- il y a 2 jours
Jeudi 5 mars 2026, retrouvez Sébastien Citerne (délégué général, UNEA), Manuel Bonnet (DG, Soun by Fastroad), Matthieu Poirot (psychologue, docteur en gestion) et Marie-Caroline Missir (déléguée générale, Vers Le Haut) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.
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00:07Bonjour à tous, ravi de vous retrouver dans SmartJob, votre rendez-vous emploi RH Management,
00:11débat, analyse, expertise et vos rubriques habituelles évidemment.
00:15Bien dans son job, un jeune sur trois n'a jamais rencontré une entreprise locale.
00:20On va en parler dans quelques instants avec Marie-Caroline Missir.
00:22Elle est déléguée générale vers le haut, qui est un think tank justement,
00:26qui accompagne ces jeunes et qui s'intéresse à ces sujets autour de l'éducation et de la jeunesse.
00:31Elle est notre invitée.
00:33Le cercle RH, les entreprises adaptées, c'est rentable, c'est un sujet important.
00:37C'est aussi un sujet d'inclusion des personnes en situation de handicap
00:41qui trouvent un emploi à travers ces entreprises adaptées.
00:43On fera le point avec Sébastien Citerne, il est délégué général de l'UNEA,
00:47Union Nationale des Entreprises Adaptées, Emmanuel Bonnet, directeur général de Sambay Fast Road,
00:53justement, qui fait travailler ces personnes en situation de handicap.
00:56On en parlera avec le dans quelques instants.
00:59Et puis le livre de Smart Job, alors ça c'est un sujet très intéressant,
01:02au cœur des préoccupations des salariés, Arrêtez de vous épuiser, c'est le titre de ce livre.
01:07On sera avec Mathieu Poirot, psychologue, docteur en gestion,
01:11Midori Consulting, c'est le nom de sa structure.
01:14Voilà le programme, tout de suite c'est bien dans Smart Job.
01:28Bien dans Smart Job pour parler des jeunes, de la jeunesse et de leur relation à l'entreprise.
01:34On en parle avec vous, chère Marie-Caroline Missyre.
01:36Bonjour.
01:36Bonjour.
01:37Merci de revenir sur le plateau.
01:38Alors, vous étiez venue sous une autre casquette,
01:41et aujourd'hui vous êtes délégué général de Vers-le-Haut.
01:43Avant de parler de cette étude et qui montre la distance qu'il peut y avoir entre les jeunes et
01:48les entreprises locales,
01:50un petit mot sur Vers-le-Haut, c'est quoi ?
01:52C'est un think tank ? C'est un lieu de réflexion et de débat ?
01:55Vers-le-Haut, c'est le seul think tank.
01:57Alors, pour ceux qui nous écoutent, un think tank, qu'est-ce que c'est ?
01:59C'est un cercle de réflexion, un groupe de réflexion,
02:04et c'est le seul en France qui est exclusivement dédié aux questions d'éducation et de jeunesse.
02:09Je crois que la jeunesse, c'est un angle mort dans le débat public aujourd'hui,
02:12on en reparlera peut-être.
02:13Donc c'est tout le sens de mon engagement, c'est un think tank transpartisan, indépendant,
02:18et les deux fondateurs de ce think tank sont le groupe Bayard,
02:21bien connu pour ses publications jeunesse,
02:24et les apprentis d'Auteuil qui s'occupent notamment des jeunes en difficulté.
02:29Vous sortez cette étude qui est très intéressante parce qu'elle est presque contre-intuitive,
02:33on nous parle des stages de troisième, des stages de seconde,
02:35on se dit que nos jeunes sont très connectés aux entreprises.
02:38Bah non, un jeune sur trois affirme n'avoir jamais rencontré une entreprise locale,
02:42alors que l'engagement du côté des jeunes attendu est très fort.
02:46Comment on explique ça ? Comment il y a une distance aussi importante ?
02:49Moi je pensais que ce sujet était réglé, il ne l'est pas ?
02:51Effectivement, ce qui est très intéressant dans ce baromètre,
02:53que je rappelle, on mène tous les ans sur auprès de mille jeunes,
02:57mille parents et 400 chefs d'entreprise,
03:01on voit bien qu'il y a une distorsion, quelque chose qui ne fonctionne pas,
03:06entre un discours récurrent, médiatique,
03:09sur il faut faire plus de place à l'entreprise, à l'école,
03:13attention, ouvrons les portes, formons les enseignants, très bien,
03:15et ce qu'on ne voit jamais remonter, c'est le ressenti de ces jeunes.
03:20Et les jeunes, qu'est-ce qu'ils nous disent ?
03:21C'est le mille jeunes qu'on a interrogés,
03:23c'est qu'on leur parle d'entreprise, absolument, absolument,
03:27on leur parle d'entreprise dans leur quotidien,
03:30dans leur environnement local,
03:32et bien malgré les initiatives récentes,
03:35souvenons-nous, Gabriel Attal,
03:37qui annonce la mise en place des stages en seconde pour tous les élèves,
03:43des initiatives récurrentes,
03:44et bien le sentiment que l'entreprise est quelque chose de très loin
03:48pour un jeune sur trois,
03:50ce qui est quand même assez important.
03:52Avec la moitié des jeunes interrogés,
03:54donc sur les milles, qui vivent dans des petites villes,
03:56parce qu'on parle beaucoup de ces jeunes, des grandes villes,
03:59mais même dans les petites villes,
04:01ils estiment que les acteurs économiques comprennent mal
04:03les besoins des jeunes et de leur âge.
04:05Il y a quoi ? Il y a un conflit de génération ?
04:06L'entreprise ne regarde pas assez vers ceux qui, un jour,
04:09vont entrer dans leur entreprise ?
