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Quel bilan et quelles perspectives pour l’industrie française du jeu vidéo ? En pleine semaine des Pégases, le président du Syndicat national du jeu vidéo, Lévan Sardjevéladzé, fait le point sur la situation du dixième art en France.
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00:04Encore deux dodos, et ce sera les Pégases, la cérémonie des remises de prix des jeux vidéo français.
00:10Et pour en parler, quoi de mieux qu'avoir le président du syndicat national du jeu vidéo,
00:15Lévan Sarjeveladze, bonjour.
00:16Bonjour Nicolas.
00:17Donc c'est dans deux jours, beaucoup de suspense, ou pas trop,
00:20parce qu'on a un jeu français qui a gagné les Game Awards,
00:24donc on s'imagine qu'ils vont gagner d'autres titres,
00:26Claire Obscure, Expedition 33, Soundfall.
00:28Mais plutôt que de parler que d'eux, j'ai envie de vous demander,
00:32vous président du SNJV, comment vous vous sentez à deux jours des Pégases,
00:36après l'année qu'on vient de vivre pour le jeu vidéo français ?
00:40Alors c'est une question à plusieurs étages, puisque c'est un petit peu ambivalent,
00:43parce que déjà on est quand même à fond dans l'organisation de cet événement,
00:47pour jeudi, donc dans deux jours, avec des compétiteurs qui sont extraordinaires.
00:53C'est vrai que vous mentionnez Claire Obscure, qui est un jeu absolument extraordinaire,
00:57qui a effectivement eu un succès très grand.
01:00Qui collectionne les prix.
01:01Qui collectionne les prix, qui en aura peut-être à cette occasion,
01:05mais qui ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt,
01:07et notamment la forêt aussi des grandes réussites françaises qu'on a pu avoir.
01:09On peut penser à Absalom, par exemple, qui était d'ailleurs également nominé au...
01:13Nommé en meilleur jeu indépendant, on avait d'autres jeux,
01:16on avait bien sûr Shinobi Art of Vengeance en meilleur jeu d'action,
01:18et le dernier c'était Slow Clap avec Rematch.
01:21Donc on avait quatre jeux français nommés au Game Awards, ça c'était historique ?
01:25Tout à fait, c'était historique, c'est peut-être, mais voilà,
01:27c'est pas parce que c'est historique qu'il ne faut pas qu'on le refasse plus tard.
01:30Mais voilà, en tout cas, une très bonne moisson.
01:33Et puis il faut aussi nommer d'autres, enfin parler peut-être d'autres jeux,
01:35c'est vrai que The Rock, Prince of Persia de Evil Empire,
01:37et puis des jeux aussi qui forcément vont vendre un petit peu moins,
01:41comme Wednesdays de Pixel Hunt, par exemple.
01:43Donc des jeux à mon avis très importants.
01:45Et voilà, donc l'année 2025, en termes de qualité vidéoludique,
01:48a été vraiment une excellente année pour le jeu vidéo français, ça c'est il faut le dire.
01:50Mais évidemment, on ne peut pas avoir le verre uniquement à moitié plein.
01:54En 2025, comme 2024, on a également eu beaucoup de mauvaises nouvelles,
01:57on a eu une restructuration qui est en cours dans notre secteur,
02:01qui peut-être n'est pas encore terminée.
02:04Mais voilà, donc c'est...
02:07Là, les grosses inquiétudes, par exemple, c'est Ubisoft.
02:10En gros, l'avenir d'Ubisoft, il conditionne beaucoup de choses quand même
02:13pour tout l'écosystème français.
02:14Oui, donc il y a une restructuration qui est en cours au niveau d'Ubisoft.
02:16Ubisoft, c'est une entreprise qui est importante.
02:18Évidemment, ce n'est pas n'importe quelle entreprise dans le jeu vidéo français.
02:20Ça compte énormément d'emplois.
02:21On peut également parler du groupe Nacon, par exemple, qui a...
02:26Qui vient déposer le bilan.
02:27Ils n'ont pas déposé le bilan.
02:28Ils se sont mis sous la...
02:29Enfin, ils sont assez à son prénom.
02:30En redressement.
02:31Ils se croient qu'ils ont demandé, à l'heure où on parle, en tout cas,
02:34ils ont demandé leur mise en redressement judiciaire.
02:37Le redressement judiciaire, ce n'est pas forcément le fait de...
