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  • il y a 3 heures
Et si la lutte contre le changement climatique était aussi un levier puissant pour améliorer la santé publique et la qualité de vie dès aujourd'hui ?

Retrouvez la « Terre au carré » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre

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Transcription
00:07Musique
00:18Aujourd'hui santé et climat, même combat, raconté par
00:22Kevin Jean, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l'école normale supérieure de Paris.
00:28Musique
00:37546 000, c'est le nombre de personnes qui meurent chaque année dans le monde à cause de la chaleur.
00:42Pas d'une maladie, pas d'un accident, de la chaleur seule.
00:46Et ce chiffre a bondi de 23% depuis les années 90.
00:49Les experts du Lancet ont publié ce chiffre en octobre dernier
00:52et c'est la première fois qu'on disposait d'une estimation aussi précise, pays par pays, quasiment jour par
00:58jour.
00:59Ce qui frappe dans ce rapport, c'est l'accumulation.
01:02En 2024, année la plus chaude jamais enregistrée, chaque être humain sur Terre a subi en moyenne plus de 1600
01:07heures de stress thermique.
01:09Ça, c'est pendant une activité physique modérée, dehors.
01:12Le résultat, près de 640 milliards d'heures de travail perdues dans le monde, soit plus de 1000 milliards de
01:17dollars envolés.
01:18On parle d'un pour cent du PIB mondial, brûlé si l'on peut dire.
01:22Et la chaleur n'est pas seule en cause.
01:24Les incendies de forêt, dopés par le réchauffement, ont tué 154 000 personnes via les pollutions aux particules fines.
01:30Le potentiel de transmission de la dengue, cette maladie portée par les moustiques, a augmenté de 49% depuis les
01:35années 50.
01:36Et pendant ce temps-là, près de 1000 milliards de dollars ont donc été injectés en subvention aux énergies fossiles
01:42en une seule année.
01:43Alors que le climat se réchauffe, l'inaction climatique entraîne un coût humain et économique en constante augmentation.
01:49Et si les mesures écologiques nécessaires nous permettaient d'améliorer notre santé plutôt que de la dégrader ?
01:55Les sujets consacrés à l'écologie ne semblent plus intéresser grand monde en ce moment.
01:59Pourtant, les travaux scientifiques nous alertent chaque jour un peu plus.
02:02Tous nous donnant des clés pour préparer l'avenir dans de bonnes conditions.
02:07C'est cette histoire que nous allons vous raconter.
02:16La chaleur extrême est la nouvelle anomalie.
02:19Plus d'un tiers des victimes vivent en Europe.
02:21Mais à l'échelle du globe, la mortalité pourrait être sous-évaluée.
02:25Tous les pays du monde ne recensent pas les décès en lien avec les canicules.
02:28L'OMS estime aussi que le bilan risque de s'aggraver dans les années qui viennent.
02:33Le changement climatique expose de plus en plus de personnes aux chaleurs extrêmes.
02:38Bonjour Kevin Jean.
02:39Bonjour.
02:40Vous êtes notre invité alors que vous publiez
02:42« À notre santé, la lutte contre le changement climatique n'est pas celle que vous croyez ».
02:46C'est aux éditions Payot.
02:47La crise climatique serait avant tout une crise sanitaire.
02:50Est-ce que vous pourriez nous expliquer ce que l'on veut dire par là ?
02:53Parce que d'habitude, quand on parle de changement climatique,
02:56on évoque plus facilement des degrés ou des tonnes de CO2, mais pas le corps humain.
03:01Tout à fait.
03:02Quand on parle de changement climatique,
03:04très souvent on reste dans une sorte de discours assez technique.
03:08En parlant de gaz à effet de serre ou de niveau de réchauffement,
03:11et on oublie un petit peu, on passe au silence,
03:13on rend invisibles toutes les répercussions qu'il y a derrière.
03:15Des répercussions en termes de coûts humains ou de coûts sanitaires.
03:18Or, ces répercussions, on commence à les mesurer de mieux en mieux.
03:22L'initiative Lenset Countdown que vous avez citée en début d'émission
03:26en fait un tableau de bord très illustratif
03:30qui explique comment chacun de ces niveaux d'incrément de température
03:34se traduit par des maladies vectorielles en plus,
03:37des décès en plus liés aux vagues de chaleur, à la pollution atmosphérique.
03:40Donc, donne vraiment à voir tout ce qu'il y a derrière.
03:43Chaque demi-degré supplémentaire en fait.
03:45Oui, chaque demi-degré, chaque dixième de degré.
03:47On sait que tous ces risques climatiques et les répercussions sur la santé humaine
03:51qui en sont les conséquences augmentent.
03:53En tout cas, augmentent avec chaque augmentation du niveau de température, effectivement.
03:58Donc, le réchangement climatique, ça se vit aussi dans le corps ?
04:01Ça se vit dans le corps, ça se vit également dans la tête.
04:04On sait qu'on a beaucoup de répercussions en termes de santé mentale, là aussi.
04:06Et puis, ça se vit aussi dans nos sociétés.
04:08C'est-à-dire que ces répercussions sanitaires,
04:11à un moment, elles vont affecter.
04:13Elles affectent déjà la façon dont on fait société, également.
04:16Les canicules, on va commencer par elles.
04:17Il y a beaucoup de choses à dire, évidemment, sur les effets du changement climatique.
04:21Elles sont, on pourrait dire, l'effet, en tout cas, le plus visible de ce réchauffement.
04:25Est-ce qu'on mesure bien, d'ailleurs, à quel point elles tuent un chiffre que vous citez ?
04:293 000 décès par an en France liés à la chaleur.
04:32Comment d'abord ce chiffre est calculé, exactement ?
04:35Alors, ce chiffre, il est important parce que c'est ce qu'on mentionne le plus souvent.
04:38C'est les chiffres que vous avez mentionnés à l'échelle mondiale.
04:41À l'échelle européenne, on parle de 60 000 décès par an.
04:43Et ce qu'il faut avoir en tête, c'est que ces chiffres mesurent l'augmentation de court terme
04:49dans la mortalité qui est liée, qui suit l'augmentation de court terme de température.
04:53Donc, on arrive à chiffrer comme ça, on va dire, la variation journalière de décès
04:58qu'on peut attribuer à la variation journalière de température.
05:01Et pourquoi c'est important ? Parce que ça nous montre que cette façon de chiffrer,
05:05pour l'instant, celle qu'on arrive à chiffrer, elle passe sous silence tout ce qu'on n'arrive pas
05:11à mesurer.
05:11Ce qu'on n'arrive pas à mesurer, notamment, c'est des décès qui vont survenir plusieurs jours,
05:15plusieurs semaines, plusieurs mois après, ou des maladies.
