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  • il y a 5 semaines
Tous les mardis, de 16h30 à 17h, LCP-Assemblée nationale prolonge la séance des Questions au Gouvernement en invitant des députés pour analyser les échanges intervenus dans l'hémicycle.

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Transcription
00:00Et nous sommes de retour en plateau après cette séance des questions au gouvernement.
00:04On va débriefer les temps forts de la séance avec deux députés.
00:08Elsa Faucillon pour le groupe Communiste, Loïc Cavran pour le groupe Horizon.
00:11Et puis on accueille comme chaque mardi quatre citoyens avec leur thème de préoccupation.
00:16Aujourd'hui Emmanuel, Denis, Cléa et Didier.
00:20Mais tout d'abord on revient sur la séance avec vous Clément Perrault.
00:23Vous avez assisté justement aux questions au gouvernement depuis les tribunes de la presse en haut de l'hémicycle.
00:29Et vous gardez deux moments, deux moments importants de cette séance des questions au gouvernement Clément.
00:34Oui Elsa, alors le premier moment que je retiens c'est l'intervention d'Hugo Bernalicis, député de la France
00:40Insoumise.
00:41Il a interrogé le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez.
00:45Il est revenu sur la manifestation, en tout cas sur le défilé en hommage au jeune militant Quentin de Ranque
00:52tué il y a dix jours.
00:54Il s'est adressé donc, Hugo Bernalicis, au ministre pour lui reprocher d'avoir laissé ce rassemblement se faire.
01:02Il a dit, je cite, votre ministère a fait des choix pour des raisons politiciennes de réprimer les mouvements sociaux
01:09pacifiques.
01:10Et quand ce sont des néo-fascistes qui défilent, non, ça ne trouble pas votre République.
01:15Quand il a prononcé ses propos, Hugo Bernalicis, j'ai entendu de nombreux députés LFI l'acclamer et crier.
01:22Quelle honte, quelle honte à l'attention du gouvernement.
01:24Laurent Nunez lui a répondu avec calme.
01:27Il a dit, je vais vous faire une réponse républicaine.
01:30Cette manifestation, elle était déclarée et elle était en hommage à un jeune homme décédé.
01:36J'assume de l'avoir autorisé.
01:38Cela ne veut pas dire, a précisé Laurent Nunez, que notre gouvernement approuve les gestes et les propos qui ont
01:45pu être tenus à cette manifestation.
01:47D'ailleurs, des enquêtes sont en cours à ce sujet.
01:50Lorsqu'il a dit ça, les députés LFI ont crié, vous saviez, vous saviez, façon de dire au ministre que,
01:56eh bien, il savait que les choses allaient se dérouler ainsi.
01:58Ce moment, il était intéressant parce qu'il était aussi assez politique.
02:01Souvenez-vous, la semaine dernière, lors des questions au gouvernement, la France Insoumise était sous le feu des critiques.
02:06Avec cette question, eh bien, les députés LFI ont pu un peu détourner l'attention, cette fois sur les groupes
02:12identitaires d'extrême droite.
02:14Alors, c'était peut-être une stratégie politique sur leur rang.
02:17Les députés RN faisaient non de la tête.
02:20D'autres soufflaient, d'autres levaient les bras.
02:23Autre moment fort de la séance, Elsa, c'était en tout début de séance.
02:27L'hommage rendu par les députés à l'ambassadeur d'Ukraine qui se trouvait en tribune pour cette séance.
02:33Merci beaucoup, Clément Perrault.
02:35On revient donc sur ces deux thèmes.
02:36Tout d'abord, sur de futures dissolutions, peut-être.
02:40Emmanuel Macron a réuni les ministres concernés.
02:42Il veut une cartographie des mouvements violents à la fois à l'ultra-droite et à l'ultra-gauche.
02:47Loïc Carverand, comment vous vous accueillez cette initiative ?
02:50Est-ce qu'effectivement, il faut aller faire le ménage ?
02:52C'est l'expression à la mode au sein du gouvernement sur ces groupes.
02:56Oui, je crois qu'il faut faire le ménage et qu'il faut avoir de complaisance avec aucun des extrêmes.
03:02Parce que, que ce soit à l'ultra-gauche ou à l'ultra-droite, malheureusement, il y a une forme
03:06d'esprit militien
03:08qui est en partage dans ces groupes, qui sont des groupes violents.
03:12Et donc, il y a des bases juridiques pour obtenir la dissolution de certaines de ces associations.
03:17Et le ministre qui a fait une réponse, il a dit en ministre républicain.
03:21Parce que Laurent Nounia, c'est un très grand républicain.
03:23Moi, j'ai eu la chance de le côtoyer depuis longtemps, dans plusieurs fonctions,
03:27à la DGSI, à la Coordination nationale du renseignement et de la lutte contre le terrorisme.
03:31Et dans toutes ces fonctions-là, il a toujours traité de la même manière la menace terroriste, par exemple,
03:37d'ultra-gauche et d'ultra-droite.
03:39Elle existe dans les deux cas.
03:41Elsa Faucillon, vous, votre groupe, est parfois très vigilant sur cette question des dissolutions.
03:46Alors, c'était bien avant les événements de Lyon.
03:48Mais par exemple, vous, sur la dissolution de la Jeune Garde, vous aviez dit non, il ne faut pas de
03:53dissolution.
03:54Comment vous accueillez, là, les initiatives du gouvernement ?
03:58D'abord, je veux dire que suite à la marche néo-nazie qui a eu lieu à Lyon ce week
04:05-end,
04:06et les propos qui ont été tenus, les champs aussi qui ont été assénés,
04:11je suis de plus en plus inquiète de la montée de cette présence néo-nazie dans les rues,
04:18très marquée par le fait qu'elle ait été autorisée.
04:22Et je rappelle peut-être l'information que la famille de Quentin de Ranck a dénoncé...
04:26J'ai entendu.
04:27Voilà, ses agissements lors de cette manifestation.
04:29Mais donc, il confirme quelque part que la manifestation a débordé en manifestation néo-nazie
04:35et que je crois qu'elle ne pouvait être que cela en réalité,
04:38vu les groupes présents sur Lyon qui appelaient aussi à cette marche.
04:43Je renvoie celles et ceux qui veulent à lire l'excellent journal de l'Humanité de ce jour,
04:47qui montre comment des guet-apens sont formés par ces groupuscules.
04:52Et moi, mon inquiétude, je vais le dire, c'est justement de considérer que antifascisme et fascisme se valent.
04:58De considérer alors, justement, que nous sommes dans une république
05:02et cette république moderne s'est construite contre un refus absolu du fascisme,
05:07dire aujourd'hui que fascisme et antifascisme se valent est extrêmement dangereux pour la République.
05:12Justement, Loïc Carvan, sur cette remarque d'Elsa Faucillon,
05:15de dire qu'on ne peut pas mettre sur un pied d'égalité des groupes fascistes et des groupes antifascistes.
05:21Ce serait même un contresens historique.
05:25Les antifascistes, ils se battent pour des idées qui ne sont pas la même chose que le fascisme.
05:32Non, mais on a une vraie différence avec ma collègue.
05:35Moi, je ne regarde pas les étiquettes des uns et des autres.
05:37La violence, pour moi, elle doit être traitée de la même manière par la République,
05:41d'où qu'elle vienne, quelles que soient les idées politiques de ceux qui l'apportent.
05:44Peu importe que ce soit une violence d'ultra-gauche ou d'ultra-droite,
05:46à la fin, on a des gens qui meurent.
05:48Quentin ne méritait pas plus de mourir parce qu'il avait des idées identitaires ou je ne sais quoi,
05:54que quelqu'un qui aurait eu des idées d'ultra-gauche.
05:56Personne ne mérite de mourir pour ces idées.
05:59La violence, elle doit se traiter de la même façon, peu importe l'étiquette.
06:02Justement, sur ces questions des violences, puisqu'elles affaucillent,
06:04là, il ne s'agit pas d'interdire des groupes en raison de leurs idées politiques,
06:09même si c'est peut-être votre crainte, mais c'est vraiment, et on le rappelle,
06:12il faut que ce soit vraiment motivé, puisqu'après, le Conseil d'État peut revenir sur ces dissolutions.