02:39Ça ne s'est pas terminé loin de là.
02:40L'entreprise est en danger pour l'instant.
02:42L'entreprise est en difficulté.
02:43Et on peut aussi mentionner d'autres groupes qui...
02:45Par exemple, le groupe Focus.
02:46Il y a deux ans, le cours de bourse n'était pas bon.
02:51Il y a eu quelques insuccès.
02:54Et puis, tout à coup, ils sont repartis avec d'autres jeux qui ont marché.
02:57Donc voilà.
02:57Et là, aujourd'hui, ils se portent...
02:59Alors, pour autant que je sache, ils se portent bien.
03:01Donc voilà.
03:01Il y a des choses...
03:02On est une industrie culturelle.
03:04C'est-à-dire qu'une industrie culturelle, c'est une industrie
03:06où les choses peuvent aller très vite,
03:07où on passe d'une révolution à l'autre,
03:10d'une restructuration à l'autre.
03:12Voilà.
03:13Il y a des enjeux technologiques aussi, il faut suivre.
03:15Et puis, on peut, avec un four économique,
03:19on peut fermer un studio qui avait fait trois chefs-d'œuvre avant.
03:22Ça, c'est assez courant.
03:23C'est quoi le point de fragilité de l'écosystème français
03:27si on devait en pointer un...
03:28Vraiment le point de travail pour améliorer les choses ?
03:31Alors déjà, quand même, ce qu'il faut souligner,
03:32c'est que la crise qu'on traverse, c'est une crise qui est mondiale.
03:34Et dans ce contexte, la France ne se débrouille pas moins bien
03:37que les autres pays.
03:38Au contraire, on a des amortisseurs.
03:40Et globalement, si on regarde les ratios,
03:41on se débrouille même mieux.
03:43On verra à la fin de la crise, qui est en train de se terminer quand même.
03:45Et certains studios, d'ailleurs, ont déjà commencé à bien remonter.
03:49Mais voilà, on ne se débrouille pas mieux que...
03:51Pas moins bien que les...
03:52Pas mieux, pardon.
03:53Oui, on se débrouille même mieux que les autres.
03:55Et ça, c'est vrai qu'on n'a pas l'habitude de le dire.
03:57Donc ça, il faut le dire aussi.
03:58Ensuite, on a des points de fragilité.
04:00C'est que moi, je suis particulièrement attentif aux fragilités
04:02que peuvent rencontrer les petits studios
04:04qui ne font pas forcément la une des journaux
04:07s'ils licencient ou s'ils ont des problèmes.
04:09On parlait de Pixellen sur Wednesday, par exemple,
04:11qui est soutenu par Arte,
04:12mais qui reste une structure fragile par essence.
04:16Par essence, mais voilà, par construction.
04:17Ça ne peut pas ne pas être autre chose qu'une structure fragile.
04:20Mais il y a comme ça des centaines de studios français.
04:24Il faut qu'on parle d'eux
04:25et il faut qu'on les aide à se maintenir,
04:28voire à grossir et avoir de l'ambition.
04:30Donc ça, c'est quelque chose qui, à mon avis,
04:32est très important,
04:32l'aide aux structures de taille petite et moyenne.
04:35Je le rappelle, pour ceux qui n'ont peut-être pas joué à Wednesday,
04:37c'est un jeu de Pixellen
04:38qui parle des violences sexuelles envers les mineurs.
04:41Donc forcément, le sujet,
04:43commercialement, on sait que c'est un pari.
04:45Mais la France arrive à sortir des jeux de ce type.
04:48Et ça, c'est un peu aussi
04:50une particularité culturelle française
04:51qu'il faut préserver.
04:52Je pense qu'il ne faut pas être chauvin.
04:54Il y a évidemment d'autres pays
04:55qui produisent aussi des jeux très intéressants
04:56d'un point de vue artistique.
04:57Des jeux impact, on pourrait dire.
04:58des jeux impact, ce genre de choses.
05:00Donc, il n'y a pas que les Français.
05:02Je dis ça parce qu'au Pégase,
05:03il y a une catégorie au-delà du jeu vidéo
05:04qui revendique cet aspect.
05:06Et où il y a effectivement
05:07trois jeux très intéressants
05:08qui sont nommés ou dominés.
05:11Donc voilà, ça, c'est quelque chose
05:12que la France sait faire
05:13et on sait faire aussi des jeux narratifs.
