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Mardi 3 mars 2026, retrouvez François Robinet (Managing Partner, AVP), Gilles Etcheberrigaray (Cofondateur, président et directeur des investissements, Elkano Asset management), Anthony Morlet-Lavidalie (Économiste, pôle Macroéconomie-Conjoncture, Rexecode et membre de BSI Economics) et Céline Piquemal-Prade (Présidente, Piquemal Houghton Investments) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:08Bonjour, bienvenue à tous, je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle édition de Smart Bourse,
00:12votre rendez-vous quotidien tous les jours du lundi au vendredi.
00:16On explore tout ce qui se passe sur la planète finance de 17h à 18h en direct et il s
00:21'en passe des choses.
00:22On va décrypter avec nos experts ce qui s'est passé aujourd'hui sur les marchés.
00:25Que faut-il faire face à ce conflit au Moyen-Orient ?
00:30En tout cas les marchés eux voient rouge à peu près sur tous les segments de la côte et sur
00:34tous les pays.
00:35On va décrypter ça dans un instant.
00:37Le pétrole, le pétrole qui n'en finit pas de monter jusqu'où ?
00:41On va arriver à 100 dollars en tout cas, ça crée un véritable risque d'inflation.
00:46Et puis enfin dans le dernier quart d'heure, scale-up, on verra comment l'Europe peut et doit restaurer
00:51sa souveraineté technologique.
00:53Voici pour le sommaire de Smart Bourse. Tout de suite, on fait le point sur les marchés.
01:07Et comme tous les soirs, on démarre cette émission Smart Bourse avec ce que vous devez savoir sur ces marchés,
01:13sur cette journée boursière avec Pauline.
01:14Pauline Grattel, bonsoir.
01:16Bien sûr, on se pose la question, ce conflit au Moyen-Orient, il est encore bien sûr à la une
01:21aujourd'hui, Pauline.
01:22Oui, pour l'heure, les marchés attendent de voir comment la situation va évoluer.
01:26Et les investisseurs se demandent combien de temps cela va durer, probablement plus que prévu.
01:31Les Etats-Unis et Israël poursuivent les bombardements simultanés à l'encontre de l'Iran et du Liban.
01:36Le détroit d'Hormuz, point hautement stratégique puisque 20% de l'approvisionnement mondial de pétrole passe par là, reste
01:43totalement bloqué.
01:44Et donc, conséquence logique, le prix des pétroles s'envole.
01:47Le prix du baril de Brent est au plus haut depuis un an, autour de 85 dollars, en hausse de
01:5210% au cours de la séance.
01:54La fermeture de la plus grande usine de production de gaz naturel liquéfié du monde au Qatar fait bondir les
02:00prix du gaz européen de 40% au cours de la séance.
02:04Malgré ces hausses significatives, les prix ne sont pas démesurés et leur évolution dépendra de la durée et de l
02:11'ampleur du conflit.
02:11Si les prix continuent de monter, cela aura sans doute un impact sur l'inflation qui s'établit d'ailleurs
02:17en hausse de 1,9% sur un an au mois de février.
02:20Pour l'ensemble de la zone euro, c'est un petit peu plus que prévu.
02:23Cette escalade, bien sûr, ça fait fléchir l'ensemble des grands indices actions.
02:27Oui, en Europe, le stocks 600 et l'euro stocks 50 cèdent jusqu'à 4% au cours de la
02:32séance.
02:32Côté français, le CAC 40 trébuche de 3,5% et repasse autour de 8100 points.
02:38Presque toutes les valeurs sont dans le rouge.
02:40Dans les plus fortes baisses, on trouve Accor qui plonge encore de 5% aujourd'hui après son repli de
02:4510% hier.
02:46Les banques avec Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole qui cèdent également toutes plus de 5%.
02:53Ailleurs, en Europe, le DAX et l'IBEX fléchissent respectivement de 4 et 5%.
02:58Aux Etats-Unis, on avait bien résisté hier, ce n'est pas le cas aujourd'hui.
03:01Oui, les grands indices évoluent en repli d'environ 2,5% à ce stade dans les valeurs à surveiller
03:06comme hier.
03:07Et comme en Europe, on garde un oeil sur le secteur du tourisme, les compagnies aériennes, etc.
03:12Je voulais aussi faire un point sur l'Asie parce qu'il est important de notifier le plongeon du COSPI
03:17de plus de 7% en clôture.
03:20Le dispositif de régulation Sidecar a été activé.
03:23Le Nikkei japonais de son côté a clôturé en repli de 3%.
03:26Enfin, l'indice VIX de la volatilité s'envole encore de plus de 20% au cours de la séance.
03:32On regarde également ce qui se passe du côté des marchés obligataires.
03:35Oui, on observe que les rendements sont globalement volatiles après leur légère hausse entamée hier
03:41avec un rendement américain à 10 ans entre 4,05 et 4,10% au cours de la séance.
03:49En Europe, le rendement allemand à 10 ans grimpe d'environ 10 points de base autour de 2,80%
03:54ce matin
03:55avant de céder à nouveau 5 points de base.
03:57Le rendement britannique, lui, prend 15 points de base autour de 4,55%.
04:02Le dollar se renforce encore, ramenant l'euro-dollar autour de 1,15,80.
04:07L'or et l'argent sont en repli.
04:08On va en parler justement du métal jaune.
04:10Du côté des résultats, bien sûr, ils sont passés au second plan avec cette actualité chargée.
04:14Oui, j'ai quand même regardé les comptes de Target qui ouvrent en hausse de 6%
04:18malgré des ventes en repli de près de 2% pour son exercice clos en janvier 2026.
04:24Mais les prévisions de ventes annuelles sont supérieures aux attentes.
04:27Et puis, il y a un des petits chouchous de la cote en ce moment, Thalès.
04:30Thalès fait état d'une année solide portée par ses activités de défense, notamment.
04:35Le résultat net ajusté progresse de 6% à 2 milliards d'euros l'an dernier.
04:39Le chiffre d'affaires progresse de 9% en données organiques à 22 milliards d'euros.
04:45Enfin, le groupe s'attend à un chiffre d'affaires en hausse en 2026.
04:48Le titre est en repli à Paris, mais comme la quasi-totalité des valeurs du CAC.
04:52Enfin, que va-t-on surveiller demain ?
04:54Demain, on attend le taux de chômage de la zone euro et les prix à la production industrielle
04:59pour le mois de janvier, aussi pour la zone euro, ainsi que les PMI services de février.
05:04Aux Etats-Unis, c'est la semaine de l'emploi.
05:06Et demain, on attend l'enquête ADP sur l'emploi privé du mois de février
05:10qui intervient en préambule du rapport officiel sur l'emploi du département du travail américain vendredi.
05:16On regardera aussi l'ISM Service américain de février.
05:21Merci Pauline pour ce tour complet de l'actu.
05:23Allez, tout de suite, place nos experts.
05:35Comme tous les soins dans Planète Marché, trois experts, deux experts et une experte en plateau.
05:40On est ravis d'accueillir Stéline Picmal-Prade.
05:42Bonsoir Stéline.
05:43Bonsoir Fabrice.
05:43Vous êtes présidente de Picmal Autumn Investments et vous allez nous parler de l'or ce soir, une fois de
05:48plus.
05:49Peut-être.
05:50Peut-être, mais entre autres.
05:51A vos côtés, Anthony Morley-Lavidali.
05:53Bonjour Anthony.
05:53Bonjour Fabrice.
05:54Économiste chez Rex & Code, membre de BSI Economics.
05:57Tu vois bien ?
05:57Impecable.
05:58Vous êtes prêt pour commenter cette journée sanglante sur la bourse ?
06:01Exactement.
06:02Enfin, Gilles Etchéberigay.
06:04Bonsoir Gilles.
06:05Bonsoir Fabrice.
06:05Vous êtes président directeur des investissements chez Elcano Asset Management.
06:10Elcano, on rappelle pourquoi ce nom ?
06:12Le navigateur, promis d'avoir fait le tour du monde à la voile en ramenant l'expédition de Magellan à
06:18bon port.
06:19Et accessoirement, il était basque.
06:20Bon, voilà.
06:21Comme vous, Gilles, amateur de rugby.
06:23Mais, on a fait déjà, on a parlé un petit peu avant l'émission.
06:27Ce n'est pas le sujet parce qu'aujourd'hui, évidemment, on a beaucoup de choses sur la table.
06:31Avec ces marchés qui continuent à flancher, Céline, je me tourne vers vous.
06:35C'est vrai qu'on a vu une première salve hier.
06:37On avait parlé des gagnants, des perdants.
06:39On a l'impression qu'aujourd'hui, tout le monde est perdant.
06:41Avec des baisses assez sensibles sur les grands indices mondiaux.
06:44Alors, ça semble finalement assez logique que tout le monde soit perdant.
06:50Parce que dans un premier temps, quand vous avez une panique de marché, vous allez sortir ce que vous pouvez
06:57sortir.
06:58Donc, les actions sont liquides.
07:00Oui.
07:00Donc, elles ont tendance à beaucoup plus chuter que le reste parce qu'elles ont la capacité de vous donner
07:05du cash assez rapidement si vous en avez besoin.
07:07On a vraiment l'impression que vous jetez tout par-dessus bord et puis vous pouvez aussi vendre ce qui
07:15avait bien, ce qui avait enregistré des bonnes performances.
07:19Donc, les premières séances auxquelles nous assistons depuis hier ne sont pas forcément les plus importantes.
07:25Il va falloir qu'on attende un petit peu, peut-être de faire le bilan, la fin de la semaine
07:29pour se dire, véritablement, qu'est-ce qui joue son rôle de bouée de sauvetage par rapport au reste ?
07:34Donc, pour l'instant, on est dans une panique, on sort tout par-dessus bord, on cherche tous à avoir
07:40des espérons du cash, sachant que le niveau de cash, globalement, est au plus bas historique de la part des
07:46investisseurs
07:47et qu'on est rentré dans cette crise avec un niveau d'optimisme inégalé et un niveau de dette pris
07:54par les investisseurs également inégalé depuis 2000.
07:56Donc, on a des ingrédients toxiques en place.
08:01On arrive également dans cette crise avec des niveaux de valorisation sur le marché d'action américain qui représente à
08:06peu près deux tiers du marché d'action mondial au plus haut depuis 1929.
08:12Donc, on a beaucoup d'ingrédients compliqués à intégrer dans l'équation actuelle.
08:17Mais ce qui va être intéressant, effectivement, c'est de se poser la question de ce qu'il faut faire
08:20ensuite.
08:21Donc, dans un premier temps, pour l'instant, pas grand-chose parce que tout dégringole en même temps.
08:26Est-ce qu'on participe au mouvement ? C'est la question un peu tarte à la crème.
08:29Mais est-ce que nous aussi, on peut faire comme les grands institutionnels, sauf qu'il peut ?
08:33On jette tout par-dessus bord en attendant que ça se tasse ?
08:34Alors, ça dépend de ce que vous avez dans votre assiette, j'ai envie de dire.
08:39Si vous êtes sur des actifs qui sont effectivement extrêmement chers,
08:42c'est peut-être pas la peine d'attendre que vous ayez une baisse de 50% pour sortir.
08:46Donc, si vous avez des actifs peut-être de sociétés qui sont déjà extrêmement chers,
08:51qui ont très bien performé, qui sont potentiellement riches, il faut se poser des questions.
08:55Voilà. Mais, si vous êtes sur des actifs qui sont peu détenus, peu chers,
08:59et sur lesquels on a un environnement qui peut être positif,
09:04ça ne me semble pas du tout être le bon moment pour le faire.