06:16C'est vraiment dans le cadre de la violence que, dans ce cas-là,
06:19on ne regarde pas si c'est ultra-gauche ou ultra-droite.
06:21Évidemment, s'il faut le rappeler, Quentin de Ranc ne méritait pas de mourir,
06:26et c'est un drame, c'est un jeune homme de 23 ans qui est mort,
06:29et donc, il est normal que nous inquiétons de cette situation.
06:34Je considère, y compris en militante, pour un projet politique d'émancipation,
06:38que la violence, c'est justement au cœur des projets d'extrême droite et des projets fascistes,
06:45et que ce n'est pas sur ce terrain-là que nous permettrons de faire reculer
06:48cette ascension des projets autoritaires et des projets fascistes.
06:51Une fois que ça s'est dit, en revanche, penser que antifascisme et fascisme se valent
06:57et qu'il s'agirait d'étiquettes politiques, mais c'est se tromper.
07:01On parle ici d'un projet fasciste, donc de faire tomber la démocratie,
07:05de faire tomber l'État de droit, de mettre au cœur la violence
07:10contre des personnes, enfin à côté de personnes,
07:12qui justement défendent l'idée de la démocratie, de l'égalité, de la liberté.
07:18Et donc, accoler ces deux choses-là, faire comme si elles avaient une équivalence,
07:23c'est à mon avis extrêmement dangereux, parce que ça banalise en réalité le fascisme.
07:27Pour finir sur cette question, Loïc Kervran, si on met de côté, évidemment, le drame de Lyon,
07:33sur ces côtés, cette équivalence qu'on voit par certains,
07:37et qu'on peut peut-être retrouver sur l'équivalence que certains font,
07:40le Rassemblement national, la France insoumise et des cordons sanitaires,
07:43qu'est-ce que vous répondez à les affoussillons ?
07:44– Encore une fois, moi je regarde le résultat, je regarde les morts,
07:49et si je regarde l'histoire, j'ai pas plus de sympathie pour le bilan du régime stalinien
07:55que pour des régimes d'extrême droite.
07:58En fait, ce sont des millions de morts, et en réalité, les extrêmes, c'est ça,
08:02et c'est ça qu'il faut combattre par la loi, par la République,
08:06et encore une fois, cet esprit militien, et je tiens à le dire,
08:10il est présent aux deux extrêmes de l'échiquier politique.
08:13– On va revenir sur un autre thème de cette séance.
08:15On voit votre désaccord, Elsa Faucillon, mais on va garder quelques minutes après aussi
08:20pour la séance citoyenne.
08:21On va parler de ce deuxième thème, un anniversaire, 4 ans de guerre en Ukraine.
08:25On va écouter le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud.
08:28– Oui, nous avons décidé au mois de décembre dernier,
08:32nouvelle décision historique prise par les Européens,
08:35de consacrer 90 milliards d'euros, de les apporter à l'Ukraine
08:38pour mettre le pays à l'écart de toute difficulté financière dans les deux ans qui viennent.
08:44Je n'ai aucun doute sur le fait que ce prêt sera définitivement adopté dans les jours qui viennent.
08:50La question n'est pas de savoir s'il sera adopté, la question est de savoir quand.
08:54Et je veux saluer le Parlement européen qui, dans sa quasi-intégralité,
08:58s'est mobilisé en soutien de ce prêt, mais vous l'avez dit,
09:00il manquait des voies pour faire l'humanité.
09:03Et ces voies, c'était celle du Rassemblement national et celle de la France insoumise.
09:07– Sur la question de l'aide à l'Ukraine, Elsa Faucillon,
09:11il a été question de l'aide financière et de voir de quelle manière on peut faire payer la Russie.
09:16Donc soit qu'elle rembourse les prêts que l'Union européenne fait à l'Ukraine,
09:19soit par la question des avoirs gelés.
09:21Est-ce qu'effectivement, c'est une piste qu'il faut envisager d'après vous ?
09:23– D'abord, je veux dire qu'après 4 années, il faut mesurer le nombre de morts,
09:29et y compris avec des projections au printemps 2026 qui sont terribles,
09:34d'ailleurs pour les Russes de manière extrêmement importante,
09:37pour les Ukrainiens aussi, et un nombre de morts civiles très conséquent.
09:42Ces 4 ans, c'est aussi, je trouve, peut-être une manière de regarder
09:49cette invasion russe en Ukraine aussi comme un reflet d'un impérialisme extrêmement brutal
09:55qui se développe un peu partout dans le monde.
09:59Et bien sûr, il y a les questions financières, il y a les questions d'aide,
10:02il y a les questions de gel des avoirs, mais peut-être ce que je veux dire en premier,
10:07c'est regardons comment on peut remettre le droit international au centre de tout ça.
10:13Parce qu'il n'y a pas qu'en Ukraine, que la Russie sur l'Ukraine,
10:18où aujourd'hui la force l'emporte sur le droit,
10:20et on voit bien évidemment que l'arrivée de Trump au milieu de tout ça
10:24n'a évidemment rien arrangé à la situation.
10:26Je vous ferai répondre aussi à cette question,
10:28mais Loïc Hervant, là, sur la question peut-être financière,
10:31justement, cette question des avoirs.
10:33On voit, on parle de 20e paquet de sanctions contre la Russie.
10:36Si on en est au 20e, c'est qu'on voit bien aussi que c'est compliqué,
10:41cette corde-là ne fonctionne pas forcément comme on le souhaiterait.
10:44Oui, c'est compliqué.
10:45La Russie, je siège à la Commission de la Défense Nationale,
10:49la Russie a une capacité aujourd'hui à à la fois assumer son engagement
10:55sur le front ukrainien et à continuer à se réarmer
10:59et à augmenter ses capacités militaires en même temps.
11:03Et donc, ça montre la limite des sanctions.
11:06Après, moi, je me souviendrai toujours de ces premières heures de la guerre
11:10où, vous voyez, on avait des gens, on se disait,
11:14ça pourrait être vous ou moi, dans des villes en plus qui nous ressemblent,
11:18où c'était très frappant, qui étaient frappés par la guerre.
11:20Ce sont eux qui meurent depuis.
11:22Et donc, l'Europe, elle doit tout faire.
11:23Et sans doute, elle n'a pas assez fait.
11:25Et donc, sur les aspects financiers, sur le soutien de manière générale,
11:29il faut continuer à être derrière l'Ukraine parce que c'est aussi,
11:32et le ministre l'a rappelé tout à l'heure,
11:33la sécurité de la France, de l'Europe qui se joue en Ukraine.
11:36Ce que dit Volodymyr Zelensky aujourd'hui,
11:38c'est qu'une des protections, ce serait une adhésion de son pays à l'Union européenne.
11:42C'est ce qu'il a demandé ce matin, une manière de couper franchement avec la Russie.
11:47Elsa Faucillon, est-ce que ce serait une manière de l'Union européenne
11:50de clairement montrer son soutien à l'Ukraine ou ce n'est pas envisageable pour vous ?
11:55Surtout, je ne suis pas sûre que ce soit l'efficacité
11:59que Zelensky aujourd'hui développe.
12:02Honnêtement, je ne vois pas aujourd'hui comment ça permettrait
12:05que la Russie considère qu'ensuite l'Ukraine est protégée
12:10par cette appartenance à l'Union européenne.
12:12Je veux juste réagir à ce que vient de dire mon collègue
12:16parce que ce qui est vrai, c'est qu'il y a eu beaucoup de tentatives
12:18de paquets de sanctions contre la Russie.
12:22Et je reviens sur ce que je disais juste avant sur le droit international.
12:26Je veux quand même noter à quel point il y a une détermination
12:29et elle est absolument essentielle à poser des sanctions contre la Russie
12:32et combien il en manque aujourd'hui de détermination
12:35pour le faire vis-à-vis d'Israël
12:37vu ce que le pays commet contre les Palestiniens.
12:40Alors, en un mot sur cette question, Loïc Carvin
12:42sur le respect du droit international.
12:44Elsa Foussillon parle de la situation en Israël.
12:47On pense aussi à Donald Trump et au Venezuela.
