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  • il y a 2 heures
Tandis que les crues se sont multipliées dans le pays, la géographe Magali Reghezza-Zitt pointe du doigt des choix d’aménagement passés qui s’avèrent aujourd’hui incompatibles avec les conséquences du changement climatique.

Retrouvez la « Terre au carré » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre

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News
Transcription
00:07Musique
00:18Aujourd'hui, inondations quand l'urbanisme aggrave la montée des eaux, racontée par
00:22Magali Riguezazit, géographe et spécialiste de catastrophes naturelles.
00:29France Inter
00:32La Terre au Carré
00:35Mathieu Vidard
00:37Février dernier, à la Réole en Gironde, des employés municipaux traversent une route noyée par la Garonne en cru.
00:43L'eau a tout envahi, les champs, les rues, les parkings, les maisons.
00:46Dans toute la matière ouest du pays, les cartes de vigilance se sont teintées de rouge.
00:51On a parlé de crues généralisées avec des bassins versants saturés et des épisodes pluvieux intenses.
00:56Depuis des décennies, les paysages ont été transformés des haies arrachées, des zones humides asséchées, des prairies converties en grandes
01:04cultures.
01:04Avec ces rivières qui ont été modifiées, les villes se sont étalées et ont été imperméabilisées.
01:10Petit à petit, tout ce qui permettait de ralentir et d'infiltrer l'eau a été dégradé.
01:15L'appauvrissement des sols est tel qu'ils ne peuvent plus retenir la pluie.
01:18Résultat donc, quand les précipitations s'intensifient, l'eau se concentre en aval et déborde.
01:24Derrière ces choix techniques, il y a aussi une logique d'hyper contrôle hydraulique qui est coûteuse et qui peut
01:30parfois masquer les causes profondes.
01:32Car il faut drainer, canaliser, construire des digues, creuser des bassins et curer les rivières.
01:37Mais si la réponse était ailleurs, ralentir plutôt qu'accélérer, infiltrer plutôt qu'évacuer, restaurer des sols vivants, des forêts
01:45diversifiées, des rivières libres, désimperméabiliser les villes, recréer des zones d'expansion de crues.
01:51Bref, apprendre à cultiver l'eau comme certains le disent.
01:56Après les crues de février, la question n'est peut-être plus seulement comment se protéger de l'eau, mais
02:00comment redonner au territoire la capacité de l'accueillir.
02:04Et c'est cette histoire que nous allons vous raconter.
02:12Les sols ont une qualité qui s'est dégradée avec le temps, notamment liée à l'agriculture intensive.
02:16Ça fait qu'ils ont perdu une capacité de stockage de l'eau.
02:20Et c'est un petit peu comme l'exemple d'une grande carafe qui serait la pluie avec un verre.
02:25Le verre, si vous pouvez le remplir plusieurs fois et le vider tranquillement, c'est l'exemple du sol avec
02:31une capacité réduite.
02:32Il est moins capable d'absorber les pluies intenses.
02:35Selon le GIEC, le dérèglement climatique va rendre les puits plus intenses et plus fréquentes, exposant des millions de Français
02:41à des inondations de plus en plus violentes.
02:43Et on entendait Florence Abetz, hydro-géologue au CNRS.
02:47C'était le 21 février dernier sur l'antenne de France 24.
02:51Bonjour Magali Regezazit.
02:52Bonjour.
02:52Ces inondations qui ont traumatisé de nombreuses régions et qui ont plongé des milliers de personnes dans le désarroi encore
02:58aujourd'hui, il faut malheureusement considérer qu'elles vont se multiplier.
03:02Alors en fait, on oublie qu'elles existent déjà et qu'on en a chaque année.
03:07Donc ce n'est pas quelque chose de nouveau.
03:09Effectivement, ce qui va se multiplier, c'est l'intensité des dommages.
03:12Parce qu'en fait, c'est ce qui a été dit avec le changement climatique.
03:15Il ne va pas forcément pleuvoir plus, mais quand il pleut, les pluies sont plus importantes, plus intenses.
03:20Les phénomènes intenses de pluie sont plus fréquents.
03:23Enfin, ne sont pas plus fréquents, pardon, non, mais sont plus importants.
03:25Et donc, de fait, comme on a cette pluie importante qui arrive sur des territoires qui se sont fragilisés,
03:33à la fois parce que les activités qui sont présentes sont plus exposées, les populations sont plus exposées,
03:38et puis parce que la manière dont on a aménagé ce territoire, dont on a transformé,
03:43fait qu'on va avoir une modification des phénomènes physiques,
03:47on va avoir aussi une propagation des dommages, on va avoir une transformation des dommages.
03:52Et bien, tout ça fait qu'on a le cocktail idéal pour avoir plus de catastrophes.
03:56Vous dites que ça va s'intensifier, pas forcément se multiplier.
03:59Pourtant, on a quand même le sentiment que ces inondations, ces crues sont de plus en plus nombreuses
04:03et qu'il n'y a jamais eu autant de pluie que ces derniers mois.
04:05D'ailleurs, les études le montrent.
04:07Alors, il faut faire attention entre ces extrêmes.
04:10C'est-à-dire qu'on va en fait avoir, avec le changement climatique, plus il s'intensifie,
04:14plus on va avoir ce qu'on appelle de la variabilité entre les années.
04:17On va avoir des hivers très, très pluvieux.
04:19On va avoir des hivers, au contraire, peu pluvieux.
04:23Ce qu'on imagine aujourd'hui, ce que dit Météo France dans son dernier rapport,
04:27qui est accessible à tous, j'insiste parce que le travail de Météo France a été vraiment remarquable.
04:31On a aujourd'hui en ligne, il suffit d'aller chercher sur le site de Météo France,
04:34qu'on appelle la TRAC, la trajectoire d'adaptation au réchauffement climatique.
04:38On voit en fait que va être notre futur climatique à horizon 2050.
04:42Donc, on va avoir à l'année, il plût à peu près de la même manière.
04:46Mais ces pluies ne sont pas réparties de la même manière sur l'année.
04:50Et surtout, on a des années très pluvieuses, des années moins pluvieuses.
04:54Et ça, c'est très compliqué, parce que ces écarts font que pour s'adapter,
04:58est-ce qu'on s'adapte au trop peu, au beaucoup trop ?
05:02Tout ça va demander de revoir notre manière de vivre avec ces extrêmes hydrologiques.
05:10Justement, le rôle du climat, il est prépondérant dans ces événements-là, ces dernières semaines ?
05:15Alors, non, il n'est pas prépondérant.
05:17Enfin, ça dépend en fait de ce qu'on regarde.
05:20Si on regarde le mécanisme physique, on sait aujourd'hui qu'on a des mécanismes très classiques,
05:24des orages, des précipitations, tout ça, on connaît.
05:27Le changement climatique va doper certains événements.
05:31Mais ce changement climatique et ces événements physiques, ils n'arrivent pas n'importe où.
05:36Ils arriveraient dans le désert, il n'y aurait pas de problème.
05:38Ils arrivent sur des territoires qui ont une histoire,
05:41qui ont connu, notamment dans les 30-40 dernières années,
05:44des dynamiques démographiques, économiques, foncières,
05:48des mutations très, très, très profondes de leurs activités,
05:53mais aussi de la répartition des êtres humains et des infrastructures.
05:56Et quand vous mettez en face d'un phénomène physique de l'exposition de personnes,
06:03de biens, d'activités qui sont intrinsèquement fragiles,
06:07eh bien, ça crée une catastrophe.
06:09Et c'est ce qui vous explique qu'on peut avoir des très faibles pluies,
06:12très faibles, relativement faibles pluies,
06:14avec des gros dommages,
06:16et puis qu'on peut avoir de très grosses pluies et très peu de dommages.
06:19Donc, c'est le régime de pluie qui va changer aussi, là, dans les mois qui viennent ?
06:24Alors, le régime de pluie change, c'est-à-dire qu'en gros, sur l'année,
06:27on va avoir des étés de plus en plus secs, ça, on le sait.
