- il y a 12 heures
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:00BFM Business et La Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edvie Chevrillon
00:10Vous êtes bien de retour dans le 18-19 avec mon invité Laurent Dumas,
00:15le patron du groupe Emmerich, promoteur immobilier. Bonsoir Laurent Dumas.
00:18Bonsoir Edvie Chevrillon.
00:19Merci d'être là. Vous partez demain au MIPIM.
00:23Le MIPIM c'est le marché, pardon je m'en étouffe,
00:26c'est le marché international des acteurs de l'immobilier, des promoteurs immobiliers.
00:32Ça se passe à Cannes, ça devait se passer plutôt bien
00:35et puis patatras, il y a cette guerre au Moyen-Orient
00:38dont finalement on ne sait pas trop bien combien de temps elle va durer,
00:41l'impact que ça peut avoir sur les taux d'intérêt.
00:43Est-ce que ça bouleverse un peu la donne de ce MIPIM, Laurent Dumas ?
00:48Alors vous savez qu'au MIPIM il y a deux grands marchés qui sont traités,
00:52il y a le marché du logement et le marché du bureau.
00:53Le marché du bureau est déjà très très très affecté par la crise qu'on est en train de traverser
00:57et de ce point de vue-là je ne suis pas sûr que la crise en Iran l'affecte encore
01:02plus.
01:03En revanche dans le logement oui ça peut avoir un effet mauvais
01:08parce qu'il faut de la confiance dans notre domaine,
01:11il faut que les acquéreurs soient là
01:12et ils doivent être là d'une part dans l'envie d'acquérir
01:16mais aussi dans la capacité à obtenir des financements dans de bonnes conditions
01:19et si cette crise devait avoir un impact, elle l'aurait sur les taux d'intérêt
01:23et ce ne serait pas bon pour notre secteur.
01:24Oui, il y a tous les professionnels de l'immobilier qui viennent, y compris du Moyen-Orient,
01:28il y a des investisseurs, comme vous l'avez dit, c'est eux qui souvent investissent plutôt dans les bureaux.
01:34Si on essaie de faire un peu un point sur la situation, vous diriez quoi ?
01:38Alors, sur l'Île-de-France en tous les cas, le marché du bureau est dans une...
01:42D'abord, mondialement, le marché du bureau est dans une très grande crise
01:44et en Île-de-France, le marché du bureau est dans une situation assez dramatique
01:49puisqu'il y a plus de 6 200 000 m² de vacances sur un parc de 60 millions
01:53et dans ces 6 200 000 m², toutes les études s'accordent à dire
01:57qu'il y en aura au moins 2 millions qui ne seront plus jamais du bureau
02:00donc il va falloir en faire autre chose.
02:02Ça peut être une bonne nouvelle, non ?
02:04Parce qu'à ce moment-là, on sait qu'il y a une crise du logement
02:06donc on peut les transformer ?
02:07Oui, faut-il encore que les propriétaires de ces immeubles
02:10acceptent les conditions dans lesquelles ces immeubles seront achetés
02:13pour pouvoir en faire ici une résidence étudiante, ici un hôtel,
02:17ici en tous les cas autre chose que du bureau.
02:18Et ce point, selon moi, est en train d'arriver.
02:21C'est-à-dire la prise de conscience d'un immeuble qui coûte tous les jours
02:24parce qu'un immeuble vous coûte en entretien, vous coûte en assurance,
02:27vous coûte en gardiennage, il va bien falloir en faire autre chose
02:29et ces 2 millions de m² vont pouvoir se transformer en autre chose
02:33d'autant que beaucoup de maires ont pris conscience
02:36qu'il était essentiel de transformer ce parc.
02:38Oui, ok, cela dit, une tour de la défense a transformé un logement,
02:41ce n'est pas évident parce que vous avez des grands plateaux
02:44avec des grandes baies vitrées, ce n'est pas évident.
