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  • il y a 6 minutes
Ce lundi 16 mars, Sandra Gandoin a reçu Fabien Canu, directeur général de l'INSEP, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01BFM Business présente
00:07BFM Entreprises, Leadership, la méthode
00:10Sandra Gondoin
00:12Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprises consacrée comme tous les lundis au leadership.
00:18Une demi-heure avec un leader, un patron qui va vous expliquer comment il dirige son parcours, sa méthode, les
00:26clés de sa réussite,
00:28les épreuves qui l'ont forgé, quel meneur est-il ?
00:31BFM Entreprises, aujourd'hui, c'est avec Fabien Canut.
00:35BFM Entreprises, Leadership, la méthode, sur BFM Business.
00:41Bonjour Fabien Canut.
00:42Bonjour.
00:43Ravi de vous avoir, vous êtes directeur général de l'INSEP, l'Institut National du Sport, de l'Expertise et
00:50de la Performance.
00:51On va revenir évidemment sur ce que vous faites au quotidien pour la performance sportive française,
00:57mais avant cela, une question. Est-ce que vous êtes un leader né ?
01:04Bonne question. Je ne crois pas, en fait. Je pense que je me suis construit parce que je n'étais
01:11pas leader à l'école,
01:12je n'étais pas leader dans ma jeunesse. Dans le sport, je suis devenu, pas malgré moi, mais presque,
01:19par mes résultats sportifs, on devient quelque part un peu leader, mais je me suis construit.
01:23Je me suis beaucoup inspiré aussi de ce que je pouvais voir, mais non, je n'avais pas une âme
01:27de leader au départ.
01:28Ça s'est construit exactement. On va rappeler d'où vous venez. Vous êtes ancien sportif de haut niveau.
01:34Votre sport, c'était le judo. Vous l'avez pratiqué pendant des années et des années.
01:38Ancien champion d'Europe, ancien champion du monde. Vous me corrigez évidemment, si je me trompe.
01:41Et vous avez vécu l'INSEP de l'intérieur comme sportif de haut niveau. Comment ça s'est passé, ce
01:48début de vie ?
01:49Ça a été difficile parce que j'arrivais de ma Normandie natale, de mon club sportif dans la ville d
01:56'Alençon,
01:56et passer de la ville d'Alençon, du niveau de ce club, à l'équipe de France, qui était déjà
02:01à l'époque une très belle équipe de France,
02:03avec des gens comme Thierry Rey, qui ont été champion olympique, Jean-Luc Rouget, des grands noms.
02:07Ça a été très difficile à tel point que je me suis demandé, au bout de quelques mois, si j
02:11'étais fait pour le sport de haut niveau,
02:13si j'étais bien à ma place. Je me suis accroché, j'ai persévéré, mais au début, je pensais vraiment
02:19que le sport de haut niveau n'était pas fait pour moi.
02:21C'est quoi derrière le déclencheur, justement ? Le fait d'arriver dans ce centre, de prendre cette décision,
02:29parce qu'on peut faire une carrière de sportif de haut niveau sans aller à l'INSEP, dans cet institut
02:34de la performance.
02:35Comment ça arrive ? Mais qu'est-ce qui déclenche l'idée d'y aller ? C'est les autres
02:39?
02:40Vous avez été entraîné là-dedans ? Ou vous vous êtes dit, de toute façon, ça passe par là ?
02:44Ça passe par là. Alors, surtout pour des sports d'opposition, comme le judo, comme l'escrime,
02:49en fait, on a besoin d'être regroupés pour avoir les meilleurs. C'est ce qui fait progresser.
02:53Et puis, c'est la fédération française de judo qui, suite à un jeu de l'Europe cadet, où j
02:56'avais fait médaille de bronze,
02:57m'a demandé de venir à l'INSEP, en fait. C'est comme ça que ça se passe. C'est
03:00les fédérations qui sélectionnent.
03:02Donc, j'ai intégré l'INSEP comme ça. Et puis après, oui, des moments difficiles.
03:06Et puis, c'est aussi l'environnement des leaders de l'équipe de France de l'époque qui m'ont
03:11dit
03:11« Mais si, si, toi, t'as du potentiel. T'as quelque chose à faire. »
03:14Bon, j'ai commencé à comprendre que ce serait long, mais que j'avais des capacités pour faire quelque chose.