05:14Ce qui est intéressant en France,
05:15c'est qu'on sait vraiment...
05:16On sait tout faire.
05:18On est dans tous les compartiments de jeux.
05:19Au corico.
05:20Sur les jeux mobiles, sur les jeux casu,
05:23sur les jeux consoles, les jeux PC,
05:24les AAA, les jeux indés.
05:26On est un peu partout.
05:27Et donc, on a plus de mal
05:28à savoir comment se financer.
05:30Surtout qu'il y a quand même
05:31une concurrence.
05:31Alors, on ne l'a peut-être pas dit.
05:32Vous parliez du fait
05:34qu'on n'est pas si mauvais
05:34par rapport aux autres pays.
05:36Il y a quand même des nouveaux acteurs
05:37qui arrivent avec d'énormes moyens.
05:39Je pense à l'Arabie saoudite.
05:40Je pense à la Chine
05:40qui n'est pas un nouvel acteur,
05:41mais qui a des possibilités
05:43de financement importantes.
05:44Ça, c'est un peu
05:45de la concurrence déloyale
05:46ou en tout cas,
05:47c'est des paramètres
05:47qui sont très compliqués à gérer
05:49parce qu'on est sur des masses financières
05:51qu'on ne peut pas espérer avoir
05:52en France.
05:53Alors, c'est toujours intéressant
05:56de se dire,
05:56dès qu'on entend le mot concurrence,
05:57parfois, on a envie
05:58de dire déloyale.
05:59C'est un petit peu
06:00comme le dictionnaire
06:00des idées reçues
06:01de Flaubert.
06:03À l'entrée concurrence,
06:04on aurait envie
06:05de mettre deux points déloyales.
06:05Ça pouvait y ressembler.
06:06Eh oui, bien sûr,
06:07mais c'est évidemment
06:08pas du tout une accusation.
06:09Mais c'est vrai que, voilà,
06:10il ne faut pas qu'on soit
06:11en mode défensif.
06:12Il faut dire ça sur une chaîne
06:13qui parle beaucoup d'économie aussi.
06:15Donc, vos auditeurs
06:17et les relations sont habituées.
06:18C'est-à-dire que la France, par exemple,
06:18doit laisser entrer
06:19certains investisseurs
06:21de ces nouveaux acteurs,
06:22de ces nouveaux pays émergents ?
06:23En tout cas, on doit avoir conscience
06:24que le jeu vidéo,
06:25c'est un phénomène mondial
06:26depuis déjà pas mal de temps.
06:27Donc, la Chine, évidemment.
06:28D'autres pays également,
06:30comme des pays d'Afrique,
06:32certains pays d'Asie
06:32sur lesquels il y a encore
06:33de la croissance à aller chercher,
06:34mais c'est un phénomène
06:35qui est mondial.
06:35Tout le monde joue
06:36et aussi tout le monde
06:37produit des jeux vidéo.
06:39Donc, on n'a pas à être gêné
06:41ou en tournure là-dessus.
06:42Il faut qu'on arrive
06:43à parler à tout le monde.
06:44S'il y a besoin de financement,
06:46il faut qu'on arrive aussi
06:46à parler à tous les investisseurs.
06:48Il n'y a pas de raison
06:49de jouer uniquement
06:52entre nous, entre Français,
06:53mais ce n'est pas ce qu'on fait.
06:54Ce n'est pas ce qu'on fait.
06:55On a des entreprises...
06:56Alors, on a parlé d'Ubisoft
06:57tout à l'heure,
06:58une grande locomotive
06:59qui tire quand même...
07:02beaucoup de structures
07:03de taille intermédiaire.
07:04Je peux penser à Quantic Dream,
07:05à Dontnod,
07:07des Focus ou Nacon également,
07:08des éditeurs
07:09et plusieurs autres comme ça,
07:11qui arrivent à trouver
07:13des financements ailleurs
07:14et qui arrivent à avoir
07:15les moyens de leurs ambitions.
07:16Donc, ça, c'est très important
07:16et effectivement,
07:17je vous rejoins tout à fait là-dessus,
07:18il ne faut pas qu'on se laisse
07:20enfermer en restant juste
07:22sur notre territoire,
07:23aussi bien un territoire
07:23de consommation
07:24qu'un territoire d'investissement.
