00:0016h50, chaque jour, un expert de marché nous rejoint pour combattre le consensus.
00:04Résister aux idées un peu trop faciles.
00:06Stéphane Van Uffel aujourd'hui est avec nous.
00:08Bonjour Stéphane.
00:09Bonjour Mio.
00:09Directeur de la performance d'Ingéfi Partners.
00:12D'Ingéfi Partners.
00:13D'Ingéfi Partners.
00:14Qu'au français, bordelais, plombetit.
00:15Parler qu'au français donc.
00:17Non, mais international évidemment.
00:19Mais on dit un Géfi.
00:20Voilà.
00:20C'est la French touch.
00:21Alors, Stéphane, les crises internationales ne font que des perdants en bourse.
00:26La géopolitique est mauvaise pour les marchés en général.
00:28Certains ne pensent pas vous.
00:29Ou vous vous dites bullshit.
00:32Vous foudroyez cette idée que les tensions géopolitiques sont une machine à perdre.
00:36Donc les épargnants qu'on voit assez prudents depuis le début de la guerre ont tort d'être prudents.
00:40Alors un épargnant n'a jamais tort d'être prudent mon cher Guillaume.
00:43Puisque vous savez que le triptyque magique pour un conseiller financier ou un conseiller en gestion de patrimoine
00:47est risque, rendement, liquidité.
00:50Donc de toute façon, il ne faut jamais être trop bullish.
00:53Pour être moins French touch.
00:54Pour ne pas être trop bériche non plus.
00:56Donc ils ont raison d'être prudents.
00:57En revanche, la situation dans laquelle on est aujourd'hui, ce n'est pas toutes les guerres,
01:02mais la situation dans laquelle on est aujourd'hui, où finalement on a un cumul de guerres géolocalisées,
01:06qui, pardon de le dire, ne sont plus des guerres comme on a appris à l'école,
01:09qui sont des guerres avec des cessez-le-feu, qui sont des guerres pendant quelques jours,
01:12qui sont des guerres qui s'arrêtent, qui reprennent, etc.
01:14créent des environnements de marché, qui ne sont forcément pas des environnements de marché
01:18qui sclérosent la planète.
01:21Exemple World War II ou I, où là, il ne se passe plus rien, on est en économie de guerre.
01:25Personne ne rentre en économie de guerre actuellement, à part évidemment l'Ukraine.
01:29À part évidemment l'Ukraine, en vrai.
01:30Donc ça veut dire quoi ?
01:31C'est-à-dire que les budgets sont revus, certes, pour la France, pour d'autres,
01:34mais il existe forcément, à ce moment-là, des opportunités,
01:37puisque ça crée de la volatilité.
01:40Dès qu'il y a une annonce d'un camp, de l'autre, de l'Europe, de Donald Trump, des
01:44Iraniens,
01:44forcément il se passe un mouvement, et ce mouvement crée de la volatilité,
01:48et ce n'est pas à vous que je vais apprendre que les meilleures opportunités de marché
01:52sont finalement dans des situations de volatilité.
01:55Il faut juste bien choisir son timing.
01:57Cette guerre, elle est gorgée de deadlines, d'échéances, au-delà de laquelle un tournant arrivera.
02:02On n'a que ça depuis le début de cette guerre,
02:03et ça maintient effectivement les marchés dans une forme de tension,
02:06et les investisseurs prêts à dégainer à la hausse.
02:09C'est pour ça que les marchés ne reculent pas tant que ça.
02:10Il y a tellement de deadlines que ça tient les marchés.
02:13Comment bien réagir ? Vers quelle valeur se tourner ?
02:15Alors d'abord, juste, je fais une petite remarque,
02:17parce qu'il y a un élément qui est important dans ce que vous venez de dire.
02:19Vous parliez juste avant de bien regarder la trésorinette des entreprises
02:22pour choisir une bonne valeur.
02:23Nous, en tout cas, conseillers en gestion de patrimoine,
02:25je pense que les banquiers privés font pareil.
