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  • il y a 10 heures
Jeudi 9 avril 2026, retrouvez Éric Le Quellenec (Avocat, Cabinet Flichy Grangé), Philippe Le Grand (Président, InfraNum), Angélique Gérard (présidente fondatrice, STEM ACADEMY) et Sanaé Blanc (Directrice de la communication, 42) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.

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Transcription
00:08Bonjour à tous, bienvenue dans Smartech. Aujourd'hui c'est le jour du grand débrief.
00:12Il est 10h45, vous êtes en direct, vous nous regardez sur la chaîne Bsmart.
00:15Je vous présente les sujets et les commentateurs juste après.
00:22C'est parti pour le grand débrief de l'actu tech.
00:25Vous nous regardez les 10h45, on est en direct sur la chaîne Bsmart.
00:29Et on va commenter l'actu aujourd'hui avec mes débriefeurs, mes super débriefeurs devrais-je dire.
00:35Angélique Gérard, bonjour Angélique.
00:37Bonjour Delphine.
00:37Présidente de Women in Sten Europe.
00:41Vous vous occupez des femmes dans la tech, ça tombe bien parce qu'on va beaucoup en parler ce matin.
00:45Eric Lekeleinek est également avec nous. Bonjour maître.
00:49Avocat au cabinet Flichy-Granger, bienvenue.
00:51On va évidemment s'intéresser à toutes ces questions juridiques autour du numérique.
00:55Et puis Philippe Legrand est avec nous également, vice-président d'Infranum.
00:59Ça tombe bien, on a beaucoup beaucoup de questions sur nos réseaux et la fibre optique.
01:03Est-ce qu'on a des risques de coupure, ça ne va pas faire partie de nos sujets.
01:07Je précise que vous êtes également le président de Teleos, donc un spécialiste de télé comme s'il en est.
01:12Voilà, donc je vous ai donné quelques pistes sur nos sujets.
01:14Oui, on va parler du risque de succession, de démultiplication de pannes et de coupures Internet
01:20à cause du déploiement d'une fibre optique peut-être un peu à marche forcée.
01:24En tout cas, on a une alerte sur la question de la maintenance et de l'entretien de ces réseaux.
01:28On va faire notre petite revue de presse aussi pour sortir nos cartons rouges, cartons verts.
01:33On va donner notre avis sur OpenClaw.
01:34On va parler de l'IA qui libère ou non du temps.
01:37Et puis on sortira nos coups de cœur et nos coups de gueule, évidemment.
01:40Mais on commence donc avec une initiation au code qui est réservée aux femmes.
01:45Et pour lancer cette discussion, nous sommes connectés avec Sanae Blanc.
01:48Bonjour Sanae.
01:50Bonjour Belfime.
01:51Vous êtes la directrice de la communication du Campus 42 Paris.
01:56C'est vous qui pilotez l'organisation des événements importants sur ce campus.
02:01Et particulièrement cette piscine Discovery, donc une semaine d'initiation des semaines,
02:07plusieurs semaines dans l'année, d'initiation au code qui sont réservées aux femmes.
02:11Ça se déroule en ce moment même.
02:13Donc merci beaucoup d'être en direct avec nous.
02:15Combien de femmes en ce moment s'initient au code chez 42 ?
02:18Alors en ce moment même, elles sont près de 300 femmes à s'initier à la programmation.
02:23Elles découvrent la programmation web, donc HTML, CSS, JavaScript,
02:27avec la pédagogie de 42, la pédagogie du peer learning,
02:30où on n'a pas de cours, pas de prof.
02:31Elles apprennent par elles-mêmes et grâce aux autres sur la base, bien sûr, d'un cursus pédagogique.
02:36Et l'idée, c'est qu'à la fin de la semaine, elles puissent, un, bien sûr, découvrir la programmation.
02:41Deux, grâce à la pédagogie de 42, découvrir quelque chose qu'elles pensaient complètement inaccessible.
02:47Et bien en fait, finalement, elles ont réussi à l'apprendre.
02:50Et en plus de ça, elles l'ont appris grâce à elles-mêmes.
02:53Et trois, l'idée, c'est de pouvoir leur donner la liberté de choix, de faire un choix éclairé
02:57et potentiellement peut-être de rejoindre les métiers de la tech.
03:00C'est des semaines qui fonctionnent extrêmement bien, puisqu'à la fin de cette semaine,
03:03elles sont près de 20% à décider de rejoindre 42.
03:07Donc, je précise, je rappelle que chez 42, tout est gratuit.
03:11Donc, la piscine également.
03:13Quand on parle de femmes, on parle de quel type de profil ?
03:16Est-ce que ce sont des femmes en reconversion, des jeunes étudiantes ?
03:19Qu'est-ce qu'on retrouve chez vous, là ?
03:22Alors, sur les piscines Discovery, on a tout type de profil.
03:25Ça va de 16 ans jusqu'à 60 ans.
03:28C'est des femmes en reconversion.
03:29Ça peut être aussi des étudiantes.
03:31L'objectif de cette semaine, c'est vraiment de la découverte pour qu'elles puissent,
03:34par la suite, potentiellement, vraiment avoir cette liberté de choix.
03:37Et ensuite, une fois qu'on est à 42, effectivement, vous l'avez dit,
03:4042, c'est donc une formation en informatique entièrement gratuite,
03:44sans condition de diplôme, sans condition d'âge, sans condition financière.
03:49Et l'idée, donc, c'est qu'on a effectivement tout type de profil.
03:53Notre conviction à 42, c'est que n'importe qui peut apprendre à coder,
03:56si tant est qu'il en ait envie, grâce à notre pédagogie du peer learning.
04:01Oui, peer learning.
04:02Donc, comme le peer-to-peer, de paire à paire.
04:04En fait, on apprend en s'entraidant, en travaillant ensemble.
04:07Alors, moi, j'ai voulu m'inscrire, je me suis dit, pourquoi pas ?