12:50Moi, je ne fais pas d'équivalence pour le coup.
12:54Il y a des violations du droit international.
12:57La question de la Russie, c'est une violation majeure de la souveraineté.
13:02Et vous le rappeliez aussi, des milliers de morts par semaine.
13:07Il y a d'autres mesures qui sont prises sur des violations ponctuelles
13:11par d'autres pays.
13:13La réalité, c'est quoi ?
13:14C'est qu'aujourd'hui, on a basculé dans un monde
13:17où la force est en train de l'emporter sur le droit.
13:20Et donc, il faut aussi que collectivement,
13:23on se réarme physiquement, moralement, juridiquement.
13:27Par rapport à ça, on a basculé, on a changé de monde.
13:29– Alors, Loïc Carvan, Elsa Foussillon,
13:31vous avez l'habitude, vous, lors de la séance des questions au gouvernement,
13:34d'interroger les ministres.
13:36C'est à présent les citoyens qui vont vous interroger.
13:39C'est notre séance citoyenne.
13:47Alors, on a quatre thèmes aujourd'hui, assez variés.
13:50On va commencer avec vous, Cléa.
13:52Cléa Cornet, vous avez 23 ans, vous êtes étudiante en journalisme à Paris.
13:56Vous allez nous parler d'une situation.
13:58Il y a un article de nos confrères du Parisien ce matin
14:01sur la question des cétacés dans les marines.
14:04L'en expliquez-nous.
14:05– Oui, c'est ça.
14:06Alors, bonjour.
14:07Du coup, moi, je voulais revenir sur la situation des cétacés au Marineland
14:11parce qu'on sait que les dauphins,
14:12le gouvernement a décidé de les transférer aux eaux de Beauval.
14:17Mais la situation des orques, elle reste quand même assez critique.
14:20Les bassins, ils sont en train un peu de s'effriter,
14:24de tomber en lambeaux.
14:24Il y a des bouts de béton qui s'en vont.
14:26Et on n'a pas de solution en sachant que la loi,
14:29elle avait été votée en 2021.
14:32Donc, c'était une loi contre la maltraitance animale
14:34et qui avait pour but d'arrêter les spectacles de cétacés.
14:38Et donc, le parc Marineland a fermé.
14:40Du coup, le problème, c'est que les orques,
14:43le gouvernement finalement ne sait pas trop quoi en faire.
14:47Et du coup, ma question, c'est quelles mesures législatives
14:50ou réglementaires vous pourriez proposer
14:52pour mieux protéger ces cétacés
14:54et peut-être trouver une solution
14:58de manière assez rapide.
15:02Voilà, merci beaucoup.
15:03Elsa Fossillon, parce que Cléa le rappelait,
15:05on a voulu protéger ces animaux
15:07et puis on voit qu'ils sont maintenant en déshérence
15:09et qu'on ne sait plus quoi en faire, Elsa Fossillon.
15:11C'est toujours la question de penser les alternatives,
15:14en réalité, parce que la loi, elle a été votée
15:16et pour le coup, elle est assez claire.
15:17Il faut arrêter les spectacles.
15:19Et donc, Marineland ferme.
15:20Je vais vous dire, il y a même parfois des lois
15:23qui sont aussi claires que ça,
15:24qui ne s'appliquent pas aussi vite.
15:25Donc, en réalité, le texte, il s'est appliqué.
15:28La question, c'est un changement profond
15:31du rapport aussi aux vivants.
15:33Et donc, penser ce qu'on fait des cétacés
15:38qui sont aujourd'hui, vous l'avez dit,
15:39dans des bassins extrêmement dégradés.
15:42Moi, ce que je crois, c'est qu'il faut aujourd'hui
15:44des sanctuaires, des sanctuaires maritimes
15:46pour leur permettre d'évoluer dans des zones
15:48où, à la fois, ils puissent être protégés
15:51et qu'ils soient aussi dans des zones
15:53qui ne sont pas polluées.
15:54Parce que j'ai vu qu'il y avait eu des propositions
15:56qui avaient été faites de les emmener dans des terres
15:58où il fallait construire de nouveaux bassins.
16:00Donc, écologiquement, c'est assez fou.
16:04Et qui, à la fois, étaient parfois des terres non utilisées
16:06parce que polluées.
16:09Donc, je trouve que ça s'inscrit, en tout cas,
16:11dans une pensée, évidemment, plus large
16:13de protection de l'environnement
16:16et de penser les alternatives
16:18une fois la fermeture effectuée.
16:20Loïc Carvan, parce qu'on précise,
16:23ça me paraît peut-être un peu naïf comme ça,
16:24mais on ne peut pas y relâcher dans la nature comme ça.
16:26Non, mais peut-être que certaines personnes
16:28pourraient dire, après tout, redonnez-leur leur liberté.
16:30Non, quand on a vécu comme ça
16:31dans un marine land, dans un cirque et tout,
16:33on ne peut pas être retourné en liberté.
16:37Loïc Carvan, alors, quelle solution on apporte ?
16:39La première chose, c'est que, quand même,
16:41collectivement, on a fait un progrès immense
16:43avec cette loi et en interdisant
16:45le contact direct entre le public et les cétacés.
16:49C'est cétacés qui sont finalement détenus.
16:51J'utilise le mot un peu comme ça
16:54parce que, jusqu'à la loi de 2021
16:57qui a été portée par mon collègue
16:59de La République En Marche, Loïc D'Ombreval,
17:01tout ça a été autorisé.
17:02Et donc là, qu'est-ce qui se passe ?
17:03Il y a un peu une génération de transition
17:06qui est à gérer
17:07parce qu'ils ont pu être dans ce type de parc.
17:10Ils ne peuvent plus être dans la nature
17:12parce qu'ils mourraient, en réalité.
17:15Et là, vous touchez du doigt un peu
17:16la frustration du législateur
17:18parce que, dans l'environnement des normes françaises,
17:21etc., il y a la couche de la loi.
17:23Et je crois qu'effectivement,
17:25la loi, elle a bien donné les principes.
17:28Et puis ensuite, il y a les couches réglementaires,
17:30les décrets, les arrêtés.
17:32Et ça, on l'a sur plein de lois.
17:33Et là, en l'occurrence,
17:34il y a des arrêtés qui ont été pris
17:36qui sont très peu précis
17:38sur la taille des bassins,
17:39la qualité de l'eau.
17:41Il y a une interprétation
17:42puisque le législateur avait laissé la porte ouverte
17:45pour des questions scientifiques,
17:46par exemple sur les dauphins, etc.
17:48Qu'est-ce qui est scientifique ?
17:49Qu'est-ce qu'il n'est pas ?
17:50Et donc là, vous touchez franchement
17:51un peu du doigt aussi
17:52la frustration du législateur.
17:54Parce que c'est vrai que peut-être
17:55ça part d'une bonne intention
17:56de la part des députés,
17:58d'un débat de société assez partagé
18:00sur le fait de la protection animale.
18:02Et qu'est-ce que vous pensez, Cléa ?
18:03C'est qu'on a dit qu'il faut interdire
18:05et en fait, finalement,
18:06on ne s'est pas préoccupé des animaux
18:08de leur avenir ?
18:09En fait, le problème, moi,
18:10ce que je pense,
18:11c'est qu'en fait,
18:12on a voté cette loi
18:12qui en soi est très bien
18:14puisque ça prend en compte
18:15justement le besoin
18:16et le bien-être des animaux.
18:17Mais par exemple, en Europe,
18:19il y a à peu près
18:19180 000 kilomètres de littoral.
18:22Donc, on aurait pu peut-être
18:24anticiper la construction
18:26finalement d'un sanctuaire.
18:27Il y en a un qui va être créé
18:28en Italie pour les dauphins
18:29mais ce n'est pas pour les orques.
18:31Donc, je trouve ça dommage
18:32de voter une loi pour dire
18:33OK, il ne faut plus faire de spectacle.
18:35Mais derrière, qu'est-ce qu'on en fait ?
18:36C'était une PPL.
18:38C'était une proposition de loi.
18:39Il me semble que c'était
18:39une proposition de loi justement.
18:42Je le dis comme ça,
18:42ça venait d'un député
18:45et ça a été voté.
