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  • il y a 7 minutes
Ce jeudi 26 février, Arnaud Faller, directeur général délégué et directeur des investissements de CPR Asset Management, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Arnaud Falaire, bonjour, vous êtes directeur général délégué, directeur des investissements de CPR à cette management.
00:08Etienne disait il y a quelques instants, Jensen Wang nous a dit hier pendant les résultats d'NVIDIA,
00:13quelle bulle, pas de bulle, il voit pas de bulle sur l'intelligence artificielle, il dit la demande est là,
00:18il y a les data centers, on a besoin d'une puissance de calcul, vous êtes plutôt dans le camp
00:22de ceux qui pensent
00:22qu'il faut faire attention et qu'il y a une bulle ou vous êtes plutôt dans le camp NVIDIA,
00:25Jensen Wang ?
00:26Non, a priori la tendance est vraiment structurelle et de fond, ce qui se passe c'est qu'en ce
00:31moment on voit bien
00:32que la bourse se concentre sur les gagnants et les perdants de l'IA, donc tout d'abord c'est
00:36un vrai catégorieuseur de marché,
00:38c'est-à-dire que depuis un an maintenant, c'est pas la macro qui dirige le marché, c'est
00:42la micro,
00:43c'est-à-dire que dans le temps on gardait le PIB, l'inflation, le commerce extérieur, aujourd'hui on
00:47voit bien que les dynamiques
00:48à l'intérieur des indices sont plus importantes que les indices eux-mêmes, votre collaborateur évoquait
00:54un indice flat sur le marché américain depuis le début de l'année, mais avec des dispersions énormes,
00:59c'est-à-dire qu'on a un tiers de la cote qui est à moins 20%, un tiers de
01:03la cote qui est à plus 20%
01:04et le reste qui est au milieu. Jamais on n'a vu autant de dispersions en si peu de temps,
01:08parce qu'effectivement il y a un peu de dislocation, et d'ailleurs sous les indices on voit bien que
01:12l'indice de volatilité qui dit oui ou non on a peur, d'habitude quand l'indice ne fait rien,
01:18cet indice baisse, la volatilité rebaisse, en tout cas elle est sage, là elle monte un peu,
01:22ça prouve bien qu'il faut faire attention, sous la surface ça bouge beaucoup.
01:26Alors qu'est-ce qui bouge ? Effectivement les logiciels ont été attaqués depuis l'été dernier,
01:31avec en gros moins 30% quasiment, et puis les semis plus 30%.
01:35Pourtant des résultats actuellement qui ne sont pas mauvais, en fait ce qui pose problème
01:38c'est les perspectives, on ne croit pas aux perspectives annoncées.
01:41Exactement, et alors les logiciels on en a beaucoup parlé, mais cette dislocation elle s'est propagée,
01:47il y a eu d'autres secteurs qui ont été entamés par cette peur d'être les pseudo-perdants de
01:53l'IA.
01:54Donc évidemment les éditeurs, l'assureur, les assureurs, les moyens de paiement, les loisirs,
01:59et récemment on a même vu la cybersécurité.
02:02Donc il nous semble que à chaque fois qu'on...
02:03Pourquoi vous dites pseudo-perdant ?
02:05Parce que pseudo-perdant, nous il nous semble aujourd'hui que cette dislocation elle est exagérée.
02:10Ah c'est trop violent aujourd'hui ?
02:11C'est trop violent, il y a trois raisons.
02:12D'abord un, et d'ailleurs le patron d'NVIDIA l'a rappelé, l'IA ne va pas remplacer les
02:17logiciels.
02:19Les sociétés de logiciels vont utiliser plus l'IA.
02:22Premier point, il y aura toujours besoin de connecteurs, et donc c'est pour ça.
02:25Deuxièmement, il y a évidemment une question de valorisation.
02:28Donc est-ce que la valeur ajoutée va être déplacée ?
02:31Sous-entendu c'est les utilisateurs qui vont avoir plus de valeur ajoutée
02:35par rapport aux sociétés de logiciels ou les autres secteurs que j'ai mentionnés.
02:39Il nous semble que, certes, la croissance va être peut-être plus faible pour ces sociétés-là,
02:43mais elles ne vont pas disparaître.
02:45La croissance va être là.
02:46Donc la dislocation des marchés s'est traduite par un dérating très fort de ces sociétés.
02:53En gros, on avait quasiment entre 20 et 25 de PE,
02:55c'est descendu sur certaines sociétés à 10 de PE.
02:58Vous dites c'est trop ?
02:59On dit que c'est à ce niveau de PE, ça devient intéressant.
03:03Ça devient intéressant de quoi ? De racheter du goût ?
03:05Alors, je vais y revenir.
03:06Il y a troisième raison pourquoi il nous semble que la dislocation est trop violente,
03:08c'est que, est-ce que oui ou non,
03:10les grands groupes vont eux-mêmes développer des outils en interne en substitution des autres ?
03:16Il nous semble que non.
03:17D'abord, un, l'IA ça coûte quand même très cher à développer de A à Z.
03:20Deux, il nous semble qu'en termes de risque opérationnel,
03:24c'est bien trop dangereux de tout débrancher,
03:26les outils de RP, de CRM que les sociétés ont,
03:30et de le remplacer par un outil interne en claquant les doigts.
