00:00A commencer notamment par Dassault Aviation qui est l'une des plus fortes hausses du SBF 120.
00:04Et pour décrypter cette publication, c'est Alain Dubrul qui nous accompagne,
00:07le directeur général délégué de Claresco Finance.
00:09Bonjour Alain, en effet, Dassault Aviation reprend 1,5% ce matin, au-delà des 336 euros,
00:14avec un groupe notamment qui, forcément, au vu du contexte, a un boulevard à énormément de visibilité.
00:21Oui, bonjour Etienne.
00:22Dassault Aviation, c'est essentiellement deux lignes de produits.
00:25Aujourd'hui, il y en a Défense avec le Rafale qui a un succès un peu inespéré depuis 2-3
00:30ans
00:31avec de plus en plus de commandes à l'étranger.
00:33Donc ça, ça se traduit par un très beau carnet de commandes,
00:36mais ça se traduit aussi avec la montée en puissance de la production.
00:38On est passé de 2, maintenant 3, peut-être bientôt 4 ou 5 par mois à la fin de la
00:43décennie
00:43par de grosses avances de la part des clients.
00:46Donc le cash net à la fin de l'année, il est de 8,9 milliards d'euros,
00:49donc boosté par les avances pour le Rafale.
00:51Maintenant, sur les résultats eux-mêmes, leur exploitation est un petit peu meilleure qu'attendue,
00:54à 635 millions, le consensus attendait 590 millions,
00:58donc c'est une marge d'exploitation de 8,6 en hausse de 0,30.
01:02Alors c'est bien, mais en même temps, ce n'est pas non plus exceptionnel
01:05parce qu'une partie de cette hausse vient d'une baisse de la R&D autofinancée.
01:10Donc sur la partie production stricto sensu, on est plutôt en ligne avec les attentes.
01:15Les commandes, bon, elles étaient à peu près connues déjà.
01:17L'objectif de 2026 pour le chiffre d'affaires, il est de 8,6 milliards d'euros.
01:22C'est quasiment en ligne, le consensus est à 8,66.
01:26Et les prises de commandes, 10,9 milliards d'euros.
01:28On est à 1,5 fois les ventes, donc ça c'est très bien.
01:32Mais la difficulté sur Dassault depuis un moment, c'est que le militaire se porte bien.
01:36Mais la partie avion d'affaires, les Falcon, est un petit peu à la peine.
01:41Le carnet de commandes est encore relativement mou.
01:44Et une des raisons, c'est qu'ils font des avions,
01:46ils font beaucoup moins d'avions en nombre que les acteurs américains.
01:50Donc c'est des avions plutôt plus haut de gamme, plus personnalisés,
01:53vendus en général plus cher à l'unité pour un avion équivalent qu'un Gulfstream ou un bombardier.
01:58Mais à un moment, ils ont peut-être un peu négligé le segment le plus haut de gamme
02:03qui était des bi- ou tri-réacteurs, qui pouvaient faire de très longues distances.
02:08Et sur ce segment, en fait, ils ne sont pas concurrents face aux Américains.
02:12Donc c'est pour ça qu'ils arrivent avec le Falcon 10X,
02:15qui va arriver dans la gamme, mais encore dans un ou deux ans.
02:18Donc pour l'instant, ça pèse sur la demande.
02:20Ce qui fait que quand on regarde la valorisation d'assaut,
02:22compte tenu du fait qu'il y a énormément de cash au bilan,
02:25aujourd'hui, si on valorise le militaire à peu près à une valorisation raisonnable,
02:29la partie aviation d'affaires vaut moins 4 milliards.
02:32Alors probablement que c'est trop bas et que cette société est très value,
02:36mais elle manque un peu de catalyse.
02:38L'histoire défense ne suffit pas.
02:39Pour qu'il y ait une vraie performance du titre,
02:42il faudrait qu'il y ait une embellie sur les avions d'affaires
02:45et ça va risque de prendre un petit peu de temps.