03:19C'est intéressant de vous entendre dire que vous n'êtes pas un leader né, mais qu'en même temps,
03:23vous avez choisi un sport,
03:25c'est individuel, le judo. C'est un sport de combattant, malgré tout. Il y a quand même des idées
03:30là-dedans où on se dit « Je veux faire ma place. »
03:34Oui, mais ce qu'apprend aussi beaucoup le sport de haut niveau, et notamment de combat, c'est que son
03:39principal adversaire, c'est soi-même, en fait.
03:42D'abord, on a souvent tendance, et ça je l'ai appris, à se mettre des propres limites, psychologiquement, c
03:46'est-à-dire qu'on se met des propres barrières,
03:48alors, sans vouloir du jour au lendemain casser le monde tout révolutionné, c'est qu'on n'a pas cette
03:53mentalité anglo-saxonne-américaine où tout est possible, quoi.
03:57Donc, il y avait cette dimension-là que j'ai beaucoup apprise, et puis c'est aussi l'environnement qui
04:03vous fait croire autour que c'est possible.
04:05Avant de devenir pour la première fois champion du monde, là où j'ai compris que je pouvais l'être,
04:10c'est quand tout le monde disait « mais c'est ton tour, la prochaine fois c'est toi, quoi
04:13».
04:14Donc voilà, ça c'est des choses, en tant que manager, que j'ai beaucoup apprises, c'est, quelque part,
04:20nos limites, rêvons.
04:21Ça n'est que du sport de haut niveau, en plus, et c'est un environnement qui doit créer cette
04:27ambiance-là.
04:28Ça n'est que du sport de haut niveau, néanmoins, j'entends souvent dans les parcours d'anciens sportifs que
04:33ça forme pour la suite,
04:35que la vie professionnelle se dessine malgré tout dans ces années-là.
04:38Quand vous êtes à l'INSEP, en tant que sportif de haut niveau, est-ce qu'un jour, peut-être
04:42à la fin du parcours de sportif,
04:43vous vous êtes dit « j'y reviendrai, mais je reviendrai dans l'encadrement, voire je dirigerai cet institut ».
04:49Non, pas vraiment, parce que je me suis construit, comme ma carrière, étape par étape.
04:56Je pense que c'est toujours ce qu'il fallait pour progresser, mais je ne me suis jamais fixé des
05:02échéances à long terme pour dire « un jour, je reviendrai un jour ».
05:05C'est aussi une question d'opportunités qui peuvent se proposer, mais moi, ma fin de carrière, par exemple, j
05:11'ai une décision assez délicate à prendre,
05:12parce que le manque du privé souhaitait me recruter pour être dans une direction de ressources humaines,
05:17et la fédération du judo souhaitait me recruter pour rester dans le sport.
05:22Bon, choix délicat, parce que c'est le choix d'une vie, quelque part, et j'ai décidé de rester
05:25dans le sport,
05:26parce que travailler autour de sa passion, ça n'a pas de prix, donc c'est une qualité de vie
05:29que je cherchais aussi.
05:30Mais voilà, une étape importante qui a été franchie.
05:33Après, je suis devenu responsable de ma préparation olympique pour le compte du ministère.
05:36Après, je suis inspecteur général. Le parcours, il se construit, mais je n'ai jamais eu un parcours tracé et
05:45une vision à long terme.
05:46Ça a été étape par étape.
05:47D'après vous, est-ce que tout le monde est fait pour diriger ?
05:52Non. Non. Mais il y en a aussi beaucoup qui pourraient l'être et qui doutent.
05:59En fait, là aussi, on se met des barrières inutilement.
06:03Non, il y a des gens qui n'aiment pas ça, parce qu'il faut assumer.
06:07Il y en a qui sont d'excellents numéro 2, d'excellents numéro 3, mais qui ne sont jamais de
06:12vrais leaders et qui sont très bien.
06:13L'essentiel, c'est de s'épanouir dans ce qu'on fait.
06:17Et l'âme de leader, alors oui, on peut la susciter quand même.
06:21Ça m'est arrivé fréquemment, on peut dire, mais c'est toi, t'es capable d'eux.
06:24Là aussi, encore une fois, les propres limites qu'on peut se mettre, qui sont souvent stupides.
06:29Et ça s'apprend. Je ne pense pas que ce soit totalement inné.
06:33C'est un parcours qui fait qu'on apprend, et nous, on le voit bien dans le sport chez les
06:37jeunes,
06:37on les apprend aussi à devenir leurs propres leaders, à être leurs propres acteurs de leur projet.
06:43Rien que ça, déjà. Ne pas être dépendant.
06:45Éviter la dépendance, ce n'est pas l'entraîneur qui fait le champion.
