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Ce lundi 9 mars, Sandra Gandoin a reçu Sophie de Menthon, présidente d'Ethic, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business présente
00:06BFM Entreprise, leadership, la méthode.
00:10Sandra Gondouin
00:11Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprise, consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:17Une demi-heure d'entretien avec un leader, un patron, une patronne,
00:21pour nous expliquer comment il dirige son parcours, sa méthode, les clés de sa réussite,
00:27les épreuves qu'il ont forgé, quel meneur est-il ?
00:30BFM Entreprise aujourd'hui, c'est avec Sophie Demanton.
00:34BFM Entreprise, leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:39Bonjour Sophie Demanton.
00:41Bonjour, ravie de vous avoir dans cette émission Leadership.
00:44Vous êtes la présidente du mouvement patronal Ethic, fondatrice de J'aime ma boîte.
00:49Alors Ethic, c'est entreprise de taille humaine, indépendante et de croissance.
00:53On va évidemment revenir sur cette activité, sur votre parcours.
00:57Mais pour commencer, je pose toujours cette question.
00:59Est-ce que vous êtes née leader ?
01:02Ah, quelle question !
01:05Fille unique.
01:06D'abord, c'est important de le dire parce qu'il paraît qu'il y a une majorité de chefs
01:10d'entreprise qui sont enfants uniques.
01:13Est-ce que je suis née leader ?
01:15Pas vraiment, parents très sévères, un peu de caractère quand même.
01:23Et en fait, si, il y a un moment donné à l'adolescence où je me suis dit maintenant, on
01:28ne m'embêtera plus.
01:30C'est ça.
01:30Je crois que c'est plutôt le caractère qui joue.
01:35C'est le caractère, la frustration.
01:37Vos parents, ils faisaient quoi ? Ils travaillaient, votre père ? Votre mère ne travaillait pas, c'est ça ?
01:40Ma mère ne travaillait pas. Non, parents normaux, père diplomate, bon très bien.
01:45Mais fille unique, c'est un vrai challenge.
01:49Fille unique, c'est un vrai challenge, mais c'est vrai que ça donne la niaque.
01:52Vous avez quand même créé votre première entreprise à 22 ans ?
01:55Oui, parce que j'avais déjà deux bébés.
01:59Et donc, en fait, je l'ai créée à 23 ans.
02:01Et je me suis retrouvée dans un square.
02:04Et je me suis dit, mais ma vie est finie.
02:07C'est ça, deux bébés, il faut se l'occuper.
02:10Ma vie est finie.
02:11Et à ce moment-là, j'ai tout bêtement pris des petites annonces en disant, mais il faut que vous
02:17fassent quelque chose.
02:18J'avais une licence d'anglais parce que je n'ai pas le temps de faire autre chose.
02:23Et j'ai vu chercher enquêtrice.
02:26Je me suis dit, c'est une bonne idée.
02:28J'ai été et je me suis aperçue qu'il fallait faire des enquêtes en porte-à-porte.
02:31Je me suis dit, non, mais c'est n'importe quoi avec deux bébés.
02:34Et j'ai fait les enquêtes par téléphone.
02:36Et en fait, tout a démarré de là, par hasard.
02:38Il faut vraiment croire au hasard.
02:40Je crois qu'il y a ceux qui savent ce qu'ils veulent faire, qui ont des vocations.
02:43Et le reste, il faut vraiment savoir prendre les moments qui passent.
02:48C'est une question d'envie.
02:49Là, évidemment, vous vous dites que vous avez fini votre vie.
02:52Donc, il faut faire quelque chose d'intéressant.
02:53Vous créez une entreprise de marketing téléphonique.
02:55Le télémarketing, première en France.
02:58Exactement, la première en France.
03:00Mais c'est une question d'opportunité, finalement, tout ce qui vous est arrivé professionnellement.
03:04Complètement.
03:04Alors, le télémarketing, complètement.
03:09Et ça m'a tout de suite intéressée.
03:11Ma mère disait, d'ailleurs, tu étais tellement bavarde que d'un défaut, tu as fait une profession.
03:17Mais oui, la boîte a marché.
03:18C'était le moment.
03:19Ça existait aux États-Unis.
03:22À partir de là, comme j'étais toute seule, je me suis dit qu'il faut créer un syndicat parce
03:26qu'il y avait une deuxième boîte.
03:27C'est ça.
03:27Vous allez tout de suite dans le syndicat.
03:29C'est ça qui est intéressant.
03:30Tout de suite dans le fait qu'on soit plus nombreux pour qu'il y ait plus de budget et
03:36pour que la profession existe.
03:38Et j'ai toujours été, finalement, assez rassembleuse.
03:41Comment vous la décririez ?