03:33Ça, c'est pas possible.
03:34Le risque opérationnel est trop fort.
03:35Alors, pour autant, est-ce qu'on pense à un rebond massif des sociétés qui ont été attaquées ?
03:40Est-ce que c'est le moment de racheter ?
03:41Aujourd'hui, c'est encore trop tôt.
03:43Pourquoi ?
03:43Parce que, historiquement, c'est pas parce que les sociétés baissent que ça suffit d'acheter.
03:49Il nous faut des catalyseurs de rebond.
03:51Aujourd'hui, on ne le voit pas encore, le catalyseur de rebond,
03:54parce que les gens se posent la question, quel niveau de valorisation ?
03:58Donc, c'est pas moins 20, c'est moins 30 ?
04:01Il me semble que, pour autant, on pense que c'est exagéré,
04:04mais la question de la valorisation se pose.
04:07Est-ce qu'encore une fois, 10 de peu en moyenne, ça devrait être trop bas,
04:10mais ça peut passer par 8 avant de remonter à 15 ?
04:13Et donc, aujourd'hui, on dit, c'est exagéré,
04:17mais c'est pas pour autant qu'on voit un rebond massif de ces sociétés qui ont été attaquées.
04:20Ce qu'on préfère encore, c'est l'infrastructure IA,
04:24et donc des sociétés comme les semis, ou les équipementiers de semis.
04:27Où là, vous voyez le rebond.
04:28Et là, on voit, mais pourquoi ?
04:30Parce que ces sociétés-là, ils bénéficient des dépenses massives,
04:34des free cash flow de tous les hyperscaneurs.
04:36Oui, mais quand vous voyez ST Microelectronics aujourd'hui, ou SeuTech,
04:40bon, pour avoir le rebond, il faut y croire, quoi.
04:42Oui, alors ce qui se passe, c'est qu'en termes de masse, malgré tout,
04:46ils sont pas d'une seule valeur, mais les free cash flow, c'est quasiment 700 milliards.
04:50Des très gros, que ce soit Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle.
04:56Ils dépensent, ils sont cacheristes, ils dépensent beaucoup,
05:00et donc on est plutôt, on privilégie plutôt ceux qui vont bénéficier de ces dépenses
05:05que plutôt ceux qui les dépensent eux-mêmes.
05:07Donc certains secteurs, vous dites, on est allé trop loin,
05:09mais quand même, je reviens à la question de la bulle de l'IA.
05:11Est-ce qu'on a tous, enfin, de l'IA, il y a les secteurs qui sont balayés,
05:14et puis il y a quand même cette question de rentabilité des investissements,
05:17il y a quand même des annonces des GAFAM qui sont colossales,
05:20un secteur qui devient un peu endogamique avec OpenAI,
05:24qui investit dans AMD, inversement, on a vu ça avec Meta.
05:27Ça, ça ne vous inquiète pas ?
05:29La monétisation, la fameuse monétisation.
05:32Donc aujourd'hui, le nombre d'utilisateurs n'arrête pas de monter.
05:35On verra les chiffres d'OpenAI, parce que comme c'est pas une société cotée,
05:38ils ne publient pas au même rythme que les autres sociétés.
05:40Mais on sait que, par exemple, Gemini a publié,
05:43ils ont eu 100 millions d'utilisateurs de plus en quelques mois.
05:47Donc on va bientôt atteindre le milliard pour que ça soit la sphère OpenAI ou la sphère Gemini.
05:52Et puis au tropique, il y a aussi un nombre d'utilisateurs en croissance.
05:56Donc on est encore dans cette phase-là.
05:57C'est vrai que le taux de gens qui effectivement payent,
06:01ne monte pas autant évidemment que le taux de gens qui utilisent.
06:04Il faut payer.
06:05Alors, simplement, ils ont un peu le temps encore.
06:08C'est-à-dire que tout le monde se donne rendez-vous en 2030.
06:10Alors, donc on est encore confiants.
06:12Et évidemment qu'on n'attendra pas l'été 29 pour dire oui ou non,
06:15on est arrivé au bon endroit.
06:18Mais il nous semble qu'il y a un peu le temps.
06:20Aujourd'hui, l'explosion du nombre d'utilisateurs
06:22permet d'être relativement confiant.
06:25Mais il nous semble que, pour amener à l'enjeu de l'IA,
06:30ça sera aussi le mur énergétique.
06:32Bien sûr.
06:33Il nous semble que la monétisation, on a un peu le temps.
06:37Ça ne veut pas dire qu'on est 100%.
06:38L'énergie, on n'a pas le temps.
06:39Mais l'énergie, on aura beaucoup moins le temps.
06:41Vous avez vu Donald Trump en parle de plus en plus.
06:43C'est le mur énergétique, il sera peut-être probablement avant 2030.
06:47Parce que là, ce n'est pas une question de moyens.
06:49Il faut que je puisse créer les data centers, les brancher.
06:53Et donc, il nous semble que ça, c'est plus inquiétant à surveiller
06:56dans les deux prochaines années que la monétisation.
06:58Merci beaucoup, Raphaneur d'être venu ce matin
06:59dans la matinale de l'économie.
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