06:29Les hivers ne vont pas être forcément moins pluvieux.
06:32Par contre, ces pluies intenses vont devenir beaucoup plus intenses.
06:35Tout à l'heure, Florence Abetz parlait de la carafe.
06:37Au lieu d'avoir un verre d'eau, vous versez directement la carafe.
06:39Pourquoi ? Parce qu'une masse d'air, quand elle est plus chaude,
06:42elle peut contenir plus d'eau.
06:44Et donc, il pleut plus quand il pleut.
06:45Quand les conditions sont réunies, le changement climatique va doper ces événements.
06:49Ça ne veut pas dire que, sans changement climatique,
06:53ces événements n'auraient pas eu lieu.
06:55Ce qu'on va regarder, c'est en quoi le changement climatique
06:58intensifie ces événements.
06:59Quelle est la probabilité que ces événements arrivent
07:01dans un climat réchauffé par l'homme, mais non réchauffé par l'homme ?
07:04Et c'est là que les climato-sceptiques, en fait, sont vicieux.
07:07Parce que quand ils arrivent, ils expliquent qu'il n'y a toujours plu.
07:08Il y a toujours eu des inondations, bien sûr.
07:11Mais d'une part, les mécanismes sont plus intenses,
07:14et d'autre part, la société face à ces mécanismes a changé.
07:18Et paradoxalement, c'est fragilisé.
07:20Donc, on n'est plus vulnérable aujourd'hui.
07:22Pourquoi ? Par une densité, justement, de population, d'aménagement ?
07:26Ce n'est pas qu'on est plus vulnérable, c'est qu'on est différemment vulnérable,
07:29même si l'expression n'est pas bonne.
07:31Dans le passé, quand on avait des inondations ou des crues, on mourait.
07:34Aujourd'hui, on a relativement peu de victimes.
07:37Par contre, on a beaucoup plus de dommages matériels.
07:40On a aussi de plus en plus de dommages aux activités agricoles et industrielles.
07:44Pourquoi ? Parce que l'exposition s'est beaucoup modifiée.
07:47On a densifié, densifié, densifié dans des zones inondables parce qu'on se pensait à l'abri.
07:52Et puis, parce que derrière, les populations, les entreprises aussi,
07:55elles sont plus fragiles socio-économiquement.
07:59Les populations sont vieillissantes aussi.
08:01Ça crée des difficultés.
08:03On a aussi une dépendance par rapport à des modes de vie
08:07qui ont autrefois posé pas de problème.
08:11Avant, on allait chercher son eau à l'extérieur.
08:13Aujourd'hui, vous avez un robinet qui coule.
08:15Aujourd'hui, vous avez Internet.
08:16Aujourd'hui, vous avez besoin de la route, par exemple,
08:19pour vous déplacer et aller travailler, ce qui n'était pas le cas avant.
08:21Donc, en fait, on voit que nos modes de vie créent des fragilités supplémentaires.
08:25Quand on regarde justement la carte des zones inondables,
08:28aujourd'hui en France, qu'est-ce qu'on se dit,
08:30Magali Regézazit, exactement ?
08:32Alors, quand vous regardez une carte de France,
08:35d'abord, vous êtes surpris par le nombre de cours d'eau.
08:38C'est bleu.
08:39C'est magnifique.
08:40Il y a ce qu'on appelle des chevelus.
08:41Il y en a partout.
08:42Il y a des cours d'eau partout.
08:44On n'a pas conscience de la richesse hydrologique de notre territoire.
08:49Et ce qu'on voit, c'est les fleuves et les rivières.
08:51On ne voit pas les nappes qui sont en dessous.
08:52On ne voit pas la neige.
08:54On ne voit pas la mer qui peut aussi venir inonder.
08:57Donc, on a des inondations qui, aujourd'hui, sont de quatre natures.
09:00Des submersions.
09:01Elles peuvent venir des cours d'eau.
09:02Elles peuvent venir des nappes.
09:04Elles peuvent venir de la mer.
09:05Et elles peuvent aussi venir de ce qu'on appelle le ruissellement urbain.
09:09C'est-à-dire de surfaces imperméables où l'eau ne s'infiltre pas.
09:13Et donc, elle stagne, elle inonde.
09:14Et quand vous regardez une carte, en fait, vous voyez qu'il y a des...
09:17Les populations, elles ont suivi les cours d'eau.
09:19C'est logique.
09:19Quand vous avez un cours d'eau, c'est pratique.
09:21Parce qu'il y a de l'eau, justement.
09:22Et puis, ça permet de se déplacer.
09:24Ça permet de se protéger.
09:26Ça permettait, jadis, de laver son linge.
09:28Ça permettait, jadis, de pouvoir faire du commerce.
09:31Ça permettait d'irriguer.
09:32Ça permet plein de choses.
09:33Cela dit, si on a partout sur le territoire, c'est difficile aussi d'habiter loin des cours d'eau,
09:37alors ?
09:37C'est très difficile d'habiter loin des cours d'eau.
09:39C'est très difficile d'habiter loin des nappes.
09:41Parce qu'on peut forer aussi sur des nappes.
09:43Les agriculteurs en ont besoin pour irriguer.
09:45Et puis, ces cours d'eau, ils en prennent des vallées.
09:48Et ces vallées, elles sont planes.
09:50Et donc, vous n'avez pas besoin de faire des gros travaux de terrassement.
09:52Quand vous voulez poser une route, puis un chemin de fer, puis une autoroute.
09:56Et puis, c'est pratique.
09:58Aujourd'hui, en fait, ce qu'on voit, c'est que la plupart des très grandes villes françaises sont posées.
10:04Alors, non pas sur le cours d'eau.
10:06Elles sont légèrement à côté ou légèrement au-dessus.
10:09Parce qu'un cours d'eau, ce qui est fascinant, c'est que ça modèle le paysage.
10:12Et donc, ça va vous créer ce qu'on appelle des terrasses alluviales.
10:15C'est-à-dire, en gros, des bourrelets qui sont formés par des alluvions.
10:18On va vous poser la ville dessus.
10:19Elle est un peu plus loin du cours d'eau.
10:21On va se mettre aussi sur des collines.
10:24Vous savez, les sites d'Opidum.
10:26Astérix, l'Opidum.
10:27L'Opidum, en fait, c'est un joli site.
10:29On est au-dessus d'une petite butte.
10:30Et donc, on regarde l'eau qui passe en dessous.
10:33Et puis, en plus, ces sites, ils étaient vraiment intéressants.
10:35Parce que quand vous aviez, par exemple, un cours d'eau,
10:36le cours d'eau, il arrive à la mer.
10:38Que font les envahisseurs, que ce soit des pirates ou des vikings ?
10:40Ils remontent votre cours d'eau.
10:42Et donc, vous avez intérêt à être un peu en hauteur pour vous protéger.
10:45Donc, historiquement, les villes se sont déployées le long des fleuves.
10:48Et d'ailleurs, quand vous regardez l'histoire des villes,
10:50vous avez toujours une mythologie qui est associée.
10:52La déesse Sequana avec la Seine, par exemple.
10:55Mais vous en auriez plein d'autres.
10:56Sur Lyon, sur...
10:56Enfin, toutes les villes ont leur histoire avec leurs fleuves.
10:58Bon.
10:59Une fois qu'on a dit ça,
11:00on voit aujourd'hui qu'en fait, ce qui s'est passé avec le temps,
11:02c'est qu'avec la croissance démographique,
11:05et avec l'exode rural qui a fait qu'à un moment donné,
11:08les villes ont grandi,
11:10les villes se sont étalées.
11:11Elles se sont étalées.
11:12Et pour trouver de la place,
11:13on est allé chercher des terrains qui étaient plats.
11:16Et donc, peu à peu,
11:17on est allé s'installer dans des zones à risque.
11:20Et ces zones à risque,
11:21on pensait qu'elles étaient protégées par des digues.