18:46C'est très bien.
18:47Mais ce qui est vrai,
18:47c'est que ça ne rentrait pas
18:48dans un plan gouvernemental au départ.
18:50Donc, ça traduit ça aussi
18:51Je crois que ce que ça révèle
18:53peut-être également,
18:54c'est le fait que souvent
18:56ça nous arrive qu'en réalité
18:57on adopte des lois
18:58peut-être plus tard
18:59que ce que la société
19:00a elle-même anticipé.
19:02Et je trouve que sur ce sujet
19:03en particulier,
19:05en réalité,
19:06il y avait déjà un élan
19:07dans la société
19:07pour qu'on arrête
19:08ce type de spectacle
19:09et de conserver en captivité
19:11des animaux.
19:12Et en réalité,
19:13la loi, elle est presque arrivée
19:15trop tard sans avoir pensé,
19:17mais même si elle était
19:18totalement utile,
19:19sans avoir pensé
19:19les alternatives
19:20qui sont honnêtement,
19:22il faut le dire,
19:22à la fois complexes
19:24et qui se préparent
19:26sur la durée.
19:27Justement, Loïc Carvon,
19:28parce que c'est un constat
19:29qu'on peut faire peut-être
19:30sur plusieurs lois,
19:31c'est-à-dire qu'il y a
19:31parfois une bonne volonté
19:33en plus d'accompagner
19:33des choses de société,
19:34même si vous le disiez,
19:35Elsa Faucillon,
19:35vous considérez que parfois
19:36on arrive trop tard.
19:37Mais en fait,
19:38on voit bien qu'à la fin,
19:39on ne sait pas vraiment
19:40est-ce qu'on a été
19:40suffisamment précis ?
19:42En l'occurrence,
19:43la loi prévoyait
19:44les sanctuaires, etc.
19:45Ensuite,
19:46on est dans le domaine
19:46de l'exécution
19:47et l'exécution,
19:48ce n'est plus le rôle
19:49des députés
19:49et c'est là
19:50que c'est frustrant.
19:53Après,
19:53la réalité aussi,
19:54et moi je le vois
19:54parce que j'ai la chance
19:55dans mon département
19:56d'avoir tout un refuge
19:57qui se monte pour les lions
19:58puisqu'on a un sujet
20:01un peu similaire
20:02sur les animaux
20:02qui étaient dans les cirques
20:04et donc pour les dispositifs
20:06de divertissement itinérant,
20:07en gros les cirques,
20:08ils n'ont plus le droit
20:09de détenir ces animaux-là aussi.
20:11Et donc là,
20:11qu'est-ce qui se passe ?
20:12Il y a des associations
20:13qui se montent,
20:13qui achètent des terrains
20:15gigantesques
20:16et qui vont servir de refuge.
20:17Et donc,
20:18voilà,
20:18je pense aussi
20:19qu'il faut collectivement
20:20se dire que tout
20:21n'est pas du ressort
20:23de l'État, etc.
20:24Et qu'il y a d'autres,
20:25on parlera après du bénévolat,
20:26il y a aussi d'autres choses.
20:27Moi je vois en tout cas
20:28que sur les félins,
20:29il y a plein de choses
20:29qui s'organisent
20:30dans le monde associatif aussi.
20:32Alors justement,
20:33transition toute trouvée
20:34pour aller vers vous.
20:36Didier, pardon.
20:37Voilà,
20:38vous avez 69 ans,
20:39retraité de la fonction publique
20:40à Paris.
20:40Vous, vous allez défendre,
20:42Didier, le bénévolat.
20:43C'est ça.
20:44À l'heure actuelle,
20:45de nombreuses associations,
20:47surtout caritatives,
20:48comme le Secours populaire,
20:50le Secours catholique,
20:51les Restos du cœur,
20:53manquent de bénévoles
20:54alors qu'elles exercent,
20:55elles assurent une mission
20:56essentielle de cohésion sociale.
20:59Donc ma question
20:59est la suivante,
21:00comment mieux reconnaître
21:01et encourager
21:03l'engagement associatif
21:04des étudiants,
21:05des actifs
21:05et des retraités ?
21:07Alors,
21:07Loïc Carvran,
21:08à vous la première réponse.
21:09On verra si vous arrivez
21:11à convaincre justement Didier.
21:13D'accord.
21:13Oui,
21:14évidemment,
21:15vous dire que l'associatif,
21:17c'est essentiel
21:18à notre pays,
21:18mais essentiel.
21:19Moi,
21:19je suis élu dans un département
21:21extrêmement rural.
21:22J'ai une des circonscriptions
21:23les plus rurales de France.
21:25Et en ruralité,
21:26d'ailleurs,
21:26l'engagement associatif
21:27est quasiment deux fois
21:28plus élevé
21:29que dans les secteurs urbains.
21:31Pourquoi ?
21:31Parce que ça remplace
21:32beaucoup de choses.
21:33Ça remplace les défaillances
21:35de l'État
21:35et des services publics,
21:36il faut le dire.
21:37Et ça remplace aussi beaucoup
21:38le secteur privé
21:39en ruralité
21:40parce que vous n'avez pas
21:41le bar du coin.
21:42Donc,
21:42vous faites un comité des fêtes
21:43et vous montez une buvette.
21:44Et ça,
21:45c'est indispensable
21:45à notre vie commune.
21:47Ensuite,
21:47sur les réponses,
21:48moi,
21:50je trouve que
21:51dans le monde actuel,
21:53dans l'époque qu'on vit,
21:54ce don gratuit,
21:55il est beau.
21:56Et je veux que ça reste gratuit.
21:58C'est-à-dire que je ne suis pas favorable,
22:00et je réfléchis aussi avec vous,
22:03mais comme ça,
22:03spontanément,
22:04je ne suis pas favorable
22:04à tout ce qui est
22:06une forme de rémunération déguisée
22:08de l'engagement associatif.
22:10Par exemple,
22:10donner des trimestres de retraite
22:11en fonction du nombre.
22:11C'est parfois un débat
22:13qu'il y a sur le budget,
22:14justement.
22:14Par contre,
22:15il y a d'autres leviers
22:15qui ne sont pas réellement
22:16de la rémunération,
22:17mais qui sont une forme
22:17de reconnaissance.
22:19Je pense par exemple
22:20à des facilitations
22:21sur les absences des salariés.
22:23Je pense à des crédits
22:24pour les étudiants
22:25que ça compte comme un...
22:27Pour moi,
22:28ça garde le caractère
22:29beau et gratuit
22:30sans rentrer dans
22:31de la rémunération déguisée.
22:32Je vous donne la parole,
22:33Elsa Faucillon.
22:33Et pour vous, Didier,
22:34par exemple,
22:34des trimestres de retraite,
22:36comme ça,
22:36quand on travaille,
22:37on peut mettre
22:37quelques trimestres de côté
22:38si on fait du bénévolat.
22:39Ça pourrait être
22:40une bonne contrepartie ?
22:41Je pense que ça serait
22:41une bonne mesure
22:42vu qu'actuellement,
22:44il y a beaucoup de retraités
22:45qui perçoivent
22:46de petites retraites.
22:47Donc, ça valoriserait
22:49leur engagement.
22:50Et en fait,
22:51c'est du gagnant-gagnant,
22:52je veux dire.
22:52Vous, Elsa Faucillon,
22:53vous y seriez favorable ?
22:55Je vais réfléchir sur la cotisation
22:56et c'est pour ça
22:57que je pense qu'il faut
22:57bien distinguer
22:58le bénévolat et le salariat
23:00et y compris
23:01pour ne pas affaiblir
23:02les protections des salariés.
23:04Je pense que c'est très important
23:05de ne pas confondre les deux.
23:08Dans les associations
23:08que vous avez citées
23:09et que je rencontre beaucoup
23:10aussi sur mon territoire,
23:12ce qui me frappe,
23:13c'est surtout
23:14les demandes qui augmentent,
23:16les bénéficiaires
23:17et les besoins
23:18des bénéficiaires
23:19qui explosent.
23:20Et ces besoins
23:20des bénéficiaires,
23:21ils explosent
23:21parce que la précarité
23:23et la pauvreté
23:23ont augmenté.
