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La commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, créée à la demande du groupe d'Éric Ciotti (Union des droites pour la République), poursuit ses travaux. Le 26 février, les députés ont débuté leurs travaux par l'audition des dirigeants du groupe Mediawan : Pierre-Antoine Capton, président et cofondateur, Delphine Cazaux, directrice générale en charge des opérations, Guillaume Izabel, directeur de la stratégie et des opérations, et Justine Planchon, présidente de Mediawan France en charge du flux, qui regroupe notamment les émissions d'actualité, soirées évènementielles et magazines. Selon le rapporteur Charles Alloncle (UDR), Mediawan est la « première société à bénéficier des contrats avec France Télévisions à hauteur de 110 millions d'euros par an ». Retrouvez?les temps forts de leurs échanges.
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00:00:07Bonjour à tous et bienvenue dans la séance « est ouverte ». Direction la salle Lamartine pour suivre les travaux
00:00:14de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public.
00:00:19Nous sommes le 26 février et les députés auditionnent les dirigeants de la société MediaOne qui produit notamment HPI 10
00:00:27% Miraculous ou encore les émissions « c'est à vous » et « c'est dans l'air ».
00:00:31Certains de ces programmes sont diffusés sur TF1, d'autres sur France Télévisions. Regardez.
00:00:36Monsieur le Président, Monsieur le rapporteur, Mesdames et Messieurs les députés, merci de votre invitation. Je suis sincèrement très heureux
00:00:44de pouvoir m'exprimer devant vous aujourd'hui.
00:00:46Je vais bien sûr vous parler de MediaOne, mais aussi du parcours qui m'a conduit ici, parce que je
00:00:52crois qu'il éclaire ce que l'audiovisuel public représente,
00:00:55non pas à titre individuel, mais dans la structuration de notre écosystème créatif et dans la vitalité de la production
00:01:01française.
00:01:02Vous l'avez rappelé, je viens de Trouville-sur-Mer, d'un milieu bien éloigné de celui dans lequel j
00:01:06'évolue aujourd'hui.
00:01:08Je suis très fier et très attaché à mes racines. Mon grand-père était pêcheur, ma grand-mère travaillait à
00:01:13la poissonnerie en élevant ses 13 enfants.
00:01:15Ma maman était coiffeuse, mon père moniteur d'auto-école. C'est dans l'appartement HLM de ma grand-mère
00:01:20que j'ai découvert le monde à travers un écran.
00:01:23J'ai appris à compter avec des chiffres et des lettres. J'ai ouvert mes premiers romans grâce à Apostrophe.
00:01:28J'ai façonné mon esprit critique devant le grand échiquier et j'ai découvert le cinéma avec la dernière séance.
00:01:34Ce petit écran de télévision qui était mon lien avec le monde est devenu ma passion et mon rêve complètement
00:01:41fou et inaccessible était d'y travailler.
00:01:44Alors à 18 ans, sans connaître une seule personne à Paris ou dans ce secteur, sans capital et sans les
00:01:51codes, j'ai pris un billet de train pour Paris.
00:01:54Avec la confiance et le soutien de ma mère, une détermination incroyable et surtout rien à perdre, j'ai foncé.
00:02:01J'ai commencé par un stage non rémunéré. Pendant deux ans, j'ai effectué les tâches les plus ingrates.
00:02:06J'avais un autre travail à côté pour pouvoir vivre. J'ai gravi les échelons les uns après les autres,
00:02:11jusqu'à mon premier emploi salarié chez Canal+,
00:02:14que j'opère en 2002 lors d'un plan social.
00:02:17Alors avec mes indemnités de licenciement et sans réfléchir, j'ai créé ma première société, Troisième Oeil.
00:02:23On m'a prêté un bureau dans un parking, si, si, à un moment où toutes les portes m'étaient
00:02:27fermées,
00:02:28en passant des heures à faire le siège des groupes audiovisuels.
00:02:31Et puis un jour, un dirigeant de TPS m'a offert la chance de ma vie et m'a donné
00:02:35son accord pour que je produise pour eux une première émission.
00:02:38Ça sera Starmag qui malheureusement s'arrêtera à cause de la fusion TPS Canal.
00:02:44Le jour où je l'apprends, je suis proche du dépôt de bilan. Je dois licencier les 20 salariés de
00:02:49mon entreprise.
00:02:50Et c'est cela aussi l'avis d'un entrepreneur.
00:02:53Et c'est l'audiovisuel public qui a fait basculer le destin de mon entreprise.
00:02:58Mais à nouveau, je tiens à le préciser, cela s'est fait ni par faveur, ni par relation, ni non
00:03:04plus grâce à la chance.
00:03:05En 2009, France Télévisions lance un appel d'offre pour une émission en Access Primetime sur France 5 lors du
00:03:11lancement de la TNT en France.
00:03:13Je n'ai jamais travaillé pour France Télévisions comme producteur, je ne connais personne et à ce moment-là, je
00:03:19n'ai jamais rencontré la direction.
00:03:20Nous sommes 65 sociétés de production en compétition, mais notre projet est retenu, contre toute attente.
00:03:28De là naissait à vous.
00:03:29Si ce projet a été retenu, ce sont pour des raisons précises.
00:03:32Nous avions la conviction qu'avec le service public, il fallait produire aussi bien que nos concurrents, mais avec des
00:03:38budgets contraints.
00:03:40Nous avons décidé de proposer quelque chose à prix réduit, en optimisant chaque poste de dépense, sans transiger sur l
00:03:46'ambition éditoriale, ni sur l'exigence de qualité.
00:03:49Nous avons été les premiers à avoir mis des femmes à la tête d'une émission d'Access.
00:03:53Personne ne l'avait fait avant nous.
00:03:55Nous avons imaginé une articulation nouvelle entre culture et actualité, à la fois rigoureuse dans le fond et simple dans
00:04:02la forme, sans posture ni élitisme.
00:04:05En 16 ans, ce sont plus de 12 000 artistes qui sont passés dans cet avou, qui est l'une
00:04:09des émissions les plus prescriptrices de la télévision.
00:04:12Nous avons trouvé notre public, peut-être parce que nous avons toujours pensé à lui.
00:04:17Un de mes menteurs, qui était une grande figure de l'audiovisuel public, Jacques Chancel, m'a transmis une conviction
00:04:24qui est devenue un mantra.
00:04:25Ne pas donner au public ce qu'il aime, mais ce qu'il pourrait aimer.
00:04:29Sans cette audace qu'ont eu à un moment les responsables de l'audiovisuel public, de parier sur un petit
00:04:34producteur indépendant, je ne serai pas devant vous.
00:04:37Depuis, le chemin parcouru a été considérable.
00:04:39MediaOne est devenu en quelques années un acteur majeur de la production européenne.
00:04:44Un groupe indépendant présent à l'international, rassemblant des dizaines de sociétés, des milliers de talents et un catalogue parmi
00:04:50les plus importants d'Europe.
00:04:52Aujourd'hui, vous l'avez dit, MediaOne fédère plus de 80 sociétés de production dans 13 pays.
00:04:57En France, nous faisons travailler plus de 800 salariés permanents et 12 000 intermittents.
00:05:02Nous sommes l'un des premiers employeurs culturels privés du pays.
00:05:06Et en tant qu'entrepreneur, être capable de créer autant d'emplois en France est une grande fierté.
00:05:13Au fond, MediaOne est l'exemple qu'en France, il a été possible de bâtir un champion mondial capable de
00:05:18rivaliser avec les studios américains, comme le font Canal+, ou Banigy.
00:05:23Alors, c'est moi qui parle devant vous aujourd'hui, mais derrière moi, ce sont des centaines de producteurs et
00:05:28toutes les équipes de MediaOne que nous représentons.
00:05:30Et j'en suis particulièrement fier.
00:05:33Nos succès contribuent au rayonnement de la France à l'international.
00:05:36Du conte de Monte Cristo à la Mourouf, de la série HPI aux documentaires comme Apocalypse,
00:05:42jusqu'au phénomène mondial d'animation Miraculous Ladybug, ce sont des œuvres françaises qui voyagent, qui s'exportent et qui
00:05:50s'imposent sur tous les continents.
00:05:52Et je suis heureux que cette commission d'enquête me permette de revenir sur le rôle des producteurs indépendants, qui
00:05:57a peut-être l'air mal compris.
00:05:59Un producteur indépendant n'est pas un média.
00:06:01Il ne porte pas de ligne éditoriale propre.
00:06:03Il travaille au service de diffuseurs, aux identités différentes.
00:06:08Notre rôle est ailleurs.
00:06:09Identifier des talents, développer des idées, structurer des projets et accepter une part de risque élevée.
00:06:15C'est un métier d'initiative et d'incertitude.
00:06:18Sur dix développements engagés, un seul aboutit à une production.
00:06:22Les autres s'arrêtent en chemin après des mois, parfois des années de travail.
00:06:26Notre rôle est de proposer des programmes qui correspondent à la ligne de nos clients.
00:06:30C'est pour cela que j'ai pu aussi bien produire Zemmour et Nolo sur Paris 1ère, qu'enquête d
00:06:34'auteurs sur Arte avec Mazarin Pinjot.
00:06:36Nous produisons dans le monde entier, et pour tous les diffuseurs, publics, privés, plateformes, de la série Adolescence sur Netflix,
00:06:44du film Formula One,
00:06:45l'émission Nouvelle École sur Netflix, Hot One sur Canal+, l'agence sur TMC, Swarcy sur Apple TV+,
00:06:53ou la série Style, actuellement sur Amazon, les papillons noirs sur Arte, et je m'arrête là.
00:06:58Cela a été rappelé à de nombreuses reprises dans cette commission d'enquête.
00:07:01MediaOne produit certains programmes importants pour France Télévisions.
00:07:04Et j'aimerais préciser plusieurs points dans ce propos liminaire.
00:07:08MediaOne ne contractualise jamais directement avec France Télévisions.
00:07:12Ce sont les sociétés de production du groupe qui développent les projets, négocient les contrats et assurent la production.
00:07:18Pour la plupart, elles travaillaient déjà avec France Télévisions avant de rejoindre MediaOne.
00:07:24Les budgets alloués ne sont pas des chèques en blanc pour les producteurs.
00:07:27Ils servent à financer la production, payer les salaires des collaborateurs, des intermittents, des auteurs, des archives, des moyens de
00:07:35fabrication.
00:07:36Alors que notre chiffre d'affaires progresse entre 30 et 40 % avec d'autres diffuseurs en France,
00:07:43Celui avec France Télévisions stagne, voire baisse depuis 5 ans.
00:07:48Notre développement ne repose pas sur le service public.
00:07:52France Télévisions représente moins de 5 % de l'activité consolidée de MediaOne.
00:07:58Notre groupe est diversifié, présent auprès de nombreux partenaires en France et à l'international.
00:08:03Pour les raisons personnelles que j'ai citées tout à l'heure, c'est un client très important pour moi,
00:08:08mais notre équilibre économique ne repose pas sur lui.
00:08:10Les programmes que nous produisons pour le service public sont intégralement soumis à ses obligations et à son cadre éditorial.
00:08:18France Télévisions conserve la supervisation, le contrôle de conformité et le final cut.
00:08:23Nous intervenons comme producteurs indépendants dans le respect strict des cahiers des charges
00:08:27et des règles fixées par le diffuseur et dans le respect de l'indépendance de nos rédactions.
00:08:32C'est strictement encadré par nos contrats.
00:08:35Quand nous connaissons des échecs, les émissions sont immédiatement déprogrammées.
00:08:39C'est la loi du secteur et nous la respectons.
00:08:42Ces éléments permettent, je crois, de replacer notre relation avec l'audiovisuel public dans son cadre réel.
00:08:48Il s'agit d'une relation strictement contractuelle, encadrée par des règles connues de tous,
00:08:53dans un cadre normal de marché régulé.
00:08:55Les décisions relèvent du diffuseur, dans le respect des règles de la commande publique
00:09:00et sous le contrôle des autorités compétentes.
00:09:02Les producteurs, quels qu'ils soient, sont interchangeables en droit comme en pratique.
00:09:07MediaOne n'a ni position protégée, ni garantie de volume.
00:09:10Chaque projet est remis en concurrence, discuté sur son contenu, son coût et sa pertinence éditoriale.
00:09:16Nous pouvons être retenus comme nous pouvons ne pas l'être.
00:09:19C'est le fonctionnement normal du secteur.
00:09:22Je ne peux pas vous raconter toutes ces années comme producteur au service de l'audiovisuel public,
00:09:25mais l'année dernière, 46 millions de Français ont regardé nos programmes sur les antennes de France Télévisions,
00:09:31que ce soit des magazines, des séries ou des documentaires.
00:09:34Nous avons contribué au rayonnement de la France dans le monde entier, avec la série 10%.
00:09:38Nous avons revisité les plus grands procès de notre histoire
00:09:41et ravivé la mémoire démocratique avec le documentaire Les Grands Procès.
00:09:45Avec l'audiovisuel public et d'autres partenaires,
00:09:48des films puissants comme Bacner ont pu rencontrer leur public
00:09:50et rassembler des millions de spectateurs en salle.
00:09:53Avec l'audiovisuel public, nous mettons chaque jour en lumière
00:09:56les réalités sociales vécues par nos concitoyens.
00:09:59Avec ça commence aujourd'hui.
00:10:00Avec l'audiovisuel public, enfin, nous créons de l'emploi partout sur le territoire.
00:10:04Plus de 76% des heures de tournage de nos séries sont réalisées en région.
00:10:10Alors évidemment, sur des milliers d'heures produites, il peut y avoir des erreurs.
00:10:13C'est la réalité du direct.
00:10:15Mais nous sommes fiers de n'avoir jamais été sanctionnés par l'ARCOM,
00:10:19d'avoir toujours respecté les obligations qui s'imposent à nous
00:10:22et de continuer de le faire à la même exigence.
00:10:25J'ai presque terminé, mais un dernier point important
00:10:29relatif à la question de l'actionnariat de MediaOne
00:10:31qui a fait l'objet de beaucoup de débats
00:10:34dans cette commission d'enquête.
00:10:36Et je veux vous dire d'emblée quatre choses importantes.
00:10:39Premièrement, MediaOne est un groupe français
00:10:41au sens juridique, fiscal et opérationnel.
00:10:45Son contrôle est français.
00:10:47Cette situation a été examinée et validée par les autorités compétentes,
00:10:51notamment le CNC et l'autorité de la concurrence.
00:10:55Notre siège est à Paris.
00:10:56Nos équipes sont en France.
00:10:58Nos décisions stratégiques sont prises en France.
00:11:00Le groupe, dans son ensemble, est soumis aux droits français,
00:11:03à la fiscalité française et aux obligations sociales françaises.
00:11:07Deuxièmement, en 2020, dans un contexte de crise majeure pour l'ensemble du secteur,
00:11:12je rappelle que les tournages étaient arrêtés pendant la pandémie,
00:11:14nous avons fait le choix de sortir de bourse
00:11:16afin de renforcer le contrôle français et de changer de dimension.
00:11:20Nos actionnaires historiques, aux côtés d'autres investisseurs internationaux,
00:11:24ont apporté des capitaux pour accompagner notre développement.
00:11:27Cette ouverture n'a pas modifié la nature française du contrôle ni notre gouvernance.
00:11:32Elle a permis de consolider un acteur européen face à une concurrence mondiale extrêmement concentrée.
00:11:39Refuser tout apport de capitaux extérieurs reviendrait, dans un secteur globalisé,
00:11:43à accepter le décrochage.
00:11:45Quant à la gouvernance de notre groupe,
00:11:47les investisseurs présents au sein de notre capital,
00:11:49qu'ils soient français ou étrangers,
00:11:51n'ont pas le contrôle du groupe que je garde en main avec mes associés.
00:11:55Depuis 25 ans, je suis mon propre patron et cette indépendance n'a pas de prix.
00:12:00Alors je comprends que l'entrée d'un fonds international puisse susciter des interrogations,
00:12:04mais la question pertinente n'est pas l'origine d'un actionnaire,
00:12:06c'est le lieu du contrôle, le respect des règles françaises
00:12:10et la contribution à l'écosystème national.
00:12:12Sur ces trois points, les faits sont établis et contrôlés.
00:12:17Troisièmement, contrairement à ce qui a pu être affirmé,
00:12:19nous n'avons jamais versé de dividendes.
00:12:21Les résultats sont intégralement réinvestis dans la production,
00:12:26l'acquisition de catalogues, le développement de talents
00:12:28et la croissance de nos sociétés.
00:12:30Notre logique est industrielle, pas spéculative.
00:12:33Nous prenons des risques de long terme dans un secteur
00:12:36où l'investissement précède largement les recettes.
00:12:40Enfin, je veux être parfaitement clair,
00:12:41les rédactions des émissions que nous produisons sont indépendantes.
00:12:44Les choix éditoriaux relèvent des équipes et des directeurs de publication,
00:12:47dans le cadre fixé par le diffuseur.
00:12:50Aucun actionnaire, quelle que soit sa nationalité ou sa nature,
00:12:53n'est intervenu ni directement ni indirectement dans le contenu d'un programme.
00:12:58Depuis le début de votre commission d'enquête,
00:13:00le secteur des médias a été secoué.
00:13:02J'arrive à ma conclusion.
00:13:03La société de production Skydance a racheté Paramount.
00:13:07Netflix est en train d'essayer de racheter Warner,
00:13:09qui est aussi la cible de Paramount.
00:13:11ByteDance, la société qui détient TikTok,
00:13:14a lancé une IA capable de produire des films hollywoodiens
00:13:16en moins de 24 heures.
00:13:18Canal+, a bouclé la plus grosse acquisition de son histoire en Afrique.
00:13:22Et en même temps et en parallèle,
00:13:23le secteur de l'animation en France vit une crise sans précédent,
00:13:27avec des sociétés qui déposent le bilan.
00:13:29Le marché de la publicité à la télé en France est en baisse.
00:13:32Et la désinformation et les contenus manipulatoires
00:13:35se diffusent à grande vitesse sur les réseaux sociaux.
