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  • il y a 2 semaines
Ce lundi 2 février, Raphaël Legendre a reçu Dany Lang, enseignant chercheur en économie à Sorbonne-Paris Nord, Christian Poyau, cofondateur et PDG de Micropole, et Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de la Tribune, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente
00:08Les Experts, Raphaël Lejean
00:11Bonjour à tous, bienvenue dans Les Experts, il est 10h passé de 1 minute, on n'y croyait plus mais le budget c'est fini.
00:21Le PLF 2026 devrait être adopté définitivement ce lundi, après le rejet probable des deux dernières motions de censure.
00:29En fin d'après-midi, un budget de tous les renoncements, titre le Figaro ce matin, un budget de faux semblants pour l'opinion.
00:38Alors impôts, retraite, dette, déficit, on va voir ce qu'en pensent nos experts du jour.
00:43On parlera aussi emploi des jeunes, que faire pour sortir nos 1,4 million de NITS, vous savez ces jeunes sans emploi, sans formation, sans diplôme.
00:54Comment faire pour les sortir de la galère ?
00:57Le MEDEF propose un assouplissement du CDI et un SMIC jeune.
01:02La CGT crie au scandale une déclaration de guerre selon la centrale syndicale qui dénonce un retour au CPE déguisé.
01:11Et pourquoi pas, si cela aide les jeunes à retrouver un emploi ?
01:15On va en discuter ensemble aussi. Et puis LMB, E-TELSAT, BioGarant, la souveraineté économique est à l'honneur ces derniers jours.
01:24Mais jusqu'où l'État peut-il et jusqu'où l'État doit-il intervenir dans la vente de nos entreprises ?
01:30Est-ce que c'est la grande braderie, comme le dénonce le Rassemblement national ?
01:35Ce sera le troisième débat des experts.
01:36Et puis on terminera sur la session annoncée ce week-end par Capgemini de sa filiale.
01:41Vous savez, sa filiale aux États-Unis qui travaillait pour l'ICE, la police anti-immigration de Donald Trump.
01:50Capgemini a-t-il eu raison de mettre en vente sa filiale ?
01:53Ce sera le dernier débat des experts.
01:55Voilà pour le programme du jour.
01:56Il est dix heures passées, de trois minutes pile.
02:00Nous sommes ensemble pour une heure de débat et de controverse.
02:03C'est les experts sur BFM Business.
02:05Allez, c'est parti.
02:09Les experts, débat et controverse sur BFM Business.
02:16Et pour parler de tous ces sujets, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Danny Lang.
02:20Bonjour Danny.
02:21Bonjour.
02:21Enseignant-chercheur en économie à Paris Nord, Sorbonne-Paris Nord.
02:26Bonjour à vos côtés.
02:27Christian Pouillot.
02:27Bonjour Christian.
02:28Bonjour Raphaël Legendre.
02:29Co-fondateur et PDG de Micropole du groupe Talent.
02:32Et face à vous, Ludovic de Sauté.
02:34Bonjour Ludovic.
02:34Bonjour Raphaël.
02:35Directeur délégué de la rédaction de La Tribune.
02:39Merci à tous les trois d'être là.
02:40On a un programme chargé aujourd'hui.
02:42C'est le dernier jour pour le budget 2026.
02:47On est le 2 février.
02:48On y arrive enfin.
02:50C'est un peu plus rapide finalement que l'année dernière.
02:52L'année dernière, on avait fini mi-février.
02:54Mais évidemment, le budget fait la une des quotidiens ce matin.
03:00Je le disais, un budget de tous les renoncements pour le Figaro.
03:04Un budget de faux-semblants pour l'opinion.
03:09Comment vous qualifieriez ce budget 2026 ?
03:14Allez, je vais prendre les trois.
03:15Les uns après les autres.
03:16Je commence par vous Danny Lang.
03:17Je veux bien tirer en premier.
03:18Alors bon, évidemment, sur ce point-là, on aura des désaccords.
03:21Pour moi, ce budget, il est beaucoup trop austéritaire et restrictif.
03:26Austéritaire.
03:27Austéritaire et restrictif.
03:28On n'a pas fait beaucoup d'efforts.
03:30Ceux-ci, écoutez.
03:32Sauf en impôts.
03:33On ne voit pas tout à fait les mêmes choses.
03:35On va en discuter en soi.
03:36Mais en tout cas, il me semble, bon, avec des nuances quand même,
03:40parce qu'ils ont quand même essayé de faire attention à tout ce qui est secteur stratégique.
03:46Il y a effectivement un effort sur le militaire, etc.
03:51Mais sur l'enseignement, la recherche, sur tout ce qui est l'éducation, sur tout ce qui est l'hôpital.
03:56C'est un budget qui me paraît beaucoup trop strict, sévère.
04:00Et après, on va encore se plaindre de ne pas atteindre les 1% de croissance,
04:05alors que ce n'est vraiment pas optimiste du tout.
04:08Bref, c'est un budget qui coupe dans des secteurs où le multiplicateur budgétaire est relativement élevé,
04:15ce qui n'est pas une bonne idée dans un contexte où la croissance est déjà très molle, voire inexistante.