09:06À mon sens, il y a une rotation qui a commencé sur les actions depuis un an.
09:12Et je ne pense pas que la crise actuelle remette en question la rotation vers de nouveaux horizons.
09:19Donc, je pense que ça, c'est quand même un message que je voudrais faire passer aujourd'hui.
09:23Ne changez pas de cap en raison du mouvement d'aujourd'hui.
09:30Parce que la rotation va continuer.
09:32On va en parler dans un instant.
09:33On va continuer notre rotation sur la table avec réaction d'Anthony.
09:39Céline vient de parler de panique.
09:40Est-ce que vous êtes d'accord ?
09:41Alors, le mot est peut-être un tout petit peu fort,
09:43au sens où, évidemment, on voit un recul des indices,
09:45mais, au fond, c'est juste normal.
09:47Compte tenu de l'ampleur du choc,
09:48ça aurait été difficile de voir les marchés passer complètement au travers.
09:52Je pense qu'il y a une forme d'attentisme et on pourrait aller plus bas.
09:54C'est ça, le vrai sujet.
09:55C'est qu'en réalité, on n'a pas forcément épuisé toute la baisse.
09:57Ça dépend beaucoup de ce qui se passe d'un point de vue géopolitique.
10:00Et là, on voit bien les gros sujets.
10:01C'est d'une part, est-ce que le détroit d'Ormouz va rester bloqué plus longtemps que prévu ?
10:05Et là, c'est un vrai sujet.
10:06On voit notamment que ça pose de grosses difficultés à la Chine.
10:09Quand on regarde un peu le prix des tankers,
10:11là, désormais, qui font le trajet entre Chine et Moyen-Orient,
10:14on est quasiment au plus haut historique,
10:15au même niveau que 2022, à 2400 à peu près dollars le trajet par jour.
10:19Donc, c'est colossal.
10:21Et puis, il faudra survivre d'autres détroits,
10:22typiquement Babel-Mandeb,
10:24tout ce qui se joue dans la zone va devenir quand même assez déterminant,
10:26puisqu'il y a beaucoup de marchandises qui transitent.
10:29Et je pense qu'on n'est pas complètement au bout de nos surprises.
10:33Il faut avoir en tête que le marché va repricer tout un tas de scénarios.
10:35Par exemple, une croissance un peu plus faible.
10:37On sait qu'environ 10 dollars de plus sur le baril de pétrole,
10:41sur la croissance mondiale,
10:42c'est moins 0,1, moins 0,2% de croissance sur l'année qui vient.
10:45Donc, si on prend 20 dollars, on peut vite faire les calculs.
10:48On a entre 0,2 et 0,4% de croissance en moins.
10:51Et puis, un peu plus d'inflation.
10:52Donc, tout ce qu'on jouait sur la désinflation, sur les taux, etc.,
10:55il faut quand même repricer.
10:56Le marché est en train de le faire.
10:57Mais il se pose évidemment beaucoup de questions sur les points d'atterrissage.
10:59Donc, je pense qu'à ce stade, il y a toujours un peu d'attentisme
11:01pour voir exactement comment on se positionne.
11:04Donc, c'est loin d'être simple.
11:05C'est toujours facile de dire qu'il y a de l'incertitude.
11:06Mais je crois que là, on est vraiment dans une période où, bien malin,
11:09celui qui est capable de dire où on sera dans 2-3 jours.
11:13Gilles, quant à vous, la fin du début ou le début de la fin ?
11:16Alors, il faut noter que la différence fondamentale par rapport à hier,
11:20c'est que le marché du monde a pris conscience
11:22d'un changement de stratégie des Iraniens.
11:26Si on revient en printemps,
11:28on avait eu un échange de missiles avec Israël.
11:30Ça, qui n'existe plus.
11:32Et en fait, la stratégie de survie du pouvoir iranien est très claire.
11:35C'est de saccager l'économie mondiale pour faire reculer Trump.
11:39Donc, aujourd'hui, c'est la prise de conscience.
11:40Ils sont attaqués à 3, je dirais,
11:42les 3 forces économiques de la région
11:44qui sont le détroit d'Hormuz,
11:47les usines de gaz liquéfiées au Qatar.
11:50Et Dubaï, à Dubaï,
11:51qui sont les aéroports de transit
11:53avec des dizaines de milliers de gens
11:55qui sont coincés partout dans le monde.
11:56Donc, il y a vraiment une stratégie
11:57de faire le plus de dégâts possible sur les marchés financiers.
11:59Et je pense que c'est ce dont on a pris conscience hier.
12:03parce que, c'est à coup,
12:05« Trump always chicken out »,
12:06c'est la seule façon dont on a vu
12:08que Trump a reculer Groenland ou ailleurs.
12:11C'est l'argent.
12:11C'est l'argent, c'est les marchés financiers américains,
12:13la remontée des toits américains
12:13et la baisse des marchés.
12:15Et donc, il y a une stratégie aujourd'hui délibérée
12:16du pouvoir iranien
12:19de s'attaquer à ça.
12:21Ils n'envoient pratiquement pas de missiles sur Israël
12:23de temps en temps
12:23par rapport à ce qui a été fait en avril.
12:25Ils se concentrent sur essayer
12:27de faire le plus de dégâts possibles.
12:29Sur les points névralgiques de l'économie, finalement.
12:30Qui sont localisés localement.
12:32Donc, effectivement,
12:32on regarde ce qui se passe dans le détroit de Suez.
12:35Mais en tout cas, c'est une stratégie aujourd'hui
12:36qui est par délibérée
12:37de faire reculer les Américains.
12:40Parce que si les Américains arrêtent,
12:41les Israéliens arrêteront.
12:42À travers ce qui a apparu depuis un an et demi,
12:47la seule façon de faire reculer Trump
12:49dans ses décisions qui étaient les marchés.
12:51Alors pourtant, le président américain,
12:53pour l'instant, il clame,
12:53on ira aussi loin que nécessaire.
12:56Il disait ça également le 3 mars
12:59ou le 3 avril,
13:01juste après,
13:02en disant que les tarifs
13:03c'était la plus belle chose et tout ça.
13:05Et 15 jours après ou 3 semaines après,
13:07on a vu le retournement
13:08quand le taux américain,
13:11le 30 ans, s'est approché de 5%.
13:12Donc, voilà.
13:13Ils disaient la même chose.
13:15Ils étaient préencaissés.
13:16Et il y a un moment, ils ont arrêté.
13:17Ils ont fait un retournement
13:19en fin avril sur les droits de douane.
13:22Et sur le déficit américain aussi.
13:25Donc, le doge.
13:25Quand ce fameux taux, 10 ans,
13:27se sont notamment tendus à l'extrême.
13:29C'est sur le 30 ans, en fait.
13:31Parce que le Trésor, le Bessent,
13:33surveille le 30 ans
13:34parce que tous les marchés hypothécaires américains
13:36dépendent totalement du 30 ans.
13:38Et un des objectifs avoués
13:39de l'administration américaine aujourd'hui,
13:41c'est de refaire démarrer le marché
13:43immobilier américain,
13:44qui est depuis 2 ans et est en panne,
13:46en faisant baisser les taux
13:48et en remettant une bulle speculative.
13:49Je pense que pour ce code Bessent,
13:51c'est vraiment la façon de redémarrer
13:52aujourd'hui l'économie américaine
13:54qui marche sur deux...
13:55Enfin, il y a un cylindre.
13:56Il y a le cylindre d'AI qui fonctionne,
13:58mais que le cylindre, je dirais,
13:59tout ce qui est sensible, auto,
14:01immobilier, automobile,
14:02est franchement en panne.
14:03L'AI masque tout ça,
14:04mais eux, ils en sont conscients.
14:05Et je pense qu'il y a vraiment une stratégie
14:06de faire baisser le 30 ans.
14:08Et le 30 ans, c'est la valeur qui surveille.
14:10Et là, il y a la bonté.
14:11Et je pense que les Iraniens
14:12en ont pris conscience
14:13et ils essaient de faire pression
14:16sur l'économie américaine
14:17avec cette arme-là.
14:18Et je pense que c'est
14:19ce dont a pris conscience
14:21le monde financier hier.
14:23Et c'est pour ça que hier,
14:25on avait les marchés américains
14:26en hausse et le reste,
14:27en disant même pas mal.
14:28Et ce matin,
14:29tout le monde part à la baisse.
14:31Sur ce plateau, Pierre-Yves Dugas,
14:32hier, notre correspondant américain
14:33nous disait justement,
14:35il faut faire attention
14:35que ce conflit ne dure pas trop,
14:37notamment pour Trump.
14:38Si c'est quelques jours,
14:39quelques semaines, ça va.
14:40Si c'est plus long,
14:41c'est là où on serait réellement pénalisé
14:43ou finalement,
14:44ce qu'anticipe le marché,
14:45ça pourrait se concrétiser encore plus.
14:48C'est une pique même.
14:50Alors, pénalisé, oui,
14:51mais quoi qu'il,
14:52de toute façon,
14:53et pour rebondir sur ce que disait
14:55Gilles à l'instant,
14:57nous sommes en train de rentrer
14:59quand même dans une nouvelle ère.
15:01Là, on est tous en train de parler
15:02du comportement d'un dirigeant,
15:04d'un pays démocratique,
15:07du comportement d'un leader
15:08qui devrait avoir
15:09un comportement rationnel
15:10et qui est extrêmement compliqué
15:13à déchiffrer
15:14chaque matin au réveil.
15:15Donc, on est dans un environnement
15:17qui est beaucoup plus risqué
15:20que ce qu'on pouvait
15:23anticiper
15:24il y a un ou deux ans.
15:25Donc, c'est une nouvelle donne,
15:27c'est un nouvel environnement
15:29auquel il faut faire face
15:30aujourd'hui.
15:32Mais donc, maintenant,
15:32il faut l'intégrer
15:33et il faut réfléchir avec.
15:35Il ne faut pas aller contre,
15:36mais il faut le penser
15:37et l'intégrer
15:38dans son raisonnement.
15:39Donc, il y a quand même
15:40plusieurs conséquences.
15:41La première, c'est qu'on parlait
15:42tout à l'heure, effectivement,
15:45de l'or, du dollar,
15:47des devises.
15:48Mais on est clairement
15:49dans un environnement
15:49où vous vous dites
15:51quand je suis un dirigeant
15:52d'un pays émergent,
15:53peut-être que demain matin
15:54je vais me réveiller
15:54et on va me dire
15:55que je suis devenu
15:56l'ennemi numéro 1
15:57de Donald Trump
15:57et peut-être que du coup,
15:59il ne faut vraiment pas
16:00que j'ai des devises américaines
16:02au sein de mes réserves
16:04parce que peut-être
16:05que ça vaudrait zéro.
16:06Donc, on a déjà
16:07un point de bascule
16:08puisqu'aujourd'hui,
16:08vous avez moins
16:09d'obligations américaines
16:12dans les réserves internationales
16:14que d'or.
16:15Mais cette tendance,
16:16à mon sens,
16:17va continuer
16:18de se croiser.
16:19Donc, on est à 25%
16:21à peu près
16:22pour chaque.
16:23Mais cette tendance,
16:24elle risque encore
16:25de s'accélérer
16:25parce qu'on a eu
16:26le Venezuela.
16:27Maintenant,
16:28on parle de l'Iran.
16:29On voit qu'on est
16:30dans un environnement
16:31quand même compliqué.
16:31Juste une question technique
16:32sur ce chiffre.
16:33Ça s'est croisé aussi
16:34parce qu'il y a un effet prix
16:35sur l'or
16:36ou on le mesure
16:38en lingot constant,
16:39j'allais dire ?
