00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Il est 8h23 sur BFM Business et sur AMC Live et notre invité c'est Frédéric Senand.
00:07Bonjour, vous êtes le cofondateur et directeur général d'EDS, élevage durable, service et de bovicache.
00:13Voici un dirigeant, je le disais en teasing, qui propose des vaches en location, le leasing bovin.
00:19Vous me disiez, pendant la coupure publicité, là vous allez vous lancer sur les vaches à viande,
00:23mais que sur la vache laitière, c'est quelque chose que vous faites depuis longtemps et qui est assez courant.
00:27Je peux louer une vache en tant qu'agriculteur, j'entends bien.
00:31Exactement, c'est quelque chose qu'on fait depuis un peu plus de 50 ans.
00:35On en a financé sur toute la durée environ 1 million, c'est une activité que nous connaissons bien.
00:45On était plutôt dédié sur la vache laitière et là on lance une activité sur le financement de la vache
00:51à laitante.
00:51Pour les non-initiés, c'est la vache à viande.
00:54On en a beaucoup en France, puisque le cheptel représente à peu près 4 millions de bêtes.
00:59Et le constat qu'on fait depuis quelques années maintenant, c'est qu'on a perdu quasiment 1 million de
01:03têtes en 10 ans.
01:05Et donc l'urgence, c'est maintenant de recapitaliser le cheptel.
01:09Et donc le meilleur moyen que nous avons trouvé pour le faire, c'est d'libérer la trésorerie sur l
01:14'ensemble de la filière bovine,
01:15tant sur les éleveurs d'ailleurs que sur les acteurs de la filière, que ce soit les négociants ou les
01:20abattoirs ou autres.
01:21Donc du coup, c'est vous qui portez le risque du cheptel en fait ?
01:25C'est comme ça que ça fonctionne ?
01:27C'est une solution de portage de capital, exactement.
01:29Donc ça vous permet, en tant qu'éleveur ou éleveuse, d'avoir accès à un capital d'exploitation de manière
01:34immédiate.
01:34Donc vous voulez vous installer.
01:37Vous voulez lancer votre ferme demain.
01:38Vous voulez vous installer, vous voulez acheter une centaine de vaches.
01:41Aujourd'hui, sur le prix du marché, une centaine de vaches, c'est 250 000 euros.
01:45Ça devient quasiment le premier poste d'investissement quand on se lance.
01:50Et c'est très difficilement finançable par les banques traditionnelles, puisque c'est du vivant.
01:54Donc financer le vivant, c'est toujours très compliqué.
01:56On finance bien les bâtiments, on finance bien le matériel, mais le cheptel, c'est très compliqué.
02:01Et donc nous, ce que nous proposons, c'est de porter le capital.
02:04Nous sommes techniquement propriétaires des bêtes pendant la durée du contrat,
02:07mais l'éleveur peut les changer, les vendre, et bien sûr en disposer à l'issue du contrat.
02:13Donc c'est quelque chose qui permet d'apporter beaucoup de souplesse dans la gestion de la ferme.
02:20Et surtout, là où c'est quelque chose de très intéressant par rapport à un financement classique,
02:24c'est qu'exactement à l'instar de ce qu'on pourrait faire sur du matériel,
02:28on a une valeur résiduelle qui est très importante.
02:30Et en fait, l'éleveur ne paye le prix d'achat de sa vache que quand il la revend.
02:34Et donc il a un coût de portage du capital qui est très faible.
02:37Voilà, donc c'est très intéressant.
02:38Et il paye un loyer.
02:40Exactement, le loyer en règle générale, ça dépend des durées.
02:44Pour faire simple, c'est un loyer compris entre 15 et 20 euros par mois.
02:48Donc on est sur quelque chose de très faible.
02:50Pour une valeur d'achat de presque 2000 euros.
02:52Donc vous voyez, le rapport est très faible.
02:55Et sur une vache par exemple de 2000 euros, il va payer jusqu'à 1400 euros en fin de contrat.
03:01Et toutes les bêtes valent le même prix parce qu'elles n'ont pas le même rendement ?
03:06Non, toutes les bêtes ne valent pas le même prix.
03:08C'est une bonne question.
03:10Parce qu'on en a des plus jeunes, on en a des plus âgés.