04:11J'ai fait quelques initiations au code, déjà,
04:14mais pourquoi pas tenter une vraie piscine chez 42 ?
04:16Et en fait, c'est super simple pour s'inscrire.
04:19On remplit un formulaire, on ne dit pratiquement rien sur nous.
04:21Il suffit d'avoir plus de 16 ans, en fait.
04:23C'est la seule condition.
04:25Exactement.
04:25Alors, attention, pour les piscines Discovery,
04:27effectivement, c'est sans condition.
04:28Pour la piscine, qui est l'étape pour rejoindre 42,
04:31il y a deux petites étapes avant ça.
04:33Il y a des jeux en ligne et ensuite une réunion d'informations.
04:35Et ensuite, effectivement, on peut s'inscrire à la piscine.
04:37Mais le constat, il est exactement ça.
04:39C'est que n'importe qui peut s'inscrire,
04:41en tout cas, à la piscine Discovery et voire même à la piscine.
04:44Les étapes sont assez simples.
04:45Et c'est ensuite, pour rejoindre 42,
04:47il faut passer cette piscine qui est donc ce mois de sélection
04:49pour pouvoir ensuite rejoindre l'école.
04:51Mais les piscines Discovery,
04:52qui sont donc une semaine de découverte,
04:54effectivement, n'importe qui peut s'inscrire directement en un clic.
04:58Voilà.
04:58Donc, moi, je suis n'importe qui.
05:00Et donc, j'aurais pu m'inscrire.
05:02La question que je me posais, finalement,
05:03c'est pourquoi faire vraiment une semaine dédiée aux femmes ?
05:07Puisque vous ne faites pas de sélection sur les profils.
05:10Donc, on imagine que quand on apprend de pair à pair,
05:12qu'on soit avec un groupe de débutants
05:14ou qui connaît déjà un petit peu le code,
05:16ça ne change rien,
05:18on progresse quand même.
05:19Donc, on pourrait progresser aussi dans un environnement
05:21où il y aurait des hommes, des garçons.
05:24Complètement.
05:24Et c'est d'ailleurs le cas une fois qu'on est à 42.
05:27Là, ce sont des semaines découvertes.
05:28Et donc, pourquoi elles sont réservées aux femmes ?
05:30Pour deux raisons.
05:30La première, c'est pour que les femmes se sentent légitimes de s'y inscrire.
05:34Parce que, je ne vous apprends rien, dans la tech aujourd'hui,
05:37il y a près de 4 femmes sur 10 qui sont découragées par leur entourage
05:40de poursuivre leurs études dans la tech.
05:42On a énormément de stéréotypes sur le fait que ce serait potentiellement
05:44des métiers réservés aux hommes.
05:46Ce n'est pas le cas.
05:47La première raison, c'est pour qu'elles puissent se sentir légitimes.
05:49La deuxième raison, c'est pour créer un environnement
05:52dans lequel elles se sentent bien pour pouvoir découvrir,
05:55sans pression, en toute bienveillance, la tech.
05:58C'est pour ça que c'est réservé aux femmes.
06:00Mais bien sûr, évidemment, une fois qu'elles reloignent 42,
06:02la piscine, etc., tout ça, elles sont avec les hommes.
06:04Elles sont d'ailleurs autant capables que les hommes
06:07de poursuivre par la suite la formation.
06:09Alors moi, je voudrais faire quand même le jeu du carton rouge, carton vert.
06:11Est-ce que vous êtes pour les événements 100% réservés aux femmes ?
06:17Alors, mettez-les devant vos micros,
06:19comme ça, on voit bien tous vos points de vue.
06:21Ok, donc il n'y a que moi qui suis un peu dubitative.
06:25Alors, défendez-moi cet argument, s'il vous plaît.
06:27Parce que moi, en fait, je regrette qu'on soit obligés de faire ça.
06:30Et je me dis qu'en plus, dans le monde du travail,
06:33il faut apprendre à travailler avec tout le monde.
06:36Et en plus, ça donne un peu cette idée, peut-être,
06:38que les femmes, elles n'auraient pas forcément
06:39peut-être les mêmes capacités vis-à-vis du code.
06:42Enfin, je ne sais pas.
06:42Moi, ça me gêne.
06:43J'ai mis un orange, en vrai.
06:45Oui, on sait bien, on sait bien.
06:47Alors, défendez-moi votre point de vue.
06:49Moi, je trouve que c'est une super initiative, en fait.
06:53Le problème dans la tech, ce n'est pas le manque de talent,
06:54c'est justement le manque de femmes qui osent.
06:58Et donc, là, la porte est ouverte.
07:00Donc, effectivement, je suis d'accord avec Sanae.
07:03En fait, ça permet, effectivement, de lever l'autocensure,
07:07de créer un climat de confiance entre femmes.
07:10Parce qu'entre femmes, on y arrive ensemble.
07:13Donc, on arrive à se pousser.
07:14Ça lève des freins.
07:15Donc, c'est positif.
07:16Il s'avère que j'ai eu recours, moi aussi, à ce que je dis.
07:19Il faut qu'on soit en confiance aussi avec des hommes, Angélie.
07:20Oui, mais je suis entièrement d'accord.
07:22Mais c'est parfois moins inclusif quand on est avec des hommes.
07:26On a des...
07:27Par exemple, très souvent, on entend dire
07:28« Ouais, bah, tu fais les piscines, t'es prise parce que t'as un vagin ».
07:31C'est des trucs qu'on entend quand on parle à des jeunes femmes.
07:34On en est là, quand même, pour dire les choses telles qu'elles sont.
07:37Moi, il y a 15 ans, j'ai eu recours à ces dispositifs assez ciblés
07:41de faire des promos 100% de femmes dans mes équipes chez Free
07:43parce que je n'avais que des hommes.
07:45Et en réalité, ça se passe très bien.