11:23Et donc, on a oublié le danger.
11:25Et donc, peu à peu,
11:26on a vu des terrains,
11:27soit des terrains agricoles,
11:28dont on a oublié qu'ils étaient inondés,
11:30soit des espaces qui avaient déjà été
11:33construits derrière des digues,
11:34soit des territoires
11:35qui étaient,
11:37pour des tas de raisons,
11:38pratiques,
11:38parce que c'était plus plan.
11:40Et peu à peu,
11:42années 60,
11:4270,
11:4380,
11:44beaucoup dans les années 80,
11:46beaucoup dans les années 90,
11:47pour aussi,
11:48parce que les prix du foncier
11:49en centre-ville devenaient très chers,
11:52on s'est éloigné.
11:53Donc, il y a eu cet étalement,
11:54effectivement.
11:55Mais quand on regarde,
11:56encore une fois,
11:56cette carte des zones inondables,
11:58qu'est-ce qu'elle nous raconte
11:58de l'avenir à moyen terme ?
12:00Elle nous raconte
12:01qu'on est très vulnérable.
12:03Une commune sur deux,
12:04aujourd'hui,
12:04a tout ou partie de son territoire
12:06qui est exposée à une inondation
12:07par la mer,
12:08par le fleuve,
12:09par la pluie
12:10ou par les nappes phréatiques.
12:11Une commune sur deux.
12:12Un français sur quatre.
12:14Et encore,
12:15on ne compte pas là
12:16les effets dominants.
12:17Parce que si,
12:19par exemple,
12:19mon usine d'assainissement
12:21de l'eau,
12:22elle est sous l'eau,
12:23je peux habiter
12:24à 10 km,
12:2520 km,
12:26je n'ai plus d'assainissement.
12:28Si ma voie ferrée
12:29ou ma route,
12:30elle est sous l'eau,
12:31je suis très content
12:32d'être chez moi,
12:32je ne suis pas touchée,
12:33mais je ne peux plus
12:33aller travailler.
12:34Donc,
12:34en réalité,
12:35on voit que derrière,
12:36on a aussi des mécanismes,
12:38aujourd'hui,
12:39de dépendance entre les territoires
12:40qui sont liés
12:41à notre manière de vivre.
12:42Au fait,
12:43grâce à la vitesse
12:43de pouvoir nous éloigner
12:44des centres,
12:46de pouvoir être moins
12:48densément
12:49agglomérés,
12:50eh bien,
12:51on voit qu'en fait,
12:52beaucoup d'activités,
12:53beaucoup de Français
12:54sont exposés
12:56directement,
12:57indirectement,
12:58donc avec des très gros
12:59dommages matériels,
13:01mais aussi de plus en plus
13:02des pertes économiques,
13:03donc des pertes de PIB,
13:05avec aussi des pertes de récolte
13:07qui, elles-mêmes,
13:08engendrent des pertes économiques,
13:09avec aussi des pertes de stock
13:11pour les entreprises,
13:12donc à nouveau,
13:13des pertes,
13:13et parfois,
13:14ce qui est terrible,
13:15c'est que la perte,
13:16l'inondation est terminée,
13:17les pertes arrivent.
13:20Tout ça,
13:20c'est une transformation du risque
13:21qui est le reflet très exact
13:23de la modernité,
13:24mais qui, évidemment,
13:25fait que la carte de France
13:26telle que vous la voyez,
13:27elle ne reflète pas exactement
13:29la nature
13:30des dommages
13:31qui sont consécutifs à l'eau.
13:32Alors, justement,
13:32si on avait envie
13:33de protéger la moitié
13:34de la population,
13:35enfin non,
13:35l'ensemble du territoire,
13:36d'ailleurs,
13:36ça veut dire qu'il faudrait
13:37déménager la moitié
13:38de la population ?
13:39Alors, on n'espère pas,
13:40d'abord,
13:40parce qu'on peut vivre
13:41avec l'eau.
13:42Là aussi,
13:43il faut savoir
13:43quels risques
13:44on est prêts à accepter.
13:46En fait, derrière,
13:47ça veut dire
13:47qu'est-ce qu'on est prêt à payer
13:48pour se protéger ?
13:49Qu'est-ce qu'on va prioriser ?
13:52Ça peut être, évidemment,
13:53dans certains cas,
13:55protéger des maisons.
13:56Ça peut être protéger
13:57des activités
13:57par des barrières.
13:58Mais on peut aussi imaginer
13:59qu'à un moment,
14:00quand on va refaire sa maison,
14:01on va la reconstruire
14:03avec, par exemple,
14:04un niveau supérieur.
14:05On va changer les matériaux.
14:06Tout ça,
14:07ça s'appelle l'adaptation.
14:08On va en parler,
14:08évidemment,
14:09avec vous.
14:10Et puis,
14:10vous répondrez,
14:11Magali Reguizazit,
14:13aux messages,
14:13aux témoignages aussi,
14:14certainement,
14:14d'auditrices et auditeurs
14:16concernés par ces crues.
14:17Et puis,
14:18nous attendons ces messages
14:19sur la page de la Terre au Carré
14:20sur franceinter.fr.
14:21On parlera aussi
14:22de l'importance du sol avec vous
14:23dans un instant.
14:24Ce sera juste après
14:25Dry Cleaning
14:26sur France Inter.
14:27On ne l'a pas fait exprès.
14:30It's a horror land
14:38Destruction
14:45Don't give up
14:49I'm being sweet
14:53Joy with gold
14:59Acute harmless world
15:02Don't run run for me
15:03Call
15:04Don't run run for me
15:07Call
15:08Believe
15:11My cells
15:13And your cells
15:16Need news
15:22Try to make a map
15:25Of the heart
15:30Down your hollow tube
15:33Out to find
15:37A smooth flat
15:39Joy with gold
15:43A cute harmless world
15:47Don't run run for me
15:48Call
15:49My own
15:51Bell
15:51And your cute
15:53Power
15:54Booth
15:54Down
15:56Muscle
15:58Call
16:00Clouds the mind
16:07Feed those chemicals
16:09Inside
16:16Macho
16:17Macho
16:23In its death flows
16:30Everywhere I know
16:33We're talking about
16:36We're talking about
16:36Hot peppers
16:37Joy
16:37Please
16:39Joy
16:40Will
16:41Build
16:43Our cute
16:45Harmless world
16:47Don't run run for me
16:48Call
16:49No
16:50I don't run run for me
16:52Call
16:53Flower
16:54Toi
17:09Joy
17:10City
17:11Dry
17:11Cleaning
17:11France Inter
17:14Mathieu Vidard
17:17La Terre au Carré
17:20Monsieur le Profet
17:21Pouvez-vous nous résumer
17:21La situation dans le département de la Sarthe
17:23Et plus particulièrement au Mans ?
17:25Le département de la Sarthe est un département extrêmement arrosé au point de vue hydrographie
17:29Et par conséquent nous avons malheureusement l'habitude d'avoir de temps en temps des inondations
17:35Mais dans l'ensemble les services de sécurité ont fonctionné d'une façon admirable
17:41Et je peux dire que nous avons à tout moment eu la situation en main
17:46C'est aussi bien dans le nord du département qu'au Mans que dans le sud du département maintenant
17:51Je crois que nous pouvons considérer que les services d'ordre ont fonctionné d'une façon absolument parfaite
17:58D'ailleurs les échos des sinistrés sont partout excellents à cet égard-là
18:02Naturellement nous avons des dégâts comme partout
18:05Nous avons été obligés d'évacuer environ 500 personnes dans le département
18:09Et nous enregistrerons les dégâts au fur et à mesure du retrait des eaux
18:14Nous sommes maintenant à une période où commence lentement la décrue
18:18Notamment la décrue de l'huile
18:20Alors que pour le moment la Sarthe est encore étale
18:23Le préfet de la Sarthe en 1966, Pierre-Marcel Viltzer
18:27Qui prenait les autorités dans le sens du poids
18:29On l'a bien entendu dans ce message
18:31Magali Reguez-Azid, vous qui êtes géographe spécialiste de l'environnement et des catastrophes naturelles
18:35Est-ce que vous pouvez me répéter ce que vous me disiez en antenne au sujet des préfets ?
