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Vendredi 27 mars 2026, retrouvez Hervé Aaron (Coprésident, Salon du dessin) et Christian Collin (Président, CSEDT) dans ART & MARCHÉ, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.
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00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Art et Marché, l'émission qui vous ouvre les portes du marché
00:13de l'art
00:13et c'est la semaine du dessin. Cette semaine à Paris, plusieurs événements ont lieu,
00:18vente aux enchères spécialisées, drumming now pour le dessin contemporain,
00:22le salon du dessin pour le dessin plus ancien, mais aussi Paris Sprint Fair pour les impressions.
00:27Pour cette émission, nous recevons tout d'abord Christian Collin, qui est président de la chambre syndicale de l'estampe,
00:32du dessin et du tableau,
00:34à l'initiative de la Paris Sprint Fair pour avoir un peu de pédagogie sur l'acquisition de l'estampe.
00:40Et nous recevons ensuite Hervé Aron, qui est directeur de la galerie Didier Aron, et nouveau coprésident du salon du
00:47dessin.
00:47Il nous parlera de la nouvelle impulsion qu'il souhaite donner au salon du Palais Brognard. C'est parti pour
00:54Art et Marché.
00:59C'est la cinquième édition de Paris Sprint Fair, organisée au réfectoire du pouvant des Cordeliers,
01:04dans le sixième arrondissement de Paris.
01:06La foire consacrée au monde de l'estampe, gravure sur bois, eau forte, pointe sèche, lithographie,
01:12le multiple sous toutes ses formes.
01:14Et pour en parler, je reçois Christian Collin. Bonjour.
01:17Bonjour.
01:17Vous êtes président de la CSEDT, Chambre syndicale de l'estampe, du dessin et du tableau.
01:23Et pour commencer, est-ce que vous pouvez nous dire tout simplement qu'est-ce qu'un multiple dans l
01:27'art ?
01:28Alors un multiple, on va dire, parce que ça pourrait être dans différents domaines, ça peut être en sculpture,
01:33mais moi c'est, comme vous l'avez dit, je m'occupe de l'estampe.
01:37Donc le terme d'estampe, parce que c'est un terme un peu vieilli.
01:40Parce que très souvent, quand je dis, je suis marchand d'estampe, on associe à estampe japonaise,
01:45et même souvent à gravure érotique.
01:48Voilà.
01:48Ah bon, d'accord.
01:49Très souvent, parce que le terme estampe, c'est souvent associé à estampe japonaise, très curieusement, massivement.
01:54Alors quand je dis, je suis marchand de gravure, déjà c'est plus clair dans la plupart de l'esprit
02:00des gens.
02:00La terminologie est extrêmement importante.
02:02Mais on va dire, qu'est-ce qu'une estampe, qui est le terme un peu noble de ma profession,
02:06c'est une image à but artistique, tirée sur papier un certain nombre d'exemplaires,
02:14à partir d'une matrice, qui peut être le bois, le cuivre, la pierre, la plupart du temps.
02:19D'accord, que l'artiste a produit.
02:21Que l'artiste a produit, ça c'est ce qu'on appelle une estampe originale.
02:24Ça peut être aussi une estampe d'interprétation, c'est-à-dire qu'un artiste donnait les droits de reproduction
02:30de ses peintures
02:32à des artistes qui gravaient.
02:33Ça s'appelle des gravures d'interprétation.
02:35C'est ça, donc on peut parler d'une oeuvre originale, même si c'est une estampe.
02:38Alors, on va dire, elle est une estampe originale si elle est imaginée et réalisée par la personne.
02:44C'est-à-dire si la personne, si l'artiste, maîtrisait les techniques de l'estampe.
02:49Et c'est toujours via une gravure, en tout cas, le milieu de l'artiste.
02:54Oui, alors on va dire une gravure, sauf par exemple une lithographie,
02:57qui est un dessin sur une pierre, n'est pas gravure, n'est pas sculptée à l'intérieur,
03:01mais c'est dans la famille générale de l'estampe.
03:05Parce que ce qui est compliqué, je trouve, c'est qu'on utilise beaucoup de termes.