05:17On sait, par exemple, qu'on a des risques sur certains organes d'insuffisance rénale chronique,
05:22par exemple, qui peuvent suivre des vagues de chaleur.
05:24Mais ça, le recueil d'informations statistiques telles qu'il est fait ne permet pas, pour l'instant, de le
05:28voir.
05:28Donc, ces chiffres, encore une fois, ce sont les chiffres sur les effets de court terme de température sur la
05:34mortalité.
05:343 000 décès par an en France, donc c'est ça, avec des chiffres robustes liés, d'ailleurs, à votre
05:39discipline, l'épidémiologie ?
05:40Oui, tout à fait. 3 000 décès, puis ça va varier d'une saison à l'autre.
05:44En 2022, quand on a eu trois vagues de canicule, c'était 7 000 décès.
05:48Donc ça, ça va dépendre, là, de la variation interannuelle de ces vagues de chaleur, effectivement.
05:53Mais ces chiffres viennent, par exemple, de Santé publique France.
05:55Donc, ce sont des chiffres d'une agence gouvernementale.
05:58On se souvient de la canicule de 2003, cette canicule qui avait fait plus de 15 000 morts, à peu
06:03près.
06:03Oui, c'est ça, 15 000.
06:03C'était une estimation.
06:04D'ailleurs, le chiffre avait été très, très commenté à l'époque, parce qu'il avait vraiment frappé les esprits.
06:09On n'était pas habitué à voir la chaleur tuer comme ça.
06:12Effectivement, et depuis, on a appris, d'une certaine façon, beaucoup de dispositions des plans canicules qu'on a à
06:17l'heure actuelle, découlent un petit peu de ce qu'on a malheureusement appris en 2003.
06:21Et donc, pour des niveaux de chaleur, 2022 était une canicule qui était proche de celle de 2003.
06:26Donc, on voit bien qu'en termes de mortalité, on a appris, on a tiré les leçons de 2003.
06:31Mais, malheureusement, on n'est pas capable de prévenir tous les décès les à la chaleur.
06:34Et, encore une fois, ces décès vont continuer à augmenter.
06:36D'une part, si, comme le dit le GIEC, on ne met pas en place des solutions d'adaptation vraiment
06:42transformatives.
06:44On traite à chaque fois ces canicules sous le mode de la gestion de crise, comme si on ne s
06:48'y attendait pas.
06:49Or, on ne met pas en place ce qui nous permettrait d'y faire face été après été.
06:53Et on sait qu'on aura à y faire face été après été.
06:54Donc, on est habitué à voir des gens mourir de froid, mais beaucoup moins à mourir de chaud.
06:58Et pourtant, les chiffres sont là aussi assez frappants.
07:01Justement, Kevin Jean, comment réagit le corps humain face à la chaleur excessive ?
07:05On a tous l'impression d'avoir chaud, donc de transpirer.
07:07Mais ce que vous décrivez, vous, dans votre livre, c'est quelque chose de bien plus dramatique physiologiquement.
07:13Oui, la température, c'est vraiment une constante.
07:17C'est un paramètre qui va affecter toutes les fonctions de l'organisme.
07:21Donc, quand on commence à être en stress thermique,
07:24la première chose qu'il va falloir faire, c'est évacuer cette chaleur par la sudation.
07:28Ou par le fait d'envoyer du volume sanguin, du flux sanguin vers la partie cutanée
07:33pour évacuer la chaleur, l'échanger avec l'extérieur.
07:36Tout ça, ça nécessite une activité cardiaque très forte.
07:39Donc, ça fatigue le cœur.
07:42Si on a un terrain cardiaque, par exemple,
07:44on sait que ça peut être quelque chose qui peut nous mettre en zone dangereuse.
07:47Le cœur, il faut également l'oxygéner.
07:49Donc, il y a beaucoup de demandes respiratoires.
07:51Et puis, la sudation fait qu'on a aussi ce risque de déshydratation.
07:56On perd de l'eau du corps humain.
07:58Ce qui est en plus l'effet de rendre le sang un peu plus visqueux,
08:02donc encore plus dur à pomper pour le cœur.
08:04Donc, on a tous ces effets.
08:05Et puis, on arrive même parfois,
08:07si les mécanismes de thermorégulation sont dépassés,
08:12au-delà de 40 degrés,
08:13on arrive à des températures où il y a des dommages au sein des cellules.
08:16Vous expliquez qu'à ces températures-là,
08:18on entre dans une zone de danger pour le corps.
08:21C'est une zone critique.
08:22Effectivement, certaines des protéines qu'on a à l'intérieur de nos cellules
08:24sont déformées, sont dénaturées à partir de 40 degrés.
08:28Donc, c'est la température à laquelle on ne peut plus faire face.
08:30Et donc, on voit augmenter les décès cardiovasculaires
08:32dans ces périodes de forte chaleur ?
08:34Alors, ce qui est surprenant,
08:36mais finalement pas si surprenant après ce que je viens d'expliquer,
08:39c'est qu'on voit augmenter tous les types de décès
08:41avec les augmentations de température.
08:43Autant les décès cardiovasculaires, respiratoires,
08:45mais également des décès liés au cancer, aux maladies infectieuses.
08:48Vraiment, la température, on le sait,
08:50ça affecte tous les fonctionnements de notre organisme.
08:54Kevin Jean, parmi les nombreuses professions
08:55concernées par le travail en extérieur,
08:57donc exposées aux canicules,
08:59celle de vignerons.
09:01On va écouter l'extrême reportage de France 3.
09:03C'était en janvier 2025.
09:04Le dérèglement climatique fait pression sur les vignerons.
09:09La profession est unanime.
09:11Selon l'étude CLICEV,
09:12un quart des sondés disent avoir été témoins
09:15de perte de conscience d'un collègue.
09:17Un chiffre qui fait écho à la vendange 2023 en Champagne.
09:21Cinq personnes n'ont perdu la vie,
09:23notamment à cause des fortes chaleurs dans les vignes.
09:26Alors, comment garantir la bonne santé
09:29des travailleurs dans les vignes ?
09:30Deux tiers des sondés souhaiteraient fixer
09:33un palier de température,
09:35au-delà duquel il serait interdit de travailler.
09:40Une profession parmi beaucoup d'autres,
09:41celle de vigneron, Kevin Jean.
09:43Un commentaire sur ce qu'on vient d'entendre précisément.
09:46Il faudrait effectivement que les gens s'arrêtent
09:47de travailler au-delà d'une certaine température, selon vous ?
09:50Sur le commentaire, ce que ça m'évoque,
09:53ce reportage, c'est aussi tout l'enjeu
09:55qu'il y a derrière d'inégalités socio-économiques.
09:57Parce qu'on voit bien que ces professions
09:59qui sont les premières menacées
10:00sont souvent des professions peu qualifiées,
10:03mal rémunérées,
10:04et qui voient même leur tâche
10:05ou leur travail menacé
10:06par les conditions de température.
