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  • il y a 1 jour
Ce jeudi 5 mars, les raisons du décrochage français en matière d'innovation, ainsi que le plan de la Commission européenne, qui prévoit que l'industrie représente 20% du PIB européen d'ici 2035, ont été abordés par Erwann Tison, directeur des études de l'Institut de l'Entreprise, Philippe Trainar, professeur honoraire au Cnam et membre du Cercle des Économistes, et Gaël Sliman, président d'Odoxa, dans l'émission Les Experts, présentée par Ludovic Desautez sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00De retour sur le plateau des experts, avec nous ce matin, Philippe Trénard, professeur honoraire au CNAM et membre du
00:05Cercle des économistes,
00:07à côté Erwan Tison, directeur des études de l'Institut de l'entreprise chargé d'enseignement à l'Université de
00:13Strasbourg,
00:14et Gael Slimane, président d'Oxam, merci d'être avec nous.
00:17Alors Gael, on va vous écouter sur ce baromètre de l'économie réalisé par Odoxa pour AJP en partenariat avec
00:27Challenge et BFM Business,
00:29baromètre mensuel, je le répète, on a parlé tout à l'heure du moral, vous avez fait un coup de
00:34zoom sur l'innovation,
00:35alors sur l'innovation je vais vous faire une transition par rapport au sujet précédent qui était le Moyen-Orient,
00:40puisque c'est la déclaration qui vient de tomber d'un député sud-coréen, où il dit que la situation
00:45actuelle
00:45pourrait impacter toute la production des puces et des mémoires au plan mondial,
00:49puisqu'il commence à avoir des problèmes d'approvisionnement sur les matériaux en Asie,
00:53et puis on va vous dire que si les puces et la mémoire commencent à flancher,
00:58on va regarder avec attention la valorisation et les cours de bourse de certains acteurs de l'intelligence artificielle.
01:06Suivez mon regard, parce que là ça peut être un effet domino aussi sur les marchés financiers.
01:09D'ailleurs on peut, par rapport à la stratégie de Donald Trump, vis-à-vis de toutes ces entreprises qui
01:14le soutenaient,
01:15ça doit aussi les interroger un petit peu.
01:18Alors, il ne fallait pas m'inviter, parce que parler de morale économique...
01:21Pourtant je suis content de vous voir.
01:23Je suis ravi d'être avec vous, mais je viens de vous plomber le moral en vous parlant du moral
01:27des Français,
01:27on a parlé tout à l'heure de leur très grand pessimisme que je crois nous partageons sur la situation
01:34géopolitique actuelle
01:36et ses conséquences économiques, et bien sur l'innovation on pourrait se dire
01:39allez, on va être un petit peu positif, non, vous l'avez dit dans votre lancement il y a un
01:44instant Ludovic,
01:45on a les trois quarts des Français qui nous disent qu'ils pensent que leur pays ne favorise pas l
01:50'innovation.
01:50Alors ce qui est intéressant en sondage, souvent, c'est l'évolution dans le temps.
01:55Une bonne ou même une mauvaise question posée de manière répétée permet de mesurer les tendances.
02:00Et moi j'étais sur ce plateau, enthousiaste, alors c'était il n'y a pas si longtemps,
02:06on était en 2020, on était encore dans le trend de la start-up nation, on y croyait,
02:15et quand on posait cette question aux Français, 60% des Français, qui sont pourtant souvent très pessimistes,
02:21nous disaient, oui je crois que mon pays favorise l'innovation.
02:24Et patatras, quelques années plus tard, c'est même en 2019, donc on est moins d'une décennie plus tard,
02:32on a 27% des Français qui le disent, vous avez plus que divisé par deux la part de gens
02:38qui pensent que la France favorise l'innovation.
02:41Alors, on pourrait se dire après tout, c'est pas si grave que Mme Michu ou M. Durand pensent ça,
02:46si par ailleurs, il se dit que l'innovation ça sert à rien.
02:50Mais c'est pas le cas, on a des baromètres sur l'innovation,
02:53on en fait certains, notamment chez votre confrère Fred Simotel,
02:56et on se rend compte que les Français sont convaincus que c'est la clé,
03:00on le sait je pense les uns et les autres, mais ils en sont convaincus,
03:03et ils nous disent à plus de 84% que le principe de l'innovation en général,
03:07on n'est pas au canulon lyonnais qui cassait les machines-outils,
03:10il y a un siècle et demi, ils voient ça plutôt comme une opportunité que comme une menace.
03:15Donc il y a ce rapport positif des Français à l'innovation,
03:20et cette crainte que leur pays ne le favorise pas assez.
03:22Après, il y a deux bémols, un sur la robotisation,
03:26on a en gros opportunité ou menace, on est à un sur deux,
03:29– Ce sont des bémols vus avec des impacts sur l'emploi ?
03:33– Alors exactement, et quand on regarde sur la robotisation,
03:36les gens nous disent « Ah, ça, ça me fait un peu peur »,
03:38et quand on creuse, ils nous disent « Leur crainte, elle est sur l'emploi »,
03:41donc on retrouve peut-être les canuls lyonnais,
03:42et sur l'IA, alors sur l'IA, là aussi, retournement en quelques années,
03:47sur une dizaine d'années, un peu plus,
03:49on avait une majorité de Français qui nous disaient qu'ils voyaient arriver l'IA
03:53comme une formidable opportunité plutôt qu'une menace,
03:55aujourd'hui, on a six personnes sur dix qui nous disent
03:58« L'IA, ça me fait peur, je le vois plus comme une menace
04:00que comme une opportunité ».
04:02Et enfin, s'agissant de ces sujets,
04:07je vous l'évoquais sur la robotisation,
04:09la grosse crainte, elle est liée à la situation de l'emploi,
04:12en revanche, sur l'impact de la robotisation sur la société française
04:15et sur les conditions de travail en France,
04:17les gens voient ça plutôt positivement.
