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  • il y a 2 jours
Ce jeudi 5 mars, Sandra Gandoin a reçu Olivier Thibert, créateur de GOOT, Kadi Seydi, experte comptable, audit pour le cabinet Crowe-Becouze, Michèle Fine, associée au cabinet LINKERS - Fusions & Acquisitions, et Laurence Touchard, entrepreneuse, dans l'émission BFM Entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Votre rendez-vous avec Ségos, le partenaire de formation privilégié des PME.
00:09BFM Business présente
00:15BFM Entreprises, transmission, les règles. Sandra Gondoin.
00:20Bonjour à tous, bienvenue dans BFM Entreprises,
00:23l'émission qui plonge au cœur de la vie des boîtes tout au long de la semaine sur BFM Business.
00:27Tous les jours à 12h30, on parle le lundi de leadership, le mardi d'outil RH,
00:32le mercredi de croissance et le jeudi de transmission.
00:35Aujourd'hui, donc, c'est notre thème, la transmission.
00:39On va vous raconter deux histoires, deux entreprises, deux aventures d'entrepreneurs.
00:45On va entendre les patrons, on va aussi entendre celles qui les ont accompagnés
00:50ou qui accompagnent ce genre de situation.
00:53Sur ce plateau, Kadhi Saïdi, experte comptable audite et conseil pour le cabinet.
00:57Nécro Bécouse, bonjour Kadhi.
00:59Ravi de vous avoir sur cette émission.
01:01À vos côtés, Olivier Tibère, entrepreneur et créateur de gouttes,
01:05dont on va rappeler l'aventure.
01:07Bonjour Olivier.
01:08Bonjour Sandra.
01:08Bienvenue sur ce plateau.
01:09Michel Finette avec nous également,
01:11associé au cabinet Linkers, Fusion et Acquisition.
01:13Bonjour Michel.
01:14À vos côtés, Laurence Touchard, entrepreneuse.
01:17Bonjour.
01:18On va raconter vos histoires dans un instant.
01:21Histoire inspirante, ce que vous avez réussi,
01:23ce que vous auriez aimé mieux faire.
01:26BFM Entreprises, on parle transmission ce midi.
01:29C'est parti.
01:31BFM Entreprises, transmission, les règles.
01:35Olivier Tibère, je me tourne vers vous.
01:37On parle de cette entreprise gouttes que vous avez cédée il y a un an,
01:42en janvier 2025.
01:44Racontez-nous avant tout cette histoire entrepreneuriale,
01:48cette histoire de gouttes.
01:50Tout à fait.
01:51Gouttes, c'est une société que j'ai cofondée en 2014,
01:54avec comme ambition de venir accompagner des métiers très traditionnels,
01:58qui sont les métiers de la distribution alimentaire
02:00et pour lesquels on fournit des solutions de prise de commande,
02:04donc des applications mobiles de prise de commande et désormais de l'IA,
02:08qui permettent de simplifier les processus commande entre les clients
02:13de nos clients grossistes et les grossistes eux-mêmes.
02:15C'était qui justement ces clients concrètement ?
02:18Qui est-ce qui faisait appel à vous ? Combien vous en avez eu ?
02:20Alors concrètement, on a eu et on a toujours aujourd'hui plus de 250 clients
02:26qui sont des grossistes, certains que vous connaissez peut-être,
02:29des grossistes alimentaires qui opèrent à Rungis ou sur les différentes mines de France,
02:34d'autres à l'international qui sont des grossistes spécialisés,
02:37comme par exemple des grossistes dans la boisson,
02:39les Café Richard, les établissements Millet,
02:42qui fournissent en café, en soda, en bière,
02:46tous les établissements dans lesquels on va déjeuner ou dîner tous les jours.
02:52225 grossistes de distributeurs en France et en Europe,
02:55c'est ce à quoi vous étiez arrivé quand vous avez décidé décédé.
03:00C'est une aventure qui a duré 11 ans.
03:01Tout à fait, tout à fait.
03:0311 ans avec un démarrage itératif,
03:07comme beaucoup de sociétés qui se lancent avec de l'innovation.
03:09On a itéré sur la première année et demie pour trouver notre feed de marché,
03:15celui qui correspondait parfaitement aux besoins de nos clients
03:17et qui a évolué, s'est structuré concrètement sur les dix dernières années.