00:13:38Autrement dit, nous débattons dans un moment de bascule industrielle,
00:13:42technologique et informationnelle sans précédent.
00:13:44Dans ce contexte, le débat ne peut pas être posé
00:13:47en termes d'opposition entre services publics et producteurs indépendants.
00:13:51Ce serait une lecture réductrice d'un écosystème
00:13:54qui fonctionne précisément par articulation des rôles.
00:13:58Partout en Europe, le modèle repose sur cette complémentarité.
00:14:01Au diffuseur, la responsabilité éditoriale,
00:14:04la mission de service public et le lien direct avec le public.
00:14:07Au producteur, l'initiative créative,
00:14:10la prise de risque, l'identification des talents
00:14:12et la capacité à porter des projets dans la durée.
00:14:14Ce sont deux métiers différents,
00:14:17deux responsabilités distinctes mais indépendantes.
00:14:19Affaiblir l'un reviendrait mécaniquement à fragiliser l'autre.
00:14:23Dans un moment où la concurrence est mondiale,
00:14:25où les plateformes disposent de moyens considérables
00:14:28et où la pression technologique s'accélère,
00:14:30la vraie question est celle de la solidité de notre modèle.
00:14:33Notre responsabilité collective,
00:14:35elle consiste à préserver un service public fort,
00:14:39à maintenir un tissu de producteur indépendant dynamique
00:14:42et à créer des conditions pour que la création française continue d'exister,
00:14:46de circuler et de peser à l'échelle internationale.
00:14:49C'est un élément de soft power important.
00:14:52Je voudrais conclure, M. le Président,
00:14:54qu'on a passé les 10 minutes imparties.
00:14:55Il me reste une phrase.
00:14:56Je m'exprime devant votre commission,
00:14:58avec le respect dû à ses travaux et à sa mission de contrôle,
00:15:01l'entreprise que je dirige a été créée en France,
00:15:04en partant de zéro, au prix de risque personnel réel.
00:15:06Aujourd'hui, elle emploie des milliers de professionnels,
00:15:09finance des oeuvres françaises,
00:15:11investit et participe à son niveau au dynamisme de notre création nationale.
00:15:15C'est avec cet état d'esprit que je suis venu,
00:15:17avec mes équipes, répondre à vos questions.
00:15:19Et je vous écoute en espérant pouvoir répondre à l'ensemble de vos questions.
00:15:23Aujourd'hui, est-ce que vous pouvez nous indiquer
00:15:25si KKR est votre premier actionnaire,
00:15:28votre principal actionnaire ?
00:15:30Je crois que c'est important pour la clarté des débats
00:15:33et pour qu'on parte, j'allais dire, sur une base de discussion
00:15:36et ça permettra aussi aux rapporteurs d'adapter ces questions le moment venu.
00:15:39Je pense que c'est important, au début de cette commission d'enquête,
00:15:42de bien comprendre comment votre actionnariat est organisé.
00:15:46MediaOne est donc en droit et dans les faits
00:15:48une société contrôlée par des intérêts français.
00:15:50J'aimerais juste que, sur ce point juridique,
00:15:52qui ne fait pas débat, vous me l'accorderez,
00:15:55soit une fois pour toutes entendu ici
00:15:57et qu'on ne dise plus dans le cadre de cette commission d'enquête
00:15:59que MediaOne est un groupe sous contrôle américain,
00:16:02ce qui n'est pas le cas, MediaOne est un groupe sous contrôle français.
00:16:06Ma question était sur le statut de KKR.
00:16:10Est-ce qu'aujourd'hui, c'est votre premier actionnaire ?
00:16:12Est-ce que c'est votre principal actionnaire ?
00:16:13Ce n'est pas exactement la même chose.
00:16:15Principal actionnaire et premier actionnaire.
00:16:16Je pense que c'est important d'apporter cette précision.
00:16:19Je le redis, pour ça que c'est très clair.
00:16:22Je ne vais pas radoter.
00:16:23Je viens de rappeler le Code civil, le Code du commerce
00:16:25et la jurisprudence qui établit que la nationalité,
00:16:27c'est le siège réel et votre siège réel est en France.
00:16:30Merci, M. le Président.
00:16:32MediaOne est une société non cotée,
00:16:34contrairement à Benidji, que vous avez reçue hier.
00:16:36Et la répartition du capital relève du secret des affaires.
00:16:40Toutefois, ce que je peux vous dire très clairement,
00:16:43parce qu'on a dit plusieurs fois ici
00:16:45que l'actionnaire majoritaire de MediaOne était KKR,
00:16:48ce n'est pas le cas.
00:16:50Je suis sous serment.
00:16:52Je peux donc vous dire que KKR n'est pas l'actionnaire majoritaire de MediaOne.
00:16:56Je vous rappelle que le plus important, c'est le contrôle,
00:16:59parce qu'il est français.
00:17:00Mais KKR n'est pas actionnaire majoritaire de MediaOne.
00:17:03Il y a 70 actionnaires différents dans MediaOne.
00:17:06Le contrôle est sous ses fondateurs.
00:17:09Tous les producteurs qui se sont associés à MediaOne
00:17:12font partie des associés de MediaOne.
00:17:15Sachant que la société n'est pas cotée,
00:17:17vous permettrez, M. le Président,
00:17:20que nous gardions cette information sous le secret des affaires.
00:17:24Je vous le permets, après, vous comprendrez,
00:17:26comme vous êtes la première société de production
00:17:29avec laquelle travaille France Télévisions,
00:17:31de savoir, et puis il y a des avis différents.
00:17:33Moi, ça ne me pose pas de difficulté
00:17:35qu'un fonds d'investissement américain
00:17:36soit actionnaire d'une société de production française.
00:17:38On n'a peut-être pas la même position que le rapporteur,
00:17:40et c'est aussi ça la richesse de notre Assemblée.
00:17:43J'ai du mal à comprendre la difficulté,
00:17:46puisque tout le monde sait que KKR est actionnaire.
00:17:49Je ne vois pas très bien en quoi le secret des affaires
00:17:52vous empêche de nous dire, par exemple,
00:17:53si KKR est le premier actionnaire.
00:17:56Je ne vous ai pas demandé le pourcentage qu'ils avaient,
00:17:59mais je ne vois pas très bien la difficulté de nous dire
00:18:01est-ce que votre premier actionnaire, c'est vous,
00:18:03est-ce que c'est Mathieu Pigas, est-ce que c'est Diaby Niel,
00:18:05ou est-ce que c'est KKR.
00:18:06Je ne vous demande pas, peut-être que le rapporteur le fera,
00:18:08moi, je ne vous demande pas le pourcentage,
00:18:10je ne vous demande pas les montants, je ne vous demande pas la valeur.
00:18:13Je pense que c'est une information
00:18:14qui m'apparaît importante et intéressante,
00:18:17et je ne suis pas certaine qu'elle remette forcément en cause
00:18:19le secret des affaires, de savoir si c'est votre premier actionnaire.
00:18:21J'ai envie de vous répondre que le premier actionnaire de MediaOne,
00:18:25c'est Xavier Niel, Mathieu Pigas et moi-même,
00:18:27qui sommes les contrôlants de cette société.
00:18:30Et c'est une définition importante,
00:18:32parce que rien ne peut se faire sans nous.
00:18:35Par ailleurs, KKR est un actionnaire important,
00:18:37qui n'a ni le contrôle, ni la majorité.
00:18:40Je sais que vous allez passer plusieurs heures cet après-midi
00:18:42avec certains des actionnaires, et j'en fais partie.
00:18:46Je suis un des actionnaires très importants de ce groupe,
00:18:49mais ça révèle du secret des affaires, pardonnez-moi.
00:18:52Comme je ne suis pas le rapporteur,
00:18:53je laisserai le rapporteur faire son travail tout à l'heure,
00:18:55s'il a des questions complémentaires.
00:18:57J'ai peut-être une deuxième question,
00:18:58là on va, et rapide,
00:18:59on va plutôt changer, j'allais dire,
00:19:03d'angle, et traiter une question importante
00:19:05dans cette commission d'enquête,
00:19:06qui est la question du pluralisme,
00:19:10et qui est une question qui nous occupe de manière régulière
00:19:13dans cette commission d'enquête.
00:19:15Vous produisez des émissions comme C'est dans l'air,
00:19:18et c'est à vous,
00:19:19qui sont diffusées sur France 5.
00:19:21En 2025, l'ARCOM a adressé des lettres fermes,
00:19:25c'est-à-dire pour les Français qui nous écoutent,
00:19:27on pourrait dire des rappels à l'ordre à France Télévisions,
00:19:30en considérant que le pluralisme politique
00:19:32n'avait pas toujours été respecté,
00:19:33qu'il y avait une surexposition des partis,
00:19:36une sous-exposition de certains partis,
00:19:39et l'ARCOM a considéré que,
00:19:41puisque France 5 diffusait à peu près deux heures
00:19:44d'émissions qu'on pourrait qualifier de politiques,
00:19:46il n'était pas normal que la représentation politique,
00:19:49le pluralisme politique,
00:19:51ne soit pas garanti à chaque instant.
00:19:54D'autant plus que dans le cahier des charges
00:19:55de France Télévisions,
00:19:56dans ce que demande l'État à France Télévisions,
00:19:58il est dit très clairement,
00:19:59dans différents articles,
00:20:01que France Télévisions doit garantir
00:20:02le pluralisme des courants de pensée.
00:20:04L'État va même plus loin,
00:20:05puisque en son article 46,
00:20:08il demande à France Télévisions
00:20:10de diffuser des émissions régulières
00:20:14consacrées à l'expression directe
00:20:16des formations politiques,
00:20:17c'est-à-dire très clairement
00:20:18que France Télévisions se doit de diffuser
00:20:21des émissions qui donnent la parole
00:20:24directement aux responsables politiques.
00:20:26Or, il se trouve que suite à ces lettres fermes,
00:20:30à ces rappels à l'ordre
00:20:31et dans la perspective des élections municipales,
00:20:34France Télévisions a pris une décision
00:20:36qui, à titre personnel,
00:20:38m'émeut, pour être modérée
00:20:41et mesurée dans mes propos,
00:20:43mais je pourrais dire qu'il me scandalise
00:20:45si j'étais plus direct,
00:20:47qui revient depuis décembre
00:20:49à ne plus inviter d'invités politiques
00:20:51au sein des émissions de France 5.
00:20:53Et donc, même s'il nous a été indiqué
00:20:55par France Télévisions
00:20:57que cette interdiction avait été levée,
00:20:59je n'ai pas eu le sentiment
00:21:00que les invités politiques
00:21:01étaient à nouveau dans vos émissions.
00:21:02Et donc, on va avoir une élection municipale
00:21:05qui a un rendez-vous démocratique majeur
00:21:07pour les Français
00:21:08qui va se dérouler sur France 5
00:21:10et dans les émissions politiques
00:21:11de France 5
00:21:13sans invités politiques.
00:21:15Je crois que c'est un problème
00:21:19démocratique important.
00:21:20Je voulais vous demander votre avis.
00:21:22Est-ce que vous regrettez
00:21:22cette décision de France Télévisions ?
00:21:25Et c'est une question directe
00:21:26et je vous demanderai une réponse directe.
00:21:28Est-ce que vous regrettez
00:21:29cette décision de France Télévisions
00:21:30de ne plus inviter de politiques
00:21:33dans vos émissions ?
00:21:34Et la question, j'allais dire, connexe,
00:21:36est-ce que c'est plus difficile
00:21:38de garantir le pluralisme politique
00:21:39quand on est une société de production
00:21:42par rapport à des productions internes ?
00:21:44On a eu un syndicat
00:21:44et je pense que le rapporteur reviendra
00:21:46et je vais le laisser très vite
00:21:47prendre la parole.
00:21:48Mais est-ce que,
00:21:49comme nous l'a indiqué un syndicat,
00:21:51c'est plus difficile
00:21:52de garantir le pluralisme politique
00:21:55quand on est une société de production
00:21:57plutôt que quand on produit
00:21:58des émissions politiques en interne ?
00:22:00Pourquoi je vous pose cette question ?
00:22:01Parce que l'ARCOM a adressé
00:22:03une lettre de rappel à France 5
00:22:04et il se trouve que France 5
00:22:06externalise sa production
00:22:07à différents producteurs audiovisuels.
00:22:10Je vous laisse répondre
00:22:10et puis je cède la parole au rapporteur.
00:22:12Je vais passer la parole
00:22:13à Mme Planchon,
00:22:13mais juste un peu de contexte.
00:22:14D'abord, pour vous dire,
00:22:15M. le Président,
00:22:16que nous pourrons de nouveau recevoir
00:22:17des invités politiques
00:22:19dans nos émissions sur France 5.
00:22:20On nous l'a déjà dit,
00:22:21tous les gens médias
00:22:22nous l'a déjà dit il y a 15 jours.
00:22:23C'est pour ça ?
00:22:24Je crois qu'il y a une ministre
00:22:26qui était invité.
00:22:27Ça a démarré,
00:22:28ça a repris samedi dernier.
00:22:29Oui, bien sûr,
00:22:30il y avait une invité
00:22:30dans C'est dans l'air l'invité.
00:22:33Deuxièmement,
00:22:34France 5 dans sa globalité,
00:22:35parce qu'il y a un chiffre
00:22:36que vous avez cité tout à l'heure
00:22:38de 80% de programmes produits
00:22:41par MediaOne et Together Media.
00:22:43J'aime beaucoup Renaud Levancky,
00:22:44mais il a énormément de talent,
00:22:45mais on n'a aucun lien
00:22:47les uns les autres.
00:22:47Donc globaliser des chiffres en commun,
00:22:49je crois que c'est 30%
00:22:50à peu près ce que représentent
00:22:51les émissions de MediaOne.
00:22:52Donc on parle de C'est dans l'air
00:22:54et de C'est à vous,
00:22:55qui aujourd'hui,
00:22:57pour la partie pluralisme,
00:23:01on respecte le guélier
00:23:02des charges données
00:23:02par France Télévisions.
00:23:04Vous savez qu'on est
00:23:05dans une période municipale
00:23:06qui est assez complexe
00:23:07à gérer en temps de parole.
00:23:09Et donc on souscrit
00:23:12à ce que fait France Télévisions.
00:23:13Je pense que par ailleurs,
00:23:15il n'y a strictement
00:23:15aucune différence
00:23:16dans une gestion
00:23:17de temps de parole
00:23:17entre une société
00:23:19de production externe
00:23:20et ce que peut faire
00:23:22une rédaction appartenant
00:23:24à une chaîne de télévision.
00:23:25Et dans ce cadre-là,
00:23:26on respecte totalement
00:23:26les obligations
00:23:27qui nous sont données.
00:23:28Je suis à titre personnel
00:23:29extrêmement heureux
00:23:30que les invités politiques
00:23:31reviennent dans cet avou
00:23:33et c'est dans l'air d'inviter.
00:23:35Je crois qu'on a un rôle majeur
00:23:36à un moment
00:23:37où le débat politique
00:23:38est très compliqué,
00:23:40de redonner la parole
00:23:41aux personnalités politiques.
00:23:43Je voulais juste
00:23:44vous souligner aussi,
00:23:45M. le Président,
00:23:47qu'il n'y a pas eu
00:23:48d'invité politique
00:23:49sur tout le mois de janvier
00:23:50et que les audiences
00:23:51de cet avou
00:23:52ont progressé.
00:23:53N'y voyez aucun lien
00:23:55entre les deux,
00:23:56mais c'est juste
00:23:58pour souligner aussi
00:23:59que quand on fait ça,
00:24:01quand on reçoit
00:24:01des invités politiques,
00:24:02ce n'est pas pour chercher
00:24:03l'audience,
00:24:03c'est parce que vraiment
00:24:04on pense qu'on remplit
00:24:05un rôle de service public
00:24:06et que c'est essentiel
00:24:07de le faire.
00:24:08Une toute première question,
00:24:10M. le Capiton,
00:24:11j'aimerais revenir
00:24:12sur cette belle réussite
00:24:13entrepreneuriale,
00:24:14vous l'avez évoquée
00:24:15en propos liminaire,
00:24:16je pense qu'elle est à saluer
00:24:17puisque vous êtes
00:24:17avec MediaOne
00:24:18un acteur qui rayonne
00:24:21aussi à l'international
00:24:22et on peut s'en féliciter.
00:24:25En 2015,
00:24:26je vais revenir
00:24:26sur la genèse,
00:24:27en 2015,
00:24:28avec vos partenaires
00:24:29M. Pigasse et M. Niel,
00:24:30vous créez donc MediaOne
00:24:32sur la base d'un SPAC,
00:24:33une opération boursière
00:24:34dont le but est
00:24:34d'attirer des fonds
00:24:35avec pour seule base
00:24:37quasiment la réputation
00:24:39des investisseurs.
00:24:40Votre réputation,
00:24:41vous l'avez acquise
00:24:42notamment grâce
00:24:43à votre société
00:24:43Troisième Oeil
00:24:44que vous avez créée
00:24:45en 2001,
00:24:46vous aviez 26 ans
00:24:47à l'époque,
00:24:48c'est avec cette société
00:24:49notamment que vous avez
00:24:50proposé C'est à vous
00:24:51en 2009.
00:24:53Lorsque vous créez
00:24:54MediaOne en 2015,
00:24:55vous continuez
00:24:56à gérer votre société
00:24:57personnelle en parallèle
00:24:58et ce n'est qu'en 2020
00:25:00que vous décidez
00:25:01d'intégrer Troisième Oeil
00:25:02à MediaOne.
00:25:03j'imagine que parmi les facteurs
00:25:05qui ont pu influencer
00:25:06la réussite de Troisième Oeil,
00:25:07il y a à l'évidence
00:25:09une intuition entrepreneuriale
00:25:10que vous avez portée,
00:25:12qu'elle soit d'ailleurs
00:25:13personnelle ou collective,
00:25:14mais il y a peut-être
00:25:15aussi un terreau favorable.
00:25:16Comme vous le savez,
00:25:17je suis un ancien entrepreneur,
00:25:19je suis très curieux
00:25:20des facteurs de réussite
00:25:22de belles entreprises
00:25:23dans notre pays.