04:20– Il y a une autre donnée qui m'a marqué,
04:23si on regarde un peu dans une lecture mondiale de la part des Français,
04:26et le chiffre, je le trouve, catastrophique,
04:29c'est que seulement 5% des Français
04:33estiment que la France peut devenir,
04:35peut être un des leaders mondiaux dans le domaine de l'innovation.
04:39– Alors là où ?
04:39– Non mais ça caractérise, je ne dis pas que dans tous les domaines,
04:42mais ça caractérise la position à laquelle on est,
04:45c'est-à-dire qu'on n'imagine même pas demain,
04:47en termes d'intelligence artificielle, de data center,
04:49peu importe, qu'il y a un Airbus européen,
04:52ou peu importe, le match est plié.
04:54– Et surtout, Ludovic, ce qu'il y a de pire,
04:57c'est que même si on est moins exigeant,
04:59et qu'on se dit, allez, jouer l'un des premiers rôles
05:02sans être l'un des pays leaders,
05:04laissons ça aux Etats-Unis, à la Chine,
05:05mais on ne sera pas…
05:06– Acceptons qu'on est en Ligue 2.
05:08– On sera, ou au moins en milieu de tableau,
05:11si on file la métaphore footballistique.
05:13On est à 44%,
05:15et on a 55% des Français qui nous disent,
05:18« Notre pays, aujourd'hui, il est en retard
05:20par rapport aux autres grands pays comparables. »
05:22Et là aussi, c'est peut-être la chose qui m'inquiète le plus
05:25sur nos données en général depuis ces dernières années,
05:27c'est la perception d'un déclin
05:30et d'une absence, l'inverse du progrès,
05:32d'un recul,
05:33puisqu'on a posé la même question,
05:35exactement la même,
05:36il y a 10 ans.
05:37Et il y a 10 ans,
05:38on demandait aux Français,
05:39« Pensez-vous que dans 10 ans,
05:41nous serons un pays leader ? »
05:44« On jouera les premiers rôles sans être un leader ? »
05:47Ou bien on sera à la traîne ?
05:48« On sera dans le match pour continuer le jeu. »
05:49Et on a reposé la même question.
05:50Et donc, à l'époque,
05:51on avait une majorité de Français,
05:54les trois quarts,
05:55qui nous disaient,
05:55« On ne sera peut-être pas
05:57les vainqueurs de la Champions League,
05:59mais on fera partie des équipes
06:01qui seront dans le dernier carré,
06:04pour poursuivre la métaphore footballistique. »
06:07En 10 ans,
06:07on a eu un retournement majeur
06:09avec ce sentiment
06:09que notre pays avait lâché l'innovation
06:11pour dire les choses simplement.
06:13Philippe Erwin,
06:13sur le fait que,
06:15finalement,
06:15ce que les Français constatent,
06:17c'est le fait que la France
06:19se fait décranter sur l'innovation.
06:20Ça vous surprend, Philippe ?
06:22Est-ce que je peux poser une question ?
06:23Vraiment,
06:24parce que,
06:25comme le disait Gaël,
06:26au fond,
06:28les statistiques,
06:28il faut s'en méfier,
06:30parce qu'un niveau absolu,
06:31c'est toujours à prendre
06:31avec un tout petit peu de prudence
06:33ce qu'avaient les gens à la tête.
06:34Inversement,
06:34la comparaison intertemporelle,
06:36comme l'a présenté Gaël,
06:38où la comparaison internationale
06:40permet de mieux situer le sujet.
06:42Or, j'ai l'impression quand même,
06:44et je me tourne vers Gaël,
06:45qu'en ce qui concerne
06:46l'intelligence artificielle,
06:47on a des réponses un peu identiques
06:50aux États-Unis, par exemple.
06:52Par exemple,
06:52actuellement,
06:53la campagne électorale des mid-terms
06:55se fait contre l'IA,
06:58contre les data centers,
06:59et l'électeur MAGA,
07:00c'est-à-dire le groupie de Trump,
07:04il semblerait avoir énormément
07:07de craintes sur l'IA,
07:09au point que même
07:11Vance, le vice-président,
07:12Vance, le vice-président,
07:13a préféré dire très publiquement,
07:17nous avons des problèmes avec l'IA,
07:19tout n'est pas...
07:20Mais je voudrais...
07:21Et donc, c'est peut-être un petit peu...
07:22Quelle est votre vision
07:23de la différence entre la France
07:25et les États-Unis sur ce point ?
07:26Il y a un point commun
07:27dans tous les grands pays occidentaux
07:29sur le rapport à l'IA
07:30qu'on retrouve chez le peuple
07:32et chez les élites
07:34et chez les experts,
07:35puisqu'on fait aussi des baromètres
07:36parfois auprès d'experts de l'IA.
07:38Mais en fait,
07:38ce qui est inquiétant,
07:39c'est que vous pouviez avoir
07:41des situations
07:42où les peuples vous disaient
07:43j'ai peur de telle innovation,
07:45de telle révolution,
07:45et puis les gens
07:46qui ont les mains dans la machine,
07:48qui s'y connaissent vraiment,
07:49vous disent
07:50« Ben non, ils ont tort d'avoir peur ».
07:52Mais en l'occurrence,
07:53sur l'IA,
07:53ce n'est pas tout à fait la situation.
07:55Nous, quand on fait des baromètres
07:56auprès de gens
07:57qui travaillent sur le secteur
07:59et qui sont experts du secteur,
08:01ils manifestent une inquiétude
08:02presque comparable
08:03à celle du grand public.
08:05Et là où les Français
08:06ont une pensée,
08:07les peuples en général,
08:08Français, Américains,
08:09qui voudraient,
08:09ont une pensée complexe,
08:11intéressante,
08:11c'est qu'on n'a pas le choix,
08:13nous disent-ils.