04:10On a testé, effectivement,
04:12ce rapport de confiance ou de sentiment
04:15d'être bien compris, bien représenté
04:17par les entreprises et, en miroir, par les associations.
04:20Et on s'aperçoit que les jeunes nous disent
04:22« je me sens beaucoup mieux compris et représenté
04:25par l'univers associatif que par les entreprises ».
04:28Donc, l'entreprise,
04:29est-ce que c'est un mot qui semble lointain,
04:32qui fait peur,
04:34qui n'est pas incarné dans la vie d'un jeune ?
04:37Peut-être que c'est ça, cette question qu'il faut se poser.
04:39Et moi, ce qui m'inquiète le plus,
04:41c'est que ce sentiment d'éloignement
04:43ou d'être moins compris,
04:45ou ce sentiment très concret
04:47de ne pas avoir croisé une entreprise locale
04:50dans son parcours de jeune,
04:52il est encore plus fort chez les jeunes filles.
04:54Donc là, il y a quand même un gros, gros sujet
04:58à appréhender.
04:58un écart de sexe entre les garçons et les filles.
05:03Le paradoxe de ce que vous décrivez,
05:05c'est que ces jeunes se sentent éloignés
05:06et les jeunes filles en particulier.
05:08Mais il y a dans le même temps
05:0980% des chefs d'entreprise
05:10qui disent que globalement,
05:12il est important que les entreprises locales
05:14s'impliquent davantage dans leur rotation.
05:15On a le sentiment quand même
05:17que quand vous les interrogez en contre-champ,
05:19elles se disent « nous on fait le job, tout va bien ».
05:22Il y a quelque chose comme ça de dichotomique.
05:24Je pense qu'il y a une représentation
05:26de qu'est-ce que c'est qu'une entreprise locale
05:29pour un jeune lycéen, un collégien
05:31qu'il faut creuser ?
05:33Qu'est-ce qu'on met comme réalité derrière cela ?
05:36Et puis il y a un autre chiffre
05:37qui interpelle beaucoup.
05:38C'est qu'un dirigeant sur deux
05:41reconnaît, même s'il le souhaite,
05:43même s'il considère que c'est très important
05:45d'agir pour la jeunesse,
05:46un dirigeant sur deux reconnaît
05:47qu'il n'a aujourd'hui aucune activité spécifique
05:50en direction des jeunes de son territoire.
05:53Mais vous, vers le haut,
05:54quelles sont les recommandations ?
05:55Parce que là, vous avez une photographie,
05:56on voit concrètement qu'il y a un vrai écart.
05:59Malgré les stages, on répète,
06:00de troisième, de seconde,
06:01qu'est-ce qu'on peut faire
06:03pour recréer ce lien ?
06:04On a un concept,
06:07qui est un peu plus qu'un concept,
06:08mais en tout cas une idée
06:10qui nous est très chère
06:11et qui a pris réalité
06:12dans certaines entreprises,
06:13c'est le concept
06:14de responsabilité sociale éducative.
06:17Et vous savez,
06:18on parle beaucoup de RSE
06:20dans les entreprises,
06:20qui est un critère aussi éthique
06:23pour la protection de l'environnement.
06:25eh bien, il serait tout à fait pertinent
06:27d'avoir un critère d'intérêt
06:30pour l'éducation.
06:31On voit qu'à Vers-le-Haut,
06:33on travaille avec énormément
06:34de fondations d'entreprises
06:35qui s'intéressent aux questions éducatives.
06:37Pourquoi ?
06:38Pour des raisons,
06:39effectivement,
06:40de développer
06:43l'égalité des chances,
06:44l'employabilité des jeunes.
06:45On n'a pas évoqué les NIT,
06:46parce que là, on parle de jeunes.
06:48Absolument, des jeunes dans leur ensemble.
06:50Mais cette responsabilité éducative
06:52des entreprises,
06:53je pense qu'elle peut être
06:54mise sur le devant de la scène
06:55et je vous remercie
06:56de me poser la question,
06:57ça nous donne l'occasion d'en parler.
06:59Elle n'est peut-être pas assez connue
07:01et c'est un sujet
07:02dont peuvent s'emparer
07:03les entreprises,
07:05s'intéresser aux filières de formation,
07:07collaborer avec l'éducation nationale.
07:09Il y a de multiples dispositifs.
07:10Venir s'exprimer
07:11dans les établissements.
07:12Et incarner, incarner.
07:13Je pense qu'un jeune aujourd'hui,
07:15quand on lui dit
07:16est-ce que tu as déjà croisé
07:17une entreprise locale,
07:18et bien peut-être que...
07:19Il a croisé le patron
07:20sans savoir que c'est le patron.
07:21En tout cas, cette notion
07:22ne s'incarne pas directement
07:24dans son imaginaire,
07:26dans son parcours
07:26et il ne s'en fait pas
07:27une représentation très claire.
07:28Merci de nous avoir rendu visite
07:30de ce baromètre.
07:31On peut le découvrir
07:32sur Vert, le haut,
07:34le seul think tank
07:35qui s'intéresse
07:36et qui s'occupe de cette jeunesse
07:38et puis aussi de ce rapport
07:38évidemment à l'entreprise.
07:39C'est pour ça que vous êtes là.
07:40Merci Marie-Caroline Missyre
07:42de nous avoir rendu visite.
07:43C'est un vrai plaisir.
07:44Merci à vous.
07:44On tourne une page,
07:45on s'intéresse aux entreprises adaptées.
07:48d'insertion à la fois efficace
07:51pour les personnes
07:51en situation de handicap
07:52mais rentable.
07:54C'est important de le préciser.
07:55Ces entreprises produisent
07:56de la qualité
07:57et ont une belle productivité.
07:59On va en parler
08:00avec deux experts de ce dossier.
08:02On parle, vous l'aurez compris,
08:03dans le cercle RH
08:03des entreprises adaptées.