07:26Un point plus d'avenir,
07:28c'est un label
07:29pour certifier les écoles
07:31de jeux vidéo.
07:32Il y a déjà
07:33ISAR Digital
07:33qui vient d'obtenir
07:34une certification
07:35de titre d'ingénieur,
07:36donc ça, c'est pour les métiers
07:37très techniques,
07:37c'est, je pense,
07:38une bonne nouvelle
07:39pour l'industrie.
07:40En quoi c'est essentiel
07:43de créer ce label ?
07:44Ça répond à quel problème
07:45qui est en train de se créer ?
07:46Et surtout,
07:47qu'est-ce que ça doit permettre
07:48aussi pour l'écosystème français
07:49du jeu vidéo
07:50sur les 5 à 10 prochaines années ?
07:51Ça, c'est une question
07:52très importante à mon avis,
07:53effectivement.
07:53Donc là,
07:54on est en période
07:54entre guillemets de crise,
07:55donc on a envie
07:56de s'attaquer
07:56à des choses de court terme
07:58et on a évidemment raison,
07:59le court terme,
07:59c'est quand même
08:00la chose la plus prioritaire,
08:00c'est l'urgence.
08:01Mais enfin,
08:02il ne faut pas qu'on oublie
08:03aussi le long terme
08:04et tout à l'heure,
08:05vous me demandiez
08:06quels sont les avantages
08:08compétitifs
08:08un petit peu
08:08du jeu vidéo français ?
08:10Eh bien,
08:11il y a notamment ça,
08:11il y a notamment
08:13la formation,
08:14l'éducation,
08:14les ressources humaines
08:15et c'est évidemment la clé,
08:16c'est l'alpha et l'oméga
08:17d'absolument tout.
08:18En France,
08:18on a de bonnes formations
08:19de façon générale
08:20d'ingénieurs,
08:21d'informaticiens,
08:22de codeurs,
08:23d'artistes également,
08:23des écoles d'art
08:24et on a également
08:25de très bonnes écoles
08:26de jeux vidéo.
08:27Donc,
08:28c'est quelque chose
08:28qu'il faut qu'on arrive
08:28à pérenniser,
08:29à protéger entre guillemets
08:30et c'est vrai que
08:31j'ai proposé la création
08:32de ce label
08:33il y a quelques mois,
08:34on est en train
08:34de travailler dessus.
08:35L'idée,
08:36c'est de séparer
08:36le bon grain de livret.
08:37Il y a beaucoup d'offres
08:39mais pas forcément
08:39toutes de la même qualité.
08:40Mais voilà,
08:41et c'est vrai
08:42qu'on peut avoir
08:42des nouveaux entrants
08:44qui se disent
08:44voilà,
08:45c'est assez,
08:46on va essayer de...
08:47Il n'y a pas que le jeu vidéo
08:48qui est concerné sur ça.
08:49C'est tout l'enseignement
08:50supérieur privé
08:51qui a ce problème.
08:52Mais enfin,
08:53il faut qu'on balade
08:54devant notre porte
08:55et effectivement,
08:55il ne faut pas
08:56que des parents,
08:57par exemple,
08:58inscrivent leurs enfants
08:59dans des écoles privées
09:00de jeux vidéo
09:01qui promettent
09:02mon zémerveille
09:02et qui à la fin
09:03ne délivrent rien.
09:04Parce que le prix
09:04ne sera pas plus bas.
09:05Le prix ne sera pas plus bas
09:06et en plus,
09:07on a des très bonnes formations
09:08en France.
09:08Donc,
09:09il faut flécher
09:10les jeunes et leurs parents
09:12vers ces écoles de formation.
09:14Il y en a qui sont publiques
09:15et il y en a qui sont privées.
09:15Tout n'est pas public,
09:16loin de là.
09:17Mais enfin,
09:17voilà,
09:17il y a des bonnes écoles
09:18et des mauvaises écoles.
09:19Et après,
09:19les parents font leur choix
09:20et puis surtout,
09:21une chose qui va être très importante,
09:22c'est que les parents
09:23et les enfants,
09:25souvent ce sont les parents
09:26qui prennent ce genre
09:27de décision quand même
09:28en dernier ressort,
09:29et des informations fiables
09:30et transparentes
09:31sur cette école.
09:32Qu'est-ce qu'elle promet ?
09:33Combien d'heures de cours ?
09:34En présentiel ?