06:49Le bon sportif, le grand champion, il saura apprendre ce qu'il faut.
06:52C'est une éponge. Il saura apprendre ce qu'il faut chez l'entraîneur, chez le médecin.
06:56Il va construire son parcours. À un moment donné, dans la vie, il faut se prendre en charge.
07:00Et c'est quelque part déjà une manière de se manager soi-même.
07:03Après, on peut manager les autres. C'était la notre étape, mais c'est une culture entreprendre.
07:08Vous avez raconté le fait que vous avez choisi de rester dans le judo, finalement, toute votre carrière,
07:13plutôt que d'aller en entreprise, dans le monde du privé, découvrir toute autre chose,
07:18et finalement presque repartir de zéro, parce que là, on entre dans un nouveau monde.
07:22Est-ce que vous pensez que tout ce que vous aviez vécu juste là, jusqu'au début de votre âge
07:27adulte,
07:28allait vous servir pour la suite ? Est-ce que vous aviez déjà, qui naissaient, des idées de
07:33« je veux faire prendre à mon secteur, à mon sport, telle direction », c'était déjà dans la tête
07:39?
07:41Des idées pour l'avenir ?
07:43Oui, parce que de toute façon, on construit les choses avec une vision, on construit les choses avec un cap,
07:51c'est ce qu'apprend le sport. Il y a une échéance sportive, qu'est-ce qu'on met sur
07:55la table pour progresser, pour améliorer.
07:57Donc ça, c'est vraiment ce que m'a appris le sport.
08:01De la manière aussi qu'on manage toute une équipe, c'est-à-dire que du médecin au kiné, au
08:06préparateur physique,
08:06tout le monde doit être dans le même bateau. Donc ces ingrédients-là, c'est comme ça que ça marche,
08:11mais dans tous les domaines, pas que dans le sport. À ça que dans le sport, on n'a pas
08:14trop le choix,
08:15sinon ça ne marche pas. Mais ça, oui, c'est ce que j'ai pu apprendre par le sport,
08:19et ce que j'ai toujours cherché à faire dans mes différentes responsabilités,
08:23Fédération de judo, ou même maintenant l'INSEP, il y avait le cap des Jeux Olympiques à Paris,
08:26par exemple, bon, Olympique et Paralympique. Et bien voilà, j'avais fixé un certain nombre de choses,
08:30pour dire, on y va comme ça, on nous attend là-dessus, je compte sur vous.
08:36Alors c'était facile, quand on a une telle échéance qui fait rêver,
08:40dans un projet d'entreprise, souvent, ça prend du temps.
08:43Là, le compte à rebours était lancé, on a gagné avec les Jeux à Paris,
08:47en interne, dans le fonctionnement, mais des années, des années de management.
08:51Parce que ceux-ci, savoir utiliser un événement pour ça.
08:55Un événement qui serve effectivement de motivation à tout le monde,
08:59à toutes les équipes, pour autant, de l'intérieur.
09:01Est-ce que vous parliez tout à l'heure que le fait que le judo,
09:04c'était d'abord un combat contre soi-même ?
09:06Est-ce que les règles qu'on s'impose en tant que sportif de haut niveau,
09:09on les impose aussi à ceux avec qui on travaille tout au long de sa carrière ?
09:13En tout cas, cette exigence ?
09:16Oui. Alors peut-être pas toujours d'une même intensité,
09:19parce que... Mais oui, il y a des règles,
09:23il y a des principes de vie en groupe,
09:25des principes de comportement, des principes de respect des choses.
09:29En fait, le management, c'est que de l'humain.
09:31C'est que de l'humain, et c'est ce qu'apprend aussi le sport.
09:36D'être dans la vérité, d'être honnête.
09:39Un bon manager, c'est avant tout des qualités humaines.
09:44Un grand manager, s'il n'y a pas l'humain, ça ne passera pas.
09:47C'est-à-dire qu'à un moment donné, il faut se faire,
09:49quelque part, il faut se faire aimer, il faut se faire adorer.
09:52Et c'est comme ça qu'on embarque les gens.
09:54Ça, le sport l'apprend.
09:55Un bon entraîneur, c'est ça.
09:56C'est qu'il a cette capacité à ne pas laisser indifférent,
10:01il y a toute une dimension humaine.
10:05En tout cas, moi, c'est ce que j'ai beaucoup appris par le sport,
10:07et ce que j'ai toujours cherché à faire,
10:09même parfois dans une situation difficile.
10:11Il faut dire la vérité.