16:39Non, non,
16:40il y a un effet prix.
16:40C'est un effet prix
16:41qui prend le prix
16:41de 12 en deux ans.
16:43Mais il faut avoir en tête
16:43qu'on était monté
16:46avec l'or
16:47qui représentait
16:48plus de 60%
16:50des réserves
16:51de change internationales.
16:52Donc, on est à 25%,
16:53on est quand même bas.
16:54Et ce qui est compliqué,
16:56ce qu'il faut avoir
16:57également en tête,
16:57c'est que le pourcentage
16:58est plus élevé
16:59dans les pays développés
17:00que dans les pays émergents.
17:01Paradoxalement,
17:02alors que c'est eux
17:03qui sont le plus à risque
17:05émergents.
17:05Les pays qui potentiellement
17:06pourraient être confrontés
17:08à un problème
17:08avec M. Trump.
17:09Il faut dire
17:09que les réserves d'or,
17:10on les a quand même
17:11depuis longtemps,
17:11on les a constitués
17:11Voilà, c'est ça,
17:12on les a constitués
17:13alors qu'eux ne l'avaient pas constitué.
17:14Donc, on est vraiment
17:14dans une course suite de ce côté.
17:16Et pourtant, l'or baisse,
17:17alors juste une petite parenthèse,
17:19c'est l'or baisse en ce moment.
17:20Pourquoi ?
17:20Parce qu'il y a prise de bénéfices,
17:21il y a un peu le sauf qui peut.
17:23Donc, on pourrait se dire
17:24tiens, c'est la valeur refuge.
17:25D'ailleurs, ça avait un petit peu
17:26monté hier.
17:27Là, ça a perdu 3%.
17:29Finalement, un petit peu moins.
17:30On est quand même
17:31à plus de 20%
17:32depuis le début de l'année.
17:34On avait monté beaucoup,
17:35on avait monté
17:35de façon très forte,
17:37très vite.
17:37Donc, on est un peu
17:38dans une phase de digestion.
17:39Mais je n'ai pas d'inquiétude
17:41sur le fait que l'or retrouve
17:43son statut de valeur refuge
17:45à mon sens
17:45au cours des prochains mois.
17:47Sachant que,
17:48on en parlait tout à l'heure
17:49avec l'évolution
17:50sur les 10 ans américains,
17:51on voit bien
17:52que quand vous constituez
17:53un portefeuille aujourd'hui,
17:55si vous êtes une caisse de retraite
17:56ou un institutionnel,
17:57vous voulez diversifier
17:59vos investissements.
18:00Et aujourd'hui,
18:01vous avez une corrélation
18:02très forte
18:02entre les marchés obligataires
18:04et les marchés actions.
18:05Puisqu'on le sait,
18:06nous avons des États
18:08qui sont très endettés,
18:09que ce soit les États américains
18:11ou les autres pays développés.
18:12Donc, ce n'est pas évident
18:14d'avoir une diversification
18:15de portefeuille
18:16en allant chercher l'obligataire.
18:18Donc, la diversification,
18:19elle se fait notamment
18:20par les métaux précieux,
18:21ce qu'on avait connu
18:22dans les années 70.
18:24Donc, pour l'instant,
18:25je pense qu'on a encore...
18:26Et quand je regarde
18:27la pondération de l'or
18:29ou des métaux précieux
18:30dans les fonds de pension,
18:31les endowment, etc.,
18:33on est à 1 ou 2 %.
18:34Donc, quand on dit
18:35tout le monde a de l'or,
18:36j'ai envie de dire
18:37non, je ne crois pas complètement.
18:38Non, ça pourrait continuer.
18:39Donc, ça pourrait continuer
18:40par la demande
18:41des banques centrales
18:42et par la demande
18:42des institutionnels
18:43qui cherchent une diversification
18:44en dehors,
18:46simplement de la poche obligataire
18:48qui devrait faire ce frein
18:50mais qu'elle ne fait plus.
18:52On l'avait déjà constaté
18:52lors des précédentes crises
18:54au cours des derniers mois.
18:55Anthony a parlé
18:56sur...
18:57Je vous parlez,
18:58bien sûr, de l'or,
18:59mais il y a aussi le pétrole.
19:01Le pétrole qui inquiète.
19:02Alors, certains disent,
19:02voilà, peut-être demain,
19:03le pétrole à 100 dollars
19:04si ça se crispe,
19:06avec ce détroit d'Ormos
19:07complètement paralysé aujourd'hui,
19:0920 % de la consommation mondiale
19:11dans les tankers.
19:14Et, bien sûr,
19:14on se pose derrière
19:15la question du retour
19:16de l'inflation.
19:17On sait très bien
19:17que c'est un des principaux drivers
19:18et d'ailleurs,
19:19cette désinflation,
19:20les chiffres en témoignent aujourd'hui,
19:21c'était aussi le fait
19:21qu'on ait ce barré
19:22qui avait énormément baissé
19:24tout au long de l'année dernière.
19:26Complètement.
19:26C'est à la fois,
19:27ce qui a drivé la désinflation,
19:29c'est à la fois la baisse
19:29des prix énergétiques
19:30et puis au passage,
19:31ça avait soutenu la croissance.
19:32Même en France,
19:33c'est ce qui a permis
19:34d'avoir une croissance
19:34plus résidente que prévu.
19:36Il faut avoir en tête
19:36qu'un choc sur les prix énergétiques
19:37parce que d'ailleurs,
19:38ce n'est pas que le pétrole,
19:39on a aussi le gaz
19:39et nous, Européens,
19:40on va être quand même
19:41massivement concernés
19:42par ce problème.
19:43D'une part,
19:43c'est un effet récessif
19:44un peu à l'échelle globale,
19:46mais c'est surtout
19:46un transfert quand même important
19:48des importateurs
19:49vers les producteurs.
19:50Et donc,
19:51on voit bien qu'il y a deux zones
19:51qui sont très pénalisées aujourd'hui,
19:53c'est plutôt l'Asie.
19:54On voit bien avec l'Inde
19:54et la Chine
19:55qui commencent à se poser
19:56de sérieuses questions
19:56sur leur approvisionnement
19:57en pétrole,
19:58même si la Chine avait constitué
19:59d'importantes réserves.
20:01Évidemment,
20:01tout le monde se tourne
20:02vers la Russie.
20:02Donc là,
20:03on a un des grands gagnants,
20:03c'est que même l'Europe
20:04finit par se dire
20:05est-ce qu'on ne pourrait pas
20:07réouvrir potentiellement
20:08quelques gazoducs
20:08pour remplir les caisses
20:09parce qu'en plus,
20:10on est à des niveaux
20:11historiquement bas.
20:12On est parti d'un point
20:14sur les réserves
20:14où on a attaqué l'hiver
20:15avec seulement 80%
20:16de nos réserves remplies
20:17alors que l'année précédente,
20:192023,
20:19on était plutôt autour de 100%.
20:21Malheureusement,
20:21on a mal anticipé,
20:22on a mal joué le coup.
20:23Donc ça,
20:23c'est un vrai sujet.
20:24Et l'Europe va se retrouver
20:25elle aussi prise en étau
20:26puisque notamment
20:27quand on parlait des actions,
20:28je pense qu'il y aura
20:29une discrimination importante
20:30en fonction des zones
20:31et on risque d'avoir
20:32quand même des entreprises
20:33européennes qui vont
20:33souffrir plus qu'ailleurs,
20:35a fortiori qu'aux Etats-Unis.
20:36Donc là,
20:36il y a des vrais sujets.
20:37Et sur la trajectoire
20:38de l'inflation,
20:39évidemment,
20:39le premier canal à surveiller,
20:41ça sera les prix à la production.
20:42C'est là où on verra
20:43très rapidement
20:44les premiers signes
20:45de tensions éventuels
20:47mais il est certain
20:47que ça va mordre
20:48et on le sait bien.
20:49Alors,
20:49il y a deux points.
20:49Il y a d'une part
20:50les effets prix,
20:51c'est-à-dire évidemment
20:51si tout le monde
20:52s'approvisionne plus cher,
20:53à la fin,
20:53ça va rentrer dans
20:54et les prix à la production
20:55et ça va se transmettre
20:56ensuite aux consommateurs
20:57ou à l'entreprise
20:58qui achètent.
20:58Et puis,
20:59il y a le risque de pénurie
21:00quand même sur les volumes.
21:01Alors là,
21:01c'est un autre monde
21:01parce que c'est un effet récessif
21:03absolument majeur
21:04et ça,
21:04si on rentre dans cette voie-là,
21:06là,
21:07pour le coup,
21:07on aura des effets négatifs
21:08même sur les marchés
21:09beaucoup plus importants.
21:10Donc,
21:10il faut dissocier
21:10l'effet volume,
21:11l'effet prix.
21:12L'effet prix,
21:13on va l'encaisser
21:14mais ça sera plus d'inflation,
21:15l'effet volume,
21:15là,
21:15c'est encore un autre changement
21:16de monde.
21:16Pour l'instant,
21:17on n'y est pas.
21:17On espère qu'on n'en prendra
21:19pas le chemin
21:19mais c'est quand même
21:20un risque à ce stade.
21:22Gilles,
21:23c'est étonnant cette séquence
21:24parce qu'en même temps,
21:25on avait déjà ces bruits de bottes
21:27qui couraient depuis quelques semaines
21:28mais on est toujours,
21:29en tout cas,
21:30quand la bourse réagit,
21:31on est toujours un peu sidérés.
21:32C'était ce qui s'était passé
21:33aussi il y a quatre ans
21:34avec l'invasion de l'Ukraine
21:36par la Russie
21:37avec ces marchés
21:38qui réagissent de façon épidermique
21:39et puis on anticipe
21:40complètement un changement
21:41de paradigme tout à coup.
21:42Oui,
21:42mais là,
21:43c'est ce que je disais tout à l'heure.
21:44C'est-à-dire qu'on a eu Maduro,
21:45ça s'est passé,
21:45ça a été digéré sans problème.
21:47On voyait ce qui s'était passé
21:48au printemps dernier,
21:50ça n'avait pas posé
21:50de problème majeur.
21:52Je veux dire,
21:52ce qui a surpris,
21:52c'est le changement de stratégie.
21:55Mais pour revenir sur le...
21:57Changement de régime.
21:58Non,
21:59stratégie.
21:59La stratégie de survie
22:00du régime iranien a changé
22:01et ça,
22:02c'était la surprise
22:03qui n'était pas anticipée.
22:05Et c'est là aujourd'hui
22:06ce qu'on paie aujourd'hui.
22:07Mais pour revenir sur le gaz
22:08effectivement en Europe,
22:09je veux dire,
22:09heureusement,
22:10on voit le temps printanier dehors.
22:12L'hiver a été particulièrement froid
22:13en Europe.
22:14C'est pour ça aussi
22:14qu'on avait les réserves
22:16qui étaient au plus bas.
22:16Donc si jamais ce temps se maintient,
22:18ça risque de soulager,
22:20enfin ça va soulager le monde,
22:21même si l'interruption
22:23éventuelle sera difficile à gérer.
22:24Vous craignez un retour
22:25de l'inflation ?
22:26Si le prix de l'énergie
22:28recommençait à pointer vers...
22:31C'est une question d'équilibre.
22:31Je pense que les hausses
22:33de prix de l'énergie,
22:33en tout cas dans les pays développés,
22:34sont plus récessives
22:35qu'inflationnistes.