04:21Budget austéritaire, nous dit Dani Lang.
04:24Christian Poyot, comment vous qualifieriez, vous, ce budget ?
04:28Alors, il y a le fond et la forme, si j'ose dire.
04:30Sur la forme, on va dire que le monde économique, je pense parler en partie, bien sûr, sur ce sujet-là,
04:36et se dit, ok, au moins, on tourne la page, voilà.
04:40Au moins, on a un budget. Il y a le mérite d'exister.
04:44Après, j'allais dire, c'est un faux budget, enfin, c'est un budget de trompe-l'œil, quoi, si j'ose dire.
04:50C'est un budget de compromis, donc...
04:52Un budget de faux semblants, titre l'opinion.
04:54Oui, voilà, de faux semblants, etc.
04:55Alors, moi, les deux points qui me semblent majeurs, c'est très structurellement le décalage du projet de la réforme des retraites.
05:04Ça, c'est emblématique, emblématique de la fuite en avant, du refus de la réalité d'un certain nombre de politiques,
05:11que je ne citerai pas, mais on voit bien, évidemment, qui...
05:13Et ça, ça va impacter les années futures.
05:16C'est dramatique, de ce point de vue-là, dramatique, voilà.
05:19Et puis, après, évidemment, je ne partagerai pas ce qui a été dit juste avant,
05:22parce que la variable d'ajustement principale, c'est les entreprises.
05:25Donc, on dit qu'on veut faire 1% de croissance, et on tape sur les entreprises.
05:28Alors, 300 entreprises, c'est vrai que le choix qui a été fait, c'est de cibler les très grandes entreprises.
05:32Les très grandes entreprises, alors, Micropole, Groupe Talon, on est une grande entreprise,
05:36mais on n'est pas une très grande entreprise, donc, quelque part, on n'est pas visé par ça,
05:38mais c'est nos clients.
05:40Oui.
05:40Ils vont avoir combien d'impôts à payer en plus ?
05:437,3 milliards de surtaxes d'IS.
05:45Donc, s'ils les payent, ça veut dire qu'ils ne vont pas investir.
05:47Voilà, donc, si...
05:48Ben oui, c'est mécanique, je suis désolé, c'est mécanique.
05:50Et je peux dire, moi, je le vis, je le vis tous les jours.
05:52On a des clients qui disent, ben oui, on va réduire nos investissements.
05:55C'est comme ça, c'est mécanique, on peut sauter sur sa chaise, mais c'est mécanique.
05:59Donc, les grandes entreprises, y compris, vous avez de leur écosystème,
06:03des autres entreprises françaises, ETI, PME, etc., ont réduit leurs investissements, d'accord ?
06:07Et puis, on diminue encore notre compétitivité par rapport à l'Allemagne.
06:11Il faudrait comparer par rapport au budget allemand.
06:13Alors, je n'ai pas tout le détail, mais le budget allemand qui est sorti, là,
06:16il cible manifestement l'investissement pour les entreprises.
06:20Il aide les entreprises à investir.
06:21Donc, vous avez, comment dire, une Allemagne qui, elle, mise sur les entreprises,
06:26pour quoi faire ?
06:27Pas pour faire des profits, pour je ne sais pas trop qui,
06:30mais pour créer de l'emploi, créer de l'investissement,
06:33créer de la dynamique, effectivement, et repartir d'avant.
06:35Et puis, en France, on tape sur les entreprises de manière générale.
06:38Alors, on dit, on cible les grosses entreprises.
06:39Alors là, on va échapper à la vindicte populaire, etc.
06:43Mais l'échelle entreprise, petit ou moyen, ils ne sont pas dupes.
06:46Si vous voulez, ils savent très bien qu'en tapant sur l'entreprise petite ou...
06:49Enfin, les grosses, ça revient au final sur nous.
06:51Donc, voilà, c'est un faux-semblant avec des bêtises,
06:55pour ne pas dire autre chose, de fond,
06:57et structurelles, et conjoncturellement,
06:59des erreurs en négligeant l'investissement des entreprises.
07:02Ludovic, on a deux constats à la fois similaires et totalement différents.
07:05C'est-à-dire que dans les deux cas, on nous explique
07:06que ce soit Dany Lang ou Christian Pollo
07:08que ce budget est mauvais pour la croissance.
07:11L'un, en disant qu'on fait trop d'économies.
07:13L'autre, en disant qu'on pénalise l'investissement des entreprises.
07:17Mais ce que caractérisent Dany et Christian,
07:20je pense qu'on va se mettre au-dessus,
07:22c'est un budget schmilblick, quoi.
07:24On n'y comprend rien.
07:25Donc, en fait, il n'y a pas d'impulsion.
07:27Il n'y a pas d'impulsion.
07:29C'est un montage, on va dire,
07:30de mesures plus ou moins instruites.
07:34Le plus grave, peut-être,
07:36c'est que cet objet-là,
07:37qui va prendre naissance aujourd'hui,
07:40de 2 février,
07:41on sait que c'est déjà un objet
07:42qui a un trou sous la coque.
07:43En fait, déjà, il manque 600 millions de billets de la Sécu
07:46avant même qu'on démarre.
