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  • il y a 22 heures
Ce jeudi 26 mars, Thomas Labergère, directeur général d'ING France, était l'invité dans l'émission Good Morning Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Good morning business, parole de patron.
00:04Notre invité ce matin c'est Thomas Labergère, bonjour, vous êtes le directeur général d'ING France.
00:09Avant qu'on parle des flux financiers, de décarbonation, de transition.
00:13ING France aujourd'hui, vous avez quel périmètre, vous avez quelle activité ?
00:18Alors ING France c'est 220 collaborateurs, nos clients c'est le SBF 120,
00:25c'est les grands fonds d'investissement français et nous sommes la banque des transitions,
00:34nous sommes la première banque étrangère sur le marché français en termes de financement,
00:38en termes de volume mobilisé en faveur d'une économie durable,
00:42première banque étrangère sur le marché de l'immobilier adossé aux investisseurs institutionnels
00:48et dans le domaine du LBO aussi avec nos partenaires fonds d'investissement Private Equity.
00:55Donc plus d'activité retail directement pour le consommateur comme vous aviez auparavant en France,
01:01mais une activité de conseil auprès de pas mal d'acteurs.
01:05Et si vous êtes là ce matin c'est pour parler de transition,
01:08alors on n'en parle plus du tout, quasiment, à peine,
01:11on n'est plus du tout sur des sujets verts aujourd'hui,
01:14le mot, il y avait Nicolas Dufour qui disait ça ces derniers temps,
01:17les mots ont même disparu du débat public aujourd'hui malgré le prix de l'essence.
01:21Est-ce qu'aujourd'hui c'est encore une demande de la part de vos clients
01:23de les aider à orienter leurs flux financiers vers plus de verts, de transition de durable ?
01:29Alors les sujets de transition au pluriel,
01:32c'est-à-dire vous avez la transition environnementale,
01:34la transition technologique en matière de défense,
01:36toutes ces transitions venant servir une réelle ambition de souveraineté européenne
01:41et c'est le sujet clé pour lesquels nos clients viennent vers nous
01:46pour bénéficier de notre expertise en la matière.
01:50Parmi les 29 plus grandes banques internationales,
01:54nous sommes la seule banque et la première à avoir une stratégie en matière de décarbonation
02:00qui est avalisée par la science, la SBTI,
02:03et donc naturellement nos clients viennent vers nous
02:06pour les aider à structurer les financements
02:08et réallouer le capital vers une économie durable.
02:12Mais c'est-à-dire, ça veut dire quoi une stratégie validée par la science ?
02:16Ça veut dire que nous avons identifié 12 secteurs économiques
02:21avec une courbe de décarbonation nécessaire,
02:26quels process industriels doivent évoluer dans les différents secteurs
02:30pour assurer une trajectoire net zéro à horizon 2050.
02:36Dans la pratique, ça signifie quoi ?
02:38Ça signifie que pour chacun de nos grands clients,
02:40nous avons des plans de transition dont nous nous servons
02:43pour essayer de les conseiller dans la réallocation de capital.
02:47C'est ce qu'on fait pour développer des infrastructures durables.
02:51On travaille auprès de Engie pour financer l'acquisition de turbines,
02:55auprès de Neowen pour leur parc solaire,
02:58leurs solutions de stockage d'électricité.
03:01On travaille avec des grands acteurs du CAC 40
03:04pour développer des solutions de carburant durable pour l'aviation.
03:11Et avec plus de financement vis-à-vis de certains hydrocarbures ?
03:16Vous financez pas le pétrole, par exemple ?
03:18Ou vous participez quand même à une transition sur les hydrocarbures ?
03:23Écoutez, 80% de l'économie mondiale dépend aujourd'hui du fossile.
03:29Ce qui est essentiel, c'est d'abord financer effectivement les investissements green,
03:34mais c'est surtout accompagner l'ensemble de l'économie vers cette transition.
03:38C'est ce que nous faisons, par exemple, pour répondre à votre question,
03:42sur INEOS, qui est un grand champ pétrochimique près de Marseille,
03:46que nous finançons pour améliorer l'efficacité énergétique durable de ce champ pétrochimique.
03:54Et donc, il est tout à fait essentiel de travailler avec l'ensemble des acteurs économiques.
03:58Donc, vous excluez pas le fossile ?
04:00Donc, on n'exclue pas le fossile.
04:02Ne plus financer le fossile aujourd'hui, c'est créer le chaos économique et social.
04:07Non, mais c'est une banque qui avait fait ce choix, qui disait, nous, on finance pas le fossile.
04:11Alors, on ne finance plus aucun nouveau champ pétrolier ou gazier.
04:16Pourquoi ? Parce que l'Agence internationale de l'énergie nous dit
04:20que nous n'avons pas besoin de capacités supplémentaires.
04:24Donc, nous sommes sortis du charbon, du pétrole, du gaz, du gaz liquéfié
04:29pour tout ce qui est financement de capacités supplémentaires.
04:33Par contre, il est indispensable de travailler avec les acteurs économiques
04:37pour les accompagner dans la transition.
04:40C'est ce qu'on fait, par exemple, dans le domaine des transports,
04:43qui est très consommateur de fossiles.
04:45On travaille avec SNCF, Akiem, leader européen dans le leasing des locomotives,
04:52Transdev, leader européen dans la mobilité auprès des collectivités,
04:56pour les aider à développer l'électrification des usages.
05:02Est-ce que vous faites du crédit privé ?
05:04On fait du crédit privé.
05:06On finance notamment des fonds de crédit privé.
05:09Est-ce que, du coup, vous êtes inquiet, là, sur les demandes de retrait
05:12qui sont bloquées par certains fonds ?
05:14On parle d'Apollo, maintenant, donc des fonds conséquents.
05:17Comment vous regardez le marché ?
05:19Alors, le crédit privé, c'est un pan significatif de la finance.
05:24C'est pas loin de 2 000 milliards de dollars d'encours.
05:29Ce qu'on remarque, c'est des tensions sur le marché du crédit privé,
05:33essentiellement en Amérique du Nord.
05:35Pourquoi ? Parce que ces fonds se sont financés dans un environnement de taux bas
05:40et arrive le temps du refinancement à des taux plus élevés des opérations qui ont été mises en place historiquement.
05:47Et par ailleurs, l'IA crée de l'attention sur pas mal de secteurs qui sont des préoccupations d'investissement.
05:57C'est un sujet d'américains ?
05:58Parce que la BCE va demander à faire des sortes de stress tests,
06:01donc c'est bien pour regarder exactement quelles sont les expositions.
06:05C'est nécessaire en Europe ou le marché n'a rien à voir ?
06:08Alors, l'attention est essentiellement une tension nord-américaine,
06:11à nous d'être vigilants.
06:13Mais les lignes d'investissement du crédit privé restent des lignes d'investissement
06:20relativement différentes par rapport à ce qu'elles sont aux États-Unis,
06:23où c'est très orienté sur le codage informatique, sur la santé et sur les services
06:30et une beaucoup plus grande diversification en Europe.
06:33Vous n'êtes pas inquiet du fait que ça puisse arriver par ricochet sur les banques,
06:38sur les institutions financières ?
06:39Non, on reste vigilants.
06:41Malheureusement, dans le monde, il y a d'autres sujets d'inquiétude plus significatifs que celui-là.
06:47Celui-là est une cacahuète.
06:48Merci beaucoup d'être venu ce matin pour nous parler des flux bancaires.
06:53Thomas Labergère, le directeur général d'ING France.
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