03:42On va revenir au syndicat, bien sûr.
03:43Mais cette vie de patronne, ça a duré combien de temps dans cette entreprise-là, spécifiquement ?
03:47Ça a duré longtemps.
03:47Et comment vous la décririez en termes, justement, vous y arrivez un peu par hasard, en termes de responsabilité, en
03:53termes de charge ?
03:54Vous décririez ça comment ?
03:56Je dirais que le fait d'être patron est instinctif.
03:59Il n'y a pas de patron qui ne le soit pas viscéralement, instinctivement.
04:03Je crois que ça ne s'apprend pas.
04:04On apprend à manager.
04:06On apprend à avoir des qualifications meilleures.
04:10Mais ça ne s'apprend pas.
04:11Alors, je vais vous dire quelque chose, c'est extrêmement facile.
04:14C'est facile d'être patron ?
04:15C'est tellement facile.
04:18C'est extrêmement facile.
04:19Il y a des responsabilités, il y a probablement des échecs, des réussites.
04:25J'ai toujours compté sur les autres.
04:26Je sais très bien déléguer, ça.
04:29Peut-être trop, d'ailleurs.
04:30Mais je trouve ça formidable de déléguer et d'avoir des équipes.
04:33Donc, je ne comprends pas, d'ailleurs, comment on peut réussir si on est un patron qui veut faire les
04:38choses lui-même
04:38et tout vérifier que ce soit fait à sa façon.
04:41Combien de salariés vous aviez ?
04:43À la fin, quand j'ai vendu ma société, je l'avais 1 600.
04:471 600.
04:47C'est facile de faire une entreprise avec 1 600 salariés au final.
04:50Ça se battait au fil des années.
04:53Alors, ça a été facile.
04:54D'abord, c'était une entreprise de télémarketing.
04:56Donc, les salariés, majoritairement, étaient des gens qui étaient au téléphone.
05:00Donc, si vous voulez, c'est facile à recruter.
05:01C'était une époque de rêve où tout le monde avait envie de bosser, finalement.
05:06La France s'est quand même appliquée à tuer le télémarketing en France.
05:11Formidable, ça.
05:12Ça, c'est un exemple.
05:13Ça marchait du feu de Dieu.
05:14Il y avait des étudiants, il y avait des jeunes femmes qui venaient.
05:17Et on faisait 7-8 contrats de CD des parents.
05:22parce qu'il y avait l'étudiant qui disait, là, je vais bosser pendant 3 mois,
05:24mais après, j'ai mes exams.
05:26Et on les reprenait.
05:27Eh bien, l'État, dans sa grande générosité, a dit, plus de CDD, maximum 3.
05:34Et là, c'est devenu l'enfer.
05:36C'est le monde du travail qui est devenu.
05:37C'est la réglementation qui a mis tout ça.
05:39Oui, oui, oui.
05:39Ça me donne envie de vous poser cette question.
05:41Vous dites que c'était facile, mais est-ce que ce n'était pas justement dû à l'époque ?
05:45Est-ce que vous auriez pu refaire la même chose aujourd'hui, par exemple ?
05:48Est-ce que ça aurait été la même aventure ?
05:51La même, certainement pas, parce que ce qui a considérablement changé,
05:54c'est les moyens de communication.
05:55Mais le télémarketing existe.
05:58Téléperformance, qui est le groupe qui m'a racheté,
06:00a d'ailleurs connu de grandes difficultés, là, récemment, en bourse, à cause de l'IA.
06:04Mais ils s'en sortiront parce qu'ils sont géniaux.
06:07Non, ça n'aurait jamais pu être la même aventure.
06:09Moi, c'était presque l'époque du 22 à Agnières.
06:12On téléphonait, il y avait Fernand Reynaud.
06:14Enfin, j'exagère.
06:15Les années 70, 80 ?
06:1780, oui, un peu plus tard.
06:18Mais c'était encore le téléphone.
06:21On y répondait quelque chose de magique.
06:23Il y avait des postes fixes.
06:25On était presque plus tranquille à l'époque.
06:27Ah oui.
06:29Oui, mais tout est possible.
06:31On s'adapte.
06:32Oui, c'est ça.
06:32Et donc, on parle,
06:34depuis tout à l'heure,
06:35on parlait du premier syndicat,
06:36du marketing téléphonique que vous avez créé.
06:38Là, vous avez aussi pris la présidence d'Éthique.
06:41Ce qui m'intéresse, c'est en quoi c'est important,
06:43en plus de cette vie de patronne,
06:45en plus de cette vie personnelle aussi de maire,
06:47de prendre cette charge et de défendre sa profession.
06:53C'est une très bonne question.