08:06C'est notre débat.
08:18Le cercle RH pour parler
08:20des entreprises adaptées.
08:21Alors on va tout vous expliquer.
08:23Cela permet évidemment
08:24à des personnes
08:25en situation de handicap
08:26de trouver un emploi,
08:27de trouver un sens à leur vie,
08:29de gagner leur vie
08:30et de s'engager aussi
08:31dans une entreprise.
08:33Je dis bien entreprise,
08:34ce n'est pas une association.
08:36Entreprise rentable
08:36qui crée de la valeur,
08:37qui crée de la richesse
08:38grâce à des personnes
08:39en situation de handicap.
08:41J'espère que j'ai bien résumé
08:42parce que j'ai deux experts
08:43sur le plateau avec moi
08:44pour débattre.
08:45Le mot va être un peu fort
08:46pour nous éclairer
08:47de leurs engagements.
08:50Je vous présente Manuel Bonnet.
08:52Vous êtes le directeur général
08:53de Sound by Fast Road.
08:54J'espère que je l'ai bien mis, l'accent.
08:56Oui, vous l'aviez bien mis.
08:57Je l'ai bien mis.
08:57Merci d'être avec nous en tout cas.
08:59Bonjour à tous.
09:00Face à vous,
09:00quelqu'un que vous connaissez bien
09:01parce que vous êtes tous,
09:03vous connaissez tous évidemment,
09:05Sébastien Citer,
09:06délégué général de l'UNEA,
09:08l'Union Nationale
09:08des Entreprises Adaptées.
09:10Je commence par vous,
09:11monsieur le délégué général.
09:13Je précise que vous avez dirigé
09:14une entreprise adaptée,
09:16140 salariés dans le secteur industriel.
09:19D'abord, pour nous,
09:20si tu es une entreprise adaptée,
09:21c'est quoi quand on veut la comparer
09:23à un ESAT, par exemple ?
09:25Qu'est-ce que c'est une entreprise adaptée ?
09:27Une entreprise adaptée,
09:28c'est une entreprise,
09:29donc un statut économique
09:30positionné sur le secteur marchand.
09:32Donc SARL, SAS,
09:34comme on veut.
09:35Tout type de forme juridique,
09:36globalement,
09:37sans opposition,
09:38avec une activité économique
09:39qui est proposée
09:40des biens et des services
09:42qui sont réalisés
09:44majoritairement
09:45par des personnes
09:45en situation de handicap.
09:46Les entreprises adaptées
09:48ont une obligation
09:49dans leurs effectifs
09:50d'embaucher 55%
09:51de personnes en situation
09:52de handicap
09:53comparativement
09:54aux entreprises classiques
09:55qui ont 6%.
09:566%.
09:58Vous êtes d'accord
09:59avec ce que vous décrit
10:00votre délégué général ?
10:01Parce que j'imagine
10:02que vous appartenez
10:02à cette UNEA,
10:04je l'imagine.
10:05Oui, bien sûr.
10:06Vous êtes chef d'entreprise,
10:07on a déjà fait ce sujet,
10:09on ne vient pas par hasard
10:11à ces sujets
10:13autour du handicap,
10:14autour de l'insertion,
10:15de l'employabilité
10:16des personnes
10:17en situation de handicap.
10:18Comment vous en êtes venu
10:19à créer une entreprise
10:20de transport
10:21qui emploie combien
10:23de salariés
10:23en situation de handicap ?
10:24Aujourd'hui,
10:25on met un peu plus
10:25de 200 salariés
10:28disséminés
10:28sur l'ensemble du territoire
10:29que ça parte de Paris
10:31jusqu'à Toulouse
10:32en passant par Lyon,
10:33Nice
10:34et dans le Grand Est.
10:36Ils font quoi concrètement ?
10:37C'est quoi votre business
10:38quand on parle
10:39d'un chef d'entreprise ?
10:40On dit mais c'est quoi ton business ?
10:41C'est quoi l'entreprise ?
10:42Elle fait quoi ?
10:42C'est de faire du transport
10:43de voyageurs,
10:45de marchandises
10:46et quelque part
10:47de faire le taxi,
10:49VTC
10:49ou alors
10:50de faire des lignes de car,
10:51lignes de bus
10:52partout en France
10:53par rapport aux clients
10:54en grands comptes
10:55en règle générale
10:56qui font appel
10:56à nos services.
10:58Et donc nous,
10:58on a un parcours
11:00d'accompagnement
11:02professionnel
11:02et social
11:03d'un côté,
11:04professionnel
11:05avec la personne
11:06qui rentre chez nous
11:08et là,
11:09on va s'adapter
11:10réellement
11:10à son pédigré
11:11pour lui faire passer
11:13les diplômes
11:13et derrière,
11:15il peut obtenir
11:16le permis D,
11:17le permis C
11:17pour faire transport
11:19chauffeur poids lourd
11:20ou chauffeur
11:21de lignes de bus.
11:22Je suis sur une aire
11:23d'autoroute,
11:24je croise un routier,
11:26il travaille pour
11:27Sun by Fast Road,
11:28je ne sais absolument pas
11:29qu'il est en situation
11:29de handicap
11:30mais il peut l'être
11:30parce que parlons quand même
11:32de la notion de handicap
11:33parce qu'il y a toujours
11:33des clichés,
11:35évidemment les béquilles,
11:36les chaises roulantes,
11:37les handicaps mentaux
11:37mais là,
11:38vous avez des collaborateurs
11:38qui sont en situation
11:39de handicap
11:40et qui conduisent
11:41vos camions,
11:42on est bien d'accord ?
11:42Tout à fait,
11:43à nous de nous adapter
11:44à la typologie
11:45de handicap.
11:45Et adapter le camion,
11:47adapter...