03:07Il y a gravure, il y a eau forte, il y a lithographie.
03:09Absolument, tout à fait.
03:10Comment est-ce qu'on fait pour se repérer ?
03:12Parce que là, je pense qu'on peut s'adresser à...
03:13On va dire, estampe, c'est le terme générique, général, pour les images à but artistique.
03:19Et ensuite, il y a des techniques.
03:20Au début, à partir de la Renaissance, c'est la gravure sur bois.
03:23Alors, c'est, on va dire, le premier artiste d'importance mondiale à s'en emparer,
03:28c'est Albrecht Dürer, qui va...
03:31Ensuite, à la fin du 15e, apparaît aussi la technique de l'eau forte.
03:34C'est une gravure sur cuivre avec des emplois d'acide.
03:37Parallèlement, existe aussi la gravure au burin, c'est toujours avec un cuivre,
03:41mais c'est une technique assez complexe, qui mérite un apprentissage assez long.
03:46C'est pour ça que la plupart des artistes peintres vont prendre et choisir la technique de l'eau forte,
03:52qui est la plus facile à faire.
03:53C'est-à-dire, quand on est un bon dessinateur, on peut être relativement facilement un bon graveur à l
03:58'eau forte.
03:58Et ensuite, quand la lithographie va apparaître au début du 19e siècle,
04:02d'autres artistes s'empareront de cette technique, comme Delacroix et d'autres.
04:07Ce qui est très important, c'est de ne pas penser qu'il y a une technique qui est meilleure
04:11que d'autres.
04:12Alors, peut-être, il y a une technique...
04:13En termes de marché, est-ce qu'il y a une technique qui est meilleure ?
04:15Voilà, il y a, si vous voulez, par exemple, Okusa, il y a gravé sur bois.
04:20Gauguin a gravé sur bois.
04:22Dürer a gravé sur bois.
04:23Goya a fait des eaux forts.
04:25Rembrandt aussi.
04:26Manet aussi.
04:28Picasso aussi.
04:28Vous avez le droit de...
04:30Toulouse-Lautrec ou Matisse sont emparés de la lithographie.
04:34À chaque fois, il ne faut pas mettre d'échelle.
04:36Vous voyez ?
04:36À chaque fois, c'est un rendu différent.
04:39Est-ce que vous avez des conseils à donner, justement,
04:44sur tout ce qui est signatures, chiffres, numéros de...
04:49Il y a une chose, très souvent posée...
04:51Oui, oui, tout à fait, mais la numérotation, la signature n'apparaît qu'à la fin du 19e siècle.
04:56D'accord.
04:57Voilà.
04:57Donc, ça veut dire que ça venait pas à l'esprit des gens.
05:00Parfois, l'artiste mettait son nom dans le cuivre,
05:04ou signé de...
05:07D'initiales.
05:08Voilà, petites initiales, exactement.
05:09Mais la numérotation apparaît à la fin du 10e.
05:12Donc, vous ne verrez jamais d'œuvres de Goya,
05:15voilà, d'artistes plus anciens signées.
05:18Et c'est pas pour ça que ça a été tiré à des millions d'exemplaires.
05:22Je reviens à l'exemple d'Okusai.
05:25Vous voyez, dans peu de temps va passer aux enchères la vague d'Okusai.
05:30Une des vagues, du coup.
05:30Une, la plus connue.
05:33Elle est estimée entre 800 000 et 1 million d'euros.
05:36A l'époque, elle a été tirée à des centaines d'exemplaires.
05:39Mais seulement la question, c'est combien en reste-t-il,
05:43et combien en reste-t-il en bon état.
05:45Vous voyez, au départ, il pouvait y avoir des choses tirées
05:47à un grand nombre d'exemplaires qui n'ont pas été conservées.
05:51Il nous reste une minute.
05:52Quel conseil vous auriez à donner, justement, à quelqu'un qui veut tourner,
05:55par exemple, un artiste moderne, où il y a beaucoup de lithographie.
06:00Si on veut acheter ça, soit sur Internet, soit en galerie.
06:04Ce qui est le plus important, c'est la notion de belle épreuve.
06:08Voilà.