06:55Alors, d'abord, prendre un syndicat.
06:57Quand on est isolé dans sa profession,
06:59on voit qu'on a des concurrents.
07:00Moi, j'ai toujours été très curieuse.
07:01Qui sont les concurrents ?
07:03Et pour développer le métier,
07:04il faudrait les connaître.
07:07Et donc, un bon jour, je me disais,
07:10tiens, il y a trois boîtes.
07:12Pourquoi on ne fait pas un syndicat ?
07:13Donc, on a réuni les trois boîtes.
07:14On s'est dit, si on se mettait ensemble.
07:15Ça, c'est considérablement développé.
07:19Éthique.
07:20Alors, il y a quelque chose qui a marqué ma vie.
07:21C'est ma rencontre avec Alain Madelin.
07:23Parce qu'un jour, il était ministre.
07:25Il me convoque.
07:26Parce qu'il voulait mettre du télémarketing
07:28pour les points chance pour l'emploi.
07:30Je me retrouve au sein d'un ministère très impressionné.
07:35Et il décide de faire un point
07:37avec de la réception d'appels, etc.
07:39Finalement, je crois d'ailleurs que c'est très peu fait.
07:42Mais tout d'un coup, j'ai rencontré un ministre
07:45qui s'intéressait à ce que je faisais.
07:47J'ai découvert ce que c'était
07:48que diriger un ministère des entreprises.
07:52Et là, je suis tombée dans le bain du libéralisme.
07:56Alain Madelin était un libéral.
07:57Je ne savais pas ce que c'était.
07:58Donc, il m'a posé plein de questions.
08:00Je lui ai raconté ce qu'on faisait.
08:03Et pour vous donner une ad hoc très amusante,
08:05Alain Madelin a monté Idées Action.
08:07Tout le monde doit se souvenir d'Idées Action
08:09qui était un espèce de relais dans la société civile
08:12pour porter le télémarketing.
08:14Et un jour, il m'appelle.
08:15Il me dit, bon, je ne peux pas aller
08:17à les partis traditionnels.
08:19Ça ne marche plus.
08:19Il faudrait que tout le monde s'y mette.
08:21Et je me souviens de leur avoir dit,
08:22mais vous connaissez TopAware ?
08:24Et TopAware, vous savez,
08:26ce sont ces réunions où on vend des...
08:28Il me dit, pas vraiment.
08:30Je dis, il faut faire TopAware en politique.
08:32Et c'est comme ça qu'est née Idées Action.
08:34Et donc, ce que je veux dire,
08:36et je dis ça pour tous les gens
08:37qui ont des idées
08:37et qui les gardent pour eux,
08:39il faut absolument mélanger sa vie privée,
08:42sa vie professionnelle,
08:44les expériences qu'on peut avoir,
08:48et les adapter à ce qui passe.
08:50Ça ouvre finalement ce que vous avez fait,
08:52cette rencontre, ces syndicats ?
08:54Ça ouvre le champ des possibles ?
08:56Complètement.
08:57Complètement.
08:58Mais c'est les gens qui ferment
08:59le champ des possibles.
09:00Il est toujours ouvert,
09:01le champ des possibles.
09:02Oui, c'est vrai.
09:02Il y a beaucoup de gens
09:03qui ferment ça dans le monde du travail.
09:05Vous savez, il y a...
09:06Dans ma boîte,
09:08quand on arrive,
09:08je demande quelque chose,
09:09on me dit, mais il ne voudra pas,
09:10il ne pourra pas,
09:11ce n'est pas le moment.
09:12Je dis, tous ceux qui ont gagné au loto
09:13ont acheté un billet.
09:15Alors, ils repartent et ils essaient.
09:16C'est intéressant ce pessimisme,
09:18parce que justement,
09:19vous, votre action,
09:20elle a toujours été à l'encontre de ça.
09:24Là, avec les patrons,
09:25faire que les entreprises
09:27reviennent au centre du jeu,
09:28que les patrons soient considérés
09:30par la population française,
09:31alors que parfois,
09:32certains politiques
09:33essayent bien de les descendre.
09:34C'est ça qui est intéressant
09:36dans ce que vous avez fait
09:37tout au long de votre carrière,
09:38en partie.
09:40Finalement, ça a abouti à ça.
09:41Vous avez tout à fait raison.
09:42Et c'est vrai que c'est très intéressant.
09:45Oui, oui, oui.
09:46En France, là,
09:47on a un sondage qui est tombé,
09:4968% des Français
09:50ont une bonne opinion des patrons.
09:51Ça a remonté.
09:52Et si vous savez,
09:53est-ce que je suis contente
09:54parce que je dois être mégalo ?