02:47Non, mais quand vous regardez un de vos confrères aujourd'hui
02:50qui parle de la transformation des immeubles de bureau à New York
02:52et que ces immeubles ont pu être transformés ici en 1300 ou 1400 appartements,
02:58ça a été fait grâce à des avantages fiscaux très significatifs
03:02qui ont été accordés pour réaliser ces opérations.
03:05Et donc, on devrait aller, si on pouvait aller en tous les cas vers
03:08des avantages fiscaux liés aux transformations de bureaux en logement,
03:12je pense qu'on aurait une énorme partie du parc qui pourrait enfin se transformer.
03:16Laurent Dumas, cette crise en fait, un instant je voudrais qu'on s'arrête là-dessus,
03:20cette crise de l'immobilier de bureau, elle est due à quoi ?
03:22Elle est due au télétravail, elle est due à une conjoncture qui est mauvaise,
03:27c'est due à quoi ?
03:28Écoutez, post-Covid, vous avez eu, un, les effets du télétravail,
03:31deux, du flex office, trois, de l'intelligence artificielle
03:36qui mécaniquement va faire disparaître un certain nombre d'emplois.
03:39Oui, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.
03:40C'est déjà un peu le cas.
03:42C'est un tout petit peu.
03:42C'est déjà un peu le cas, mais surtout, les entreprises se sont resserrées,
03:46ont utilisé moins de mètres carrés, le télétravail a beaucoup créé de vacances,
03:49et puis il y avait un parc immobilier qui était dans un état d'assez mauvais état d'entretien.
03:57Il y avait dans le même temps des immeubles de bureaux neufs qui étaient en production
04:01et les sociétés se sont beaucoup recentrées sur Paris intramuros.
04:05En tous les cas, je vous parle de l'Île-de-France.
04:06Encore quelques marchés qui marchent très bien, Boulogne, Levalo-Auneui,
04:10mais il y a des marchés secondaires qui se sont totalement effondrés
04:13et c'est ces immeubles-là qu'il faudra transformer.
04:16Les investisseurs, quels sont-ils aujourd'hui ?
04:18Investisseurs de bureaux, j'entends, et que vous allez retrouver demain au MIPIM ?
04:22C'est quoi ? C'est des grands fonds ?
04:24Objectivement, il y en a très très peu.
04:25Il y a très très peu d'investisseurs pour des immeubles de bureaux.
04:29Je pense que la caisse des dépôts est encore assez active.
04:31Il y a encore de grands fonds d'investissement, sans doute BlackRock,
04:34mais dans des conditions d'acquisition qui sont très loin
04:37de celles qui avaient été envisagées par leurs opérateurs il y a encore 3 ou 4 ans.
04:41Oui, mais il y avait ce qu'on appelait à l'époque les zinzins,
04:44il y avait les assureurs aussi, qui avaient quand même des actifs immobiliers importants.
04:48Oui, mais ces acteurs font face aujourd'hui à un re-questionnement
04:54de la pertinence d'un investissement dans l'immobilier.
04:57Et pour beaucoup d'entre eux, ils vont préférer investir ici dans de la résidence gérée,
05:03ici dans de l'hôtellerie, ici dans de la logistique,
05:06mais beaucoup moins dans du bureau parce qu'ils ont à faire face à un patrimoine
05:10qui, dans leur cadre, est également vacant.
05:14Est-ce que vous pensez que là, demain, le moral va être quand même,
05:20enfin, il est déjà quand même très affecté par ce qui se passe ?
05:23Alors, encore une fois, il y a vraiment deux marchés.
05:26Il y a le marché du bureau et puis il y a le marché du logement.
05:28Le marché du logement, globalement, on a baissé de 50% les volumes depuis 2019.
05:3350% ?
05:34Schématiquement, 50% des réservations, 50% des mises en chantier et 50% du volume.
05:40Maintenant, il y a quand même deux bonnes nouvelles qui ont l'air de pouvoir nous arriver.
05:43Il y a d'abord le dynamisme de Vincent Jambrun qui connaît très bien ce secteur.
05:46Le ministre du transport du logement.
05:49Et deux, il y a les annonces du Premier ministre sur la volonté de produire 400 000 logements par an
05:56très rapidement.