10:08Donc on voit bien également
10:09l'espèce de cercle vicieux
10:10que cela peut induire,
10:11où des professions qui sont déjà les plus pauvres
10:13risquent d'être encore plus appauvries.
10:16Et le deuxième point,
10:17qui me semble intéressant,
10:18c'est que même si les professions extérieures
10:20qui induisent une activité physique,
10:23donc une surchauffe de l'organisme,
10:24sont les plus menacées,
10:25les risques liés aux températures,
10:27quand on regarde les chiffres d'arrêt maladie
10:29ou d'accident de travail,
10:30on les voit dans toutes les professions.
10:32Mais à votre avis,
10:33il faudrait raisonnablement justement
10:34fixer des seuils ou pas ?
10:35Alors ça, c'est un débat technique
10:37que je ne maîtrise pas totalement
10:39pour être honnête,
10:40parce qu'on nous dit
10:41que ça dépend également du vent,
10:42d'autres conditions météorologiques
10:45que la seule température,
10:47l'ensoleillement.
10:48Et donc, en tout cas,
10:50là où le seuil peut faire sens,
10:52c'est que c'est un outil de gestion
10:54facile à actionner.
10:55En tout cas, ces canicules,
10:57elles ne tuent pas que les personnes âgées,
10:58parce que ce sont elles
10:59qui sont aussi énormément évoquées,
11:01mais vous évoquez aussi
11:02les femmes enceintes
11:03et les fœtus
11:04comme population particulièrement vulnérable.
11:06C'est quelque chose
11:07qu'on entend peu.
11:08Pourquoi ce risque spécifique ?
11:10Alors, les risques liés aux températures
11:13durant la période périnatale,
11:14là, ils sont vraiment
11:15très bien documentés.
11:17On le comprend aussi,
11:18comme ce que j'expliquais,
11:19la température remélange les cartes
11:22sur la circulation sanguine
11:24et une femme enceinte, du coup,
11:26va avoir moins de sang
11:27qui va être dirigée vers le placenta,
11:29donc moins d'oxygénation du fœtus.
11:31On sait qu'une femme
11:33qui va accoucher
11:34durant des vagues de chaleur
11:35a plus de probabilité
11:36de faire des complications obstétriques.
11:38Les enfants qui en naissent
11:39ont plus de probabilité
11:41d'être des enfants
11:41qui vont naître
11:42soit avec un petit poids de naissance,
11:44soit naître de manière prématurée.
11:46Et ça, ce qu'il faut avoir en tête
11:46pour les enfants à naître,
11:48qui sont les premiers menacés,
11:49c'est que c'est des répercussions
11:50qu'ils vont, quelque part,
11:52qu'ils vont payer
11:53tout au long de leur vie.
11:54On sait qu'un enfant prématuré
11:55peut avoir des risques
11:56de maladies cardiovasculaires,
11:57notamment tout au long de sa vie.
11:59Kevin Jean,
11:59la santé mentale,
12:00vous en avez parlé tout à l'heure,
12:01c'est un sujet souvent négligé,
12:03voire parfois moqué,
12:05sur les effets justement
12:06du changement climatique.
12:07Comment la chaleur
12:08et les événements climatiques extrêmes
12:11affectent concrètement
12:13notre psyché,
12:13notre santé mentale ?
12:15De beaucoup de façons, en fait.
12:16Et c'est vrai qu'on a tendance
12:17à réduire ça à l'éco-anxiété,
12:19par exemple,
12:20ce n'est pas du tout la seule chose.
12:21On sait qu'après des événements
12:22climatiques extrêmes,
12:23on a des phénomènes
12:24de stress post-traumatique,
12:25par exemple.
12:26Donc, vraiment,
12:27le fait de revivre
12:28des pluies diluviennes,
12:32ce syndrome
12:33qui a bien été décrit
12:35par ailleurs.
12:36Et l'autre point,
12:37c'est que ça rejoint
12:39tous les éléments
12:40plus physiologiques,
12:41biologiques dont j'ai parlé.
12:42La température
12:43vient affecter
12:44la circulation sanguine,
12:46y compris dans la partie cérébrale.
12:48également l'équipe
12:49de certaines hormones
12:50qui vont
12:52influencer l'humeur
12:54et la régulation des humeurs.
12:56Et donc,
12:56tout ça se traduit.
12:56On a des chiffres,
12:57là aussi,
12:58qui font le lien
12:59entre des augmentations locales
13:00de température
13:01et des événements
13:03liés à des maladies
13:04de santé mentale,
13:05comme la schizophrénie,
13:06comme les troubles
13:07anxieux généralisés.
13:08On a ces liens
13:09qui sont très robustes
13:10avec les températures.
13:12Kevin Jean,
13:12vous êtes notre invité
13:13cet après-midi
13:14avec ce livre
13:15à notre santé.
13:16C'est aux éditions
13:17Payot.
13:18On va voir dans un instant
13:19qu'il existe évidemment
13:20des solutions de santé publique
13:22puisque vous inversez les choses
13:24en disant finalement
13:24si on prenait à bras le corps
13:25tous les problèmes
13:26que nous rencontrons
13:27autour du réchauffement climatique
13:28aujourd'hui,
13:29on pourrait largement
13:30en bénéficier aussi
13:31pour notre santé.
13:32On en discute avec vous
13:33dans quelques instants
13:34avec les messages,
13:35les questions
13:36qui arrivent sur la page
13:37de la Terre au Carré,
13:38nos réseaux sociaux
13:39et vos messages vocaux
13:40sur l'application Radio France.
19:50des bénéfices également aujourd'hui pour la santé
19:53et d'autre part, on n'a pas ce
19:54problème d'articulation locale globale
19:56parce que ces bénéfices pour la santé
19:59de l'action climatique, ils
20:00reviennent entre guillemets aux
20:02populations qui ont consenti à l'effort. On n'a pas
20:04cette tentation du passager clandestin
20:07ces bénéfices
20:08quelque part, ils sont perçus par
20:10les populations qui consentent à l'effort, quoi que fassent
20:12les autres pays. Il y a l'exemple de Paris
20:14on peut citer la capitale parce que
20:16comme exemple autour
20:18de la pollution de l'air, dès que des efforts
20:20sont menés, on en voit les bénéfices assez
20:22rapidement ? Tout à fait, donc Paris
20:24on a eu ce rapport d'Air Paris qui
20:27documentait le fait que en 10
20:28ans, la qualité de l'air, la
20:30pollution atmosphérique à Paris a été diminuée
20:32de moitié. Ça, ça a été associé
20:34à une réduction des émissions de gaz à effet de serre
20:36dans le secteur des transports de l'ordre de 30%.