08:14Ce n'est pas parce que
08:15ça nous fait peur
08:16et qu'on a peur
08:17que ça détruise l'emploi
08:17qu'il faut dire
08:18« Surtout, n'investissons pas dans l'IA,
08:20ne nous en occupons pas,
08:21faisons comme les petits-enfants,
08:23on se ferme les yeux
08:23et comme ça,
08:24je ne verrai pas le danger ».
08:25Non, les Américains
08:27comme les Français,
08:28les populations,
08:28nous disent
08:29« Ça me fait peur,
08:30je pense que ça va détruire des emplois ».
08:32Mais pas mal d'experts de l'IA
08:33vous le disent aussi
08:35et que ça n'en connaira pas d'avantage
08:36que ça en a en détruit
08:37contrairement aux précédentes
08:39ruptures d'innovation.
08:41« Ça me fait peur,
08:42mais de toute façon,
08:42on n'a pas le choix,
08:43il faut y aller ».
08:45Et de ce point de vue-là,
08:46la seule schizophrénie
08:48qu'ont nos concitoyens,
08:49c'est sur la dernière question
08:50du baromètre,
08:52c'est que les Français
08:52nous disent
08:53pour les trois quarts d'entre eux
08:54que la France,
08:55elle doit augmenter
08:56les dépenses
08:57en matière d'innovation.
08:5874% nous disent
08:59« Il faut le faire ».
09:00Et en même temps,
09:02les Français
09:03ne sont pas d'accord
09:04pour payer un peu plus d'impôts
09:05pour financer la recherche
09:06chez Lino
09:06pour les trois quarts d'entre eux.
09:09Et un sur deux nous dit
09:11« Mais du coup,
09:12puisque vous venez de me dire
09:12qu'il fallait augmenter
09:13les dépenses là-dedans,
09:14est-ce que vous êtes d'accord
09:15pour qu'on réduise les dépenses ? »
09:16Par ailleurs.
09:17Et un sur deux nous dit non,
09:19un sur deux nous dit oui.
09:20Donc, ça renvoie
09:21à notre débat de tout à l'heure.
09:22Ça ne va pas être très simple,
09:24même si les gens ont conscience
09:25de plein de sujets,
09:26de leur faire accepter
09:28des efforts ou des sacrifices
09:29à nos concitoyens.
09:30Je voudrais raccrocher
09:31une actualité,
09:32ces chiffres.
09:33Merci Gaël
09:33pour ces explications
09:34parce qu'elles sont
09:35vraiment intéressantes
09:36sur ce regard
09:37sur l'innovation.
09:38Juste,
09:38je connais le focus
09:42que vous voulez faire avant.
09:43Je pense qu'on ne pourra pas revenir.
09:45Je ne trahis pas ce off là.
09:47Non, juste sur ce qui est intéressant,
09:48et pour mettre un peu d'optimisme
09:50parce que l'émission
09:51n'est pas sponsorisée
09:51par Prozac.
09:54Ce qui est intéressant de voir,
09:55c'est qu'il y a la perception
09:56effectivement que la France
09:57décroche en matière d'innovation
09:58et pourtant l'année prochaine,
09:59l'année dernière,
10:00l'INPI nous dit
10:01que la France a connu
10:02un record du nombre
10:04de dépôts de brevets.
10:05Ce qui montre aussi quand même,
10:06alors l'indicateur
10:08des dépôts de brevets
10:09n'est pas le plus robuste
10:10quand on parle
10:10d'économie d'innovation,
10:11il y a toute une littérature
10:12abondante là-dessus,
10:13mais c'est quand même
10:13un indicateur un peu faible,
10:16plus 8% de brevets
10:17déposés l'année dernière.
10:18Et surtout,
10:18ce qui est intéressant,
10:19c'est la diversité des secteurs
10:20dans lesquels ça a été déposé.
10:21Premièrement,
10:22Stellantis,
10:22deuxièmement Safran,
10:23troisièmement Valeo.
10:24Donc concrètement,
10:25l'arrivée à la fois
10:26dans la défense
10:27et des brevets
10:30liés à la fois
10:30à l'électrification des véhicules
10:32et surtout au développement
10:33des véhicules autonomes.
10:34Donc,
10:34on a quand même
10:35un écosystème en France
10:36de manière très globale
10:37qui,
10:38même si macroéconomiquement,
10:40les signaux
10:40sont un peu rouges
10:41et si on a une classe politique,
10:43effectivement,
10:43un climat politique
10:44qui nuit
10:45aux perspectives d'avenir,
10:46on a quand même
10:47des entreprises
10:47et un tissu d'entreprise
10:48qui arrivent encore
10:50à tirer son épingle du jeu
10:51et qui offrent une résilience
10:52qui, moi,
10:53je trouve absolument incroyable
10:55et qui fait qu'on a,
10:56du coup,
10:57cette perception
10:57qui, pour moi,
10:58peut-être faut s'aimer.
10:59Le problème,
10:59c'est le ressenti
11:00et le réalisme.
11:02On a fait d'autres étages
11:03qui montrent
11:03que les Français
11:04sont convaincus
11:05que nous avons en France
11:06les talents,
11:07les ressources,
11:08ce que vous décrivez,
11:09ce qu'on observe sur les brevets.
11:10Il y a les ingrédients.
11:11Le problème,
11:12c'est la politique.
11:13On est un peuple,
11:14on déteste nos politiques,
11:15mais parce qu'on est
11:16trop politique,
11:17éminemment politique,
11:18on croit trop à la politique.
11:19Notre indice de morale économique,
11:20vous regarderez sur les graphiques,
11:22c'est rigolo,
11:22il a des pics extraordinaires
11:24de confiance
11:25à chaque élection présidentielle.
