00:00Il faut prendre la mesure de ce qu'il s'est passé ces dernières heures.
00:02Le bilan à ce stade est incomplet et tous les faits sans doute n'ont pas encore émergé à la
00:07surface médiatique.
00:08Mais déjà ce qu'on a pu voir est consternant, révoltant même.
00:11Des centaines de voyous, vous le voyez à l'image, en plein cœur de la capitale, mortiers à la main,
00:15sur la place de la Concorde qui n'a sans doute jamais aussi mal porté son nom.
00:20On a vu une voiture être retournée puis incendiée.
00:22Tout ça donc à quelques dizaines de mètres de l'Elysée, à quelques dizaines de mètres du ministère de l
00:28'Intérieur.
00:28Il y a énormément de questions concernant le dispositif de forces de l'ordre.
00:33Et Laurent Nouniez sera amené à y répondre ce matin.
00:36Il est l'invité de Laurence Ferrari à 8h10.
00:38Mais des images que l'on a pu observer, il faut quand même saluer le travail des forces de l
00:42'ordre.
00:43Engagées toute la nuit et qui ont sans doute sûrement empêché des drames.
00:47Des policiers d'ailleurs ont été ciblés et il faut espérer que personne n'ait été blessé.
00:51Sérieusement, on le saura sans doute dans la voix de Laurent Nouniez.
00:54Ces nouvelles scènes d'émeute ouvrent le débat sur la responsabilité de la justice.
00:57Rappelez-vous comment le débat s'était articulé il y a un an, presque jour pour jour, après les scènes
01:02d'émeute, après le match du Paris Saint-Germain déjà.
01:04Les peines prononcées à l'époque en comparution immédiate étaient bien légères.
01:08Des peines de sursis, des travaux d'intérêt général.
01:11Bref, rien de nature a dissuadé les auteurs de violences de recommencer.
01:14D'ailleurs, on l'a vu cette nuit.
01:16On ne peut pas dire que la crainte de la réponse pénale saute aux yeux quand on voit les jeunes
01:20en train de se filmer, en train de commettre des violences.
01:22Il y a un an, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, s'était lui-même ému des décisions de justice.
01:27Je vous ai rappelé ce qu'il avait écrit à l'époque sur X.
01:30Une partie des condamnations pour violences, notamment commises à l'encontre des forces de l'ordre et pour destruction de
01:35biens, ne sont plus à la hauteur de la violence que connaît notre pays.
01:39Et c'est à ce moment-là qu'il avait proposé la suppression des aménagements de peines, la fin du
01:42sursis, l'instauration des peines minimums.
01:46Et ces déclarations du garde des Sceaux, rappelez-vous, avaient suscité la polémique du côté des magistrats, une partie de
01:51la presse de gauche aussi s'en était émue,
01:52avec cette prise de parole de Rémi Aït, ce qui est un des plus hauts magistrats en France, qui avait
01:56répondu très directement à Gérald Darmanin.
01:59Il faut laisser les juges faire leur travail dans la sérénité.
02:02La difficulté dans ce type d'affaires, c'est qu'il y a un décalage entre les images de ces
02:05violences et la réalité des faits que l'on reproche.
02:08On est en fait au cœur du logiciel idéologique qui règne dans une partie de la magistrature et de la
02:13classe politique.
02:13Le laxisme généralisé de ceux qui trouvent toujours des excuses pour ne pas condamner sévèrement les délinquants.
02:19La lâcheté politique aussi de nos dirigeants, qui ne veulent pas affronter le sujet, qui posent un couvercle sur la
02:25situation de nos banlieues,
02:26en priant très fort pour ne pas avoir à affronter des scènes de violence.
02:30L'aveuglement enfin de ceux qui ne voient pas les réelles racines du problème, comme Emmanuel Macron par exemple,
02:35qui avait pointé, rappelez-vous, l'oisiveté comme explication aux émeutes urbaines de 2023.
02:40La somme de tous ces renoncements nous offre régulièrement des rappels du processus de décivilisation qui est en cours dans
02:46notre pays.
02:47Et sans sursaut, on aura à commenter régulièrement ces scènes d'émeutes, à commencer par le 30 mai prochain,
02:52date de la finale de la Ligue des Champions et des scènes comme celle-ci sont malheureusement à redouter.
02:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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