03:22Ça a l'air d'être une belle aventure comme ça.
03:25Moi, à chaque fois, je pose la question,
03:26mais qu'est-ce qui fait prendre cette décision de l'arrêter, de céder ?
03:29C'est un contexte politique et économique ?
03:31C'est une question personnelle ?
03:34C'est une question de santé aussi de l'entreprise ?
03:36Qu'est-ce qui fait prendre cette décision ?
03:37C'est une excellente question.
03:38La société Goutte allait très bien, se développe très bien,
03:42s'est confortée dans ses parts de marché.
03:44En revanche, dès 2022, on l'a vu dans la partie B2C au quotidien
03:49et on voyait des signaux de l'impact de l'IA dans les métiers du B2B.
03:55Et cette transformation profonde des métiers allait et a un impact aujourd'hui
04:00dans les métiers du logiciel.
04:02Donc, il me paraissait essentiel, voire même une obligation stratégique
04:07de la part de mon rôle de dirigeant et d'entrepreneur,
04:09que d'adapter la société Goutte à ses enjeux et ses évolutions dans le marché.
04:15Et donc, assez naturellement, j'ai dû faire le pas
04:18de soit réfléchir à une construction interne d'outils d'IA,
04:23soit me rapprocher d'experts qui avaient développé ces outils.
04:27C'est intéressant parce que là, je m'adresse à Michel et à Kadhi,
04:30c'est dans ces moments-là, il y a plein de raisons pour lesquelles
04:32on peut s'aider une entreprise, effectivement.
04:34Mais là, c'est un tel tournant majeur qui se profilait sur ce monde des logiciels
04:40qu'il a fallu prendre ce genre de décisions.
04:43C'est intéressant, le choix d'Olivier Kadhi.
04:46C'est très intéressant et ce qui est marquant dans son témoignage,
04:49c'est qu'on voit une très forte lucidité, en fait.
04:52Il sait pourquoi il vend dès le démarrage.
04:55Il sait même quel est le profil de repreneur qui pourrait être intéressé.
05:00Et il y a une compréhension du marché et des tendances du marché
05:03qui montre que finalement, il avait des bases solides dans ce projet.
05:09Il faut une certaine lucidité, effectivement, dans ce genre de cas spécifiquement.
05:13C'est intéressant, votre situation, pour prendre ce genre de décisions, Michel.
05:17Oui, ça fait partie des points clés aussi pour quelqu'un qui veut vendre son entreprise,
05:24qui soit amené quand même à se poser des questions un petit peu en amont avant
05:28et se mettre à préparer sa cession.
05:31Je ne dirais pas toutes les conditions, mais en tout cas,
05:33il y a plusieurs raisons qui l'ont amené.
05:36Effectivement, il est resté lucide sur son activité.
05:39On voit beaucoup de sociétés qui attendent, qui attendent.
05:41On dit souvent, il faut vendre son entreprise,
05:44il faut la préparer avant 60 ans, avant 65 ans.
05:47Là, on est dans un cas un peu spécifique
05:50qui montre véritablement qu'il faut savoir anticiper
05:53et prendre le virage et prendre des décisions et les préparer.
05:57Alors, le préparer, ce n'est pas uniquement le marché.
05:59Ça peut être différentes conditions aussi.
06:02C'est l'actionnariat, c'est la gouvernance, c'est le management.
06:04En place, est-il bon ?
06:07J'imagine, quand on a eu ce genre de réflexion
06:09et qu'on commence à regarder vers l'avenir,
06:11qu'on se dit, voilà, est-ce que je le fais en interne
06:14ou est-ce que je prends un acteur qui maîtrise,
06:16finalement, l'avenir du secteur ?
06:19Comment on le choisit, cet acteur-là ?
06:22Alors, c'est intéressant.
06:25On avait identifié, nous, assez tôt,
06:27des acteurs qui allaient pouvoir apporter cette innovation.
06:30Et dans le processus final, d'ailleurs, de vente,
06:33on s'est retrouvé avec les candidats
06:35qu'on avait identifiés deux ans plus tôt dans cette réflexion.