07:47Donc là, la vraie clé de succès des piscines,
07:52ce n'est pas le nombre de femmes qui vont rester,
07:54même si j'ai compris que potentiellement 60 sur les 300,
07:58c'est de se dire, in fine, combien vont réussir réellement,
08:02combien vont rester, combien vont prendre leur place
08:05dans des environnements mixtes.
08:07Et puis, il faut voir ça comme un outil de rattrapage
08:10qui est, je pense, extrêmement précieux,
08:13pas comme un modèle de société, je suis d'accord, Delphine,
08:15parce qu'on ne fait pas une tech avec les femmes,
08:18on ne veut pas faire une tech entre femmes,
08:21on veut faire une tech avec les femmes,
08:23on veut que ce soit durable et qu'elles prennent leur place.
08:26Puis pour ceux qui disent, c'est de la discrimination positive,
08:29non, ce n'est pas de la discrimination positive,
08:31c'est du rattrapage économique.
08:33Ok, très bien.
08:35On est 100% d'accord avec ce qu'il vient d'être dit.
08:37Oui, surtout la phrase qu'on doit retenir,
08:39c'est ça, ce n'est pas une démarche entre les femmes,
08:42mais avec les femmes.
08:43Et effectivement, cette carence d'initiatives féminines
08:47dans la tech liée à notre histoire, notre culture
08:49et le regard que l'on porte sur les femmes
08:51doit être contrée.
08:52Et ces démarches de stimulation sont tout à fait les bienvenues.
08:54Donc, il faut les encourager,
08:56s'en stigmatiser,
08:57et pour créer une tech avec les femmes,
08:59et pas entre les femmes.
09:00J'ajoute que beaucoup de gens disent maintenant
09:03que le développement, ça va être fait par des IA.
09:05Non, on a besoin effectivement d'une supervision humaine.
09:08Et dans la supervision humaine,
09:10il faut là aussi que la proportion entre hommes et femmes
09:13soit respectée très clairement.
09:16Et Sanae, c'est vrai que je suis quand même,
09:19en vrai, favorable à ce genre d'initiatives,
09:22parce qu'en plus, c'est des piscines discovery.
09:24Si c'était vraiment la piscine,
09:26c'est-à-dire l'entrée sur le campus,
09:27qui devenait non-mix,
09:29là, ça me poserait clairement un problème.
09:31Mais on n'en est pas là.
09:32Non, on n'en est pas là.
09:34Et effectivement, comme vous le disiez,
09:36l'idée, c'est vraiment de pouvoir lever le voile
09:38sur peut-être des stéréotypes
09:41et de créer un environnement
09:42dans lequel elles se sentent bien,
09:43pour derrière avoir envie de rejoindre la tech,
09:48que ce soit 42 ou ailleurs, par ailleurs.
09:50Et pour vous donner quelques chiffres,
09:51on a accueilli 2200 femmes l'année dernière.
09:53L'objectif, c'est d'en accueillir 3000 cette année.
09:56Et pour celles que ça intéresse,
09:57les prochaines sessions auront lieu
09:59la semaine du 18 mai et du 1er juin.
10:02Et vous l'avez dit, c'est ouverte à toutes.
10:04Et donc, la sélection,
10:06elle se fait comme en première inscrite
10:08et ses premières prises, c'est ça ?
10:11Enfin, c'est juste dans l'ordre d'arrivée ?
10:14Exactement, sur cette semaine de découverte.
10:15Comme l'objectif, c'est de la découverte,
10:16c'est vraiment accessible à toutes,
10:18sans aucune condition,
10:20et c'est entièrement gratuit sur le campus de Paris,
10:22qui est situé dans le 17e.
10:23Et bien voilà, donc si vous avez plus de 16 ans,
10:25c'est le moment de vous inscrire
10:26pour la session du mois de mai.
10:28Merci beaucoup, Sana et Blanc,
10:29je rappelle que vous êtes la directrice
10:30de la communication
10:31et que vous pilotez les événements
10:33sur le campus parisien de 42.
10:36Nous, on enchaîne,
10:37on va continuer de parler d'Internet,
10:38sujet que vous connaissez tous très, très bien,
10:40y compris sur la partie réseau,
10:42puisque, Angélique, vous l'avez dit,
10:43vous avez été membre, même fondatrice,
10:48d'Ilia, de Free.
10:49Donc on va parler de pannes,
10:50coupures, Internet,
10:52c'est un truc qui ne nous amuse pas tellement,
10:54mais qui serait, en tout cas,
10:58peut-être, en passe,
10:59de devenir de plus en plus importante.
11:01Pour l'instant, je dois dire
11:01qu'on a quand même un bon réseau.
11:02En France, ça fonctionne bien,
11:04la fibre optique arrive pratiquement partout,
11:06mais c'est peut-être là le problème,
11:08en fait, puisqu'on a des subventions de l'État
11:10qui ont permis à des réseaux
11:12d'aller jusque dans les territoires ruraux,
11:14sauf que maintenant, pour les entretenir,
11:16les gestionnaires de réseaux disent
11:17« Ah ben là, ça commence à coûter très très cher,
11:19nous, on n'a pas les moyens
11:20de faire que les opérateurs
11:21mettent la main au portefeuille,
11:23et là, on en est là. »
11:25Alors Philippe, qu'en est-il ?
11:26Est-ce qu'il y a vraiment des risques,
11:27aujourd'hui, de dégradation
11:29de notre connexion à Internet ?
11:31Il y a un enjeu très fort
11:33de maintien opérationnel
11:35et en condition opérationnelle des réseaux,
11:36ça c'est certain.
11:38Ce qui arrive aujourd'hui
11:39sur la question de l'économie des réseaux
11:41n'est absolument pas nouveau.
11:43C'est quelque chose
11:44qui nous préoccupe depuis longtemps.