06:08C'est-à-dire que dans toutes les familles, il y a des gravures, parfois des choses,
06:12vous voyez, à hériter des parents ou des grands-parents,
06:15des trucs un peu poussiéreux.
06:16Mais ça, c'est autre chose.
06:17Vous voyez, une belle épreuve, qu'elle soit du 15e siècle,
06:20ou qu'elle soit du 21e siècle,
06:22c'est quelque chose qui a tous ses contrastes, toute sa lumière,
06:26là où on sent le souffle de l'artiste.
06:28C'est extrêmement important.
06:30Parce que si vous avez l'occasion de venir sur notre salon Paris Spring Fair,
06:34qui démarre mercredi,
06:35eh bien, vous ne verrez que des belles épreuves.
06:37Et ça, c'est extrêmement important.
06:39Et c'est pour ça que le numéroté 1 par rapport à la 200e
06:44est forcément plus contrasté à plus de détails.
06:46Pas obligatoirement.
06:47Si c'est une lithographie, ce ne sera pas le cas.
06:50Et les tirages à 200 pour des gravures sur cuivre,
06:53c'est assez rare, je dirais, pour des artistes qui se respectent.
06:57Merci Christian Collin.
06:58Et tout de suite, on passe à l'interview du week-end.
07:05La semaine du dessin est lancée avec en son cœur le salon du dessin
07:09qui se tient au Palais Brognard, en plein centre de Paris.
07:13Et pour en parler, je suis ravie de recevoir Hervé Aron,
07:15qui est président de la galerie Didier Aron,
07:17ancien président historique du salon du dessin
07:19et aujourd'hui coprésident aux côtés de Florence Gibré-Plosu.
07:23Merci beaucoup d'être avec nous.
07:24C'est un plaisir.
07:26Donc, vous avez présidé ce salon pendant 16 ans.
07:29Quel regard vous portez sur votre tour et cette nouvelle coprésidence ?
07:34Je suis ravi surtout de partager cette présidence avec Florence,
07:39qui est une personne merveilleuse.
07:41Et à vrai dire, elle n'avait pas vraiment besoin de moi.
07:43Mais elle s'est sentie un peu nouvelle.
07:46Et elle ne s'est sentie pas tout à fait à la hauteur au niveau du dessin ancien.
07:51Donc, comme j'ai été président pendant 16 ans
07:54et que j'ai une certaine habitude de tout ce genre de choses,
07:57de la presse et des expertises et du fonctionnement,
08:02je lui ai dit que je serais ravi d'être ton groupe président.
08:05Et est-ce que vous avez déjà une nouvelle impulsion
08:08que vous voulez donner à ce salon du dessin pour cette édition de 2026 ?
08:12L'impulsion, elle est dans la continuité,
08:15avec un désir plus important de renouvellement de marché
08:21et d'éducation des visiteurs.
08:27Renouvellement de marché, ça veut dire quoi ?
08:29C'est-à-dire que vous voulez axer un peu plus sur d'autres mouvements du dessin ?
08:33Non, c'est-à-dire que non, il faut renouveler la clientèle.
08:39Les clients, les amateurs, les collectionneurs historiques du dessin
08:43sont comme nous tous, ils vieillissent.
08:46Et il faut donc trouver une nouvelle classe.
08:49Et pour trouver une nouvelle classe,
08:51il faut les faire rentrer dans notre process.
08:55Dans votre univers ?
08:56Dans notre univers.
08:57Et pour leur faire rentrer dans notre univers,
08:59on a créé deux choses.
09:00On a créé un département,
09:04je veux dire, on a créé une visite du salon
09:07à travers des œuvres entre 2000 et 8000 euros.
09:11Ça s'appelle le parcours du nouveau collectionneur.
09:14Et puis, on a créé aussi un stand
09:18où les dessins seront anonymes.
09:22C'est-à-dire que tous les marchands
09:23qui n'ont pas pu trouver d'attribution à leurs dessins
09:29les présentent.
09:30Et il y aura un cahier sur lequel les visiteurs
09:34peuvent donner leur avis.
09:36C'est une manière aussi de les faire partager
09:39notre passion et de les faire participer.