20:38Bon ben là, on est content sur l'effet
20:43global, pardon
20:44mais je veux dire pour les parisiennes et les parisiens
20:46bon, réduire les gaz à effet de serre, c'est pas
20:48quelque chose de payant tout de suite
20:50mais ce que chiffre ce rapport également
20:52c'est que ça, ça s'est également traduit par
20:53une amélioration de l'espérance
20:56de vie de près de 8 mois pour les
20:58parisiens et les parisiennes, cette amélioration
21:00de la qualité de l'air. Donc là, on voit encore
21:02comment se manifestent ces bénéfices
21:04à la fois sur le plan climatique
21:06donc cette réduction des émissions de gaz à effet de serre
21:08mais également là, sous l'angle de la santé
21:10Il y a des effets sur les décès aussi ou pas ?
21:13Dans une ville où l'air est plus respirable, est-ce qu'on peut aussi mesurer moins de décès ou
21:17pas ?
21:18Alors, le problème c'est qu'on va avoir du mal à chiffrer précisément et à identifier des décès
21:24qui sont évités par l'amélioration de la pollution de l'air
21:27ou des maladies, parce qu'on parle de maladies
21:29comme des maladies cardiovasculaires, des cancers
21:30qui sont des maladies très multifactorielles
21:33mais on sait
21:34et ça, en se basant sur
21:36tous les éléments épidémiologiques qu'on a en amont
21:39on sait que réduire la pollution de l'air
21:40va réduire les décès
21:42Vous utilisez l'expression de système
21:44bagnole, c'est pour dire quoi
21:46exactement, Kévin-Jean ?
21:48C'est pour expliquer qu'en fait, à l'heure actuelle
21:50notre paysage de mobilité
21:52est quelque part enfermé dans un système
21:55où on dépend toutes et tous
21:56très largement
21:57et encore plus dans certains territoires que dans d'autres
22:00de la voiture
22:01Ce fait que, pour se déplacer dans des zones périurbaines
22:04ou dans des zones rurales
22:05on ne peut pas faire autrement
22:07que de se déplacer en voiture
22:08et ça, ça a des répercussions sur la qualité de l'air
22:10mais également, et on l'oublie un peu trop souvent
22:13sur l'activité physique
22:14On est en France
22:15on estime que 40% des adultes
22:18sont en dessous des recommandations quotidiennes
22:21d'activité physique
22:22de l'Organisation Mondiale de la Santé
22:24et on estime également que
22:26si on atteignait toutes et tous ces niveaux
22:28près de 10% des décès prématurés
22:30pourraient être évités
22:31et ce manque d'activité physique
22:33on le doit très largement
22:35à ce paysage de mobilité
22:36encore une fois structuré autour de la voiture
22:38qui nous rend complètement inactifs
22:39Sauf qu'il y a des territoires aussi
22:41on ne peut pas s'en passer
22:42il faut quand même le rappeler
22:43c'est-à-dire qu'il y a aussi
22:43beaucoup d'inégalités à ce sujet
22:45autant c'est facile de passer de la voiture
22:47dans une grande ville
22:47autant quand on habite une zone rurale
22:50éloignée de pas mal d'endroits
22:51ça devient tout de suite beaucoup plus compliqué
22:53Effectivement, il ne s'agit pas là
22:54de pointer du doigt
22:57des comportements individuels
22:58plus de dire qu'on est dans ce système
22:59voiture
22:59et qu'il faut le changer
23:00si on veut changer les choses
23:02et que dans des territoires ruraux
23:03il faut passer à autre chose
23:05il faut sécuriser des axes secondaires
23:08pour les vélos
23:09électrifier les vélos
23:10peut-être passer à des véhicules
23:13beaucoup plus légers également
23:14moins émetteurs
23:15et puis il y a aussi cette proposition
23:16qui est de faire de la voiture
23:18un transport collectif
23:20on voit des territoires
23:21où on commence à mettre en place
23:22des lignes de covoiturage régulières
23:25et c'est aussi une façon
23:26de redissiner nos mobilités
23:27pour ne plus être dépendant
23:28de la voiture
23:29surtout à une période
23:30et à une époque
23:31où les prix
23:33des carburants
23:34recommencent à exploser
23:35Puisque vous évoquez le vélo
23:37Kevin Jean
23:38est-ce qu'on arrive à chiffrer
23:39aujourd'hui les bénéfices
23:40à la fois sanitaires
23:41et climatiques
23:42de la pratique actuelle
23:43du vélo en France ?
23:45Alors c'est quelque chose
23:46qu'on a fait dans notre équipe
23:47il y a deux ans maintenant
23:47où on a chiffré
23:49tous les bénéfices
23:50pour la santé
23:51de l'activité physique
23:52générée par le vélo
23:54et en mettant bout à bout
23:55tous les décès évités
23:56et les maladies chroniques
23:58que permettent d'éviter le vélo
23:59maladie cardiovasculaire
24:00les cancers
24:01les cas de démence
24:02également le diabète
24:03on se rend compte
24:04que quand on chiffre tout ça
24:05chaque kilomètre
24:07de vélo parcouru
24:08en France
24:08nous permet d'éviter
24:09un euro
24:09de coûts sociaux de santé
24:10donc c'est quelque chose
24:11d'énorme
24:12et qu'on ne perçoit pas
24:13là aussi
24:14et finalement quelque chose
24:15qui nous laisse penser
24:15que la promotion
24:16de transports actifs
24:18on pourra parler
24:19de la marche également
24:20c'est également
24:22une politique de santé publique
24:23Et un euro
24:24ça fait combien
24:25si on calcule globalement
24:27pour la collectivité ?