05:57Ça veut dire 2 millions de logements de plus d'ici à 2030.
06:02Et ça, c'est la démonstration que le gouvernement a pris la mesure de l'urgence absolue d'aider notre
06:07secteur.
06:07Ça, le plan relance 2030, vous pensez qu'il va se réaliser ?
06:11Parce qu'on en est au combiétième plan pour essayer de relancer le logement en France.
06:17Je veux dire, c'est une véritable catastrophe.
06:19Donc, on voit bien que ça pèse partout.
06:22Ça pèse pour trouver un job.
06:23Ça pèse pour changer de job.
06:27Toute notre vie tourne autour des logements.
06:29Et on voit bien le nombre.
06:31Vous qui faites beaucoup, on va y venir des résidences pour étudiants.
06:34Et ça pèse aussi beaucoup sur les jeunes.
06:36Mais c'est là où la prise de conscience maintenant est effective.
06:39Elle est venue aussi du reste, paradoxalement, de la baisse de la natalité en France.
06:45Qui a fait apparaître que le logement était un des facteurs de cette baisse de la natalité.
06:51Puisque pour avoir le rêve d'avoir un enfant en plus, il faut une pièce en plus.
06:55La pièce en plus est très compliquée à trouver.
06:59Il faut trouver donc un moyen de produire plus.
07:01Et de produire dans des conditions financières qui ne soient plus admissibles.
07:04Le gouvernement est donc aujourd'hui en défense de l'intérêt de notre secteur.
07:10Et je pense qu'enfin, les mesures telles que celles qui ont été prises par Vincent Jean Brun
07:15et qu'il a encore annoncées sur l'assouplissement d'un certain nombre de règles
07:18au titre de la vertuosité de nos bâtiments vont aller dans le bon sens.
07:23D'accord, donc ça c'est un point positif parce qu'on en est, avec Emmanuel Macron,
07:27c'est quoi ? On a eu 10 ministres du logement ? On a eu 8 ministres du logement ?
07:30Je ne sais pas, je ne les ai pas comptés.
07:32Oui, on n'ose plus les compter, mais je crois que c'est à peu près ça.
07:34Et sans succès lorsqu'on voit le résultat aujourd'hui.
07:37Donc là, vous dites que ce plan, c'est important, ce plan 2030,
07:40il est, en tous les cas, il s'appuie sur des bons éléments.
07:44On sent, en tous les cas, qu'il y a une vraie volonté, enfin, d'accompagner notre secteur.
07:49Voilà, et il faudrait que ce soit appuyé par une règle fiscale très importante
07:52sur la transformation de bureaux en logement dont on vient de parler.
07:54Alors ce serait quoi, en fait ?
07:56Parce que vous dites un avantage fiscal, c'est ce qu'ils ont fait à New York.
07:59Vous êtes, demain, vous êtes ministre du logement, Laurent Dumas ou Vincent Jambrun,
08:04vous dites, qu'est-ce que vous voulez ? Vous dites quoi ?
08:06C'est soit de faire une TVA très incitative sur les prix de ces logements-là,
08:10quand ils sortiront, comme une TVA à 5.5, par exemple,
08:14sur les logements issus de la transformation des immeubles de bureaux en logement.
08:18Par exemple, ce serait très incitatif.
08:21Le coût pour l'État serait quoi ? Le manque à gagner, plutôt ?
08:24En fait, non, ce ne serait pas un manque à gagner, ce serait un gain,
08:26parce qu'à ce moment-là, on augmenterait la production des logements
08:29venant des immeubles de bureaux qui, de toute façon,
08:31ne produisent aucune taxe dans leurs vacances,
08:34sauf, en tous les cas, pas les revenus espérés sur des immeubles
08:39quand ils sont occupés.
08:40Et donc, vous auriez ici une production de logements qui augmenterait
08:43et qui serait taxée faiblement, mais qui viendrait compenser le prix
08:46de la transformation de ces immeubles de bureaux.