09:42C'est ça.
09:43Et donc, essayer de montrer le dessin
09:46comme une porte d'entrée à la collection.
09:48C'est ça qui est intéressant.
09:50C'est que le dessin peut être un peu moins cher
09:53par rapport à des œuvres sur toile, etc.
09:55Et donc, essayer d'attirer des jeunes collectionneurs.
09:58D'abord, il y a une grande erreur
10:01de tout le monde sur le marché de l'art.
10:05C'est qu'en effet, on ne regarde que le prix du Van Gogh
10:09ou le prix du pied de Michel-Ange.
10:12Mais il faut savoir que, sans doute,
10:15plus de 75% des transactions
10:19se passent en dessous de 20 000 euros.
10:21Bien sûr.
10:22Donc ça, c'est un phénomène important.
10:24Et en effet, peut-être que le dessin
10:28est plus facile d'approche que la peinture
10:31ou que d'autres domaines,
10:32parce qu'on peut trouver encore des choses,
10:35des dessins, à des prix relativement modestes.
10:38Qu'est-ce qui porte le marché du dessin aujourd'hui ?
10:42Ce qui porte le marché du dessin aujourd'hui,
10:45c'est qu'il y a eu une évolution évidente
10:49vers le dessin 19e et aussi le dessin moderne.
10:53Ce qu'on appelle le dessin moderne,
10:55c'est le 20e siècle,
10:57donc qui est déjà ancien,
10:58mais ils vont appeler ça le moderne toujours.
11:00Et aussi, il y a eu une évolution
11:03dans le goût des gens.
11:05Et maintenant, comparé à il y a quelques années,
11:10les gens, les collectionneurs,
11:12aiment le dessin comme étant
11:15l'idée originelle de l'artiste.
11:17Alors qu'avant, il y a une vingtaine d'années,
11:21c'était plutôt les dessins aboutis, terminés,
11:24complets, qui étaient en vogue.
11:27Maintenant, ce sont plutôt les esquisses
11:30ou le premier jet d'un artiste.
11:32Quels seraient les conseils que vous donneriez
11:34à quelqu'un qui se lance en tant que collectionneur ?
11:38Quels sont les bons réflexes à avoir
11:39quand on regarde un dessin ?
11:40Il y a deux réflexes.
11:42Il y a deux réflexes absolument essentiels.
11:44Un, c'est de regarder, d'apprendre.
11:47Ça, c'est le premier réflexe,
11:48d'être dans les musées,
11:48de comparer, de s'informer, etc.
11:51Et le deuxième réflexe qui est, à mon avis,
11:54encore plus important,
11:55c'est de suivre son cœur,
11:57de suivre son œil et de suivre son cœur.
12:00On peut acheter n'importe quoi.
12:02Pas n'importe quoi, je veux dire,
12:03acheter un Michel-Ange, c'est devenu difficile.
12:05Mais on peut acheter des œuvres, par exemple,
12:08dans le 19e ou dans le 20e,
12:09d'artistes qui sont méconnus,
12:12peu connus, oubliés
12:13et qui vous plaisent.
12:16Donc, je veux dire, suivre son cœur
12:18et je vous dis s'informer.
12:20Il nous reste quelques secondes.
12:22Est-ce que vous avez deux, trois œuvres
12:25qui marquent particulièrement
12:27cette édition 2026 ?
12:29Je ne parle jamais des œuvres
12:31des autres marchands.
12:33Nous avons chez nous
12:34un très beau dessin de Greuse.
12:36Nous avons un très beau dessin de Bibiena,
12:39un artiste 17e.
12:42Et dans la gamme
12:46de ces nouveaux collectionneurs,
12:48nous avons un dessin de Flandrin
12:52qui est très joli,
12:53un profil d'homme.
12:55Donc, on a des choses très différentes.
12:58Merci beaucoup, Hervé Aron.
13:00Je rappelle que vous êtes
13:00président de la galerie Didier Aron
13:02et coprésident du Salon du dessin.
13:05Merci à vous toutes et tous
13:06de nous avoir suivis.
13:08C'était Aré Marché.
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