06:39Il est important, dans un marché qui est mouvant,
06:42qui est celui, effectivement, du logiciel et encore plus,
06:44encore une fois, avec cette vague de l'intelligence artificielle,
06:47de pouvoir être certain de faire le choix de l'acteur
06:50qui sera là de manière assez durable.
06:52Donc, c'est tout le paradoxe entre, effectivement,
06:55le choix qu'on avait pu avoir
06:57de se rapprocher d'un acteur très existant
06:59sur des technologies embarquées type ERP,
07:02donc des progiciels pour les grossistes,
07:04ou bien d'aller vers un profil encore plus innovant,
07:07mais qui, on l'espère, a le coup d'avance
07:10pour offrir à la fois la visibilité
07:13et la solidité des solutions sur les prochaines années.
07:16On le cherche, il se présente,
07:18c'est une étude de marché.
07:19Vous avez finalement choisi Choco, mais comment ça s'est passé ?
07:23Alors, j'ai mené de manière un petit peu,
07:27effectivement, autonome cette recherche.
07:31Il se trouve qu'on collaborait déjà avec Choco
07:34et on collaborait également avec d'autres sociétés
07:36qui nous ont approchés.
07:38Donc, je pense, et je pense que c'est le cas
07:40pour beaucoup d'entrepreneurs,
07:41ils peuvent connaître le repreneur
07:44de manière assez naturelle.
07:46Et je pense que c'est ce qui fait le bon fit aussi
07:48pour l'avenir et pour s'assurer
07:50que la transmission se passera correctement.
07:53Alors, la question, et que j'ai envie de poser à Kadhi et à vous en même temps,
07:57c'est est-ce que vous avez fait ça seul ?
07:59Les entrepreneurs agissent beaucoup seuls
08:01quand il s'agit de leur boîte.
08:03Ou est-ce que vous vous êtes fait accompagner ?
08:04Qu'est-ce qui a fait ?
08:06Comment s'est fait ce processus de rapprochement et de session ?
08:09Alors, je l'ai fait seul dans la phase d'approche,
08:12dans la phase d'approche auprès des sociétés
08:16qui pouvaient être potentiellement intéressées par Goot.
08:19Et ensuite, je me suis fait accompagner sur la partie juridique, évidemment, et sociale.
08:24Mais sur toute cette démarche,
08:26à la fois de prise de contact et de négociation,
08:30effectivement, j'étais en front sur ces sujets.
08:32De quoi on a besoin ? Quels sont les défis à ce moment-là ?
08:35Quelles questions se posent quand on est dans cette situation, Olivier ?
08:39Alors, quand on est entrepreneur, par définition,
08:42on vit dans un ascenseur émotionnel permanent.
08:45On a des bonnes journées et des mauvaises journées
08:47qui sont séparées de quelques heures.
08:51Et dans tout le processus de vente, on vit exactement la même chose,
08:54mais c'est une période ramassée.
08:56On doit à la fois protéger, je dirais, ses propres intérêts
09:00et l'intérêt de sa société, sa structure et ses salariés, bien évidemment,
09:03dans cette négociation.
09:05Et en même temps, assurer une discussion
09:09qui reste toujours cordiale avec le repreneur.
09:11Ce que fait souvent, d'ailleurs, un intermédiaire dans ce genre d'opérations.
09:14Là, c'est moi qui l'ai pris en charge.
09:16Et j'avais effectivement ce jeu un peu d'équilibriste
09:20à préserver et à compléter dans toute cette démarche.
09:23Quel est le rôle de l'expert comptable qui a dit ?
09:25Peut-être juste avant de répondre, je voudrais rebondir
09:26parce que c'est très intéressant.
09:28Il nous parle de ce jeu un peu d'équilibriste,
09:29mais il ne faut pas oublier qu'en même temps que ce projet-là,
09:32il y a une entreprise à piloter.
09:34Il y a une entreprise à piloter.
09:35Le quotidien.
09:36Il y a le quotidien à piloter.
09:37Il y a un plan d'affaires qui a été déjà présenté aux potentiels acquéreurs
09:41et qu'il faut réaliser.
09:42Donc, il y a toujours cette pression-là qui existe entre le quotidien.
09:45Et à côté, ce projet qu'il porte finalement quasiment tout seul.
09:50En quoi l'expert comptable peut aider dans cette situation-là ?