02:27C'est-à-dire qu'on n'est pas en intraday, je le répète souvent sur ce plateau.
02:30Là, il y a un mouvement qui se passe qui est très important.
02:32On regarde souvent les mouvements de flux.
02:33Très rapide.
02:35Et là, en ce moment, depuis une dizaine de jours,
02:37historiquement, ce n'est pas arrivé depuis plus de dix ans,
02:38qu'il y ait autant de flux des fonds monétaires risk-off,
02:42donc de repli, qui sont revenus sur les marchés,
02:45y compris, mon cher Guillaume, des hedge funds et des algorithmes.
02:50C'est-à-dire cette gestion financière automatisée.
02:52Donc, même les machines, en ce moment, sentent qu'il y a des trucs à faire.
02:56Donc, il y a un retour global et il y a déjà eu des prises de position assez importantes.
03:00Donc, nous, on le regarde comme ça.
03:01Maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?
03:02Qu'est-ce qu'eux vont faire ?
03:03Évidemment, ils le feront à leur façon.
03:04Nous, qu'est-ce qu'on se dit ?
03:06Aujourd'hui, il faut réagir, évidemment, en essayant d'éviter, avant tout,
03:09d'aller sur tout ce qui est impacté directement par la guerre.
03:12Donc, on va forcément choisir, d'abord, je vous donne un exemple,
03:15des autres géographies qui sont moins impactées.
03:18Je vous donne un exemple.
03:19Vous pouvez prendre les pays nordiques.
03:21Moi, je regarde de très près les pays scandinaves.
03:24Alors, évidemment, si on prend le cas de la Norvège, c'est simple,
03:26parce que le prix du pétrole augmente, donc, eux, c'est tout bénef.
03:29Et donc, à côté de ça, ça relance forcément ce tissu entrepreneurial
03:35extrêmement actif en Norvège,
03:36puisque vous avez un nombre d'IPO qui explose depuis une vingtaine d'années en Norvège,
03:40et surtout, une dette WB, triple B.
03:43Donc, on n'est que quasiment sur de l'avancement grade,
03:45avec du 3,9 pour les plus sécurisés,
03:47jusqu'à 7% embarqués pour les moins sécurisés.
03:49Donc, c'est des exemples où on n'est pas impacté fondamentalement,
03:52en ce moment, en tout cas.
03:53On le sera peut-être si ça se complique en termes d'échanges internationaux,
03:56mais c'est des exemples qui sont très importants.
03:59L'Europe nordique.
04:00Pardon ?
04:00L'Europe nordique, les pays scandinaves.
04:01Par exemple, l'Europe nordique, mais, enfin, je suis obligé de le dire,
04:03Julien, je pense, va partager mon avis.
04:06Tout le monde vient de réapprendre qu'il y avait une marque coréenne d'outils téléphoniques et autres
04:12qui sortent, qui dépassaient les 1 000 milliards de capitalisation.
04:15On les applaudit, c'est super, ça fait longtemps que les Américains sont à 3 000 milliards.
04:18Mais les résultats annoncés par Samsung sont gigantesques.
04:21Et en fait, on a tellement parlé des États-Unis,
04:23on a tellement parlé de tout ça,
04:25qu'on a oublié que cette machine,
04:28cette espèce de...
04:29Alors, on oublie ce conglomérat
04:33qui vient de très très loin,
04:34qui est centenaire,
04:36cartonnée.
04:37Donc là, ici, une zone géographique
04:38qui est complètement décorrélée,
04:40qui est évidemment liée à l'autre grande inquiétude
04:42qu'on avait il y a 3 mois avant la guerre,
04:43qui était la fin de l'IAB.
04:45Enfin, ça, c'est les marchés qui sont comme ça.
04:46Donc, ensuite, il y a des secteurs...
04:48Puisque je parlais un peu de Samsung...
04:49Secteurs gagnants malgré la bourse.
04:51Ou grâce à la bourse...
04:52Malgré la bourse.
04:52Qu'est-ce que...