09:35Quels sont après
09:35les débouchés derrière ?
09:36Est-ce que les gens
09:36dans l'industrie
09:38embauchent ces diplômes-là ?
09:39Ça, c'est très important.
09:40Ça veut dire que les acteurs,
09:41donc les adhérents du SNJV,
09:42par exemple,
09:43mais peut-être aussi
09:43les adhérents du CEL,
09:44le syndicat des éditeurs
09:45de logiciels de loisirs,
09:47ils vont devoir être impliqués
09:48dans ce label.
09:48C'est-à-dire que c'est quand même
09:49les studios
09:50qui vont pouvoir dire
09:52quelles écoles, en fait,
09:54forment bien les étudiants.
09:55Ça veut dire prendre
09:55peut-être certains en stage,
09:57créer des échanges,
09:59en fait, directs
09:59avec ces écoles.
10:00Alors,
10:01les échanges existent déjà
10:02avec les écoles,
10:02ça ne doit pas dire.
10:03Avec les plus connus,
10:04et puis évidemment,
10:06il ne faut pas se focaliser
10:06uniquement sur les plus connus.
10:07Ça, c'est important
10:08qu'il n'y ait pas non plus de...
10:08Il faut qu'il y ait de nouveaux acteurs
10:09qui puissent arriver.
10:09Il faut aussi qu'il y ait de nouveaux acteurs
10:10qui puissent s'affectimenter
10:11s'ils sont sérieux.
10:13Mais, de façon générale,
10:14donc, nous,
10:14notre approche sur ce label,
10:15ce sera d'avoir une approche
10:17d'une part, effectivement,
10:18concrètement,
10:18qu'est-ce qu'on embauche
10:19et qu'est-ce qu'on en pense
10:20de ces profils-là,
10:21enfin, qu'est-ce qu'on embauche
10:22dans nos studios,
10:24mais également des approches
10:25quand même universitaires
10:29et puis chiffrées.
10:30Voilà,
10:30comment est-ce qu'il y a des heures de cours,
10:31comment ça se passe,
10:32quelles sont les formations,
10:33etc., etc.
10:33Ça veut dire s'adosser
10:34peut-être aussi
10:36au ministère de l'Éducation
10:37ou au ministère du Travail.
10:38Souvent, les formations supérieures privées,
10:39c'est via la reconnaissance RNCP,
10:41c'est faire en sorte
10:42qu'ils répondent
10:43à des cahiers des charges
10:44très précis en amont
10:46avant même de proposer
10:47leur formation, en fait.
10:48En tout cas, nous,
10:48on se renforce nos propositions
10:49quant à ce cahier des charges
10:50ou une partie de ce cahier des charges.
10:52Voilà.
10:52Je pense que c'est très important
10:54que, surtout en ces moments
10:55un petit peu compliqués,
10:57que l'industrie prenne
10:57ses responsabilités
10:58et vraiment flèche
10:59les bonnes formations.
11:01Donc là, on parle
11:01de l'avenir de la filière,
11:03on parle de l'avenir aussi
11:03des jeunes qui voudraient
11:04travailler dedans.
11:05Il y a un autre point clé
11:07qui est encore un peu flou
11:08mais qui est important,
11:08c'est le Digital Fairness Act.
11:10Vous en avez parlé
11:11lors de votre audition au Sénat.
11:13Le problème, c'est quoi ?
11:14Est-ce que c'est
11:14le Digital Fairness Act
11:16en lui-même
11:16ou la manière
11:18dont on envisage
11:18de l'appliquer
11:19pour l'industrie du jeu vidéo ?
11:20Vous êtes assez critique
11:22encore dessus à ce stade.
11:24Oui, je suis assez critique.
11:24Alors, il faut souligner
11:25que le Digital Fairness Act,
11:26c'est quelque chose
11:27qui est assez complexe
11:27et même des spectateurs
11:29de Bismarck
11:30peuvent être
11:32alors qu'on a
11:33un public averti quand même.
11:35Mais très concrètement,
11:36le DFA,
11:37c'est un texte
11:38qu'on n'a pas encore.
11:40La Commission européenne
11:41va travailler dessus.
11:41Proposition dernier trimestre
11:432026,
11:43a priori,
11:44la proposition de loi.
11:45C'est ça.
11:46C'est le calendrier
11:47qui est prévu
11:48et qui a l'air quand même
11:49de ressembler
11:50les premiers signaux
11:52qu'on a.