07:48On prie pour que la croissance soit...
07:51Le Haut Conseil, il faut qu'on explique ça,
07:52tout le monde n'a peut-être pas suivi
07:53tous les épisodes à rebondissement,
07:55mais le Haut Conseil pour la protection sociale
07:58a indiqué, effectivement,
07:59en fin de semaine dernière,
08:00qu'il y avait notamment 2 mesures
08:02qui n'étaient pas financées dans le budget
08:05et qui devraient faire dépasser le budget de la Sécu
08:08au-delà des 20 milliards de déficit.
08:11Côté Sécu, il manque 500 millions d'euros en plus.
08:13Il y a déjà un décalage qui se compte
08:15en centaines de millions.
08:16L'autre partie du budget s'en remet énormément.
08:19Je reprends les phrases de Sébastien Lecornu
08:21en espérant que la croissance française
08:22soit un peu plus audacieuse qu'on espère.
08:25Donc, c'est terrible pour un pays,
08:27j'ai l'air à 2 février,
08:28de s'en remettre déjà à cette équation-là,
08:30c'est-à-dire, finalement, de se dire
08:31qu'on a un budget qui est déjà déficitaire
08:33à certains endroits
08:35et par ailleurs, on va espérer
08:36que les 11 mois qui viennent
08:37se déroulent un peu près bien
08:39pour qu'on ne sorte pas trop
08:41de la zone des 5 %,
08:42alors à 5 % de déficit,
08:44qui semble de plus en plus hypothétique aujourd'hui.
08:46Oui, il y a Davidia qui réagit sur les réseaux.
08:49N'hésitez pas à réagir sur mon compte
08:51arrobase legenra sur X notamment,
08:53qui dit un budget austéritaire
08:55à 5 % de déficit par rapport au PIB.
08:57Il a l'air un peu surpris pour l'interrogation.
08:59Est-ce qu'on peut dire
09:00qu'un budget à 5 % de déficit
09:01est austéritaire ?
09:03La question, ce n'est pas
09:04le pourcentage de déficit.
09:06D'ailleurs, il y a 5 %, 60 %,
09:10ce ne sont pas des chiffres.
09:12Ce ne sont pas des chiffres,
09:14à mon avis, on en fait trop,
09:16des vaudors.
09:18Ça n'a pas un sens absolu.
09:19Ce qui a un sens,
09:21et la vraie question à se poser,
09:22c'est de savoir quel est le niveau
09:25du taux d'intérêt français à 10 ans,
09:29moins l'inflation par rapport
09:32au taux de croissance.
09:33Or, quand on fait de l'austérité budgétaire,
09:35on l'a très bien vu,
09:36et s'il y a une leçon à tirer
09:37des années 2010,
09:39notamment dans les pays du Sud,
09:40c'est quand on fait de l'austérité budgétaire,
09:42on aggrave le déficit
09:44parce que, tout simplement,
09:45on tape sur les rentrées fiscales
09:47qui, derrière, vont permettre
09:48de réduire ce déficit.
09:50Donc, le truc, l'économie,
09:52ce n'est pas comme un ménage.
09:53L'économie, c'est un circuit,
09:55et quand on retire de l'argent du circuit
09:57et que ça tourne moins vite,
09:59forcément, on aura moins
10:01d'entrées fiscales derrière.
10:02Il faut arrêter avec ces 3%
10:04ou ces 60%
10:05que personne n'a jamais respecté
10:06à part l'Allemagne
10:07à certains moments.
10:08La vraie question, c'est pas...
10:09Je rappelle que la moyenne
10:09de la zone euro
10:10est inférieure aux 3% dorénavant.
10:12Oui, mais d'accord,
10:13mais la zone euro
10:15ne va pas extraordinairement bien
10:17au plan économique.
10:19Donc, il faut arrêter
10:21de confondre
10:21ce qui devrait être
10:22des objectifs intermédiaires,
10:24des objectifs finales
10:25de politique économique.
10:26Les objectifs finales,
10:27ça doit rester,
10:28notamment l'emploi,
10:29ça doit rester notamment
10:30la transition écologique,
10:33ça doit rester la transition numérique,
10:35ça doit rester des choses
10:36qui sont beaucoup plus importantes
10:38que 5% ou 3% ou 2%.
10:41Il y a différents moyens
10:43d'arriver à ça, mais...
10:44Sauf que les 3%,
10:45c'est le niveau
10:47pour stabiliser la dette,
10:48dont vous parliez tout à l'heure.
10:50Et ça, c'est extrêmement discutable.
10:53Le niveau qui permet
10:54de stabiliser la dette,
10:55c'est quand on a
10:56un taux d'intérêt réel
10:58qui est inférieur
10:59au taux de croissance.
11:01Et moi, ce qui m'inquiète
11:01beaucoup avec ce budget,
11:03même si effectivement...
11:03C'est un taux d'intérêt du supérieur âgé,
11:05malheureusement,
11:05depuis 2 ans.
11:07C'est ceci qui est
11:09véritablement inquiétant,
11:11parce que les taux d'intérêt
11:12sont quand même relativement...