00:25:25Est-ce que vous pouvez
00:25:26nous expliquer
00:25:27en première question
00:25:27comment vous êtes parvenu
00:25:29à passer de 0 euro
00:25:31de volume d'affaires
00:25:32avec France Télévisions
00:25:32en 2001 à l'époque
00:25:34à 22 millions d'euros
00:25:35de contrats signés
00:25:36avec France Télévisions
00:25:37en 2015 ?
00:25:39Quels ont été
00:25:39les facteurs principaux
00:25:41qui expliquent
00:25:41cette augmentation
00:25:42très importante ?
00:25:44Merci beaucoup
00:25:45Monsieur le rapporteur
00:25:46pour cette question.
00:25:48Cette accélération
00:25:50a même été
00:25:50beaucoup plus rapide
00:25:51puisqu'entre 2001
00:25:52et 2012,
00:25:53mon entreprise Troisième Oeil
00:25:55faisait 0 euro
00:25:56de chiffre d'affaires
00:25:56avec France Télévisions.
00:25:58Je vais vous expliquer
00:26:00pourquoi,
00:26:01je ne vais pas revenir
00:26:02sur mon parcours
00:26:03mais j'avais une détermination
00:26:06d'entrepreneur
00:26:06comme vous l'avez dit,
00:26:08comme vous le connaissez,
00:26:09c'était un essentiel
00:26:10pour moi et crucial
00:26:11de travailler dans ce secteur.
00:26:13Je pense que j'ai fait
00:26:14des choses dingues
00:26:15pour pouvoir travailler
00:26:16dans ce métier.
00:26:17Je racontais que j'attendais
00:26:18devant les immeubles
00:26:19des patrons de chaîne
00:26:20pour pouvoir signer
00:26:20des contrats,
00:26:21c'est le cas
00:26:21et mon premier contrat
00:26:23il était signé
00:26:24avec TPS
00:26:25parce que je suis rentré
00:26:25dans l'ascenseur
00:26:26en même temps qu'un des patrons
00:26:27et il m'a signé un contrat
00:26:28à ce moment-là.
00:26:29J'ai appelé France Télévisions
00:26:30régulièrement
00:26:31entre 2001 et 2012
00:26:32et personne ne me répondait
00:26:33au téléphone.
00:26:34Personne.
00:26:35J'avais un bureau
00:26:37vraiment dans un parking.
00:26:39J'avais donné 30%
00:26:40du capital de ma société
00:26:41pour pouvoir avoir
00:26:41ce bureau dans un parking
00:26:43et je n'avais pas
00:26:43de rendez-vous
00:26:44avec France Télévisions
00:26:44et puis j'ai appelé régulièrement
00:26:46et j'allais là-bas
00:26:46et personne ne me recevait.
00:26:47Et très honnêtement
00:26:49cet appel d'offres
00:26:50en 2010
00:26:52si je ne dis pas de bêtises
00:26:54pour c'est à vous
00:26:56c'était le lancement
00:26:57de la TNT en France
00:26:58France 5 avait
00:27:00donc c'était France 5
00:27:01jusqu'à 19h
00:27:02puis Arte
00:27:03qui diffusait
00:27:04et pour la première fois
00:27:05ces chaînes
00:27:05avaient des canaux pleins.
00:27:07Donc France Télévisions
00:27:07voulait exister
00:27:08chercher une production
00:27:09low cost
00:27:10je crois que j'avais fait
00:27:12la différenciation
00:27:13et j'avais réussi
00:27:14à progresser
00:27:15parce que je faisais
00:27:16des émissions
00:27:17moins chères que les autres.
00:27:18C'est un des points communs
00:27:19que j'ai avec Xavier Agniel
00:27:20qui a développé
00:27:22son entreprise
00:27:22dans le Télécom
00:27:23en faisant des forfaits
00:27:24moins chers
00:27:25c'est la même chose
00:27:25pour Troisième Oeil
00:27:27et quand il y a eu
00:27:28cet appel d'offres
00:27:28j'ai tout donné.
00:27:30Quand je vous dis
00:27:31que j'ai tout donné
00:27:32c'est que
00:27:32j'ai perdu mon principal contrat
00:27:34avec TPSTAR
00:27:35j'ai appris un mardi
00:27:37que je devais virer
00:27:38tout le monde
00:27:39parce que
00:27:40Canal Plus
00:27:41a arrêté mon contrat
00:27:41et que je n'avais plus
00:27:42d'émission
00:27:43et le lendemain
00:27:44j'ai gagné
00:27:45l'appel d'offres
00:27:46de CETAVOU
00:27:47ça a donc relancé
00:27:48mon entreprise
00:27:51et on a vécu
00:27:52avec toutes les équipes
00:27:53qui ont créé
00:27:54cette émission
00:27:54Alexandre Assublé
00:27:56et tous ceux
00:27:57qui ont mis la main
00:27:58quatre années
00:28:00incroyables
00:28:00à développer
00:28:01à travailler
00:28:01c'était pas gagné
00:28:03on disait
00:28:03beaucoup de mal
00:28:04de nous dans la presse
00:28:04pour que l'émission
00:28:05ne marche pas
00:28:06et ça a été
00:28:07ma première réussite
00:28:08et donc le chiffre
00:28:09d'affaires d'une quotidienne
00:28:10vous avez les chiffres
00:28:12monsieur le rapporteur
00:28:13ils n'ont pas beaucoup bougé
00:28:15sur CETAVOU
00:28:16depuis
00:28:16a permis à ma société
00:28:17de faire un second
00:28:18de chiffre d'affaires
00:28:20qui est simplement
00:28:21dû à une émission
00:28:23quotidienne
00:28:24qui a démarré
00:28:25à 40 minutes
00:28:26qui fait deux heures
00:28:28si je ne dis pas
00:28:29de bêtises
00:28:29aujourd'hui
00:28:30avec un chiffre d'affaires
00:28:31qui a très peu
00:28:32progressé dessus
00:28:34CETAVOU
00:28:34je vous le dis maintenant
00:28:35et en toute transparence
00:28:36c'est je le pense
00:28:38l'émission
00:28:39en rapport qualité-prix
00:28:40la moins chère du PAF
00:28:42son budget est réduit
00:28:43on est dans un secteur
00:28:44très concurrentiel
00:28:46et sur les access prime time
00:28:48je respecte
00:28:49tous nos concurrents
00:28:50et toutes les autres chaînes
00:28:51France Télévisions
00:28:52on travaille
00:28:53dans des budgets
00:28:54contraints
00:28:55et quand vous voyez
00:28:57les audiences
00:28:57de CETAVOU
00:28:58ou de CETAVOU
00:28:59et que vous les comparez
00:28:59par rapport à leur budget
00:29:01cet ADN
00:29:02de produire
00:29:03moins cher
00:29:04que les autres
00:29:04est resté
00:29:06j'en suis particulièrement fier
00:29:07et on pourra sans doute
00:29:09parler des budgets
00:29:10un peu plus tard
00:29:10il y a une étude
00:29:12d'NBC
00:29:13qui a rapporté
00:29:13qu'en 2023
00:29:14MediaOne produisait
00:29:1540% de son volume
00:29:16pour France Télévisions
00:29:18quelle est aujourd'hui
00:29:20la part de chiffre d'affaires
00:29:21que réalise
00:29:21MediaOne France
00:29:22avec France Télévisions
00:29:26alors l'étude
00:29:27dont vous parlez
00:29:28c'est NPR
00:29:29Conseil
00:29:31je ne sais pas
00:29:32où ils ont sorti
00:29:32leurs chiffres
00:29:33par ailleurs
00:29:33le chiffre d'affaires
00:29:35de France Télévisions
00:29:36au sein du groupe MediaOne
00:29:38il est de moins de 5%
00:29:40donc
00:29:41je vais vous répondre
00:29:43monsieur le rapporteur
00:29:44je veux bien faire
00:29:45des réponses courtes
00:29:45et efficaces
00:29:46mais je vais juste
00:29:46essayer de sortir
00:29:47les mots de ma bouche
00:29:49donc aujourd'hui
00:29:50j'ai entendu parler hier
00:29:52de monopole
00:29:53je crois par un monsieur
00:29:55un peu fou
00:29:56qui était là
00:29:58donc moins de 5%
00:29:59du volume d'affaires
00:30:00du groupe MediaOne
00:30:01et en France
00:30:02donc il est largement
00:30:04en dessous des 40%
00:30:05et il est en dessous
00:30:07du chiffre
00:30:08de celui de Banidjaye hier
00:30:10ça vous donne à peu près
00:30:12comme vous n'avez pas le droit
00:30:12de donner les montants
00:30:13normalement je n'ai pas le droit
00:30:14de les donner non plus
00:30:14mais juste pour vous donner
00:30:15une fourchette
00:30:16je précise juste
00:30:17que Banidjaye nous a donné
00:30:18les chiffres
00:30:18je ne veux pas qu'après
00:30:19on dise Banidjaye nous les donne
00:30:20mais c'est votre choix
00:30:20non non je vous donne
00:30:22en fait
00:30:23je veux être très clair
00:30:24parce que tout ça
00:30:24est très regardé
00:30:25je vous laisse le choix
00:30:26je vous indigeux
00:30:27parce que Banidjaye nous a dit
00:30:27très précisément
00:30:28les montants France
00:30:29et les montants étrangers
00:30:31c'est votre droit
00:30:31de ne pas les donner
00:30:32je vous donne une indication
00:30:33je vous dis moins de 5%
00:30:36ce qui est quand même
00:30:37c'est important
00:30:38parce qu'on parle de concentration
00:30:39moins de 5% dans le monde
00:30:40et en France
00:30:42et en France
00:30:42c'est moins
00:30:43que le chiffre
00:30:44qu'a donné Banidjaye hier
00:30:46je ne sais pas
00:30:47si vous vous en souvenez
00:30:4830%
00:30:49c'est moins de 30%
00:30:50oui mais moins de 30
00:30:51entre 0 et 30
00:30:52il y a une
00:30:54oui
00:30:55oui
00:30:55là c'est moins de 30
00:30:57d'accord
00:30:57si c'est 25
00:30:58ce n'est pas 5
00:30:59je veux dire pardon
00:31:00non mais c'est moins de 30%
00:31:01c'est pour vous donner
00:31:02une indication
00:31:04enfin bon là
00:31:07enfin monsieur Banan
00:31:07ce n'est pas un acharnement
00:31:08enfin je veux dire
00:31:09c'est une société de production
00:31:10qui travaille avec
00:31:10le service public audiovisuel
00:31:11de savoir ce que représente
00:31:12France Télévisions
00:31:13dans le chiffre d'affaires
00:31:14France d'une société de production
00:31:15ça ne m'apparaît pas
00:31:16le secret des affaires
00:31:18mais c'est pas
00:31:19d'accord
00:31:20si vous voulez
00:31:21excusez-moi
00:31:24j'ai pas envie
00:31:25que vous vous disputiez
00:31:26non
00:31:28non mais on a
00:31:28une différence de vision
00:31:29moi je
00:31:30quand c'est le secret des affaires
00:31:31je suis assez ferme
00:31:32et je le dis au rapporteur
00:31:33ça m'a été assez reproché
00:31:34quand je considère
00:31:35que ça n'a rien à voir
00:31:36avec le secret des affaires
00:31:36je le dis aussi
00:31:37voilà
00:31:37je vais vous donner
00:31:38je vais vous donner
00:31:39je voulais pas le donner
00:31:40mais je vais vous le donner
00:31:41parce qu'on est là
00:31:41en toute transparence
00:31:42et qu'on n'a rien à cacher
00:31:43il est de 25%
00:31:45donc il n'est pas de 40
00:31:46comme l'a pu donner
00:31:50NPR
00:31:50pardonnez-moi
00:31:51et juste le 5%
00:31:52au regard du groupe
00:31:53le moins de 5%
00:31:54fait qu'on est bien loin
00:31:56d'une dépendance
00:31:57d'un côté
00:31:57comme de l'autre
00:31:58on se parlera tout à l'heure
00:31:59de la notion
00:32:01évidemment de dépendance
00:32:02mais c'était important
00:32:03pour moi d'y répondre
00:32:04et accepter ma transparence
00:32:06et ce que je fais
00:32:07et j'aimerais que de l'autre côté
00:32:09on puisse enregistrer
00:32:10et comprendre aussi mes réponses
00:32:12il y a eu beaucoup de choses
00:32:13fausses
00:32:14qui ont été racontées ici
00:32:15dont certaines
00:32:16particulièrement choquantes
00:32:17hier soir
00:32:19qui ont fait
00:32:20sonner mon téléphone
00:32:21très fort hier soir
00:32:23avec des gens
00:32:23qui ont menti
00:32:25devant la représentation
00:32:26nationale
00:32:27sous serment
00:32:28j'espère qu'on aura aussi
00:32:29l'occasion
00:32:30d'en parler
00:32:31et accepter cette transparence
00:32:33oui
00:32:34j'indique effectivement
00:32:35je le dis
00:32:35parce que
00:32:36pardon monsieur le rapporteur
00:32:37je précise juste cet élément
00:32:38on m'a été remonté
00:32:40effectivement
00:32:40que peut-être qu'hier
00:32:41il y aurait eu parjure
00:32:43encore une fois
00:32:44je vais l'analyser
00:32:44je vais regarder
00:32:45je vais demander
00:32:46des documents complémentaires
00:32:47peut-être que le rapporteur
00:32:47vous posera des questions
00:32:48suite à vos auditions d'hier
00:32:49s'il y a eu parjure
00:32:50je prendrai mes responsabilités
00:32:52je vous permettrai évidemment
00:32:55et c'est bien normal
00:32:55de réagir
00:32:56notamment aux accusations
00:32:58qui ont été formulées
00:32:59à votre endroit hier
00:33:01par la personne hier soir
00:33:02que nous avons auditionné
00:33:03j'aurai quelques questions
00:33:04qui vous permettront
00:33:05je vous l'assure
00:33:06de répondre
00:33:07à tous ces éléments
00:33:08parce que c'est important
00:33:09et c'est aussi important
00:33:10c'est le but de cette commission d'enquête
00:33:11de donner une tribune
00:33:12et de permettre aussi
00:33:13aux personnes
00:33:14qui sont accusées
00:33:15parfois à tort
00:33:16d'y répondre
00:33:17donc comptez sur moi
00:33:18pour vous poser ces questions
00:33:19toute dernière question
00:33:20rapide
00:33:21sur ce sujet
00:33:23vous nous avez donné
00:33:24donc le montant
00:33:26de chiffre d'affaires
00:33:27réalisé pour France Télévisions
00:33:28de MediaOne France
00:33:31à peu près 25%
00:33:33avec quel autre groupe
00:33:34public étranger
00:33:35est-ce que MediaOne
00:33:36assure un chiffre d'affaires
00:33:37équivalent
00:33:38à celui que vous faites
00:33:39en France
00:33:39avec France Télévisions ?
00:33:43La réponse est oui
00:33:45largement
00:33:45je pense que c'est
00:33:47à peu près la même chose
00:33:47en Allemagne
00:33:49c'est un peu moins en Italie
00:33:51mais dans les pourcentages
00:33:52de ce que représente
00:33:53le chiffre d'affaires de MediaOne
00:33:54avec les services publics européens
00:33:56et je pense qu'on est
00:33:57au même niveau
00:33:59je reviens juste
00:34:00pardon sur Banijé
00:34:01la différence entre Banijé
00:34:02et MediaOne
00:34:02c'est que Banijé
00:34:03est une société cotée
00:34:04donc elle publie
00:34:05tous ses chiffres
00:34:06MediaOne est une société privée
00:34:08elle ne publie pas ses chiffres
00:34:09et j'ai été coté
00:34:10pendant trois ans
00:34:12donc j'ai fait cet exercice
00:34:14de publier mes chiffres
00:34:15et c'est pour ça
00:34:16aujourd'hui
00:34:16monsieur le président
00:34:17qu'on n'a pas le même niveau
00:34:19de réponse
00:34:21parce qu'ils le font
00:34:21de manière obligatoire et légale
00:34:23je le fais de manière
00:34:25transparente face à vous
00:34:26et j'ai énormément de respect
00:34:27pour Stéphane Courby
00:34:29pour Banijé
00:34:30qui font un travail
00:34:30exceptionnel
00:34:31pour la production française
00:34:34Merci pour votre réponse
00:34:36on parle de pourcentage
00:34:37effectivement
00:34:38mais vous confirmez
00:34:39que les éléments
00:34:39que nous avons pu avoir
00:34:41et qui ont été
00:34:42allègrement discutés
00:34:43dans le cadre
00:34:43de cette commission d'enquête
00:34:44il y a le pourcentage
00:34:46mais il y a aussi
00:34:46le montant facial
00:34:48le volume
00:34:50France Lévision
00:34:50nous a indiqué
00:34:51que MediaOne
00:34:51réalisé je crois
00:34:53avait un volume contractuel
00:34:54d'un peu plus de 110 millions
00:34:55d'euros par an
00:34:56qui vous place
00:34:58première société
00:34:59de production
00:35:00à bénéficier
00:35:00des contrats
00:35:01de France Lévision
00:35:02vous êtes d'accord
00:35:03aussi avec ces chiffres
00:35:04vous les admettez ?