02:47À noter qu'Éric Trappier sera ce soir l'invité d'Edwish Chevrillon
02:51à 18h pour revenir sur ses résultats annuels.
02:53En tout cas, dans les premières minutes de cotation,
02:55le marché achète Dassault Aviation
02:58avec un titre qui est au-delà des 335 euros.
03:01Dassault Aviation qui a publié au lendemain de Thalès,
03:03on se souvient, c'était hier matin.
03:05Là aussi, beaucoup de visibilité,
03:07un carnet de commandes qui était au-delà des 20-25 milliards d'euros.
03:11Et Patrice Kaine qui, là aussi,
03:12a ainsi sur le fait qu'on est parti sur un cycle
03:14qui va durer une génération.
03:17Oui, c'est-à-dire que dans la défense,
03:20le paradigme de la décennie 2010,
03:22c'est que c'était des croissances,
03:25un petit chiffre,
03:26avec des programmes très longs,
03:28donc c'était un peu, entre guillemets, ennuyeux.
03:30Et à l'époque, le groupe cherchait à se diversifier
03:32au-delà de la défense,
03:33dans des activités sur le paiement,
03:35la cybersécurité, etc.
03:37Depuis, évidemment, la guerre en Ukraine,
03:39la thématique défense est bien revenue.
03:41Alors, sur les résultats, effectivement,
03:42ils sont bons.
03:44Leur réexploitation était 3% dessus des attentes.
03:46Il y a une bonne génération de cash aussi,
03:482,5 milliards,
03:49c'est un peu 30% dessus des attentes.
03:51Et dans l'aérospatiale,
03:53qui est une zone un peu compliquée,
03:54il y a un rebond à plus suite.
03:56Il y a quand même un point de vigilance
03:57à l'activité cyber et digitale
03:58en laquelle ils ont effectué les acquisitions
04:00il n'y a pas longtemps.
04:00Elle est en repli de 4,3%.
04:02C'est un peu en dessous des attentes.
04:04Et puis, il y a aussi une pression sur les marges.
04:07Donc, il faut faire attention.
04:08Maintenant, le carnet de commande,
04:09effectivement, avec un book to bill à 1,14%
04:11est plutôt bien.
04:12Les objectifs 2026,
04:13ils sont en ligne avec les attentes.
04:16Une croissance organique de 6-7%.
04:18Une marge d'exploitation autour de 12-7%,
04:21c'est à peu près ce qu'on attend.
04:22Et une conversion de cash entre 95 et 105%,
04:25plutôt en haute fourchette des attentes.
04:27Donc, tout ça, c'est très, très bien.
04:28Le truc, c'est que par rapport à des sociétés
04:30peut-être comme Rheinmetall en Allemagne ou autre,
04:32Thales est sur des produits qui sont assez sophistiqués,
04:35donc sur des programmes de missiles, de radars, etc.
04:38où la demande sous-jacente est effectivement très forte,
04:42mais en termes de croissance du chiffre d'affaires,
04:44on n'est pas, dans l'immédiat en tout cas,
04:46sur les 15-20% enregistrés par des groupes
04:49qui produisent des obus, par exemple.
04:51Donc, la croissance sur Thales, elle est réelle,
04:53elle est puissante, elle va durer,
04:55mais la montée en puissance sera plus lente
04:58que sur d'autres segments.
04:59Donc, c'est d'ailleurs, je pense, sur quoi
05:00ainsi le Patrice Kahn,
05:01c'est qu'il y a fondamentalement une très bonne demande,
05:03mais la montée en puissance prendra un petit peu de temps,
05:05donc il ne faut pas non plus s'emballer trop vite au niveau boursier.
05:08Et depuis cette publication, le marché est prudent.
05:11Moins 2,5% hier soir pour ce titre Thales,
05:13quand ce matin, c'est un recul de plus de 1% à 246,80 euros.