11:48Adapter même le planning
11:50parce que vous avez aussi
11:51beaucoup de femmes
11:52seules avec un enfant,
11:55parfois avec un domicile
11:57qui n'existe pas
11:58et donc nous,
11:59notre rôle,
12:00c'est de trouver un domicile
12:01à cette personne
12:02pour qu'elle ait
12:03la possibilité
12:05de s'émanciper
12:06dans son job
12:07et d'acquérir un job
12:08voire quelque part
12:09de l'avoir à l'extérieur
12:10de l'entreprise
12:11à partir du moment
12:12où elle a été formée.
12:14Vous appartenez
12:15à la grande famille
12:15de l'économie sociale
12:16et solidaire
12:17et on voit bien
12:17l'engagement social
12:18et solidaire,
12:19vous venez de l'évoquer.
12:21Le délégal général,
12:22en préparant l'émission,
12:23j'ai lu attentivement
12:24tout ce qui m'avait été envoyé
12:26et j'ai essayé d'élargir.
12:27On voit quand même
12:28chez vous la volonté de dire
12:29n'ayez pas peur,
12:31nous sommes des entreprises.
12:32Vous avez démarré
12:32par le mot entreprise.
12:33On est rentable,
12:35on est productif,
12:37les marchandises à l'heure,
12:38pas cassées
12:38et tout va bien.
12:40Vrai pour vos produits industriels.
12:42C'est ça le sujet
12:42qui est posé aujourd'hui.
12:43C'est bien ça.
12:44L'entreprise adaptée
12:47est construite
12:48sur deux piliers.
12:48Le pilier entrepreneurial
12:50et c'est la mission première.
12:53Sans activité économique,
12:54sans business économique
12:55qui permet de développer
12:58de la rentabilité
12:59et du résultat,
13:00on n'arrive pas
13:00à mener la mission sociale
13:02qui nous est conférée
13:04et qui est d'accompagner
13:06les personnes
13:06dans leur emploi,
13:07dans l'évolution
13:09de leur parcours professionnel
13:10et dans la réalisation
13:11de ce parcours.
13:11Je vous pose la question
13:12un peu différemment.
13:13Qu'est-ce qui a fait
13:14qu'il y a quelques années
13:15vous avez créé et développé
13:16cette entreprise
13:16avec 140 salariés
13:18alors que vous auriez pu créer
13:19une SAS traditionnelle
13:20dans l'industrie
13:21et vous auriez été
13:22un chef d'entreprise
13:23et vous auriez été
13:23d'ailleurs le bienvenu
13:24sur ce plateau
13:25mais pas pour parler
13:26d'entreprise adaptée.
13:27Pourquoi vous avez choisi
13:29cet engagement ?
13:30Parce que je trouve
13:31que dans les parcours
13:31que vous portez,
13:32il y a une forme d'engagement
13:33qui dépasse les simples engagements
13:36d'un chef d'entreprise.
13:37Qu'est-ce qui a fait
13:37que vous vous êtes engagé ?
13:39Justement,
13:39cette double mission.
13:40Le fait de devoir développer
13:42une activité économique
13:43mais de la mettre au service
13:45d'une population
13:46qui est aujourd'hui
13:47exclue du marché du travail.
13:48Et c'est ça
13:48qui est vraiment intéressant
13:50et qui est vraiment valorisant
13:52de se dire
13:52je crée de l'activité,
13:54je réponds à des besoins clients,
13:56je fais de la qualité
13:57pour mes clients
13:57et en plus,
13:59dans ma mission,
14:00je permets à des personnes
14:01en situation de handicap
14:02qui sont souvent exclus
14:03du marché du travail
14:04de pouvoir trouver,
14:06d'accéder à la citoyenneté
14:07par le travail.
14:08Donc il y a quelque chose
14:09qui vous grandit aussi
14:10à travers cela,
14:10à travers l'action que vous venez.
14:11Vous évoquiez tout à l'heure
14:12des personnes
14:13qui n'étaient pas forcément diplômées,
14:14qui n'avaient pas forcément
14:15le poids lourd.
14:16Donc en fait,
14:17vous sortez des personnes
14:18en situation de précarité
14:19pour certaines
14:19puisque vous évoquiez tout à l'heure
14:21des femmes
14:21qui n'avaient pas de domicile.
14:23C'est bien,
14:24vous dépassez largement,
14:25vous en êtes d'accord,
14:25les frontières
14:26du chef d'entreprise classique.
14:27Oui,
14:28puis c'est un bénéfice
14:28quelque part
14:29qu'on en tire,
14:30surtout de façon collective.
14:32Alors vous disiez
14:33comment on en est arrivé là,
14:35moi je suis touché directement
14:36par le handicap.
14:37Donc quelque part
14:38on est sensibilisé là-dessus
14:40et puis de se dire
14:42que des personnes
14:43qui sont fragiles,
14:44qu'on va accompagner,
14:46qu'on va professionnaliser
14:48et qu'on va accompagner
14:49socialement,
14:50qui va leur donner un job
14:51quelque part,
14:52qui grâce à l'aide
14:53des clients
14:55va nous faire vivre
14:56et continuer à nous faire vivre
14:58pour nous organiser
15:01et de façon,
15:02au sein d'une entreprise adaptée,
15:04vous avez le service RH
15:05qui est plus important
15:07que dans une entreprise
15:08classique.
15:09Vous avez aussi
15:10parfois des CIP,
15:11conseillers en insertion professionnelle,
15:13qui vont suivre
15:14chacun des parcours
15:17des salariés.
15:18Pour voir qu'ils sont
15:18bien positionnés,
15:20à l'aise dans leur poste,
15:21épanouis quoi.
15:22Complètement,
15:23c'est là où on va s'adapter.
15:25C'est ça,
15:25c'est important.