18:38Oui, c'était une époque où les préfets sautaient
18:42Dès qu'il y avait un problème
18:43Pourquoi ? Alors c'est intéressant ça aussi
18:45Parce qu'à l'époque la gestion de crise c'est ce qu'il dit
18:47Il parle de la sécurité civile, de la sécurité intérieure
18:50On gérait les crises, on n'était pas dans une logique de prévention
18:53On était d'abord dans une logique de crise
18:54Et donc il était très fréquent que le préfet saute
18:57Par la suite ça a été la faute de Météo France
18:59Moi quand j'ai commencé à travailler sur les inondations
19:00C'était la faute de Météo France
19:01Aujourd'hui c'est soit la faute des maires
19:04Soit la faute des gens
19:06Et je trouve cette bascule
19:10Très problématique
19:11Très inquiétante
19:13Parce que
19:13Moi je l'ai vu en tant que chercheuse
19:17Finalement c'est faire glisser
19:19La responsabilité de décisions collectives
19:22Antérieures
19:23Héritées
19:24Notamment de ce fameux aménagement de territoire
19:26Sur les individus
19:26Alors bien sûr
19:27Il y a des élus locaux
19:28Et il y a des personnes
19:30Qui ont fait et font n'importe quoi
19:33Mais dans beaucoup de cas aujourd'hui
19:34Ce qu'on voit c'est qu'on est en train de gérer les héritages
19:37Les héritages bien sûr
19:39Des émissions de gaz à effet de serre passé
19:41C'est le changement climatique
19:42Mais surtout des héritages de choix d'aménagement
19:44Qui ont fait que les gens
19:46Et je mets beaucoup de guillemets avec les gens
19:48Parce que c'est comme ça qu'on désigne les populations
19:49Ne sont pas forcément responsables de cette exposition
19:52Ne sont pas responsables de cette vulnérabilité
19:55Quand vous dites on doit gérer par exemple
19:57Les émissions de gaz à effet de serre du passé
20:00On doit aussi faire qu'aujourd'hui
20:02Les politiques en la matière
20:04Sont pas du tout à la hauteur des enjeux quand même
20:06Et là vous mettez le doigt sur un point
20:08Qui pour les scientifiques est très extrêmement inquiétant
20:11C'est que jusqu'à présent
20:12Les inondations se passaient dans un climat relativement stable
20:15Donc quand on dimensionnait les ouvrages de protection
20:18On dimensionnait pour un risque inquiété stable
20:20Le problème aujourd'hui c'est que
20:22Dans un climat qui change
20:23Et bien le niveau de risque va augmenter
20:25On l'a vu parce que les phénomènes augmentent
20:27Et ça très concrètement
20:28Ça veut dire qu'un certain nombre de solutions
20:30Qui ont toujours fonctionné
20:31Ne fonctionneront plus
20:33Ça veut dire aussi que certaines solutions
20:35Qu'on va mettre en oeuvre aujourd'hui
20:36Risquent d'être totalement obsolètes dans le passé
20:39Donc la question des digues par exemple
20:41Qui peuvent donner l'illusion d'une sécurité ?
20:44La question des digues elle est fondamentale
20:45En diguer c'est quelque chose de
20:48Les digues, les premières digues
20:49Elles sont construites bien avant Jésus-Christ
20:52Ça permet effectivement de contrôler le fleuve
20:55Ça permet de l'utiliser aussi
20:57Parce que le fleuve peut fertiliser
20:58C'est le cas des crues
20:59On connait les crues du Nil
21:01Mais on pourrait les crues de la Loire
21:02Donc il y a vraiment une structuration des digues
21:05Sachant que pour ces digues
21:06Il y avait derrière toute une organisation sociale
21:09Qui était là pour entretenir les digues
21:12Les corvées sénioriales
21:13Si vous allez vous promener cet été sur la Loire
21:15Pendant vos grandes vacances
21:16Vous avez ce qu'on appelle les levées
21:18Les turcies
21:19Ce sont les grandes digues de la Loire
21:20On les a complètement oubliées
21:21C'était des corvées sénioriales
21:23Qui permettaient de les entretenir
21:24Parce que la digue
21:25Ça coûte non seulement très cher à construire
21:27Mais ça coûte cher à entretenir
21:28Et puis au fil du temps
21:31Ces digues en fait
21:31Elles ont été oubliées
21:32Ces digues ont été oubliées
21:34Et du coup on est allé se mettre
21:35À l'abri de la digue
21:36Sauf que cet abri
21:37Il est relatif au niveau d'eau
21:39À l'entretien
21:40Et puis il est relatif au phénomène
21:42Et donc le problème
21:43C'est que la digue
21:43Elle peut céder
21:44Ou bien que le phénomène
21:45Est trop important
21:46Et qu'on va avoir ce qu'on appelle
21:47Une surverse
21:48Là c'est extrêmement dangereux
21:50Parce que vous avez une vague
21:51Des ferlandes qui arrive
21:52Et donc tout le sujet
21:53C'est se dire aujourd'hui
21:54Ces digues
21:54Est-ce qu'il faut continuer
21:56À en construire ?
21:56Oui probablement
21:57Pour protéger l'existant
22:00Mais
22:00Et c'est là tout le problème
22:02C'est que
22:03Si on continue à densifier
22:05Derrière la digue
22:05On va augmenter l'exposition
22:07Et la vulnérabilité
22:08Et donc aujourd'hui
22:09Ce qui se passe
22:09C'est qu'on va demander
22:10Aux communes
22:12De maintenir des digues
22:13Voir en construire
22:13Alors même
22:14Qu'on va leur demander
22:15De faire comme si
22:16Elles étaient transparentes
22:17C'est-à-dire de ne plus
22:18Rien implanter derrière la digue
22:19Vous comprenez très bien
22:20Que dans un contexte
22:21Aujourd'hui
22:21De finances publiques
22:22Très tendu
22:23Alors que le kilomètre de digue
22:24Coute une fortune
22:26Les élus ne comprennent plus
22:27On va leur demander
22:28De payer
22:29L'entretien des digues
22:30Et derrière
22:31On ne peut plus
22:32Installer de gens
22:33Et tout le sujet
22:34C'est ça
22:34C'est
22:34Il ne faut pas évidemment
22:35Mettre à base
22:36Qu'on a construit
22:37Mais il faut se poser la question
22:38Dans un climat
22:39Qui va continuer
22:40A se réchauffer
22:41Tant qu'on n'aura pas
22:42Attent la neutralité carbone
22:43Est-ce que des solutions
22:44Qui ont toujours fonctionné
22:46Sont encore pertinentes ?
22:47Ce que vous nous dites
22:48Qui est très clair à entendre
22:50Est-ce que justement
22:50Ceux qui nous dirigent
22:52Prennent les bonnes décisions
22:53Ou en tout cas
22:54Sont sensibilisés
22:56Par rapport à ces problématiques
22:57Quand on voit là encore
22:58Ce qui s'est passé
22:58Ces dernières semaines
22:59Est-ce que ça crée
23:00Un électrochoc aussi
23:01Dans la façon de penser
23:02L'aménagement du territoire ?
23:04Non parce que justement
23:06L'aménagement du territoire
23:07C'est un impensé
23:09C'est un impensé
23:10Parce que nous vivons
23:11D'abord dans des territoires
23:12Qui ont été profondément modifiés
23:14Au point qu'aujourd'hui
23:16La plupart de nos concitoyens
23:18Moi la première
23:19Avant de devenir géographe
23:20Je considérais
23:21Comme étant naturel
23:23Comme faisant partie du paysage
23:24Des choses qui étaient
23:25Totalement d'origine humaine
23:26Ce que je vous disais
23:27De ces digues
23:28Quand vous vous baladez
23:29Sur une digue
23:30Et que vous dites
23:30À quelqu'un
23:30Quand je suis sur une digue
23:31Les gens vous disent
23:31Ah bon ?