22:36Parce qu'en fait,
22:37c'est une taxe
22:39sur la consommation,
22:40sur la consommation d'énergie
22:40au profit des pays producteurs
22:43qui en l'occurrence
22:44achètent essentiellement
22:45de matériel militaire.
22:47Donc je pense que le risque,
22:48c'est que si ça dure
22:48trop longtemps
22:49et que si les prix montent fort,
22:50on a une récession
22:51qui n'était pas anticipée
22:52puisqu'en début,
22:53on est quand même parti
22:53au début d'année
22:54sur une vision
22:55d'une accélération
22:56un peu inflationniste
22:57de la croissance mondiale.
22:58C'est pour ça qu'on a vu
23:02là, les industriels,
23:03les cycliques,
23:04ça va être compliqué
23:05si les prix de l'énergie
23:06restent à ce niveau.
23:07On avait un retour
23:07de la chimie européenne,
23:08tout ça,
23:08c'est des choses
23:09qui risquent d'être interrompues
23:11si jamais on a ce problème
23:13de prix de l'énergie
23:14qui se maintient
23:14à des taux élevés.
23:15Donc je dirais
23:16que le risque majeur
23:18de cette séquence,
23:19au-delà du fait
23:20qu'il va falloir baisser
23:21et après,
23:22pour le détroit d'Hormuz,
23:24il faut voir qu'aujourd'hui,
23:25les Américains
23:25attaquent les bases navales
23:27iraniennes
23:27et essaient de maintenir
23:28le détroit d'Hormuz ouvert.
23:30Ils pourraient le sécuriser,
23:31alors après,
23:31on est plutôt dans les jeux
23:32aux stratégies,
23:33on va voir,
23:33ils pourraient le sécuriser
23:34entièrement avec leur flotte ?
23:36Alors,
23:36le problème,
23:37c'est que les Iraniens
23:38ont deux moyens
23:39de fermer le détroit d'Hormuz,
23:40c'est des mines
23:41et des missiles
23:44anti-marins.
23:46Les missiles anti-marins
23:47sont en surface,
23:48donc ils sont en train
23:48de les chasser,
23:49ils chassent aussi
23:50les sous-marins
23:50et là,
23:51ils ont coupé
23:51la seconde de nos sous-marins.
23:52Après,
23:53s'il y en a un
23:53qui s'échappe
23:54et qui met des mines,
23:55voilà,
23:55c'est le mal effet.
23:56En fait,
23:56le problème,
23:57c'est que c'est un peu
23:58comme les Ukrainiens
23:58dans la mer Noire.
23:59Aujourd'hui,
24:00le principal ennemi
24:02des marines marchands
24:03du monde,
24:03c'est les assureurs.
24:05Parce qu'à partir du moment
24:06où il n'y a plus
24:06de primes d'assurance
24:07possibles,
24:08les gens n'envoient pas
24:09leur bateau.
24:10à partir du moment
24:11où les assureurs
24:11ont dit,
24:12aujourd'hui,
24:13on dit qu'il n'y aurait
24:13plus d'assurance
24:14sur le détroit d'Hormuz,
24:15de facto,
24:16ça arrête le trafic maritime,
24:17juste à ce qu'on montre
24:18que ce soit possible.
24:20Donc,
24:20voilà,
24:21je pense qu'il y a
24:22les Américains
24:22en particulier
24:23qui essaient de maintenir
24:24ouverts le détroit d'Hormuz
24:25en attaquant,
24:26parce que ça fait deux jours
24:26qu'ils attaquent
24:27les bases navales iraniennes
24:29pour les empêcher
24:32de fermer,
24:33effectivement.
24:34Mais aujourd'hui,
24:34ça a été fermé
24:35par les assureurs.
24:36Très bien,
24:37les assureurs,
24:38puisque que les mots-là,
24:39finalement.
24:40Oui,
24:41parce que c'est ce qui compte
24:42pour les arbateurs.
24:45C'est bien de le repréciser,
24:46c'est les rouages
24:47de l'économie en direct.
24:49C'est une pique,
24:50tout à l'heure,
24:50vous nous avez parlé
24:51de rotation.
24:52Est-ce que c'est
24:53un mouvement tactique
24:53ou pour vous,
24:54ça avait l'air
24:55d'un mouvement
24:55plus fondamental
24:56et qui ne serait pas
24:57remis en question ?
24:58Expliquez-nous.
24:58Non,
24:58je pense qu'effectivement,
24:59vous avez des rotations
25:01qui ont lieu à peu près
25:02tous les dix ans
25:02sur les marchés actions.
25:04On parlait tout à l'heure
25:04de ce qui s'est passé
25:07en 2008,
25:08mais avant,
25:08vous avez eu 2000.
25:10En 2000,
25:11on avait une rotation,
25:12on a été sorti
25:13des valeurs de la technologie
25:14à la faveur
25:15de la baisse des marchés
25:16en mars.
25:17Puis après,
25:17on avait eu déjà
25:18une crise géopolitique
25:20avec les attentats
25:20du 11 septembre.
25:23début septembre 2001.
25:25Et à ce moment-là,
25:26on était obnubilés
25:26effectivement
25:27par ce nuage
25:29d'incertitude
25:30qui pesait sur les États-Unis,
25:32qui nous entraînait
25:32en guerre
25:33avec Bush
25:35qui entraîne
25:36une guerre
25:37en Moyen-Orient.
25:37Et l'élément important
25:39en 2000,
25:41finalement,
25:41c'était l'entrée
25:41de la Chine dans l'OMC
25:42et c'était
25:43la construction
25:45d'un nouveau leader
25:48industriel mondial
25:49qui était
25:49le leader chinois.
25:50et malgré
25:52l'entrée
25:54en guerre
25:55à partir
25:56des attentats,
25:58les sociétés
26:00cycliques,
26:01si on les appelle
26:01comme ça,
26:02qui profitaient
26:03du boom émergent
26:04se sont très bien
26:04comportées
26:05entre 2000
26:07et 2008.
26:08Avec la fin
26:09de la bulle internationale.
26:09Avec la fin
26:10de la bulle internationale.
26:10C'était la revanche
26:11de la vieille économie.
26:12Une rotation.
26:12Et donc,
26:13à l'époque,
26:13tous ceux qui ont profité
26:14des baisses de marché
26:15pour racheter
26:16des sociétés technologiques
26:18n'en ont aucun cas
26:20profité.
26:20Il fallait racheter
26:21des valeurs technologiques
26:22en 2010-2011.
26:24Aujourd'hui,
26:25à mon sens,
26:25on est dans un environnement
26:26qui n'est pas si éloigné
26:27que celui
26:27que nous avions connu
26:29à l'époque.
26:29On arrive dans cette crise
26:31avec des valeurs technologiques
26:32qui sont surdétenues,
26:33survalorisées,
26:34qui représentent des poids
26:36considérables
26:36dans les indices
26:37supérieurs à 40%.
26:38On est au-dessus de 2000.
26:39Et dans le même temps,
26:40on voit bien
26:41qu'on parle aujourd'hui
26:42de souveraineté.
26:43On parle d'autonomie énergétique.
26:45On a des soucis
26:47qui sont très différents
26:49de ceux qu'on avait
26:50il y a quelques années.
26:51Et pour répondre
26:52à ce souci
26:52d'indépendance énergétique,
26:54il faut construire
26:58des usines
26:59de production
27:00d'électricité renouvelable.
27:01Il faut transmettre
27:03cette électricité.
27:04Il faut construire
27:06une industrie de la défense
27:07qu'on n'avait pas.
27:08Il faut relocaliser
27:09nos industries en local,
27:10ce qu'on n'avait pas fait
27:11par le passé, etc.
27:12Et on est dans
27:13un nouvel environnement.
27:13Parce que vu l'Internet,
27:14on aurait une revanche
27:15de la vieille économie
27:16et que finalement,
27:17on aurait un peu
27:18après cet emballement
27:20sur l'IA,
27:21comme on a eu
27:21l'emballement
27:21sur l'Internet,
27:23on serait dans
27:24cette nouvelle séquence.
27:24J'en suis convaincue.
27:27Je pense qu'effectivement,
27:28et on le sent
27:29quand on parle aux entreprises,
27:31on voit qu'on a
27:32des sociétés
27:32qui sont peu détenues,
27:34peu valorisées
27:35et qui profitent
27:37d'un momentum
27:38qui leur est favorable.
27:39Je ne dis pas
27:39que c'est l'ensemble
27:40des sociétés,
27:41peut-être pas
27:41les sociétés
27:42de pétrochimie
27:43dont on parlait tout à l'heure,
27:44mais il y a
27:45des sociétés
27:46qui vont se retrouver
27:47bien positionnées.
27:48J'ai de multiples reprises
27:49parlé de Total Energy
27:52sur des plateaux
27:53au cours des derniers mois.
27:54Je pense qu'une société
27:56comme Total
27:56a des atouts
27:57dans ses mains.
27:58Il est difficile
27:59aujourd'hui
27:59de rentrer
28:01sur le marché
28:02de l'énergie
28:02si vous êtes
28:02un nouvel entrant.
28:03Vous avez des barrières
28:04à l'entrée
28:04à mon sens
28:05aussi importantes
28:06que celles que vous avez
28:07si vous voulez faire
28:07un système d'exploitation
28:09pour les ordinateurs
28:09que vous voulez
28:10concurrencer Microsoft.
28:11Ce sont des barrières
28:12à l'entrée
28:13qu'on avait peut-être
28:13sous-estimées
28:14et quand vous avez
28:15un coupon de 6 ou 7%
28:16ça me semble être intéressant.
28:17Un petit peu moins
28:18parce que Total
28:19a bien grand-pé.
28:19Aujourd'hui parce que
28:20ça a un petit peu monté
28:21mais quand même.
28:22Donc on est en train
28:22de retrouver
28:23le goût
28:24des actifs réels.
28:26Messieurs,
28:27vous souscrivez
28:27à cette rotation.
28:28Pour compléter,
28:28je suis un petit peu plus prudent
28:29en quelque sorte
28:30pour plusieurs raisons.
28:32D'une part,
28:33je pense que la tech
28:34d'aujourd'hui,
28:34c'est quand même
28:34elle qui fait
28:35les gains de productivité
28:36notamment aux Etats-Unis.
28:37Elle ne déçoit pas encore.
28:38C'est vrai qu'il y a un risque.
28:39Si ça déçoit,
28:40là très clairement
28:41ces niveaux de valorisation
28:42seront plus justifiés.
28:44Mais aujourd'hui
28:44quand on regarde
28:45à quel point
28:45ça a une force déterminante
28:46dans la productivité américaine,
28:48ça me semble difficile
28:49de faire sans.
28:50Et sur les discours
28:51de souveraineté,
28:52ce qui est malheureux
28:53et j'espère que
28:53je me tromperai
28:54mais c'est que c'est beaucoup
28:55dans les discours
28:56et dans les paroles
28:56notamment en Europe
28:57et la concrétisation
28:58elle met quand même
28:59du temps
28:59à se matérialiser.
29:01Et si on est
29:02dans un nouveau choc énergétique
29:03que l'on est en train
29:04de vivre aujourd'hui
29:05et que les prix de l'énergie
29:06notamment en Europe
29:07bondissent,
29:08j'ai beaucoup de difficultés
29:09à penser qu'on sera
29:11en capacité de refaire
29:12de l'industrie
29:12sur le territoire
29:13même celle qui est
29:14que jugée stratégique,
29:16souveraine,
29:16peu importe comment
29:17on les définit.