24:28Alors
24:29c'est des chiffres
24:30qui sont basés
24:31sur les niveaux de vélos
24:32de 2019
24:32on était à 5 milliards
24:33de kilomètres parcourus
24:35donc 5 milliards d'euros
24:36de coûts sociaux
24:37de santé évités
24:38là il y a une subtilité
24:40c'est qu'on parle
24:40de coûts
24:41qui prennent en compte
24:42également toute la dimension
24:42non marchande
24:43de la santé
24:44Donc il y a un aspect économique
24:45à ne pas négliger non plus
24:46parce qu'on parle de la santé
24:47avec vous
24:47mais ceux qui s'intéressent
24:49beaucoup à l'argent
24:49et l'économie en particulier
24:51pourraient aussi
24:51y trouver des choses
24:52tout à fait intéressantes
24:54Effectivement
24:54ce qu'il faut voir
24:56c'est que
24:56quand on parle de santé
24:57très souvent
24:58la mauvaise santé
24:59implique des coûts
25:00et donc la meilleure santé
25:02permet d'éviter ces coûts
25:03Alors on parle de coûts médicaux
25:04ce qu'on appelle
25:05des coûts médicaux directs
25:06les prix des médicaments
25:07des traitements
25:08parfois on peut y ajouter
25:09les arrêts maladie
25:10qui sont liés
25:11la perte de productivité
25:12et puis ce qui est intéressant
25:13c'est aussi de mettre
25:13dans la balance
25:14tous ces aspects sociaux
25:16autour de la santé
25:16le fait que
25:17quand une personne décède
25:18ça a des répercussions
25:19pour ses proches
25:20le fait que
25:21quand on est malade
25:21on a aussi une répercussion
25:22dans notre vie de tous les jours
25:24et ça il y a des métriques
25:25les économistes
25:26arrivent à chiffrer
25:28ces coûts sociaux de santé
25:29ce qui est important
25:30c'est que quand on les met
25:31dans la balance
25:31ces coûts sociaux de santé
25:33et qu'on les compare
25:34au coût des politiques
25:36de réduction
25:37des émissions de gaz
25:37à effet de serre
25:38dans des stratégies
25:39de neutralité carbone
25:40et bien on se rend compte
25:41que la plupart des études
25:42nous disent que
25:43les bénéfices pour la santé
25:45sont supérieurs
25:47au coût de mise en place
25:48de ces politiques
25:49donc finalement
25:49quand on met dans la balance
25:50dans une analyse
25:50coûts-bénéfices
25:51assez classique
25:52d'économistes
25:53quand on met dans cette balance
25:54la dimension de la santé
25:56alors l'action climatique
25:57devient rentable
25:59d'une certaine façon
26:00et ce très vite
26:01on n'a pas besoin
26:01de se projeter
26:02et ça ça a été clairement
26:03modélisé
26:04ça c'est un travail
26:06qu'on a basé
26:06sur une étude
26:07de la littérature
26:08de toutes les études
26:09se projetant
26:10dans des scénarios
26:11dans la neutralité carbone
26:13dans des trajectoires
26:13de neutralité carbone
26:14et qui comparaît
26:15les bénéfices pour la santé
26:17de ces trajectoires
26:18et les coûts de mise en place
26:19de ces politiques
26:20et on voyait que
26:2180% des études
26:22nous disent que
26:23les bénéfices de santé
26:24surpassent
26:25compensent les coûts
26:26de réduction des émissions
26:27de gaz à effet de serre
26:28donc ça veut dire
26:28que l'inaction
26:29elle coûte très cher
26:30en réalité
26:30l'inaction coûte très cher
26:32effectivement
26:32et elle nous fait passer
26:33à côté de bénéfices
26:34de santé
26:35qui sont très très importants
26:37les bénéfices aussi
26:39d'un changement
26:39de régime alimentaire
26:40comme levier
26:41à la fois climatique
26:42et sanitaire
26:42là aussi
26:43il y a un lien
26:44entre ce qu'on mange
26:44et notre santé
26:45à long terme
26:46bon on peut s'en douter
26:47mais là vous avez
26:48vraiment vu
26:49les effets sur vos travaux
26:50tout à fait
26:51et ça c'est quelque chose
26:52qui a été remis en avant
26:54l'an dernier
26:54par la commission
26:55Hitland 7
26:55par exemple
26:57pour le dire
26:58de manière très rapide
27:01on mange
27:02un européen
27:03une européenne moyenne
27:04mange deux à trois fois
27:04plus de viande
27:05que des recommandations
27:06nutritionnelles
27:06ce qui n'est pas bon
27:07pour la santé
27:08et ce qui n'est pas bon
27:09pour la planète
27:09on sait que l'élevage
27:11l'agriculture intensive
27:12mais surtout l'élevage
27:12c'est ce qui pèse le plus
27:13sur le climat
27:14mais pas que
27:15également sur la biodiversité
27:16sur l'emprise au sol
27:19et donc finalement
27:20là aussi
27:20en adoptant des régimes alimentaires
27:22et les systèmes agroalimentaires
27:25permettant de les produire
27:27en adoptant des régimes durables
27:29c'est également quelque chose
27:31de très favorable
27:31pour la santé
27:32la nutrition
27:33la mauvaise nutrition
27:34c'est quelque chose
27:35en France
27:36on estime que c'est responsable
27:37de l'ordre de près de 20%
27:38des décès prématurés
27:39et encore une fois
27:41la part de l'alimentation carnée
27:43dans ce fardeau
27:44est très importante
27:45et là
27:46on voit bien se dessiner
27:47encore une fois
27:48un objectif commun
27:49qui est celui de végétaliser
27:50nos assiettes
27:51à la fois pour la santé individuelle
27:53dans notre propre intérêt
27:54bien senti
27:55mais également
27:56pour se projeter
27:57dans des cultures plus durables
27:58On va voir dans un instant
27:59Kévin Jean
28:00qui paye le prix de l'inaction
28:01justement aujourd'hui
28:02et qui sont les scientifiques
28:03qui refusent de se taire
28:04dans un contexte
28:06on l'a dit aussi
28:07où les questions écologiques
28:08sont passées un petit peu
28:09sous le tapis
28:10vous publiez ce livre
28:11À notre santé
28:12c'est chez Payot
28:13et on vous retrouve dans un instant
28:14avec les messages
28:15des auditeurs et des auditrices
28:16Tu vois
28:17ça s'appelait
28:19la terre
28:23La terre
28:25elle était ronde et bleue
28:28Elle tournait autour du soleil
28:34Et le soleil était heureux
28:39Tu vois
28:41ça s'appelait
28:43la mer
28:46La mer
28:48mourait sur la jetée
28:52Alors le ciel
28:54pleurait
28:55la mer
28:57Et tout le monde
29:00s'y peignait
29:02L'air
29:05de la marée
29:07rentrait
29:08sorti par le nez
29:10par la bouche
29:12chantait
29:17Tu vois
29:19ça s'appelait
29:20l'hiver
29:24Après l'hiver
29:26venait l'été
29:29L'été
29:31la s'est tombée
29:32l'automne
29:35au printemps
29:37tout recommençait
29:40Tu vois
29:42ça s'appelait
29:44l'amour
29:47Et ça s'appelait
29:50toujours ainsi
29:51Mais cet amour
29:55sur cette terre
29:57ça s'appelait
30:01le paradis
30:29Nouveau single de Camille
30:31et il nous touche ici
30:33car il s'appelle
30:33la terre
30:34Nouveauté à l'instant
30:35sur France Inter
30:39France Inter
30:42La terre au carré
30:46Mathieu Vidard
30:47Des milliers de pèlerins
30:49couchés sur le sol
30:52Épuisés par des températures
30:54extrêmes
30:55qui ont grimpé
30:56jusqu'à 51,8 degrés
30:59A la Mecque
30:59plus de 1100 personnes
31:01dont deux français
31:03sont mortes
31:03en une semaine
31:05La canicule
31:06fait aussi des ravages
31:07au nord du Mexique
31:0830 personnes
31:10sont mortes
31:10cette semaine
31:11Cette chaleur brutale
31:13est impitoyable
31:14ces gens traversent
31:15la frontière
31:15et perdent la vie
31:16En Europe
31:17c'est la ville de Rome
31:18qui fait face
31:19à un climat
31:20caniculé
31:20où la température
31:22du sol dépasse
31:23largement
31:24les 50 degrés
31:25TF1
31:26c'était en 2024
31:27le 21 juin
31:28très exactement
31:29Kevin Jean
31:30vous êtes notre invité
31:30avec ce livre
31:31à notre santé
31:32chez Payot
31:32on va parler avec vous
31:33des dimensions
31:34plus politiques
31:35de votre travail
31:36avec aussi
31:36les inégalités profondes
31:38face aux dérèglements
31:39climatiques
31:39et puis l'engagement
31:40croissant sur ces questions
31:42des scientifiques
31:43vous parlez du bingo
31:44des inégalités climatiques
31:45il y a quoi derrière
31:46cette expression exactement ?