23:24Et donc,
23:25on voit un nombre
23:26d'associations,
23:27pas que sur le terrain
23:28de la banque alimentaire,
23:29mais sur le terrain
23:29de la solidarité,
23:30parfois aussi d'ailleurs
23:31de la culture,
23:32du sport,
23:33de plein de choses
23:34qui en réalité
23:35pallient à des manquements
23:36de l'État.
23:37Donc,
23:38la question du bénévolat,
23:40elle est aussi impactée
23:42par des besoins
23:43de plus en plus importants
23:44auxquels les bénévoles
23:46doivent faire face,
23:47alors qu'ils pourraient
23:48avoir à gérer
23:49d'autres aspects
23:50de la vie
23:50qui collent plus
23:53à mon avis
23:54à l'idée associative.
23:56Moi,
23:56en tout cas,
23:57la mesure
23:57que je privilégierais
23:58pour l'engagement,
24:00c'est plutôt
24:00la réduction
24:01du temps de travail
24:02qui libère du temps
24:03et donc une retraite
24:04aussi à 62 ans
24:05ou même à 60 ans
24:06qui permet justement
24:07aux bénévoles
24:08de s'engager plus.
24:09Sur ces deux aspects,
24:10Didier,
24:11en mettant bien
24:12votre micro justement,
24:13peut-être aussi,
24:14c'est vrai que c'est compliqué
24:14quand on travaille,
24:16quand on a des enfants aussi,
24:17d'avoir du temps
24:18et on retrouve
24:19chez les bénévoles
24:20du coup un profil
24:21avec des personnes
24:21qui sont parfois plus âgées.
24:23On a un peu plus de temps,
24:24Didier ?
24:24C'est vrai que
24:25quand on est retraité,
24:26on a beaucoup de temps
24:27de libre,
24:27donc aider des associations,
24:31je veux dire,
24:33je pense que ça permet
24:34à la société
24:38ça améliore
24:39la cohésion sociale,
24:40ça crée du lien
24:43et puis aussi,
24:44je veux dire,
24:44donner de son temps
24:46à autrui,
24:47c'est...
24:49Vous êtes bénévole
24:50par exemple ?
24:51Moi, je suis bénévole
24:52dans plusieurs associations.
24:54Et comment on peut
24:55convaincre alors
24:56pour avoir
24:57des plus jeunes
24:58par exemple
24:58ou des gens
25:00qui ont une trentaine,
25:00une quarantaine d'années
25:01mais qui peuvent aussi
25:02donner du temps ?
25:02Je pense qu'ils font valoriser
25:02leur engagement
25:03donc des plus jeunes,
25:04c'est des étudiants
25:05ça peut être bonifié
25:08leur diplôme,
25:09enfin,
25:09qu'il y ait une mention
25:10sur le diplôme
25:12qui s'y fit l'organisation.
25:13Ça commence un peu d'ailleurs...
25:14C'est vrai que Loïc Caron
25:16sur cette question
25:16de la reconnaissance aussi.
25:18Par exemple,
25:19dans Parcoursup,
25:20si vous mettez
25:22des justificatifs,
25:23mais les plus jeunes
25:23pourront en parler
25:24mieux que moi,
25:25de vos engagements
25:27associatifs, etc.,
25:28c'est un plus.
25:29Donc cet aspect
25:30reconnaissance,
25:30il commence,
25:31je pense qu'on pourrait
25:32aller plus loin
25:32dans des diplômes universitaires
25:33comme je le disais
25:34avec vraiment
25:35une sorte d'unité de valeur,
25:36de crédit
25:36qui soit liée peut-être
25:38à l'engagement associatif
25:39parce qu'en fait,
25:40on a besoin aussi
25:41de créer à ces jeunes
25:42une habitude
25:43et une culture
25:44du bénévolat.
25:45Moi,
25:45quand j'avais 16 ans,
25:46j'étais déjà bénévole
25:49à la Croix-Rouge française,
25:51etc., après,
25:51après, je fais vraiment
25:52la distinction
25:52avec le salariat,
25:54avec toutes les choses
25:55qui sont rémunérées.
25:55Je prends juste un exemple.
25:57Moi, j'étais
25:57avec la Croix-Rouge française,
25:59je servais aussi
25:59chez les pompiers
26:00de Paris,
26:01je faisais du secours
26:02à personne,
26:03mais je n'étais pas
26:04pompier volontaire.
26:04Je ne touchais pas,
26:06comme un pompier volontaire,
26:07une indemnité
26:08pour mes gardes,
26:09pour mes sorties,
26:09etc.
26:10Et donc,
26:11vous voyez,
26:11d'un côté,
26:12je comprends que pour
26:12les pompiers volontaires,
26:13on crée une bonification
26:14de retraite,
26:15de l'autre,
26:16je trouve qu'il faut garder
26:16ce don gratuit de soi
26:17et de son temps.
26:18Elsa Faucillon,
26:19on dit parfois,
26:20on dénonce
26:20qu'il y a une société
26:21de plus en plus individualiste.
26:24Est-ce que vous,
26:24justement,
26:24sur le terrain,
26:25vous avez l'impression
26:25que, non,
26:26il y a des bénévoles quand même,
26:28alors ils ne sont pas
26:28suffisamment nombreux
26:29forcément en fonction
26:30de la demande,
26:31mais vous avez le sentiment,
26:32parce qu'on peut parler
26:33des freins,
26:33effectivement,
26:33au niveau de l'organisation,
26:34mais est-ce qu'il y a
26:35un frein aussi en disant
26:36que finalement,
26:37les gens aujourd'hui,
26:37ils n'ont plus forcément
26:38envie de donner de temps
26:39à une autre cause
26:40que peut-être
26:41leur cercle ?
26:42Alors, ce que je trouve,
26:47l'individualisme,
26:49je crois qu'on ne peut pas
26:50le nier.
26:50En revanche,
26:53l'engagement,
26:53il n'est pas vrai aujourd'hui
26:54que les jeunes
26:55ne sont pas engagés.
26:56Ce n'est pas vrai.
26:57En revanche,
26:58ils ont d'autres modes
26:58d'engagement.
26:59Regardez le nombre
27:00de jeunes qui se regroupent
27:01et qui font des maraudes,
27:03qui créent eux-mêmes
27:04leur association,
27:04parce que, globalement,
27:06ils ne se retrouvent pas
27:07dans les organisations,
27:09les associations existantes.
27:10Ce n'est pas le même temps.
27:13Et c'est vrai
27:13dans les partis politiques.
27:15C'est vrai de la même manière
27:16dans les partis politiques.
27:17où vous avez souvent
27:18des très jeunes
27:20et puis des beaucoup plus vieux.
27:21Et au milieu ?
27:22Et le temps de la vie au milieu,
27:23eh bien,
27:24il n'est plus un temps d'engagement.
27:25Mais regardons aussi
27:26ce que sont nos vies.
27:27Disons-le,
27:28dans les associations,
27:29ce sont majoritairement
27:30des femmes qui s'engagent,
27:31très majoritairement.
27:32Mais le temps de la vie,
27:33aujourd'hui,
27:34quand vous travaillez,
27:35quand vous avez des charges
27:37à gérer,
27:38encore majoritairement
27:39par les femmes dans le foyer,
27:40des charges parentales,
27:41etc.,
27:41la place des temps de trajet
27:43hyper longs et tout,
27:44le temps pour pouvoir
27:46faire ce bénévolat,
27:46il est quand même très compliqué.
27:48Ce qui ne veut pas dire,
27:48je crois,
27:49que les gens n'aient pas envie
27:50de s'engager.
27:50Loïc Carvran,
27:51sur ce dernier point
27:52avant de passer à l'autre thème,
27:53le temps.
27:53On court après le temps,
27:54donc quand on travaille
27:55avec les transports,
27:56en fait,
27:56on n'a pas le temps.
27:57Non, mais en réalité,
27:59la charge...
27:59On va le convaincre
28:00sur la réduction du temps de travail
28:01et la retraite à 60 ans.
28:02la charge mentale,
28:03la charge disproportionnée
28:04dans le foyer
28:06qui pèse sur les femmes,
28:07tout ça,
28:07c'était vrai avant aussi.