15:25Ah, très important.
15:27Mais ça ne nuit pas
15:28à la compétitivité
15:29parce que je sais
15:29que vous y êtes sensible,
15:30parce que c'est important
15:31de le dire,
15:32je vais évoquer
15:32vos routiers
15:33où la compétitivité,
15:36elle est là
15:36parce qu'en fait,
15:37vous ne vous distinguez pas
15:38sur le plan du business,
15:39vous n'avez pas
15:40de favoritisme.
15:41C'est-à-dire,
15:42il faut mettre des prix,
15:44il faut être aligné,
15:45il faut se battre
15:46face à la concurrence.
15:48Il n'y a pas
15:48un petit avantage,
15:49les pouvoirs publics
15:49ne vous aident pas aussi
15:50parce que vous avez
15:51cette action particulière
15:52en direction des personnes
15:53en situation de handicap.
15:55On reçoit
15:57une aide publique,
15:58on reçoit
15:58ce que l'on appelle
15:59une aide au poste.
16:00Absolument.
16:00Donc qui est une aide
16:01à la compensation
16:03des conséquences du handicap
16:04sur le retentissement
16:05au travail.
16:06D'accord.
16:06Ce n'est pas une aide
16:07classique à l'entreprise,
16:08la personne ayant...
16:09C'est pour ce poste.
16:10C'est pour ce poste,
16:11la personne a une efficience
16:13qui est réduite
16:14par rapport à ce qu'un autre collaborateur
16:16pourrait avoir
16:17dans le même poste
16:17et donc on vient compenser,
16:19c'est le droit
16:19à la compensation...
16:20C'est la GEPHIP qui porte...
16:21Non, c'est l'État.
16:22C'est l'État,
16:22c'est le ministère du Travail
16:24et c'est le droit
16:25à la compensation
16:25qui a été introduit
16:26par la loi de 2005.
16:29Donc ça,
16:29ça vous est utile
16:30pour l'aménagement
16:31des bureaux
16:32quand c'est du tertiaire ?
16:33J'imagine
16:34l'aménagement
16:34des camions,
16:36les cabines,
16:38les voitures
16:38qui coûtent plus cher.
16:39J'imagine,
16:39c'est ça vos enjeux pour vous ?
16:40Oui,
16:40et puis on a fait
16:41un calcul très rapide
16:42dans le monde du transport
16:43aujourd'hui.
16:44Vous êtes le seul,
16:45je précise,
16:45je pense que vous n'avez pas
16:46de concurrent.
16:47Aujourd'hui,
16:48on est pratiquement
16:49les seuls,
16:50oui,
16:50en tant qu'entreprise adaptée,
16:52spécialiste du transport
16:54et il y a une particularité
16:55par rapport
16:56aux entreprises
16:57dites classiques,
16:58on a à peu près
16:5968% de productivité,
17:01si on peut appeler
17:02ça de la productivité
17:03pour une personne
17:03en situation de handicap.
17:05Donc quelque part,
17:07entre l'accompagnement
17:08et le manque
17:08de productivité
17:10par rapport
17:11à une entreprise
17:12dit classique
17:12et effectivement,
17:13on a des aides au poste.
17:15Avant de nous quitter,
17:16l'UNEA
17:17et vous,
17:18bien sûr,
17:19évidemment,
17:20Manuel Bonnet,
17:21mais vous recrutez
17:22le recrutement,
17:23comment ça se passe ?
17:24Parce que nous,
17:24on parle beaucoup
17:24de recrutement,
17:25les familles qui nous regardent,
17:27des femmes et des hommes
17:29adultes
17:29qui cherchent un emploi
17:30et qui sont
17:30en situation de handicap,
17:31comment elles font ?
17:32Elles vont sur votre site,
17:33vous avez,
17:34je ne sais pas moi,
17:35une liste d'emplois
17:36pour voir,
17:37comment on peut faire ?
17:38Nos prescripteurs,
17:40c'est le service public
17:41de l'emploi.
17:41Donc c'est France Travail,
17:43c'est le réseau
17:43des cap-emplois,
17:44c'est les missions locales.
17:45Donc c'est ceux qui vont
17:46orienter ?
17:47Qui vont rencontrer
17:48les personnes,
17:49les entreprises adaptées
17:50peuvent les accueillir
17:51en stage,
17:52en immersion,
17:53pour tester auparavant.
17:55Elles se mettent en relation
17:56avec le service public.
17:57Il y a un intermédiaire.
17:58Il y a un intermédiaire,
17:59il est là pour qualifier.
18:01Une des particularités premières
18:03quand même que l'on peut voir
18:05dans les entreprises adaptées,
18:06c'est qu'aujourd'hui,
18:07le public qui entre
18:08dans l'entreprise adaptée
18:09est un public senior
18:10qui a été licencié
18:12pour une aptitude
18:13dans un précédent métier
18:14et qui cherche une solution
18:16de reclassement
18:17et de réadaptation professionnelle.
18:20Parfois, il s'est retrouvé
18:20en situation de handicap
18:21au cours de sa carrière.
18:22Au cours de sa carrière professionnelle.
18:23Tout à fait.
18:24Donc ça, c'est aussi
18:25un nouveau public
18:26qui se tourne
18:27vers les entreprises adaptées.
18:28En tout cas,
18:29c'est une particularité.
18:30Aujourd'hui,
18:30dans les entreprises adaptées,
18:31on a 50% de publics
18:33de plus de 50 ans.
18:34Alors que les entreprises classiques,
18:36pardon,
18:36en ont que 30%.
18:37Donc on a 20% de plus
18:39qu'une entreprise classique
18:40avec du public expérimenté.