09:55Je me dis que c'est un tout petit,
09:57petit, petit peu dû à moi.
09:59C'est des briques qui se sont rajoutées.
10:00Non, j'ai lancé
10:01la fête des entreprises.
10:02Oui.
10:0324 ans.
10:04Et il y a 24 ans,
10:05quand je l'ai lancé,
10:06j'ai demandé un sondage.
10:07Et c'était l'IFOP, je crois,
10:11à l'époque,
10:11qui m'a dit,
10:12madame, vous n'allez pas demander
10:13est-ce qu'on aime son entreprise ?
10:15Alors, j'ai dit, mais si.
10:16Il m'a dit, madame,
10:17je ne vais pas vous faire un sondage
10:18pour ça.
10:18Non, les Français
10:19n'aiment pas l'entreprise.
10:21Je dis, mais je ne vous ai pas demandé
10:23s'ils aimaient l'entreprise,
10:24je vous ai demandé
10:25s'ils aimaient leur entreprise.
10:27Ah, il a dit, oui,
10:28je comprends mieux.
10:31Et il y avait une agence de pub
10:33qui réfléchissait avec moi à ça.
10:35Et j'ai dit, mais,
10:36qui me disait,
10:37l'entreprise,
10:37ça apporte des connaissances.
10:38Je dis, non,
10:39je veux juste qu'on puisse se dire
10:40j'aime ma boîte.
10:41Et là, l'agence m'a dit,
10:43vous avez le slogan.
10:44Exact.
10:44Et on a fait le sondage
10:45et dès le premier sondage,
10:4770% des gens disaient
10:48j'aime ma boîte.
10:50Vous aimez les entreprises,
10:52vous dites, vous écrivez,
10:53on ne s'autorise pas
10:54à s'étendre sur le talent
10:55de ceux qui créent,
10:56qui dirigent,
10:57qui inventent les produits
10:58ou services à succès,
11:00le labo qui trouve le vaccin,
11:01la marque qui cartonne,
11:03le restaurant étoilé qui régale,
11:04la voiture qui fait rêver,
11:05la haute joaillerie
11:06qui fait briller les femmes.
11:09C'est dans ce livre-là
11:09que vous l'avez écrit ?
11:10Je ne me souviens pas,
11:11mais c'est très bien.
11:12Vous l'avez écrit.
11:13Je l'aurais écrit aujourd'hui.
11:14En quoi c'est important,
11:15justement,
11:16de conscientiser
11:17qu'on aime sa boîte ?
11:21Alors, d'abord,
11:22il y a deux niveaux.
11:24C'est très important
11:24pour le pays.
11:26Parce que les Français
11:27sont restés,
11:28la lutte des classes,
11:29ça s'est transposé
11:30à l'entreprise.
11:31Nous avons des syndicats,
11:32pardonnez-moi de vous dire,
11:33des syndicats salariés
11:33qui n'aiment pas l'entreprise,
11:35qui n'aiment pas les riches,
11:36qui n'aiment pas la réussite.
11:37On a même eu un président
11:38de la République
11:38qui nous l'a dit.
11:39Je n'aime pas les riches.
11:40Donc, moi,
11:42folle de rage,
11:43parce qu'on ne peut pas
11:45annoncer des choses comme ça,
11:47j'ai décidé de lutter
11:48avec mes petits points
11:50comme je le pouvais
11:51par rapport à ça.
11:52Donc ça,
11:52sur un plan national,
11:53c'est indispensable.
11:54Et sur un plan personnel,
11:56vous n'allez quand même pas
11:57aller tous les jours au bureau
11:58en disant,
11:59là, là,
11:59je n'aime pas ça,
12:00je ne l'aime pas.
12:01Reconsidérer le travail,
12:03l'effort ?
12:03L'effort,
12:05le plaisir d'abord.
12:07Et d'ailleurs,
12:08j'aime ma boîte,
12:08c'est une fête de plaisir
12:09où tout le monde partage,
12:11je ne sais pas quoi,
12:12ils font des fêtes,
12:13ils se prennent en photo,
12:15on rencontre son conjoint.
12:18C'est une deuxième vie,
12:19l'entreprise.
12:20Donc, il y a deux niveaux.
12:22Moi, j'aime bien en ce moment
12:23m'attaquer au niveau économique
12:24parce que notre pays
12:25souffre terriblement
12:25et que vous avez vu
12:27que les Français aimeraient
12:27presque avoir un président
12:28de la République,
12:29chef d'entreprise.
12:30Il y en a qui commencent
12:30à se lancer même déjà
12:31maintenant dans les municipalités.
12:32Oui, alors ça,
12:32je ne suis pas pour.
12:33Et effectivement,
12:34il y a ce débat
12:35de un bon patron
12:36ferait-il un bon président ?