31:48Derrière cette expression
31:49il y a le fait
31:49qu'on n'est pas tous égaux
31:51face au réchauffement climatique
31:53et à ses effets
31:53et qu'on a plusieurs niveaux
31:55d'inégalités
31:56qui viennent s'additionner
31:58les uns aux autres
31:58pour créer vraiment
32:00un paysage
32:01où les plus défavorisés
32:03sont ceux qui payent
32:03le plus lourd tribut
32:05au réchauffement climatique
32:06tout en étant
32:07les moins responsables
32:08du phénomène
32:08parce qu'on sait que
32:09les émissions de gaz
32:11à effet de serre
32:11sont très largement
32:12corrélées aux revenus
32:13Donc il y a déjà
32:14des inégalités
32:15de responsabilité alors ?
32:16Voilà
32:16il y a ces premiers niveaux
32:17d'inégalités
32:18qui est celui des responsabilités
32:19on sait que les plus riches
32:20émettent beaucoup plus
32:21de CO2
32:21de gaz à effet de serre
32:22que les plus pauvres
32:23donc on n'est pas tous
32:24responsables
32:25de la même façon
32:26et ensuite
32:26les autres niveaux
32:28sont sur les impacts
32:29ces mêmes groupes
32:30de population
32:31qui sont les moins responsables
32:32sont ceux qui payent
32:33sont ceux qui sont d'abord
32:34les plus exposés
32:35aux risques climatiques
32:37on a des chiffres
32:38en France
32:38on sait que
32:38les ménages
32:39les plus défavorisés
32:40enfin les quartiers
32:41les plus défavorisés
32:42sont ceux
32:43qui ont dix fois
32:44plus de chances
32:44d'être exposés
32:45à la fois
32:46aux vagues de chaleur
32:46enfin au pic de chaleur
32:48en ville au pic de pollution
32:49au manque d'espace vert
32:50donc on n'est pas exposés
32:51de la même façon
32:52aux risques climatiques
32:53on sait qu'on n'a pas tous
32:54la même propension
32:55à pouvoir aller se mettre au vert
32:56à bénéficier de la climatisation
32:57pendant les vagues de chaleur
32:59donc ça c'est le niveau
33:00des expositions
33:01et ensuite se rajoute
33:02un autre niveau
33:03qui est celui
33:03des inégalités
33:04dans les impacts
33:05c'est-à-dire qu'à même exposition
33:06des personnes plus défavorisées
33:08ont tendance
33:09à avoir des événements
33:10de santé
33:10faire des événements
33:11de santé plus importants
33:12tout simplement
33:13parce qu'on sait
33:14que dans les groupes
33:14de populations
33:15les plus défavorisées
33:16on a un moins bon accès
33:17à la santé
33:18c'est-à-dire que si vous avez
33:19à faire face
33:19à une chaleur de 40 degrés
33:21et que vous faites un malaise
33:22vous allez mettre
33:23plus de temps
33:24à atteindre l'hôpital
33:26on a plus de prévalence
33:28également des comorbidités
33:29donc des maladies
33:30chroniques sous-jacentes
33:31cardiaques
33:32respiratoires
33:32et donc tout ça rajoute
33:34un niveau de vulnérabilité
33:35c'est ça
33:35donc là aussi
33:36il y a des inégalités
33:36dans la vulnérabilité
33:38même face à ces événements
33:39effectivement
33:39des inégalités
33:40au niveau des responsabilités
33:42au niveau des risques
33:43et puis au niveau
33:44de la vulnérabilité
33:45face à ces risques
33:45C'est assez étonnant
33:46parce que quand on regarde
33:47les choses à l'échelle mondiale
33:48vous montrez que les cartes
33:50justement de la responsabilité
33:51et de la vulnérabilité
33:53sont comme des négatifs
33:54l'une de l'autre
33:55c'est ça ?