11:27Alors que la question,
11:28elle ne porte pas sur la politique,
11:29c'est la confiance
11:29dans l'avenir
11:30de la situation économique du pays.
11:31Donc,
11:31on y croit trop,
11:32nous autres Français.
11:34Or,
11:34à mon avis,
11:35ce qui explique
11:36ce retournement en 10 ans,
11:37c'est que quand Emmanuel Macron
11:39a été élu
11:39pour la première fois en 2017,
11:41il y a eu autour
11:43de cette idée
11:43de Startup Nation,
11:44c'est une idée de
11:46on va favoriser l'innovation,
11:48développer le business
11:48et que les gens,
11:50soit pour cela ou pas,
11:52ils y ont cru,
11:53ils se sont dit
11:53ça va arriver.
11:54Et depuis,
11:55tous les signaux envoyés
11:56par les politiques
11:58et notamment par le président
11:59et les différents gouvernements,
12:01c'est plutôt
12:02un signal de reflux.
12:04Et donc,
12:04effectivement,
12:05il n'y a pas que la politique
12:06et il y a les acteurs économiques
12:07et eux,
12:07ils n'attendent pas
12:08après le président
12:08ou le premier ministre
12:09pour développer leur business.
12:11Mais pour les Français,
12:11ça génère ce sentiment.
12:13Alors,
12:14là où je voulais vous entendre
12:14et merci pour cet éclairage
12:15parce qu'il est important.
12:16Oui,
12:16c'est bien de remettre un peu de...
12:17Philippe,
12:18vous voulez réagir ?
12:19Oui,
12:19je voulais réagir
12:20sur deux points.
12:21Premier point,
12:22on voit quand même
12:23chez les Français
12:23une petite erreur
12:25puisqu'ils pensent
12:26innovation
12:26et ils pensent
12:27dépenses publiques.
12:28Bien évidemment,
12:29dans ma tête,
12:30je pense innovation,
12:31je pense investissement privé,
12:33surtout pas public.
12:35public ou public en support,
12:37public de défense,
12:39etc.
12:39Mais d'abord,
12:40privé.
12:41Je crois que ça,
12:41c'est un point important
12:42de l'erreur
12:43qu'il peut y avoir
12:44et bien sûr
12:44de nourrir des espérances
12:46qui ne se réaliseront pas.
12:47Après,
12:48il y a le CIR,
12:49quand même,
12:49là où ce n'est pas
12:50complètement faux,
12:51il y a tout un tas
12:52de dispositifs
12:55qui existent
12:56pour permettre
12:56aux entreprises privées
12:57d'investir
12:59en étant un peu
13:00sponsorisées
13:01indirectement par l'État.
13:02Pardon.
13:02Mais vous avez tout à fait raison.
13:04Alors,
13:04quand on se retourne
13:05un tout petit peu
13:06et c'est là
13:06que viennent un peu nos mots,
13:08pourquoi on n'est pas
13:09une start-up national
13:10malgré ce qu'a pu dire
13:12Macron ?
13:13Tout d'abord,
13:14parce qu'il est beaucoup
13:14plus coûteux en France
13:15et là,
13:16d'échouer
13:18en matière
13:19de start-up,
13:20en matière
13:20d'innovation.
13:21Vous avez une excellente étude
13:22qu'a faite
13:23Koatan Lem,
13:24l'ancien
13:25chef économiste
13:26de Citibank
13:26et avec
13:28Olivier Coste
13:29et Patrick Artus
13:30que vous connaissez aussi.
13:31je crois qu'elle doit être publiée
13:33dans la revue Commentaire,
13:34qui montre
13:34que les coûts,
13:35mais sont extraordinaires
13:37de l'échec,
13:38sont extraordinairement
13:40pénalisants
13:40et très élevés
13:42en France
13:43par rapport aux autres pays
13:44et sans parler
13:45par rapport aux États-Unis.
13:47Donc,
13:47c'est un premier point.
13:48Le deuxième point,
13:49je pense,
13:49dans l'évolution
13:50que décrit
13:51très bien
13:52Gaël
13:53de l'opinion française,
13:54c'est qu'en 2017,
13:55l'opinion française
13:56croit
13:57au discours
13:57de Macron.
13:58il donne un crédit
13:59et il voit arriver
14:00un certain nombre
14:01de choses.
14:02La flexibilisation
14:03du marché du travail,
14:04la baisse
14:05de l'IS
14:05et maintenant
14:06que nous sommes
14:07en 2026,
14:09la flexibilisation
14:10du travail,
14:11on voit
14:12qu'on est en train
14:13de reprendre ça,
14:14que les juges
14:14reprennent ça
14:15par derrière
14:16et quant à l'IS,
14:18le discours,
14:19la situation
14:20politique française
14:21et le discours français
14:23est tel
14:23qu'aujourd'hui,
14:25le taux de l'impôt
14:26sur les sociétés,
14:27il est,
14:28pour un bon nombre
14:29d'entreprises,
14:30plus élevé
14:31qu'avant
14:32l'arrivée de Macron.
14:34Donc,
14:34au total...
14:34On est bien loin
14:35de 2017.
14:36Voilà,
14:36on est loin
14:37de 2017,
14:38on est loin
14:39des promesses
14:40et vraiment,
14:41la question,
14:42c'est que toute une partie
14:43de la classe politique
14:44française,
14:45voire la totalité
14:46de la classe politique
14:47française,
14:47ne comprend pas
14:48qu'il ne faut pas
14:51pénaliser l'investissement,
14:53la taxe Zuckman
14:54visait justement
14:55à pénaliser l'investissement,
14:57vous faire payer
14:58de la taxe Zuckman
14:59sur votre investissement
15:01et deuxièmement,
15:02n'est-ce pas,
15:03qu'il faut
15:05baisser
15:05et encourager,
15:06baisser la fiscalité
15:07pour encourager
15:09l'investissement
15:10dans l'entreprise
15:11parce que quand même,
15:12le fer de lance,
15:13ça reste
15:14l'investissement privé
15:15pour l'innovation.