08:49Et qui, par ailleurs, répondrait potentiellement,
08:52enfin, en tous les cas, pour partie, aux 2,5 millions de demandeurs
08:55de logements sociaux qui, aujourd'hui, sont insatisfaits.
08:58Laurent Dumas, vous attendez quoi ?
09:00Vous redoutez quoi de ces élections municipales ?
09:02Parce qu'on sait que les maires, souvent, à la veille d'élections municipales,
09:05ils bloquent tout parce qu'ils ont peur de se faire taxer de constructeurs.
09:10Alors, ça n'a pas été le cas cette année.
09:13Non, c'est pour ça que je vous donne la mission.
09:14Au contraire, il y a, je pense, une très grande prise de conscience
09:18du besoin de créer des logements.
09:22Les maires qui, jusqu'à présent, ont disé d'un maire qu'il était battu
09:25parce qu'il avait été trop bâtisseur,
09:27je pense que les maires ont pris conscience de l'importance du logement
09:30pour leurs administrés
09:32et les permis ont été délivrés jusqu'à il y a encore quelques mois.
09:35Oui. Alors, Emmerich, c'est un groupe que vous avez créé.
09:39Oui. En 1989.
09:41Voilà. Vous avez... C'était votre révolution.
09:44Là, vous avez... Alors, Sudaffaires, qui, évidemment, c'est un peu rétrécis,
09:49mais, en revanche, vous avez amélioré...
09:51C'est un peu comme Atos, vous avez amélioré votre rentabilité
09:53et, surtout, vous affichez un plan de croissance très, très ambitieux.
09:57Alors, le secteur de la promotion immobilière,
09:59ils se partent combien ?
10:01Ils se partent comment ?
10:02Il y a combien de promoteurs immobiliers qui sont restés sur le carreau ?
10:05Alors, il y avait au total, au début de cette crise,
10:08il y avait environ 2 800 promoteurs.
10:11Il y en a eu plus de 700 qui ont disparu.
10:13Donc, ça fait schématiquement 25% des promoteurs.
10:17Dans un marché qui a baissé de 50% dans son volume.
10:22Et, globalement, la profession souffre.
10:24Ça reste difficile.
10:26Les effets de lancement sont beaucoup moins importants qu'ils ne l'étaient.
10:29Mais on a été très soutenus par les ventes en bloc issues d'actions logements,
10:32issues de la Caisse des dépôts, ce qu'on appelle CDCH.
10:37Et donc, en tous les cas, en Ile-de-France,
10:39on a réussi à schématiquement sécuriser 50% de nos opérations en bloc.
10:43Et, pour le reste de ce qui est à ventre au détail,
10:47on a des résultats qui sont moins bons, qui sont plus difficiles,
10:51mais qu'on arrive à atteindre et on réussit à lancer nos opérations.
10:53– Et alors, vous, vous êtes sur des créneaux un peu particuliers,
10:58la création de résidences.
10:59– Alors ça, en fait, ça, c'est issu…
11:01– Vous avez trois piliers.
11:02– Alors, aujourd'hui, on fait du logement,
11:04on fait tout le département qui était en charge
11:07de la réalisation des immeubles de bureaux
11:10et passé sur la réalisation d'immeubles de résidences étudiantes.
11:14On en a un peu plus de 3 400 lits en construction
11:18actuellement en Ile-de-France et en Espagne.
11:19Et enfin, on a initié en 2021 une activité visant à réaliser des data centers
11:26et on a une première opération qui a reçu son agrément en Ile-de-France
11:30et qui devrait être la première opération qu'on réalise dans ce domaine.
11:33– C'est quoi ? Oui, ça veut dire quoi ?
11:35Enfin, on sait ce que c'est des data centers, on sait ce que vous faites,
11:38mais ça veut dire que c'est vous ou vous réalisez des data centers ?
11:42Enfin, vous construisez ? Vous transformez de l'immobilier en data centers ?
11:46– On identifie un terrain, on identifie un maire qui souhaite avoir une activité de data center sur sa commune,
11:53on réalise toutes les opérations administratives préalables à la construction du data center
11:58et on s'associe après avec un opérateur de data center.