23:32Où ça ?
23:32Vous êtes dessus
23:33On a oublié ces digues
23:34Ça c'est le premier point
23:36Le deuxième point
23:36C'est que derrière
23:37Cet aménagement du territoire
23:38On a l'idée de l'aménagement
23:40Vous savez
23:40Des années 60
23:4170 sous De Gaulle
23:42Avec la DATAR
23:43L'aménagement du territoire
23:44On oublie aujourd'hui
23:46Que cet aménagement
23:47Il va falloir effectivement
23:50Relocaliser
23:52Redéfinir
23:52Des implantations
23:54Redéfinir des réseaux
23:55Redéfinir des logiques
23:57De fonctionnement
23:57Il va falloir repenser
23:59Des territoires
23:59Pour faire face
24:00Au défi du climat
24:01Bah oui
24:01Ça peut pas rester
24:01Un impensé clairement
24:03Pour le coup
24:04Ça reste un impensé
24:05Je vous donne juste un exemple
24:06Quand on a créé
24:06Ce fameux SGPE
24:08Ce secrétariat général
24:09Pour la planification
24:09Qui a été important
24:10Qui a fait beaucoup de choses
24:11Et bien derrière
24:12Il n'y avait pas d'aménagement
24:13Du territoire
24:14Il manquait cette étape
24:15Parce qu'on confond
24:16Aujourd'hui en France
24:17L'idée que
24:19Aménager c'est le local
24:20Donc en fait
24:21On va faire des grands plans
24:22Et puis ensuite
24:22On va demander aux élus locaux
24:23De mettre en place
24:25Bien sûr que les élus locaux
24:26Ils font de l'aménagement
24:27Du territoire
24:28Ils font de l'urbanisme
24:28Mais derrière
24:29Les territoires
24:30Ils fonctionnent pas en isolat
24:31Et donc il va falloir
24:32Articuler tout ça
24:34Réfléchir à tout ça
24:35En fonction des impacts
24:36Du réchauffement
24:36Parce que là
24:37On parle inondation
24:38Mais il faudrait aussi
24:39Parler sécheresse
24:39Il faudrait aussi
24:40Parler canicule
24:42Il faudrait aussi
24:43Parler incendie
24:44Il faudrait aussi
24:45Parler crise de la biodiversité
24:46Il faudrait aussi
24:47Parler problèmes géopolitiques
24:49Parce qu'il n'y a pas que ça
24:50Il faudrait parler
24:50Parler problèmes économiques
24:51Il faudrait parler vieillissement
24:52Donc en fait
24:53Derrière c'est finalement
24:54C'est des choses
24:55Dont on n'entend pas
24:55Beaucoup parler en ce moment
24:57Pendant la campagne
24:57Municipale quand même
24:58Alors on en parle localement
25:00Dans beaucoup de villes
25:02Enfin
25:02Beaucoup de communes
25:03Parce qu'il n'y a pas que des villes
25:04À travers un certain nombre
25:06De projets
25:06Notamment dans les communes
25:08Qui ont été touchées
25:08Par des catastrophes
25:09Et là
25:10Vous avez vraiment
25:11Une fracture
25:12Qui est de plus en plus forte
25:13Entre d'un côté
25:14Des communes
25:14Qui ont été victimes
25:15Et qui continuent
25:16À penser leur plaie
25:17Avec des élus
25:18Qui ont pris le choc
25:19Et qui parfois
25:20Sont vraiment
25:22Très très
25:22Très très affectés
25:23Et puis des communes
25:25Qui se pensent à l'abri
25:26Ou qui n'ont pas encore
25:27Connu de choc
25:28Tant que la catastrophe
25:29N'est pas arrivée
25:30Finalement
25:30On met ça sous le tapis
25:31Et puis
25:32Business as usual
25:33On n'en a même pas conscience
25:35Parce qu'en fait
25:35C'est trop gros
25:36Pour avoir travaillé
25:37Sur la scène
25:38Je me souviens
25:39Il y a 20 ans de ça
25:40Quand je parlais aux gens
25:41Quand je leur donnais
25:42Les chiffres
25:42Quand je leur donnais
25:43On me disait
25:43Non mais madame
25:44C'est bon
25:44Ça va on a Paris
25:46Quand même
25:46Les fleuves ne débordent pas
25:48Et il y a d'une certaine manière
25:49Dans la représentation
25:50Par rapport à l'eau
25:51Cette espèce
25:52D'incapacité réelle
25:53C'est pas quelque chose
25:56De volontaire
25:58Imaginez un fleuve
25:59Qui déborde
26:00Imaginez de l'eau
26:01Dans les rues
26:02Est-ce que parmi vous
26:03Par exemple
26:03T'aurais ceux qui nous écoutent
26:04Quand on imagine
26:05Un fleuve dans la rue
26:06Est-ce qu'on imagine
26:07Son odeur
26:08Est-ce qu'on imagine
26:09Sa couleur
26:10Le bruit
26:11La puissance
26:12Toute cette matérialité
26:13De l'eau
26:13On la voit pas
26:14Parce que notre société
26:15A mis à distance
26:17L'eau
26:17Quand l'eau déborde
26:18C'est parce que vous avez
26:19Une fuite d'eau
26:20Chez vous
26:21Voilà
26:22L'eau elle déborde pas
26:23Dans les villes
26:23Et souvent par exemple
26:24Quand vous dites à des gens
26:25Il y a une inondation
26:27On vous dit
26:27Oui mais alors
26:28Ça sent mauvais
26:29Il y a de la boue
26:30Puis c'est dégueulasse après
26:32La moisissure
26:34Et puis il y a des déchets
26:35Moi je me souviens
26:36Après les crues de la Seine
26:37De 2018
26:38Et 2016
26:39Où on voyait
26:40Des déchets partout
26:41Dans les rues
26:42Et les gens se disaient
26:44Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
26:45Donc vous voyez
26:46On a ce rapport à l'eau
26:47Qui est
26:48On peut renvoyer
26:49Sur les émissions
26:49Qu'on avait faites avec vous
26:50Sur la crue centenale de Paris
26:51Parce que franchement
26:52On en a fait un certain nombre ensemble
26:53Magali Régizazit
26:55Donc il y a des précédents
26:57Et on n'est pas du tout à l'abri
26:59Évidemment que ça se reproduise
27:01Avec des conséquences
27:01Beaucoup plus catastrophiques
27:03Humainement
27:04Financièrement
27:05Et finalement
27:06C'est ça qui est assez
27:08Assez désemparant finalement
27:09C'est que
27:10Ces crues qu'on a vécu
27:11Ce sont des drames humains
27:13Économiques
27:14Ça coûte énormément d'argent
27:16Ça va se multiplier
27:17On le sait
27:18Et pourtant
27:19On voit nos politiques
27:20Qui sont encore
27:21En deçà des
27:23Et je vais choquer
27:24Mais ça ne coûte pas très cher
27:25En réalité
27:26Parce que
27:27Quand vous regardez
27:28Ces événements
27:29Ils sont souvent
27:29Pour l'instant
27:30Dans des territoires
27:31Peu denses
27:32Des petites villes
27:33Des villes moyennes
27:34Des territoires ruraux
27:35Aujourd'hui
27:36Quand j'ai commencé
27:37A travailler
27:38Dans les années 2000
27:392005
27:40Une inondation
27:41Une grosse inondation
27:41C'était 400 000 euros
27:43Aujourd'hui
27:43On est plutôt
27:44Sur du 1 milliard
27:44Une inondation
27:45De la Loire
27:46Une inondation
27:47Du Rhône
27:48Une inondation
27:49Du Rhin
27:49Une inondation
27:50De la Seine
27:50On est à plusieurs
27:52Milliards d'euros
27:53Une crue centenale
27:54De la Seine
27:54C'est 60 à 100 milliards
27:56Donc si vous voulez
27:57Les fourchettes
27:57Mais quand je vous dis
27:58100 milliards
27:59100 milliards c'est quoi ?