28:09Et d'ailleurs,
28:10c'était sans doute
28:11bien pire avant
28:12et pourtant,
28:12on avait...
28:13Donc, moi,
28:14je pense qu'il y a autre chose
28:15qui se passe.
28:15C'est pour ça qu'il y a
28:16quelque chose de très culturel
28:18là-dedans.
28:19Je pense que c'est effectivement
28:20de l'individualisme.
28:21C'est une société
28:22qui est très tournée
28:23vers le divertissement
28:25et une forme d'égoïsme,
28:27de plaisir immédiat pour soi,
28:29alors que l'engagement bénévole,
28:31ça apporte
28:32de manière non financière.
28:34Il y a quand même
28:34des millions de citoyens
28:35qui s'engagent en France.
28:37Heureusement.
28:38Et on a entendu
28:39que vous voulez saluer,
28:40justement.
28:41Denis,
28:41on va passer avec vous.
28:42Denis Roth,
28:42vous avez 50 ans,
28:43vous êtes enseignant,
28:44vous venez de Laval
28:46et vous allez nous parler
28:49de votre cas,
28:50très intéressant.
28:51Expliquez-nous,
28:51vous êtes un Américain accidentel.
28:53Je ne savais même pas
28:54que ça existait.
28:55Dites-nous tout.
28:56Donc, voilà,
28:56ma question,
28:57c'est celle-là.
28:58Donc,
28:58des Français
28:59comme moi,
29:00nés aux Etats-Unis
29:00par hasard,
29:01se voient menacés
29:03de clôture
29:03de comptes bancaires
29:04en France
29:05à cause
29:06d'une législation
29:07américaine
29:09extraterritoriale.
29:10Considérez-vous
29:11qu'il est du rôle
29:12du Parlement
29:12de protéger
29:13ses citoyens
29:14et quelles initiatives
29:15concrètes
29:16seriez-vous prêts
29:16à soutenir ?
29:18De façon générale,
29:20comment les élus
29:20peuvent-ils garantir
29:21à tous les binationaux
29:22de préserver
29:23leurs droits spécifiques,
29:24parfois menacés ?
29:26Et je précise,
29:27parce que je vous ai
29:28posé la question,
29:29Denis,
29:29juste avant,
29:30vous,
29:30vous êtes né,
29:31puisque vos parents
29:32travaillaient aux Etats-Unis,
29:33vous y avez vécu six mois.
29:35Exactement.
29:36Et ça suffit pour considérer
29:37aux Etats-Unis
29:38que vous devez payer
29:38des impôts là-bas.
29:39Exactement.
29:40Alors, on voit ces situations,
29:41vous êtes peut-être
29:41confrontés dans vos permanences,
29:43pas forcément à ce cas spécifique,
29:45mais c'est cas.
29:45Qu'est-ce que vous dites
29:46à Denis,
29:46qui se retrouve dans une situation
29:48quand même assez kafkaïenne ?
29:50Tu veux que j'y...
29:51Allez !
29:52Non, mais je veux bien...
29:53Déjà, juste pour reposer
29:54le contexte,
29:55qu'est-ce qui se passe ?
29:55En fait, les Etats-Unis,
29:57ils utilisent la puissance
29:58du dollar
30:00pour demander
30:00à toutes les banques
30:02européennes,
30:02mais aussi les autres,
30:04d'identifier
30:04ce qu'on appelle
30:05des indices d'américanité,
30:07c'est-à-dire
30:08un lieu de naissance,
30:09mais aussi d'autres choses
30:11pour identifier leurs citoyens
30:12parce qu'ils ont
30:13un système fiscal
30:14qui est particulier,
30:15qui est que
30:16si vous payez moins d'impôts
30:17dans le pays
30:18dans lequel vous résidez
30:19et que vous êtes américain,
30:20vous payez en gros
30:21la différence,
30:21je simplifie un tout petit peu,
30:22aux Etats-Unis.
30:23Et c'est pour ça
30:23que le fisc américain,
30:24il a besoin
30:25et il demande
30:25à toutes les banques
30:26d'identifier
30:27les citoyens américains
30:28partout dans le monde.
30:30Et donc,
30:30c'est une législation
30:31qui s'appelle FATCA,
30:32etc.
30:34Moi, dans une autre vie,
30:35j'ai travaillé
30:36dans un environnement bancaire
30:38où justement,
30:39on était très vigilants
30:40là-dessus.
30:41Le législateur,
30:42le français,
30:43il a déjà apporté
30:44une réponse à ça,
30:45ça s'appelle
30:45le droit au compte.
30:46C'est-à-dire que
30:47toute personne
30:48qui est domiciliée
30:49en France,
30:50elle a le droit
30:50à un compte.
30:52Là, on peut...
30:53Concrètement,
30:53on m'a raconté...
30:53Sauf que qu'est-ce
30:54qu'on vous répond,
30:55vous, Denis ?
30:55On vous dit...
30:56Le droit au compte,
30:57par exemple,
30:57quelqu'un qui habite
30:58en Guadeloupe,
30:59qui doit récupérer
31:00son numéro SSN...
31:02Alors SSN,
31:03c'est quoi le numéro SSN ?
31:03Social Security Number.
31:05Et ça,
31:05il doit aller
31:05dans une ambassade.
31:06Enfin, c'est l'enfer.
31:07Et donc, lui,
31:08il ne peut pas avoir
31:08de compte bancaire.
31:10Elsa Faucillon...
31:11Je le dis,
31:11moi, je ne suis pas
31:12une spécialiste.
31:12Je n'ai pas travaillé
31:13dans le secteur bancaire.
31:15Donc, excusez-moi.
31:15En tout cas,
31:16moi, ce que ça m'évoque
31:16d'abord,
31:18la puissance
31:20de l'extraterritorialité
31:22et qui est quand même
31:23aujourd'hui
31:25un outil
31:25de guerre économique,
31:27on l'a vu,
31:28et y compris
31:29auprès de banques françaises.
31:30Je crois que c'était
31:31BNP Paribas,
31:32Société Générale
31:33ou Alstom.
31:34Donc,
31:35il y a ça quand même
31:36en jeu.
31:37Et donc,
31:38je ne suis pas sûre
31:38que la réponse
31:39soit uniquement législative
31:40au niveau français,
31:41mais très certainement
31:42plutôt au niveau européen,
31:43voire international.
31:46Et puis,
31:47ce qui est vrai,
31:48c'est que...
31:49Alors,
31:49je n'ai jamais été interrogée
31:50pour une situation précise
31:52comme la vôtre,
31:53mais en revanche,
31:54des problèmes
31:55pour accéder en France
31:56à ce droit
31:57d'avoir un compte,
31:58j'en rencontre beaucoup.
31:59Je peux parler
32:00des mineurs non accompagnés,
32:02mais ces jeunes étrangers
32:03pris en charge
32:03par l'aide sociale
32:04à l'enfance
32:05quand ils rentrent
32:05en apprentissage,
32:06beaucoup de banques
32:07leur refusent
32:08des comptes en banque.
32:09Les candidats
32:10aux élections,
32:12si c'est des petits candidats,
32:13mais même maintenant,
32:14des banques refusent
32:15d'ouvrir le compte,
32:16alors même que pour être candidat,
32:17vous êtes obligés
32:18d'ouvrir un compte bancaire.
32:19on peut vous le reprocher.
32:20Et parfois,
32:20on est vraiment obligés
32:21de faire des saisines
32:21pour pouvoir obtenir
32:22cette ouverture de compte.
32:24Denis,
32:24on parle aussi beaucoup
32:25de la puissance des Etats-Unis.
32:26Est-ce que vous pensez
32:27que c'est parce que,
32:27justement,
32:28on n'ose pas
32:29dire aux Etats-Unis,
32:31ben non,
32:31écoutez,
32:32je ne sais pas,
32:33est-ce qu'il faudrait
32:33un peu un rapport de force
32:34pour régler votre cas
32:35et plus globalement
32:36ceux qui sont dans
32:37cette situation ?
32:38ce rapport de force,
32:38c'est vraiment compliqué.