11:46Il se trouve qu'en fait,
11:47le modèle français
11:48sur lequel a été adossé
11:50le succès du plan France Reau Débit
11:51et qui fait que la France,
11:52aujourd'hui, caracole en tête
11:53des infrastructures numériques en Europe,
11:56ce modèle français repose
11:57sur la création d'opérateurs
11:59d'infrastructures
11:59qui ont investi dans des infrastructures
12:01et qu'ils commercialisent
12:02à des opérateurs commerciaux.
12:03Ces opérateurs commerciaux
12:05payent pour l'entretien des réseaux.
12:06Donc les opérateurs d'infrastructures,
12:09c'est, on va dire,
12:10les membres adhérents d'Infranum,
12:12pour résumer principalement,
12:13et les opérateurs commerciaux,
12:15c'est les quatre qu'on connaît.
12:16C'est les quatre qu'on connaît, absolument.
12:18Donc Orange, Bouygues, SFR.
12:18C'est ça,
12:19et avec des opérateurs également
12:20B2B derrière.
12:22Les opérateurs commerciaux,
12:23donc, payent pour utiliser
12:25ces réseaux-là.
12:26Il se trouve que les lignes directrices
12:27de l'ARCEP,
12:28qui donne les grandes,
12:30les guides,
12:30le guide de commercialisation des réseaux,
12:32ces lignes directrices
12:33ont été établies en 2015.
12:34Mais depuis,
12:35il s'est passé énormément de choses,
12:36des évolutions du coût du génie civil,
12:37y compris dans son utilisation quotidienne,
12:40et des aléas climatiques,
12:42des pannes,
12:43des dégradations,
12:43qui vont de façon croissante.
12:45Et ça pose aujourd'hui
12:46un gros problème
12:47pour les opérateurs d'infrastructures,
12:49puisque les coûts
12:51d'exploitation des réseaux
12:53ont augmenté,
12:53mais les recettes
12:54liées aux opérateurs commerciaux
12:56n'ont pas du tout augmenté.
12:58Excusez-moi de poser cette question,
12:59Philippe,
12:59mais ils n'avaient pas du tout
13:01anticipé le coût de la maintenance ?
13:03Non, en fait,
13:04d'autant plus qu'il y a
13:04des évolutions réglementaires.
13:05Non, mais personne,
13:06ni l'État,
13:07quand il a décidé
13:08de lancer ce projet,
13:11ni les opérateurs commerciaux,
13:13ni les opérateurs d'infrastructures,
13:15personne ne s'est dit
13:15à un moment,
13:16il va falloir payer
13:16pour l'entretien.
13:17Alors, si, si, bien sûr.
13:18Et d'ailleurs,
13:18dans la commercialisation,
13:21il y a des tarifs
13:22destinés justement
13:23à supporter cette exploitation-là.
13:24Mais les conditions réglementaires
13:26elles-mêmes ont évolué.
13:27Par exemple,
13:27le coût de GCBLO,
13:29de l'offre d'Orange
13:30pour utiliser les fourreaux
13:32nécessaires
13:33au déploiement de la fibre,
13:34ces coûts-là ont augmenté
13:35de façon importante
13:36et les opérateurs d'infrastructures
13:38peinent à répercuter
13:39ces coûts
13:40sur les opérateurs commerciaux.
13:41À la décharge
13:42des opérateurs commerciaux,
13:43il y a de leur côté,
13:45bien entendu,
13:45un problème
13:46où le prix du marché
13:46est trop bas,
13:47le prix de détail
13:48est trop bas
13:49et la concurrence
13:50avec les GAFAM
13:51qui aspirent toute l'économie
13:52des télécoms
13:52est trop forte également.
13:53Donc,
13:54c'est une problématique
13:55de filière.
13:56Chacun doit y prendre sa part,
13:57mais une chose est sûre,
13:58c'est qu'on ne peut pas
13:59rester dans cette situation-là.
14:00On risque effectivement
14:01d'avoir un effet ciseau
14:02qui serait préjudiciable
14:04de l'économie numérique
14:04elle-même.
14:05À quel terme, là ?
14:05On risque d'avoir une dégradation ?
14:07Oui, dans les prochaines années.
14:07Alors, dégradation,
14:08je ne sais pas.
14:09Oui, voilà, c'est ça.
14:10Dans les prochaines années,
14:10on risque d'avoir ce problème-là
14:12et il faut absolument trouver
14:13des solutions.
14:15La difficulté,
14:16c'est une question
14:16de responsabilité collective
14:17et c'est toute la peine
14:19que nous avons
14:19à trouver des solutions
14:21qui sont pour autant identifiées,
14:24qui peut-être
14:25trouveront aussi leur écho
14:27dans la rehausse
14:28du tarif de détail
14:29parce qu'encore une fois,
14:31le marché français
14:31est adosé sur un marché
14:33de détail beaucoup trop bas.
14:34Donc là, on se dit,
14:35soit on va avoir des problèmes
14:36de dégradation
14:38de qualité d'accès
14:39dans nos territoires,
14:40soit on va voir
14:41nos abonnements
14:43augmenter par mois.
14:44Mais est-ce que c'est compliqué
14:46quand même pour un opérateur
14:47aujourd'hui
14:47d'annoncer une hausse des prix ?
14:49Je pense effectivement
14:50que c'est complexe.
14:52Cette compétition
14:52entre les opérateurs.
14:54Notamment après des années
14:54d'inflation.
14:56et je pense que vous avez
14:58soulevé un très bon problème,
14:59c'est les GAFAM
15:00et toute la bande passante
15:01qui est absorbée.
15:02Donc avec des revenus
15:04et des impôts
15:04qui sont souvent payés
15:06en dehors du territoire
15:07national et européen.
15:09Donc c'est un sujet
15:10et pour le coup,
15:11ce serait intéressant
15:12de pouvoir le remettre
15:12sur la table.
15:14Après, effectivement,
15:14on a...