00:35:06Oui tout à fait
00:35:07à une différence près
00:35:10c'est que MediaOne
00:35:10ce n'est pas une société
00:35:11qui contractualise
00:35:12avec France Télévisions
00:35:14ce sont 20 sociétés
00:35:15de production indépendantes
00:35:16qui contractualisent
00:35:18avec France Télévisions
00:35:18certaines de ces sociétés
00:35:20travaillaient déjà
00:35:21c'est le cas
00:35:22de Maximal Production
00:35:22qui appartenait
00:35:24au groupe Lagardère
00:35:24avec France Télé
00:35:26à l'époque
00:35:27donc quand elles ont rejoint
00:35:29MediaOne
00:35:29ce chiffre d'affaires
00:35:30a continué
00:35:30intéressant de noter aussi
00:35:32je voulais donner
00:35:33dans mon propos liminaire
00:35:34le chiffre d'affaires
00:35:35de MediaOne en France
00:35:36a progressé
00:35:37entre 2020 et 2025
00:35:38de 30 à 40%
00:35:40en France
00:35:40et c'est encore plus
00:35:42le cas dans d'autres pays
00:35:43il a baissé
00:35:45de 5%
00:35:48sur la même période
00:35:49avec France Télévisions
00:35:50en tant qu'entrepreneur
00:35:51et producteur
00:35:54moi j'ai envie
00:35:54de produire plus
00:35:55et de faire plus
00:35:56parce qu'on a des équipes
00:35:56créatives formidables
00:35:57et on a des programmes
00:35:59qui marchent
00:36:00dans les salles de cinéma
00:36:01sur les plateformes
00:36:02donc on est très heureux
00:36:03de pouvoir produire
00:36:03quand je compare
00:36:05avec en pourcentage
00:36:06de ce que ça représente
00:36:07sur les autres pays européens
00:36:08pardonnez-moi
00:36:09j'ai des chiffres
00:36:10mais c'est 40%
00:36:12en Allemagne
00:36:12à peu près
00:36:13ce que ça représente
00:36:1425 en Italie
00:36:15et 32 avec la télévision espagnole
00:36:17donc MediaOne
00:36:17fait
00:36:18si on compare
00:36:19et ça sera intéressant
00:36:20aussi de revenir dessus
00:36:22et je m'arrête là
00:36:23on se parle
00:36:24de service public européen
00:36:25entre la production indépendante
00:36:27et la production dépendante
00:36:28le niveau de production indépendante
00:36:30il est le même
00:36:31dans tous les pays européens
00:36:32et les investissements
00:36:33dans l'audiovisuel public
00:36:34ils sont beaucoup plus importants
00:36:36en Allemagne
00:36:37en Angleterre
00:36:38et ils font appel
00:36:39à la production externe
00:36:40de manière beaucoup plus importante
00:36:42j'espère qu'on aura l'occasion
00:36:43d'y revenir tout à l'heure
00:36:44parce qu'il y a une seule chose
00:36:45qui manque à cette commission
00:36:47de mon point de vue
00:36:48c'est un peu une benchmark
00:36:50c'est de savoir
00:36:50ce que coûtent les programmes
00:36:51sur les autres chaînes
00:36:53en France
00:36:53sur les plateformes
00:36:54en France et à l'international
00:36:56et aussi de voir
00:36:57les services publics européens
00:36:58je pense que c'est très intéressant
00:36:59pour vous
00:37:00dans ce moment très précis
00:37:02qui est un basculement
00:37:03dans le monde audiovisuel
00:37:04de s'y arrêter
00:37:06je me suis fondé
00:37:07sur un article de Capital
00:37:08et j'ai déjà posé cette question
00:37:09notamment aux représentants
00:37:11des syndicats de producteurs
00:37:12un article de Capital
00:37:13qui était daté
00:37:14du 6 décembre 2021
00:37:15qui est intitulé
00:37:16les astuces de Luc Besson
00:37:18et de MediaOne
00:37:18pour continuer à toucher
00:37:20des aides publiques
00:37:20fin de la citation
00:37:21qui explique que votre société
00:37:23MediaOne aurait mis en place
00:37:24un montage financier
00:37:25lui permettant de continuer
00:37:26à bénéficier des aides
00:37:27du CNC
00:37:28malgré le poids
00:37:29prépondérant
00:37:30de fonds étrangers
00:37:31dans son actionnariat
00:37:32dont KKR
00:37:33on a auditionné
00:37:35le syndicat
00:37:35des producteurs indépendants
00:37:37il y a quelques jours
00:37:38qui a visiblement
00:37:39déposé un recours
00:37:40devant le tribunal administratif
00:37:41contre cette décision
00:37:43d'accorder
00:37:44des fonds du CNC
00:37:45estimant que la présence
00:37:47importante
00:37:47avec le capital
00:37:48du fonds américain
00:37:49KKR
00:37:50qui est probablement
00:37:51même sûrement
00:37:52le premier actionnaire
00:37:53de l'entreprise
00:37:54ne répondrait pas
00:37:55aux critères
00:37:56permettant de recevoir
00:37:57ces aides
00:37:57on les a entendus
00:37:58ils ont confirmé
00:38:00leur démarche
00:38:01ils ont confirmé
00:38:02que selon eux
00:38:02un tel poids
00:38:03d'un fonds
00:38:04investissement étranger
00:38:05ne permettait pas
00:38:05d'obtenir ces subventions
00:38:07je vais citer l'article
00:38:09KKR détiendra
00:38:10la majorité
00:38:11du capital
00:38:11de MediaOne Alliance
00:38:12mais la majorité
00:38:13des droits de vote
00:38:14et donc le contrôle
00:38:15ce que vous avez expliqué
00:38:16seront détenus
00:38:17par les trois fondateurs
00:38:18et là
00:38:18MACSF
00:38:19fin de la citation
00:38:21question donc simple
00:38:22et vous êtes
00:38:23sous serment
00:38:24le secret des affaires
00:38:25d'ailleurs
00:38:25n'est pas opposable
00:38:26à cette commission d'enquête
00:38:27n'est pas opposable
00:38:28à l'article 6
00:38:29de l'ordonnance
00:38:30de 1958
00:38:31quelle est aujourd'hui
00:38:33la part exacte
00:38:34de détention
00:38:35du fonds américain
00:38:36KKR
00:38:37dans le capital
00:38:38de MediaOne
00:38:38parce que je pense
00:38:39que le fait
00:38:39de répondre
00:38:40à cette question
00:38:40permettrait aussi
00:38:41peut-être d'éclairer
00:38:42le nombre des questions
00:38:43qu'on se pose
00:38:43et de les trancher
00:38:44une bonne fois pour toutes
00:38:45parce qu'il y en a eu
00:38:46beaucoup depuis le début
00:38:47de cette commission d'enquête
00:38:48je vais laisser la parole
00:38:50à Guillaume Isabelle
00:38:51qui est le directeur général
00:38:52en charge de la stratégie
00:38:53du groupe
00:38:56merci
00:38:56et peut-être avant
00:38:57de répondre spécifiquement
00:38:58à cette question
00:38:59je voulais reprendre
00:39:00un peu de recul
00:39:01sur l'organisation
00:39:02générale de MediaOne
00:39:05la société tête du groupe
00:39:06qui s'appelle
00:39:07MediaOne Holding
00:39:08est une société française
00:39:09elle a été créée
00:39:11en 2020
00:39:12à l'occasion
00:39:12des opérations
00:39:13qu'on conduit
00:39:14au retrait de la bourse
00:39:15permettant de sécuriser
00:39:16le contrôle français
00:39:17de MediaOne
00:39:17et d'assurer son développement
00:39:19ultérieur
00:39:20via l'accès
00:39:21à de nouveaux capitaux
00:39:22le groupe comprend aujourd'hui
00:39:24plus de 200 sociétés
00:39:25incorporées dans différents pays
00:39:26en fonction de leur territoire
00:39:27d'activité
00:39:28mais je précise
00:39:29que la chaîne de détention
00:39:30depuis MediaOne Holding
00:39:32jusqu'aux sociétés
00:39:33de production françaises
00:39:34est faite exclusivement
00:39:35de sociétés françaises
00:39:37MediaOne est dirigée
00:39:39au quotidien
00:39:40et représentée
00:39:40par son président
00:39:41Pierre-Antoine Capeton
00:39:42c'est lui
00:39:43avec l'équipe de direction
00:39:44qu'il a nommée
00:39:45qui prend toutes les décisions opérationnelles
00:39:47en ce compris
00:39:48les décisions relatives
00:39:49au contenu produit
00:39:51et pour ce qui revient
00:39:53des grandes décisions stratégiques
00:39:54elles sont prises
00:39:54par le conseil de surveillance
00:39:55qui est composé
00:39:57de 14 membres
00:39:57dont 9 français
00:39:58avec la majorité des voix
00:40:00qui revient aux trois fondateurs
00:40:02c'est-à-dire messieurs
00:40:03Capeton, Niel et Pigasse
00:40:05le capital de MediaOne
00:40:07comme Pierre-Antoine Capeton
00:40:09l'a rappelé tout à l'heure
00:40:09est dispersé
00:40:11depuis la sortie de la bourse
00:40:13entre plus de 70 actionnaires
00:40:16tous les actionnaires significatifs
00:40:19sont connus
00:40:20et représentés
00:40:20au conseil de surveillance
00:40:21et le capital
00:40:23les seuls actionnaires
00:40:25qui ont un statut particulier
00:40:27sont les trois fondateurs
00:40:28qui ont un contrôle
00:40:30exclusif
00:40:31et incontestable
00:40:32sur la société
00:40:34de par la majorité
00:40:36des droits de vote
00:40:36en Assemblée Générale
00:40:37et la majorité des voix
00:40:39au conseil de surveillance
00:40:40comme ça a été rappelé
00:40:42ce contrôle
00:40:43c'est pas une notion subjective
00:40:44c'est une notion
00:40:45de droit
00:40:46qui a été attesté
00:40:47confirmé
00:40:48par les autorités compétentes
00:40:50et notamment
00:40:50l'autorité de la concurrence
00:40:52dans son avis rendu public
00:40:54en septembre 2020
00:40:56le cas auquel vous faites référence
00:40:58est un sujet de contrôle
00:41:00et c'est pour ça
00:41:02que le poids des actionnaires
00:41:04n'entre pas en ligne de compte
00:41:05néanmoins
00:41:07pour
00:41:07je dirais
00:41:09rétablir certaines vérités
00:41:11et éviter
00:41:12de laisser courir
00:41:14certaines affirmations
00:41:15erronées
00:41:16qui ont été faites
00:41:16nous avons pris le soin
00:41:18de préciser
00:41:18c'est ce que
00:41:19Pierre-Antoine Capiton
00:41:19a rappelé tout à l'heure
00:41:20qu'aucun de nos actionnaires
00:41:22ni KKR
00:41:23ni un autre
00:41:24ne détient la majorité
00:41:25du capital
00:41:26je pense que
00:41:27c'est suffisant
00:41:29je dirais
00:41:30de manière conjointe
00:41:30avec le point le plus important
00:41:32qui est celui du contrôle
00:41:33pour confirmer
00:41:34qu'il n'y a aucun
00:41:36dispositif
00:41:38artificiel
00:41:38puisque c'est un contrôle
00:41:39réel
00:41:41constaté tous les jours
00:41:42qui
00:41:43qui soit dans notre structure
00:41:46et donc
00:41:46nos emplois
00:41:49je vous remercie
00:41:50pour votre réponse
00:41:51mais à nouveau
00:41:52pourquoi
00:41:53et j'ai lu
00:41:54l'article du Figaro
00:41:55où vous avez répondu
00:41:56sur les soupçons
00:41:56qui pesaient
00:41:57sur le poids de KKR
00:41:59dans votre capital
00:42:00pourquoi
00:42:00ne pas
00:42:01en transparence
00:42:02nous donner
00:42:03pour qu'on en ait
00:42:04un peu
00:42:06la vérité
00:42:07pour qu'on soit sûr
00:42:08de nous
00:42:08pourquoi ne pas
00:42:09nous donner
00:42:09aujourd'hui
00:42:10le pourcentage
00:42:11de détention
00:42:12de KKR
00:42:13au capital
00:42:14de MediaOne
00:42:15pourquoi autant
00:42:16de flou
00:42:17sur le sujet
00:42:18alors qu'il suffirait
00:42:19simplement
00:42:20de nous transmettre
00:42:21les documents
00:42:21même de façon confidentielle
00:42:23pas besoin
00:42:24de les révéler
00:42:25mais nous transmettre
00:42:26les documents
00:42:26pour s'assurer
00:42:27que KKR
00:42:27n'est pas majoritaire
00:42:29au capital
00:42:29de MediaOne
00:42:30sachant qu'à nouveau
00:42:31on a entendu
00:42:31des représentants
00:42:32de syndicats
00:42:33de producteurs
00:42:33il y a quelques jours
00:42:34qui ont déposé
00:42:35un recours
00:42:36de façon commune
00:42:37on les a interrogés
00:42:37ils nous ont dit
00:42:38on maintient
00:42:39effectivement
00:42:40des subventions publiques
00:42:41notamment celles du CNC
00:42:42ne devraient pas être attribuées
00:42:43à MediaOne
00:42:44parce qu'il y a un doute
00:42:45qui pèse sur le pourcentage
00:42:47de détention de KKR
00:42:48fonds américains
00:42:49à votre capitale
00:42:50MediaOne
00:42:52juste pour être précis
00:42:53nous n'avons pas répondu
00:42:55aux questions du Figaro
00:42:57pardon
00:42:57qui a fait un article
00:42:58sur le sujet
00:42:59tout seul dans son coin
00:43:00après que plus d'une vingtaine
00:43:01de fois
00:43:02l'affirmation de MediaOne
00:43:03est un groupe américain
00:43:04ait été raconté ici
00:43:06juste dire aussi
00:43:07que contrairement
00:43:08à ce qui a été dit
00:43:08de nombreuses reprises
00:43:09jamais aucune dividende
00:43:10n'a été versée
00:43:11à un fonds américain
00:43:12c'est important
00:43:13ensuite monsieur le rapporteur
00:43:14MediaOne
00:43:14c'est une société non cotée
00:43:16c'est la grosse différence
00:43:17la répartition du capital
00:43:18elle relève
00:43:19du secret des affaires
00:43:21en revanche
00:43:22je peux vous le dire
00:43:23de nouveau
00:43:24mais
00:43:25j'ai aucun problème
00:43:26pour le redire
00:43:27le contrôle de MediaOne
00:43:28il est français
00:43:29et puis si je vais
00:43:30un cran plus loin
00:43:32je ne peux pas commenter
00:43:33la plainte
00:43:34parce que l'affaire
00:43:35est en cours
00:43:35de la part des syndicats
00:43:37auprès du CNC
00:43:39mais je peux vous dire
00:43:39une chose
00:43:40le fonds derrière tout ça
00:43:42c'est quoi ?