09:54Sur quel point il va agir en réalité ?
09:57De manière générique, je vais dire l'expert comptable, il agit très en amont,
10:01avant même toute prise de décision.
10:03C'est le côté partenaire dans la réflexion.
10:05Donc là, on voit que dans le cas d'Olivier, cette étape-là était déjà faite
10:09et il était très clair sur son projet.
10:12Ensuite, c'est une question qui arrive souvent très vite,
10:14c'est la valeur de son entreprise.
10:16Combien, finalement, vaut l'entreprise que j'ai construite à ce stade de développement ?
10:21Et on a des experts comptables qui proposent, par exemple,
10:24chez Bécouze, on a un département évaluation qui accompagne justement les dirigeants
10:27pour déjà avoir une idée précise de la valorisation de leur entreprise.
10:32Et ensuite, dans les diligences, il faut connaître les forces et les faiblesses de son entreprise
10:36pour pouvoir être préparé à la négociation à venir.
10:40On va faire un partage d'expérience évidemment à la fin de cette émission
10:43pour voir ce qu'on referait, ce qu'on ne referait pas.
10:46Quelle est votre situation aujourd'hui ?
10:49Un an après cette opération, vous avez encore un rôle ou c'est terminé ?
10:53Alors, tout à fait. Moi, j'ai fait le choix aussi, et c'était en commun accord avec la société
10:59Choco qui a repris,
11:00de continuer à avoir un rôle engagé à la fois de direction générale au sein de Goutte
11:06et évidemment plus de représentation sur des grands comptes.
11:10C'était souhaité.
11:12Je ne souhaitais pas, moi pour ma part, m'arrêter immédiatement.
11:17Encore une fois, parce que j'avais réfléchi ce processus de reprise avec un acquéreur
11:23pour lequel je voyais la valeur des produits pour nos clients et pour notre industrie.
11:27Donc, il me paraissait évident que je ne pouvais pas stopper,
11:30je n'avais pas d'intérêt à se stopper immédiatement.
11:32Ça veut dire que c'est une réussite, parce que si vous êtes resté et que vous voyez un an
11:35plus tard
11:36que finalement les promesses pour la plupart ont été tenues, c'est que l'opération a réussi.
11:41Tout à fait. C'est une réussite et je dois dire qu'effectivement,
11:44ça n'est pas forcément le cas dans le cadre de toutes les reprises de transmission,
11:47mais le repreneur a été tout à fait fair et juste et ce qui a été promis a été délivré.
11:53On va y revenir dans un instant, mais on va s'intéresser à l'autre société à laquelle,
12:00celle dont on parle aujourd'hui, c'est Scoop, Laurence Pouchard.
12:02Cette société était spécialisée dans les voyages professionnels premium
12:06pour des clients grands comptes.
12:09C'est quoi votre aventure, votre parcours avec Scoop ?
12:13Alors, c'est un long parcours qui a duré 27 ans.
12:17J'ai été embauchée comme directrice commerciale de la boîte
12:19et puis je me suis associée très tôt avec le fondateur de la société
12:25pour, au bout de 10 ans, racheter complètement l'entreprise.
12:29En associant, lorsque j'ai racheté en 2007, j'ai associé également
12:33ma directrice commerciale de l'époque, qui est aujourd'hui directrice générale
12:38et qui a acheté, dans le cas d'un LBO, Scoop.
12:41Donc, c'est une entreprise, lorsque j'ai pris la décision de la céder en 2022,
12:494 ans maintenant, c'était une entreprise qui fonctionnait excellemment bien,
12:54qui performait, qui était en croissance depuis 17 ans.
12:59Alors, pourquoi ?
13:01Pourquoi ? Parce qu'il y a deux phénomènes.
13:03Le premier, c'était la considération que la plupart des entrepreneurs,
13:09enfin plus de la moitié des entrepreneurs qui arrivent à l'âge de la retraite,
13:13j'avais 57 ans en 2022, en 2023.
13:16La plupart des entrepreneurs, la moitié des entrepreneurs qui arrivent à la retraite
13:20n'ont pas réfléchi à leur succession.
13:22Moi, je ne voulais absolument pas être confrontée à cette situation,
13:25je voulais choisir mon repreneur.