15:15C'est le sujet du faire cher,
15:16en fait.
15:16Mais oui, totalement.
15:17que les grandes plateformes,
15:19les grands consommateurs
15:20de bandes passantes
15:21participent au financement
15:22des réseaux
15:23et de leur entourage.
15:23À l'effort de guerre, quoi.
15:24Ouais.
15:25C'est un peu ça.
15:26Après, oui,
15:27c'est une bombe à retardement,
15:28en fait, ce sujet.
15:29J'aimerais ajouter un point,
15:30c'est que c'est quand même...
15:32L'objectif a été atteint
15:33en termes de déploiement fibre.
15:34Ça a même été une obsession
15:36depuis dix ans
15:36de déployer le KPI.
15:38C'était le nombre
15:38de prises raccordées.
15:39Mais les dégradations,
15:41les pannes,
15:42c'est aussi potentiellement
15:43une fracture, en fait,
15:46numérique
15:46dans les zones rurales
15:48qui revient autrement.
15:50Donc, c'est aussi un sujet
15:51alors que là,
15:52on a réussi à les déployer.
15:54Et puis, oui,
15:54il y a une responsabilité éclatée.
15:56Il y a les collectivités aussi,
15:57en plus des opérateurs
15:58d'infrastructures
15:59et des opérateurs commerciaux.
16:01Et quand tout le monde
16:02est responsable,
16:02en fait, personne n'est responsable.
16:04C'est toujours un peu le sujet.
16:05On en est là.
16:07Et puis, c'est un changement
16:08parce qu'on a déployé
16:10cette couverture.
16:11Et puis, aujourd'hui,
16:12le sujet, c'est la fiabilité.
16:14Et donc, le nouveau KPI,
16:15c'est finalement
16:17la qualité de service.
16:18Effectivement,
16:19Internet, ce n'est pas du confort.
16:20Pendant des années,
16:21ça a été le troisième tuyau
16:22de la maison.
16:22Maintenant, on sait
16:22que c'est essentiel.
16:23On a quand même
16:24tout un tas
16:25de télétravail
16:27et tout un tas
16:28de, je dirais,
16:30de tout ce qui est,
16:31toutes les personnes
16:32qui utilisent, en fait,
16:34les réseaux.
16:34C'est devenu vital.
16:36Alors, moi, j'ai envie de dire
16:36un mal français, en fait.
16:38C'est le parallèle
16:39avec les chemins de fer,
16:40mais aussi les réseaux d'eau
16:41et je ne parle pas
16:41du réseau de gaz.
16:42À tout point de vue,
16:43finalement,
16:44on a cette difficulté
16:45à trouver le modèle économique
16:46qui permet d'assurer
16:47une maintenance
16:47et tout particulièrement
16:49dans les zones rurales.
16:50Alors, on sait créer
16:50ces réseaux,
16:51effectivement,
16:52leur maintien
16:52en condition opérationnelle.
16:53C'est un sujet.
16:54Pour revenir sur le secteur
16:55des télécoms,
16:57c'est vrai que concrètement,
16:58c'est un secteur
16:58qui a été complètement dérégulé
17:00pendant les années 2000.
17:01Sans doute que c'est bien,
17:03dérégulé, je vois Philippe
17:04qui fait ce style.
17:06Moi, je le vois clairement
17:08et y compris dans la partie
17:09de professionnels.
17:10Voilà, il n'y a plus
17:10de licence opérateur télécom.
17:12Donc, il y avait
17:12des redevances associées
17:13à ce statut.
17:14Il y avait un régime
17:15et l'ARCEP,
17:17qui ne s'appelait pas
17:18comme ça à l'époque,
17:18avait sans doute
17:19plus de poids aussi
17:21pour imposer
17:22cette qualité de service
17:23qu'elle peut le faire
17:23actuellement.
17:24C'est compliqué.
17:25En parallèle,
17:26c'est vrai que les tribunaux,
17:27depuis très longtemps,
17:29requièrent une obligation
17:30de résultat vis-à-vis,
17:31effectivement,
17:31de ces différents opérateurs.
17:33Mais les opérateurs
17:34voient très bien
17:35qu'entre quelques petits
17:36cas de jurisprudence
17:37malgré tout isolés,
17:38avec des montants
17:39de dommages et intérêts
17:40finalement relativement limités
17:42par rapport au fait
17:43de ne pas investir
17:44dans le réseau,
17:45le calcul,
17:45malheureusement,
17:46économiquement,
17:47peut être vite fait.
17:48Oui.
17:48Philippe, oui ?
17:49La France a quand même
17:50une tradition séculaire
17:52de qualité d'infrastructure.
17:53Et la qualité
17:54de nos infrastructures
17:55a été quand même
17:56totalement haut niveau
17:57et largement meilleure
17:58que ce qu'on peut trouver
17:59dans d'autres pays d'Europe.
18:00Est-ce que vous vendez
18:01à l'étranger en plus ?
18:02Ah oui, mais ça s'exporte.
18:02Je reviens du Jitex au Maroc.
18:04Je peux vous dire
18:04qu'il y avait une centaine
18:05d'entreprises françaises
18:06dont 60 d'infranumes.
18:08Il y a un vrai engouement
18:09pour ce modèle français
18:10dès lors que, bien sûr,
18:12on réussit à ne pas exporter
18:13ce qui ne va pas,
18:14dont aujourd'hui
18:15le modèle économique,
18:16l'économie long terme
18:17des réseaux.
18:18Et puis il y a un sujet,
18:18il ne faut pas qu'on affaiblisse
18:20aussi non plus,
18:21c'est quand même des champions
18:22nos quatre opérateurs.
18:24C'est hyper important.
18:24Il ne faut pas les affaiblir
18:25parce qu'en face,
18:26il y a aussi les big tech
18:27qui attendent que ça
18:29pour prendre le marché.