00:43:42c'est de laisser penser
00:43:43qu'il y ait un fonds américain
00:43:45qui va expliquer
00:43:46à un producteur de cinéma
00:43:48en France
00:43:48je veux que tu écrives
00:43:50le conte de Monte Cristo
00:43:50comme ça
00:43:51je veux que tu écrives
00:43:52Bacnor comme ça
00:43:53je veux que tu fasses
00:43:54telle oeuvre comme ça
00:43:55qui va aller parler
00:43:56à l'oreillette de Caroline Roux
00:43:57pour lui demander
00:43:58de poser telle question
00:43:59j'ai du mal à comprendre
00:44:01à partir du moment où
00:44:03juridiquement
00:44:03il n'y a aucun sujet
00:44:05est-ce que vous pensez
00:44:06qu'éditorialement
00:44:07artistiquement
00:44:08on est
00:44:09je vous l'ai dit
00:44:09on est un groupe indépendant
00:44:10est-ce que vous pensez
00:44:11que quelqu'un va
00:44:12venir pour faire ce travail-là
00:44:14tous les producteurs
00:44:15qu'on a
00:44:15Dimitri Rassam
00:44:16Hugo Sélignac
00:44:18Clément Misery
00:44:19je peux tous les citer
00:44:20ils sont totalement indépendants
00:44:22je ne lis pas
00:44:23les scénarios de leurs films
00:44:24et je ne leur donne aucun conseil
00:44:25donc
00:44:26de pouvoir fantasmer
00:44:27ce genre de choses
00:44:28c'est pour moi
00:44:31assez surprenant
00:44:32je suis très content
00:44:33que
00:44:34vous acceptiez
00:44:35monsieur le président
00:44:36l'a entendu
00:44:37que le contrôle de MediaOne
00:44:38soit français
00:44:39une fois pour toutes
00:44:41on ne va plus dire ici
00:44:42que MediaOne
00:44:42est une société américaine
00:44:43j'étais très heureux
00:44:45de pouvoir répondre
00:44:45sous serment
00:44:45que Kaker
00:44:47n'avait pas le contrôle
00:44:49de MediaOne
00:44:49n'était pas un actionnaire
00:44:51majoritaire de MediaOne
00:44:52ce sont des réponses fortes
00:44:54qu'on vous donne aujourd'hui
00:44:55l'impression qu'on banalise
00:44:57un peu tout ça
00:44:57mais on vous donne
00:44:58des secrets des affaires
00:44:59c'est le cas
00:45:00pour le reste
00:45:01quand je vous dis
00:45:02que je prends les décisions
00:45:03en toute indépendance
00:45:05c'est le cas
00:45:05et si ce n'était pas le cas
00:45:06je ne dirigerai plus ce groupe
00:45:09si je vous pose ces questions
00:45:12le but d'une commission d'enquête
00:45:13c'est aussi de mettre l'accent
00:45:14sur des suspicions
00:45:16sur des sujets
00:45:17qui peuvent être problématiques
00:45:18c'est parce que
00:45:19on a des représentants
00:45:21de syndicats de producteurs
00:45:21qui à l'unanimité
00:45:22nous disent
00:45:23on a un doute
00:45:23on a déposé plainte
00:45:25on a fait un recours
00:45:26concernant la société MediaOne
00:45:28et ceci parce que
00:45:29France Télévisions
00:45:30nous explique
00:45:31notre rôle
00:45:32c'est de soutenir la création
00:45:33et la production indépendante française
00:45:34le premier groupe
00:45:36de producteurs
00:45:37à en bénéficier
00:45:38c'est MediaOne
00:45:39mais il y a aussi un doute
00:45:40sur la structure capitalistique
00:45:41donc nous
00:45:41tout notre rôle
00:45:42c'est aussi de poser ces questions
00:45:45de vous permettre aussi
00:45:46de faire toute la transparence
00:45:47sur le sujet
00:45:48et c'est la raison pour laquelle
00:45:49j'ai déjà posé deux questions
00:45:51j'en poserai peut-être
00:45:51trois ou quatre au total
00:45:52dans cette audition
00:45:54ça vous permet aussi
00:45:55d'y répondre
00:45:56si je vous pose la question
00:45:57vous parlez de structure capitalistique
00:45:59il y a aussi
00:46:00une petite différence
00:46:01entre la façon
00:46:02dont s'exerce
00:46:02ce contrôle
00:46:03d'un fonds
00:46:04comme KKR
00:46:05j'ai pu lire
00:46:05notamment
00:46:06la note d'information
00:46:07transmise à l'AMF
00:46:08lors de votre
00:46:09OPA sur MediaOne
00:46:11en 2020
00:46:11qui explique
00:46:12que la société
00:46:14chaude top co
00:46:15qui est contrôlée
00:46:16par KKR
00:46:16peut nommer
00:46:17donc trois membres
00:46:19sur sept
00:46:19au conseil de surveillance
00:46:20de MediaOne
00:46:21Alliance
00:46:21KKR dispose
00:46:22également
00:46:23d'un droit
00:46:23de veto
00:46:24sur des décisions
00:46:24majeures
00:46:25par exemple
00:46:26l'adoption
00:46:27du budget annuel
00:46:27dans certains cas
00:46:28l'émission d'action
00:46:29l'introduction en bourse
00:46:30certains seuils
00:46:31d'acquisition
00:46:32de cession
00:46:33et d'investissement
00:46:34cette note aussi précise
00:46:36surtout l'existence
00:46:37d'une golden share
00:46:38c'est à dire
00:46:39qu'en cas de modification
00:46:39des règles
00:46:40d'attribution
00:46:41des aides
00:46:41du CNC
00:46:42par exemple
00:46:42je cite
00:46:43les droits
00:46:44et obligations
00:46:44seraient inversés
00:46:45faisant de
00:46:47la société
00:46:47KKR
00:46:48l'actionnaire
00:46:49de contrôle
00:46:50de MediaOne
00:46:51Alliance
00:46:51donc lorsqu'on voit
00:46:53qu'un actionnaire
00:46:54un fonds d'investissement
00:46:54américain
00:46:55peut bloquer
00:46:56votre budget
00:46:56peut interférer
00:46:57et bloquer
00:46:58vos décisions stratégiques
00:46:59et même partiellement
00:47:00prendre le contrôle
00:47:01de la société
00:47:02en cas de certains critères
00:47:03est-ce qu'on peut
00:47:04réellement parler
00:47:05d'une indépendance
00:47:06est-ce qu'on peut
00:47:06réellement se dire
00:47:07que la société
00:47:08quelles que soient
00:47:09les conditions
00:47:09et les critères
00:47:10restera française
00:47:11alors qu'on voit
00:47:12factuellement
00:47:13qu'un fonds d'investissement
00:47:14américain
00:47:15pourrait prendre le contrôle
00:47:16à certains critères
00:47:17c'est toutes les raisons
00:47:17de mes questions
00:47:18quel est le rôle réel
00:47:20l'importance réelle
00:47:21de KKR
00:47:22dans votre capital
00:47:23et dans vos décisions
00:47:24au quotidien
00:47:25Guillaume Isabelle
00:47:26va vous répondre
00:47:27en toute transparence
00:47:28je tiens juste à noter
00:47:29parce que
00:47:29j'ai l'impression
00:47:30qu'on est la seule
00:47:31société de production
00:47:31dont l'intégralité
00:47:33des actionnaires
00:47:33ont été convoquées
00:47:35j'en suis par ailleurs
00:47:36surpris
00:47:37mais vous allez passer
00:47:37cet après-midi
00:47:38avec notamment
00:47:39le représentant français
00:47:40de KKR
00:47:41plusieurs heures
00:47:41vous allez vous ennuyer
00:47:43parce qu'il n'a pas
00:47:43beaucoup d'informations
00:47:44sur la société
00:47:45parce qu'éditorialement
00:47:46artistiquement
00:47:47il ne s'occupe de rien
00:47:48je pense que
00:47:49ces questions techniques
00:47:49vous pourrez les aborder
00:47:50avec lui
00:47:50mais j'aurais adoré
00:47:52vous parler
00:47:52qu'on prenne le temps
00:47:53de parler de fiction
00:47:54d'intelligence artificielle
00:47:56de tout ce qu'on peut faire
00:47:57pour faire rayonner
00:47:58la culture à l'international
00:47:59mais Guillaume Isabelle
00:48:00va vous répondre
00:48:01et encore une fois
00:48:02on ne peut pas faire
00:48:03plus transparent
00:48:03que de venir
00:48:04pendant plus de 6 heures
00:48:05avec les actionnaires
00:48:06et les dirigeants
00:48:07je voulais le dire
00:48:08Guillaume
00:48:09pardon
00:48:10juste une petite correction
00:48:11monsieur Capeton
00:48:12l'intégralité
00:48:13des actionnaires
00:48:15de MediaOne
00:48:15n'ont pas été
00:48:16convoqués
00:48:17par ailleurs
00:48:18le rapporteur
00:48:19a souhaité auditionner
00:48:20les principaux actionnaires
00:48:22financiers
00:48:23des sociétés de production
00:48:25c'est pour ça
00:48:26qu'on va auditionner
00:48:27les principaux actionnaires
00:48:28de MediaOne
00:48:29et qu'on va auditionner
00:48:30le principal actionnaire
00:48:31le deuxième
00:48:32après monsieur Courby
00:48:33actionnaire
00:48:36de Banijay
00:48:37et par ailleurs
00:48:38Mathieu Pigasse
00:48:39et Xavier Niel
00:48:40ont peut-être
00:48:40une part limitée
00:48:41de votre capital
00:48:42mais je crois
00:48:42que tous les trois
00:48:43vous êtes cofondateurs
00:48:44de cette entreprise
00:48:44donc ils viennent
00:48:45à la fois
00:48:45en tant que cofondateurs
00:48:46de MediaOne
00:48:47même si aujourd'hui
00:48:48ils sont des actionnaires
00:48:49minoritaires
00:48:49je peux donner juste
00:48:50cette précision
00:48:50parce que moi
00:48:51je garantis
00:48:52des règles universelles
00:48:53et le rapporteur
00:48:54les a acceptées
00:48:55quand on convoque
00:48:56le principal actionnaire
00:48:57financier de MediaOne
00:48:59enfin vous le contestez
00:49:00mais en tout cas
00:49:01des informations
00:49:01que l'on a
00:49:02on nous dit
00:49:03que KKR
00:49:04serait votre premier
00:49:05actionnaire financier
00:49:07en tout cas
00:49:08c'est comme ça
00:49:08qu'on l'a établi
00:49:09et donc par conséquent
00:49:10et par parallélisme
00:49:11des formes
00:49:11si vous me permettez
00:49:12cette expression
00:49:12on auditionnera
00:49:13le rapporteur
00:49:15en a convenu
00:49:15les membres du bureau
00:49:16également
00:49:16le principal actionnaire
00:49:19financier
00:49:19de Banijay
00:49:20fin mars
00:49:21Monsieur Isabelle
00:49:24Merci
00:49:25je vais essayer
00:49:26de répondre
00:49:26au point
00:49:26que vous avez soulevé
00:49:27sur la gouvernance
00:49:29pour vous expliquer
00:49:30comment est-ce que
00:49:30fonctionne la société
00:49:32au quotidien
00:49:32d'abord
00:49:33pour ce qui est
00:49:33la nomination du board
00:49:34enfin des membres du board
00:49:37Chotopco
00:49:37est une société
00:49:38qui regroupe
00:49:39les intérêts
00:49:40de plusieurs actionnaires
00:49:41dont deux sont représentés
00:49:44au board
00:49:44KKR
00:49:45et Atwater
00:49:46donc les trois membres
00:49:47auxquels vous faites référence
00:49:48sont les trois membres
00:49:49qui siègent encore
00:49:50au board aujourd'hui
00:49:50deux représentants
00:49:51de KKR
00:49:52et un représentant
00:49:53d'Atwater
00:49:53sur un total
00:49:54de 14 membres
00:49:55de notre conseil
00:49:56de surveillance
00:49:57aujourd'hui
00:49:58il y a
00:49:59certains
00:50:00seuils
00:50:01certaines décisions
00:50:02qui nécessitent
00:50:04et c'est un droit
00:50:04de minoritaire
00:50:05classique
00:50:06qui nécessite
00:50:07en plus
00:50:08du vote favorable
00:50:09des fondateurs
00:50:10l'approbation
00:50:11de certains autres
00:50:11actionnaires
00:50:12c'est pas une spécificité
00:50:13de KKR
00:50:13ça regroupe
00:50:14d'autres actionnaires
00:50:16importants
00:50:16comme BPI France
00:50:17ou Rhein
00:50:17qui ont
00:50:18je dirais
00:50:19un droit
00:50:21de veto
00:50:21sur certaines décisions
00:50:23qui visent
00:50:24à protéger
00:50:24c'est assez usuel
00:50:25leur droit
00:50:26d'investisseur
00:50:26minoritaire
00:50:27et financier
00:50:28ça couvre
00:50:28des décisions
00:50:29extraordinaires
00:50:30qui viennent
00:50:31par exemple
00:50:32modifier
00:50:32les statuts
00:50:32de la société
00:50:33ou qui induisent
00:50:34un niveau
00:50:34d'investissement
00:50:35ou de risque
00:50:36qui serait
00:50:37en dehors
00:50:38du cours normal
00:50:38des affaires
00:50:39en aucun cas
00:50:40aucune de ces décisions
00:50:41ne peut être prise
00:50:42sans l'accord
00:50:42des fondateurs
00:50:43donc c'est
00:50:44un dispositif
00:50:45tout ce qu'il y a
00:50:46de plus classique
00:50:46en l'occurrence
00:50:47je vous confirme
00:50:48que l'approbation
00:50:51du budget
00:50:51ne fait pas partie
00:50:52de ces droits
00:50:53qui est soumis
00:50:55à l'approbation
00:50:56des actionnaires
00:50:58financiers
00:50:59c'est uniquement
00:51:00dans un cas
00:51:00de déviation
00:51:01majeure
00:51:02par rapport
00:51:03au plan
00:51:04de l'année dernière
00:51:04ce qui n'est jamais
00:51:05arrivé
00:51:06et qui n'est pas
00:51:10susceptible
00:51:11d'arriver
00:51:11dans notre industrie
00:51:13le dernier point
00:51:14sur l'action
00:51:14de préférence
00:51:15elle est effectivement
00:51:16importante
00:51:17puisque c'est elle
00:51:18qui confère
00:51:19aux fondateurs
00:51:20de MediaOne
00:51:21la majorité
00:51:21des droits de vote
00:51:22en assemblée
00:51:23vous faites référence
00:51:24à une conditionnalité
00:51:26de cette action
00:51:27de préférence
00:51:29à des points
00:51:32de règlement
00:51:32du CNC
00:51:33ça n'est pas le cas
00:51:34je reconnais
00:51:35que ça a été envisagé
00:51:36à l'époque
00:51:37en 2020
00:51:39lorsque nos accords
00:51:41ont été établis
00:51:42parce que le souhait
00:51:43par les fondateurs
00:51:44de sécuriser
00:51:45le contrôle
00:51:45de MediaOne
00:51:46était une condition
00:51:47essentielle du deal
00:51:48qui a donné lieu
00:51:49comme vous en doutez
00:51:50à des échanges
00:51:51avec les investisseurs
00:51:52financiers
00:51:52là encore
00:51:53KKR
00:51:54mais pas seulement
00:51:54les autres également
00:51:56et pour
00:51:59résoudre ce point
00:52:00les fondateurs
00:52:00ont fait valoir
00:52:01la nécessité
00:52:01de rester dans le cadre
00:52:02des productions
00:52:04de françaises
00:52:05et de se conformer
00:52:05aux critères
00:52:06définis par le CNC
00:52:07c'est pour ça
00:52:08que cette condition
00:52:09était initialement envisagée
00:52:10mais je le répète
00:52:11elle n'a pas été conservée
00:52:13elle n'est plus
00:52:14attachée
00:52:15à l'action
00:52:15de préférence
00:52:16aujourd'hui
00:52:16j'ajoute pour finir
00:52:18que ce point
00:52:18prouve l'importance
00:52:20de l'efficacité
00:52:21de ces règles
00:52:21puisqu'elles aident
00:52:24des entrepreneurs français
00:52:25à lever des capitaux
00:52:26tout en gardant
00:52:27le contrôle
00:52:27de leur société
00:52:28peut-être juste
00:52:29une précision
00:52:31rapporteur pose
00:52:32beaucoup de questions
00:52:32sur le sujet
00:52:33certains pourraient dire
00:52:34qu'il est insistant
00:52:34mais je précise
00:52:35que s'il l'est
00:52:36et si nous le sommes
00:52:37c'est parce que
00:52:38le secteur audiovisuel
00:52:39est un secteur réglementé
00:52:40je le dis pour les français
00:52:40qui nous écoutent
00:52:41que pour bénéficier
00:52:42des aides publiques
00:52:43des crédits d'impôt
00:52:44il faut obtenir
00:52:45ce qu'on appelle
00:52:45un agrément
00:52:46et que dans les critères
00:52:47définis à la fois
00:52:48par la commission européenne
00:52:49et le droit français
00:52:50la question
00:52:51effectivement
00:52:52des capitaux
00:52:53est importante
00:52:54c'est pour ça
00:52:54qu'il y a un recours
00:52:55c'est pour ça
00:52:55que certains
00:52:56syndicats de production
00:52:57pas tous
00:52:58je corrige ce qu'a dit
00:52:58le rapporteur
00:52:59c'est pas de manière unanime
00:52:59mais certains syndicats
00:53:00de production
00:53:02considèrent eux
00:53:02que si une société
00:53:04de production
00:53:04a comme principale
00:53:06comme premier actionnaire
00:53:07un fonds d'investissement
00:53:08américain
00:53:09ils remettent en cause
00:53:09étrangers
00:53:10peu importe ce qu'ils sont américains
00:53:11eux ils remettent en cause
00:53:12le fait de pouvoir bénéficier
00:53:13d'être
00:53:13c'est pour ça qu'on pose
00:53:17comme c'est un secteur
00:53:18réglementé
00:53:19que c'est un secteur
00:53:20que la France
00:53:20et l'Union Européenne
00:53:21considèrent comme stratégique
00:53:22on regarde la question
00:53:24des investisseurs étrangers
00:53:25avec un oeil
00:53:27voilà
00:53:27acéré
00:53:28vif
00:53:29puisque c'est pas moi
00:53:29qui ai fixé ces règles là
00:53:30il se trouve que pour bénéficier
00:53:31des aides financières du CNC
00:53:33et pour bénéficier
00:53:34des crédits d'impôt
00:53:35il faut des agréments
00:53:36il faut respecter des critères
00:53:37et que la question
00:53:38des capitaux étrangers
00:53:39est importante
00:53:40et qu'aujourd'hui
00:53:40et je termine là
00:53:41dans le débat public
00:53:42certains
00:53:42pas tous
00:53:43mais certains
00:53:45considèrent
00:53:45c'est leur droit
00:53:45ça veut pas dire
00:53:46que j'y suis favorable
00:53:47mais en tout cas
00:53:47eux ils considèrent
00:53:48que si une société
00:53:50a comme principal actionnaire
00:53:51comme premier actionnaire
00:53:52un investisseur étranger
00:53:54il ne devrait pas
00:53:55bénéficier d'aide
00:53:56encore une fois
00:53:56c'est pas ma position
00:53:58la mienne
00:53:58je la définirai
00:53:59au moment
00:54:00de la publication du rapport
00:54:01mais je pense
00:54:02que c'est pour aussi expliquer
00:54:03pourquoi on insiste là-dessus
00:54:05c'est pas
00:54:06pour contester
00:54:07le fait que KKR
00:54:08soit actionnaire
00:54:08puisse investir
00:54:09voilà
00:54:10je veux juste rebondir dessus
00:54:11parce que
00:54:12encore une fois
00:54:13il y a les points techniques
00:54:14et vous savez
00:54:15même pour moi
00:54:16ça m'ennuie
00:54:17de rentrer dans ces détails-là
00:54:18et puis après