12:38La réponse est non.
12:39La réponse est non,
12:39ce n'est pas la même chose.
12:40Non.
12:41Pourquoi ?
12:41Qu'est-ce qui est différent ?
12:42Parce qu'on a les mains
12:43dans le cambouis,
12:43on règle des problèmes
12:44tout le temps.
12:45Justement,
12:45un président n'a pas
12:46les mains dans le cambouis.
12:48Il faut déléguer beaucoup.
12:49Ah, mais il faut déléguer,
12:50ils ne sont pas au courant.
12:52J'ai entendu Brigitte Macron
12:55me disant,
12:56se plaindre il y a des années,
12:58en disant
12:58mon mari devient fou,
12:59il dit faites-moi ça.
13:00Et huit jours après,
13:00il dit ça,
13:01on est où ?
13:01C'est en l'isée.
13:03Donc il n'a pas
13:04les mains dans le cambouis.
13:04Oui, je pense que
13:05le président de la République
13:06a beaucoup moins de pouvoir
13:07qu'on ne le croit.
13:09Et je pense que
13:10faire de la politique
13:11est un autre métier,
13:13un métier de menteur,
13:14alors que l'entreprise
13:15se doit d'une vérité permanente
13:17sur les comptes,
13:18sur les rapports
13:20avec les salariés.
13:23En revanche,
13:24il faudrait absolument
13:25que les ministres
13:26et le président de la République,
13:28on l'avait suggéré,
13:30consultent les entrepreneurs.
13:32Je disais juste,
13:34même à l'Élysée,
13:35j'avais proposé,
13:36je lui dis,
13:36on vous trouve un groupe
13:37de sept entrepreneurs
13:39avant de décider
13:40d'un décret
13:41ou de passer une loi,
13:42vous leur donnez 48 heures
13:43pour leur demander
13:44ce que ça va faire.
13:44Mais ils consultent
13:45les mouvements patronaux ?
13:46Non,
13:47ils consultent
13:47les représentants
13:48des mouvements patronaux,
13:50dits représentatifs.
13:52On les met autour
13:53d'une table,
13:54on met la CGT
13:55à côté du MEDEF,
13:56qui elle-même
13:56est à côté
13:57de la CFDT.
13:57et puis autour
13:59de la même table
13:59depuis la guerre,
14:01ils s'engueillent
14:01en n'étant pas d'accord.
14:02C'est ce qu'on appelle
14:03une consultation.
14:05Il faudrait un vie-ma-vie
14:05avec les patrons.
14:07C'est très juste.
14:08J'aimerais vous poser
14:10cette question
14:10parce que quand on discute
14:11avec vous,
14:12c'est prégnant.
14:13Est-ce qu'une femme
14:14chef d'entreprise,
14:15je suis désolée
14:16de vous poser cette question,
14:17mais finalement,
14:17dirige différemment
14:18qu'un homme ?
14:19Alors,
14:20la réponse est oui.
14:22Et la deuxième réponse,
14:24j'ai reçu,
14:25elle est formidable,
14:27la présidente d'Orange.
14:30Et j'ai ouvert comme ça,
14:31j'ai dit,
14:32dites-moi,
14:32c'est beaucoup plus facile
14:34d'être une femme
14:34chef d'entreprise.
14:36Elle m'a dit,
14:36c'est tellement plus facile.
14:38C'est vrai.
14:38On était toutes les deux,
14:39il y avait une salle d'hommes
14:41qui était scotchée.
14:43C'est une façon de penser
14:44en fait sans complexe.
14:46Vous écrivez,
14:47personne ne me piquera
14:48ma place,
14:48je suis une chef d'entreprise
14:49sans complexe
14:50et tout me semble possible,
14:52sans avoir besoin
14:53de discrimination positive,
14:54parce que je le vaux bien.
14:56C'est ça que vous pensez ?
14:57Merci L'Oréal.
14:59Mais c'est très intéressant,
15:01on parle souvent
15:01des difficultés,
15:02on parle des plafonds de verre
15:04que les femmes rencontrent.
15:07Comme j'étais chef,
15:07le plafond de mer,
15:08c'est moi qui l'aurais mis.
15:09Vous ne l'avez jamais connu ?
15:11Jamais.
15:12Vraiment jamais ?
15:13D'abord,
15:13je n'ai jamais eu de chef.
15:16Alors donc,
15:17c'est évidemment différent.
15:19Je pense que des femmes
15:20l'ont connue, bien sûr.
15:21Les femmes n'osent pas,
15:22elles n'osent pas assez.
15:23C'est la journée des femmes
15:25qui se plaignent.