18:30Et très concrètement,
18:31je suis très préoccupé
18:33justement par les personnes
18:34qui vivent en zone rurale
18:36contrairement aux zones urbaines
18:37où de toute façon
18:38le réseau cuivre va disparaître.
18:40On le voit aussi
18:40en termes de dégradation,
18:42c'est devenu insoutenable
18:43en raison du cours du cuivre,
18:45tout simplement.
18:46On parle de sabotage
18:47et de vol.
18:48Exactement,
18:49avec là aussi
18:49des décisions de justice
18:51qui ne sont pas dissuasives,
18:52il faut dire les choses clairement.
18:54Et face à ça,
18:54qu'est-ce qu'on a ?
18:55Alors, uniquement la fibre,
18:56mais si elle ne marche plus,
18:57il ne reste que Starlink.
18:59Concrètement, c'est vrai,
19:00ce réseau finalement
19:01satélitaire.
19:01Et EUTR-SAT.
19:03Mais pour le coup,
19:04qui n'a pas la même part de marché,
19:05ce qui pose aussi
19:06une question de souveraineté numérique.
19:07Et qui sont élitistes,
19:08encore une fois.
19:08Ce n'est pas en zone rurale
19:09qu'on peut effectivement
19:11acheter un abonnement Starlink.
19:12Oui, du fait de coût.
19:14Mais sur la fermeture
19:15du réseau cuivre,
19:16c'est une source quand même
19:16de financement,
19:18mais effectivement,
19:18il faut lutter.
19:19Et je suis totalement d'accord
19:20avec le fait
19:20que les jurisprudences
19:23n'ont eu aucun effet dissuasif
19:24sur le vol de cuivre
19:26qui contribue d'ailleurs
19:27au démontage
19:27qui sera nécessaire,
19:28mais quand même pas
19:29dans des conditions acceptables.
19:30Non, je suis d'accord Delphine.
19:32La réalité du problème,
19:34c'est qu'il ne faut absolument pas
19:35déstabiliser le haut de la pyramide.
19:36C'est parce que nos opérateurs
19:38se porteront bien
19:39que l'ensemble de l'écosystème
19:40pourra prospérer
19:41et que nos infrastructures,
19:43elles aussi,
19:43trouveront leur modèle économique.
19:45Donc, il faut absolument
19:46tenir compte de tout ça.
19:47Ça fait des années
19:48qu'on alerte là-dessus.
19:49De même que nous alertons
19:50sur la résilience
19:51de nos réseaux.
19:53Ça a été dit,
19:54on est maintenant
19:55sur des réseaux essentiels.
19:56Il ne s'agit pas
19:57de quelque chose
19:58d'accessoire,
19:59mais déterminant
20:00pour la vie économique
20:01et la vie au cours de nos États.
20:02Et ça, je pense que l'État
20:03l'a pris en compte
20:04justement avec ce plan
20:05de connexion
20:06de tous les Français.
20:07C'était l'idée quand même
20:09de porter Internet
20:10presque comme un service public,
20:11un service universel.
20:13Et on a plus de 80,
20:14je crois,
20:15réseaux déployés
20:15par les services publics.
20:17Et donc,
20:18comme l'État
20:18n'a plus d'argent,
20:19qu'on ne veut pas
20:19affaiblir notre filière,
20:21il ne nous reste que
20:21les big techs.
20:22C'est ça,
20:22vous me dites,
20:24pour résoudre le problème
20:25du financement.
20:25Alors ça,
20:26oui, là,
20:27on prêche un converti.
20:29Pour l'instant,
20:30ce sujet est enterré.
20:31En tout cas,
20:32il y a eu quand même
20:33cet effet de cette loi
20:34qui est passée
20:35dans le plan de finances
20:36avec une augmentation
20:37de la taxation
20:37effectivement des GAFAM.
20:40Ça n'est qu'un pansement
20:41sur une jambe de bois.
20:42Le problème est beaucoup
20:42plus profond,
20:43notamment sur la déclaration
20:44des revenus.
20:46Et je pense que
20:47des acteurs qui consomment
20:4860% de la bande passante
20:49doivent contribuer
20:50eux aussi aux investissements
20:51ou en tout cas
20:52à l'exploitation de nos réseaux.
20:53C'est une évidence.
20:54Mais il faut répondre
20:55que c'est une atteinte
20:55à la neutralité d'une web.
20:57Donc, il y a toujours
20:58cette difficulté.
20:58Et puis, il y a ce risque aussi
21:00qu'on touche à la neutralité
21:01du net,
21:02puisque finalement,
21:02on risque d'avoir,
21:03comme tu disais,
21:04Jean-Dic,
21:06Internet à plusieurs vitesses,
21:07même pas que deux vitesses,
21:08plusieurs vitesses.
21:09Et ceux qui auront un service
21:12payant, plus cher,
21:13auront peut-être
21:14une meilleure qualité de service.
21:14Si on va vers ça,
21:16effectivement,
21:16c'est la fin de la neutralité
21:17du net.
21:17On en reparlera.
21:19Je vous propose
21:19qu'on attaque
21:21notre revue de presse.
21:22On n'a plus beaucoup de temps
21:22déjà à vous.
21:23Ça va trop vite.
21:24Alors, on voulait citer
21:25un courrier international
21:26pour changer aujourd'hui
21:28qui fait sa une
21:28sur les Chinois
21:29qui se ruent
21:29sur OpenClo.
21:31Voilà, l'IA
21:31qui agit plutôt
21:32qu'elle ne parle.
21:33Donc, je voulais avoir
21:34votre avis
21:35sur cette IA agentique
21:36qu'on installe
21:37sur nos ordinateurs
21:38qui permet
21:39d'avoir des agents
21:41qui automatisent
21:42des tâches
21:43pour nous
21:44en local.
21:45Vous êtes fan
21:46ou pas
21:47d'OpenClo ?
21:48Dans une certaine.
21:49Allez, montrez vos cartons.