00:54:18il y a une réalité
00:54:20quand vous venez
00:54:21comme moi
00:54:21de Trouville
00:54:22pardonnez-moi
00:54:23et que vous n'avez pas
00:54:24fait d'études
00:54:25j'ai eu mon bac
00:54:26c'est tout
00:54:26que vous avez envie
00:54:27d'entreprendre
00:54:28en France
00:54:29et bien vous faites
00:54:30du mieux possible
00:54:31pour continuer
00:54:32d'entreprendre
00:54:33le plus important
00:54:34c'était mon indépendance
00:54:35j'ai jamais eu de chef
00:54:36et j'en veux pas
00:54:37je veux continuer tout seul
00:54:39je veux pas qu'on me donne
00:54:40d'ordre
00:54:40et je me fais confiance
00:54:41et je veux continuer
00:54:42d'entreprendre
00:54:43j'ai créé plein d'emplois
00:54:44en France
00:54:45plein
00:54:45j'en suis fier
00:54:46vous pouvez pas savoir
00:54:47à quel point
00:54:47le coût du travail
00:54:48il est cher en France
00:54:49je suis content
00:54:49d'investir ici
00:54:50je suis content
00:54:51de pouvoir le développer
00:54:51j'ai rencontré
00:54:52sur mon parcours
00:54:53plein de gens
00:54:54qui m'ont aidé
00:54:56de Marc-Olivier Faugé
00:54:57à la Dominique Bessner
00:54:58qui m'ont donné une chance
00:54:59de Xavier Niel
00:55:00et Mathieu Pigasse
00:55:01qui m'ont permis
00:55:02à leur côté
00:55:03de monter ce SPAC
00:55:04qui m'ont permis
00:55:04de me développer
00:55:05et puis
00:55:06CACR
00:55:06vous savez
00:55:08monsieur le rapporteur
00:55:09et monsieur le président
00:55:11CACR par exemple
00:55:12ils ont donné
00:55:1210 millions d'euros
00:55:13pour la reconstruction
00:55:14de Notre-Dame
00:55:15alors c'est peut-être
00:55:16un détail pour vous
00:55:17mais sans eux
00:55:18à aucun moment
00:55:19j'aurais pu continuer
00:55:20d'entreprendre en France
00:55:22vous me croyez ou pas
00:55:23mais ils ne me demandent rien
00:55:24vous me croyez ou pas
00:55:26mais ils ne sont pas là
00:55:26pour faire un truc
00:55:27me demander des choses
00:55:29éditoriales, artistiques, financiers
00:55:30ils me foutent la paix
00:55:31parce qu'ils me font confiance
00:55:33à voir des investisseurs
00:55:34quelle que soit la nationalité
00:55:36qui vous laisse le contrôle
00:55:37qui vous pousse
00:55:38qui vous permette
00:55:39de créer de l'emploi en France
00:55:40c'est une chance
00:55:42monsieur le rapporteur
00:55:43et monsieur le président
00:55:43j'ai cette chance là
00:55:45je suis fier
00:55:46de tous mes partenaires
00:55:47de tous mes associés
00:55:48et j'espère que MediaOne
00:55:49va continuer un parcours
00:55:50en gardant son site social
00:55:52en France
00:55:52en restant français
00:55:53c'est le plus important
00:55:55pour moi
00:55:56essayons dans un moment
00:55:57où ça va mal
00:55:57d'encourager les entrepreneurs
00:55:59j'ai plein de jeunes
00:56:00qui viennent me voir
00:56:00en me disant
00:56:01ton parcours
00:56:02il est génial
00:56:02mais pourquoi
00:56:03parce qu'on représente aussi
00:56:04une sorte de réussite
00:56:06il faut encourager
00:56:07ces succès là
00:56:08il faut encourager
00:56:09des fonds étrangers
00:56:10à venir investir
00:56:11en France
00:56:12je n'ai pas trouvé
00:56:13de fonds français
00:56:13qui voulaient investir
00:56:14à mes côtés
00:56:14sinon j'aurais été
00:56:15très content
00:56:16je n'en ai pas trouvé
00:56:17Madame Calvel
00:56:19merci monsieur le président
00:56:21je souhaitais
00:56:22commencer par saluer
00:56:23les succès de MediaOne
00:56:24en France
00:56:25mais aussi à l'étranger
00:56:26et sa contribution
00:56:27au rayonnement
00:56:28de la création française
00:56:29vous l'avez dit aussi
00:56:30la production audiovisuelle
00:56:32c'est un retour sur investissement
00:56:33pour les finances publiques
00:56:34les fameuses aides publiques
00:56:36un euro investi
00:56:37jusqu'à 8 ou plus euros
00:56:39au généré
00:56:40car rappelons-le
00:56:40la production en France
00:56:42génère des emplois
00:56:43et donc des recettes aussi
00:56:45pour nos finances publiques
00:56:46via les impôts
00:56:47et via les cotisations
00:56:48ma question portera
00:56:50sur la production indépendante
00:56:51celle-ci est définie
00:56:53dans l'article 71
00:56:54de 1986
00:56:55relative à la liberté
00:56:57de communication
00:56:57on a 5 critères
00:56:59qui mêlent
00:57:00une approche capitalistique
00:57:01la notion de contrôle
00:57:02et la part de chiffre d'affaires
00:57:03en 1986
00:57:05nous avions très peu
00:57:06d'éditeurs différents
00:57:07il y avait très peu de chaînes
00:57:08alors on avait posé
00:57:09des obligations
00:57:10aux chaînes
00:57:11de recourir
00:57:12à la production indépendante
00:57:13à l'heure de la multiplication
00:57:14des chaînes
00:57:15et des plateformes
00:57:16en quoi ce rapport de force
00:57:17entre les éditeurs
00:57:18et les producteurs
00:57:19existe-t-il encore
00:57:20d'autre part
00:57:21avec ces obligations
00:57:22de recourir
00:57:23à la production indépendante
00:57:24n'a-t-on pas empêché
00:57:25la création
00:57:26de groupes audiovisuels
00:57:27qui investirait
00:57:28les différentes étapes
00:57:30de la chaîne de valeur
00:57:31aussi bien dans la diffusion
00:57:33que dans la production
00:57:35enfin plus récemment
00:57:36la question
00:57:36de la répartition
00:57:37des droits d'exploitation
00:57:38des oeuvres
00:57:38a été de nouveau suivie
00:57:39par une proposition de loi
00:57:41celle de Laurent Laffont
00:57:42dont le premier chapitre
00:57:43sur la réforme
00:57:44de l'audiovisuel public
00:57:45a fait plus parler de lui
00:57:46que dans la deuxième partie
00:57:48mais dans celle-ci
00:57:49il y avait l'article 13
00:57:50qui proposait de modifier
00:57:51la définition
00:57:52de ce qu'est
00:57:53la production audiovisuelle
00:57:55indépendante
00:57:55afin d'en exclure
00:57:57des régimes
00:57:57de mandat de commercialisation
00:57:59pour
00:58:00et c'était le but affiché
00:58:01inciter les chaînes
00:58:02à investir davantage
00:58:03dans des productions
00:58:04susceptibles
00:58:04d'être davantage exportées
00:58:06et de participer
00:58:07ainsi au rayonnement
00:58:07de la création française
00:58:08moi j'estime
00:58:09que le financement
00:58:10de l'audiovisuel public
00:58:11c'est un investissement
00:58:12essentiel pour l'information
00:58:13la culture
00:58:13la cohésion
00:58:14de notre pays
00:58:14si ces financements
00:58:17peuvent d'autant plus
00:58:17participer au rayonnement
00:58:19de la création française
00:58:20tout en générant
00:58:21des ressources propres
00:58:22pour les éditeurs
00:58:23c'est un élément
00:58:24supplémentaire
00:58:25de consentement
00:58:26à ce que nous investissions
00:58:27davantage
00:58:28dans l'audiovisuel public
00:58:29que pensez-vous
00:58:30de cette nouvelle répartition
00:58:32des droits
00:58:32entre producteurs
00:58:33et éditeurs
00:58:34de votre point de vue
00:58:35de producteurs
00:58:36dans quelle mesure
00:58:36ce dispositif
00:58:37pourrait atteindre
00:58:38son objectif
00:58:39ou au contraire
00:58:40le desservir
00:58:41Madame la députée
00:58:42merci pour votre question
00:58:43vos questions
00:58:45elles sont en vérité
00:58:47très riches
00:58:47et complexes
00:58:48parce qu'elles s'adressent
00:58:49en fait à l'ensemble
00:58:50de l'organisation
00:58:52de la production
00:58:53audiovisuelle
00:58:54en France
00:58:55je pense que
00:58:57comme vous le rappelez
00:58:58d'abord
00:58:58ce système
00:59:00il a été mis en place
00:59:00en 1986
00:59:02je pense que si
00:59:04alors d'abord
00:59:05il a été très largement
00:59:06aménagé
00:59:07depuis 1986
00:59:10par des décrets
00:59:11par des conventionnements
00:59:12par des accords
00:59:13interprofessionnels
00:59:15négociés
00:59:16entre les éditeurs
00:59:17plateformes
00:59:18et organisations
00:59:20syndicales
00:59:21de producteurs
00:59:21et également
00:59:23les représentants
00:59:24des auteurs
00:59:25et elles ont permis
00:59:27et je pense que
00:59:29le dieu visuel
00:59:29s'en félicite
00:59:30d'accompagner
00:59:31systématiquement
00:59:33au fur et à mesure
00:59:34des années
00:59:34l'organisation
00:59:38contractuelle
00:59:38entre les producteurs
00:59:40indépendants
00:59:40et les éditeurs
00:59:41en fonction
00:59:42de l'évolution
00:59:44des modes
00:59:45de consommation
00:59:45en effet
00:59:47aujourd'hui
00:59:47je prends un exemple
00:59:48par exemple
00:59:49aujourd'hui
00:59:50France Télévisions
00:59:51il y a 5-10 ans
00:59:52France Télévisions
00:59:53il acquérait une série
00:59:55il acquérait
00:59:5510%
00:59:56et il l'acquérait
00:59:58pour 3 diffusions
00:59:59sur 3 ans et demi
01:00:00aujourd'hui
01:00:02France Télévisions
01:00:03acquiert
01:00:04pour le même montant
01:00:05en vérité
01:00:05moins
01:00:06parce qu'en vérité
01:00:07les financements
01:00:08ont plutôt eu tendance
01:00:09à baisser depuis
01:00:10et il acquiert
01:00:12ses droits
01:00:12pour pouvoir diffuser
01:00:14pendant 3 ans et demi
01:00:15autant de diffusion
01:00:16qu'il le veut
01:00:17en linéaire
01:00:18et en non linéaire
01:00:19donc c'est un exemple
01:00:20mais qui montre
01:00:21d'une part
01:00:22que les choses
01:00:22ne sont absolument
01:00:23pas figées
01:00:23et qu'il y a eu
01:00:25une évolution
01:00:25et un accompagnement
01:00:26absolument permanent
01:00:28de la consommation
01:00:29par les producteurs
01:00:31dont c'est aussi
01:00:32l'intérêt
01:00:32finalement
01:00:33même si
01:00:34je dois dire
01:00:34qu'à cet endroit là
01:00:35les producteurs
01:00:36audiovisuels
01:00:36ont toujours été
01:00:37mieux disant
01:00:38que les producteurs
01:00:39cinématographiques
01:00:41donc en fait
01:00:41c'est le système
01:00:42tout simplement
01:00:43de l'exception culturelle
01:00:44c'est à dire
01:00:44qu'en fait
01:00:45si on veut
01:00:46mais il suffit
01:00:46de regarder
01:00:47à ce moment là
01:00:47à l'étranger
01:00:48si on veut aller
01:00:49sur des systèmes
01:00:50plus simples
01:00:51pour ne pas dire
01:00:51plus simplistes
01:00:53comme vous le dites
01:00:54on va passer
01:00:55de 200 films
01:00:56de cinéma
01:00:57à 70
01:00:59on va passer
01:01:00de 1000 heures
01:01:00de fiction
01:01:01à 300
01:01:02et puis on va passer
01:01:03aussi de 340 000
01:01:05emplois
01:01:06à 100 000
01:01:07et tout ça
01:01:08au détriment
01:01:09de la souveraineté
01:01:11de l'emploi
01:01:12et in fine
01:01:13puisqu'on en parlait
01:01:14tout à l'heure
01:01:14des recettes
01:01:15de l'état
01:01:15comme vous le disiez
01:01:16très justement
01:01:18donc c'est un élément
01:01:19qui me semble-t-il
01:01:21est crucial
01:01:23deuxièmement
01:01:25vous posez
01:01:26cette question
01:01:26qui est de se dire
01:01:27mais finalement
01:01:28pourquoi est-ce que
01:01:29les éditeurs
01:01:29de services
01:01:30n'ont pas
01:01:32n'ont pas
01:01:33choisi
01:01:33de devenir
01:01:34des champions
01:01:34internationaux
01:01:35pourquoi est-ce
01:01:36qu'ils ne l'ont
01:01:36pas pu
01:01:37je suis désolé
01:01:39la réglementation
01:01:40telle qu'elle existe
01:01:41n'aura jamais
01:01:42empêché
01:01:43aucun éditeur
01:01:44privé
01:01:45France Télévisions
01:01:46est un cas à part
01:01:47de devenir
01:01:47un champion
01:01:48international
01:01:48ils ont juste
01:01:50je suis désolé
01:01:51je vais dire
01:01:51les choses
01:01:51comme elles sont
01:01:52pris le train
01:01:53trop tard
01:01:53voire pas
01:01:54pris le train
01:01:55du tout
01:01:55le seul
01:01:56qui l'a pris
01:01:56in fine
01:01:57et avec succès
01:01:58c'est Canal Plus
01:01:59donc aujourd'hui
01:02:01de mon point de vue
01:02:02c'est ce sujet là
01:02:04qui est important
01:02:04et je rappelle aussi
01:02:05puisque effectivement
01:02:06comme vous le rappeliez
01:02:07j'ai été
01:02:08pendant près de 10 ans
01:02:09président de l'union
01:02:11syndicale des producteurs
01:02:12audiovisuels
01:02:13j'ai été ici
01:02:15pendant des années
01:02:16devant la représentation
01:02:17nationale
01:02:18qui nous disait
01:02:19mais enfin
01:02:20que faites-vous
01:02:21comment se fait-il
01:02:22que France Télévisions
01:02:24demande
01:02:24commande des projets
01:02:26à 300 producteurs
01:02:27et que nous n'avons
01:02:28aucun champion national
01:02:30de taille internationale
01:02:32en France
01:02:33avouez qu'il y a quand même
01:02:34une certaine
01:02:36illogique
01:02:37je vais rester poli
01:02:38pour dire qu'aujourd'hui
01:02:40on se retrouve
01:02:41le groupe MediaOne
01:02:43Pierre-Antoine Capeton
01:02:44devant la représentation nationale
01:02:46qui a fait
01:02:46ce que la représentation nationale
01:02:48les gouvernements successifs
01:02:49quels qu'ils soient
01:02:50en disant
01:02:52mais pourquoi est-ce que
01:02:53avec notre système
01:02:54de régulation
01:02:54on ne peut pas avoir
01:02:56des champions nationaux
01:02:57de taille internationale
01:02:58et aujourd'hui
01:02:58on nous dit
01:02:59que ce n'est pas possible
01:03:01j'avoue
01:03:01que ça paraît
01:03:02quand même
01:03:02assez absurde
01:03:03et enfin
01:03:04le dernier point
01:03:05pour répondre
01:03:05à l'ensemble
01:03:06de vos questions
01:03:07qui est le sujet
01:03:07de l'exploitation
01:03:08des oeuvres
01:03:09en fait
01:03:10il est très simple
01:03:11c'est qu'aujourd'hui
01:03:13si on prend le cas
01:03:14de France Télévisions
01:03:15par exemple
01:03:15France Télévisions
01:03:16finance en moyenne
01:03:1760 à 70%
01:03:19d'une oeuvre
01:03:20est-ce que
01:03:21quand vous achetez
01:03:22je vais être
01:03:22très très
01:03:24totalement simpliste
01:03:25est-ce que
01:03:25quand vous payez
01:03:2660 à 70%
01:03:27d'une paire
01:03:27de chaussures
01:03:28dans une boutique
01:03:28vous prenez les deux
01:03:30non
01:03:31non
01:03:31et en fait
01:03:32qu'est-ce qui se passe
01:03:33ça revient au sujet
01:03:34dont on parlait tout à l'heure
01:03:35qui est passionnant
01:03:35c'est qu'en fait
01:03:36en réalité
01:03:37aujourd'hui
01:03:37en moyenne
01:03:38en France
01:03:39on travaille
01:03:40à marge zéro
01:03:41Media One
01:03:42en fiction
01:03:43travaille à marge zéro
01:03:44travaille à marge zéro
01:03:45avec France Télévisions
01:03:47vous allez me dire
01:03:47mais alors
01:03:48c'est impossible
01:03:48vous donnez quand même
01:03:50vous faites pas ça
01:03:50juste pour le plaisir
01:03:51et perdre de l'argent
01:03:52non
01:03:53parce que le seul
01:03:54et unique moyen
01:03:54et c'est un risque
01:03:55énorme
01:03:56que prenne
01:03:57que prend Media One
01:03:58mais que prenne
01:03:58l'ensemble des producteurs
01:03:59indépendants
01:04:00c'est que c'est
01:04:01uniquement sur l'exploitation
01:04:03ultérieure des oeuvres
01:04:04après la durée des droits
01:04:06en France
01:04:07et à l'international
01:04:08qu'il y a une possibilité
01:04:10pour les producteurs
01:04:11indépendants
01:04:12de gagner de l'argent
01:04:13et je ne dis même pas
01:04:15et ça je pourrais vous le donner
01:04:17et Banidjé en a parlé hier
01:04:18les millions
01:04:19les millions d'euros
01:04:21qui sont investis
01:04:22à perte
01:04:22parce que le rôle
01:04:23d'un producteur indépendant
01:04:24garant de la bonne fin
01:04:26d'une oeuvre
01:04:26c'est d'abord
01:04:27d'être en capacité
01:04:28de proposer
01:04:2910, 20, 30, 40 projets
01:04:31qui sont tous
01:04:32de part l'encadrement
01:04:34de la réglementation
01:04:35étant mieux
01:04:36que l'on doit payer
01:04:37à la fois à des auteurs
01:04:38mais également
01:04:39dans les sociétés de production
01:04:40qui sont à l'intérieur du groupe
01:04:42mais c'est en général
01:04:44pas plus de 5 à 10%
01:04:46des projets
01:04:47qui sont pris
01:04:48donc tout le travail
01:04:50de recherche
01:04:50et développement
01:04:51je reviens aux fondamentaux
01:04:52de la production indépendante
01:04:54mais tout ça
01:04:55semble être balayé
01:04:56aujourd'hui
01:04:56mais en fait
01:04:57on est en face
01:04:59d'une organisation
01:05:01qui est extrêmement complexe
01:05:03mais il faut aller regarder
01:05:04les choses telles qu'elles sont
01:05:05c'est à dire qu'aujourd'hui
01:05:06en réalité
01:05:07la vérité
01:05:08et c'est pour ça
01:05:09que je rends grâce
01:05:09et à Pierre-Antoine Capeton
01:05:11et aux actionnaires
01:05:13qui viennent investir
01:05:14dans ce secteur
01:05:14aujourd'hui vous rentrez
01:05:16dans le secteur
01:05:16de la production
01:05:18indépendante
01:05:18en particulier
01:05:19avec France Télévisions
01:05:20vous avez beaucoup plus
01:05:22de chances
01:05:22de perdre de l'argent
01:05:23que d'en gagner
01:05:26et du coup
01:05:26pour aller au bout
01:05:26de cette question
01:05:27si vous acceptez
01:05:28d'avoir zéro marge
01:05:28avec France Télévisions
01:05:29sur la fiction
01:05:30c'est parce que vous faites
01:05:30des marges sur le flux
01:05:31ou ça n'a rien à voir ?