04:53Des secteurs gagnants malgré la guerre.
04:55Ou grâce à la guerre.
04:55Des secteurs gagnants malgré la guerre.
04:57Je suis désolé de le dire,
04:58c'est pas très ESG.
04:59Mais d'abord, la sécurité et l'armement.
05:01Donc, évidemment, l'aviation,
05:03évidemment, toutes les armes,
05:05le naval, les drones,
05:07toutes les technologies embarquées des drones.
05:09Donc, ça veut dire quoi ?
05:10On redescend toujours et encore à la marotte actuelle,
05:12qui, pour moi, est une révolution fondamentale.
05:14On va arrêter de s'inquiéter là-dessus.
05:16Il faut des semi-conducteurs
05:17parce qu'il y a des intelligences artificielles
05:19embarquées dans n'importe quoi aujourd'hui.
05:21Et ce secteur de l'armement
05:22ne va faire que progresser.
05:24Parce qu'avec les leçons qu'on va tenir de ça,
05:26au moins, on va devoir se renforcer.
05:28Vous avez évidemment toujours le digital
05:30qui continue à fonctionner.
05:31Parce que des guerres comme ça,
05:33ça peut très vite reprovoquer
05:35chez les très grands acteurs du digital.
05:37On repart à une course aux étoiles.
05:40On a vu que les Américains
05:41avaient fait le tour de la Lune.
05:41On l'oublie un peu à cause de l'Iran aussi.
05:43Mais c'est un moment exceptionnel.
05:45Parce qu'en fait, l'espace est un terrain de jeu
05:47énorme pour les marchés et pour l'investissement.
05:49D'un point de vue gisement,
05:50d'un point de vue technologie, de la communication.
05:52Donc, il y a énormément de choses à faire.
05:53Et puis, je finis juste sur qu'est-ce qu'on peut faire ?
05:56Il faut aussi peut-être,
05:57et là, on intervient à nous,
05:59faire un peu de technique financière.
06:01Je vous en ai avec deux exemples très très rapides.
06:03Je vous parlais des pays scandinaves.
06:05Vous pouvez très bien aller prendre
06:06un contrat luxembourgeois
06:07et faire un investissement obligataire
06:09ou un investissement equity
06:10en couronne norvégienne ou en couronne suédoise.
06:13En plus, vous excluez du risque de taux de change
06:16entre l'euro, le dollar, etc., le yen,
06:19s'il y a, à un moment donné,
06:20une guerre financière qui s'accélère,
06:22parce que c'est ce que les Chinois vont essayer de faire.
06:23Ça, c'est hyper important.
06:25C'est un vrai sujet.
06:25Ce n'est pas du dandisme, c'est de la vraie stratégie.
06:27En fait, on est dans la technique financière
06:28qui, jusque-là, quand les marchés vont bien,
06:30on n'a pas forcément besoin d'inquiéter nos clients.
06:32Alors, si, un peu avec des produits structurés,
06:34mais là, ça va.
06:34Julien.
06:35Oui, alors après, c'est beau attitier.
06:37On s'en passe bien, pour être honnête.
06:38Vous, vous évoquez les actions coréennes.
06:40La Corée, avant le conflit,
06:42c'était incroyable.
06:43Et ça a quand même bien dégagé.
06:45Le CAC 40, il perd 9% sur le mois de mars.
06:49Sans ce conflit, le CAC 40,
06:50je crois qu'il prend 4% depuis le début de l'année,
06:523 ou 4.
06:54On serait certainement à 6-7.
06:57Donc, je veux dire que ce conflit
06:58crée des opportunités.
06:59La vérité, c'est que, pour le moment,
06:59il a surtout obéiré une marche en avant.
07:03Alors, d'abord, Julien,
07:04c'est ce que je vous dis, vous avez raison.
07:06La question était,
07:07est-ce qu'il n'y a que des perdants ?
07:08Évidemment, des perdants.
07:09Je vais vous en citer un,
07:10parce que c'est une de mes valeurs préférées boursières,
07:13et je l'ai déjà dit au moins 10 fois ici.
