Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 heures
Ce lundi 23 février, la décision de la Cour suprême de revenir sur les droits de douane imposés par Donald Trump a été abordée par Florian Ielpo, responsable de la macroéconomie chez Lombard Odier IM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Et à 9h05, nous allons donc revenir un petit peu sur les tenants et les aboutissants de cette décision de
00:07la Cour suprême
00:08qui a décidé en partie de revenir sur les droits de douane imposés par Donald Trump.
00:14Florian Hielpo nous accompagne ce matin depuis Genève en charge de la macroéconomie chez Lombard-Rodier IM.
00:19Bonjour Florian.
00:21Comment vous regardez un petit peu cette décision de la Cour suprême, les tenants, les aboutissants
00:26et puis surtout cette volonté de Donald Trump de ne pas en découdre puisque samedi, il a annoncé vouloir faire
00:32passer son tarif à 15%.
00:36Merci, bonjour Etienne, bonjour à tous.
00:40C'est la nouvelle qui a peut-être le plus secoué la séance de vendredi, en dépit d'ailleurs d
00:46'une publication, une croissance américaine très décevante.
00:51Cette décision de la Cour suprême a clairement fait passer au second ordre.
00:56Les publications et des chiffres économiques.
00:58Je pense que le message clé à retenir, c'est globalement que ça n'est pas la fin des droits
01:02de douane.
01:04Ce qui est en train de se produire, c'est qu'on est en train de casser les droits de
01:07douane réciproques,
01:08c'est-à-dire qu'on ne peut pas avoir une politique tarifaire, une politique de droits de douane qui
01:13soit spécifique à chaque pays.
01:15Ça, c'est un élément particulièrement important du point de vue de la géopolitique.
01:19Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que Donald Trump ne pourra à priori plus utiliser
01:24les droits de douane comme une arme de négociation dans le jeu géopolitique qu'il est en train de mener.
01:29Est-ce que c'est la fin des droits de douane ? Pas du tout.
01:31Il y a encore un certain nombre de leviers qu'il est capable d'abaisser et quels il peut jouer
01:35pour générer encore des droits de douane.
01:37Vous en avez globalement trois. Il peut imposer des droits de douane pour 150 jours, pour moins de 15 %.
01:44C'est ce qui est en train de se produire. Donc, ça va être une mesure temporaire.
01:47Et ensuite, il y a encore deux autres mesures. Il a le motif de sécurité nationale.
01:52Lorsque celle-ci est engagée et prouvée à ce moment-là, il peut engager des tarifs douaniers sur des produits
01:57spécifiques ou sur des pays spécifiques.
02:01Et le dernier élément, c'est qu'il peut mener une enquête pour concurrence déloyale.
02:05Et s'il y a concurrence déloyale de prouvée, alors il est capable de faire monter des droits de douane
02:10vis-à-vis d'un pays en particulier.
02:11Mais c'est beaucoup plus lent. Ça va demander beaucoup plus d'énergie que le système qui l'avait utilisé
02:18jusqu'à présent.
02:19Donc, encore une fois, c'est plutôt des droits de douane globaux qui vont être appliqués pour le moment et
02:25moins des droits de douane discriminés.
02:26Et du coup, c'est un petit peu la fin de ce levier géopolitique dont il disposait jusqu'à présent.
02:31Dans tous les cas, Florian Lepo, ça rajoute de la confusion, du brouillard supplémentaire.
02:35L'once d'or en profite ce matin. Plus de 1% de gain pour l'once au-delà des
02:395159 dollars.
02:42Les marchés ne paniquent pas. Ils ne paniquent plus. Là, c'est quand même l'un des grands enseignements en
02:46ce moment.
02:48Ça va même encore plus loin que ça.
02:49Ce qui était important d'avoir en tête, c'est que ces droits de douane étaient invoqués aussi comme un
02:53motif pour consolider les comptes du Trésor américain
02:57avec un objectif de collecte de l'ordre de 250 milliards, 300 milliards par année, grosso modo.
03:03On est à priori à 175 milliards de collectés sur ces droits de douane jusqu'à présent.
03:09Le marché aurait pu paniquer au motif que si on perd cette manne, qui représente à peu près 1%
03:14du PIB,
03:15on va assister à un trou dans le budget du Trésor américain.
03:20Que n'est ni rien du tout.
03:22Globalement, les taux ont plutôt baissé sur la séance.
03:26Les taux réels ont plutôt baissé également sur la séance.
03:28C'est plutôt une réaction de type retour du risque géopolitique à laquelle on a assisté.
03:33C'est-à-dire que globalement, l'or s'est mis à progresser sur la nouvelle.
03:40L'autre élément à garder en tête, c'est que les actions, bien sûr, n'ont pas baissé.
03:43Dans l'ensemble, cet apaissement des droits de douane temporaires est plutôt une bonne nouvelle pour les profits des grandes
03:49entreprises.
03:50Dans l'ensemble, on a vu la cote monter et clore la journée clairement en hausse.
03:55Pour l'instant, pas de panique.
03:57Et en plus, pas de panique fiscale.
03:58C'est-à-dire qu'on n'est pas en train de paniquer vis-à-vis de la difficulté que
04:02le Trésor américain pourrait avoir maintenant face à la perte potentielle de cette manne d'argent.