12:02– D'accord, mais ça c'est un doit-être un marché assez porteur, non ?
12:04– Ça l'est, ça l'est. Enfin, on espère que ça va l'être encore un peu plus aujourd
12:08'hui,
12:09mais je vous dis, ce sont des opérations longues, car celle dont je viens de vous parler a été initiée
12:14en 2021
12:15et les permis devraient être définitifs en 2027.
12:19Donc c'est des opérations qui sont très longues, mais qui, une fois qu'elles ont reçu leurs autorisations administratives,
12:24intéressent beaucoup de porteurs.
12:26– Oui, les grandes réalisations c'était quoi ?
12:28– D'Amrige ?
12:30– Oui.
12:30– Pour l'année, on a la continuité de notre opération de la Pointe-à-Mont sur l'Ile-Soguin,
12:35un très gros programme en association avec ICAD, qui est dans le sud de la France,
12:39qui est la transformation de la base aérienne de Rugby de Cap-Martin,
12:42et ce qui passe à l'écran, qui est la transformation d'un garage qui s'appelait le Garage des
12:51Nations,
12:51qui est une opération d'un peu moins de 30 000 m2, qui se trouve dans le 12e arrondissement de
12:55Paris.
12:56– Est-ce que l'État, vous disiez tout à l'heure que l'État, en fait, prenait votre défense,
13:02enfin il avait pris la mesure de cette crise du logement,
13:03donc le plan Relance 2030 était bien parti sur des reins, etc.
13:08Est-ce que l'État vend enfin un peu son patrimoine immobilier ?
13:12Parce que l'État est un détenteur incroyable de biens immobiliers,
13:17tout comme la SNCF, tout comme des grandes entreprises publiques.
13:19Ça, ça pourrait permettre justement de…
13:22– Alors, l'État en vend régulièrement,
13:24il y a du reste un site d'écession des immeubles de l'État.
13:29À ma connaissance, il n'y a pas eu de très grandes opérations dans les dernières années.
13:34Nous avions réalisé à l'époque, dans ce cadre-là,
13:37la transformation du siège des douanes qui était à l'angle de la rue de l'Université
13:41et de la rue du Bac, en partenariat avec le fonds Carlyle.
13:44Mais c'est la dernière grande opération de l'État dans laquelle nous, nous soyons intervenus.
13:50– Oui. Quand vous… ça, c'est vos grands projets, programmes, on va dire.
13:57Les résidences étudiantes, parce que ça, ça m'intéresse beaucoup,
14:00c'est un point qui est un peu… ça représente combien de votre chiffre d'affaires ?
14:04– Ça va commencer à représenter beaucoup,
14:07parce que d'abord, on a l'intention de multiplier nos implantations,
14:11tant du reste en Île-de-France qu'en région.
14:14Et puis, il y a un manque énorme, les étudiants sont insatisfaits,
14:17la demande des étudiants est insatisfaite,
14:20et le marché est d'une profondeur absolument considérable.
14:23Et surtout, c'est un produit qui, aujourd'hui, plaît aux investisseurs.
14:27C'est-à-dire, ce sont des immeubles qui sont adossés à des exploitants
14:33qui sont très sérieux, qui ont montré leur capacité à gérer et à remplir ces immeubles.
14:38Et pour un investisseur, aujourd'hui, à l'image de ceux, les zinzins dont vous parliez tout à l'heure,
14:44d'avoir un immeuble qui est entièrement loué à un bailleur
14:48et dont il a la certitude de remplir quasiment la totalité de son immeuble,
14:53c'est le gage d'une sécurité sur le très long terme, ce que cherchent ces investisseurs.
14:56Est-ce que la bureaucratie, toutes les mesures, les règles qui pèsent sur votre secteur,
15:04c'est un vrai frein ?
15:05Parce qu'on voit que c'est extrêmement compliqué, les normes se multiplient.
15:10Est-ce que pour vous, c'est un vrai frein à la construction ?