07:14Hermès.
07:16Évidemment, Hermès, LVMH,
07:18bizarrement, comme ils ont perdu un tiers
07:19de leur clientèle au Moyen-Orient,
07:21ils baissent.
07:22Mais vous voyez ce que je veux dire ?
07:23C'est un moment à passer.
07:24Donc, je suis d'accord avec vous.
07:26Évidemment, tout aurait été mieux.
07:27Mais attention, on oublie quand même
07:28que, par exemple, je prends les actions US.
07:31J'étais venu ici expliquer
07:32que moi, j'étais beaucoup plus
07:34boule sur l'Europe.
07:35Oui, c'est le semestre que les US.
07:38Pourquoi ?
07:38Parce qu'il y a des militaires qui arrivent,
07:39et ça, on oublie aussi,
07:40que le vrai problème aux États-Unis,
07:41quand vous avez des copains et j'en ai,
07:42et que vous les appelez,
07:43la guerre en Iran,
07:44c'est un truc qui passe un peu à la télé,
07:46évidemment, parce que Donald fait son cinéma.
07:48Leur grande inquiétude
07:49sur le pouvoir d'achat,
07:50sur ce qui se passe aux États-Unis,
07:51c'est les élections.
07:52Et là, il peut y avoir
07:53un vrai renversement
07:54qui pourrait avoir un impact très fort
07:55sur les grosses valeurs américaines
07:57de consommation.
07:57Et là, on sera...
07:59Les sept magnificantes
08:00ne pourront plus tirer
08:01les indices que vers le haut.
08:03Et aussi parce qu'ils ne sauront pas
08:04les baisses de taux.
08:05Enfin, ce sera plus difficile
08:06de les délivrer cette année.
08:07Et on vient au vrai sujet.
08:08On vient au vrai sujet.
08:09Il n'en reste que 30 secondes.
08:11Que 30 secondes.
08:11On vient au vrai sujet.
08:12Non, mais pour finir là-dessus,
08:13on vient au vrai sujet
08:13qui sont les sujets des taux, en fait.
08:15Le vrai sujet, c'est que,
08:17moi, je rejoins Julien,
08:17tout allait plutôt bien.
08:19Donc, normalement,
08:20l'économie tournait.
08:23Mais on savait qu'il allait y avoir
08:24un petit ralentissement quand même,
08:25en particulier en Europe.
08:26Donc, on s'attendait à ce que la Fed
08:27et surtout la BCE
08:28baissent un peu ses taux.
08:29Et puis là, avec cette hausse
08:31de l'inflation artificielle
08:32à cause du prix du pétrole,
08:35nous met dans une situation
08:35un peu inédite
08:36parce que hausse du pétrole,
08:38c'est-à-dire que les entreprises
08:39vont moins investir sans doute,
08:40les ménages ont moins de moyens.
08:41Donc, ce n'est pas une vraie inflation.
08:42Donc, monter les taux,
08:43ce ne serait pas forcément
08:44la meilleure solution
08:45parce que ça ralentirait
08:46encore plus l'économie.
08:47Donc là, on va voir
08:48comment ils s'en sortent
08:49à ce moment-là.
08:50Avec un cours du pétrole
08:51qui continue de monter,
08:52de remonter depuis l'annonce
08:53d'une poursuite du blocus américain.
08:55Certes, pas de bombe,
08:55mais la guerre économique,
08:56elle, se durcit.
08:57Le Brent est à 101 dollars.
08:58On refranchit les 100 dollars
08:59cet après-midi
09:00sur le baril de Brent.
09:01Le pétrole se remet en mode guerre,
09:02mais guerre économique, là.
09:04Merci beaucoup, Stéphane,
09:05nous avons accompagné.
09:06Stéphane Van Uffel,
09:06directeur de la performance
09:07d'Ingéfi Partners.
09:09Partenaires.
09:09Merci Stéphane
09:10de passer le voir.
09:11Merci.
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