03:13On a aussi des différences selon les races.
03:16Elles prennent plus ou moins de poids.
03:17Donc en fait, les prix dépendent, ça va grosso modo, de 700 euros à plus de 4500.
03:22Mais du coup, vous, vous stockez des bêtes ?
03:24Non, nous, on ne stocke rien du tout.
03:26Les bêtes sont chez l'éleveur.
03:28Nous, on est juste propriétaires, mais l'éleveur a toute la jouissance de ses bêtes.
03:31Il garde la descendance, il garde absolument tout.
03:34Il en a la totale gestion.
03:36Mais s'il veut baisser son cheptel, il vous rend des bêtes ?
03:40Il adapte, il adapte le contrat.
03:42Soit on fait un avenant, il réduit le contrat.
03:43Soit il augmente, soit il nous rend tout.
03:45Et nous, en fait, on a deux solutions.
03:48La première, c'est que quand il veut acquérir un cheptel, on peut en fournir.
03:52C'est-à-dire qu'on a des partenariats avec des négociants et donc on peut fournir des bêtes au
03:56choix de l'éleveur.
03:57Il choisit sa race, il choisit son système d'élevage.
03:59S'il n'en a pas, mais qu'il veut de la trésorerie, on fait du refinancement de cheptels existants.
04:05D'accord.
04:05Donc, par exemple, un exploitant agricole qui peut avoir jusqu'à 200 bêtes, il a un besoin de trésorerie, pour
04:12une raison ou pour une autre.
04:13Il peut refaire refinancer 40 ou 50 bêtes pour se faire financer.
04:18Ça répond à une problématique aujourd'hui, vraiment, de taille de cheptel et de difficulté à se faire financer son
04:25capital bovin.
04:27Absolument.
04:27Aujourd'hui, on estime que le besoin total de refinancement du marché, c'est 300 millions.
04:32Donc, nous, on estime pouvoir en proposer 100.
04:34Plusieurs causes à ça.
04:36La baisse du cheptel naturel, c'est les débats à la retraite.
04:39On a, grosso modo, ça explique à peu près 600 000 bêtes de moins.
04:43On a eu des épisodis type FCO, des maladies qui ont fait baisser le cheptel aussi.
04:47Par exemple, la dernière, il a manqué 300 000 vaux.
04:49Donc, ça, c'est de la consommation en moins pour les Français.
04:55Et puis, on a eu une offre qui, malgré le fait que les Français mangent de moins en moins de
05:00viande, au niveau international, la demande continue d'augmenter.
05:03Donc, effet de ciseau, qu'on connaît bien.
05:05Moins d'offres, plus de demandes.
05:06Donc, augmentation des prix.
05:07Et ce qui fait que ça pèse lourd dans le financement et dans la trésorerie des éleveurs.
05:12Mais pas que les éleveurs, on finance aussi.
05:14On peut aussi financer des négociants, des abattoirs ou des coopératives qui, souvent, portent les troupeaux aussi pour le compte
05:21de leurs éleveurs.
05:21Et là aussi, nous, on peut intervenir.
05:23C'est-à-dire que nous, on finance là où il y a un actif, en fait.
05:25Et ce n'est pas important, le cas de transmission.
05:27Vous n'avez pas besoin, justement, d'avoir cet actif.
05:30Votre troupeau, ça faisait partie, j'imagine, de votre actif, de la valorisation de votre activité.
05:34Ça a changé le modèle, en fait.
05:35Oui, c'est une bonne question.
05:38Nous, on est assez persuadés que le modèle doit évoluer.
05:42Parce que l'intensité, comme on dit, l'intensité capitalistique d'une exploitation augmente considérablement.
05:46Et on sait que les éleveurs et les agriculteurs, en règle générale, sont riches de leur patrimoine, mais pauvres en
05:50trésorerie.
05:51Voilà, donc ça fait partie.
05:52Et donc, nous, ce qu'on fait, c'est qu'on libère la trésorerie de l'élevage en refinançant le
05:57stock.
05:57Voilà, c'est le modèle que nous proposons.
06:00Voilà, on a de grandes ambitions sur le sujet.
06:03Merci beaucoup d'être venu ce matin, Frédéric Senand, pour nous parler d'élevage durable service et de bouvickage.
Commentaires