10:12C'est l'homme qui est jugé plus que le manager.
10:15Et pour agir dans une situation difficile,
10:17même parfois des années après,
10:18gens m'ont dit, tu avais raison,
10:21on n'était pas prêt à accepter quand tu l'as décidé,
10:24mais tu avais tort, tu avais raison,
10:26et maintenant, on te le dit.
10:27Bon, voilà, c'est le plus beau retour par manager,
10:34c'est quand les équipes reconnaissent l'individu,
10:36l'homme, ce qui a pu être fait.
10:38Oui, et vous avez été soumis à plein d'épreuves.
10:41On l'a dit, vous êtes à la tête de l'INSEP depuis 2021.
10:44Et il y a eu, effectivement, cette Olympiade,
10:46cette préparation des JO 2024 en France,
10:49avec le succès qu'on connaît, justement.
10:51Derrière, on est vraiment, nous, Français,
10:54très aptes à dire que c'était absolument extraordinaire,
10:57absolument unique, une vraie réussite.
10:59Bon, les quatre ans, les trois ans de préparation,
11:03quelle a été votre patte à vous dans ce succès,
11:06avec un peu de recul aujourd'hui ?
11:10Nous, le succès, parce que l'INSEP,
11:11c'est 50% des médailles d'équipes de France, à peu près,
11:15qui s'entraînent régulièrement,
11:16ou qui viennent de temps en temps.
11:20On a sincèrement, et d'abord, c'est ce qu'on dit
11:22tous les sportifs, contribué jusqu'au bout.
11:25Quand je dis jusqu'au bout, c'est qu'il y a eu différentes phases.
11:28D'abord, des phases de travaux, de rénovation,
11:31de créer cet esprit olympique,
11:32un peu comme un village, les anneaux olympiques partout.
11:36Donc ça, ça a été un des enjeux,
11:39d'embarquer tout le personnel aussi,
11:42de la secrétaire au cuisinier,
11:45et dans cet état d'esprit-là,
11:49d'associer la fameuse olympique qui est passée.
11:51On a fait monter en puissance,
11:53on a fait découvrir le sport de niveau
11:55à des gens qui travaillaient dans l'administration,
11:58parce qu'on les a impliqués dans le suivi des équipes.
12:00Donc on les a formés.
12:01On a essayé de chercher à embarquer tout le monde.
12:03Et puis il y a une étape très importante,
12:05c'est les deux mois qu'on précédait,
12:06on était vraiment en mode camp de base,
12:07totalement fermé,
12:09dans le bois de Vincennes,
12:10dans un écrin de verdure,
12:12pour que les équipes de France se préparent en toute sérilité.
12:15Parce qu'un des enjeux, c'était la pression forte en France,
12:18médiatique, mais pas que,
12:19familiale, environnement, etc.
12:21Et on avait vraiment fait en sorte de créer un endroit
12:24où on puisse se préparer sereinement
12:28et quelque part un peu, entre guillemets, se détendre.
12:30Ça, c'était une belle réussite,
12:32ce fameux camp de base.
12:34Et d'ailleurs, à Telenseigne,
12:35on nous demande de le refaire pour les prochaines échéances.
12:37Mais voilà, je pense que sincèrement,
12:39on a été à l'heure au rendez-vous.
12:43Et vous avez réussi à les mettre en condition,
12:46des conditions que vous-même,
12:47vous aviez vécues en tant que sportif de haut niveau à l'époque.
12:50Vous saviez de quoi avaient besoin les sportifs ?
12:52Oui, c'est vrai que moi et mes équipes,
12:54je ne suis pas tout seul,
12:55mais oui, ces moments-là,
12:57je les ai vécues sportivement,
13:00en tant qu'athlète,
13:01mais aussi en tant que responsable de la Fédération de judo,
13:03j'ai préparation olympique,
13:05il y a tout un vécu.
13:07Il y a des choses qu'on ressent,
13:08il y a des regards qui ne trompent pas,
13:10qui expriment beaucoup de choses.
13:11Et moi, qui me permets parfois de dire,
13:14de voir si ça va, ça ne va pas.
13:16Je n'ai pas une boussole non plus,
13:18mais quand même.
13:21Et donc, on a vite compris ce dont il y avait besoin.
13:24Puis on a aussi associé les équipes de France,
13:27des athlètes, des entraîneurs,
13:28pour dire, mais vous avez besoin de quoi dans ce moment-là ?
13:31On a vraiment fait le travail sur mesure.
13:33Vraiment, le travail sur mesure.