11:53Ça a l'air de ressembler
11:53à une espèce d'usine à gaz.
11:54Voilà.
11:55Pour le dire
11:56de façon extrêmement claire.
11:57dans lequel
11:58on se pose
12:00la question
12:00et on a raison
12:01de le faire
12:01de l'Europe
12:03comme lieu de consommation
12:05de services numériques
12:06et donc de jeux vidéo
12:07et on a raison
12:08de le faire.
12:08Mais c'est vrai
12:09qu'il ne faut pas
12:09qu'on oublie
12:09que l'Europe,
12:10ça ne doit pas être
12:11qu'un musée
12:13à chapeauter
12:13par un centre commercial.
12:14Ça doit aussi être
12:15un lieu de production
12:17et d'exportation.
12:18Ça doit aussi être
12:19une usine
12:19et un centre de R&D.
12:21Et la Digital Fairness Act
12:23semble un petit peu
12:24être dans cette mouvance
12:24un peu intellectuelle
12:25de considérer d'abord
12:26et uniquement
12:27les consommateurs
12:28sans absolument
12:30prendre en compte
12:31ce dont vous avez peur.
12:32On parlait de concurrence
12:32déloyale avant.
12:34C'est que les acteurs
12:35américains,
12:36chinois,
12:36n'aient pas les mêmes
12:37contraintes
12:37que les acteurs européens.
12:38Mais si un acteur chinois
12:40veut proposer un jeu
12:42au public européen,
12:43il devra bien
12:43normalement se calquer
12:45sur les directives.
12:46Je ne veux pas tomber
12:47dans le dictionnaire
12:47des idées reçues
12:48que je lui ai lancé
12:48tout à l'heure.
12:49Mais je pense que vous avez
12:49entièrement raison.
12:50On a un problème
12:51du concurrence déloyale
12:52qui risque de frapper
12:53les services numériques
12:54exactement comme
12:55ils frappent
12:55l'agriculture
12:56ou l'industrie.
12:57C'est-à-dire que
12:59mais qui le frapperont même
13:00de façon beaucoup plus
13:01démesurément importante.
13:03Concrètement,
13:04si vous êtes
13:04un consommateur
13:05sur votre téléphone Android
13:07d'un jeu
13:09qui est proposé
13:10par un studio
13:11australien
13:12publié par
13:13un éditeur turc
13:14et je prends
13:15cet exemple
13:15pas du tout au hasard
13:16parce qu'il y a
13:17les éditeurs turcs
13:17qui ne sont pas
13:17dans l'Union Européenne
13:18et qui sont des nations
13:20de jeux vidéo
13:20tout à fait intéressantes
13:22très concrètement
13:24qui va être responsable
13:26de vérifier
13:27le DFA
13:28ce sera
13:28chez nous
13:28ce sera
13:30la CNIL
13:30globalement
13:31c'est une CNIL
13:32qui a déjà
13:33très peu de moyens
13:34qui enverra
13:35un courrier recommandé
13:36le cas échéant
13:37pour en Turquie
13:37ou en Australie
13:38mais pas faire appliquer
13:39une sanction.
13:40Elles ne seront pas appliquées
13:41pour les studios
13:43qui ne sont pas
13:44européens
13:45et même parfois
13:45qui ne sont pas français
13:46s'agissant des turcs en position
13:49auxquelles nous sommes
13:49hélas habitués en France.
13:51On va mettre ce dossier
13:53de côté
13:53et je pense qu'on fera
13:55une table ronde dessus
13:56en fin d'année
13:56parce que c'est là
13:57où on commencera
13:57à rentrer concrètement dedans
13:58d'ici là
13:59on va profiter
14:00des Pégases
14:01qui arrivent dans deux jours
14:02allons sur les bonnes nouvelles
14:03Lévan Sargeveladze
14:04merci beaucoup
14:05j'ai prononcé sans erreur
14:06votre nom de famille
14:07ça c'est un vrai challenge
14:08à bientôt
14:09sur le plateau de PlaySmart
14:11tout de suite
14:11on continue avec un focus
14:12sur une très belle initiative
14:13le musée du jeu vidéo
14:15c'est Arcueil
14:16et Lévan Sargeveladze
14:17y est peut-être déjà allé
14:18et Lévan Sargeveladze
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