01:05:34Je vais laisser
01:05:35monsieur Capeton
01:05:36ou madame Blanchon
01:05:37répondre sur le flux
01:05:38c'est
01:05:39non non
01:05:40c'est pas répondre
01:05:41sur le flux
01:05:42ma question est très précise
01:05:43vous expliquez
01:05:43merci de votre transparence
01:05:45il y a zéro marge
01:05:46la moyenne oui
01:05:47alors après
01:05:48bien sûr
01:05:49sur l'ensemble
01:05:50de la fiction
01:05:52la marge est à zéro
01:05:53voire même
01:05:53qu'on peut perdre de l'argent
01:05:54et c'est ce que j'ai précisé
01:05:56parce que c'est un sujet
01:05:57très très important
01:05:58qui effectivement
01:05:59comme le dit
01:06:00madame Calvez
01:06:00a été porté
01:06:01à un moment
01:06:04au Parlement
01:06:05c'est qu'effectivement
01:06:06aujourd'hui
01:06:07on ne peut gagner
01:06:08de l'argent
01:06:09sur nos productions
01:06:10qu'en étant en capacité
01:06:12d'avoir les droits
01:06:12d'exploitation
01:06:13donc de distribution
01:06:14pour ensuite
01:06:16vendre ces mêmes projets
01:06:17en France
01:06:18et à l'international
01:06:19si on n'a pas ça
01:06:20aujourd'hui
01:06:21l'industrie
01:06:22s'arrête
01:06:23et pour répondre
01:06:24à votre question
01:06:25sur le flux
01:06:25j'imagine qu'on aura
01:06:26des questions
01:06:26sur les budgets
01:06:27puisque vous avez
01:06:28accès à tous les contrats
01:06:30on y reviendra
01:06:30sans doute tout à l'heure
01:06:31mais les marges
01:06:32elles sont extrêmement réduites
01:06:34voire quasiment nulles
01:06:35pour certains programmes
01:06:36je vous le disais
01:06:37c'est dans l'air
01:06:38et c'est à vous
01:06:39qui sont des émissions
01:06:40quotidiennes
01:06:41qui existent depuis longtemps
01:06:43pour certaines
01:06:44oui vous perdez de l'argent
01:06:45après c'est un choix
01:06:46c'est un choix démocratique
01:06:47de travailler
01:06:48avec France Télévisions
01:06:49on sait que leurs budgets
01:06:50sont contraints
01:06:51on l'accepte
01:06:52on parlera sans doute
01:06:54de la 5 post
01:06:55les 5% de baisse
01:06:56qui ont été demandées
01:06:57l'an dernier
01:06:58mais c'est ça aussi
01:07:00de travailler ici
01:07:01de soutenir le service public
01:07:03on pourra parler
01:07:04de son financement
01:07:04sur le long terme
01:07:05ce sont des sujets importants
01:07:06on pourra comparer
01:07:07par rapport aux autres
01:07:08services publics européens
01:07:09mais pour nous
01:07:10c'est crucial
01:07:11de pouvoir créer
01:07:13des marques
01:07:13comme Dominique Bessner
01:07:15l'a fait avec 10%
01:07:16et de pouvoir les faire
01:07:17rayonner à l'international
01:07:18c'est aussi un très bon tremplin
01:07:20MediaOne
01:07:20de partir d'une oeuvre française
01:07:22qui ne gagne pas d'argent
01:07:23et d'aller en faire des versions
01:07:25en Espagne
01:07:25en Italie
01:07:26en Allemagne
01:07:2810% en Italie
01:07:30c'est numéro 1
01:07:31en audience
01:07:31c'est absolument incroyable
01:08:02M. Balan
01:08:02cette production mondiale
01:08:05d'oeuvres intellectuelles
01:08:06à l'heure où vous avez
01:08:07des plateformes
01:08:09qui ont aussi pillé
01:08:11toute la régie publicitaire
01:08:14de la télé
01:08:15et de la presse
01:08:16nous avons besoin
01:08:18et merci d'être là
01:08:20et merci d'avoir monté
01:08:22cette société
01:08:23de la faire vivre
01:08:24nous avons besoin
01:08:25de grandes sociétés
01:08:28qui tirent l'ensemble
01:08:30du secteur culturel français
01:08:34je le rappelle
01:08:35le secteur culturel français
01:08:37vous l'avez dit
01:08:39l'ensemble de la culture
01:08:40c'est plus que l'audiovisuel
01:08:41et la pharmaceutique
01:08:42en France
01:08:43en PIB
01:08:44c'est en plus d'être
01:08:46beaucoup d'argent
01:08:47c'est notre capacité
01:08:49à porter les valeurs
01:08:50de notre démocratie
01:08:52donc moi je ne comprends pas
01:08:55pourquoi on s'acharne
01:08:56contre vous
01:08:56depuis quelques heures
01:08:58quand on est un parti
01:09:00souverainiste
01:09:01quand on est un parti
01:09:03qui veut défendre
01:09:04les valeurs de la France
01:09:05on se félicite
01:09:06que votre société
01:09:08pas plus tard
01:09:09que je crois
01:09:09il y a quelques mois
01:09:11fasse la une
01:09:12du New York Times
01:09:13en disant
01:09:15que vous alliez racheter
01:09:16cette société
01:09:19américaine importante
01:09:20donc voilà
01:09:22qu'on vous contrôle
01:09:24qu'on ait des questions
01:09:25ça me semble logique
01:09:26mais félicitons-nous
01:09:27que vous ayez
01:09:28cette capacité
01:09:29de tirer
01:09:30l'ensemble
01:09:31de la production
01:09:32audiovisuelle française
01:09:33alors j'ai quand même
01:09:35quelques questions
01:09:36justement
01:09:37parce qu'aujourd'hui
01:09:38et Céline Calvez
01:09:39qui est à mes côtés
01:09:40qui fait un travail
01:09:41remarquable
01:09:42sur l'intelligence artificielle
01:09:44et sur l'impact
01:09:45qu'elle a
01:09:46l'intelligence artificielle
01:09:48sur la connaissance
01:09:49et la création
01:09:50de contenu
01:09:51comment vous
01:09:51sur ces questions-là
01:09:52vous envisagez
01:09:54d'être
01:09:57offensif
01:09:57pour défendre
01:09:58vos droits
01:09:59pour défendre
01:10:00les productions
01:10:00françaises
01:10:01et vous l'avez dit
01:10:01tout à l'heure
01:10:02une société
01:10:04appartenant à TikTok
01:10:05vient de produire
01:10:06des outils
01:10:06qui permettent
01:10:07de faire des films
01:10:07en 48 heures
01:10:08bon d'une qualité
01:10:10tout à fait médiocre
01:10:11pour l'instant
01:10:12mais
01:10:13mais
01:10:13qui
01:10:14c'est pour l'instant
01:10:15je le dis
01:10:16et qui
01:10:16qui ne fonctionne
01:10:18que parce qu'elle a pillé
01:10:19le contenu précédent
01:10:20donc
01:10:21comment on règle
01:10:23ces questions-là
01:10:24est-ce que là-dessus
01:10:25vous avez
01:10:27des pistes
01:10:28je pense que vous en avez
01:10:29déjà parlé avec Céline Calvez
01:10:30mais est-ce que
01:10:31vos actionnaires
01:10:32surtout
01:10:32sont prêts
01:10:34à voir ces sujets-là
01:10:35aussi avec vous
01:10:36et à investir
01:10:37sur les sujets
01:10:37de cette révolution
01:10:39numérique
01:10:40qui est en train
01:10:40de
01:10:40en réalité
01:10:43d'atteindre
01:10:46notre modèle
01:10:48démocratique
01:10:48et culturel
01:10:49européen
01:10:52merci beaucoup
01:10:53monsieur le député
01:10:53merci pour vos mots
01:10:54parce que
01:10:54tous les encouragements
01:10:56font du bien
01:10:57dans des mondes
01:10:58voilà
01:10:59d'entrepreneurs
01:11:00qui ne sont pas toujours faciles
01:11:01et dans un secteur
01:11:02qui est
01:11:03en ce moment
01:11:04extrêmement secoué
01:11:05et on le voit
01:11:06de toutes les chaînes
01:11:06de télévision en France
01:11:08ça fait toujours du bien
01:11:09d'être encouragé
01:11:09sur l'intelligence artificielle
01:11:12j'aimerais démarrer
01:11:13par un secteur
01:11:14qui en France
01:11:15et je me souviens
01:11:16parce qu'on a
01:11:17on a des échanges
01:11:18avec les députés
01:11:19régulièrement
01:11:20qui viennent sur les tournages
01:11:21et je vous ai vu
01:11:22et on a eu
01:11:23l'occasion d'échanger
01:11:24notamment sur le secteur
01:11:25de l'animation
01:11:26le secteur de l'animation
01:11:27aujourd'hui
01:11:29et je vais vous donner
01:11:29un exemple
01:11:30on produit
01:11:31un dessin animé
01:11:32qui s'appelle
01:11:32Miraculous et Debug
01:11:34Miraculous et Debug
01:11:35c'est le programme français
01:11:36le plus vu dans le monde
01:11:3840 milliards
01:11:39de vues
01:11:40sur Youtube
01:11:40pour Miraculous et Debug
01:11:42c'est numéro 1
01:11:43au Brésil
01:11:44c'est numéro 1
01:11:45dans plein de pays asiatiques
01:11:47Miraculous et Debug
01:11:48donc on produit
01:11:49cette série
01:11:49il y a beaucoup d'animateurs
01:11:50c'est beaucoup d'emplois
01:11:51créés en France
01:11:52on fabrique
01:11:52cette série
01:11:53ici à Paris
01:11:54avec des animateurs
01:11:55qui travaillent
01:11:56l'animation
01:11:57c'est du temps long
01:11:58une saison
01:11:59de Miraculous et Debug
01:12:00ou un film
01:12:01c'est des années de travail
01:12:02pour beaucoup d'animateurs
01:12:04en France
01:12:05évidemment
01:12:06on a été sollicité
01:12:07par tout un tas
01:12:07de studios
01:12:09chinois
01:12:09américains
01:12:10d'intelligence artificielle
01:12:11qui sont venus nous voir
01:12:13qui nous ont sollicité
01:12:14pour vous dire
01:12:15bonjour
01:12:15regardez
01:12:16on a pris votre IP
01:12:17et on est capable
01:12:18de faire
01:12:18en 24 heures
01:12:20ce que vous faites
01:12:21en 6 mois
01:12:23quelle a été
01:12:24notre responsabilité
01:12:26évidemment
01:12:26de continuer
01:12:27de produire
01:12:28avec nos animateurs
01:12:29de défendre l'emploi
01:12:30de défendre la création
01:12:31mais le problème
01:12:32c'est qu'un jour
01:12:33cette intelligence artificielle
01:12:34sur ces métiers
01:12:35de fabrication
01:12:36ça sera intenable
01:12:38comment on se protège
01:12:39de ça
01:12:39ça fait partie
01:12:40des sujets
01:12:40qui sera intéressant
01:12:41de débattre
01:12:42dans le cadre
01:12:43de cette commission
01:12:44les métiers
01:12:45de la fabrication
01:12:46aujourd'hui
01:12:47sont en danger
01:12:48tout ce qui est fabrication
01:12:50à travers l'intelligence artificielle
01:12:52il y a une société
01:12:53d'animation
01:12:54qui rayonnait
01:12:54il y a quelques années
01:12:55en France
01:12:55qui s'appelle
01:12:56Cyber Group Studio
01:12:57qui a déposé le bilan
01:12:59c'est des emplois
01:13:00perdus
01:13:01le secteur de l'animation
01:13:02va très mal
01:13:03c'est important
01:13:03qu'on le soutienne
01:13:04c'est important
01:13:05qu'on l'aide
01:13:05c'est important
01:13:06qu'on l'accompagne
01:13:07et aujourd'hui
01:13:08sur beaucoup
01:13:08de métiers techniques
01:13:09vous remplacez
01:13:11des caméras
01:13:12d'intelligence artificielle
01:13:13il y a des caméras
01:13:14ici qui nous filent
01:13:15en ce moment
01:13:15je ne sais pas
01:13:16si c'est réalisé
01:13:17par de l'intelligence
01:13:18artificielle
01:13:19ou par un caméraman
01:13:20qui est derrière
01:13:21mais vous le voyez
01:13:22aujourd'hui
01:13:22que ces métiers
01:13:23de fabrication
01:13:23sont en train
01:13:24de disparaître
01:13:25avec de l'automatisation
01:13:26et de l'intelligence artificielle
01:13:28et puis pour la partie
01:13:29des droits
01:13:29sur l'IA
01:13:30je vais te laisser répondre
01:13:31Thomas
01:13:31c'est évidemment
01:13:33un sujet
01:13:33qui est crucial
01:13:34pour les raisons
01:13:35que monsieur
01:13:36Pierre-Antoine Capnon
01:13:37vient d'évoquer
01:13:40mais aussi
01:13:41pour des sujets
01:13:42j'ai envie de dire
01:13:42presque philosophiques
01:13:44qui sont ceux
01:13:45qui ont lien
01:13:47avec la création
01:13:50aujourd'hui
01:13:51par exemple
01:13:51l'ensemble
01:13:52des organisations
01:13:53syndicales
01:13:54dont nous faisons
01:13:55évidemment partie
01:13:55et l'ensemble
01:13:56de nos sociétés
01:13:58ont passé
01:13:59on va dire
01:14:00des accords
01:14:01et des modalités
01:14:02de fonctionnement
01:14:02en particulier
01:14:03avec les sociétés
01:14:04d'auteurs
01:14:06mais c'est vrai
01:14:07que sur le fond
01:14:08on se rend compte
01:14:09et c'est pour ça
01:14:10que je trouve
01:14:10que ce n'est pas
01:14:10inintéressant
01:14:11de l'évoquer
01:14:11aujourd'hui
01:14:12qu'on est en réalité
01:14:13totalement dépassé
01:14:15aujourd'hui
01:14:16de façon très logique
01:14:17on a dit
01:14:18un producteur
01:14:19ne peut pas
01:14:20tout seul
01:14:21ou en tout cas
01:14:22avec l'intelligence
01:14:22artificielle
01:14:24créer une série
01:14:25et qu'il n'y ait plus
01:14:27d'ayant droit
01:14:28auteur
01:14:28mais en même temps
01:14:30aujourd'hui
01:14:30dans la réalité
01:14:31je pense que
01:14:33probablement
01:14:33plus de 75%
01:14:35des scénaristes
01:14:36et auteurs
01:14:37et je pense
01:14:38qu'aucun ne viendra
01:14:39me dire le contraire
01:14:40n'utilise pas
01:14:41l'intelligence artificielle
01:14:42d'une façon
01:14:42ou d'une autre
01:14:43quand il travaille
01:14:43lui-même
01:14:44sur des projets
01:14:47et quelque part
01:14:47j'ai envie de dire
01:14:48c'est bien naturel
01:14:49c'est un petit peu
01:14:50malgré tout
01:14:50et c'est bien pour ça
01:14:51que c'est en vérité
01:14:52un sujet bien plus large
01:14:54effectivement
01:14:55il est très important
01:14:56que Madame Calvez
01:14:57puisse s'en occuper
01:14:59puisqu'en fait
01:14:59la réalité de ça
01:15:01c'est que c'est exactement
01:15:02comme si au début
01:15:03de Google
01:15:03on avait dit
01:15:04il va falloir continuer
01:15:05à regarder
01:15:06dans l'encyclopédie
01:15:07Universalis
01:15:08et pas aller sur Google
01:15:10donc je simplifie
01:15:11les choses à l'extrême
01:15:12mais la réalité
01:15:13c'est celle-là
01:15:13donc aujourd'hui
01:15:14par contre
01:15:15ce que je peux vous dire
01:15:15c'est que le groupe
01:15:17se conforme absolument
01:15:18à toutes les obligations
01:15:20envers les auteurs
01:15:23les éditeurs
01:15:25et tout ce que nous devons
01:15:27respecter
01:15:29et pour répondre
01:15:30sur les actionnaires
01:15:30puisque c'était votre question
01:15:32comme vous le savez
01:15:33Xavier Niel
01:15:34est un des plus gros
01:15:36investisseurs
01:15:36aujourd'hui
01:15:36dans l'intelligence artificielle
01:15:38donc on a beaucoup
01:15:39d'échanges avec lui
01:15:40c'est aussi
01:15:41ce qui est formidable
01:15:42d'avoir
01:15:43des entrepreneurs
01:15:45voilà
01:15:46qui
01:15:47pensent tout le temps
01:15:49Xavier
01:15:51il a 15 casquettes
01:15:52son premier métier
01:15:53c'est les télécoms
01:15:54il investit
01:15:54dans plein de choses
01:15:55dans l'agriculture
01:15:56dans les écoles
01:15:57dans l'intelligence artificielle
01:15:59de pouvoir échanger
01:16:00avec lui stratégiquement
01:16:01pour nous
01:16:02c'est une chance
01:16:03et je pense qu'on va pouvoir
01:16:04construire
01:16:05tous ensemble
01:16:05aujourd'hui
01:16:08une stratégie
01:16:09autour de l'IA
01:16:10qui sera verteuse
01:16:11pour les producteurs
01:16:12les gens
01:16:13ils veulent de l'émotion
01:16:14ils veulent de
01:16:15l'humain
01:16:16et c'est toute l'importance
01:16:17de notre métier de création
01:16:19pour revenir sur
01:16:21pardonnez-moi
01:16:22CACR
01:16:22et donc l'intervention
01:16:24américain
01:16:26je vais revenir sur une chose
01:16:27il y a
01:16:27trois semaines
01:16:29quand
01:16:30ou un mois
01:16:30pardonnez-moi
01:16:31j'ai un petit problème
01:16:32dans les dates
01:16:33quand
01:16:34on a annoncé
01:16:36l'acquisition
01:16:37de Northroad
01:16:37avec MediaOne
01:16:39on a eu
01:16:40on a fait des interviews
01:16:41aux Etats-Unis
01:16:42avec l'agence Reuters
01:16:44si je ne dis pas de bêtises
01:16:45et le New York Times