13:26Ça, c'était le premier point.
13:28Le deuxième point, comme Olivier, on a fait un petit partage d'expérience,
13:32je sentais que j'arrivais à une bascule technologique et de sujets.
13:38Les enjeux ESG, les défis de la RSE devenaient très prégnants dans l'entreprise
13:46et je pense qu'après avoir dirigé pendant 27 ans une entreprise,
13:51on n'est pas forcément la bonne personne pour pouvoir implémenter ces sujets au quotidien dans l'entreprise.
13:56– Donner ça, ces compétences-là à une autre équipe finalement.
13:59– Voilà, à d'autres équipes, plus jeunes, plus en phase avec ces sujets
14:04que je traite aujourd'hui dans ma nouvelle vie,
14:06mais pour des entreprises dans lesquelles je n'ai pas été investie précédemment.
14:09– Alors concrètement, comment s'est passée la passation, la session ?
14:13– La session s'est excellemment bien passée
14:15puisque très tôt je me suis rendu compte que je n'avais pas les compétences ni le temps,
14:19premièrement pas le temps,
14:20deuxièmement pas les compétences pour aller chercher un repreneur,
14:25difficulté aussi à identifier qui seraient les entrepreneurs
14:29qui pourraient accompagner les trois, quatre dirigeants de mon entreprise
14:33qui acceptaient de rentrer dans le tour de table de reprise.
14:37Donc je me suis rapprochée d'une société, donc de Linkers,
14:41j'ai fait un benchmark entre quatre sociétés.
14:44Pour benchmarker, j'ai simplement demandé deux éléments lors du premier rendez-vous,
14:50à combien estimez-vous la valeur de mon entreprise ?
14:53Là j'ai eu deux cas, un très bas, un très haut, je suis commerçante,
14:58je sais que tout ce qui est très bas ou tout ce qui est très haut,
15:01il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
15:02Et j'ai eu deux offres, enfin deux offres, deux propositions
15:05qui étaient très proches l'une de l'autre, dont celle de Linkers.
15:08Et avec Linkers ensuite, il y a eu le côté humain qui a parfaitement fonctionné
15:12puisqu'il y avait un binôme qui se proposait de m'accompagner
15:16et qui m'a accompagnée pendant l'année pendant laquelle j'ai participé à ce processus de session.
15:22Pour parler de la transmission jusqu'au bout, ça a abouti à quoi ?
15:26Et aujourd'hui, on est dans quelle situation ?
15:29Alors aujourd'hui, ça aboutit à une reprise par LBO,
15:33donc le levier de la dette a permis à mes trois cadres dirigeants,
15:37épaulés par deux investisseurs minoritaires, de reprendre l'entreprise.
15:41Scoop est toujours Scoop.
15:42Scoop est toujours Scoop, Scoop performe toujours, Scoop développe, continue à développer.
15:48Scoop est sur une niche de marché qui encore aujourd'hui a une place premium
15:54dans la mission professionnelle, l'organisation de mission professionnelle.
15:58Et aujourd'hui, Scoop est donc dirigée par mon ancienne associée,
16:04Katel Tanguy, qui était directrice commerciale et qui maintenant est PDG de l'entreprise.
16:08Il y a une cohérence là-dedans.
16:10C'est intéressant parce que même le chiffre que vous donniez au départ
16:13de ces dirigeants qui atteignent un certain âge et qui n'ont pas à penser à la succession,
16:17déjà ce chiffre, il faut qu'on vous le donne.
16:20Je veux dire, ce n'est pas forcément quelque chose auquel on pense
16:22quand on a justement les mains dans le cambouis de l'entreprise.
16:25Vous aviez quand même des alertes, vous vous êtes fait aider pour avoir ça en tête,
16:30pour vous dire...
16:31Alors, si je peux...
16:34Donc Laurence nous a contactés, effectivement.
16:38Elle nous a mis à challenger avec d'autres intermédiaires.
16:43On appelle ça des banques d'affaires.
16:45C'est communément aussi des boutiques M&S que nous sommes.
16:48Nous, on existe depuis 25 ans et on accompagne à peu près 20 opérations par an.
16:52On est 25 collaborateurs dont 10 associés Paris, Lyon, Marseille.