33:55Tout à fait
33:56et ça c'est quelque chose
33:57de bien connu
33:57on sait que
33:58ce que j'ai décrit
33:59à l'intérieur des pays
34:00est également vrai
34:01à l'échelle internationale
34:03les pays les plus responsables
34:04du changement climatique
34:05sont ceux qui
34:06finalement le sont
34:07le moins exposés
34:08aux risques climatiques
34:09et quelque part
34:10c'est en partie
34:10ce qui explique
34:11l'inaction climatique
34:12si les pays les plus responsables
34:13étaient les plus exposés
34:14peut-être qu'ils auraient
34:15un peu plus
34:15de motivation à agir
34:17et c'est là quelque part
34:19que la santé
34:20peut apporter quelque chose
34:21dans le sens
34:22où l'angle de la santé
34:23permet
34:24d'une certaine façon
34:25d'apporter
34:26des arguments égoïstes
34:28à l'action climatique
34:29en disant à ces pays
34:29qui quelque part
34:30se disent
34:31on peut continuer à émettre
34:32parce que c'est pas nous
34:32qui allons payer les conséquences
34:33voilà
34:34en essayant de mettre en avant
34:35le fait que
34:36même si les risques
34:38sont payés par d'autres
34:38quelque part
34:39les bénéfices de l'action
34:40peuvent être
34:40là aussi
34:41des bénéfices pour la santé
34:42de ces politiques
34:43peuvent être ressentis
34:44au sein même des pays
34:45qui sont les plus émetteurs
34:46Kevin Jean
34:47sur ces inégalités
34:48que vous évoquez
34:49est-ce qu'on les retrouve aussi
34:50à l'intérieur même
34:51de notre pays
34:51en France
34:52entre par exemple
34:53les quartiers riches
34:54et les quartiers pauvres
34:55oui tout à fait
34:56donc j'ai parlé des inégalités
34:57d'exposition tout à l'heure
34:58avec le fait que
34:59les quartiers pauvres
35:00sont vraiment
35:01beaucoup plus à risque
35:02de cumuler
35:02les expositions
35:04on sait qu'on a des inégalités
35:06dans les émissions
35:07de gaz à effet de serre
35:08au niveau des revenus
35:09des ménages
35:10que les déciles
35:11les pourcentages
35:13les plus favorisés
35:15les plus riches
35:15des ménages
35:16émettent beaucoup plus
35:173, 5, 10 fois plus
35:18que les plus pauvres
35:19donc on retrouve bien ça
35:20également
35:20à l'intérieur
35:21des pays
35:22c'est vraiment une situation
35:23c'est ce qu'on appelle
35:24l'injustice climatique
35:25le fait que les moins responsables
35:26soient les plus exposés
35:28aux risques
35:28ça on le trouve
35:29autant à l'intérieur des pays
35:30qu'à l'extérieur des pays
35:31à l'échelle internationale
35:32et il y a aussi
35:33une grande injustice
35:35intergénérationnelle
35:35ça c'est très clair aussi
35:37effectivement
35:37alors ça c'est important
35:38parce qu'on a tendance
35:40parfois à l'oublier un peu vite
35:41quand on parle de la canicule
35:42on sait que c'est vrai
35:43les personnes âgées
35:44sont les plus vulnérables
35:45mais dans cette injustice
35:46il y a également
35:47cette notion d'injustice
35:49intergénérationnelle
35:49parce que ce sont vraiment
35:50là des générations
35:51les plus jeunes
35:52qui sont les plus exposées
35:54à ces risques climatiques
35:55alors même
35:56qu'elles ne sont pas du tout
35:56responsables du problème
35:57qu'on les laisse
35:58gérer le problème futur
36:00ou en faire face
36:01aux conséquences
36:02on sait que des générations
36:03nées dans les années 2020
36:04auront à faire face
36:05à 7 fois plus de canicules
36:07que leurs aînés
36:08et ce qui est important aussi
36:09et ce qu'on a du mal
36:10à percevoir
36:11c'est que ces générations
36:12qui naissent aujourd'hui
36:13vont avoir
36:14à faire face
36:15aux conséquences
36:16du réchauffement climatique
36:17tout au long de leur vie
36:18d'ailleurs on a parlé
36:19de la santé périnatale
36:20dans l'enfance
36:21c'est là où se met en place
36:22le système respiratoire
36:23où on peut être plus
36:24affecté par des problèmes
36:25respiratoires
36:27liés aux allergies
36:28par exemple
36:29à l'adolescence
36:30par l'éco-anxiété
36:31et puis tout au long de la vie
36:32par ces canicules
36:33qui ne vont faire
36:34que se multiplier
36:34Kevin Jean
36:35tout ce que vous nous racontez
36:36et cet exemple-là
36:37en particulier
36:38c'est basé sur des travaux
36:39scientifiques
36:40qui ont fait l'objet
36:41d'une méthode rigoureuse
36:42publiée dans des revues
36:44à comité de lecture
36:46c'est peut-être intéressant
36:47de le rappeler non ?
36:47Ah bah tout à fait
36:48c'est comme ça qu'on travaille
36:49on n'est pas avec un militant
36:50on est avec un épidémiologiste
36:51à ce micro
36:52Et tout à fait
36:53donc tout ce que j'évoque ici
36:55et ce que j'évoque dans ce livre
36:56c'est sur la base
36:57de près de 300 références
36:58sourcées
36:59publiées dans des revues
37:00internationales
37:00à comité de lecture
37:01donc voilà
37:02ça suit vraiment
37:03le standard
37:03de l'élaboration de la preuve
37:05telle qu'on a l'habitude
37:06de la faire
37:06dans le domaine scientifique
37:07académique
37:08Est-ce suffisant pour autant
37:09aujourd'hui
37:09pour avoir une parole
37:11respectée en tout cas
37:12sans être attaqué
37:14abondamment ?
37:14Alors c'est pas suffisant
37:15et je dirais que ça devient
37:16même un facteur
37:18qui fait qu'on est
37:19de plus en plus attaqué
37:20ou discrédité
37:21en tant que scientifique
37:22c'est-à-dire que
37:22malgré tous ces efforts
37:24qu'on fait
37:25pour étayer
37:26documenter
37:27tous les éléments
37:28qu'on a
37:29on peut être balayé
37:30d'un revers de la main
37:31par des acteurs
37:32économiques ou politiques
37:33sous couvert de militantisme
37:34ce qui est
37:35une attaque
37:36de plus en plus décomplexée
37:37dans l'espace public
37:38à l'heure actuelle
37:39Alors que si on veut être
37:39un peu vénal
37:40vous dites finalement
37:41en substance
37:41qu'on peut gagner de l'argent
37:42en agissant vraiment
37:44de façon importante
37:46et structurelle
37:46autour du réchauffement climatique
37:48Oui à l'échelle collective
37:49effectivement
37:49Oui à l'échelle collective
37:50C'est vrai
37:51il y a des économies
37:52à faire
37:52Il y a
37:53on va dire
37:54un souci
37:55d'essayer
37:55également
37:56de monter
37:58un argumentaire
37:58qui puisse parler
37:59à des décideurs
38:00économiques et politiques
38:00derrière
38:01encore une fois
38:01en montrant
38:02les intérêts égoïstes
38:03à agir
38:03pour le climat
38:04Quand vous évoquez
38:05les inégalités
38:06de genre
38:06liées au dérèglement
38:08climatique
38:08parce que ça frappe
38:09différemment d'ailleurs
38:10les femmes
38:11et les hommes
38:12vous êtes attaqué
38:13sur ces questions-là
38:13ou pas ?