18:41Donc l'État doit regarder
18:42très attentivement
18:43le travail que vous faites
18:44pour développer
18:45l'entreprise adaptée
18:46parce que c'est les seniors
18:47qui vont arriver,
18:48qui restent sur le marché du travail
18:49mais parfois cassés,
18:51brisés
18:52par leur expérience précédente.
18:54C'est le sujet.
18:54Vous, votre répartition
18:55dans le transport,
18:56c'est peut-être un peu différent,
18:57j'imagine.
18:58Population plus jeune
18:59où vous avez aussi
18:59un public de seniors
19:02expérimentés, donc.
19:03Moyenne d'âge de l'entreprise,
19:0446 ans.
19:06D'accord.
19:06Donc vous répondez à la question.
19:08Voilà.
19:09Donc des personnes expérimentées.
19:10Oui, oui, oui.
19:11Alors des licenciements
19:12pour inaptitudes et autres.
19:14Après, il y a une donnée
19:15qu'a fait l'État
19:16qui est vraiment pas mal.
19:17ça s'appelle
19:18la plateforme de l'inclusion.
19:20Et de là,
19:21on a un nombre de candidats
19:24de façon...
19:25qui ont vraiment
19:26cette possibilité
19:26de candidater
19:27à travers cette plateforme
19:28et donc de retrouver
19:29une entreprise adaptée
19:31pour le recrutement,
19:32justement.
19:32Alors que ça soit chauffeur
19:33ou d'autres métiers,
19:34d'ailleurs.
19:35C'est bien sûr.
19:35Un mot quand même.
19:37Le fait qu'on reste engagé
19:38dans son entreprise,
19:39les salariés qui viennent chez vous,
19:40vous l'avez dit tout à l'heure,
19:41pour certains profils,
19:43si on est sort de la précarité,
19:44vous leur redonnez aussi
19:45un sens à leur vie,
19:46une dignité aussi.
19:48Ils restent.
19:49On parle beaucoup
19:50de turnover
19:50dans les entreprises.
19:52Il y a beaucoup
19:53d'engagement
19:53de vos collaborateurs.
19:54Quand ils rentrent,
19:55ils restent ?
19:56Oui, ils restent.
19:57Ils s'accrochent.
19:57Il y a très, très peu
19:58de turnover.
20:00Alors, il y a vraiment
20:02la donnée,
20:02c'est de leur donner
20:03un diplôme,
20:04une qualification.
20:05On parlait du permis D
20:06tout à l'heure.
20:07Et de là,
20:08on va travailler
20:08avec des grands groupes
20:09qui, eux,
20:10ont des problématiques
20:11de recrutement
20:12sur des métiers
20:13en forte tension,
20:14comme le métier
20:15de chauffeur de bus.
20:15En quelque sorte.
20:16Et donc,
20:16on va les former.
20:17Ils vont chez Keolis,
20:18ils vont chez Transdev,
20:19ils vont chez...
20:20RATP.
20:21Ils peuvent aller ailleurs.
20:22Et de là,
20:23nous, on va aussi
20:24travailler avec ces grands comptes.
20:25Donc ça,
20:25c'est plutôt pas mal.
20:26Donc, vous les formez en amont.
20:27Vous faites le job
20:28que ne font pas
20:29les grands groupes.
20:30Et on va s'adapter
20:30pour les former,
20:31surtout.
20:32Et vous,
20:33ça vous apporte quoi
20:34en tant que dirigeant ?
20:35Vous êtes un dirigeant classique,
20:37mais évidemment,
20:37vous n'êtes pas
20:38un dirigeant classique.
20:39Vous vous sentez différent
20:40quand vous parlez
20:40avec des collègues
20:41lors de soirées,
20:42de dîners,
20:43et que vous parlez
20:43d'entreprise,
20:44vous vous sentez
20:44un peu différent d'eux ?
20:45On donne du sens.
20:47Différent, non.
20:48Je pense qu'au-delà
20:50de tout ça,
20:51un entrepreneur,
20:52quelque part,
20:52il fait du social,
20:53quoi qu'il arrive.
20:54Il est dans l'humain,
20:55c'est sûr.
20:55Par contre,
20:56nous,
20:56on a choisi une voie,
20:57c'est quelque part
20:58de donner du sens.
20:59Il y a tous les collaborateurs
21:00de l'entreprise
21:01qui vont,
21:02au-delà
21:03de leur périmètre
21:06traditionnel
21:06de ce pour quoi
21:07ils ont été embauchés,
21:09vont quelque part
21:09peut-être donner plus
21:10sur de la polyvalence
21:11en gestion d'individus.
21:13Donc,
21:13sur une notion
21:14ressources humaines
21:15assez importante.
21:16Sébastien Citerne,
21:16juste un mot,
21:17vous êtes un petit peu
21:18celui qui est aiguillené,
21:19voyez les ministères.
21:20Qu'est-ce que vous attendez
21:20d'eux aujourd'hui ?
21:22Et les ministres de tutelle ?
21:23On attend une reconnaissance
21:25de notre modèle.
21:27On a refait une étude
21:29où on montre
21:30que derrière,
21:30l'investissement
21:31dans l'entreprise adaptée
21:32est un investissement rentable.
21:33Rentable.
21:33Rentable,
21:34c'est ça qui est important.
21:35Et pas que rentable financièrement,
21:37c'est rentable pour les humains.
21:39Tout à fait.
21:40Rentable économique,
21:41rentable socialement parlant.
21:43Et quand vous parlez
21:45l'entreprise adaptée,
21:46comment on a créé ?
21:47L'entreprise adaptée
21:48a été créée en 2006.
21:49on était le précurseur
21:51de l'entreprise à mission.
21:52Aujourd'hui,
21:53on est entreprise
21:54et on a la mission
21:55de mettre à l'emploi
21:56des personnes en situation.
21:57C'est vrai,
21:57avant qu'on avante
21:57l'entreprise à mission,
21:58le concept,
21:59vous étiez déjà
21:59entreprise à mission.