15:13Ou du moins, une construction qui soit raisonnable en termes de prix ou pas ?
15:18Le plus grand frein dans notre secteur, ce sont les recours des tiers.
15:23Mais pourtant, ça s'est simplifié.
15:25Écoutez, non, ça s'est raccourci, il y a une procédure qui est désormais plus courte,
15:28mais sauf que ça s'est considérablement multiplié.
15:31Il y a quasiment, rendez-vous compte, il n'y a quasiment pas un permis
15:34qui sort aujourd'hui qui ne fait pas l'objet d'un recours.
15:37Et dans 70% des cas, c'est un recours dans un intérêt financier.
15:43Donc ça a un coût économique, ça retarde les opérations de construction,
15:46ça retarde la livraison des immeubles de logements accessions,
15:49mais aussi de logements sociaux, de logements intermédiaires,
15:52ça retarde les opérations de résidence étudiante,
15:54il y a un énorme problème national sur les recours,
15:59c'est devenu une économie parallèle,
16:02et certes, ça a été largement simplifié,
16:05mais ça reste une procédure très longue,
16:07c'est-à-dire qu'un permis qui fait l'objet d'un recours,
16:10schématiquement, vous ne réglez pas le problème avant deux ans.
16:13Comment est-ce que vous comptez, vous enclenchez un point de croissance,
16:16et vous visez 800 millions de chiffres d'affaires d'ici 2029,
16:21donc ça fait d'ici trois ans,
16:24comment vous comptez faire ça ?
16:25Quatre si on prend l'année 2026,
16:26et c'est par rapport à 25.
16:30D'abord, on a deux grands leviers,
16:34qui sont, un, la décision que j'ai prise de développer les territoires,
16:39sachant qu'on était implanté uniquement dans le sud de la France,
16:42on va développer, dans un premier temps,
16:44deux grandes régions qui sont Savoie-Haute-Savoie,
16:46Lac-Dency, Genevoie-Français,
16:48et la région de Bretagne,
16:51puis deux autres viendront à la suite,
16:53et enfin, un véhicule d'investissement qui s'appelle Emetam,
16:56qui a pour vocation d'acheter ces immeubles de bureaux
16:58dont on parlait tout à l'heure,
16:59immeubles de bureaux qui sont destinés à devenir autre chose,
17:02et qui, cette structure-là,
17:04doit apporter à Emmerich un niveau d'activité,
17:08et ces trois pôles,
17:10le logement chez Emmerich actuel,
17:11plus les territoires, plus Emetam,
17:14seront trois pôles qui devraient nous permettre
17:16d'arriver à 800 millions de chiffres d'affaires en 2029.
17:18Oui, ça, Emetam, c'est essentiellement en Ile-de-France,
17:22c'est pour l'instant.
17:24Alors, oui et non,
17:25c'est dans les régions dans lesquelles on sera présent,
17:28mais oui, la plus grosse partie du stock à transformer
17:30est en Ile-de-France,
17:32mais on a déjà gagné par cette société,
17:35enfin, par ce véhicule d'investissement,
17:37une opération à Cannes,
17:38donc dans le sud de la France,
17:39et l'essentiel de nos offres actuellement en cours
17:43sont sur le périmètre de l'Ile-de-France.
17:46Tiens, à propos de l'Ile-de-France,
17:47je ne sais pas si vous avez vu cette information,
17:49ce tweet, c'est Edoui Plenel de Mediapart,
17:52qui dit que l'ex-président de l'Assemblée nationale,
17:55Claude Barthelon, reconverti dans le lobbying,
17:57je cite toujours,
17:58aurait touché entre 2022 et 2024
18:01plus de 10 millions d'euros de votre part,
18:05parce qu'en lien avec des opérations en Seine-Saint-Denis,
18:08vous confirmez ou pas Laurent Dumas ?