29:18Donc je suis un petit peu
29:19plus prudent
29:19et même on le voit
29:20aux Etats-Unis
29:21par exemple sur la réindustrialisation
29:22on voit bien
29:23qu'il y a un grand nombre
29:23de projets désormais
29:24qui sont annulés,
29:25enfin qui étaient annoncés
29:26et qui sont en train
29:26de s'annuler progressivement
29:27alors ça touche beaucoup
29:28tout ce qui était green,
29:30tech, etc.
29:31Mais quand même
29:31on voit bien
29:32que les projets
29:33se focalisent uniquement
29:35sur les sujets stratégiques
29:36type semi-conducteurs,
29:38toutes ces industries
29:39qui vont être
29:40cruciales
29:41notamment pour les secteurs
29:41porteurs aux Etats-Unis
29:42mais on n'est pas en train
29:43de parler d'une réindustrialisation
29:44de l'ensemble
29:45de la base productive américaine.
29:48Donc voilà,
29:48l'industrie dans le monde occidental
29:50je suis plus prudent
29:51parce que je pense
29:52que la Chine restera
29:52quand même toujours
29:53aujourd'hui
29:55l'endroit
29:55où va progresser
29:56l'industrie
29:57et va continuer
29:58de gagner des parts
29:58de marché à l'export.
29:59Ça va continuer
29:59à être l'usine
30:00de l'atelier du monde
30:00finalement ?
30:01Mais malheureusement
30:01c'est le rouleau compresseur
30:02chinois,
30:02on ne peut pas faire grand-chose
30:03face au niveau
30:04des prix qu'ils nous proposent.
30:05Sur la rotation,
30:06justement on voit
30:07quand même
30:07depuis quelques mois
30:07que c'est vrai
30:08que toutes les valeurs
30:10IA étaient un peu
30:10à la peine,
30:11on a eu une première secousse
30:13en novembre
30:14avec bulle,
30:14pas bulle.
30:15En tout cas on voit
30:16que boursièrement
30:16c'est vrai que ça se passe
30:17un petit peu moins bien
30:23des portefeuilles,
30:24des secteurs,
30:25on a même vu des pays aussi
30:26les émergents,
30:27on a été les grands gagnants
30:28jusqu'à maintenant
30:29de cette grande rotation.
30:30Est-ce que ça va se poursuivre
30:31selon vous Anthony ?
30:32Mais que ça rende
30:33un petit peu
30:33de terrain
30:34ce n'est pas illogique.
30:35On ne peut pas avoir
30:36des trajectoires
30:38linéairement croissantes
30:38surtout sur ce type de pente.
30:40La question c'est
30:41est-ce que dans l'économie réelle
30:42on va quand même voir
30:43des effets
30:43quand même assez massifs
30:45et rapidement
30:46parce que ce que jouent
30:47quand même les investisseurs
30:47c'est que ça se matérialise
30:48par plus de croissance,
30:49plus de productivité.
30:50Donc si on a des déceptions
30:51là oui on pourra
30:52quand même très clairement
30:53se poser la question.
30:54Pour l'instant
30:55sincèrement
30:56c'est difficile de faire ça.
30:57Quand on voit
30:57la capacité notamment
30:59des hyperscalers
30:59d'une part prendre
31:00des parts de marché
31:01et ce qu'ils arrivent
31:02à délivrer jour après jour
31:03c'est assez impressionnant
31:05et je crois que la poche
31:06de croissance
31:06elle est toujours là
31:07pour l'instant.
31:08Je dis bien pour l'instant
31:09puisqu'on sait bien
31:09que sur les marchés
31:10tout bouge très vite.
31:11Et puis avec des valorisations
31:13peut-être tendues à un moment.
31:14Ah qui sont très tendues
31:14ça on ne peut pas le nier.
31:16Revalorisation de 2000,
31:17de 2007
31:19donc ça commençait à être
31:20est-ce que ça ne serait pas
31:21l'étincelle justement
31:22qu'il fallait pour souffler
31:24qu'il y ait cette respiration
31:26dans les marchés ?
31:27Peut-être qu'il y a
31:27dans des marchés
31:27un signe noir
31:28un espèce d'événement exogène ?
31:29Alors ça c'est un événement exogène
31:31mais je veux dire
31:31pour revenir à les tendances avant
31:33il y a deux choses.
31:34Un, dans l'IA
31:35on voyait comme une divergence
31:36déjà avant
31:37entre les hyperscalers
31:38qui commençaient à souffrir
31:39très souvent
31:39parce que les 600 milliards de dollars
31:40de clients
31:43la rentabilité n'est pas là
31:44pour le moment
31:44clairement
31:45et là on commence
31:46à se poser des questions
31:47des cash flows
31:47qui deviennent négatifs
31:48si on tient compte
31:50des titres
31:51enfin des salaires
31:52enfin des actions
31:53payées en salaire
31:54donc on a des hyperscalers
31:56qui divergeaient
31:56on avait
31:57et quand on parle des émergents
31:58c'est la Corée
31:58c'est Inix
31:59et Samsung
32:01et on avait
32:01les fabricants
32:02de pêles et pioches
32:04qui continuaient
32:05à percer en bourse
32:06à travers
32:06les semi-conducteurs
32:07la Corée
32:08et ainsi de suite
32:08le problème c'est que
32:09ces fabricants
32:10ils ne sont que 5 clients
32:10ou 6 clients
32:11ça veut dire que
32:12si ces clients décident
32:13d'arrêter de faire
32:13600 milliards de dollars
32:15qui
32:15j'ai quelques doutes
32:16sur la rentabilité
32:17à l'arrivée
32:18de tout ça
32:19ça veut dire
32:20que c'était quand même
32:21très fragile
32:21et pour la rotation
32:23on parlait de 2000
32:24tout à l'heure
32:25moi je me souviens
32:26j'étais gérant
32:27à l'époque
32:28on a eu effectivement
32:30mars 2000
32:31mars 2002
32:32où on avait eu
32:33le revenu
32:33et ça
32:34mais à partir du moment
32:35où la guerre en Irak
32:37s'est présentée
32:37et même on a eu
32:38WorldCom
32:38et des choses comme ça
32:39on a vu tout le marché
32:40partir
32:40et en fait
32:42ma crainte
32:42c'est que
32:44l'ajustement à la baisse
32:45de l'AI
32:46est tellement important
32:47la place est tellement
32:48importante des indices
32:4938% du SP500
32:50que de toute façon
32:51ça emportera tout
32:52sur son passage
32:52aujourd'hui on est
32:53dans la partie
32:54je dirais
32:542000-2002
32:56où la value
32:57qu'on a
32:57ce qu'on appelait à l'époque
32:58la hold economy
33:00est revenue
33:01je me souviens
33:01j'avais vu des slides
33:03on mettait Cisco
33:03contre 25 valeurs
33:05qu'on peut mettre
33:05NVIDIA
33:06contre 25 valeurs
33:07voilà
33:07je revois les mêmes slides
33:09de 25 ans après
33:12mais
33:13je veux dire
33:13si on se souvient bien
33:14de l'époque
33:15effectivement après
33:16on a eu le rebond
33:16des industriels
33:17de l'Europe
33:18du dollar
33:18et tout ça
33:19mais dans un premier temps
33:20l'ajustement
33:20la baisse de l'internet
33:22et de l'IA
33:23en finit par emporter
33:23tout le marché
33:25parce que
33:26le poids était trop important
33:27alors le poids était important
33:28mais je rejoins Anthony
33:29il n'y avait quand même
33:29pas beaucoup
33:30justement
33:32de bénéfices
33:32de résultats
33:33en face
33:34là
33:34ce sont quand même
33:35des boîtes
33:35qui du jour au lendemain
33:36si elles arrêtent
33:36en se visitant le massif
33:37elles sont quand même
33:38hyper produits
33:385 trillions de dollars
33:39avec 6 clients
33:40si les 6 clients arrêtent
33:42je ne vois pas
33:43où on peut valoriser
33:445 trillions de dollars
33:44avec 6 clients
33:47aujourd'hui
33:48c'est ça le problème
33:48ce n'est pas
33:49Google
33:50ce n'est pas Microsoft
33:51c'est la première valeur mondiale
33:53et de l'industrie
33:54la plus cyclique
33:54de la planète
33:55avec 6 à 7 clients
33:57est-ce qu'il pourrait même
33:58en scénario catastrophe
33:59pour aller dans votre sens
34:00on sait qu'aujourd'hui
34:02il y a beaucoup d'ETF
34:02qui sont composés
34:04qui vont suivre exactement
34:07donc c'est vrai
34:07que s'il y avait
34:08une traque par valeur
34:10c'est les foro-onek américains
34:11je veux dire
34:11si on regarde
34:12les foro-onek américains
34:13Nvidia
34:14c'est 8%
34:15je crois
34:157% des foro-onek
34:16tout le monde
34:16oui c'est la retraite
34:17des américains
34:19ça va avoir un vrai problème
34:20sur la consommation américaine
34:21puisqu'en plus
34:2250%
34:22de la consommation
34:23des ménages américains
34:24est faite par les 10%
34:25les plus riches
34:26et eux
34:26c'est eux qui ont bénéficié
34:27donc c'est
34:28enfin
34:28s'il y a un problème boursier
34:30par rapport à l'AI
34:31c'est pas tellement
34:33enfin ça sera
34:33la valorisation d'AI
34:34mais c'est surtout
34:34l'effet de richesse
34:35aujourd'hui
34:35je veux dire
34:36le patrimoine des américains
34:37est totalement différent
34:38du patrimoine des européens
34:39ou des japonais
34:39ça tire même la consommation
34:40oui ça tire la consommation
34:4150% de la consommation
34:42est faite par les 10%
34:43les plus riches
34:43les autres ils sont
34:44en souffrance
34:45c'est pour ça que
34:46Trump va probablement perdre
34:47en tout cas sur le congrès
34:49les élimines de terme
34:49en novembre
34:50parce que
34:5290% des américains
34:53ou 80% sont en souffrance
34:54par rapport à l'inflation
34:55et à l'absence
34:56de croissance salariale
34:56c'est ceux qui consomment
34:57c'est ceux qui ont
34:58de l'AI
34:59voilà
35:00et même pas de l'immobilier
35:01parce que l'immobilier
35:01est aussi un peu en panne
35:03en tout cas
35:03dans tout le sud
35:04des Etats-Unis
35:06donc voilà
35:07avoir la première valeur mondiale
35:08et Core Waves
35:09qui est financée intégralement
35:10par Vida
35:11c'est son sixième client
35:13c'est quand même
35:14une bombe à retardement
35:15sauf que pour l'instant
35:16ça tient
35:17et les résultats sont là
35:18on verra le prochain trimestre
35:19Céline vous disiez tout à l'heure
35:20vous allez rebondir dans un instant
35:22effectivement on ne modifie pas
35:23son allocation
35:23l'idée c'est de garder
35:24le cap dans la tempête
35:25et en même temps
35:26vous vous dites
35:27voilà il y a peut-être
35:27des gens qui vont souffrir
35:28attention
35:29et prendre ses bénéfices
35:30sur peut-être
35:31ce qui a le plus monté
35:32Effectivement
35:32parce que pour rebondir
35:33sur ce que disait Gilles
35:35en 2000
35:36on a connu
35:37un krach spectaculaire
35:38sur le Nasdaq
35:40mais si vous aviez été investi
35:42sur la Chine
35:43vous auriez eu
35:45le début
35:45d'une performance positive
35:46pendant la baisse du Nasdaq
35:48en 2000
35:48et ensuite
35:49vous auriez continué
35:50à en bénéficier
35:51parce que la Chine
35:52a été un des meilleurs marchés
35:53entre 2000 et 2008
35:54donc effectivement
35:55vous allez forcément
35:56avoir une secousse
35:57c'est ce que je disais tout à l'heure
35:58je disais dans une panique
35:59de toute façon
35:59tout le monde va baisser
36:00ça c'est ce qu'on est en train
36:01de vivre en ce moment
36:02mais ce qui est intéressant
36:03c'est de dégager
36:04le bon grain de livret
36:05se dire
36:05ok le jour où ça va repartir
36:07où est-ce que ça va repartir
36:08et psychologiquement
36:09les investisseurs
36:10ont tendance à vouloir
36:11aller chercher
36:12les valeurs
36:13qu'on vient performer avant
36:14donc le conseil pour rebondir
36:16ce que disait Gilles
36:16c'est n'allez pas chercher
36:18du Nvidia qui baisse
36:20aller chercher
36:21les nouveaux leaders
36:22du monde de demain