22:01Rentable,
22:01et ce n'est pas uniquement
22:03sur le plan financier
22:03et pécunier,
22:04c'est rentable aussi
22:05parce que ça fait grandir
22:07et se tenir debout
22:08des êtres
22:09qui parfois étaient
22:10dans le doute
22:10et parfois totalement isolés.
22:12Merci messieurs
22:12pour ce que vous faites.
22:13C'est un vrai plaisir
22:14de vous accueillir sur le plateau.
22:15Merci à vous Sébastien Cittère,
22:16un délégué général UNEA.
22:18J'imagine qu'on retrouve
22:18votre étude sur votre site.
22:20Et merci à vous,
22:21cher Manuel Bonnet,
22:23directeur général
22:24de Sound by Fast Road 2.
22:26C'est pas mal.
22:27C'est bien.
22:27Très bien dit.
22:28C'est bien dit.
22:29J'ai bossé des jours
22:30et des jours
22:30pour faire le titre.
22:31C'est un plaisir.
22:32Une des seules,
22:32voire la seule entreprise
22:33qui permet à des personnes
22:34en situation de handicap
22:35de travailler dans le transport
22:37de marchandises
22:38et de personnes.
22:39Merci à vous messieurs.
22:40On tourne une page.
22:41Tiens, c'est un sujet
22:42qui va vous intéresser.
22:43C'est le livre de Smart Job.
22:45Arrêtez de vous épuiser.
22:46C'est ce qu'on dit souvent
22:47aux chefs d'entreprise.
22:47Un livre est sorti.
22:48On accueille son auteur
22:49Mathieu Poirot,
22:50psychologue, docteur en gestion
22:51et dirige Midori Consulting.
22:54On l'accueille.
22:54C'est le livre de Smart Job.
23:08Le livre de Smart Job
23:09pour tout simplement
23:12vous arrêter de vous épuiser
23:13parce que c'est un vrai sujet.
23:14Jamais le temps de souffler.
23:15C'est le titre du livre
23:17Arrêtez de vous épuiser
23:18écrit par Mathieu Poirot.
23:19Il est notre invité,
23:21psychologue, docteur en gestion
23:22et vous dirigez Midori Consulting.
23:2410 jours pour apprendre
23:26la récupération psychologique
23:27sorti donc chez Erol.
23:28Merci Mathieu
23:29de nous faire le plaisir
23:30d'être là.
23:31C'est intéressant ce thème
23:32parce qu'entre les réseaux sociaux,
23:35la vie personnelle,
23:36la vie pro,
23:37on n'a jamais de moment
23:40pour faire redescendre l'énergie.
23:42Vous vous dites,
23:43c'est essentiel.
23:44C'est essentiel.
23:45Il y a un équilibre
23:45et à un moment donné,
23:46on a besoin de cette récupération psychologique
23:48pour remettre de l'énergie,
23:51de la ressource.
23:52Effectivement,
23:52comme vous le dites,
23:53on en a de moins en moins
23:54mais on se l'autogénère aussi un peu.
23:56On s'autogénère
23:57par les réseaux sociaux,
23:58par l'espèce d'accélération du temps.
24:00Quels sont les conseils,
24:01vous qui êtes un psychologue,
24:03que vous pouvez donner
24:04pour se ressourcer,
24:05pour prendre le temps ?
24:06On se lève,
24:07on quitte son ordinateur,
24:08on va marcher un peu dans la rue,
24:09on se met en tailleur
24:10sur le toit de l'immeuble
24:12et on respire.
24:13Qu'est-ce qu'on fait ?
24:14Créer des rituels.
24:15Alors typiquement,
24:17scroller le soir
24:18dans son lit,
24:20voilà.
24:21Rayer.
24:21Il faut se l'autoriser,
24:23c'est comme tout.
24:24Tout ce qui est mauvais,
24:24de temps en temps,
24:25vous voyez,
24:26c'est comme un bon petit verre de vin
24:28ou du chocolat,
24:28mais pas tout le temps.
24:30Donc, premier,
24:31créer des rituels.
24:32Par exemple,
24:33j'ai fini le boulot,
24:34je fais ma to-do list
24:36de tout ce que j'ai fait
24:37de la journée,
24:39je ferme mon cahier
24:40et c'est fini.
24:41J'ai un souci,
24:42je le note,
24:43je ferme mon cahier,
24:44c'est fini.
24:45Mon téléphone professionnel
24:47ou qui va me sursolliciter,
24:49je le laisse dans une autre pièce
24:50et ça fait du bien au cerveau.
24:53Je le laisse le plus loin possible.
24:55Là, c'est l'analyse,
24:56je dirais,
24:57sociologique,
24:57vous nous décrivez,
24:58mais le psychologue,
24:59il sait aussi
25:00que derrière tout ça,
25:01s'il n'y a pas de répit,
25:03le cerveau, quoi ?
25:04Il s'épuise,
25:05il se dégrade,
25:06on risque la dépression,
25:07l'épuisement.
25:08On risque plein de choses.
25:09En fait,
25:10on confond aujourd'hui
25:11le repos et la récupération.
25:13Et la récupération,
25:14c'est un état mental
25:15dans lequel vous arrêtez
25:16de penser au boulot.
25:17Vous arrivez à créer
25:18de la distance avec le travail.
25:20Vous pouvez très bien
25:21être sur une plage magnifique
25:24avec la mer,
25:25le cocotier et autres
25:26et en train de penser au boulot.
25:27Et ce n'est pas de la récupération,
25:28c'est du repos.
25:28C'est-à-dire que votre corps,
25:29il n'est pas très actif,
25:30ce qui n'est d'ailleurs
25:31pas forcément une bonne chose
25:32avec la sédentarité.