38:14Oui récemment
38:15j'ai été ciblé
38:16par des attaques
38:18à la fois
38:19de certains médias
38:20mais de certains acteurs
38:20politiques également
38:23qui se contentaient
38:24juste de critiquer
38:25ces propos
38:27en disant
38:27que c'était du complotisme
38:28et en fait
38:29c'est ça le problème
38:29maintenant
38:30c'est que
38:30pour certains acteurs
38:31on peut balayer
38:32du revers de la main
38:33avec des termes
38:33aussi vagues
38:34que complotisme
38:35des preuves scientifiques
38:36élaborées
38:37basées sur des résultats
38:39en l'occurrence
38:40des méta-analyses
38:41donc vraiment
38:41le plus haut niveau
38:42de preuves scientifiques
38:43et ça dérange
38:44plus grand monde
38:45en tout cas
38:47le fait d'attaquer
38:48un scientifique
38:49voilà
38:49et de remettre
38:50sa parole en cause
38:51tout à fait
38:51c'est presque
38:52on a l'impression
38:53que dans le paysage
38:55médiatique actuel
38:56c'est presque payant
38:56en fait
38:57donc là il y a vraiment
38:58en tout cas
38:58à mon sens
39:00un message d'alerte
39:02dans la tête
39:02en disant
39:02là on arrive
39:03dans un monde
39:04où ça devient facile
39:06et même presque
39:07payant électoralement
39:08de balayer la preuve scientifique
39:09et ça
39:10ça nous questionne
39:10vraiment je pense
39:11en tant qu'universitaire
39:13en tant que communauté scientifique
39:15il va falloir se préparer
39:16à ce type d'attaque
39:17et réfléchir
39:18à la façon
39:19dont on réagit
39:19dont on riposte
39:20Kevin Jean
39:21vous êtes engagé
39:22dans le collectif
39:22scientifique en rébellion
39:23et bien le voilà
39:24le militant dangereux
39:26à ce micro
39:27alors
39:28alors
39:30avec scientifique en rébellion
39:31ça fait des années
39:31qu'on travaille sur le fait
39:33que oui
39:33on peut être scientifique
39:34et qu'on peut être militant
39:36il n'y a pas de contradiction
39:37dans les termes
39:37ça a été quelque chose
39:38qui a été d'ailleurs
39:39quelque part
39:40endossé par le comité
39:41d'éthique du CNRL
39:42que la notion
39:44de neutralité scientifique
39:45est une fiction
39:46dont il faudrait
39:48se débarrasser
39:49et que
39:51même en étant militant
39:53tant qu'on affirme
39:53des choses basées
39:54sur cette forme
39:56d'élaboration
39:57de la preuve scientifique
39:58qui respecte
39:58les bonnes pratiques
39:59qui respecte les standards
40:00on est bien
40:00sur des éléments scientifiques
40:02allez on va passer
40:03aux questions
40:03des auditeurs et auditrices
40:09Kevin Jean Amandine nous dit
40:10votre intervenant
40:11vient de nous expliquer
40:12que les cellules humaines
40:12se détérioraient
40:13à partir de 40 degrés
40:14on parle seulement
40:15des corps humains blancs
40:16point d'interrogation
40:17car comment font les peuples
40:18qui vivent depuis des millénaires
40:19dans des contrées
40:20où les 40 degrés
40:21sont souvent dépassés
40:22alors on parle de 40 degrés
40:23de température corporelle
40:24pas 40 degrés
40:25de température ambiante
40:26donc c'est vraiment
40:27la température du corps
40:28qui doivent passer
40:29ces températures
40:30la relation entre
40:31température corporelle
40:32et température ambiante
40:33et bien là
40:33elle dépend d'acclimatation
40:36à la fois à l'échelle
40:37des individus
40:38puis d'acclimatation
40:39aussi socioculturelle
40:41les sociétés
40:42de pays du sud
40:43ne sont pas
40:45organisées de la même façon
40:46Sylvie nous dit
40:47le code du travail
40:48ne donne pas
40:48de température maximale
40:49d'exposition
40:50je travaille pour un établissement
40:51qui nous donne des conseils
40:52en cas de forte chaleur
40:54on a l'impression
40:54que ce n'est pas si grave
40:55d'avoir des malaises
40:56voire des morts au travail
40:58moi c'est ce qui m'inquiète
40:59c'est que j'ai l'impression
41:00qu'on est en train
41:01de s'habituer
41:01à ça été après été
41:04à ces décès au travail
41:05à ces malaises
41:05au fait de devoir
41:06aller travailler
41:08sous des temps de canicule
41:09qu'on ne connaissait pas
41:10il y a encore quelques années
41:11Guillaume nous dit
41:11est-ce qu'on peut vraiment
41:12espérer que les politiques
41:13nécessaires soient mises en place
41:14avant qu'il ne soit trop tard
41:16êtes-vous un homme optimiste
41:17qui vit de gens ?
41:18bonne question
41:18en tout cas si on fait ça
41:19c'est pour essayer
41:20que ce ne soit pas le cas
41:21de réagir avant d'arriver
41:23dans le mur
41:24Violette nous dit
41:24les affairistes se moquent bien
41:25de combien coûte
41:26ou coûtera la santé
41:27il est temps d'interroger
41:28l'importance de ce concept
41:29actif du capitalisme
41:31qui est de toujours
41:31privatiser les bénéfices
41:33et collectiviser les déficits
41:35à charge de l'état
41:36donc de nous
41:36ça ne nous fait pas rire
41:38dit Violette
41:40effectivement
41:40mais c'est aussi pour ça
41:41que en tout cas
41:42dans ce livre
41:43j'ai essayé de laisser
41:44la place à cette question
41:46des inégalités sociales
41:47il y a un moment
41:48où il faut faire ce constat
41:49collectivement
41:49on a l'impression
41:50que des politiques écologiques
41:51sont toujours présentées
41:52comme étant antisociales
41:53mais en fait
41:54c'est la situation
41:54qui est antisociale
41:55où on a
41:56des groupes économiques
41:58ou sociaux
41:59très favorisés
42:00qui ne payent pas les conséquences
42:01qui polluent
42:01et qui font payer
42:03les conséquences
42:03à d'autres groupes
42:04donc à bout d'un moment
42:05il va falloir
42:07prendre la mesure
42:08de cette situation
42:08pour réagir
42:10et encore une fois
42:11chaque dixième de degré
42:12compte
42:12et ça se traduit
42:13par des vies sauvées
42:14ou perdues
42:15selon évidemment
42:16ce qu'on fait
42:16mais il y a aussi
42:17le verre à moitié plein
42:19tout à fait
42:20et c'est vraiment là aussi
42:21l'idée de faire de la santé
42:22cet argument
42:23ce levier pour l'action collective
42:24en montrant tout ce qu'on a à gagner
42:26la façon dont des politiques climatiques
42:28peuvent et devraient être présentées
42:30comme des politiques de santé publique
42:32c'est vraiment le message de ce livre
42:33avec l'idée que
42:35il y a ce message
42:36dont on ne s'est peut-être pas
42:37assez emparé
42:38pour encore une fois
42:39s'appuyer sur cette dimension
42:40de la santé
42:41pour aller vers
42:42l'action climatique
42:44à la hauteur des enjeux
42:45ouvrage très clair
42:46et percutant
42:47et très concernant
42:48pour le coup
42:48merci beaucoup
42:49Kevin Jean
42:49ça s'appelle
42:50à notre santé
42:51la lutte contre le changement climatique
42:53n'est pas celle que vous croyez
42:54et c'est aux éditions Payot
42:56merci beaucoup
42:57d'être venu nous en parler
42:58à ce micro
42:59merci à Lucie Sarfati
43:00qui a préparé aujourd'hui
43:01ce dossier
43:02Noé Chabal à la technique
43:03et Jérôme Boulet
43:04qui réalisait cette émission
43:05c'est parti
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