36:22qui vont vous entraîner
36:24vers la nouvelle croissance
36:26qui va émerger
36:26à partir de 2027
36:28et c'est ça
36:29qui est compliqué
36:30à faire dans nos métiers
36:31c'est d'aller chercher
36:31ce qui va se passer derrière
36:33et donc c'est pour ça
36:34que je disais tout à l'heure
36:34il y a une rotation
36:35qui est en train de se jouer
36:36d'un point de vue sectoriel
36:37mais il y a une rotation
36:39également géographique
36:41parce qu'une des choses
36:42qui me fait peur aujourd'hui
36:45c'est que je n'ai jamais vu
36:46le marché américain
36:47aussi important
36:48en poids sur les marchés actions
36:50on est à 63%
36:54d'un tracker monde
36:57sur les Etats-Unis
36:58donc quand vous investissez
37:00sur les actions internationales
37:01vous êtes automatiquement
37:02pour les deux tiers
37:03sur le marché américain
37:04ce qui veut dire
37:05que vous êtes à peu près
37:06pour 20% directement
37:07sur 10 valeurs
37:09de technologies américaines
37:10dont vous savez
37:11qu'elles sont trop chères
37:11et dont vous savez
37:13qu'elles sont à risque
37:13parce que comme le disait Gilles
37:14fort justement tout à l'heure
37:16elles sont très dépendantes
37:17de quelques clients
37:18qui pourraient tousser un jour
37:19donc vous vous retrouvez
37:21avec un risque
37:21qui est très élevé
37:23en ayant un tracker
37:25mais on peut avoir
37:26une rotation
37:27parce que les Etats-Unis
37:28c'est à peu près 20%
37:29du PIB mondial
37:3060% c'est beaucoup
37:31mais il y a d'autres pays
37:33comme par exemple
37:34la Chine
37:34dont on n'a pas encore parlé
37:36aujourd'hui
37:36mais qui a eu un comportement
37:38à mon avis
37:38extrêmement intéressant
37:40ce matin
37:41parce que le marché chinois
37:42a plutôt bien résisté
37:43comparé à ce qui s'est passé
37:44sur la Corée du Sud
37:45mais enfin par rapport
37:47à ce qui s'est passé
37:48sur la Corée du Sud
37:48on n'est pas vraiment
37:49dans les mêmes mouvements
37:50mais la Corée c'est pareil
37:52on parlait de l'or
37:53ou d'Advidien
37:53mais ça a pris 100%
37:54c'est l'an dernier
37:55tout à fait
37:55mais ce qui est intéressant
37:56c'est que c'est tiré
37:57par quelques valeurs
37:57de technologie
37:58et la Chine
37:59c'est un gros marché
38:00qui ne pèse que 3%
38:02moins les indices mondiaux
38:02alors que c'est 20%
38:03du PIB mondial
38:04et on le disait tout à l'heure
38:06c'est un rouleau compresseur
38:07et c'est un leader
38:07sur la réindustrialisation mondiale
38:09si vous voulez devenir
38:11autonome
38:11de point de vue énergétique
38:13vous devez acheter
38:14des panneaux solaires chinois
38:15si vous voulez
38:17passer à des voitures électriques
38:19vous achetez des voitures chinoises
38:20donc il va y avoir
38:22des bénéfices
38:23qui vont finir par arriver
38:24de ce côté du monde
38:26dans un marché
38:26qui est détesté
38:27peu cher
38:29totalement sous-détenu
38:30et auquel personne ne s'intéresse
38:31il a été réinvesti
38:32un petit peu quand même
38:32l'an dernier
38:33c'est 3% du marché mondial
38:35donc on ne peut pas dire
38:36que ce soit
38:36les plus en tout cas
38:36les plus taux vers l'Europe
38:37Anthony
38:37je vais être volontairement
38:38un peu contrariant
38:38parce que sinon
38:39c'est pas amusant
38:40je vois deux points
38:42qui me font relativiser
38:43un petit peu
38:43ce qui a été dit
38:44c'est d'une part
38:45l'IA c'est une course
38:46et pour l'instant
38:47les leaders
38:47ne veulent absolument pas décélérer
38:49parce que
38:49c'est trop coûteux
38:51d'être largué aujourd'hui
38:52vous savez
38:52c'est vraiment chaque jour
38:54j'allais dire que Dieu fait
38:55il faut absolument
38:56être à la frontière technologique
38:58donc j'ai du mal
38:58pour l'instant
38:59à anticiper un ralentissement
39:00on n'est pas du tout
39:01sur des moments de consolidation
39:02c'est au contraire
39:03il faut absolument
39:04ne pas décrocher de la frontière
39:05donc on voit que tous les géants
39:07s'affrontent de manière évergure
39:08donc je pense que ça va
39:09continuer de tirer
39:11et il faut avoir en tête aussi
39:12que le rendement du capital
39:14aux Etats-Unis
39:16c'est quelque chose
39:16d'absolument
39:18j'allais dire
39:19fabuleux
39:19par rapport à ce qu'on fait en Europe
39:20on le maltraite quand même
39:21bien comme il faut
39:22quand vous êtes investi aux Etats-Unis
39:23vous avez un rendement du capital
39:24et en Chine le problème
39:25c'est que vous n'avez pas de bénéfice
39:26vous avez beaucoup de sociétés
39:27qui ne sont pas bénéficiaires
39:28par exemple sur les industriels
39:29on arrive à peu près à mesurer
39:30qu'on a 30% des sociétés
39:32qui ont un résultat net négatif
39:33quand on parle des panneaux solaires
39:35je suis assez d'accord
39:35pour dire qu'à terme
39:36probablement
39:37d'une part
39:37ils dominent déjà le marché
39:38ils finiront par faire des bénéfices
39:44donc c'est dur
39:45c'est toujours possible
39:47de s'investir sur la Chine
39:48mais ce que je veux dire par là
39:48c'est qu'il faut être prudent
39:49sur quand même
39:50la constitution
39:51c'est un marché très particulier
39:52où les règles du jeu
39:53sont peu transparentes
39:55où on a des
39:55effectivement
39:56c'est à la fois un leader mondial industriel
39:57et qui génère très peu de bénéfices
39:59donc c'est paradoxal
40:01donc quand même
40:01un petit peu de prudence
40:02sur la Chine
40:03la Chine c'est le seul pays communiste
40:05qui a inventé
40:05la concurrence pure et parfaite
40:07micro-économiquement parlant
40:08des profits à zéro
40:09voire qui s'autodétruit
40:10presque pour partie
40:11on est sur un marché
40:12micro-économiquement pur
40:14où les profits sont à zéro
40:15c'est ce que la théorie
40:16micro-économique montre
40:17c'est en intercommuniste
40:18d'un côté
40:19avec les entreprises
40:21à part les entreprises publiques
40:23et de l'autre côté
40:24une concurrence pure et parfaite
40:25telle qu'on l'envisageait
40:26il y a quelques années
40:26c'est dur de bouter les Etats-Unis
40:28pour moi dans ce cadre-là
40:29c'est pour ça que
40:29les Etats-Unis
40:29je veux dire
40:30le profit c'est quand même
40:31beaucoup de profits monopolistiques
40:32c'est vrai
40:33c'est pas
40:33c'est vrai
40:35mais ça va dans le sens d'Anthony
40:36parce que quand il dit
40:37finalement
40:38cette course
40:38un petit peu à l'IA
40:39on sait bien que
40:40le winner takes it all
40:41c'est-à-dire le premier
40:42il va peut-être rafler
40:43l'ensemble du marché
40:44sauf ce qu'on voit ce matin
40:45c'est en Chine sur Edge
40:46enfin sur un nouveau modèle
40:48de LLM
40:49enfin de
40:50je veux dire
40:50il est possible
40:51que les 600 milliards de dollars
40:52soient investis pour rien
40:52je veux dire c'est aussi
40:53non mais il y en aura forcément
40:55qui seront investis pour rien
40:55comme dans la course à internet
40:57pour se nourrir
40:58il y a 25 ans
40:59puisque presque tout le monde
41:00sauf Anthony
41:01peut-être
41:01c'est un peu trop jeune
41:02mais a connu ça
41:03c'était
41:03on nous proposait
41:04des choses extraordinaires
41:05oui mais aujourd'hui
41:05la différence c'est
41:06qu'on faisait du logiciel
41:07et les grands
41:09les hyperscalers
41:10faisant du logiciel
41:10ils savaient faire de
41:11là il faut gérer du dur
41:12qui va peut-être servir à rien
41:14je veux dire
41:14dans
41:15après l'internet
41:16on a eu des tas
41:16pour ceux qui se souviennent
41:18de Global Crossing
41:18des choses comme ça
41:19on a inventé dans la fibre
41:20qui n'a pas servi
41:21parce qu'on avait anticipé
41:22et aujourd'hui
41:24le risque c'est qu'on voit
41:25ce matin des modèles
41:26je ne sais plus
41:26qui sortent sur
41:27éventuellement au téléphone
41:28ou au PC
41:29que les data centers
41:30ne servent à rien
41:30et c'est 600 milliards de dollars
41:32de data centers
41:32600 milliards de dollars
41:33c'est l'économie
41:34enfin c'est
41:35c'est beaucoup
41:36c'est 10% de PNB français
41:39ça ne peut servir à rien
41:39et donc ça veut dire
41:40que derrière
41:41les hyperscalers
41:42derrière
41:42ça va être des amortissements
41:43on a vu quand même
41:45Meta
41:45a changé de nom
41:46pour s'appeler Metaverse
41:48et à l'époque
41:48c'était 30 milliards de dollars
41:49on a comme divisé par deux
41:50le titre Facebook
41:50qui s'appelait Facebook
41:51et devait Meta
41:53pour juste 30 milliards de dollars
41:54qui n'ont servi à rien
41:55parce que Meta
41:56Metaverse
41:57je ne crois pas
41:57j'ai regardé
41:58ça fait longtemps que j'ai regardé
41:59ça ne m'a jamais beaucoup intéressé
41:59mais ça n'existait
42:01c'est vrai que l'IA
42:01avait l'air de plus passionné
42:02que le casque
42:03que Metaverse
42:04que les NFP
42:05comme ça
42:06on peut donner
42:06voilà
42:07donc le risque aujourd'hui
42:08le problème
42:08ce n'est pas la course à l'IA
42:10l'IA est là pour exister
42:11l'engagement d'elle fonctionne
42:13c'est le fait
42:14qu'on mette 600 milliards
42:15dans le dur
42:16dont la rentabilité
42:17n'est pas du tout assurée
42:18et même s'il y a un vainqueur
42:19si c'est Google
42:20peut-être que fera
42:20les 200 milliards
42:21de Facebook
42:22dans le dur
42:23voilà
42:23c'est des choses
42:24qu'ils ne faisaient pas
42:25c'est des gens
42:25qui avaient
42:26des free cash flow
42:27qui étaient énormes
42:27parce qu'ils faisaient
42:28des logiciels
42:29qui derrière
42:30étaient dépliqués
42:31là ils vont gérer
42:35des CPUs
42:36enfin des semi-conducteurs
42:38qui se déprécient
42:39au bout de 4-5 ans
42:39alors que chez certains
42:41c'est 10 ans de dépréciation
42:42parce qu'il y a un autre
42:42problème comptable
42:44voilà
42:44qu'ils n'arrivent pas
42:44à gagner de l'argent
42:45alors qu'ils mettent
42:45la dépréciation à 10 ans
42:46ça c'est Coreways
42:47et donc tous les 5 ans
42:48normalement il faut changer
42:49refaire tout son data
42:50il faudrait investir
42:51en plus de l'obligataire
42:52maintenant puisqu'il s'endette
42:53et là aussi
42:54on sait que toute grande crise
42:55je parle soit de contrôle
42:56Céline
42:57c'est vrai que ça part
42:57souvent du crédit
42:58là on est quand même
43:00sur des boîtes
43:01qui ont perdu du cash flow
43:02qui ne sont pas trop
43:02endettés
43:03en tout cas moins
43:03que ce qu'il y avait
43:04on a vu
43:04et c'était intéressant
43:05ça m'a rappelé
43:06ce qui s'est passé
43:07quand les taux d'intérêt
43:08étaient négatifs
43:08et on avait
43:11une émission obligataire
43:12négative
43:13ça s'entend
43:14c'est l'Autriche
43:15voilà c'est vrai
43:15que c'est l'Autriche
43:16je suis en train de
43:16et là on a eu
43:18la même chose
43:18avec des sociétés
43:19technologiques
43:20qui émettent à 100 ans
43:21voilà
43:22donc je pense qu'on doit
43:23beaucoup en reparler
43:24de cette émission
43:26obligataire à 100 ans