15:26Oui,
15:26on a moins de temps de parole,
15:27mais je dis,
15:28prenez là la parole
15:29et gardez-la.
15:29On est dans un pays
15:30où on peut se permettre ça.
15:31Oui.
15:32Soyons fiers d'être françaises
15:33et c'est ailleurs
15:35qu'il faut se battre
15:36pour les femmes.
15:36J'aimerais vous demander
15:38votre plus grande qualité.
15:42Alors,
15:42c'est mon plus grand défaut,
15:43c'est la patience.
15:45Oui,
15:45c'est plutôt une qualité.
15:47Pas sûr.
15:49C'est les deux.
15:50J'allais dire
15:51votre plus gros défaut,
15:52pour le coup.
15:53Mon plus gros défaut,
15:55c'est aussi la patience.
15:57Je veux que ce soit fait
15:57dès que j'ai eu l'idée
15:59et donc ça peut
16:00me faire faire des erreurs.
16:05Je dois avoir
16:06énormément de défauts.
16:08Mais celui
16:09contre lequel je lutte,
16:10c'est la patience.
16:12Votre rôle modèle,
16:13je vous demande ça
16:14parce que dans cette
16:17histoire que vous racontez,
16:19cette facilité
16:19que vous évoquez,
16:21est-ce qu'on est aidé
16:22par sa famille ?
16:25Est-ce que le personnel
16:26a un rôle là-dedans
16:28ou est-ce que c'est un frein ?
16:29J'aimerais savoir
16:30comment vous,
16:30vous avez vécu ça.
16:32Alors,
16:32j'ai vraiment vécu ça
16:33toute seule
16:34avec des maris formidables.
16:36J'en ai pas eu qu'un.
16:37Mais formidables,
16:38qui trouvaient ça génial,
16:40qui m'aidaient.
16:41Le père de mes enfants
16:42faisait la compta le soir
16:43parce que je suis incapable
16:43de faire de la compta.
16:45Donc,
16:46eux,
16:46adoraient ça.
16:48Je n'ai pas du tout
16:50de rôle modèle
16:50parce que j'ai commencé
16:51trop jeune
16:52et que j'étais
16:53beaucoup dans l'improvisation.
16:55Oui, c'est ça.
16:55Vous vous êtes pas
16:56posé de questions ?
16:56Non.
16:57Non.
16:58J'ai satisfait énormément
17:01d'envie.
17:03Alors,
17:04non,
17:04c'est même amusant
17:05parce qu'il ne faut pas
17:06forcément attendre
17:08des encouragements
17:09de ses proches.
17:10Moi,
17:10j'ai des grands enfants,
17:12je suis en train
17:12de taper du pied
17:12en disant
17:13« Vous l'avez lu mon article ? »
17:14Non,
17:15on n'a pas le temps,
17:15t'en écris beaucoup.
17:17Je dis
17:18« Mais vous avez vu
17:18l'émission de télévision ? »
17:19Il dit
17:19« Tu sais bien
17:20qu'on n'a pas la télé. »
17:22On va continuer là-dessus
17:24et on passe à la photo
17:25tout de suite.
17:26BFM Entreprises
17:27Leadership
17:28La méthode
17:29Alors,
17:30au départ,
17:31je vous avais dit
17:32qu'on avait besoin
17:33d'une photo,
17:33vous m'avez dit
17:34« Vous choisissez »
17:34et puis finalement,
17:35vous avez quand même
17:36choisi celle-ci
17:37qu'on va montrer
17:38dans un instant.
17:40C'est une photo
17:41avec votre fille.
17:43Vous tenez des livres.
17:44C'est une collection
17:45de livres pour enfants.
17:47Gallimard.
17:48En quoi est l'importance
17:49cette photo-là,
17:49Sophie de Menton ?
17:50Elle est importante
17:51J'ai une fille merveilleuse
17:53qui est absolument
17:54le contraire de moi
17:55et qui finit par être
17:56une entrepreneuse
17:57mais complètement ailleurs,
17:59qui est une artiste
18:01et qui est douce et patiente.
18:05C'est extraordinaire.
18:06Et donc,
18:07on est d'une complémentarité
18:08formidable.
18:08Oui,
18:09c'est quand même
18:09quelqu'un qui fait
18:10aussi ce qu'elle veut
18:11et qui va un peu
18:13dans tous les sens
18:13et qui,
18:14à partir du moment
18:15où elle l'a décidé,
18:15elle y va.
18:16Elle ne va pas
18:17dans tous les sens.
18:18Elle a beaucoup
18:18de cordes à son arc
18:19et elle les travaille.
18:20C'est une sculpteure
18:22extrêmement talentueuse.