32:40Déjà,
32:41on ne s'est misant pas
32:41sur Trump.
32:43La réponse finale,
32:44c'est la puissance
32:45de l'Europe
32:46et de l'euro
32:46et c'est de créer
32:47une forme de réciprocité
32:49dans ça
32:49parce que quand
32:50les banques françaises
32:51demandent des informations
32:52sur des personnes
32:53qui résident aux Etats-Unis,
32:54je vous assure
32:54qu'elles n'ont pas
32:55le même retour
32:59vous payez quand même
32:59une partie de vos impôts
33:00là-bas ?
33:01Vous contestez pour l'instant ?
33:02Il ne faut surtout pas
33:03rentrer dans le système,
33:04c'est-à-dire qu'il ne faut
33:05surtout pas se dire
33:06je vais me mettre
33:06en conformité
33:08et je vais demander
33:09et puis déclarer les impôts.
33:11Non, non,
33:11il faut surtout pas...
33:12Et votre banque en France,
33:13elle vous accepte
33:14pour l'instant ?
33:14Alors,
33:15j'ai deux banques,
33:15il y en a une qui m'a posé
33:16plus de problèmes
33:17qu'une autre,
33:18mais voilà,
33:19moi finalement,
33:19j'ai 50 ans,
33:20j'ai déjà fait mes prêts
33:21donc ce n'est pas
33:22un énorme problème pour moi,
33:23mais je sais
33:24qu'il y a des milliers
33:24de personnes
33:25qui sont dans des situations
33:26vraiment compliquées
33:27à cause de ça.
33:27Est-ce que,
33:28dernière question,
33:29l'administration française
33:30arrive à vous répondre,
33:31à vous donner
33:32une marge de manœuvre
33:34où on vous dit un peu
33:35c'est pas le bon code
33:36dans le bon formulaire,
33:37on n'a pas de réponse ?
33:38On n'a pas de réponse,
33:39la réponse c'est peut-être
33:40de se dire
33:43qu'on va enlever
33:44notre nationalité américaine
33:45mais pour ça,
33:46il faut payer
33:462500 dollars.
33:48Donc,
33:48on ne va pas le faire.
33:50C'est la stratégie
33:51de nombreux Français
33:52qui doivent payer
33:52un avocat
33:53pour renoncer,
33:54entrer dans une procédure
33:56de renoncement
33:57à la nationalité américaine
33:58pour éviter tout ça.
33:59Avant de passer
34:00à notre dernière citoyenne,
34:02si ça vous intéresse
34:03justement de venir
34:04en plateau sur LCP,
34:05d'interpeller,
34:06de députer,
34:07d'assister à la séance
34:08des questions au gouvernement,
34:09regardez ce QR code,
34:11on vous laisse
34:11le QR code affiché
34:13à l'écran,
34:13vous pouvez le flasher
34:14pour candidater.
34:15Si vous avez
34:15un peu moins l'habitude,
34:16vous allez sur le site
34:17internet www.lcp.com
34:19pour proposer votre thème
34:21et venir au plateau
34:22comme Emmanuel Tavernier,
34:2420 ans,
34:25étudiante à Paris.
34:26Votre question,
34:27plus globale,
34:28c'est sur l'intelligence artificielle.
34:29Dites-nous, Emmanuel.
34:30Bonjour,
34:31je me posais la question
34:32quels sont les moyens,
34:35les priorités concrètes
34:36et les moyens budgétaires
34:38que la France mobilise
34:40pour rester compétitive
34:42dans la course
34:43à l'intelligence artificielle
34:45et face aussi aux Etats-Unis
34:47et puis aussi à la Chine.
34:50Alors,
34:50Elsa Faucillon,
34:51déjà,
34:52est-ce qu'il faut
34:52qu'on en mette
34:53des moyens justement
34:53pour rester dans la course ?
34:54Il y a la formulation
34:55de la question.
34:56Moi,
34:56j'ai envie de vous interroger
34:57quelle course,
34:58quel type d'IA,
35:00pourquoi faire ?
35:01C'est-à-dire,
35:02est-ce qu'on veut
35:02se calquer uniquement
35:03sur les Etats-Unis
35:05en termes de concurrence financière
35:07ou est-ce qu'on veut
35:08être en termes d'IA
35:10extrêmement innovant,
35:12permettre y compris
35:12de le démocratiser ?
35:13Je pense que c'est un enjeu,
35:14protéger les données,
35:16énorme enjeu également.
35:18Est-ce que finalement,
35:20on veut simplement
35:21investir dans la tech
35:22comme c'est le projet
35:23actuellement en France
35:25qui donne des moyens
35:27ou est-ce que par exemple,
35:28un service public
35:29de l'intelligence artificielle
35:30en France
35:31devrait être une question ?
35:32Au travers des questions
35:33que je vous pose,
35:34évidemment,
35:35c'est une forme de réponse
35:36et d'ailleurs,
35:37j'en profite pour le dire,
35:39moi,
35:39je suis souvent très frustrée
35:40qu'on n'ait pas
35:41plus de débats
35:42de ce type
35:43sur l'intelligence artificielle
35:45au sein du Parlement
35:47parce qu'il nous faut
35:48être à la hauteur
35:49pour pouvoir légiférer.
35:51Loïc,
35:51avant je vous laisserai répondre
35:52mais Emmanuel,
35:53par rapport à ce que disait
35:53Elsa Faucillon
35:54de dire
35:55on peut mettre de l'argent
35:56pour mettre de l'argent
35:57mais il faut déjà
35:57s'interroger
35:58sur le modèle qu'on veut.
36:00Il y a aussi
36:01plein de questionnements
36:01autour de l'IA.
36:02Est-ce que pour vous,
36:04il faut aussi d'abord
36:05qu'on se pose ces questions
36:06ou est-ce qu'il faut
36:06qu'on aille vite
36:07pour prendre le train
36:09en route justement ?
36:11Non, je pense qu'il faut
36:12se poser les bonnes questions
36:14parce que je pense
36:17que l'intelligence artificielle
36:18a aussi des limites
36:20et pourrait aussi
36:21représenter des dangers.
36:23Une menace.
36:23Une menace.
36:24Donc en effet,
36:25ça nécessite
36:26de se poser
36:27les bonnes questions.
36:28Et puis ma question
36:29était assez large
36:30et puis en fait
36:30était en fait
36:31peut-être trop large
36:32mais se poser
36:34toutes les questions
36:35dont vous venez de parler
36:37en fait
36:37sur tous les domaines,
36:39dans tous les domaines.
36:39Loïc Cavran,
36:41à la fois être compétitif
36:43mais en même temps,
36:44comme dit Emmanuel,
36:45voilà,
36:45ça peut représenter
36:46des dangers.
36:47Je pense que ça questionne
36:47beaucoup de Français
36:49jeunes de votre âge,
36:50moins jeunes également.
36:51Oui, moi je suis d'accord
36:52avec vous,
36:52il faut se poser les questions
36:53parce que l'intelligence artificielle,
36:55c'est une menace.
36:57C'est une menace
36:57sur l'environnement
36:59parce que les centres
37:00de données, etc.,
37:02consomment
37:03de manière délirante.
37:05c'est une menace
37:06sur la propriété intellectuelle,
37:08c'est une menace
37:09sur plein de choses
37:10assez fondamentales.
37:12Après,
37:12c'est aussi une menace
37:13et là,
37:14permettez-moi encore
37:14de répondre
37:15en tant que vice-président
37:16de la Commission
37:16de la Défense nationale,
37:17c'est une menace
37:19très concrète
37:19dans le domaine
37:20de la défense
37:20et là,
37:21pour le coup,
37:21il y a eu
37:22une agence ministérielle
37:24de l'intelligence artificielle
37:26de défense publique
37:27qui s'appelle
37:27l'AMIAD
37:27qui a été créée
37:28en 2024.
37:29En 2024,
37:30elle avait 60 employés.
37:33À l'automne dernier,
37:34elle était déjà passée
37:35à 300.