28:00C'est plus que le budget
28:01De l'éducation nationale
28:02C'est plus que le budget
28:04De la défense
28:04On est sur des chiffres
28:06Qui sont absolument vertigineux
28:07Et c'est tellement vertigineux
28:08C'est un peu comme
28:09Le changement climatique
28:10Qu'on se dit finalement
28:11Bon bah
28:11Donc la prévention
28:13Est moins chère quand même
28:13C'est peut-être ça aussi ?
28:15La prévention est moins chère
28:16Et tout le sujet
28:17C'est au bout d'un moment
28:18Comment est-ce qu'on fait
28:18A prévenir quelque chose
28:20D'inéluctable
28:21Parce qu'à un moment
28:22Quand vous êtes par exemple
28:23Sur la Loire
28:24La Loire il y a une grande crue
28:25En 1856
28:27A un moment
28:27Vous ne pouvez pas empêcher l'eau
28:28Vous pouvez faire baisser
28:30Un peu le niveau
28:30Mais vous ne pouvez pas empêcher
28:31Ces masses d'eau
28:32De déferler
28:33Et donc qu'est-ce qu'on fait ?
28:35Bah justement
28:35Ce sera la discussion
28:36Que nous aurons
28:37Très bonne transition
28:38Magali Regézazit
28:39Pour la troisième partie
28:40De cette Terre au Carré
28:41Et puis j'imagine
28:42Qu'il y a beaucoup de messages
28:43De réactions
28:44De témoignages
28:44Oui
28:45Lucie Sarfati me le confirme
28:46Sur la page de l'émission
28:47Donc il faut continuer
28:48A nous envoyer ces messages
28:49Je les transmets
28:50Dans un instant
28:51A Magali Regézazit
28:53On se retrouve dans quelques minutes
29:01Je ne l'ai jamais
29:03Jamais dit à personne
29:08Qu'en sortant de l'école
29:10Je ne voulais pas
29:11Revoir la maison
29:16Un nouveau problème
29:18Un nouveau petit démon
29:24S'installe à son tour
29:26Dans l'appart
29:27Dans le salon
29:32Non je ne l'ai jamais
29:34Jamais dit à personne
29:39T'voilais des euros
29:41Dans la voiture
29:43De mon taron
29:46D'ailleurs
29:48Où est mon père
29:49Mon pays
29:50Mes traditions
29:55Ils font des erreurs
29:57Mais c'est moi
29:58Qui ne demande pas d'en
29:59Non je ne l'ai jamais
30:05Jamais dit à personne
30:08Qu'à 16 ans à peine
30:10Je passe de toi en toi
30:11De virage en virage
30:13Drôle de vie incertaine
30:16Voilà l'étalage
30:18Pour une belle paire d'aditas
30:19Ça fait beaucoup
30:21Trop de semaines
30:24Qu'un nœud dans l'osophage
30:26Jouer l'entourage
30:27Je crois que j'avais
30:29Perdu la tête
30:30Jamais, jamais dit
30:31Je l'avais jamais, jamais
30:34Non je ne l'ai jamais
30:36Jamais dit à personne
30:41Que c'est pour lui plaire
30:43Que maman oublie mon prénom
30:49Donc je me tais
30:51J'efface toutes mes questions
30:57Ils font des erreurs
30:59Mais c'est moi
31:00Qui demande pardon
31:05Je n'ai jamais, jamais
31:07Dit à personne
31:11Que je n'aimais pas ma peau
31:13Que je n'aimais pas les traces sur mon visage
31:15Je n'aimais pas ma peau
31:17Que je n'aimais pas les traces sur mon visage
31:19Jamais pas ma peau
31:36Que je n'aimais pas les traces sur mon visage
32:07Je ne l'ai jamais dit à personne
32:09Mathieu Vidard
32:11La Réole est une commune divisée en deux par la Garonne
32:14Le fleuve a inondé les habitations à proximité des quais
32:17Cet après-midi, les riverains enchaînent les allers-retours vers cette baine pour jeter leurs affaires inondées
32:22Samy a dû vider son appartement souillé par la boue
32:25J'ai tout jeté, je n'ai vraiment plus rien
32:26Il me restait quoi ?
32:27Deux tables peut-être, des chaises
32:29Et voilà, j'ai vraiment plus rien
32:31Voilà, avec des situations humaines qui se sont multipliées lors de ces crues
32:36Par exemple à la Réole en Gironde
32:38Magali Réguezazide
32:39Vous qui êtes notre invité spécialiste des catastrophes naturelles
32:42Et vous êtes géographe
32:43Il y a pas mal de messages qui arrivent pour vous
32:45Je vais vous transmettre dans un instant
32:47Face à tous ces risques
32:48Quelles sont les premières réponses indispensables aujourd'hui
32:51Si on veut vraiment protéger la population ?
32:53Alors d'abord la première réponse c'est de renforcer nos systèmes de secours
32:57Parce qu'avec la multiplication des crises qu'on connait sur le territoire
33:02Si aujourd'hui ça marche bien
33:04Si aujourd'hui en fait on ne prévient pas
33:06C'est parce que justement la gestion de crise est encore très bonne
33:09On a vraiment des pompiers
33:11On a des services dans les préfectures
33:14On a une structure de gestion de crise qui fonctionne très bien
33:17Et qui évite d'avoir vraiment des morts, d'avoir vraiment des blessés
33:21Mais il faut le renforcer ?
33:22Il faut le renforcer parce que ces services sont sous pression
33:25Et on arrive de plus en plus dans ce qu'on appelle des situations de rupture capacitaire
33:28Il n'y a plus le matériel nécessaire
33:30Il n'y a plus les hommes nécessaires
33:31Et les femmes bien sûr
33:32Il n'y a plus les réseaux nécessaires
33:34Donc là il faut vraiment protéger cette gestion de crise
33:37Ça ne suffit pas
33:39Et en fait on a deux leviers
33:40On a un premier levier qui est en aval
33:42C'est tout ce qui est système d'anonymisation
33:44Tout ce qui va permettre aux gens de repartir
33:48Et si possible de ne pas reconstruire à l'identique
33:50Donc en fait c'est de profiter entre guillemets de cette catastrophe
33:53Pour essayer de réduire l'exposition et la vulnérabilité
33:58Donc ça veut dire dans la plupart des cas quitter les lieux ?
34:01Alors pas forcément
34:02Mais ça veut dire par exemple que quand on va refaire l'appartement
34:04Au lieu de mettre de la moquette
34:07Et d'avoir des prises au niveau du sol
34:10On va monter les prises, on va mettre du carrelage
34:11On va aussi peut-être installer des bâtards d'eau
34:13Quand on va refaire sa maison
34:15Par exemple à l'occasion d'une rénovation énergétique
34:18Ça sert aussi pour payer moins cher sa facture énergétique à la fin du mois
34:23On va peut-être pouvoir par exemple remonter certains niveaux
34:27Désencombrer les sous-sols
34:28Avoir un étage supplémentaire
34:29Donc tout ça, ça coûte évidemment très cher
34:32Et donc ça veut dire aussi dimensionner les aides, dimensionner les prêts
34:35Et puis à côté de ça
34:36Mais c'est pas toujours possible
34:37Et c'est pas toujours possible
34:39En amont
34:39En amont on a aussi besoin de réfléchir avec un peu plus de temps
34:43Sur ces systèmes de prévention
34:44Alors ça peut être parfois renforcer des diques
34:46Ça peut être parfois renforcer les alertes
34:48Mais ça peut être aussi travailler sur tout ce qui peut permettre à l'eau de mieux s'infiltrer
34:53Alors voilà, parlons du sol par exemple
34:54On va parler du sol
34:55Et donc ce sol, il est absolument fondamental
34:58Le sol, on marche tous dessus et pourtant personne ne sait ce que c'est
35:01C'est un truc
35:03Si je vous parle des horizons du sol, c'est ultra poétique
35:06Oui, c'est quoi ?