01:16:47les questions étaient toutes les mêmes
01:16:49comment un groupe français
01:16:51arrive à mettre la main
01:16:53sur un studio américain
01:16:55là-bas la question est inversée
01:16:56je suis fier de ça
01:17:00très honnêtement
01:17:01sur l'intervention
01:17:03de CACR
01:17:04mais ça va de même
01:17:04pour Xavier Niel
01:17:06Mathieu Pigasse
01:17:07ou tout autre actionnaire
01:17:08même s'ils sont
01:17:09co-contrôlants
01:17:11en parlant de Xavier Niel
01:17:12et de Mathieu Pigasse
01:17:14ils n'ont jamais eu
01:17:16de rôle
01:17:17et ça n'a jamais été prévu
01:17:18comme ça
01:17:18de direction
01:17:19je suis le seul dirigeant
01:17:22de ce groupe
01:17:22je suis le seul
01:17:24à prendre les décisions
01:17:26j'ai une confiance
01:17:27totale
01:17:28dans mes équipes
01:17:29que ce soit
01:17:30les rédacteurs en chef
01:17:31les producteurs
01:17:32les animateurs
01:17:33ou les animatrices
01:17:35les journalistes
01:17:37je pourrais tous les citer
01:17:38mais le professionnalisme
01:17:39de Caroline Roux
01:17:41d'Aurélie Cass
01:17:41d'Anne-Élisabeth Lemoyne
01:17:43de Patrick Cohen
01:17:44de tous ceux qui travaillent
01:17:47avec MediaOne
01:17:47Anne-Sophie Lapix
01:17:48pour M6
01:17:50ils ont une totale
01:17:51indépendance éditoriale
01:17:53et c'est ça
01:17:54le plus important
01:17:54pour moi
01:17:55merci de cette pression
01:17:56monsieur le rapporteur
01:17:57merci monsieur le président
01:17:59je voudrais réagir
01:18:01à l'une des réponses
01:18:02que vous avez formulées
01:18:03vous expliquer
01:18:04et c'est ce que j'ai pu voir
01:18:06d'ailleurs
01:18:06qu'un certain nombre
01:18:07de vos marges
01:18:08sont assez réduites
01:18:09sur des émissions
01:18:10que vous produisez
01:18:11pour le service public
01:18:12vous expliquez
01:18:12que c'est aussi
01:18:13votre honneur
01:18:14de produire
01:18:16des émissions
01:18:17et des contenus
01:18:17à un coût
01:18:18relativement modique
01:18:19pour le service public
01:18:20j'aimerais vous interroger
01:18:21sur un point
01:18:22alors c'est pas votre entreprise
01:18:23je l'ai pointé
01:18:24depuis déjà
01:18:25un certain nombre de semaines
01:18:26c'est aussi des marges
01:18:26réalisées sur un certain
01:18:27nombre de jeux
01:18:28produits pour le service public
01:18:29certains animés
01:18:30produits par Nagui
01:18:31on en a parlé hier
01:18:32avec la société Banigé
01:18:34il y a des marges
01:18:36et des audits de production
01:18:37qui font état
01:18:38de marges
01:18:38à plus de 40%
01:18:39près de 50%
01:18:40quelle est votre conception
01:18:41à vous
01:18:42du service public
01:18:43de l'audiovisuel public
01:18:45est-ce qu'il est sain
01:18:46que certains
01:18:47fassent des marges
01:18:48aussi importantes
01:18:50alors qu'il s'agit
01:18:51d'argent du contribuable
01:18:52qu'il y a une mission
01:18:52de service public
01:18:54autrement dit
01:18:54peut-on faire les mêmes marges
01:18:55sur le service public
01:18:56que sur des chaînes privées
01:18:59en l'occurrence
01:18:59je ne connais pas
01:19:00les marges
01:19:00de mes partenaires
01:19:04producteurs
01:19:05donc je serais bien incapable
01:19:06de vous répondre
01:19:07à vos questions
01:19:08ce que je sais
01:19:09d'une manière générale
01:19:10et pour travailler
01:19:11avec des chaînes privées
01:19:12des plateformes
01:19:12et le service public
01:19:13c'est que
01:19:15les économies
01:19:16du service public
01:19:17les budgets
01:19:18du service public
01:19:19sont réduits
01:19:21tous nos programmes
01:19:22sont audités
01:19:23chaque année
01:19:24par des cabinets différents
01:19:26on répond
01:19:27c'est un travail
01:19:27extrêmement exigeant
01:19:30on adapte
01:19:31quand le service public
01:19:32a des baisses de budget
01:19:33on répond
01:19:34on les accompagne
01:19:35et donc
01:19:36je pense qu'on est tous
01:19:39logés à la même enseigne
01:19:40mais je ne pense pas
01:19:41qu'il y ait de différences
01:19:42particulières
01:19:42pour les uns
01:19:43et pour les autres
01:19:44effectivement hier
01:19:45nous recevions en audition
01:19:46le secrétaire général
01:19:48de la CGC
01:19:49qui est un syndicat
01:19:50de l'audiovisuel
01:19:51monsieur Cordival
01:19:51qui nous a expliqué
01:19:52que vous auriez
01:19:54privatisé
01:19:54le Maxime
01:19:55qui est un restaurant
01:19:56une boîte de nuit
01:19:57parisienne
01:19:58quelques jours
01:19:59ou quelques temps
01:19:59avant la reconduction
01:20:00de madame Ernot
01:20:01notamment
01:20:02pour fêter
01:20:03par anticipation
01:20:04sa reconduction
01:20:05est-ce que vous confirmez
01:20:06ces informations
01:20:07j'ai l'impression
01:20:07que vous avez dit
01:20:08depuis le début
01:20:09que c'était faux
01:20:10je vais vous laisser
01:20:11y répondre
01:20:12et vous avez expliqué
01:20:13que vous n'entreteniez
01:20:16pas de relation
01:20:17de nature personnelle
01:20:18avec Delphine Ernot
01:20:19est-ce que le fait
01:20:19de l'inviter
01:20:20à une soirée
01:20:21peut-être privée
01:20:21qui vous concernait
01:20:22n'est pas nature
01:20:23à entretenir
01:20:24des relations
01:20:25personnelles
01:20:26avec elle
01:20:27alors monsieur
01:20:27pardon
01:20:28on est sur un sujet
01:20:28très important
01:20:31je l'ai dit
01:20:31et je vais le répéter
01:20:32parce que c'est assez
01:20:33solennel
01:20:33comme exercice
01:20:35je suis le garant
01:20:36des propos
01:20:37qui sont tenus ici
01:20:38et l'ordonnance
01:20:41de 1958
01:20:42impose au président
01:20:43de saisir
01:20:44le cas échéant
01:20:45l'autorité judiciaire
01:20:46s'il y a
01:20:47des soupçons
01:20:48de parjure
01:20:49le rapporteur
01:20:50vous pose une question
01:20:51importante
01:20:52je n'ai pas pu présider
01:20:54hier pour des raisons
01:20:54personnelles
01:20:55l'audition
01:20:55de la CGT
01:20:56mais il m'a été remonté
01:20:58mais le rapporteur
01:20:58vient de le confirmer
01:20:59que sous serment
01:21:01la CGC
01:21:02aurait indiqué
01:21:03et je suis précis
01:21:04dans la citation
01:21:05parce qu'il faut
01:21:06le cas échéant
01:21:07que je puisse
01:21:09avoir tous les éléments
01:21:10et prendre une décision
01:21:12je cite très précisément
01:21:13ce qui a été dit
01:21:14par la CGC
01:21:15c'était monsieur
01:21:16Cordival
01:21:17qui a tenu ses propos
01:21:18MediaOne
01:21:19a invité
01:21:20madame
01:21:20Ernot
01:21:21chez Maxime
01:21:21en privatisant
01:21:22le restaurant
01:21:23tout entier
01:21:23pour fêter
01:21:24un peu en avance
01:21:25et comme l'a dit
01:21:26le rapporteur
01:21:26fêter un peu en avance
01:21:27c'était fêter en avance
01:21:28sa reconduction
01:21:29je précise le cadre
01:21:30je vous laisse maintenant
01:21:31répondre à la question
01:21:32du rapporteur
01:21:32je n'ai pas besoin
01:21:33de la reformuler
01:21:34elle était très claire
01:21:37j'ai été assez choqué
01:21:40vous savez
01:21:40c'est beaucoup de préparation
01:21:41pour nous aussi
01:21:42cette commission d'enquête
01:21:43et si on veut faire
01:21:44preuve de transparence
01:21:46on vous a parlé
01:21:48de la taille du groupe
01:21:49MediaOne
01:21:49on a beaucoup de choses
01:21:50à faire
01:21:50et donc on a préparé
01:21:51cette commission
01:21:51avec beaucoup de sérieux
01:21:53c'est beaucoup
01:21:54de préparation
01:21:56et de travail
01:21:57hier soir
01:21:58avant de me coucher
01:21:59j'ai reçu
01:22:00sur mon portable
01:22:01un nombre de messages
01:22:04dingues
01:22:06qui arrivaient
01:22:06via les réseaux sociaux
01:22:09sur votre republication
01:22:11monsieur Alon
01:22:11des commentaires
01:22:12de ce monsieur
01:22:13Cornichal
01:22:14Cornibal
01:22:14je ne connais pas son nom
01:22:16Cordival
01:22:17pardonnez-moi
01:22:17je ne le connais pas
01:22:18je ne l'ai jamais rencontré
01:22:20où nous aurions
01:22:22dirigeant de MediaOne
01:22:22privatisé un restaurant
01:22:24à Paris
01:22:24pour fêter
01:22:26avant
01:22:28le process
01:22:29de nomination
01:22:31sa nomination
01:22:32en tant que présidente
01:22:33de France Télévisions
01:22:34évidemment c'est faux
01:22:36vous l'imaginez bien
01:22:38comment on peut
01:22:39imaginer
01:22:39un seul instant
01:22:41qu'une société privée
01:22:43organise une soirée
01:22:45paye une soirée
01:22:46pour fêter une nomination
01:22:47qui n'a pas eu lieu
01:22:48c'est déjà complètement
01:22:51petit indiffamatoire
01:22:51donc j'espère
01:22:52évidemment
01:22:53et que monsieur le président
01:22:54vous allez vous saisir
01:22:56de ce mensonge
01:22:58c'est important
01:22:59quand même
01:22:59aujourd'hui on vient
01:23:00porter des sujets
01:23:01votre commission d'enquête
01:23:02elle est importante
01:23:03dans le débat
01:23:04et je pense qu'on ne peut pas
01:23:05dire n'importe quoi
01:23:06parce qu'on vous tend
01:23:07un micro
01:23:08donc j'espère que
01:23:09cette information
01:23:11sera démentie
01:23:12et que vous pourrez
01:23:14utiliser
01:23:15toutes les ressources
01:23:16que vous avez
01:23:17pour pouvoir
01:23:18ramener de la vérité
01:23:19autour de ça
01:23:21ensuite
01:23:22attendez
01:23:23juste sur ce point
01:23:24monsieur le rapporteur
01:23:25je vous demande
01:23:25parce que c'est vrai
01:23:26que je vous le dis
01:23:28avec tout le respect
01:23:28que je vous dois
01:23:29j'ai regretté votre tweet
01:23:30parce que vous avez parlé
01:23:30au début de votre tweet
01:23:31au conditionnel
01:23:32et c'est tant mieux
01:23:33parce que vous avez
01:23:33très précisément dit
01:23:34les dirigeants de MediaOne
01:23:35auraient privatisé Maxime
01:23:36et je vous remercie
01:23:37d'avoir parlé au conditionnel
01:23:39mais il se trouve ensuite
01:23:40dans le tweet
01:23:40que vous parlez au présent
01:23:41à l'indicatif
01:23:42en disant
01:23:42c'est ce que révèle
01:23:43sous serment
01:23:44Jacques Cordival
01:23:46oui oui
01:23:46non mais c'est factuel
01:23:47mais je pense que
01:23:48comme on auditionne
01:23:49aujourd'hui MediaOne
01:23:50et qu'il y a potentiellement
01:23:51parjure
01:23:52je pense qu'il faut
01:23:52qu'on fasse attention
01:23:53donc si vous l'acceptez
01:23:54de pouvoir aussi relayer
01:23:55si vous l'acceptez
01:23:56parce que vos réseaux sociaux
01:23:57sont aussi très suivis
01:23:58de relayer la réponse
01:23:59de Pierre-Antoine Capeton
01:24:01et pour ma part
01:24:02je demande très solennellement
01:24:03et je le dis
01:24:04s'il y a des journalistes
01:24:05qui nous écoutent
01:24:05au service de l'Assemblée
01:24:07de me sortir très précisément
01:24:08les extraits
01:24:09de monsieur Cordival hier
01:24:12on va ressortir
01:24:13très précisément
01:24:13les extraits
01:24:14que vous venez
01:24:15de vos déclarations
01:24:16à l'instant
01:24:17et je demanderai
01:24:18au service de l'Assemblée
01:24:19qui m'entoure
01:24:21d'analyser juridiquement
01:24:23ces propos
01:24:24et voir si
01:24:25effectivement
01:24:26on peut caractériser
01:24:27un parjure
01:24:29et peut-être que
01:24:30pour nous aider
01:24:30à savoir
01:24:31s'il y a eu parjure
01:24:33peut-être que vous pouvez
01:24:33mais c'est peut-être la question
01:24:34du rapporteur
01:24:35nous dire
01:24:36quel était l'objet
01:24:37je laisse le rapporteur
01:24:39vous interroger
01:24:39donc on comprend
01:24:40c'est important
01:24:42et vous avez raison
01:24:42ces propos sont graves
01:24:44on comprend que
01:24:45vous n'avez pas privatisé
01:24:46ce restaurant-là
01:24:48pour fêter
01:24:48la reconduction
01:24:50de Delphine Arnot
01:24:51visiblement
01:24:51alors je crois
01:24:52qu'il y a eu un article
01:24:53du Canard Enchaîné
01:24:54qui expliquait
01:24:54que c'était votre
01:24:55cinquantième anniversaire
01:24:56mais Delphine Arnot
01:24:58a bien été invité
01:24:59à cet événement
01:25:00ça vous le confirmez ?
01:25:02alors je
01:25:04malheureusement
01:25:05j'ai fêté mes 50 ans
01:25:06en avril dernier
01:25:09c'était pas un moment
01:25:10de plaisir
01:25:11et il s'avère
01:25:12que 7 jours sur 7
01:25:1324 heures sur 24
01:25:14je bosse
01:25:15c'est comme ça
01:25:16j'ai rencontré
01:25:17ma femme
01:25:18dans le travail
01:25:19voilà
01:25:21et mes amis
01:25:22c'est des gens
01:25:23que j'ai rencontrés
01:25:24par le travail
01:25:25et c'est comme ça
01:25:26quand vous venez
01:25:27de province
01:25:29que vous arrivez à Paris
01:25:30et que vous connaissez personne
01:25:31c'est le cas
01:25:33madame
01:25:34Ernot
01:25:35a été invitée
01:25:36à mon anniversaire
01:25:37comme de nombreux
01:25:38autres acteurs
01:25:39de l'audiovisuel
01:25:40producteur
01:25:40diffuseur
01:25:41talent
01:25:41et partenaire
01:25:42avec lequel je travaille
01:25:44depuis 25 ans
01:25:45c'est un événement privé
01:25:47réunissant
01:25:48un grand nombre
01:25:49de personnes du secteur
01:25:50il y a eu un article
01:25:51dans la lettre A
01:25:52qui
01:25:53n'a pas hésité
01:25:54à donner la liste précise
01:25:56des invités
01:25:57donc vous pourriez
01:25:57sans doute
01:25:58le retrouver
01:25:59ça n'a évidemment
01:26:00aucun lien
01:26:00avec les relations
01:26:01professionnelles
01:26:02entre
01:26:02MediaOne
01:26:03et France Télévisions
01:26:04qui sont encadrées
01:26:05par des procédures
01:26:06formalisées
01:26:07transparentes
01:26:08et indépendantes
01:26:09ça n'a rien à voir
01:26:10avec l'organisation
01:26:12d'une soirée privée
01:26:13pour célébrer
01:26:14une victoire
01:26:15de madame Ernot
01:26:17deux mois avant
01:26:18c'est pour ça
01:26:19que je tiens
01:26:19à ce que cette diffamation
01:26:20soit retenue
01:26:22je suis très attaché
01:26:24au respect
01:26:24de cette indépendance
01:26:26voilà
01:26:26c'était important
01:26:27pour moi de le préciser
01:26:28et si je peux conclure
01:26:29juste sur un sujet
01:26:30je voulais
01:26:32remercier
01:26:32parce que
01:26:34j'ai beaucoup parlé
01:26:35on a beaucoup parlé
01:26:35aujourd'hui
01:26:36mais c'est surtout
01:26:37expliquer que ce sont
01:26:38les 85 sociétés
01:26:40de production
01:26:41ce sont des producteurs
01:26:42de talent
01:26:44Eric Enzo
01:26:45Yannis Shebi
01:26:45toutes les hommes
01:26:46et les femmes
01:26:46qui composent ce groupe
01:26:47tous les réalisateurs
01:26:49les producteurs
01:26:49les auteurs
01:26:50qu'on défend devant vous
01:26:51aujourd'hui
01:26:51c'est grâce à eux
01:26:52qu'on a réussi
01:26:53à monter ce groupe
01:26:54incroyable
01:26:55et tout cet écosystème
01:26:56dont j'ai parlé
01:26:57sans cette création française
01:26:59il n'existerait pas
01:27:00voilà pour ce numéro
01:27:01de la séance est ouverte
01:27:02à très vite sur LCP
01:27:04il n'existerait pas
01:27:07il n'existerait pas
01:27:07on ne l'existerait pas
01:27:08pour ce qui est
01:27:09à très vite sur LCP
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01:27:10à très vite sur LCP
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