37:37C'est quelque chose
37:38qui croît très rapidement
37:39parce que c'est une course
37:41mais parfois,
37:42c'est une guerre aussi
37:43et c'est maintenant
37:44utilisé dans tous
37:45les systèmes d'armes
37:47et juste pour boucler
37:49la boucle,
37:49dans le domaine
37:50de la défense,
37:51on s'est posé
37:52des questions existentielles,
37:54éthiques et par exemple,
37:55la France,
37:56elle a fait un choix
37:56qui peut la desservir
37:57sur le champ de bataille
37:58de dire,
37:59nous, on ne veut pas
37:59de système d'armes
38:01laito autonomes.
38:02C'est-à-dire des systèmes
38:03qui peuvent décider
38:04tout seuls
38:05avec leur intelligence
38:06embarquée à bord
38:07de tirer sur telle ou telle cible.
38:09Il y a toujours un humain
38:10dans la boucle.
38:11C'est juste pour faire
38:12le lien entre les moyens
38:13et les questions éthiques
38:14qui se posent.
38:15Voilà, parce que
38:16ce que dit Loïc Kervan,
38:17les interrogations de la France
38:19est dire en même temps,
38:20si tout le monde développe à côté,
38:22il faut absolument
38:23qu'on puisse être
38:23à la hauteur
38:24des compétences,
38:25en tout cas en matière
38:26d'intelligence artificielle.
38:28Je veux réagir
38:28parce qu'évidemment,
38:29il y a tous ces dangers
38:30et il faut pouvoir
38:31les identifier.
38:32Et puis, il y a
38:32toutes les opportunités aussi.
38:34Mais comme toujours,
38:35c'est un peu bateau de le dire,
38:36mais c'est pour ça
38:37que les questions,
38:38elles sont absolument,
38:39à mon sens, essentielles.
38:40Et quelque part,
38:41elles rejoignent
38:42les questions
38:42qu'on s'est posées
38:43aussi avant.
38:44Ça interroge
38:46quelle coopération
38:47à l'échelle mondiale,
38:48ou est-ce que l'IA,
38:48elle est un outil
38:49de guerre économique,
38:50voire de guerre
38:51de souveraineté ?
38:52Ou est-ce qu'elle est
38:53un outil, y compris,
38:54pour améliorer
38:54des conditions de travail
38:55et permettre,
38:56par exemple,
38:56une réduction
38:57du temps de travail ?
38:58Dans les questions
38:58que je pose,
38:59vous aurez compris
39:00que je suis plutôt
39:01sur comment,
39:02justement,
39:03on protège
39:04la propriété intellectuelle,
39:06comment on a des données
39:07qui ne se basent pas
39:08uniquement sur ce que
39:09produisent les GAFAM,
39:10mais aussi des données...
39:11Oui, mais ce qui alimente
39:12l'intelligence artificielle
39:15détourne aussi un petit peu
39:16les résultats
39:16qu'on y trouve.
39:19qui utilise l'intelligence
39:21artificielle ici ?
39:22Emmanuel,
39:22vous vous disiez,
39:23ça peut vous arriver
39:23de poser quelques questions,
39:25mais pas non plus
39:26au quotidien ?
39:28En fait,
39:28je l'utilise plus
39:29comme un moteur
39:30de recherche.
39:32Par exemple,
39:32je me pose une question
39:34qui est la capitale
39:35de...
39:36Enfin,
39:36une question un peu
39:37comme ça.
39:37Je vais poser la question
39:40à Tchad GPT.
39:41Mais sinon,
39:42dans le travail,
39:44sauf quand je suis pressée,
39:45mais je pense qu'il vaut mieux
39:47éviter quand même.
39:47Et vous avez une vigilance
39:48par rapport à ce que vous voyez ?
39:50Non,
39:52c'est qu'en fait,
39:52quand on utilise Tchad GPT
39:55en classe,
39:56on ne réfléchit plus.
39:57Donc,
39:59en fait,
39:59on se ramollit le cerveau.
40:01Et en même temps,
40:02pour certaines tâches,
40:03on dit beaucoup
40:03l'intelligence artificielle,
40:05pour des tâches répétitives,
40:06ça peut aussi servir,
40:07comme disaient
40:08les affos de Sillon,
40:09bon,
40:09les choses qui n'ont pas
40:10une plus-value de dingue,
40:12on peut peut-être
40:13les confier
40:13à une forme
40:14d'intelligence artificielle.
40:15Moi,
40:16je suis enseignant
40:16et j'ai vu apparaître ça
40:18à mes étudiants
40:18en BTS.
40:19Vous arrivez à voir
40:20quand ils utilisent
40:21l'intelligence artificielle ?
40:22Je ne leur interdis pas,
40:23c'est-à-dire qu'ils ont
40:24une utilisation du truc
40:25qui est plutôt intelligente.
40:27Mais puis,
40:28ça va reposer
40:28pour les enseignants aussi,
40:30de toute façon,
40:31parfois les indicateurs
40:32de notation,
40:33parce que ça va exister.
40:35Et donc,
40:35c'est comment aussi
40:36on va apprendre
40:38à travailler
40:39avec un monde
40:40dans lequel il y aura l'IA.
40:42Et donc,
40:42c'est pour ça
40:42que je suis sur l'idée
40:43des opportunités,
40:44mais à condition
40:45de ne pas en faire
40:46cet outil
40:47au service des GAFAM,
40:49un outil de guerre économique.
40:51Et ça pose la question,
40:53pour les jeunes aussi,
40:54peut-être,
40:55de leur apprendre
40:55les bonnes
40:56et les mauvaises utilisations
40:58de l'IA.
40:59Il y a tout un travail
41:00à faire autour
41:01de cette question.
41:02Sur quelles données ?
41:03Bien sûr,
41:03oui.
41:04Je discutais encore
41:04il y a quelques jours
41:05aussi avec un personnel éducatif
41:07qui me disait
41:07à quel point
41:09ça a influencé
41:10les apprentissages,
41:11la façon d'être
41:12des élèves,
41:13etc.
41:13Moi,
41:14je suis très vieux jeu,
41:15c'est quelque chose
41:15que je n'utilise pas,
41:17mais en réalité,
41:18c'est une révolution industrielle
41:19comme les précédentes.
41:20Mais il y a une différence
41:22qui est majeure,
41:22c'est que c'est une révolution industrielle,
41:23je pense,
41:24qui va toucher
41:24beaucoup les métiers
41:26où on a des gens
41:27qui sont très éduqués.
41:29Je pense que les radiologues,
41:31les avocats,
41:32etc.
41:33sont beaucoup plus menacés
41:35que des métiers ouvriers
41:36qui ont été touchés
41:37par les révolutions industrielles
41:39précédentes.
41:40Les métiers manuels,
41:41en fait.
41:42Exactement.
41:43Ça peut être sur les deux,
41:44finalement, non ?
41:46J'en parlais justement
41:47avec la maquilleuse
41:48tout à l'heure.
41:51Être maquilleuse,
41:52je vois mal
41:52l'intervention industrielle.
41:53Un robot !
41:54Je ne ferai pas confiance
41:55à un robot,
41:56je confie mon visage
41:57très facilement.
41:58On voit qu'il y en a beaucoup
41:59qui ont un retour
42:00vers ces métiers-là,
42:02plus manuels.
42:04C'est très vrai.
42:06Les couvreurs,
42:06chez moi,
42:07ne sont pas tellement menacés
42:08par la télévision.
42:09Les journalistes,
42:10peut-être les députés aussi.
42:11On verra si une intelligence
42:12artificielle un jour...
42:14Le métier de gouvernance,
42:14je ne pense pas.
42:16Allez, merci infiniment
42:17à Elsa Faucillon,
42:18Loïc Cavran.
42:19Merci infiniment
42:20à tous les quatre,
42:21Cléa, Didier, Denis
42:22et Emmanuel.
42:23Merci évidemment
42:24à toute l'équipe
42:25des questions au gouvernement.
42:26On vous rappelle
42:26que si vous voulez participer,
42:28n'hésitez pas,
42:28on vous accueille avec plaisir.
42:30Le QR code s'affiche
42:31et le site www.lcp.fr.
42:33Très bel après-midi
42:34à tous sur les chaînes parlementaires,
42:35évidemment.
42:35Sous-titrage Société Radio-Canada
42:40www.lcp.fr.
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