18:23Elle écrit bien
18:24mais c'est la sculpture
18:25qui la tient.
18:27C'est une aventurière.
18:28Elle va faire
18:29le Mont-Blanc
18:29bientôt.
18:31Elle est
18:31une femme
18:32terriblement indépendante
18:34et pas forcément
18:35dans les mêmes secteurs.
18:36Et il se trouve
18:38qu'on a écrit ensemble
18:39toute une collection
18:40de livres pour enfants
18:40chez Gallimard.
18:42Pourquoi les livres
18:43pour enfants ?
18:44C'est une très jolie histoire.
18:45D'abord,
18:46elle m'a fait
18:46des enfants merveilleux.
18:47Mon fils aussi d'ailleurs,
18:48des petits-enfants.
18:49Et finalement,
18:52on doit quand même
18:52avoir les mêmes goûts.
18:53Et je me promène
18:54avec mon petit-fils Virgile.
18:56Je prends de l'argent
18:57au Distribank.
18:58Et il avait,
18:59je ne sais pas,
19:00six ans.
19:00Et il me dit
19:01qui c'est le monsieur
19:02qui te donne des billets
19:03derrière le mur ?
19:06Compliqué comme question.
19:08Et je me dis
19:08mais c'est génial.
19:09J'avais déjà écrit
19:10l'entreprise racontée
19:11aux enfants
19:11pour leur expliquer.
19:13Et je me dis
19:14c'est génial.
19:15je propose l'argent
19:16raconté aux enfants
19:17à Gallimard
19:18qui me dit
19:18oui tout de suite.
19:19On a même eu le prix,
19:20figurez-vous.
19:22Et ça commence
19:23par la première question
19:24c'est qui le monsieur
19:24qui te donne l'argent ?
19:25Et donc,
19:26quand on écrivait des livres,
19:27quand on écrit des livres
19:28avec Alexia,
19:29parce qu'on en écrit
19:29encore en ce moment,
19:32maintenant,
19:33ils sont beaucoup trop grands.
19:34Mais quand ils étaient petits,
19:35on les mettait en cercle
19:35et on leur faisait poser
19:37des questions magiques
19:38les enfants.
19:40Une imagination formidable.
19:42Et de leur expliquer
19:43ces concepts d'adultes
19:44très tôt,
19:44c'est ça aussi qui est important.
19:45C'est que des livres
19:46qui parlent de concepts d'adultes.
19:47Oui, c'est ça.
19:48En tout cas,
19:48c'est une très belle photo
19:50effectivement.
19:50Vous parliez des livres.
19:51Au total,
19:5225 livres à peu près
19:53vous avez publiés
19:54entre cette collection-là
19:55et puis les livres
19:56pour adultes.
19:56Et les autres.
19:57Dont celui-ci,
19:59Réussir,
19:59c'est possible,
20:0042 parcours
20:02de patrons
20:02made in France.
20:04Ça aussi,
20:05c'est vous qui créez
20:06des rôles modèles
20:06pour les suivants.
20:08Non, non.
20:09Alors là,
20:09ils n'ont pas du tout
20:10de rôle modèle.
20:11J'ai pris des patrons
20:12que j'interrogeais
20:13et c'était le contraire.
20:15C'est des autres émissions
20:17parce que c'était
20:17une émission
20:18de patrons en question.
20:19Et je ne leur demandais pas
20:21combien ils gagnaient,
20:23le chiffre d'affaires,
20:24où ils avaient emprunté,
20:25etc.
20:26Je voulais justement
20:27leur poser
20:28les questions
20:28que vous me posez.
20:29Et je disais
20:30mais comment vous avez fait
20:31et pourquoi cette idée ?
20:34Et ça allait
20:34de celui
20:35qui a monté
20:36une boîte d'informatique
20:37pendant le Covid
20:38en douce
20:38en disant à ses parents
20:39qu'il suivait ses études.
20:42Ça parle,
20:43je pense,
20:44à Comme j'aime
20:44qui a inventé
20:45comme ça,
20:46je pense à
20:47des purées instantanées,
20:48il ne faut pas citer
20:48de marque peut-être,
20:49des purées instantanées.
20:51On est sur BFM Business,
20:53ça passe.
20:53Oui, ça passe.
20:54Oui.
20:54Les purées mousseline
20:55où il a fini par acheter
20:56la boîte
20:57alors qu'il était
20:57un simple cadre.
20:59C'est inspirant quand même,
21:01c'est des parcours inspirants,
21:02c'est ça.
21:02Oui, c'est pour ça
21:03que j'ai écrit,
21:03pour les autres.
21:04C'est ça,
21:04c'est pour les autres.
21:05Alors, est-ce que
21:05c'est des rôles modèles ?