13:34Quelles sont vos plus grandes qualités,
13:36celles qui font la différence,
13:38dans ce contexte de direction d'hommes ?
13:41C'est toujours compliqué de s'auto-évaluer.
13:48La dimension humaine,
13:49la confiance que j'accorde aux gens.
13:53qui n'empêchent pas d'être toujours derrière.
13:54Parce que, paradoxalement,
13:56les gens demandent de plus en plus
13:57d'avoir de l'autonomie,
13:59de s'épanouir,
14:00tout en étant proche, pas loin,
14:02parce que, pour se sentir suivi,
14:05épaulé, accompagné.
14:07Et je pense que j'ai toujours su d'abord
14:10bien m'entourer.
14:11Première chose,
14:13je réfléchis en même temps que je parle là,
14:15mais trouver les bonnes personnes
14:16qui correspondent aux profils,
14:18qui correspondent aussi à ma manière de voir les choses.
14:20Alors, sans être totalement tous
14:21dans le même ligné,
14:23il va falloir avoir quelques désaccords,
14:25mais, un, oui,
14:28parce que, bien sûr,
14:29l'INSEP, c'est 315 personnes.
14:33Et c'était pareil,
14:33la Fédération de judo.
14:34Donc, bien s'entourer,
14:37être proche,
14:37moi, mon bureau est toujours ouvert.
14:39Toujours, toujours, toujours.
14:42Et je vais sur le terrain sportif,
14:44je vais dans les bureaux.
14:45Voilà, c'est un...
14:46Et puis, surtout, un cap, une vision.
14:49qu'il faut rappeler de temps en temps
14:50parce que les gens ont besoin
14:52d'être sécurisés,
14:53de savoir où ils vont,
14:54où on veut les embarquer,
14:55pourquoi, comment,
14:56ça prend...
14:57Management,
14:58t'as beaucoup évolué,
14:58je vois,
14:59passer beaucoup,
15:00beaucoup de temps
15:00à expliquer les choses.
15:02Beaucoup.
15:02Les gens ont besoin de ça,
15:03de savoir.
15:04J'ai besoin de savoir.
15:05Donner du sens.
15:06Et de plus en plus,
15:07dans ce monde un peu,
15:08voilà,
15:09oui,
15:09un peu parfois troublé,
15:12puis moi,
15:12je veux que je sois une chose,
15:13c'est qu'ils soient heureux
15:14dans leur travail.
15:15C'est...
15:17S'ils sont heureux,
15:18tout va bien.
15:18Ils s'épanouissent
15:19et ils donnent le meilleur
15:19d'eux-mêmes.
15:20C'est la clé
15:20pour que l'organisation fonctionne.
15:22vos défauts,
15:24ceux sur lesquels
15:24il a fallu travailler.
15:27C'est une bonne question.
15:33Mes défauts,
15:34mes défauts,
15:34mes défauts...
15:39Peut-être parfois
15:40pas assez anticiper
15:41une difficulté
15:42qui peut arriver.
15:45De la laisser un peu traîner.
15:48Avoir faire trop confiance
15:49aux gens.
15:51On a souvent le défaut
15:52de ses qualités.
15:54Peut-être de ne pas réagir à temps.
15:55Même si parfois
15:56je sens les choses, en fait.
15:58Mais je fais tellement confiance.
15:59Je dis bon,
16:00allez, ça peut se résoudre
16:01sur moi,
16:01je laisse faire.
16:03Et puis,
16:04ben non,
16:04si j'étais intervenu
16:05un peu plus tôt,
16:07oui,
16:07c'est...
16:10Je pense que...
16:11En tout cas,
16:12j'ai des défauts-là,
16:12je le sais
16:13et j'essaie de corriger.
16:14Votre rôle modèle,
16:15est-ce qu'il y a quelqu'un
16:16qui vous a guidé,
16:17qui vous a servi de modèle
16:19dans votre carrière ?
16:23Oui, il y en a probablement
16:24un.
16:25Il y a des tas de modèles,
16:25quoi.
16:26À chaque fois,
16:26moi,
16:26sur les...
16:29les personnalités,
16:30alors c'est très lié
16:30au monde du sport,
16:31mais ce qu'a pu faire
16:33Tony Estanguet,
16:34par exemple,
16:35avec la manière
16:35dont il a géré
16:37cet événement si complexe,
16:39Jean Todd,
16:40qui était un grand patron
16:41de l'Ecury Ferrari,
16:44même dans le privé,
16:45des grands patrons
16:47que je ne connais pas
16:49quotidiennement,
16:49mais que je rencontre
16:50de temps en temps,
16:51le PDG de L'Oréal,
16:53qui en est musc.