35:07Personne
35:07En fait le sol, il y a des couches
35:09C'est des couches
35:10Et le sol, c'est fascinant
35:11Il faudrait faire des émissions entières sur les sols
35:14Parce que c'est justement, j'allais dire avec un mauvais jeune mot
35:16La terre inconnue, la terra incognita
35:18Parce qu'en fait, ces sols, on ne les connaît pas
35:20Mais les horizons du sol, c'est quoi ?
35:21Alors les horizons du sol sont ces couches en fait
35:23Qui vont se superposer, qui vont faire que ce sol
35:26En fait le sol, c'est quelque chose de vivant
35:28Donc ça doit respirer ?
35:30Ça doit respirer, il y a de la végétation
35:32Il y a ce qu'on appelle le microbiote
35:34C'est les petites bactéries, le petit vivant
35:37Il y a des vers de terre, il y a des insectes
35:38Il y a tout ce que vous voulez dans les sols
35:40Il y a de l'eau, il y a de l'eau qui circule
35:41Puis il y a de la roche aussi
35:43Donc il y a des matières organiques en décomposition
35:45Il y a de la roche sur laquelle repose votre sol
35:48Et donc tout ça est très important
35:50Parce que ces sols, ils sont utilisés
35:53Ils sont nourriciers
35:54Donc ils sont utilisés par l'agriculture
35:55Ils sont utilisés par la foresterie
35:57Puisqu'on va planter aussi des arbres
35:59Et surtout, c'est des surfaces sur lesquelles on peut construire
36:02C'est là où le babelès
36:04C'est là où le babelès
36:05Alors pas forcément
36:05Parce qu'on a d'abord des manières de construire
36:08Qui protègent plus ou moins le sol
36:10Par exemple, on peut construire en hauteur, sur pilotis
36:12Alors on ne va pas construire sur pilotis partout, bien évidemment
36:14On a aussi une possibilité
36:16C'est de désimperméabiliser quand c'est possible
36:20Parfois ça ne l'est pas
36:21Parfois ça ne l'est pas
36:22Parce que vous avez des sous-sols
36:24Qui font que si vous enlevez la couche imperméable
36:26L'eau s'infiltre
36:27Mais on peut recréer du sol sur le sol
36:29Et vous avez aujourd'hui des tas d'architectes paysagistes
36:32Par exemple
36:32Qui travaillent pour recréer
36:35Sur du béton, sur du bitume
36:37Sur des dalles de parking
36:38Sur tout ce que vous voulez
36:39Des sols
36:41Qui redeviennent vivants
36:44Je pense toujours à ce projet de Bassemeth à Arles
36:47Où il a recréé sur une friche industrielle
36:49Un véritable écosystème
36:51Une zone humide
36:51Avec des arbres
36:54Avec des micro-reliefs
36:55Et ça, ça va vous créer en fait
36:58Complètement un nouveau paysage
36:59Mais qui va être aussi vivant
37:01Ça peut être aussi
37:02Autour des villes
37:04Replanter des arbres
37:05A condition qu'ils poussent
37:06Avec le changement climatique
37:07C'est pas simple
37:08C'est tout ce que font aujourd'hui
37:09Les agriculteurs sur le travail du sol
37:11Alors c'est ça
37:12Les paysages agricoles aussi
37:13Jouent un rôle majeur
37:13Les paysages agricoles
37:14Jouent un rôle majeur
37:15Quand on nous est
37:16Enfin moi je pense toujours
37:17A mes étudiants
37:18Qui me disaient
37:18Oh c'est beau
37:19C'est totalement naturel
37:20Le bocage naturel
37:22Les champs ouverts naturels
37:23Évidemment pas
37:24Et donc
37:25On n'imagine pas à quel point
37:26Ces paysages en 50 ans
37:27Ils ont changé
37:28Et donc par exemple
37:29Le sol
37:29Couvrir le sol aujourd'hui
37:30Avoir toujours un sol couvert
37:32Augmenter les rotations
37:33Faire des labours moins pourfonds
37:34On a aujourd'hui
37:35Énormément de pratiques agricoles
37:37Qui vont essayer
37:38De protéger davantage les sols
37:40Pourquoi ?
37:40Parce que d'abord
37:41Quand le sol est lessivé par la pluie
37:44Il perd
37:44Ces minéraux
37:46Il perd
37:46Sa capacité à produire
37:50Et donc aujourd'hui
37:51Les agriculteurs ont aussi besoin
37:52De protéger les sols
37:53Les forestiers ont besoin
37:54De protéger les sols
37:55Et puis vous avez aussi
37:56Aujourd'hui
37:57Des travaux qui sont menés
37:59Pour avoir par exemple
37:59De nouveaux enrobés
38:00Sur les routes
38:01Pour faire en sorte que
38:02Ces routes
38:03Alors c'est compliqué
38:05De faire des bitumes
38:06Etc
38:06Mais là aussi
38:07Soit moins agressifs
38:08Pour le milieu
38:09Donc l'idée
38:10C'est de combiner
38:10De la technique
38:11Des pratiques
38:12Et de l'aménagement
38:14Du territoire
38:14Pour savoir aussi
38:15Qu'elles font s'y protéger
38:17Ou renaturer
38:18Alors c'est renaturer
38:20Ça veut dire que c'est
38:20Totalement artificiel
38:21Mais renaturer
38:22Pour permettre aux sols
38:23De vivre
38:24De respirer
38:25Et aux écosystèmes
38:26De jouer leur rôle
38:27La première réponse
38:28A l'inondation
38:28Ce sont ce qu'on appelle
38:30Les services écosystémiques
38:31Les solutions fondées
38:32Sur la nature
38:33Alors il y a des obstacles
38:34Qui sont d'ordre financier
38:35Evidemment
38:36Sur tous ces projets
38:37D'adaptation
38:38La question des assureurs
38:40Par exemple
38:40Qui aujourd'hui
38:41C'est une vraie question
38:42Un vrai problème
38:42Et qui refuse même
38:43D'assurer certains biens
38:45Certaines communes
38:46Ça c'est la question
38:47Du financement
38:48Des catastrophes futures
38:49Et ça va être un vrai sujet
38:50Pour nos sociétés
38:51Ça va être un sujet
38:52Et on en revient
38:53À ce qu'on disait
38:53Au tout début
38:54C'est quelle sécurité
38:55Nos sociétés sont prêtes
38:56À payer
38:57Et qui est prêt à payer
38:58Et ce qu'on voit aujourd'hui
38:59C'est que
39:00Ce sont les plus pauvres
39:02Qui sont
39:04Les plus démunis
39:04Les plus exclus
39:05Qui sont le plus exposés
39:06Et qui ont
39:07Le moins de moyens
39:08Pour se protéger
39:10Et donc c'est la question
39:11De la solidarité nationale
39:12Derrière
39:13Est-ce qu'on va aller
39:15Vers un modèle
39:15Beaucoup plus privé
39:17Sur l'individu
39:18Ou est-ce qu'au contraire
39:19On va devoir mutualiser
39:20Le coût de ces catastrophes
39:22Pour essayer d'empêcher
39:23Des citoyens
39:24Ou des entreprises
39:24De sombrer
39:25Est-ce qu'il faut aussi
39:27Envisager
39:27Ce sera ma dernière question
39:28Avant de passer
39:29A celle des auditeurs et auditrices
39:30Déplacer les populations
39:31Magali-Rexazite
39:32Oui
39:33Et ça c'est terrible
39:34Parce que des populations
39:35Mais aussi des activités économiques
39:37C'est quelque chose
39:39De psychologiquement terrible
39:42Ça prend du temps
39:42Il faut accompagner
39:44Tous ces gens
39:44Et puis ensuite
39:45Il faut détruire
39:45Donc ça doit être fait
39:47Avec parcimonie
39:48Et c'est quelque chose
39:49Qui malheureusement
39:50Aujourd'hui
39:50Fait aussi partie des solutions