04:06Oui, c'est peut-être le plus surprenant.
04:08La non-réaction du marché obligataire, que ce soit sur les taux courts, mais également sur les taux longs.
04:11Puisque comme vous le soulignez, ça remet en cause aujourd'hui la stratégie de Donald Trump de résorber le déficit
04:19commercial.
04:20Et surtout de résorber la dette américaine avec ses taxes.
04:24Absolument.
04:25Pour bien comprendre, pour parvenir à consolider les comptes du Trésor américain, on a besoin de 2 petits pourcents de
04:34PIB d'amélioration.
04:36Et parmi ces 2 petits pourcents de PIB, il y en avait un qui a priori devait ou doit encore,
04:41on va le voir ces prochains jours, venir justement de ses droits de douane.
04:45Donc c'est systémique, c'est important pour l'économie américaine et c'est important pour le Trésor américain.
04:50Le marché aujourd'hui semble rester confiant dans la capacité du Trésor américain à retrouver les reines de ses comptes,
04:57en dépit de la nouvelle, en dépit de la décision de la Cour suprême.
05:01Hasard de calendrier, ces annonces de la Cour suprême ont fait passer au second plan les annonces concernant l'inflation
05:09et le PIB aux États-Unis.
05:10Bon, ce qu'il faut retenir, c'est que l'inflation, elle est toujours proche des 3% aux États
05:14-Unis, elle est toujours collante, toujours sticky,
05:16quand le PIB au quatrième trimestre a été très largement amputé par le shutdown.
05:23Alors absolument, disons que sur ces chiffres, il y a peut-être une thématique en filigrane à lire.
05:30Et cette thématique, c'est la thématique de l'investissement dans l'IA de façon surprenante sur la partie inflation,
05:35et ensuite quelques éléments autour de la consommation des biens.
05:39Je commence juste par l'inflation très rapidement.
05:41Ce chiffre d'inflation qu'on a eu est largement supérieur au chiffre qu'on appelle l'IPC,
05:48qui est l'indice des prix à la consommation, qui se situe à peu près à 1% plus bas.
05:52Donc on peut légitimement se poser la question, est-ce qu'on est face à plus d'inflation qu'on
05:56ne l'aurait anticipée ?
05:57On a mal calculé l'inflation et du coup, on doit changer son fusil d'épaule en termes de politique
06:02monétaire ?
06:02La réponse n'est absolument pas.
06:05Ce qui est en train de se produire, c'est qu'une large part de cette progression surprise de l
06:08'inflation
06:08vient de l'investissement qui fait partie du spectre des éléments qui sont mesurés par ce chiffre
06:15et qui n'est pas mesuré par l'indice des prix à la consommation.
06:17Il n'y a pas d'investissement dans la partie consommation, bien évidemment.
06:20Donc on a un petit choc d'investissement.
06:23Si vous voulez, le prix de l'investissement progresse et ça se voit dans ce rapport.
06:26Deuxième élément, sur le chiffre de croissance, lui qui déçoit, on est à 1,4 contre 2,8 attendus.
06:33Donc on divise par deux l'anticipation de croissance.
06:36L'origine essentielle vient du poste consommation des biens.
06:40La consommation des services reste robuste, l'investissement reprend des couleurs.
06:44Même l'investissement résidentiel est supérieur à celui du précédent trimestre.
06:48Un élément particulièrement important.
06:50Par contre, la consommation des biens et notamment des biens durables, elle affiche une contraction.
06:56Alors ça, c'est une question qui peut nous interroger, nous économistes et grands investisseurs.
07:02Pourquoi ? Parce que généralement, quand la consommation des biens durables commence à ralentir,
07:06ce n'est pas un très bon signe pour le cycle.
07:08On n'en est pas là.
07:09C'est simplement un signal orange.
07:12Ce n'est pas un signal rouge, très clairement, pour la croissance américaine.
07:15L'année américaine, les États-Unis finissent l'année sur un très fort chiffre de croissance.
07:20Dans l'ensemble, l'économie se porte bien et devrait continuer à bien se porter.
07:23Mais on suivra avec attention la consommation des biens durables au premier trimestre.
07:27En un mot, quels sont les éléments que vous allez suivre cette semaine, Florian Elpo ?
07:32Alors, c'est un petit peu la semaine creuse en termes de nouvelles économiques.
07:35Heureusement, Donald Trump est là.
07:37Au-delà des annonces concernant les droits de douane, bien évidemment,
07:40vous allez avoir la publication de ce qu'on appelle les FED régionales.
07:45Ce sont des indicateurs économiques avancés de l'économie américaine,
07:48publiés par certaines des FED qui sont régionales, donc région par région.
07:52C'est intéressant à analyser pour suivre le momentum de la croissance américaine et pour l'Europe.
07:57Pour valider définitivement la reprise économique européenne à laquelle on est en train d'assister,
08:01vous aurez les chiffres de la Commission européenne,
08:03les enquêtes de la Commission européenne qui seront particulièrement intéressantes à suivre
08:07pour comprendre si l'industrie européenne continue à reprendre des couleurs.
08:11Merci beaucoup, Florian Elpo d'être avec nous ce matin en charge de la macroéconomie chez Lombard-Odier-Ien.
Commentaires

Recommandations