21:06Ils ont de telles personnalités,
21:09à Flelou,
21:10il a une boutique,
21:13il est doué,
21:14il a fait de l'ophtalmo,
21:15bon, enfin,
21:15il a une boutique
21:16de lunettes
21:17et on lui dit
21:17monsieur,
21:17ça marche très bien,
21:18il faut déménager
21:20et apprendre une plus grande.
21:21Ah, il dit
21:21je ne veux pas quitter ma boutique.
21:23Alors, on lui dit,
21:24enfin,
21:25ah, il dit non.
21:26Alors, coup de bol,
21:27on en trouve une autre en face.
21:28Donc, on prend
21:29la deuxième boutique en face.
21:30C'est comme ça
21:31qu'il en a plusieurs milliers
21:32dans le monde.
21:32Oui, exactement.
21:33Parce qu'il n'a pas voulu
21:33quitter sa boutique
21:34où il était bien.
21:35Toujours suivre à son instinct.
21:36On va conclure tout de suite.
21:39BFM Entreprises,
21:40leadership,
21:41la méthode.
21:43On va revenir
21:45sur ces décorations
21:46que vous avez eues.
21:47Vous êtes chevalier
21:48de l'Ordre national
21:48du mérite en 88,
21:50premier officier en 96,
21:51commandeur en 2005.
21:52Vous êtes chevalier
21:53de l'Ordre national
21:53de la Légion d'honneur
21:54depuis 2000,
21:56premier officier en 2010.
21:58Cela,
21:58plus la vie d'entreprise,
22:00la vie de famille,
22:02la vie d'éthique.
22:03De quoi vous êtes
22:04le plus fière ?
22:05Mes enfants.
22:08Ah, mais alors là.
22:09Et même mieux,
22:10je me demande
22:10si ce n'est pas
22:11mes petits-enfants.
22:15Alors,
22:17ce n'est pas
22:17de la fausse modestie,
22:18mais j'ai eu beaucoup
22:19de décorations
22:19parce que j'étais une femme.
22:20Parce que maintenant,
22:21je vous signale
22:22que quand on met
22:22des décorations,
22:23on dit oui,
22:24mais on a besoin
22:24de femmes, là.
22:27Voilà.
22:30Le mérite,
22:31oui,
22:31on peut considérer
22:31que je l'ai mérité.
22:32La Légion d'honneur,
22:33pas en quoi.
22:35Mais peut-être
22:36parce que j'étais
22:36à l'étranger un peu.
22:38De quoi est-ce
22:39que je suis fière ?
22:42Les choses
22:43dont je suis le plus fière,
22:44c'est quand j'ai écrit
22:46un article
22:47ou un livre
22:49et qu'il est lu.
22:51C'est finalement
22:51la chose
22:52dont je suis plus fière.
22:53C'est ce retour-là,
22:53finalement.
22:55Pour terminer,
22:56qu'est-ce que vous diriez
22:56aux jeunes
22:57qui veulent,
22:58qui essayent
22:59de devenir
22:59aujourd'hui patron ?
23:01Alors,
23:02je dirais
23:02qu'il faut quand même
23:05avoir une petite idée
23:06avant d'être patron.
23:07Alors,
23:08l'idée,
23:08elle peut venir
23:08en cinq minutes.
23:12mais je ne crois pas
23:14du tout
23:14dans les écoles
23:15de commerce
23:15ou de petits jeunes
23:16qui disent
23:16maintenant,
23:16je veux être patron.
23:17La plupart vous expliquent
23:18qu'ils veulent être patron
23:19pour ne pas avoir de patron.
23:20Et puis,
23:21c'est le statut
23:22qui leur plaît.
23:23Il ne faut pas
23:23que ce soit le statut.
23:25D'ailleurs,
23:25être patron,
23:27on peut l'être
23:28parce qu'on est promu
23:29dans une boîte,
23:30par exemple,
23:30on peut devenir patron.
23:31Mais entrepreneur,
23:32personne ne vous le donne.
23:33Il faut le décider.
23:35Oui.
23:35Merci beaucoup,
23:36Sophie Dambanton,
23:38de nous avoir exposé
23:39votre méthode
23:40de leadership.
23:41Merci d'être venu
23:41dans cette émission.
23:42Et si vous voulez connaître
23:44la méthode des leaders,
23:45l'émission est disponible
23:47en replay,
23:48en podcast
23:48et sur tous
23:49nos réseaux sociaux,
23:50bien sûr.
23:51Et tous les lundis
23:52à 12h30
23:52sur BFM Business.
23:54Passez une très bonne journée.
23:58BFM Entreprises.
24:00Leadership.
24:01La méthode.
24:02Sur BFM Business.
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