11:13Historiquement,
11:14les taux d'intérêt
11:14sur la dette
11:15à 10 ans française
11:16sont relativement raisonnables,
11:18même si on avait été habitués
11:20ces dernières années
11:20à des taux plus bas.
11:22Mais le vrai problème,
11:24c'est qu'en face,
11:24le G,
11:25le taux de croissance,
11:26il est extrêmement faible.
11:27Et c'est pas en appuyant
11:28sur le frein
11:29que la voiture va rouler plus vite.
11:30C'est en dépensant toujours plus,
11:32parce qu'on a quand même
11:32le taux de dépense publique
11:33le plus élevé au monde,
11:34donc on devrait avoir
11:34la croissance la plus élevée au monde aussi.
11:36Alors ça,
11:36c'est extrêmement discutable.
11:37On va être à 118% de...
11:40On va arriver à 118,3%
11:42de dettes en fin d'année
11:43et peut-être 135%
11:46au début des années 2030.
11:48Oui, c'est une projection résolvée.
11:49François Eccal.
11:50Voilà, exactement.
11:50François Eccal
11:51qui connaît bien le sujet,
11:52on dirait...
11:52Mais ça, c'est dramatique.
11:54La politique a changé.
11:55Voilà.
11:55La politique a changé.
11:56Mais enfin, là,
11:56on ne peut pas dire
11:57que le budget de cette année
11:58justement a changé la politique.
11:59Parce que vous êtes en découvert,
12:02si j'ose dire.
12:03La France est en découvert.
12:05Et pourquoi elle est en découvert ?
12:06Non pas pour payer de l'investissement,
12:07mais pour payer des retraites.
12:09Et des penses courantes.
12:10Parce que qu'on investisse
12:11et qu'on prenne des dettes,
12:12très bien.
12:14Tout le monde le fait,
12:14les particuliers,
12:15les entreprises,
12:16parce qu'on veut acheter un appartement
12:18ou créer une nouvelle usine, etc.
12:19Donc on investit.
12:20Là, on est à découvert
12:21parce qu'on paye des retraites.
12:22Ce qui n'est pas nécessaire, évidemment.
12:25Ce qui n'est pas vraiment
12:25un gage d'avion de manière générale.
12:27Et donc le coût de la dette
12:28va augmenter de manière énorme.
12:29Donc comment faire pour réduire ça ?
12:31Il faut faire des économies
12:32et il faut développer la production,
12:35la création de richesses nationales.
12:36Donc les économies,
12:38on ne les voit pas dans le budget,
12:39c'est le moins qu'on puisse dire.
12:40Et je ne vais pas boucler,
12:41mais sur le développement
12:42de la richesse nationale,
12:43on tire sur les outils productifs
12:45que sont les entreprises.
12:46Donc on a tout faux sur ce sujet.
12:48Donc les 130 %,
12:49ils ne nous pendonnaient,
12:50si je dis.
12:51Est-ce qu'on va tenir l'objectif
12:52de 3 %,
12:53je crois que le projet,
12:55c'était en 2029,
12:56Ludovic,
12:57mais on devait être
12:57à 4,6% de déficit à l'origine.
13:00Là, on est à 5.
13:01Est-ce que l'objectif
13:02des 3 % en 2020,
13:03on peut l'enterrer ?
13:04La trajectoire est de plus en plus complexe.
13:06Ce qui est compliqué
13:07dans l'approche aujourd'hui,
13:09on va dire,
13:09du gouvernement,
13:10de Sébastien-Lacornu,
13:11c'est que la France
13:11s'en remet beaucoup à,
13:13à chaque fois,
13:14dans son raisonnement,
13:15en espérant que.
13:16Mais comme si l'économie
13:18était quelque chose de subi,
13:19en fait,
13:19à la fois la situation européenne,
13:21à la fois la situation mondiale.
13:23Après, plus grave encore,
13:24et j'espère,
13:24là au moins,
13:25je le partage avec Danny,
13:26c'est que c'est un budget,
13:28je le dis,
13:28je le redis,
13:29qui n'a pas d'impulsion.
13:30C'est-à-dire qu'il y a des mesures
13:31qui sont délétères.
13:33Après,
13:33sur des choses
13:34qui seraient des engagements
13:35forts dans ce pays
13:37et nécessaires,
13:38je pense à la jeunesse,
13:39je pense à l'innovation,
13:40je pense à la recherche,
13:41mais je pense aussi
13:41à l'éducation.
13:42C'est-à-dire que
13:43c'est tous ces domaines-là
13:45qui demanderaient des efforts
13:46aujourd'hui
13:46pour que la France
13:47reste dans la course
13:49ou reviennent dans la course
13:50dans certains domaines,
13:52on a un budget de gestionnaire
13:54qui ne fait ni économie,
13:56qui essaye d'aligner des chiffres
13:57avec des transferts
13:58de quelques milliards
13:59entre la Sécu,
14:01le budget d'État
14:02et tout ça,
14:02franchement,
14:03ce n'est pas à la hauteur
14:04d'un pays comme la France.
14:05Très, très, très sincèrement,
14:06ce n'est pas à la hauteur.
14:07Non, mais je suis...
14:08C'est un budget de compromis politique, quoi.