15:16Vous faites du Mario Draghi là,
15:18Rwane.
15:18Non mais tout à fait,
15:19pour moi,
15:20c'est le rapport
15:20de Mario Draghi.
15:22Tout le monde est d'accord
15:22de la droite gestionnaire
15:25à la droite centriste
15:29que le rapport
15:30Mario Draghi
15:30est fondamental
15:31et c'est juste
15:33un discours
15:33parce que la réalité,
15:34elle n'est pas là.
15:36Et pour boucler
15:37sur ce qui vient d'être dit,
15:39sur l'IA,
15:39il y a aussi
15:40un problème de perception,
15:41c'est que malgré tout,
15:42la France,
15:43aujourd'hui,
15:43a le troisième meilleur
15:44modèle LLM au monde.
15:45C'est-à-dire que
15:46quand vous faites la liste
15:47des modèles LLM,
15:48donc on va dire
15:49pour faire très simple
15:50les IA génératifs,
15:51vous avez la Chine
15:52avec DeepSync,
15:52les Etats-Unis,
15:53qui ont pris une avance
15:54je pense phénoménale
15:55notamment avec Claude.
15:56Claude a été,
15:57je pense,
15:58une révolution fondamentale
15:59au sein même
16:00de l'écosystème
16:01qui a ringardisé OpenAI
16:02qu'on pensait pourtant
16:03indépassable il y a deux ans.
16:04C'est preuve aussi
16:05que l'écosystème,
16:06l'innovation va extrêmement vite
16:07et elle fonctionne par palier.
16:09Donc c'est en fait,
16:09on a une innovation
16:10qui chasse l'autre,
16:11c'est absolument fascinant
16:12à regarder d'un point de vue théorique
16:13mais ça pose aussi
16:14de grandes questions
16:15et la France
16:17joue dans la cour des grands
16:18c'est-à-dire que la France
16:19arrive à rivaliser
16:20avec des géants
16:21et c'est le seul pays européen
16:22et c'est le seul pays au monde
16:23à pouvoir rivaliser
16:24avec les Etats-Unis
16:24et la Chine
16:25et en plus la France.
16:26Alors on dit
16:26oui, Mistral a arrêté
16:29les investissements
16:29sur 100 LLM
16:30pour se concentrer
16:31sur les API
16:31mais c'est peut-être
16:32la chose la plus intelligente
16:33à faire
16:34parce que dans un modèle
16:35qui croit extrêmement vite
16:36avec un business model
16:38qui n'est pas trouvable
16:38et qui n'est peut-être
16:39pas atteignable
16:39avant 10 à 15 ans
16:40selon la plupart des experts,
16:42le fait de se concentrer
16:44sur les API
16:44c'est-à-dire l'implantation
16:45directement dans les industries
16:47dans les entreprises
16:47on assure son rendement
16:49on assure son chiffre d'affaires
16:51on assure sa croissance
16:52et donc du coup
16:53ça nous permet
16:53d'avoir la base arrière
16:54qui est extrêmement forte
16:55et de potentiellement
16:56dans cet environnement
16:57qui est extrêmement mouvant
16:59sur les différents LLM
17:00de se dire
17:01quel que soit le vent
17:03qui arrivera
17:03moi j'ai mes fondations
17:04donc peut-être que je prendrai
17:05je laisse un peu partir les gens
17:06sur le développement
17:08sur cet escalier-là
17:08mais moi je vais essayer
17:09de construire un ascenseur
17:10pour me permettre en tout cas
17:11d'avoir une base
17:12extrêmement stable
17:12et moi je pense que
17:13c'est une stratégie
17:14qui est extrêmement intéressante
17:16intelligente
17:16je ne suis pas actionnaire
17:18de Mistral
17:19j'aurais dû à l'époque d'ailleurs
17:22et en même temps
17:23qu'NVIDIA
17:23j'aurais dû faire un package
17:24mais c'est très intéressant
17:25de voir que cette stratégie-là
17:26en fait
17:27elle peut permettre
17:28de gagner énormément
17:29dans les prochaines années
17:30et donc du coup
17:31de faire en sorte
17:31que la France tire son épingle du jeu
17:33mais déjà aujourd'hui
17:34en relatif
17:34la France est un pays
17:35qui est pionnier sur l'IA
17:36et dernier point
17:37et ce que Philippe a dit
17:38est fondamental
17:39et je vous fais une petite
17:40passe décisive Ludovic
17:41pour viler la métaphore politique
17:44footballistique pardon
17:45on a effectivement
17:46aujourd'hui le risque
17:46que coûte cher
17:47mais pourquoi ça coûte cher ?
17:48parce que nos marges de manœuvre
17:49aujourd'hui budgétaires
17:50sont extrêmement faibles
17:51on a une riscophobie
17:53dans l'investissement
17:53qui est dingue
17:54regardez ce qui s'était passé
17:56pendant le Covid
17:57pendant le Covid
17:58sur le CNRS
17:59et l'Inserm
18:00on leur a posé
18:00le dossier Valmueva
18:01en disant
18:01voilà
18:02ils ont des molécules ARN
18:03qui permettent justement
18:04d'avoir un vaccin
18:05qui nous permettrait
18:05de sortir du confinement
18:06très rapidement
18:07la plupart ont dit
18:08oh là là
18:08il y a un taux de risque
18:08de 70%
18:09on n'y va pas
18:10et pourquoi est-ce qu'on n'y va pas ?