16:56Donc, on est une banque d'affaires indépendante.
16:59Donc, quand on vient nous voir, eh bien, on n'est pas lié à un groupe d'audit
17:03ou un groupe de banque ou un investisseur.
17:06Enfin, on est vraiment indépendant.
17:08On apporte donc la possibilité de défendre au mieux les intérêts de nos clients.
17:13Et lorsqu'elle vient nous voir, elle nous demande une valeur de sa société.
17:16Très souvent, moi, par mon expérience professionnelle,
17:19j'ai enseigné l'évaluation pendant des années.
17:21Je suis analyste financier.
17:23Et ce parcours m'aide à présenter bien souvent, d'ailleurs, les missions
17:27et les faire démarrer par une évaluation d'entreprise.
17:31Et cette évaluation a été faite.
17:33Effectivement, on s'est dit, très bien, il y a une valeur.
17:37Laurence s'est dit, ce cabinet m'intéresse, nous avançons.
17:39Et valeur et prix, c'est bien sûr pas la même chose.
17:42Donc, il a fallu ensuite qu'elle soit convaincue qu'on puisse l'accompagner,
17:46qu'on lui apporte, il y a à la fois les hard skills et les soft skills.
17:49Oui, c'est ça.
17:50Il y a du tech, il y a de l'évaluation au départ.
17:52C'est déjà un premier.
17:54Hard skills.
17:54Après, le soft skills, c'est notre relation
17:56et puis l'art de la négociation qui va être nécessaire par la suite.
18:01Donc, c'est important de pouvoir lui dire ensuite,
18:05voilà ce que l'on va pouvoir faire à partir de cette valeur.
18:08On va essayer de trouver des contacts à partir de nos bases de données,
18:11à partir de nos réseaux relationnels.
18:13On lui a permis de rencontrer des acteurs de son marché.
18:17D'abord, une approche que l'on a faite du altrac,
18:19d'abord des recherches d'acteurs corporate,
18:21mais également la possibilité d'observer la possibilité d'accompagner
18:27qu'a-t-elle Tanguy dans la reprise de la société
18:29avec des fonds d'investissement.
18:31Plusieurs fonds qui ont été contactés et finalement, ça fait ainsi.
18:34Je noterai aussi au passage qu'on a tout un travail pédagogique à faire
18:37durant ce process de session
18:39qui est l'accompagnement aussi,
18:42expliquer ce qu'est une opération albéro,
18:43parce que Katel ne connaissait pas ça.
18:45Et les dirigeants en général,
18:48ce qu'on dit souvent,
18:49c'est qu'un dirigeant lorsqu'il va céder son entreprise,
18:52c'est quand même mieux qu'il soit accompagné
18:53parce que nous, c'est notre quotidien.
18:55Alors que pour un dirigeant, il n'a pas fait de répétition,
18:59il n'a même pas fait la générale.
19:00Vous me retirez les mots de la bouche,
19:02Michel, parce que c'est ça.
19:03Et c'est ça qui est intéressant par rapport à ce qu'on a entendu tout à l'heure.
19:06Est-ce que, Laurence, vous diriez que ça vous a fait gagner du temps ?
19:09Ça vous a fait vous poser les bonnes questions, peut-être ?
19:12Alors, assurément, oui.
19:14Bonne question parce que l'une des raisons pour lesquelles j'ai retenu Linker,
19:17ça est que Michel et Jérôme m'ont posé dès l'initiale la question
19:22à laquelle, Olivier, vous avez répondu en restant dans l'entreprise.
19:26Moi, je ne m'étais pas posé la question.
19:27Je souhaitais vendre mon entreprise,
19:29mais je ne m'étais pas posé la question de l'après ce que je reste dans l'entreprise
19:32sous forme d'actionnaire minoritaire, d'obligation,
19:34juste d'accompagnement sur un taux donné avec un cash-out ultérieur.
19:39Et en fait, je me suis posé la question.
19:40J'ai répondu très rapidement, non, je ne souhaite pas rester.
19:43J'avais monté l'entreprise.
19:44Tous les collaborateurs avaient été recrutés par moi.
19:47Je ne me voyais pas rester dans une entreprise un peu comme l'œil de Moscou.
19:51Donc, il était important de laisser la place aux repreneurs.