18:09Alors, ce que je peux vous dire,
18:10c'est que je ne confirme ni n'infirme
18:12ce qui est produit par Mediapart,
18:14et ce que je peux vous dire,
18:16c'est que depuis 37 ans que la société existe,
18:18nous ne faisons que des opérations
18:19dans le strict respect de l'égalité
18:22et donc toutes les opérations qui sont faites chez Emmerich
18:24le sont dans ce cadre-là.
18:26D'accord, mais Claude Barthelon travaille pour vous ?
18:28Et Claude Barthelon est un de nos correspondants,
18:32mais pour le reste,
18:33je ne donnerai aucune information
18:35qui soit d'ordre confidentiel.
18:37Laurent Dumas,
18:39vous dites ni oui ni non,
18:40donc c'est une manière aussi de confirmer quelque part, non ?
18:43Non, je ne confirme ni n'infirme.
18:46Jamais vous n'avez pensé à l'international ?
18:48Si, on a ouvert en Espagne il y a maintenant 10 ans.
18:51Je m'avais échappé.
18:53Mais c'est une petite activité,
18:55et si vous voulez,
18:56on préfère se concentrer sur la France
18:58qui est, du fait de la disparition
19:00de 700 promoteurs confrères,
19:04eh bien ça ouvre la possibilité
19:06pour nous, Emmerich,
19:07qui avons cette réputation
19:08de faire des immeubles de qualité,
19:10d'aller nous implanter en région
19:11plutôt que d'aller le faire à l'étranger.
19:13D'accord, mais en région,
19:14ce que j'aimerais savoir,
19:14parce qu'on voit bien,
19:16alors il y a des villes évidemment,
19:16si on parle de Lyon, Marseille,
19:18vous parliez du sud de la France,
19:21à Toulouse,
19:21il y a quelques grandes métropoles,
19:22mais sinon à un moment,
19:24on pensait que les villes moyennes
19:26allaient justement voir leur immobilier
19:28bousser avec le télétravail,
19:29dont vous parliez tout à l'heure,
19:30et puis en fait on se rend compte,
19:32un, il y a un set de rétro-pédalage
19:34sur le télétravail,
19:35les entreprises disent,
19:36non, maintenant il faut vous revenir
19:37travailler dans nos locaux,
19:40et que du coup,
19:41l'immobilier,
19:41il souffre beaucoup
19:42dans ces villes moyennes.
19:44Alors, il souffre beaucoup,
19:46tout dépend de
19:49les villes moyennes
19:50que l'on choisit,
19:52le télétravail ne fait pas
19:54s'effondrer l'immobilier de logement,
19:56il fait surtout s'effondrer
19:57l'immobilier de bureau,
20:00et la volonté des Français
20:03reste quand même
20:03de devenir propriétaire.
20:05Et on a bien vu,
20:06à partir de 2024,
20:07quand les banques ont commencé
20:08à desserrer les taux du crédit,
20:09on a vu les acquéreurs revenir,
20:11on a vu,
20:13et y compris en 2024 et 2025,
20:15et on a vu la production
20:16considérablement baisser.
20:18Donc il y a bien un moment
20:19où l'acquéreur,
20:21celui qui souhaite absolument acquérir,
20:23va venir retrouver,
20:26dans la confiance
20:27que l'on espère lui voir retrouver,
20:30le promoteur
20:31et les programmes,
20:32quand ils ont la faculté
20:34d'avoir un bon emplacement,
20:36d'avoir une qualité de construction
20:37qu'ils souhaitent avérer,
20:38et de correspondre
20:40à ce qui est attendu
20:40par les acquéreurs.
20:41Oui, à condition
20:43que le robinet des banques
20:45ne se referme pas.
20:47Écoutez, sur l'immobilier,
20:49il s'est plutôt réouvert.
20:50Oui, mais là,
20:51avec ce qui se passe,
20:51c'est encore une fois.
20:52C'est hors, évidemment,
20:53un pacte actuel
20:55de ce que nous vivons,
20:57mais qui touche,
20:57évidemment, notre secteur,
20:59mais qui touche
20:59tous les secteurs,
21:00au sens large du terme,
21:01avec la hausse du baril
21:02à 100 dollars.