14:10Oui, mais le compromis,
14:10c'est très bien,
14:13il est compliqué,
14:14mais je suis assez d'accord avec vous.
14:16Et de la même manière,
14:17là, je vais sans vous surprendre,
14:18alors, je suis en désaccord complet
14:20sur la taxation supérieure
14:24pour les grandes entreprises,
14:25etc.,
14:26mais là où je suis d'accord avec vous,
14:27c'est qu'il faut donner
14:28des perspectives
14:29et que l'objectif d'un budget,
14:31ça ne doit pas être
14:31de boucler,
14:33de boucher des trous
14:35et de prendre là
14:36pour mettre là, etc.,
14:37mais donner des perspectives.
14:38Alors, justement,
14:39il n'y a pas de perspective
14:40et c'est ça qui m'inquiète beaucoup
14:41parce qu'on fait comme si
14:44la croissance s'est tombée du ciel.
14:47Alors, évidemment,
14:47la France est un petit pays
14:51par rapport aux Etats-Unis
14:52et par rapport à d'autres pays,
14:53mais elle n'a pas non plus,
14:55comment dire,
14:57elle n'a pas non plus
14:57pas de marge de manœuvre
14:59pour déterminer les grandes lignes.
15:02Il faut bien distinguer deux choses.
15:03Il faut distinguer
15:04l'orientation générale du budget,
15:05où on devrait mettre
15:06beaucoup plus sur la recherche,
15:08sur l'éducation,
15:09sur l'investissement,
15:11dont le déterminant fiscal
15:13n'a jamais été prouvé.
15:15Alors ça, je peux vous en sortir
15:16150 études,
15:17ce n'est pas le principal déterminant
15:19de l'investissement,
15:19même dans la plupart
15:20des études empiriques,
15:22la fiscalité n'apparaît pas.
15:23L'INSEE, dans sa note de conjoncture,
15:24je me permets de vous couper,
15:25mais a dit au mois de décembre,
15:26effectivement,
15:26que la surtaxe d'impôts
15:27sur les sociétés,
15:28a priori,
15:28n'avait pas pesé
15:29sur l'investissement
15:31des grands groupes.
15:31Non, mais c'est parce que
15:32toutes les études empiriques
15:33le montrent.
15:34Sous réserve que c'était
15:35du one-shot.
15:35C'est-à-dire que là,
15:36si ça devient régulier,
15:38ça risque de changer les choses.
15:39Mais ça ne deviendra pas
15:39forcément régulier.
15:40Plus de 15 milliards
15:41de surtaxes,
15:43ça doit peser quelque part.
15:43En tout cas,
15:44je suis d'accord avec vous
15:45pour dire qu'il faut
15:46tracer d'autres perspectives
15:48et cesser d'utiliser le budget
15:50pour prendre là
15:50et boucher des trous.
15:52Ce n'est pas un projet d'avenir
15:54et ce n'est pas un projet
15:55non plus qui est porteur
15:56d'un rebond de l'économie
15:58et de la croissance future
16:00et qui ne répond notamment
16:02pas au budget,
16:03enfin,
16:03à l'enjeu de la transition
16:05écologique urgente,
16:07qui est un réservoir
16:07de croissance important.
16:09Et on ne le voit pas trop
16:11dans ce budget,
16:12même si on sent bien
16:13qu'ils ont essayé
16:14de préserver cet aspect-là,
16:16à mon avis,
16:17c'est nettement insuffisant.
16:18– Allez,
16:18il faut qu'on avance.
16:19Je voudrais qu'on parle
16:20de l'emploi des jeunes
16:21avec cette proposition
16:22choc du MEDEF
16:23qui a été posée
16:24sur la table du dialogue social,
16:26tout simplement,
16:26la semaine dernière.
16:28C'était la première réunion
16:29de l'année
16:29entre les numéros 1
16:30du patronat
16:31et des syndicats.
16:33Et parmi ces propositions,
16:36eh bien,
16:36celle d'un assouplissement
16:37du contrat de travail
16:39à durée indéterminée
16:41pour les jeunes,
16:42pas n'importe lesquels,
16:43pour les NITS.
16:44Les NITS,
16:45je le rappelle,
16:46ce sont ces 1,3,
16:481,4 million de jeunes
16:50sans emploi,
16:51sans formation,
16:53sans diplôme.
16:55Donc,
16:55des jeunes
16:56qu'il faut vraiment aider
16:57et qu'il n'est pas facile
16:58d'aider non plus.
16:59Donc,
17:00les deux propositions,
17:01un CDI
17:02avec une durée
17:03préalable
17:04avant l'embauche
17:05de trois ans,
17:06un droit rechargeable,
17:07mais on pourrait
17:08les licencier
17:08les trois premières années
17:10sans problème.
17:12et puis un SMIC
17:12qui serait aussi inférieur.
17:14Christian Poyot,
17:15est-ce que c'est une bonne idée ?
17:17Qu'est-ce qu'on reproche
17:18à Patrick Martin ?
17:19D'être pragmatique,
17:20de regarder les choses en face,
17:21de proposer des solutions ?