05:17L'un des cartons du jour aujourd'hui, Alain Dubrulle,
05:20il est dans le secteur des semi-conducteurs aux Pays-Bas,
05:22avec ASMI, ASM International,
05:25qui gagne plus de 3%.
05:27Bon, c'est bien, malgré les craintes sur l'intelligence artificielle,
05:30on a des acteurs européens qui sont là, qui sont présents.
05:33Le titre gagne 40% depuis le début de l'année.
05:35Oui, ces résultats d'ailleurs confirment les bonnes tendances,
05:38puisque au quatrième trimestre,
05:40les ventes à 698 millions étaient largement au-dessus des attentes,
05:43qui étaient à 654 millions.
05:45On a une meilleure marge brute, 49,8 contre 48,7 attendus,
05:48une meilleure marge d'exploitation, 24,4 contre 22,4.
05:51Les commandes aussi au quatrième trimestre,
05:53803 millions, c'est à peu près 7% au-dessus des attentes.
05:57Et les objectifs, parce que les sociétés,
05:58souvent communiquent au trimestre, parce que ça va très vite,
06:01pour le premier trimestre, les objectifs sont,
06:04alors en dollars, on est entre 930 millions et 1 milliard,
06:07le consensus est plutôt à 930.
06:09Donc là aussi, que des indicateurs positifs,
06:13donc au-dessus des attentes,
06:14et aussi des indications positives du côté de la Chine,
06:18parce que pour toutes les sociétés de semi-conducteurs,
06:20le marché chinois était un petit peu incertain l'année dernière,
06:22à savoir est-ce que Trump allait interdire,
06:24est-ce qu'il allait se faire taxer, etc.
06:26Et finalement, la dynamique est très forte,
06:28et même en Chine, ils arrivent en gros à vendre un peu plus que prévu.
06:33Donc je dirais que c'est une nouvelle salutaire,
06:35alors que le secteur a été un petit peu secoué les deux derniers jours,
06:37mais les fondamentaux dans les semi-conducteurs restent a priori excellents.
06:41Donc le site se reprend et c'est bien légitime.
06:43Il a des 700 euros, 707 euros pour ce titre ASM International à Amsterdam.
06:47Et puis un dernier mot rapide quand même sur Adidas,
06:49qui là, à l'inverse, boit la tasse,
06:51moins 6%, 138 euros,
06:54avec notamment des perspectives là qui, à l'inverse, inquiètent.
06:58Oui, alors les résultats publiés,
07:00bon, ils avaient déjà publié des résultats préliminaires,
07:02donc il n'y a pas beaucoup de surprises.
07:03L'attention est sur les nouvelles perspectives pour 2026.
07:07Alors sur le chiffre d'affaires, ce n'est pas trop mal,
07:08ils ont dit plus 8, plus 9, le consensus est à peu près là.
07:12Mais en revanche, les objectifs de réseau d'exploitation déçoivent.
07:15Après 2 milliards cette année, le marché attendait 2 milliards 7 l'année en 2026,
07:19et eux, ils espèrent plutôt atteindre 2 milliards 3.
07:21Donc près de 400 millions d'écarts avec le consensus.
07:24Alors certes, ils argumentent qualité des droits de douane,
07:26les taux de change défavorables, etc.
07:28Mais c'est quand même une déception.
07:29C'est-à-dire que le rebond du réseau d'exploitation en 2026
07:33sera a priori bien en dessous des attentes.
07:36Donc le titre qui est étudié un petit peu à la peine,
07:38souffre bien aujourd'hui, c'est logique.
07:40138 euros pour ce titre Adidas à Francfort.
07:43Merci beaucoup Alain Dubrulle de nous avoir éclairé ce matin
07:45sur les dernières publications en Europe,
07:47à savoir Adidas, Dassault Aviation, ASMI,
07:50et Thalès, directeur général délégué de Claresco Finance.
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