18:12parce que cette riscophobie
18:13elle n'est pas que culturelle
18:14elle est aussi économique
18:15parce que j'ai des budgets
18:16qui sont contraints
18:17et chaque budget contraint
18:18fait que chaque euro
18:19que j'investis
18:19doit avoir un rendement immédiat
18:21et pourquoi est-ce que
18:22nos budgets sont contraints ?
18:23parce que le moteur
18:24de création de richesse français
18:26est à l'arrêt
18:26la productivité
18:27on n'a plus de productivité
18:29en France depuis 20 ans
18:30on gagne 0,6 points par an
18:31à peu près
18:32alors qu'il nous faudrait
18:331,8 pour ne serait-ce que
18:36commencer à augmenter
18:37le pouvoir d'achat
18:39améliorer un peu
18:39le pouvoir d'achat des français
18:40et surtout compenser
18:41par rapport aux différents
18:42besoins qu'on a
18:42et donc ce moteur-là
18:43est en panne
18:44et donc du coup
18:44on n'a plus aucune marge de manœuvre
18:45qui fait qu'on ne peut plus
18:46se permettre d'arroser
18:47en espérant justement
18:48faire émerger certaines innovations
18:49la référence
18:50alors que vous faites
18:51je vais faire une passe rapide
18:53parce que je vois que le temps
18:54et je voudrais qu'on parle
18:54quand même un peu
18:55industrie européenne
18:55je vais en triant
18:56le carré magique
18:57mais c'est le rapport
18:59de Vincent Champin
19:01président de l'Observatoire
19:02du long terme
19:02qui a sorti ce matin
19:03un rapport
19:04le grand décrochage
19:05de la productivité
19:05et pour faire rapide
19:08on va dire
19:08c'est que
19:10dans le décrochage français
19:13à peu près 6 points
19:14de PIB
19:15sur le décrochage
19:16sont liés
19:17à la R&D
19:18à l'innovation
19:19et notamment
19:20c'est tous les problèmes
19:20que vous pointiez
19:22très justement
19:23du doigt Philippe
19:24faible mobilisation
19:25des capitaux
19:26il y a
19:27on va dire
19:28un écosystème
19:29de la start-up
19:30qui existe en France
19:31mais alors
19:31le passage
19:32à l'échelle supérieure
19:33aujourd'hui
19:33est un goulot d'étangrement
19:35c'est pas spécifique
19:35à la France
19:36mais malheureusement
19:36valable en Europe
19:37je voudrais quand même
19:38il nous reste
19:398 minutes
19:40on va dire
19:40je voudrais qu'on
19:41s'arrête quand même
19:422 minutes
19:43sur
19:43enfin 8 minutes
19:44en l'occurrence
19:44sur
19:46ce qu'a dévoilé hier
19:47la commission européenne
19:48le plan
19:48made in Europe
19:49pour le faire vite
19:50parce qu'il a un nom
19:50détestable
19:52et là
19:53on va changer
19:53on a été dans les puces
19:55on a été dans les semi-conducteurs
19:57on va mettre les mains
19:58dans le cambouis
19:59ce plan
20:00qui a été
20:01qui a mis
20:01des semaines
20:02et des semaines
20:03à sortir
20:04et l'idée
20:05fondamentale
20:06évidemment
20:06c'était de faire
20:07barrage
20:07à la Chine
20:08alors premier regard
20:10par rapport
20:10à cette présentation
20:12qui a été portée
20:12notamment par Stéphane
20:13ces journées
20:14hier
20:14est-ce que ce plan
20:15est à la hauteur
20:16des enjeux
20:17honnêtement
20:18aujourd'hui
20:19vous m'autorisez
20:20je vais répondre
20:20Philippe
20:21allez-y
20:21non
20:21parce que
20:22merci Philippe
20:23c'est un plan
20:24protectionniste
20:25ce n'est pas un plan
20:27qui va de l'avant
20:28je veux bien
20:28deux mesures protectionnistes
20:29mais au fond
20:30je suis un peu
20:30un disciple
20:31vous savez
20:31de l'économiste
20:32du 19ème siècle
20:33Frédéric List
20:34qui disait
20:34on fait de la protection
20:35pour pouvoir rattraper
20:37le voisin
20:37c'est-à-dire
20:38quand vous faites
20:39de la protection
20:40vous devez doubler
20:41l'investissement
20:41doubler l'investissement
20:43dans les secteurs
20:44innovants
20:44voilà
20:44et si vous n'avez pas cela
20:46je ne vois pas
20:47cette seconde étape
20:48n'est-ce pas
20:49du plan européen
20:50le plan européen
20:51c'est juste
20:51on se protège
20:52contre
20:54contre la Chine
20:55de façon
20:56à ce que
20:57nos entreprises
20:58puissent faire
21:00leur bourse
21:00certaines entreprises
21:02dans certains secteurs
21:02dans certains secteurs
21:03la vérité
21:05c'est qu'ils voudraient
21:05associer ça
21:06à un choc
21:07aussi
21:08en faveur de l'investissement
21:10alors choc fiscal
21:11choc de dépenses publiques
21:12choc de commandes publiques
21:14je ne sais pas
21:15mais il n'y a rien de pensée
21:16donc si vous voulez
21:17à terme
21:18nous aurons protégé
21:21mais dans 10 ans
21:22la question se reposera
21:23dans les mêmes termes
21:24comme elle se reposera
21:26dans 20 ans
21:26c'est-à-dire que
21:27quand Stéphane Séjourné
21:28nous dit que l'objectif
21:29de ce plan
21:30c'est de faire passer
21:31je crois qu'actuellement
21:32on est à peu près
21:32dans la zone des 14%
21:33du PIB européen
21:34dans l'industrie
21:34de faire monter
21:35d'ici 2035 à 20%
21:37vous n'y croyez pas ?