17:22On y reproche
17:23de refaire le CPE
17:24de Dominique de Villepin
17:26de 2006
17:26et le CIP
17:28d'Édouard Baladur
17:28en 1993.
17:29Le MEDEF,
17:30vous savez,
17:30le MEDEF,
17:31c'est des entreprises déjà.
17:32Moi,
17:32j'ai été membre
17:32du conseil exécutif
17:33en plus de deux ans.
17:35C'est un sujet concret.
17:36Est-ce que le problème
17:37du chômage des jeunes
17:38est un vrai problème ?
17:39Je crois qu'ils sont
17:40à 19% de taux de chômage.
17:42Quasiment, oui.
17:42Si je ne me trompe pas.
17:4318,5%
17:45pour les moins de 25 ans.
17:46La moyenne européenne
17:47est à 14,4%.
17:49C'est dramatique
17:49pour les jeunes
17:50en premier lieu.
17:50C'est-à-dire
17:50comment font-ils ?
17:52C'est des situations
17:54personnelles
17:54vraiment dramatiques.
17:55Et puis,
17:55c'est dramatique
17:56pour le tissu économique
17:57global français.
17:58Après,
17:59on va dire des choses
18:00très basiques.
18:01Quelqu'un qui démarre
18:02sur le marché du travail
18:03et qui, en plus,
18:04là, on parle des jeunes
18:05qui, effectivement,
18:05n'ont ni formation,
18:07ni...
18:08Qui ont quitté le système,
18:09effectivement,
18:10sans aucun diplôme,
18:11sans rien.
18:11Donc, il n'y a aucun
18:13jugement de valeur
18:13sur les personnes-là.
18:14Parfois très désocialisées.
18:15Ils vont rentrer
18:15dans une entreprise,
18:17ils ne vont pas savoir
18:18faire grand-chose.
18:20Et, encore une fois,
18:20vraiment,
18:21mon propos est positif,
18:22n'est pas critique.
18:23D'abord,
18:23on a tous été débutants.
18:24Quand on débute,
18:25on ne sait pas faire
18:25grand-chose, globalement.
18:26On peut assumer
18:27que si on a une formation
18:28très pratique,
18:28on est quand même
18:29à même de faire
18:29certaines choses.
18:30Donc, il va falloir
18:30les former.
18:31Et je voudrais rappeler
18:32que dans les propositions
18:33de Patrick Martin,
18:34enfin, du MEDEF,
18:34il y a aussi le fait
18:35de dire qu'on va lier ça
18:36à de la formation.
18:38C'est la contrepartie
18:39d'un SMIC inférieur
18:40au salaire minimum français.
18:41Comme d'habitude,
18:42on prend plus un pan du truc,
18:44mais on oublie l'autre.
18:45D'accord ?
18:45Donc, ce que dit le MEDEF,
18:46c'est qu'on va avoir
18:47des gens qui vont arriver,
18:48qu'on va être contents
18:49d'embaucher.
18:50Simplement, il va falloir
18:51les former,
18:51et c'est normal.
18:52Ils vont être d'une manière
18:53ou d'une autre
18:54moins productifs.
18:55Le mot est peut-être vilain,
18:55mais c'est quand même
18:56la réalité des choses.
18:56Vous payez quelqu'un,
18:57c'est pour faire un travail.
18:59Donc, on propose tout ça
19:02pour avoir un peu plus
19:03de souplesse
19:03pour créer un flux d'entrée,
19:05pour que les gens
19:05d'entre eux disent
19:06« Ok, je vais tenter.
19:07X ou Y, là,
19:09c'est pas sûr,
19:10il n'est pas bien formé,
19:11je ne sais pas
19:11ce que ça va donner.
19:12Ok, on l'embauche.
19:13Et puis, si malheureusement,
19:15parce que le chef d'entreprise,
19:16il ne va pas s'amuser
19:17à les embaucher
19:17pour les virer après,
19:18il va avoir passé du temps,
19:19il va les avoir formés.
19:20Donc, si malheureusement,
19:21ça ne marche pas,
19:22oui, là, effectivement,
19:23on veut plus de souplesse.
19:24Donc, c'est du bon sens.
19:26C'est du bon sens,
19:27tout simplement.
19:27Alors, évidemment,
19:28on a certains syndicats,
19:30toujours les mêmes d'ailleurs,
19:31qui montent sur leurs grands chevaux,
19:32etc., etc.,
19:34en rappelant de l'histoire.
19:35Le CEP et le CIP,
19:37ça a été abandonné bêtement
19:39parce qu'effectivement...
19:40Alors, le CEP,
19:40je crois que c'était
19:41pour tous les jeunes.
19:42Le CPE, contrat,
19:43première embauche.
19:45Et le CIP,
19:45c'était le contrat
19:46d'insertion professionnelle
19:48par Édouard Banay en 1993.
19:49Moi, j'étais...
19:50CPE 2006, Dominique Devine.
19:51J'étais juste à présent
19:52de Croissance Plus
19:52à cette époque-là.
19:53Effectivement,
19:54ça concernait tous les jeunes
19:54qu'ils soient diplômés ou non.
19:55Bon, là, ce n'est pas le cas.