39:52Allez on passe aux questions
39:58Avec un message de Mireille
40:00Qui nous dit
40:00Que penser par exemple
40:01De nouvelles implantations
40:02Industrielles
40:03En Gironde
40:03Par exemple
40:04A la Ruscat
40:0475 hectares
40:05En zone inondable
40:06Pour implanter une fabrique
40:08De ballons
40:09Ou à Gratikina
40:10Raffinerie
40:11Classée Céveso
40:11En bordure de Gironde
40:14C'est toujours un peu surprenant
40:15Après je ne connais pas les projets
40:16Mais c'est toujours un peu surprenant
40:17De voir qu'on continue
40:18A implanter des activités
40:20Notamment des activités polluantes
40:21En zone inondable
40:23Parce que derrière
40:24Effectivement
40:25On augmente le risque
40:26Alors après
40:27On peut toujours protéger
40:28Mais là aussi
40:29Il faut mettre en balance
40:30Le coût de la protection
40:31Et le niveau de risque
40:32Aujourd'hui
40:34On ne devrait plus construire
40:35Certaines choses
40:36En zone inondable
40:37On écoute le message de Serge
40:39Bonjour
40:39Je m'appelle Serge
40:40J'écoute votre émission
40:42Terre au carré
40:42Sur l'inondation
40:43Vous n'avez pas parlé
40:45Des promoteurs
40:46Et des terrains constructibles
40:47Dans les zones inondables
40:48Soit par les mairies
40:49Ou soit par d'autres gens
40:51Je vous remercie
40:52Bonne journée
40:52Et merci d'avoir posé
40:53Cette question Serge
40:55Alors d'abord
40:56Aujourd'hui quand même
40:57Une grande partie
40:57Des zones inondables
40:58Sont couvertes
40:58Par ce qu'on appelle
40:59Des plans de prévention
41:00Des risques
41:00Qui sont donc
41:01Des servitudes d'urbanisme
41:02Qui font qu'on ne peut pas
41:03Construire n'importe où
41:04Et n'importe comment
41:05Ensuite
41:05Ce n'est pas parce qu'on est
41:06Dans une zone inondable
41:07Qu'on ne peut pas construire
41:08On a aujourd'hui
41:08Des projets architecturaux
41:10Qui permettent par exemple
41:11De vivre avec l'inondation
41:13C'est ce qui a été fait
41:14A Romorantin
41:15Il y a maintenant
41:16Quelques années
41:16Par un architecte
41:17Qui s'appelle
41:17Eric Daniel Lacombe
41:18Et qui a reconstruit
41:19Un quartier entier
41:20Dans une zone inondable
41:22Mais en surélevant
41:23Les planchers
41:24En surélevant
41:24Un certain nombre de routes
41:27Donc on peut construire
41:28Là encore
41:29Tout dépend de l'endroit
41:30Où on se trouve
41:30Par contre effectivement
41:31Ce qu'on voit
41:32C'est qu'aujourd'hui
41:32Il y a toujours
41:33De la spéculation foncière
41:34Que le foncier est très cher
41:35Qui a des besoins de logement
41:36Et que donc
41:37Il y a toujours un conflit
41:39Entre développement local
41:40Et puis inondation
41:41Mais justement
41:42Anne demande
41:42Comment réagir face à un maire
41:44Qui fait appel à de grands promoteurs
41:45Dans une ville
41:46Prise en étau
41:46Entre la Seine et la Forêt
41:47Par exemple
41:48Sans citer la commune
41:50C'est un cas typique
41:52Alors si on a
41:53Un plan de prévention des risques
41:54Normalement c'est plus possible
41:56C'est pas toujours le cas
41:58Le problème aussi
41:59C'est que ces plans de prévention des risques
42:00Pendant des années
42:01Ont été contestés
42:02Ils ont été contestés
42:03Donc on a continué
42:04A urbaniser des zones inondables
42:05En toute légalité
42:07Aujourd'hui
42:07La difficulté
42:09C'est que pour une commune
42:10Le foncier bâti
42:11Ça rapporte toujours beaucoup plus
42:12Que du foncier non bâti
42:14Pour le coup
42:14Dans une transition climatique
42:16Vers ce vers quoi on doit aller
42:18Il faudrait que le foncier non bâti
42:20Ce sol
42:21Devienne plus rentable
42:22Et il est plus rentable
42:23Il stocke de l'eau
42:24Il stocke du cerbonne
42:25Il permet de fabriquer de la nourriture
42:26Il permet de fabriquer de l'énergie
42:27Mais il faut avoir une vision à long terme pour ça
42:29Il faudrait avoir une vision à long terme
42:32Claude nous envoie un message vocal
42:33Bonjour Claude
42:35Trélasé à côté d'Angers
42:37Une question à votre intervenante
42:39Est-ce que les centrales nucléaires
42:41Qui sont construites au bord des fleuves
42:44Et qui vont peut-être être encore construites
42:46Sont bien préparées
42:49Aux effets d'inondations
42:52Au revoir
42:53Magali Réguezazit
42:54Alors oui
42:54Sur les inondations
42:57Elles sont très très bien préparées
42:59La sécurité nucléaire pour le coup
43:00Et la sûreté nucléaire
43:01Ça s'est pris en compte
43:02Il y a un sujet par contre
43:03Qui est intéressant
43:04Dernier à cette question
43:05C'est plutôt la question en fait
43:06De ce qu'on appelle l'étiage
43:07C'est-à-dire des sécheresses estivales
43:09Et des crues
43:10Et en fait
43:10Ce qu'on a dit au tout début
43:12C'est qu'on va avoir de plus en plus de sécheresses
43:14Et des périodes de crues
43:16Mais très irrégulières
43:17Et donc tout l'enjeu
43:18Ça va être de calibrer
43:18Les ouvrages de protection
43:20Pour que ça soit pas trop
43:22Ou pas trop peu
43:22Là on parle des inondations
43:24Par les fleuves
43:24Je pense qu'on pense par exemple
43:26A tout ce qui est le couloir du Rhône
43:27Il reste la question de la mer
43:29Mais ça c'est un autre sujet
43:30Avec une mer qui monte
43:32De plus en plus
43:33Mais ça c'est une autre émission
43:35Dernière question très vite de Gilles
43:36Est-ce que la Hollande
43:37Par son expertise en hydrologie
43:38Est mieux préparée à la montée des eaux
43:40Que d'autres pays en France ?
43:41Oui
43:41Sauf qu'en Hollande
43:42Les digues sont dix millénales
43:43C'est-à-dire qu'elles sont préparées
43:44Pour faire face à des inondations
43:46Qui ont lieu une fois sur dix mille
43:48En moyenne par an
43:49Nous c'est plutôt centenal
43:50Il faut rappeler que la Hollande
43:51C'est un pôle d'air
43:52Ce sont des terres sous la mer
43:54Pour eux l'inondation
43:54C'est une question de survie
43:56Donc eux effectivement
43:57C'est rentable
43:58De faire des ouvrages
44:00On ne pourrait pas avoir ça en France
44:02Étant donné le linéaire
44:03Et étant donné le coût
44:04De ces ouvrages
44:05Aucune comparaison
44:07Merci beaucoup Magali
44:08Je signale qu'en mai prochain
44:10Sortira un essai BD
44:11Que vous signez
44:12Bienvenue en 2055
44:13Dans un monde neutre en carbone
44:14Aux éditions du Seuil
44:15On aura l'occasion de reparler
44:17De ce livre dans notre émission
44:18Merci à Lucie Sarfati
44:19Qui a préparé ce dossier
44:21Achille Hakmin à la technique
44:23Et Jérôme Boulet
44:23Qui était à la réalisation
44:25On se quitte à la réelle
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