21:38je n'y crois pas
21:39d'ailleurs je ne sais pas
21:40si c'est dans l'industrie
21:41qu'il faut le faire
21:42à proprement parler
21:43j'ai même des doutes
21:44sur le fait
21:45de mettre l'industrie
21:46je pense qu'en revanche
21:48tout cela serait envisageable
21:50et possible
21:50si on associait
21:52à une dynamisation
21:54de l'épargne
21:55de l'investissement
21:56mais de l'épargne investie
21:57et c'est ça
21:58qui nous montre
21:59parce que sans épargne investie
22:00pas d'innovation
22:01donc quand Emmanuel Macron
22:03plaide sur des eurobonds
22:04vous dites d'accord ?
22:05tout à fait
22:06Erwan
22:07je vous voyais hocher de la tête
22:08sur ce plan européen
22:09du made in Europe
22:11vous le croyez à la hauteur
22:13vous le croyez
22:14on a
22:14Philippe
22:15vous décrivez presque
22:15comme s'il y avait
22:16un problème de logiciel
22:17oui
22:17non mais c'est ça
22:18je pense oui
22:19le problème aujourd'hui
22:21ce n'est pas un problème
22:22de volonté
22:23ce n'est pas un problème
22:23de diagnostic
22:24c'est un problème
22:24d'infrastructure politique
22:26le rapport Draghi
22:27par exemple
22:28le rapport Draghi
22:28pour moi c'est
22:30la substantifiquement
22:31la représentation
22:32de ce qui ne va pas
22:32aujourd'hui en Europe
22:33et c'est un européen
22:34profondément convaincu
22:35qui vous le dit
22:36tout le monde est d'accord
22:37sur le diagnostic
22:37le diagnostic en plus
22:39est limpide
22:39même s'il n'a rien
22:40d'original
22:40mais il est limpide
22:41mais aujourd'hui
22:42l'Europe n'a pas
22:42les moyens
22:42de le mettre en place
22:43pourquoi ?
22:44parce qu'aujourd'hui
22:45on n'a pas une Union Européenne
22:47on a une addition
22:47de 27 intérêts
22:48parfois contradictoires
22:49on a bien vu
22:50sur ce dossier
22:51parce que les positions
22:52orthogonales
22:52étaient nombreuses
22:53tout à fait
22:53et le grand problème
22:55qu'on a
22:55c'est qu'aujourd'hui
22:56l'Union Européenne
22:57s'est dotée
22:57d'une monnaie commune
22:58s'est dotée
22:59d'une voie commune
23:00en tout cas
23:00d'un point de vue géopolitique
23:01qu'est-ce qu'elle a failli faire
23:03mais elle n'a aucune politique budgétaire
23:05ni politique réglementaire commune
23:06et malheureusement
23:07l'Europe dans sa construction
23:08est quand même
23:09à l'arrêt
23:10depuis quelques années
23:11on n'a pas su
23:12justement créer
23:13cet exécutif européen
23:14avec un
23:15il faut dire
23:16c'est peut-être devenu des gros mots
23:17mais c'est des gros mots
23:18dans l'ouest de l'Europe
23:19c'est des mots sains
23:20dans l'est de l'Europe
23:21d'avoir justement
23:22un fédéralisme européen
23:26sphère de compétences
23:26de la part justement
23:28des gouvernements nationaux
23:29vers des gouvernements
23:31supranationaux
23:31notamment européens
23:32pas sur tout
23:33mais sur pas mal de choses
23:33par exemple d'avoir
23:34une assurance chômage européenne
23:36d'avoir
23:36une retraite européenne
23:39avec des fonds
23:39de capitalisation européens
23:40qui nous permettrait
23:41d'avoir un fonds de pension
23:43potentiellement
23:43dédié vers l'innovation
23:44c'est des choses
23:45que tant qu'on n'aura pas ça
23:46on ne pourra pas y arriver
23:47et aujourd'hui
23:48on se retrouve
23:48avec chaque Etat
23:49qui parce qu'il n'a
23:51aucune incitation
23:52justement à aller
23:52vers plus de fédéralisme
23:53se retrouve à défendre
23:54ses précarés
23:55et c'est pour ça que
23:55chacun aujourd'hui
23:56va défendre à la fois
23:57là où il a des avantages comparatifs
23:59mais là aussi
24:00où il a des micro avantages comparatifs
24:02donc on n'a aucun moyen
24:03d'avoir par exemple
24:04des consortiums
24:04en se disant
24:05on va créer
24:08des groupes d'intérêts régionaux
24:09sur l'automobile
24:10sur la chimie
24:10sur la défense
24:11etc.