43:27parce qu'il faut quand même
43:27la technologie
43:29on n'est pas si vieux que ça
43:31mais on a quand même
43:31vu beaucoup de changements
43:34Kodak
43:34pour vous ça fait partie
43:35des signaux faibles
43:36finalement
43:36quand on arrive
43:37à ces aberrations économiques
43:39on se dit
43:40là
43:41c'est le moment
43:42de
43:42oui
43:42et alors il y a un signal
43:44on en a parlé tout à l'heure
43:46assez brièvement
43:47c'est la génération
43:48de trésorerie disponible
43:50de cash flow
43:50quand vous avez
43:52un plongeon
43:52de votre génération
43:53de cash
43:55derrière
43:55c'est très mauvais
43:57vous avez
43:58vous avez des problèmes
43:59surtout si vous commencez
44:01à avoir des revenus
44:01qui sont un peu tangents
44:02et sachant que vous avez
44:04des revenus
44:04qui sont on va dire
44:05pour un gros tiers
44:06dépendant de la publicité
44:07si jamais vous avez
44:09un ralentissement économique
44:10je ne vois pas exactement
44:11comment est-ce que vous allez
44:13faire avec votre génération
44:15c'est pas tout à fait ce qu'on a observé
44:15pour l'instant
44:16il continue de mettre de l'argent
44:17non en fait
44:18ce qui compte
44:19c'est la pente
44:19c'est la baisse
44:21la baisse
44:22de la génération
44:23de trésorerie disponible
44:24depuis
44:25deux trimestres
44:26vous avez une baisse
44:27de génération
44:28de trésorerie disponible
44:29c'est une baisse
44:31qui doit être
44:32à peu près
44:32de 66%
44:34depuis deux trimestres
44:35c'est spectaculaire
44:36bon on va vérifier
44:37et la dernière fois
44:38qu'on a eu ça
44:38c'était
44:39fin 99
44:42bon et bien sûr
44:43sur ces augures
44:44assez funestes
44:45on va terminer
44:46cette planète marché
44:48en tout cas
44:49un grand merci
44:49à nos trois experts
44:50j'espère qu'on n'a pas
44:51déprimé tout le monde
44:51tout à fait
44:52merci à Gilles
44:53Etchéberi-Garay
44:54et Cano Asset Management
44:56Anthony Morley
44:57de la Vidalie
44:58merci
44:58de Rex & Code
44:59et puis Céline Picmelprade
45:00de Picmel Autumn Investments
45:02merci à tous les trois
45:03on continue dans un instant
45:04on va reparler
45:06de la souveraineté technologique
45:07à tout de suite
45:18Dans Smart Bourse
45:20ce dernier quart d'heure
45:21on va s'intéresser
45:22à la souveraineté technologique
45:24l'Europe qui peut
45:26et doit riposter
45:27on en parle avec
45:27notre invité
45:28François Robinet
45:29bonsoir
45:29bonsoir
45:30vous êtes le fondateur
45:31d'AVP
45:32un fonds de Venture
45:33alors on vous connaissait
45:34à la tête de AXA Venture
45:37pas la tête d'AXA
45:38pas tout à fait
45:39AXA Venture
45:39enfin
45:40AXA Venture Partner
45:41AXA Venture Partner
45:42et vous avez gardé
45:44les mêmes initiales
45:45oui
45:45on ne s'est pas cassé la tête
45:47on a pris notre indépendance
45:50quand AXA a vendu
45:51toute sa gestion d'actifs
45:53à BNP
45:54on en a profité
45:56pour racheter la société
45:57mais on est resté
45:59AVP
45:59AXA Venture Partner
46:00on était connu
46:02sous le nom d'AVP
46:02donc on a gardé
46:03les trois lettres
46:04c'était plus simple
46:04très bien
46:05voilà pour la présentation
46:06François
46:06votre combat
46:07comment répondre
46:08au déficit chronique
46:09de financement
46:10des scale-up européennes
46:11un segment
46:12qui est historiquement
46:13dominé par les fonds
46:14américains et souverains
46:15c'est vrai
46:16ou souverains
46:16c'est vrai qu'on a l'impression
46:17qu'à chaque fois
46:18qu'il y a quelque chose
46:18qui marche
46:18qui marche un peu bien
46:19il y a un gros américain
46:21maintenant chinois
46:21ou autre
46:22qui arrive
46:22et qui met la main dessus
46:23comment on arrive
46:24à rester indépendant
46:25c'est vrai
46:26c'est vrai
46:26et c'est une question
46:27de force de frappe
46:28c'est à dire
46:29que historiquement
46:32historiquement
46:32le marché du venture
46:33ça a été un marché américain
46:34alors l'Europe
46:35s'est beaucoup
46:36beaucoup développé
46:37il y a eu énormément
46:37d'initiatives
46:38qui ont fait
46:39que l'Europe
46:39a beaucoup progressé
46:42d'abord avec des fonds
46:43venture
46:43puis avec des fonds
46:44grosses
46:45il y a eu l'initiative
46:46Tibi en France
46:46il y a eu l'équivalent
46:48dans d'autres pays
46:48qui ont permis
46:49l'émergence
46:49de vraies plateformes
46:52de très bonnes plateformes
46:54dont ABP
46:56qui investissaient
46:56d'abord sur le venture
46:57ce que j'appelle
46:58le venture
46:58c'est des sociétés
46:59au début de leur vie
47:00assez risquées
47:01d'accord
47:02c'est quoi la traduction
47:03en français
47:03capital investissement
47:04tout le monde peut dire
47:05oui c'est amorçage
47:06pour le tout début
47:07et capital risque
47:08donc c'est vraiment
47:08des sociétés
47:09qui ne sont pas encore
47:10constituées
47:10qui ont déjà
47:11le tout début
47:12c'est des sociétés
47:13pas encore constituées
47:14vous avez une présentation
47:15des slides
47:16et vous investissez
47:18sur une équipe
47:19nous on ne fait pas ça
47:20ça c'est ce qu'on appelle
47:20le seed
47:21c'est vraiment l'amorçage
47:22on investit
47:25quand il y a un produit
47:26on veut voir le produit
47:27on veut voir à quoi ça ressemble
47:28par contre on prend le risque
47:30de ce qu'on appelle
47:31go to market
47:31c'est à dire
47:32d'entrer sur le marché
47:33et de trouver
47:34les premiers clients
47:35ça c'est ce qu'on appelle
47:36le venture
47:37et donc il y a un élément
47:38de risque assez important
47:40parce qu'évidemment
47:40on aime bien le produit
47:41on aime bien le software
47:42on aime bien la technologie
47:43mais on ne sait pas
47:44si ce service
47:46ou ce software
47:47trouveront leur marché
47:48et puis après
47:49on s'est déplacé
47:50sur ce qu'on appelle
47:51le gross
47:52croissance
47:53au capital croissance
47:54en France
47:54c'est à dire
47:55une fois que la société
47:57a trouvé son marché
47:58pour le coup
47:59le sujet c'est d'accélérer
48:00et devenir une très grande société
48:03et historiquement
48:04aux Etats-Unis d'abord
48:06et puis en Europe
48:06comme je le disais
48:07on a beaucoup progressé
48:09l'innovation
48:10c'est financé
48:11comme ça
48:12des petits tours
48:13de financement
48:13initialement
48:14et puis
48:15plus la société
48:16se développait
48:17des gros tours
48:17de financement
48:18et les licornes
48:19c'est ce qu'on appelle
48:19les différentes séries
48:20les différentes séries
48:21série A
48:22typiquement
48:23début de la vie
48:23des sociétés
48:24B et C
48:24et puis
48:25l'alphabet
48:26à 26 lettres
48:27donc on peut aller
48:27très loin
48:28jusqu'à la sortie
48:29et la sortie
48:30ça peut être
48:31l'IPO
48:31ça peut être
48:32une acquisition stratégique
48:33par un groupe
48:34industriel
48:35est-ce que je me trompe
48:35quand je dis que
48:36plus on monte
48:37dans l'IPO
48:37plus la société
48:38a fait ses preuves
48:39plus on monte
48:40cible qu'elle va gagner
48:41de l'argent
48:41plus ça vaut cher
48:42le ticket d'entrée
48:43oui alors
48:44c'est ça qui est
48:45qui est intéressant
48:46c'est vrai
48:47c'était vrai historiquement
48:49c'est toujours vrai
48:50c'est typiquement
48:51l'histoire
48:51des sociétés
48:52qui développent
48:53des softwares
48:54des logiciels
48:55des logiciels
48:56et le vendre
48:56à quelques clients
48:57c'est la série A
48:58on lève 5, 10, 15, 20 millions
49:00et puis elle se développe
49:01et on finit par lever
49:03des centaines de millions
49:04on a des très belles sociétés
49:05en France
49:07d'Octolib
49:08des sociétés comme cela
49:10qui ont commencé
49:10toutes petites
49:11et qui sont maintenant
49:12de devenir des très très belles sociétés
49:15profitables
49:16ou très proches
49:16de la profitabilité
49:17etc
49:17et nous on a développé
49:19nos fonds
49:20dans cette logique
49:21un fonds venture
49:22qui investit
49:23qui fait 200 millions
49:24qui investit au début
49:25de la vie des sociétés
49:26et puis à l'autre
49:27bout de la chaîne
49:28on a un fonds gros
49:30qu'on est en train de lever
49:31qui devrait faire
49:32un milliard et demi
49:32qui l'a investi
49:33dans des sociétés
49:34qui sont matures
49:35peut-être pas encore profitables
49:36mais avec un chemin
49:38vers la profitabilité
49:39très claire
49:39qui font centaines de millions
49:40de chiffres d'affaires
49:41voire plus
49:42donc
49:42qui investit François
49:43dans ces fonds
49:44ce sont des
49:44les institutionnels
49:46les fonds de pension
49:49en Europe
49:49beaucoup
49:49les sociétés d'assurance
49:51nous on a eu
49:52la chance
49:53de bénéficier
49:53du soutien fort
49:54d'AXA
49:54on continue
49:55à bénéficier
49:56du soutien d'AXA
49:57mais voilà
49:58les investisseurs
50:00institutionnels
50:00des family office
50:01aussi
50:02des corporate
50:03qui veulent
50:04outre
50:06le retour financier
50:07bénéficier
50:08un petit peu
50:08de
50:09de
50:10de
50:11de
50:12de
50:12de
50:12tour de marché
50:12voir un petit peu
50:13ce qui se passe
50:13sur le marché
50:14de l'innovation
50:14donc c'est l'ensemble
50:16de ces investisseurs
50:17ce qui est en train
50:18de changer
50:19c'est que
50:20l'innovation
50:21les nouvelles technologies
50:22ou certaines nouvelles technologies
50:24ont un cycle
50:25de financement
50:26différent
50:27et notamment
50:27parce qu'elles sont
50:29elles consomment
50:30pas mal de capital
50:31au début de leur vie
50:31ce fameux CAPEX
50:32ça veut dire qu'on ne peut pas
50:33démarrer avec 5
50:3410 millions
50:35quand vous faites un software
50:36vous avez besoin de quoi
50:37vous avez besoin de 5
50:3810 programmeurs
50:39et vous programmez
50:40et vous faites votre software
50:42quand vous faites
50:43de l'ordinateur quantique
50:45c'est quelque chose
50:45qu'on connaît bien
50:46parce qu'on a financé
50:47la dernière
50:48le dernier tour de table
50:49d'une très belle société française
50:51qui s'appelle Alice et Bob
50:52dont j'étais venu parler ici
50:55évidemment
50:55on a
50:56les chercheurs
50:57on a
50:57de la recherche
50:58mais on a aussi du CAPEX
50:59parce qu'il faut les construire
51:00ces ordinateurs quantiques
51:02il faut
51:03construire une usine
51:04un début d'usine
51:05le dernier tour de table
51:06d'Alice et Bob
51:07qui était une série B
51:08pour reprendre
51:09les séries
51:10c'était un tour de 100 millions
51:11qu'on a dirigé
51:13et on a beaucoup d'industries
51:15comme celle-ci
51:16donc j'ai cité le quantique
51:18mais il y a
51:18la robotique
51:20les semi-conducteurs
51:21dans une certaine mesure
51:22le life science
51:24les industries de l'espace
51:25également
51:25qui ont ce cycle
51:27de financement
51:27c'est-à-dire
51:28même à des stades
51:30taux
51:31du développement
51:32des sociétés
51:32il faut beaucoup de capitaux
51:33et ça
51:34l'Europe
51:35est encore en retard
51:36pourquoi ?