21:03On voit bien les effets
21:04que ça peut avoir,
21:04notamment sur les cours
21:07de l'ensemble des sociétés
21:08de notre secteur.
21:08Est-ce que le blocage
21:09des loyers,
21:09notamment dans des villes
21:10comme Paris,
21:11comme la capitale,
21:12est-ce que c'est nécessaire
21:14pour permettre
21:15à des gens,
21:16à des jeunes,
21:17mais pas seulement,
21:19à des familles
21:19de pouvoir avoir
21:22un appartement
21:23à Tramuros ?
21:24Écoutez, moi,
21:25je crois que le blocage
21:26des loyers
21:27est une erreur.
21:28Parce que,
21:29finalement,
21:30un,
21:31il est très,
21:32très difficile
21:32à contrôler,
21:34et deux,
21:35il n'a pas
21:36l'effet
21:38qu'il devrait avoir
21:39puisque le seul effet
21:40qui permettrait
21:41de réguler les loyers,
21:42c'est de produire plus.
21:43Il faut plus de logements,
21:45il faut plus de logements sociaux,
21:46il faut plus de logements
21:47intermédiaires,
21:48ce sur quoi
21:48insiste beaucoup
21:49le ministre Jean Brun,
21:50et il faut plus
21:51de logements accessions.
21:52Et c'est en débloquant
21:54tout le marché
21:55qu'on réussira
21:55à réguler la location.
21:57Qu'est-ce qui fait
21:57que les loyers
21:58explosent aujourd'hui ?
21:59C'est parce qu'il y a
22:00énormément de biens
22:01dont la catégorie
22:03était telle
22:03qu'ils ne pouvaient plus
22:04les tenir la location
22:04qui ont été retirés.
22:05C'est la protection
22:07des locataires
22:09qui est telle
22:10qu'on a énormément de mal
22:11soit à se faire payer
22:12son loyer,
22:12soit à le libérer
22:15quand on a un conflit.
22:16Et ça n'est pas
22:17le gel des loyers
22:19ou l'encadrement
22:20des loyers
22:21qui, à mon avis,
22:22va régler le problème
22:24des 2,5 millions
22:25de personnes,
22:26familles,
22:26qui cherchent aujourd'hui
22:27un logement social
22:28en France.
22:29Merci beaucoup.
22:30Donc, 2026,
22:31une année plutôt
22:31en demi-teinte,
22:32ça ira mieux
22:33en 2027,
22:342028 ?
22:35Écoutez,
22:36on verra
22:37ce qui va se passer
22:38en 2026.
22:39Voyons déjà
22:39la situation internationale
22:41et la façon
22:41dont elle évolue.
22:42Mais on devrait avoir
22:43une année
22:44à l'image de celle
22:45qu'on a eue
22:46en 2025,
22:47mais avec une évolution
22:48puisque c'est tous
22:49les programmes
22:49qu'on a pu engager
22:50en 2025
22:51qui continueront
22:52à se construire
22:53en 2026.
22:54Combien de programmes
22:55ont engagé
22:55en 2026 ?
22:56On a acheté
22:57plus de 18 programmes
22:58en 2025
22:59et donc on en aura
23:01à peu près l'équivalent,
23:02on a un programme
23:03d'acquisition
23:03d'une vingtaine
23:04d'opérations
23:04en 2026.
23:06Merci beaucoup
23:07d'avoir été avec nous.
23:08Laurent Dumas,
23:09le patron du groupe
23:11Emmerich,
23:12du promoteur immobilier,
23:13merci d'avoir été
23:14avec nous.
23:14Bon mipim,
23:15vous nous racontez
23:16comment ça s'est passé,
23:16on va surveiller ça.
23:18Voilà,
23:18c'est la fin
23:19de ce 18-19.
23:20Tout de suite,
23:20vous retrouvez
23:21Stéphanie Collot
23:22pour son grand journal
23:22de l'écho.
23:23Bonne soirée.
23:25Le 18-19
23:27d'Edwige Chevrillon
23:28sur BFM Business.
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