19:54Ça, c'est le premier point.
19:56Et puis, le deuxième point, c'est que Linkers m'a effectivement permis,
19:59en un temps record, en six mois, de rencontrer une quinzaine d'offreurs,
20:04de sociétés fonds ou confrères intéressés par le business de Scoop.
20:10Et la spécificité, c'est que Linkers a extrêmement bien ciblé agences de voyage,
20:17on se dit, c'est un business, on ne sait pas trop ce que ça vaut.
20:19Or, Scoop est sur une niche de marché,
20:21donc qui devait être valorisée non pas comme une agence de voyage,
20:24mais comme une société conseil d'ingénierie en accompagnement de mission.
20:28Et ça, Linkers l'a très bien saisi et m'a proposé d'emblée sur 15 rendez-vous.
20:32Il y en a eu un qui n'était pas vraiment dans la cible de ce qui pouvait éventuellement
20:38m'intéresser comme société repreneuse, mais les 14 autres étaient en plein dans la cible.
20:42Ce qui fait que je sortais de rendez-vous en me disant, bon sang,
20:45qu'est-ce que j'aimerais bosser avec ces gens si j'étais le repreneur de Scoop.
20:49C'était Adèle.
20:49Donc, une belle identification et un gain de temps assuré.
20:57Et bien connaître son client et les besoins, finalement, Michel.
21:00C'est ça, tout ce travail de préparation, de réalisation,
21:05on rentre au cœur de l'information de l'entreprise,
21:08on ne travaille pas seul dans son coin à faire une analyse de la société,
21:12on travaille avec les dirigeants, on apprend aussi à travers elle.
21:15On n'est pas des sectoriels, on part du principe que nos cédants, nos clients,
21:20sont ceux qui connaissent le mieux leur marché.
21:22Mais en l'occurrence, nous, on n'aime pas du tout faire une démarche
21:25comme pourrait faire l'IA aujourd'hui, c'est-à-dire d'aller chercher,
21:28d'aller envoyer des contacts partout.
21:30Ce qui est un petit peu contre-productif en termes de confidentialité.
21:34On est quand même à gérer des process de confidentialité.
21:37Il y a beaucoup de sujets où les dirigeants se demandent
21:40s'ils doivent fournir des informations.
21:41Ils seraient prêts à tout fournir dès lors qu'ils ont trouvé quelqu'un.
21:43Nous, on est un petit peu là pour apporter le message, le conseil,
21:47qui permet de mieux négocier si on retient certaines informations
21:50pour ne les délivrer que plus tard.
21:51Il nous reste quelques minutes.
21:53On va essayer de partager ces expériences.
21:55Olivier, qu'est-ce que vous feriez différemment aujourd'hui
21:59si vous aviez à revivre cette situation ?
22:02Je pense que ce qui est important de retenir
22:05quand on est entrepreneur dans cette phase finale,
22:08c'est qu'on doit appréhender vraiment la négociation.
22:11C'était évoqué juste avant.
22:13Et je pense que ça, c'est un des sujets que j'avais complètement sous-estimé.
22:18Non pas que je n'aime pas la négociation,
22:21mais comprendre qu'on est dans une danse, dans un jeu, en fait,
22:24avec le repreneur qui a des codes.
22:27Et moi, effectivement, j'étais en face d'une société
22:29qui avait déjà fait des croissances externes,
22:31et codes que je n'avais pas nécessairement totalement.
22:34Oui, c'est comprendre qu'on ne peut pas tout savoir.
22:36Exactement.
22:37Tout simplement.
22:38Et d'où l'accompagnement.
22:39D'où l'accompagnement.
22:40C'est ça que vous vous feriez accompagner au final ?
22:42Je pense qu'effectivement, à refaire,
22:44peut-être que je ferais un accompagnement
22:46de manière un peu plus marquée,
22:48parce qu'on doit dissocier,
22:51et ça, c'est peut-être aussi une omission
22:54qui est faite chez certains entrepreneurs,
22:56la distinction des rôles entre, oui, l'expert comptable d'un côté,
22:59l'avocat qui va gérer la partie juridique,
23:01mais l'avocat ne gérera pas pour vous une négociation.
23:04Le prix, c'est vous qui le déterminez.