51:37est-ce que c'est
51:38une mentalité ?
51:39est-ce qu'on est
51:39non non
51:40c'est une question
51:41de sens de frappe
51:42d'accord
51:43donc vous voyez
51:44on était très content
51:46de lancer notre fonds
51:47d'un milliard et demi
51:47il y a maintenant
51:48quelques fonds en Europe
51:49qui font plus d'un milliard
51:51mais qui se concentrent
51:52sur des sociétés
51:53qui sont déjà
51:53bien avancées
51:55il faut des fonds
51:56de cette taille-là
51:57ou voire plus gros
51:58et même plus gros
51:59pour avoir la capacité
52:00de prendre ces risques
52:01qui peuvent mettre
52:02200-300 millions
52:03sur un tour de table
52:04d'une société assez jeune
52:06on le voit aussi
52:07sur l'intelligence artificielle
52:10les premiers tours
52:11des Open AI
52:13Anthropik
52:13ou Mistral
52:14on parlait
52:15de plusieurs centaines
52:16de millions d'euros
52:17qui a fait ces tours ?
52:18les gros fonds américains
52:20pourquoi ils ont fait ces tours ?
52:21parce qu'ils ont
52:22cette force de frappe
52:23parce qu'aux Etats-Unis
52:24vous avez plusieurs fonds
52:26privés
52:27qui font plus de 5 milliards
52:28Sequoia
52:29gros ça doit faire
52:308 milliards
52:31le fonds d'Andre Senorovits
52:3214 milliards
52:33etc
52:33donc vous pouvez mettre
52:35des tickets de 200-300 millions
52:37c'est cohérent
52:38avec la taille
52:38de votre portefeuille
52:39de votre fonds
52:40en termes de prise de risque
52:41et ça on ne l'a pas encore
52:43en Europe
52:43et c'est d'autant plus dommage
52:45que sur les industries
52:48les technologies
52:49dont je viens de parler
52:51le quantique etc
52:52l'Europe a une vraie carte à jouer
52:53oui
52:54une vraie carte à jouer
52:55alors vous dites
52:55on a peut-être perdu finalement
52:57la bataille de l'IA
52:58du côté du software
52:59mais du côté de l'industrie
53:00l'IA
53:01j'allais dire
53:02le train quittait la gare
53:03quand même
53:04heureusement qu'on a Mistral
53:05qui fait quand même
53:06un très beau boulot
53:07mais on n'a à peu près
53:08que Mistral
53:09sur les autres
53:11verticales
53:12dont je parlais
53:13qui sont des applications
53:14industrielles
53:15donc on parle de
53:16réindustrialisation
53:16ça c'est de la vraie
53:18réindustrialisation
53:18c'est de la souveraineté
53:20et de la réindustrialisation
53:21mais il faut
53:22du financement
53:24en très grande masse
53:25et ça
53:26on n'a pas encore
53:27les fonds
53:28capables
53:28de faire cela
53:29et le risque
53:30pour le coup
53:31et on l'a vu
53:32sur pas mal
53:33de dernières opérations
53:35de financement
53:35c'est que ce soit
53:36les fonds anglo-saxons
53:37qui sont par ailleurs
53:38excellents
53:39c'est pas une critique
53:40sur la qualité des fonds
53:41ils sont excellents
53:42mais ils sont américains
53:43et donc forcément
53:45ils vont déplacer
53:46le centre de gravité
53:48de la société
53:49vers les Etats-Unis
53:50donc on va perdre
53:51en souveraineté
53:51même si on a
53:52les talents finalement
53:53on a les talents
53:53on a les centres de recherche
53:55on a l'esprit
53:56entrepreneuriat
53:56on a des très très bons
53:58entrepreneurs
53:58vraiment
53:58vraiment
54:00mais au bout d'un moment
54:01l'argent ça compte
54:01et quand on voit
54:02qu'on est sur un ratio
54:03de 1 à 10
54:04en passant
54:05en allant du côté
54:06des Etats-Unis
54:07souvent c'est le levier de fond
54:08il faut en acheter un zéro
54:09on a un des concurrents
54:11je parlais d'Alicebob
54:12qui a fait une levée
54:13d'un milliard
54:14alors qu'ils ne sont pas
54:14plus avancés
54:16avec un milliard
54:17c'est 10 fois plus
54:18ça que les 100 millions
54:19ça fait quand même
54:20beaucoup d'argent
54:20on peut mettre
54:21beaucoup plus de compétences
54:22en une fois
54:22c'est ça
54:23c'est à dire qu'à un moment
54:24on peut acheter
54:25même si les salaires
54:26sont plus élevés
54:26aux Etats-Unis
54:27on peut quand même
54:28recruter beaucoup de monde
54:29je parlais justement
54:30de mentalité
54:30parce que
54:31nous notre réflexe
54:32c'est souvent
54:33de se pencher vers l'Etat
54:34à ce moment-là
54:35et de se dire
54:35voilà
54:36l'Etat va décider
54:37flécher l'argent
54:39créer une loi
54:40pour favoriser
54:42la création d'un fond
54:43d'un tel
54:43est-ce que c'est
54:44oui alors
54:48l'écosystème européen
54:49est différent
54:51d'abord
54:51le mode d'épargne
54:52en Europe est différent
54:54en Europe
54:54en France
54:55en particulier
54:56on a des retraites
54:58par répartition
54:59pas par capitalisation
55:00donc on a une manne d'épargne
55:02qui n'est pas disponible
55:03donc il n'est pas anormal
55:04que l'Etat
55:05participe
55:06à ce financement
55:07la BPI
55:08a fait un travail
55:09remarquable
55:09en France
55:11quelquefois critiqué
55:12mais heureusement
55:14qu'il y a la BPI
55:15il y a des co-investitions
55:15à vos côtés
55:16sur Alice et Bob
55:18oui
55:19en particulier
55:20et sur d'autres sociétés
55:22oui
55:22la BPI
55:23sait prendre des risques
55:24et heureusement
55:24qu'elle est là
55:26il y a d'autres
55:26il y a l'équivalent
55:28de la BPI
55:28dans d'autres pays européens
55:29il y a l'EIF
55:30au niveau européen
55:32donc oui
55:32il y a de l'argent public
55:33qui se substitue
55:34à l'argent privé
55:35c'est très bien
55:36j'allais dire
55:38c'est cohérent
55:39avec l'environnement européen
55:41mais ça ne suffit pas
55:42c'est-à-dire
55:43qu'on connaît
55:45la situation
55:46des finances publiques
55:47il y a une limite
55:48et il faut que l'investissement privé
55:51en termes de capacité
55:53à prendre des risques
55:53et en termes de volume
55:55soit disponible
55:56pour investir
55:57dans ces entreprises innovantes
55:59qui encore une fois
56:00sont au meilleur rang mondial
56:03parce que c'est
56:04les industries de demain
56:05et parce que c'est
56:07la souveraineté européenne
56:08et voilà
56:09et c'est capital
56:10effectivement
56:10de continuer
56:12d'encourager
56:13cette souveraineté européenne
56:14on parle beaucoup
56:15notamment dans le secteur
56:16de la France
56:16mais pas que
56:17en tout cas il faut refaire notre retard
56:18sur l'IA
56:19vous le disiez
56:20la bataille
56:21le train est passé
56:22mais on peut se rattraper
56:23et également sur la défense
56:25la défense tech
56:26les industries
56:28technologiques
56:28appliquées à la défense
56:29ou avec ce qu'on appelle
56:30les dual use
56:31donc civil et militaire
56:32là encore
56:33l'Europe
56:34a quelque chose à dire
56:35quelque chose à faire
56:36voilà
56:36en tout cas
56:37malheureusement
56:37le contexte est assez propice
56:39on espère
56:39qu'on va retrouver
56:40des financements
56:41merci
56:42François Robinet
56:43je rappelle que vous êtes
56:43le créateur d'AVP
56:45donc un fonds de venture
56:46et on vous souhaite un bon courage
56:47pour toutes ces levées
56:49merci à vous
56:50cette édition de SmartBourse
56:52touche à sa fin
56:53merci de nous avoir suivis
56:54je vous rappelle que
56:54vous pouvez nous revoir
56:56ou nous réécouter en replay
56:57sur toutes les bonnes
56:58plateformes de streaming
56:59vous pouvez bien sûr
57:00vous abonner
57:01et puis regarder également
57:02sur les réseaux sociaux
57:03l'excellent SmartTrade
57:04tous les jours
57:05avec Pauline Grattel
57:06on se retrouve dès demain
57:07à 17h en direct
57:08pour une nouvelle émission
57:10d'ici là
57:10excellente soirée à tous
57:11Générique
57:13...
57:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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