19:57Donc, encore une fois...
19:58Mais c'est vraiment concentré
19:58sur les jeunes
19:59qui n'ont aucune formation
20:00de diplôme.
20:00C'est un sujet grave
20:00sur lequel il faut trouver
20:01des pistes pragmatiques
20:05qui puissent fonctionner.
20:07Donc, Patrick Martin
20:08met ça avec raison,
20:09faisons avancer le débat,
20:10mais trouvons une solution.
20:11Alors, arrêtons de faire
20:11de l'incantatoire.
20:12Voilà.
20:13Danny Lang.
20:13Alors, sur le constat,
20:15je suis d'accord avec vous.
20:17On a beaucoup trop...
20:19On a un chômage des jeunes
20:20beaucoup trop élevé.
20:22On peut rappeler les chiffres.
20:23Le taux d'emploi des jeunes
20:24en France est de 35%
20:25quand il est de 51% en Allemagne
20:27et de 75% aux Pays-Bas.
20:30Il y a le chômage
20:31des moins de 25 ans.
20:33On en parlait avec vous,
20:34Christian Poyot.
20:34C'est 18,5% en France
20:36quand la moyenne européenne
20:37est à 14,4%
20:38et l'Allemagne à 6,3%.
20:42Oui.
20:43Et quelle est la différence
20:44majeure avec l'Allemagne ?
20:45Ce n'est pas tellement
20:46la souplesse de l'embauche
20:47des jeunes.
20:48La différence majeure
20:48avec l'Allemagne,
20:49c'est que l'Allemagne,
20:50et c'est structurel,
20:51ça fait 40 ans
20:52qu'on en parle,
20:53l'Allemagne facilite,
20:55a tout mis en place
20:56pour faciliter
20:57la formation des jeunes
20:58et très franchement,
21:01je suis d'accord avec vous
21:02sur le constat,
21:02je ne suis pas du tout
21:03d'accord avec les solutions,
21:05on ne sait pas
21:05en les payant moins
21:07et notamment en dessous
21:08du SMIC
21:09qu'on va s'assurer
21:11que ces jeunes
21:12deviennent plus productifs,
21:13mieux formés,
21:14etc.
21:14notamment parce qu'il est
21:15difficile de vivre
21:16avec un SMIC
21:17et quand vous avez
21:18des préoccupations
21:18de la vie quotidienne
21:19en permanence
21:20qui viennent vous rattraper
21:21parce que vous n'arrivez
21:22pas à joindre les deux bouts,
21:23c'est extrêmement difficile
21:25d'être productif.
21:26Donc je suis complètement
21:27en désaccord avec l'idée
21:28qu'il faudrait moins les payer
21:29quant à la durée.
21:31Est-ce qu'on a vraiment
21:32besoin de trois ans
21:33pour savoir
21:33si quelqu'un fait l'affaire ?
21:35Très franchement,
21:36ok, on prend quelqu'un
21:37qui n'a pas d'emploi,
21:39il n'a pas de profession...
21:39On prend quelqu'un
21:39qui n'a aucune formation,
21:41aucun diplôme,
21:41mais conforme.
21:42Ok, mais déjà,
21:44attention aux effets de substitution
21:46avec les gens
21:47qui, eux, auront suivi
21:48des formations,
21:49des qualifications, etc.
21:51Ils existent
21:51et si ces jeunes
21:52coûtent moins cher,
21:53les entreprises
21:53vont choisir ces jeunes
21:54plutôt que des gens
21:56qui ont joué le jeu
21:57de la formation,
21:57de la qualification
21:58et qui y seront arrivés.
22:00Ce n'est pas qu'une question
22:01de volonté,
22:02mais attention
22:03aux effets de substitution.
22:05Je ne suis pas convaincu
22:07que c'est en payant
22:07les gens moins cher
22:08qu'on les rend plus productifs.
22:09D'ailleurs,
22:10les études empiriques
22:10montreraient plutôt
22:11que la productivité augmente
22:15lorsqu'on monte
22:16dans l'échelle des salaires.
22:19Et puis,
22:19il y a effectivement
22:20un vrai sujet
22:21de savoir
22:21au bout de combien de temps
22:23on peut licencier quelqu'un
22:24quand on prend un pari
22:25comme ça.
22:26C'est un risque
22:26que je reconnais volontiers.
22:28Mais est-ce qu'on a besoin
22:29de trois ans
22:29pour savoir
22:31si la personne
22:32fait l'affaire
22:32ou si elle s'est suffisamment formée ?
22:34Je ne le crois pas.
22:36Très franchement,
22:37je ne le crois pas.
22:37Les entrepreneurs
22:39savent très bien
22:40si quelqu'un
22:41fait l'affaire ou non.
22:42Ils s'en rendent compte
22:43au bout de quelques semaines
22:44voire quelques mois.
22:45Donc,
22:46il n'y a pas besoin
22:46d'aller jusqu'à trois ans.
22:49C'est une nouvelle manière.
22:49C'est l'idée d'un cadre assoupli
22:51pour des jeunes
22:52qui ont une employabilité,
22:55comme on dit aujourd'hui,
22:57beaucoup plus faible.