25:34C'est exact.
25:34Mais par contre,
25:35mentalement,
25:36voilà,
25:36et donc votre système nerveux aussi.
25:38Et donc,
25:39vous ne récupérez pas
25:40et vous n'avez plus
25:40les ressources après
25:41pour faire face
25:42aux tâches suivantes.
25:43Il y a quoi ?
25:44Il y a plusieurs techniques
25:46pour accéder à cela
25:47parce que beaucoup de personnes
25:48disent,
25:48mais j'aimerais bien,
25:49j'allais dire docteur,
25:50mais vous êtes un psychologue
25:52et docteur en gestion,
25:53donc je peux vous appeler docteur.
25:54Docteur, donnez-moi les outils
25:55parce que j'ai envie
25:56d'accéder à ça
25:57mais je n'y arrive pas.
25:58Comment on peut faire ?
26:01Premier outil,
26:03On a dit les rituels.
26:04Les rituels,
26:04très bien,
26:05mais ça,
26:05c'est pour enlever
26:06la source de perturbation.
26:09Moi,
26:09j'aime bien la boîte mentale,
26:10c'est-à-dire quelque part
26:11de me dire,
26:12je me dessine une boîte
26:13dans laquelle
26:14j'insère tous mes problèmes
26:16et je les garde
26:17comme un coffre
26:18et en me disant
26:18je ne le rouvrirai
26:19que demain.
26:21Ça,
26:22c'est une technique
26:23de distanciation psychologique
26:24parce que je dis à mon cerveau,
26:26tu mets ça dans un coin
26:28et puis tu arrêtes
26:28de t'en occuper.
26:30Et je ne l'ouvrirai
26:30qu'en nécessaire.
26:32Le noter aussi sur un cahier
26:33parce que le système
26:35préfrontal,
26:35mise à distance immédiate,
26:37ça permet aussi
26:37d'élaborer,
26:39de prendre du recul
26:40par rapport à ça.
26:41En parler à quelqu'un d'autre,
26:42ne pas être l'unique
26:43propriétaire d'un problème.
26:44Alors,
26:44ça peut être votre femme
26:45mais elle en a peut-être
26:45un petit peu marre
26:46au bout d'un moment.
26:48À des amis,
26:49à des gens qui vivent
26:50la même chose,
26:51ça c'est très important
26:52parce que ça vous permet
26:53justement de ne pas être
26:54l'unique propriétaire,
26:55vous l'avez déposé
26:55quelque part
26:56votre souci ailleurs.
26:57Mais vous dites
26:5810 jours pour trouver...
27:0090.
27:0190 jours, pardon.
27:02Je suis un peu gourmand.
27:0390 jours,
27:03ça veut dire que
27:04à travers ce que vous expliquez
27:07dans votre livre,
27:08on va avoir
27:08les outils pratiques
27:09pour mettre en place
27:10un peu comme on le fait
27:11pour une séance
27:11d'entraînement physique
27:13dans une salle.
27:14On a ces exercices
27:15et on se les note,
27:17on dit
27:17là c'est bon,
27:18je suis dedans,
27:18je suis dessus.
27:19C'est ça.
27:19Il faut 90 jours
27:21à peu près
27:21pour prendre
27:22une bonne habitude
27:23ou pour désapprendre
27:25une mauvaise habitude
27:25parce qu'en fait
27:26le point c'est
27:27que la récupération
27:28on le sait
27:28c'est une compétence
27:29donc il faut la prendre.
27:303 mois.
27:313 mois,
27:32c'est honnête.
27:34Idéalement on est
27:34dans la bonne période,
27:36janvier,
27:36février,
27:37mars,
27:38avril,
27:39juste avant le printemps.
27:40C'est la bonne période
27:41parce que c'est là
27:41on a deux gros pics
27:42de stress
27:43et de fatigue
27:44dans l'année.
27:45C'est là.
27:45Pas forcément,
27:47contrairement à ce qu'on croit
27:47en termes de manque
27:49de récupération
27:49c'est fin décembre
27:50parce qu'en fait
27:51on n'a pas eu
27:52assez de vacances
27:52et on a eu une charge
27:54énorme de travail
27:55et fin juin,
27:56début juillet.
27:57Donc les deux bonnes périodes
27:59pour tenter ce type
28:00de bonnes habitudes
28:02c'est maintenant.
28:03Ça tombe bien.
28:04Profitez-en,
28:05lisez le livre
28:05de Mathieu Poirot
28:07Arrêtez de vous épuiser
28:08chez Erol
28:09non pas en 10 jours
28:10mais en 90 jours
28:10ce qui est effectivement
28:11la bonne durée
28:13pour se désengager,
28:15pour se désintoxiquer.
28:17Lisez ce livre
28:18c'est passionnant
28:19et puis peut-être
28:20exercez-vous
28:21parce qu'il y a une forme
28:21de travail
28:22il faut s'exercer.
28:23Il n'y a pas de baguette magique.
28:24Non, c'est un entraînement.
28:25Ce n'est pas de la magie.
28:25Voilà, c'est quasiment du sport
28:27effectivement.
28:28Merci, merci beaucoup Mathieu
28:29d'être venu dans le psychologue
28:30docteur en gestion
28:31Midori Consulting
28:32c'est votre entreprise
28:33votre livre
28:34est sorti chez Erol
28:36merci de nous avoir rendu visite
28:37merci à toute l'équipe
28:37on est en retard
28:38un grand merci à Nicolas Chuchat
28:40évidemment qui m'accompagne
28:41dans cette belle émission
28:41merci à Fabien aujourd'hui
28:42à la réalisation
28:44et merci à Paul
28:45au son
28:46merci à vous
28:46pour vos messages
28:47et votre fidélité
28:49je vous dis à très très bientôt
28:50bye bye
28:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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