16:54On apprend beaucoup
16:55de ces gens-là,
16:56en fait,
16:57qui sont souvent
16:57d'une grande simplicité,
16:58qui vont à l'essentiel,
17:00des belles mécaniques,
17:00qui vont très vite
17:01dans la tête,
17:04mais des gens
17:04qui ont fait intervenir
17:05parfois aussi
17:05dans nos séminaires
17:06à l'INSEB,
17:06des grands patrons
17:07d'entreprises,
17:09parce que souvent on dit
17:09que le sport
17:10apporte à l'entreprise,
17:11mais l'inverse
17:12est aussi vrai,
17:13c'est que nous,
17:13en termes de méthode,
17:15on est parfois
17:15un peu empirique encore.
17:17Or, il y a des entreprises
17:18où vraiment,
17:18il y a des belles réflexions
17:19qui se sont conduites.
17:20Donc voilà,
17:20je m'inspire un petit peu
17:21de tout le monde.
17:22On va passer à la suite.
17:28Fabien Cagnon,
17:29on vous a demandé
17:30de venir avec une photo
17:31de vous
17:32dans le cadre
17:32de votre entreprise,
17:34de votre activité.
17:35Et vous avez choisi celle-ci,
17:37on va la voir apparaître
17:38à l'écran.
17:39Pourquoi vous avez choisi
17:41cette photo ?
17:41On l'a décrit déjà ?
17:43C'était quand ?
17:43C'était où ?
17:44Alors ça,
17:45c'est un des grands moments
17:46de ces jeux.
17:48En fait,
17:49ce que vous voyez là
17:49à l'écran,
17:50ce sont des
17:50équipes de France
17:52et là,
17:52ceux de natation,
17:54si je ne me trompe pas,
17:55artistiques,
17:56quittant l'INSEP
17:56pour rejoindre
17:57le village olympique.
18:00Là,
18:00c'est un moment fort.
18:01Pourquoi ?
18:01Parce que ça y est,
18:02c'est la fin
18:03de la préparation.
18:05On passe
18:06à l'étape suivante
18:07qui est d'aller au village.
18:08Et c'était une manière
18:10de mettre en scène
18:13avec tout un comité
18:14de départ,
18:15si je puis dire,
18:15avec une cinquantaine
18:16de personnes,
18:17du personnel
18:17qui était là,
18:19en musique,
18:20avec les drapeaux
18:20bleu-blanc-rouge,
18:22la marseillaise.
18:24Parce que symboliquement,
18:25c'est pour dire,
18:26allez,
18:26on est derrière vous,
18:28vous êtes bien préparés
18:29et on vous accompagne
18:30même si vous partez.
18:32Il y avait eu
18:32beaucoup de larmes,
18:33beaucoup d'émotions,
18:34sportifs qui pleuraient
18:35de ce moment-là
18:36et qui nous remerciaient
18:37parce que,
18:38encore une fois,
18:39le sport de haut niveau,
18:39c'est de l'humain,
18:40beaucoup,
18:41beaucoup,
18:41beaucoup d'humains
18:42et qu'on manifeste
18:44à ce moment-là
18:44un soutien
18:45parce que l'angoisse
18:46arrive là,
18:47ça y est,
18:47on va au village olympique,
18:49c'est beau un village olympique
18:50mais il y a la compétition
18:51derrière
18:52et souvent,
18:52on y arrive un peu tendu,
18:53un peu inquiet.
18:54Donc,
18:55c'était une manière
18:55de soutenir,
18:56de savoir qu'on était
18:57bien présents
18:58et ça a été
18:59extrêmement apprécié.
19:01Alors,
19:01il y a eu
19:01beaucoup de départs,
19:02il y a une cinquantaine,
19:03on faisait ça
19:04avec les Jeux paralympiques
19:05presque tous les jours,
19:07même plusieurs fois par jour
19:07mais un bon moment
19:09et même nous,
19:11on était assez émus
19:11parce que,
19:12oui,
19:13ça signifiait
19:13beaucoup de choses.
19:14C'est intéressant,
19:15c'est une photo
19:16sur laquelle
19:17vous êtes entourés,
19:18entourés de plein de sportifs,
19:20ça montre à quel point
19:20ce travail que vous faites,
19:22cette direction
19:23des athlètes
19:24vers la performance,
19:26vers le résultat,
19:27vers la médaille,
19:28ça se fait ensemble,
19:29c'est ce que vous avez dit
19:29tout à l'heure,
19:31c'est pas un métier individuel
19:32finalement,
19:33même cette direction-là.
