En fait, chaque œuvre va avoir une fonction patrimoniale claire dans l'enveloppe.
08:46On va éviter de mettre toute l'enveloppe sur une seule signature
08:49ou sur plusieurs petites acquisitions qui peuvent être peu structurantes.
08:54Donc si on partait sur une ligne de socle,
08:56donc avec ce fameux artiste blue ship,
08:59c'est vrai qu'on a eu de très belles œuvres proposées pendant la foire
09:01d'artistes d'après-guerre.
09:03Donc nous, on a ciblé quelques œuvres,
09:06par exemple un Miro à la Galerie Domenech,
09:08qui est une galerie de Barcelone,
09:10ville de naissance de l'artiste,
09:11une petite huile sur toile.
09:13Et c'est vrai que cet artiste,
09:15c'est une ligne qui va être immédiatement lisible,
09:18en fait, dans cette stratégie patrimoniale.
09:21Oui, parce que si on acquiert un Miro,
09:24tout de suite, là, pour le coup,
09:25la prise de risque, elle est quand même assez réduite,
09:27elle est moindre,
09:28mais on a une collection qui s'assoit,
09:32qui est assise,
09:33qui repose sur l'histoire de l'art,
09:34et c'est absolument important.
09:35C'est un artiste qui est présent
09:37dans toutes les plus grandes institutions.
09:38Il y a un second marché qui est cohérent,
09:41une profondeur de marché aussi qui est établie,
09:43une cote qui est lisible,
09:44et donc tous ces facteurs,
09:45ça va permettre d'ancrer en fait l'artiste
09:47et de sécuriser cette partie de l'enveloppe.
09:50Et là, on est plutôt sur du 100-150 000,
09:53là, vous avez utilisé toute l'enveloppe
09:54pour cette oeuvre-là ?
09:55Là, en l'occurrence, c'est une petite oeuvre,
09:58un petit format, une huile sur toile
10:00qui est entre 50 et 55 000 euros.
10:03D'accord, et donc ça,
10:04vous le compléteriez avec d'autres oeuvres,
10:07avec des prises de risques différentes ?
10:09Voilà, peut-être plus de risques.
10:11On peut partir sur deux artistes
10:13qui seraient donc encore en phase de valorisation,
10:17donc Minjung Vishwanadan, par exemple,
10:20qui est un artiste indien,
10:22qu'on a pu voir à la galerie Nathalie Obadia,
10:26tout à fait.
10:26Il y avait à la fois des huiles sur toile
10:28et des oeuvres sur papier.
10:29Donc là, on partirait plutôt sur une oeuvre sur papier,
10:32un petit format.
10:33Et donc, Vishwanadan,
10:34c'est un artiste qui est très reconnu institutionnellement,
10:37que ce soit à Paris, en France plus largement,
10:39et en Inde,
10:40puisqu'il est arrivé en France dans les années 60.
10:42Mais il a eu toute une filmographie,
10:44par exemple en Inde.
10:45Donc voilà, c'est un artiste établi,
10:47qui a une trajectoire historique qui est claire.
10:49Mais on voit qu'il y a encore un décalage,
10:51en fait,
10:51entre sa reconnaissance institutionnelle,
10:54sa trajectoire,
10:55et sa présence sur le marché,
10:58sa valeur sur le marché.
11:00Il est peut-être plus forte en Inde qu'en Europe
11:02et qu'on peut jouer là-dessus ?
11:04Peut-être aussi, oui, oui, tout à fait.
11:05Il y a peut-être un marché
11:06qui est encore à développer en Europe,
11:08là où il est plus établi en Inde.
11:10Et donc, c'est ça qui va, en fait,
11:12créer cette opportunité.
11:14Oui.
11:14Voilà.
11:15D'autres œuvres que vous avez ciblées dans le foire ?
11:18Oui, oui, oui, tout à fait.
11:19À la Galerie Al-Minresh,
11:20on a vu un très beau Min Jung Kim.
11:22Min Jung Kim,
11:23qui est une artiste coréenne.
11:25Donc là, on est sur une œuvre,
11:26sur un papier Angie,
11:28un papier de Murier,
11:29avec un travail du temps long.
11:31On est dans cette même dynamique d'artiste
11:33qui a un fort ancrage institutionnel,
11:36qui a aussi un second marché,
11:38mais qui a encore un potentiel de valorisation.
11:43Elle est intégrée, en fait,
11:45dans le calendrier de la Galerie Al-Minresh.
11:48Donc, elle a un fort ancrage, pareil,
11:49sur le premier marché,
11:51une visibilité internationale.
11:53Mais voilà, on sent qu'il y a encore,
11:55vu que c'est quand même une jeune artiste,
11:57elle est née dans les années 60,
11:58c'est une artiste qui a encore une cote
12:01qui peut évoluer.
12:02Et ça, c'est pareil à compléter
12:04avec une autre œuvre
12:06ou vous préconisez plutôt
12:08ce genre d'achat seule ?
12:10Oui, tout à fait.
12:11On vient, en fait, coupler
12:12pour avoir ce portefeuille
12:14qui va être équilibré
12:15et pour limiter le risque.
12:16En fait, on ne va pas...
12:17Il faut que la pondération, en fait,
12:20de chaque artiste,
12:21elle soit claire.
12:23Et on peut donc ensuite associer ça
12:25avec un artiste encore plus jeune,
12:28contemporain.
12:28On a vu, par exemple,
12:29ce très beau Bilal Hamda
12:30à la Galerie Templon.
12:32Bilal Hamda,
12:33qui est un artiste franco-algérien.
12:35L'œuvre a été vendue
12:36dès l'ouverture de la foire.
12:37Mais c'est donc une œuvre
12:39qui est lisible, en fait,
12:41dans la carrière de l'artiste.
12:43Il a eu une très belle exposition
12:46au Petit Palais.
12:47Et en fait, ça, c'est des marqueurs
12:49qui permettent de créer de la valeur
12:51et de le placer dans l'histoire de l'art.
12:53Et ça, les collectionneurs
12:55sont friands.
12:56Ils sont friands et aussi
12:57de plus en plus conscients
12:58qu'il faut regarder tout ça.
12:59Exactement.
13:00Il faut regarder, voilà,
13:01tous ces marqueurs.
13:02Merci beaucoup, Clarice Hermelin.
13:03Je rappelle que vous êtes
13:04directrice opérationnelle
13:05du cabinet de conseil
13:06en gestion de patrimoine artistique
13:07Galopin Art Advisory.
13:09Merci de nous avoir donné
13:10votre vision d'Art Paris.
13:11Et merci à vous,
13:12toutes et tous,
13:13de nous avoir suivis.
13:13C'était Arrêt Marché.
13:14Arrêt Marché.
13:22Sous-titrage Société Radio-Canada
13:23Sous-titrage Société Radio-Canada
13:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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