23:06Ou la banque d'affaires qui vous accompagne.
23:08Et ça, c'est extrêmement important de le dissocier, de l'avoir en tête.
23:11Qu'a dit, le conseil à donner dans ces situations-là ?
23:14Dans ces situations-là, c'est de toujours être accompagnée,
23:18parce que finalement, quand on sait d'une entreprise
23:20qu'on a créée, comme Laurence et Olivier,
23:23ex nihilo, finalement,
23:25il y a une charge émotionnelle quand même forte,
23:27et être accompagnée, ça permet de créer une distance
23:31dans le cadre de la négociation.
23:33Il y a une statistique intéressante
23:34qui est sortie dans une étude de BPI France Lab
23:37qui dit que 85% des personnes qui envisagent de s'aider
23:43envisagent de se faire accompagner pour la session.
23:45Et parmi ces 85%, il y en a 55% qui envisagent
23:48de faire appel à leur expert comptable.
23:49Donc, c'est dire que les gens envisagent ça,
23:53pas comme une aventure solitaire,
23:55qui ont conscience qu'il y a de la complexité
23:57et qu'il y a besoin d'expertise autour.
24:00On dit souvent dans cette émission, dans l'entreprise,
24:02faites-vous accompagner en permanence, au moins par un juriste et un expert comptable,
24:05dès le départ, et pour les grands moments de l'entreprise,
24:09ça ne fait que le confirmer.
24:10Michel ?
24:11Moi, je compléterai ce qu'a dit, parce qu'on est vraiment très complémentaires.
24:15Et dans une session d'entreprise, il y a une série de conseils,
24:19d'expertise qui sont mis à disposition du process,
24:23donc du dirigeant, de l'intérêt du dirigeant dans la session de son entreprise.
24:27Il nous faut des comptables, il nous faut des experts comptables,
24:29il nous faut des avocats, des avocats spécialisés.
24:32Mais bien souvent, certains dirigeants, j'ai rencontré des entreprises,
24:35des entrepreneurs qui nous disaient, j'ai pris un avocat M&A, ça suffit.
24:38Moi, j'aime souligner ce fait,
24:40c'est-à-dire qu'un avocat M&A n'est pas un conseil en fusion acquisition,
24:45il n'est pas un conseil M&A,
24:48ce n'est pas un banquier d'affaires, on a besoin des deux.
24:50Et nous, on a vraiment besoin des avocats,
24:52et les avocats ont besoin de nous aussi,
24:53pour des gens entamés toute une première phase au début du process de session.
24:58Laurence, le mot de la fin ?
24:59Eh bien écoutez, moi je ne changerais rien,
25:01parce que très grand confort dans la négociation,
25:04très grand confort, je n'étais pas en première ligne,
25:06et deuxièmement, très grande complémentarité entre effectivement
25:10mon cabinet d'avocats avec lequel je travaillais depuis 20 ans,
25:13excellent cabinet juridique fiscaliste,
25:15spécialisé en M&A, mais sur la partie fiscale et juridique,
25:19mais pas négociateur.
25:21Merci à tous les quatre.
25:22Oui Michel ?
25:23Très très vite.
25:24Très vite, eh bien je pense qu'il est très important au début de la mission
25:27que les conseillers M&A rencontrent l'avocat M&A.
25:30Il faut avoir un avocat M&A.
25:31Une communication, une bonne équipe,
25:33et la transmission se passera au mieux.
25:36Merci à tous les quatre d'être venus nous raconter ses aventures d'entreprise.
25:41Cadice Aïdi, expert comptable audit et conseil pour le cabinet Croc-Bécouze.
25:45Olivier Thiber, créateur de gouttes et entrepreneur.
25:48Michel Fin, associé au cabinet Linkers, fusion et acquisition.
25:52Laurence Touchard, entrepreneuse épanouie,
25:54je pense qu'on peut le dire sur ce plateau.
25:57Merci à tous les quatre d'être venus dans cette émission BFM Entreprises
25:59et c'est tous les jours à 12h30 sur BFM Business.
26:02Passez une très bonne journée.
26:04BFM Entreprises, transmission les règles sur BFM Business.
26:10C'était votre rendez-vous avec Tsegos,
26:13le partenaire de formation privilégié des PME.
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