21:51Qu'est-ce qu'on est
21:53frileux ?
21:53Allez, devant le micro,
21:54s'il vous plaît.
21:56Angélique,
21:56devant le micro.
21:57Voilà.
21:58Parfait.
21:58Donc, oui,
21:59on n'est pas hyper fan.
22:01Allez, on va prendre
22:02le plus mitigé.
22:02C'est mon côté normal.
22:06Oui, mitigé quand même
22:07parce que
22:08ça reste un service
22:09hyper intéressant,
22:12utile
22:12et qui peut produire
22:14des effets
22:16importants
22:17sur l'économie,
22:17sur le développement
22:18de nos entreprises.
22:19Mais évidemment,
22:20il a adossé
22:20à toutes ces menaces
22:21de délaisser
22:22complètement
22:23son libre-arbitre
22:24et de confier
22:25à un tiers
22:26sa destinée.
22:27Là, on franchit
22:28un cap.
22:29Il faut évidemment
22:30encadrer, former,
22:32faire attention
22:33à ce que l'on fait.
22:33Mais c'est une avancée
22:34dont on ne pourra pas
22:35se passer demain.
22:36Et je pense simplement
22:37qu'il faut faire attention.
22:38C'est un outil open source.
22:39C'est ça le problème.
22:40Pour l'instant,
22:40le tiers n'est pas
22:41un grand méchant
22:43commercial.
22:44Oui, mais c'est anxiogène
22:45derrière parce qu'on ne sait pas
22:46comment ça va évoluer.
22:48Voilà, c'est une IA
22:48qu'on peut façonner.
22:50C'est un multiplicateur
22:51de capacités.
22:52Mais j'ai mis
22:52un carton rouge.
22:54Je pense qu'il y a quand même
22:55quelque chose de fondamental.
22:56C'est qu'on peut automatiser
22:57les tâches
22:58mais pas la relation.
22:59Là, on délègue.
23:01On a vraiment un agent
23:02qui est dans une chaîne
23:03de décision pour nous.
23:05Il y a un enjeu stratégique
23:07à mes yeux
23:08parce que
23:09toutes ces nouvelles technologies
23:11et tous ces agents IA
23:12sont majoritairement
23:14sous impulsion américaine.
23:16Est-ce qu'on est prêt
23:18effectivement
23:19à laisser cette logique
23:20de décision
23:22collectivement,
23:23tous ensemble ?
23:25Et qui porte la responsabilité
23:28quand il y a un problème ?
23:29Parce que le sujet
23:30ce n'est pas l'erreur,
23:31c'est l'erreur invisible.
23:32C'est celle qu'on ne voit pas.
23:34Et donc, pour moi,
23:35effectivement,
23:36pour l'instant,
23:36je suis en rouge.
23:37Je demande à voir.
23:38Je n'ai pas encore testé.
23:40Donc, c'est un gros point
23:41d'interrogation.
23:42Et il y a déjà eu
23:43des gros sujets
23:44sur la cybersécurité
23:45avec évidemment
23:46la nécessité
23:47à un moment donné
23:48pour OpenCloud
23:48d'avoir cet accord
23:51avec Virus Total
23:52pour que tous
23:53les nouveaux développements
23:54soient scannés.
23:55Mais le risque
23:56qu'il y ait des backdoors
23:57reste néanmoins
23:58très important.
23:59Moi, j'ai mis rouge
23:59parce que je ne suis pas prête
24:00à donner toutes les clés
24:01de chez moi,
24:02tous mes dossiers,
24:03mes accès aux mails
24:04et tout ça.
24:04Je ne suis pas prête.
24:05Le numéro de carte bancaire.
24:06C'est ça.
24:07Alors, là,
24:08on va citer un post LinkedIn
24:10de Gaëtan de Lavilléon
24:12qui est le cofondateur
24:13de COGX,
24:15une agence de conseil
24:15en sciences cognitives
24:16qui nous dit
24:17que l'IA ne nous libère pas
24:19autant de temps
24:19que nous pensions.
24:20Par contre,
24:21elle sature notre cerveau.
24:22Vous êtes d'accord
24:23ou pas d'accord ?
24:25Moi, je suis d'accord.
24:26Oui, je suis d'accord
24:27avec lui
24:28mais Philippe n'est pas d'accord.
24:30Ah non, ça désature le cerveau
24:31malheureusement.
24:32C'est bien le problème.
24:33Ah trop !
24:34Ah, c'est ça !
24:36C'est vraiment le problème
24:37de désaturer notre cerveau.
24:38On ne se le cite plus du tout.
24:38Mais oui.
24:39C'est pour ça que je me mets à rouge
24:40parce que je ne suis pas d'accord
24:41avec cette citation
24:41même si j'ai bien compris
24:42le sens de ce qu'il voulait dire.
24:43Oui, parce que pour l'instant
24:44ça n'a pas fait ses preuves
24:45quand même en termes de gain de temps.
24:47Et puis moi,
24:47ça me fait penser comme au numérique
24:48on nous disait
24:49on n'aura plus de papier
24:49et tout ça moteur
24:50hop, je suis encore avec des feuilles
24:51et je passe encore plus de temps
24:54sur les écrans qu'avant.
24:55C'est ça.
24:56En réalité, je pense que ça dépend
24:57de la nature de l'utilisateur.
24:59Dans mon cas, en fait,
25:01ça n'allège pas ma charge mentale
25:02ça la déplace
25:03parce qu'il faut relire,
25:06arbitrer, re-challenger l'IA.
25:08Quand on le fait sérieusement,
25:09en fait, cérébralement,
25:11il y a une fatigue.
25:13Il y a une fatigue décisionnelle.
25:14Et puis surtout,
25:16moi j'étais déjà très efficace,
25:17un peu hyperactive.
25:18En fait, j'en fais cinq fois plus.
25:20C'est ça ce qui est terrible.