24:12parce que chacun
24:12vu que chacune des chaînes européennes
24:14sont plutôt indiquées
24:15chacun des Etats
24:15intérêts à défendre
24:16ce précaré là
24:16donc tant qu'on n'aura pas ça
24:18on pourra faire
24:19tous les plans qu'on veut
24:20malheureusement
24:20on n'y arrivera pas
24:22pour expliquer concrètement
24:23à nos auditeurs
24:25téléspectateurs
24:26les conséquences
24:26de ce que vous avez décrivé
24:28c'est-à-dire des non-alignements
24:29entre l'Europe
24:30sur le plan
24:30qui a été présenté hier
24:32de facto
24:32il y a des filières
24:33qui ont été exclues
24:34comme la chimie
24:35l'acier
24:35pour répondre
24:36en gros aux réserves de Berlin
24:38essentiellement
24:38et de certains pays nordiques
24:39mais ça a des impacts
24:40aussi plus profonds
24:41c'est-à-dire que
24:42dans le Made in Europe
24:43il y a des partenaires
24:44qui ont été jugés fiables
24:45comme le Royaume-Uni
24:46le Canada
24:47le Japon
24:48alors je n'ai rien
24:48contre ces pays
24:49il y en a d'autres
24:50mais qui par peur
24:52de rétorsion
24:53de représailles commerciales
24:54notamment vu de Berlin
24:56on s'est dit
24:57oui mais ça
24:57on va considérer
24:57que c'est du Made in Europe
24:58donc on est quand même
24:59sur quelque chose
24:59d'assez factice
25:00Gaël voulait réagir
25:01oui je voulais réagir
25:02pour vous dire juste
25:05que c'est une réponse
25:06sans doute insuffisante
25:08à quelque chose
25:09qui s'observe en France
25:11particulièrement
25:12mais dans beaucoup
25:12de pays d'Europe
25:13c'est une très grande déception
25:16par rapport à l'Europe
25:17la construction européenne
25:18on a différents baromètres
25:20qui testent
25:20la perception de l'Europe
25:22espoir
25:22ou l'Europe menace
25:24ou sentiment négatif
25:26ou désespoir
25:27je vous donne
25:28deux chiffres intéressants
25:29vous avez une courbe
25:30on se fait ça
25:31notamment avec Bearing Point
25:32un baromètre
25:32sur le retail durable
25:34la construction de l'Europe
25:35source d'espoir
25:36ou pas
25:3761%
25:38des français
25:39disaient
25:40qu'ils voyaient
25:40la construction européenne
25:41comme une source d'espoir
25:43en 2003
25:45un peu plus de 20 ans
25:46plus tard
25:47on est à 28%
25:49donc vous avez
25:49une division par deux
25:51et vous voyez
25:51un beau toboggan
25:52c'est-à-dire que ça descend
25:53de manière continue
25:53il y a une petite remontée
25:54puis ça retombe
25:55le sommet
25:56ça a été
25:56le traité constitutionnel
25:57européen de 2005
25:58c'est le moment du grand décrochage
26:00c'est-à-dire que là
26:01on s'est dit
26:01on a compris
26:02je ne vais pas être trivial
26:03en employer un mot plus dur que ça
26:04qu'on se moquait de nous
26:06c'est-à-dire
26:06on nous demande notre avis
26:08voter oui
26:09voter non
26:09on fait un choix
26:10et finalement
26:11on n'en tient pas compte
26:12c'est la perception
26:13qu'il y a eu
26:13dans de nombreux pays
26:14en Europe
26:14et notamment en France
26:16où le nom
26:17l'avait emporté
26:18un tout petit point là-dessus
26:21surtout quand on regarde
26:22dans les textes
26:22le traité qui a été soumis
26:24au référendum en 2005
26:25n'a pas grand-chose à voir
26:26avec le traité de Lisbonne
26:27et justement
26:27le traité de Lisbonne
26:29a pris en compte
26:30beaucoup d'âmes
26:30et de modifications
26:31qui avaient été
26:32rejetées
26:32non mais le sentiment
26:33oui c'est le sentiment
26:34mais c'est parce que
26:35c'est la politique
26:35l'impression
26:36qu'on les français
26:37c'est à un moment donné
26:38on nous demande notre avis
26:40sur cet avenir commun
26:42qu'on nous décrit
26:43avec lequel
26:44ils étaient plutôt en phase
26:44a priori
26:45et puis ils lisent
26:46ils s'achètent massivement
26:47le petit fascicule
26:48ils écoutent les émissions
26:49c'était chiant quand même
26:50enfin c'est compliqué
26:52ils regardent les émissions
26:53à la télé
26:53ils se renseignent
26:54et au fur et à mesure
26:54qu'ils se renseignent
26:55peut-être parce qu'il y a
26:56des phénomènes en neurosciences
26:58qui montrent que c'est plus facile
26:59de dire non que de dire oui
27:00mais en tout cas
27:00en ayant bien réfléchi
27:02ils finissent par dire
27:02ben non
27:02on était parti pour le oui
27:04plus de 60%
27:0565% dans les sondages
27:06et on voit que ça décroche
27:07ça décroche
27:07et à la fin c'est le nom
27:08qui l'emporte
27:09parce que les zérophobes
27:10ont joué beaucoup sur ce
27:11oui mais il n'empêche
27:13que ce que je voulais dire
27:13c'est que la construction européenne
27:15en France et en Europe
27:16elle était vue
27:17avec beaucoup d'espoir
27:17il y a une vingtaine d'années
27:19que je rejoins
27:20ce que vous avez expliqué
27:21sur la difficulté
27:23à faire
27:24à faire
27:26société ensemble
27:27à 27
27:27en fait c'est pas une difficulté
27:29c'est une impossibilité
27:30on interroge nous
27:31des Italiens
27:32des Allemands
27:32des pays de l'Est
27:33dans tous les pays
27:34on fait des sondages
27:35on se rend bien compte
27:36qu'en réalité
27:37avoir un destin commun
27:38sur tout un tas de sujets
27:40c'est très compliqué
27:41entre
27:42alors ça va peut-être changer
27:42grâce à Donald Trump
27:43il a peut-être joué
27:44un rôle majeur
27:45catalyseur
27:46pro-européen
27:47parce que jusqu'à présent
27:48il y avait une rupture
27:49entre les pays
27:49atlantistes
27:50entre guillemets
27:51les populations atlantistes
27:52et celles qui l'étaient moins
27:53comme la France
27:54peut-être qu'il va aider
27:55de ce point de vue là
27:56merci Gaëte
27:57donc on a bien vu
27:58que ce plan européen
27:59ne risque pas
28:00de relancer le moral
28:01merci à vous trois
28:02pour ce débat
28:03parce qu'il était riche
28:04et riche d'enseignements
28:05vous pouvez retrouver
28:05cette émission
28:06sur les plateformes
28:07BFM
28:08BFM Business
28:09RMC
28:09en podcast
28:10et en replay
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