19:34Oui,
19:35tout à fait,
19:36le message était fort
19:37parce que,
19:37dans les gens
19:38qui étaient là
19:39pour ce départ,
19:41oui,
19:42entre la secrétaire,
19:43l'agent comptable,
19:43le cuisinier,
19:44l'entraîneur,
19:45le responsable médical,
19:46il y avait tous les corps
19:47de métier
19:50qui étaient présents
19:51et effectivement,
19:51c'était un témoignage
19:52pour dire,
19:52mais voilà,
19:53on est là même
19:54encore à ce moment-là,
19:55vous pouvez compter sur nous,
19:57on est derrière vous,
19:58ça va réussir
19:59parce qu'on le voit,
20:00même s'il y a un peu
20:01de tension chez les athlètes,
20:02sa souris,
20:03nous l'aider,
20:04c'était de les détendre
20:05à ce moment-là,
20:06d'essayer de les détendre
20:07en tout cas
20:10et non,
20:11ça symbolise
20:12l'état d'esprit
20:12qu'on a voulu mettre
20:13dans la préparation
20:14durant ces trois années
20:15en fait,
20:16jusqu'au bout,
20:17jusqu'au départ,
20:18il faut qu'on rate rien
20:19et que tout a été pensé
20:22pour symboliquement faire passer
20:23des messages au bon moment.
20:25Allez,
20:25on va passer à la suite,
20:26vous regardez toujours
20:27le leadership
20:28selon Fabien Canut.
20:30BFM Entreprises,
20:31leadership,
20:32la méthode.
20:34C'est quoi votre plus belle réussite,
20:36Fabien Canut ?
20:41C'est le déjeu de Paris,
20:44bien évidemment,
20:47parce que oui,
20:48ça s'est bien passé,
20:49parce que c'était un projet
20:50d'envergure quand même.
20:52On a passé trois ans,
20:53j'allais dire,
20:54de dingue,
20:55d'une grosse intensité
20:57en termes de travail.
20:58Il y a eu des travaux,
20:59il a fallu faire
21:00des gros travaux de rénovation,
21:03au passage,
21:04on a eu à gérer
21:05une crise sanitaire
21:06avec 300 sportifs
21:06qui se retrouvaient malades
21:09à un an et demi des Jeux,
21:10un problème lié
21:12extérieur à l'INSEP,
21:12mais qui,
21:13problème d'eau potable
21:14qui ne l'était plus,
21:15bon,
21:15tout ça s'est réglé.
21:18Sincèrement,
21:19les nuits étaient courtes
21:20et ça a été très,
21:21très, très intensif,
21:22quoi.
21:24Mais oui,
21:24quel bonheur,
21:25parce qu'au bout du compte,
21:26ça a marché,
21:27ça a marché.
21:27Oui,
21:28c'est pour moi,
21:29dans ma vie professionnelle,
21:30ma plus belle réussite.
21:31C'est les montagnes russes,
21:32évidemment,
21:33ce genre de vie,
21:35ce genre de métier.
21:36L'échec qui vous a,
21:37finalement,
21:38le plus servi pour la suite,
21:40qui s'est transformé
21:41en rebond,
21:41en succès.
21:43En tant que manager,
21:46l'échec,
21:47alors,
21:47c'était quand j'étais
21:48à la Fédération française
21:48du judo,
21:49autour de la directrice
21:49technique nationale,
21:50sur une grosse compétition
21:51qui était le jeu d'Athènes,
21:54où,
21:55bon,
21:56on rate les jeux,
21:57ça arrive au jeu français
21:58avec une seule médaille,
21:59et quelques temps avant,
22:00j'avais été voir l'équipe de France
22:02en préparation,
22:03et je ne sentais pas bien les choses,
22:06je trouvais que je m'interrogeais beaucoup,
22:09et en fait,
22:10mon erreur,
22:11c'est que j'avais pris un peu de distance
22:12avec l'équipe de France
22:14pour préparer ma succession,
22:16donc un successeur désigné,
22:18pour lequel j'avais déjà donné un peu
22:20les clés du camion,
22:21de la préparation des équipes de France,
22:22alors,
22:22je ne dis pas que j'aurais réussi
22:24si j'avais pris les choses plus tôt,
22:26mais là,
22:27j'ai réagi trop tard,
22:28en fait,
22:28et ce n'est pas 15 jours avant
22:30qu'on peut changer,
22:33il y avait comme un petit malaise
22:34de doute,
22:35et on ne pouvait pas le transformer
22:36comme ça,
22:38là,
22:38je me suis dit,
22:38l'erreur,
22:39c'est d'avoir justement
22:40de l'effet de trop confiance
22:41trop tôt,
22:42ça rejoint un peu
22:42ce que je disais tout à l'heure,
22:45et je me suis dit,
22:46mais non,
22:47on ne peut jamais ça,
22:48encore une fois,
22:49je ne dis pas qu'on aurait réussi,
22:50mais oui,
22:51ça m'a servi de leçon
22:51pour dire,
22:53encore une fois,
22:55la confiance,
22:56la délégation,
22:58nécessite quand même
22:58de toujours regarder,
23:00contrôler,
23:00être là,
23:01et là,
23:02j'ai pêché
23:03par un manque de vigilance,
23:05d'accompagnement de ma part.