25:21Donc je suis devenue une chivalre
25:22à la productivité.
25:23Donc voilà,
25:24entre production, décision
25:26et en fait,
25:26t'es beaucoup plus sollicité aussi.
25:28Et donc je trouve
25:29qu'il y a une intensification du rythme.
25:31Donc pour moi,
25:32l'IA ne libère pas du temps.
25:34Elle permet d'être omnisciente.
25:35Est-ce qu'elle libère du temps à l'avocat ?
25:37Alors, c'est une excellente question
25:38puisque nous avons,
25:39au niveau du Conseil national des barreaux,
25:41fait un sondage avec Java House.
25:4267% des avocats disent que oui
25:44et que ce temps-là,
25:46dans la même proportion,
25:46c'est assez amusant
25:48bénéficier à une meilleure relation client.
25:50Mais quelque chose me dit
25:51que dans les résultats de ce sondage,
25:53il y a d'une certaine manière
25:54un biais entre ce qu'on espère
25:56que l'IA va vous apporter
25:57et la réalité de terrain
25:58qui, moi, à titre personnel,
26:00n'est malheureusement pas aussi positive
26:02même si on a un...
26:03Moi, les avocats m'ont dit
26:04qu'on perd tellement de temps
26:05à démonter ce que ChatGPT ou autre
26:08a expliqué aux clients
26:09qui arrivent chez nous.
26:10Il y en a des liens généralistes.
26:11Nos métiers d'avocat
26:12sont de plus en plus experts.
26:14et malheureusement,
26:15si vous n'avez pas une IA experte,
26:17ça ne donne généralement
26:17pas le résultat souhaité,
26:19y compris sur des tâches
26:20purement administratives.
26:21Avec des risques de dégénérescence
26:22quand l'IA va puiser elle-même
26:23ses réflexions
26:24dans ce qu'elle a produit précédemment
26:25avec une plus faible valeur ajoutée
26:27et c'est toute la difficulté.
26:29Et alors du coup,
26:30encore plus de travail
26:31pour recorriger, revérifier.
26:33C'est ça.
26:33Allez, je vais vous demander
26:35quels étaient vos coups de cœur
26:36ou vos coups de gueule ?
26:37Vous êtes venu avec quoi aujourd'hui ?
26:39Pierre-Éric ?
26:39Allez, oui,
26:40puisqu'on a reçu l'ordre d'Arcos
26:41à la commission de réplique de l'IA.
26:42C'est un coup de cœur ou un coup de gueule déjà ?
26:43Donc c'est un coup de cœur.
26:45Un coup de cœur, oui.
26:46Le carton vert pour cette sénatrice
26:48a proposé une loi
26:50qui va permettre d'introduire
26:53une présomption de responsabilité
26:55sur les fournisseurs d'IA
26:57quant au développement,
26:59au déploiement
27:00et aussi aux résultats générés par une IA.
27:02Et ça, ça va être vraiment
27:04responsabilité sur le droit d'auteur.
27:06Absolument.
27:06Par rapport à la réutilisation
27:08finalement d'œuvres préexistantes,
27:10il suffira d'un indice,
27:11donc ce sera très faible
27:12en termes de standards juridiques,
27:14pour établir la responsabilité
27:16des fournisseurs d'IA.
27:17On parlait de partage de la valeur.
27:19Je crois qu'en tous les cas,
27:21ça va introduire,
27:22et c'est ce que veut la sénatrice,
27:23pas tellement des procès
27:24et des condamnations
27:26en dommages et intérêts,
27:27mais du moins d'ouvrir la porte
27:29de tous les grands éditeurs d'IA.
27:31On a reçu les rapports
27:32et les rapporteurs de ce texte,
27:33bravo.
27:34Et le Conseil d'État a validé
27:35cette proposition de loi
27:36qui devrait passer là,
27:37avant l'été.
27:37Allez, très vite,
27:38j'ai des coups de cœur, coups de gueule ?
27:39Coups de gueule ?
27:40Oui.
27:40Moi, j'en ai marre.
27:42Oui.
27:43C'est quoi ?
27:43J'en ai marre, en fait,
27:44on est en train d'importer
27:46les reculs américains
27:49sur la diversité.
27:51Et donc, je trouve qu'en Europe,
27:53on n'a pas le luxe
27:54d'aller sur ce type de sujet,
27:55et pourtant,
27:56on voit les budgets
27:56qui chutent sur l'inclusion
27:58et la diversité.
27:58Il y a un manque
27:59de représentativité
28:00des femmes dans la tech.
28:01Encore une fois,
28:02on n'exploite pas
28:03la totalité du vivier.
28:05C'est un vrai enjeu économique,
28:07démocratique.
28:08C'est plus qu'un sujet sociétal.
28:10Avec l'IA,
28:11ça devient un enjeu d'humanité.
28:13Et donc,
28:13peut-être qu'aux États-Unis,
28:15on peut se permettre
28:15ce type de débat politique.
28:17Pas chère.
28:17Mais pas nous en Europe,
28:19il faut se concentrer sur la paire.
28:20Allez, 4 secondes.
28:21Coup de cœur
28:21pour la transition digitale
28:23en Afrique
28:23et l'enthousiasme,
28:24l'engouement des pays africains
28:25qui se prennent en main
28:27et qui deviennent
28:27de plus en plus autonomes
28:28sur les compétences
28:30et leur développement numérique.
28:31Merci beaucoup
28:31de les mettre en lumière.
28:32On termine peut-être
28:33avec des images
28:33de Artemis II
28:34qui étaient mon coup de cœur.
28:35Merci à tous
28:36de nous avoir suivis.
28:38C'était donc
28:39le grand débrief
28:40de Smartech
28:41à 10h45 jeudi prochain.
28:44On sera là à nouveau.
28:45En attendant,
28:46Smartech revient
28:46dès lundi
28:47pour de nouvelles discussions
28:48sur la tech.
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