00:01Good morning business, parole de patron.
00:04Notre invité ce matin c'est Thomas Labergère, bonjour, vous êtes le directeur général d'ING France.
00:09Avant qu'on parle des flux financiers, de décarbonation, de transition.
00:13ING France aujourd'hui, vous avez quel périmètre, vous avez quelle activité ?
00:18Alors ING France c'est 220 collaborateurs, nos clients c'est le SBF 120,
00:25c'est les grands fonds d'investissement français et nous sommes la banque des transitions,
00:34nous sommes la première banque étrangère sur le marché français en termes de financement,
00:38en termes de volume mobilisé en faveur d'une économie durable,
00:42première banque étrangère sur le marché de l'immobilier adossé aux investisseurs institutionnels
00:48et dans le domaine du LBO aussi avec nos partenaires fonds d'investissement Private Equity.
00:55Donc plus d'activité retail directement pour le consommateur comme vous aviez auparavant en France,
01:01mais une activité de conseil auprès de pas mal d'acteurs.
01:05Et si vous êtes là ce matin c'est pour parler de transition,
01:08alors on n'en parle plus du tout, quasiment, à peine,
01:11on n'est plus du tout sur des sujets verts aujourd'hui,
01:14le mot, il y avait Nicolas Dufour qui disait ça ces derniers temps,
01:17les mots ont même disparu du débat public aujourd'hui malgré le prix de l'essence.
01:21Est-ce qu'aujourd'hui c'est encore une demande de la part de vos clients
01:23de les aider à orienter leurs flux financiers vers plus de verts, de transition de durable ?
01:29Alors les sujets de transition au pluriel,
01:32c'est-à-dire vous avez la transition environnementale,
01:34la transition technologique en matière de défense,
01:36toutes ces transitions venant servir une réelle ambition de souveraineté européenne
01:41et c'est le sujet clé pour lesquels nos clients viennent vers nous
01:46pour bénéficier de notre expertise en la matière.
01:50Parmi les 29 plus grandes banques internationales,
01:54nous sommes la seule banque et la première à avoir une stratégie en matière de décarbonation
02:00qui est avalisée par la science, la SBTI,
02:03et donc naturellement nos clients viennent vers nous
02:06pour les aider à structurer les financements
02:08et réallouer le capital vers une économie durable.
02:12Mais c'est-à-dire, ça veut dire quoi une stratégie validée par la science ?
02:16Ça veut dire que nous avons identifié 12 secteurs économiques
02:21avec une courbe de décarbonation nécessaire,
02:26quels process industriels doivent évoluer dans les différents secteurs
02:30pour assurer une trajectoire net zéro à horizon 2050.
02:36Dans la pratique, ça signifie quoi ?
02:38Ça signifie que pour chacun de nos grands clients,
02:40nous avons des plans de transition dont nous nous servons
02:43pour essayer de les conseiller dans la réallocation de capital.
02:47C'est ce qu'on fait pour développer des infrastructures durables.
02:51On travaille auprès de Engie pour financer l'acquisition de turbines,
02:55auprès de Neowen pour leur parc solaire,
02:58leurs solutions de stockage d'électricité.
03:01On travaille avec des grands acteurs du CAC 40
03:04pour développer des solutions de carburant durable pour l'aviation.
03:11Et avec plus de financement vis-à-vis de certains hydrocarbures ?
03:16Vous financez pas le pétrole, par exemple ?
03:18Ou vous participez quand même à une transition sur les hydrocarbures ?
03:23Écoutez, 80% de l'économie mondiale dépend aujourd'hui du fossile.
03:29Ce qui est essentiel, c'est d'abord financer effectivement les investissements green,
03:34mais c'est surtout accompagner l'ensemble de l'économie vers cette transition.
03:38C'est ce que nous faisons, par exemple, pour répondre à votre question,
03:42sur INEOS, qui est un grand champ pétrochimique près de Marseille,
03:46que nous finançons pour améliorer l'efficacité énergétique durable de ce champ pétrochimique.
03:54Et donc, il est tout à fait essentiel de travailler avec l'ensemble des acteurs économiques.
03:58Donc, vous excluez pas le fossile ?
04:00Donc, on n'exclue pas le fossile.
04:02Ne plus financer le fossile aujourd'hui, c'est créer le chaos économique et social.
04:07Non, mais c'est une banque qui avait fait ce choix, qui disait, nous, on finance pas le fossile.
04:11Alors, on ne finance plus aucun nouveau champ pétrolier ou gazier.
04:16Pourquoi ? Parce que l'Agence internationale de l'énergie nous dit
04:20que nous n'avons pas besoin de capacités supplémentaires.
04:24Donc, nous sommes sortis du charbon, du pétrole, du gaz, du gaz liquéfié
04:29pour tout ce qui est financement de capacités supplémentaires.
04:33Par contre, il est indispensable de travailler avec les acteurs économiques
04:37pour les accompagner dans la transition.
04:40C'est ce qu'on fait, par exemple, dans le domaine des transports,
04:43qui est très consommateur de fossiles.
04:45On travaille avec SNCF, Akiem, leader européen dans le leasing des locomotives,
04:52Transdev, leader européen dans la mobilité auprès des collectivités,
04:56pour les aider à développer l'électrification des usages.
05:02Est-ce que vous faites du crédit privé ?
05:04On fait du crédit privé.
05:06On finance notamment des fonds de crédit privé.
05:09Est-ce que, du coup, vous êtes inquiet, là, sur les demandes de retrait
05:12qui sont bloquées par certains fonds ?
05:14On parle d'Apollo, maintenant, donc des fonds conséquents.
05:17Comment vous regardez le marché ?
05:19Alors, le crédit privé, c'est un pan significatif de la finance.
05:24C'est pas loin de 2 000 milliards de dollars d'encours.
05:29Ce qu'on remarque, c'est des tensions sur le marché du crédit privé,
05:33essentiellement en Amérique du Nord.
05:35Pourquoi ? Parce que ces fonds se sont financés dans un environnement de taux bas
05:40et arrive le temps du refinancement à des taux plus élevés des opérations qui ont été mises en place historiquement.
05:47Et par ailleurs, l'IA crée de l'attention sur pas mal de secteurs qui sont des préoccupations d'investissement.
05:57C'est un sujet d'américains ?
05:58Parce que la BCE va demander à faire des sortes de stress tests,
06:01donc c'est bien pour regarder exactement quelles sont les expositions.
06:05C'est nécessaire en Europe ou le marché n'a rien à voir ?
06:08Alors, l'attention est essentiellement une tension nord-américaine,
06:11à nous d'être vigilants.
06:13Mais les lignes d'investissement du crédit privé restent des lignes d'investissement
06:20relativement différentes par rapport à ce qu'elles sont aux États-Unis,
06:23où c'est très orienté sur le codage informatique, sur la santé et sur les services
06:30et une beaucoup plus grande diversification en Europe.
06:33Vous n'êtes pas inquiet du fait que ça puisse arriver par ricochet sur les banques,
06:38sur les institutions financières ?
06:39Non, on reste vigilants.
06:41Malheureusement, dans le monde, il y a d'autres sujets d'inquiétude plus significatifs que celui-là.
06:47Celui-là est une cacahuète.
06:48Merci beaucoup d'être venu ce matin pour nous parler des flux bancaires.
06:53Thomas Labergère, le directeur général d'ING France.
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