23:06Pour finir,
23:06il nous reste un petit peu
23:07plus d'une minute,
23:09c'est quoi la suite ?
23:10On sait que vous avez été reconduit,
23:11à la tête de l'INSEP,
23:13en 2025,
23:15la suite,
23:16ça va être le même type
23:17de parcours,
23:18le même type de difficultés,
23:19le même type d'émotions,
23:20évidemment,
23:21et vous avez replongé
23:22tout de suite,
23:23ça va ressembler à quoi
23:24jusqu'au prochain JO ?
23:25Alors,
23:26c'est là aussi une bonne question
23:28que moi,
23:28je me suis posé
23:29au lendemain des Jeux de Paris,
23:30parce que je me suis dit,
23:31bon,
23:32avec ce qu'on a vécu
23:32ces années exceptionnelles,
23:35la suite,
23:36comment je vais avoir ?
23:37Même si au fond de moi-même,
23:38je n'avais pas la réponse,
23:38mais je voulais me prendre le temps
23:40de la poser.
23:41Et puis,
23:41il y a eu ce qu'on appelle
23:42ce blues post-jeu,
23:44c'est-à-dire que
23:44les équipes ont tellement donné
23:45qu'il y a eu quelques mois,
23:46cinq, six mois,
23:47où vraiment,
23:48on a senti une grosse fatigue
23:50interne.
23:51Et puis,
23:52après,
23:52à mon avis,
23:53il faut bien repartir.
23:54Ce qui m'a motivé aussi,
23:55c'est d'aller au bout d'un projet.
23:58Il y a encore des choses
23:58à faire sur l'INSEP,
24:00notamment en termes
24:01d'immobilier,
24:02de travaux,
24:03de développement durable.
24:04Et puis,
24:05les Jeux de 2030,
24:06les Jeux d'hiver,
24:08qui, quelque part,
24:09nous reboostent.
24:09Alors,
24:10même si on n'a pas de neige
24:11à l'INSEP,
24:11même si on a quand même
24:13néanmoins tout un suivi
24:14auprès des équipes
24:15de France de ski
24:15qui sont en train
24:16de s'installer,
24:17des équipes aussi
24:18des sports de glace,
24:20de hockey sur glace.
24:21Donc,
24:21on est beaucoup impliqués
24:23et on valette encore plus
24:24pour les Jeux de 2030.
24:25Ce qui était une manière aussi
24:26de se relancer.
24:30Ce ne sera pas
24:31la même nature
24:32que pour Paris.
24:33Mais,
24:34bon,
24:35voilà,
24:35un autre projet
24:36qui se pointe.
24:38Il y a à la fois
24:38le projet de la structuration
24:39de l'INSEP en soi
24:40et à la fois
24:41ce projet sportif.
24:42Et sincèrement,
24:44voilà,
24:44c'est ce qui m'a décidé
24:45à repartir.
24:45Une autre aventure,
24:46ça ne s'arrête jamais.
24:47Merci beaucoup.
24:48Nous en prie.
24:48Fabien Canut,
24:49c'était le leadership
24:50selon Fabien Canut,
24:51directeur général
24:52de l'INSEP.
24:53Merci d'être venu
24:54dans cette émission.
24:56Si vous voulez connaître
24:57la méthode des leaders,
24:58l'émission est disponible
24:59en replay,
25:00en podcast
25:00et sur tous nos réseaux sociaux,
25:02bien sûr.
25:03Et c'est tous les lundis
25:04à 12h30
25:05sur BFM Business.
25:06Très belle journée.
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