22:58Est-ce que ça peut aider ?
22:58Une fois de plus,
22:59je ne rejette pas
23:00l'ensemble de la chose.
23:02Je dis juste que trois ans,
23:03ça me paraît être
23:04un délai plus que d'irraisonnable.
23:06C'est un début de discussion,
23:07peut-être.
23:07Ludovic de Sauté.
23:09Ça a été fait ailleurs.
23:10C'est fait ailleurs.
23:12Je pense que je vais avoir
23:13une lecture un peu plus...
23:13L'Italie,
23:14la Grande-Bretagne,
23:14l'Allemagne.
23:15Je vais avoir une lecture
23:16tout à fait.
23:17Depuis,
23:17il y a des crans en Italie
23:19qui ont été mis en place
23:20selon l'âge
23:22et l'ancienneté
23:23qu'on a dans l'entreprise.
23:24Je vais avoir une lecture
23:25un peu plus politique.
23:26D'abord, finalement,
23:27et je trouve qu'en ça,
23:29le merci au MEDEF,
23:30officiellement,
23:31ça y est, c'est fait.
23:32C'est le MEDEF
23:32qui a donné le coup d'envoi
23:34de la présidentielle 2027.
23:35En fait,
23:36ils se sont complètement ratés
23:38sur Zuckman,
23:38ils se sont complètement ratés
23:39cet été.
23:40Ça a été une catastrophe.
23:41La REF était dépressive,
23:43en train de pleurer
23:44face à Bayrou et tout ça.
23:45Là, pour le coup...
23:46C'était une REF
23:47en colère,
23:48donc pas trop en colère.
23:49Non, non, non,
23:49mais là, pour le coup,
23:51au moment le budget arrive,
23:54c'est clairement,
23:55le MEDEF donne un coup d'envoi,
23:57on le voit d'ailleurs
23:58avec des prises de position
23:59de différents aussi patrons.
24:01Et ça, c'est intéressant
24:02et je le note
24:03et ça veut dire aussi
24:04qu'il y a un esprit
24:05qui est en train de se construire.
24:06Je trouve ça très bien.
24:07Avec une demande des Français.
24:08Il y avait un sondage hier
24:10dans la tribune dimanche
24:12qui citait...
24:12Plus de 50% des Français.
24:14Oui, à 77% des Français
24:16qui attendent de voir
24:17les chefs d'entreprise
24:18entrer en politique.
24:19Donc là, enfin,
24:20je dis enfin,
24:21le MEDEF sort
24:22et prend le débat.
24:23Après, ce qui est intéressant,
24:24toujours dans cette séquence politique,
24:26c'est que, rappelez-vous,
24:27il n'y a encore pas très très longtemps,
24:28il y a quelques semaines,
24:29on a abandonné
24:30la réforme des retraites
24:31et là, tout d'un coup,
24:32il y a un mouvement du MEDEF
24:33où on va dire
24:33le nouveau problème,
24:34c'est les jeunes.
24:35Donc, on est parti
24:36à l'autre bout du spectre.
24:37Tant mieux,
24:38tant mieux,
24:38parce que les jeunes
24:39n'en ont pas assez parlé.
24:40Après, les mesures...
24:41Un combat de fonds
24:41de Patrick Martin,
24:42président du MEDEF,
24:43il en a parlé à l'AREF,
24:44il en a parlé à l'Ordre de CVE.
24:45Je suis d'accord
24:46avec certains éléments de Dany,
24:47c'est-à-dire que ce que le MEDEF
24:48fait ressortir,
24:49c'est le manque de fluidité
24:50du marché du travail
24:51qu'on voit régulièrement,
24:53ne serait-ce qu'avec la création
24:53d'entreprises,
24:54les micro-entreprises
24:55qui se développent
24:56à tout va,
24:57parce qu'il y a clairement
24:58un problème de fluidité statutaire
25:00sur le marché du travail
25:01aujourd'hui.
25:02En revanche,
25:03ce qui va être compliqué
25:03dans les propositions du MEDEF,
25:05c'est les lignes de démarcation,
25:06c'est-à-dire à partir de quand
25:07un jeune mérite un SMIC jeune
25:09ou ne mérite pas un SMIC jeune.
25:10Alors là,
25:11politiquement,
25:13c'est quelque chose
25:13de très très toxique,
25:14faire que tout d'un coup,
25:15toi t'es à 80% du SMIC
25:17et toi t'es à 100% du SMIC.
25:19Là,
25:19ces lignes à construire,
25:21politiquement,
25:22elles vont être très très complexes.
25:23Est-ce que ça ne peut pas être
25:24le diplôme et la formation,
25:25tout simplement ?
25:26À voir,
25:26il y a des pistes possibles,
25:27mais quel diplôme,
25:28quelle formation,
25:29et puis je reboucle aussi
25:30avec un élément,
25:31parce que ça fait partie
25:32du débat budgétaire
25:34qu'on abordait juste auparavant,
25:36c'est que quand même,
25:37il y avait un outil
25:38qui a un peu dérivé,
25:40qui a été mal piloté,
25:41n'oublions pas l'apprentissage aussi.
25:43C'est-à-dire qui est là,
25:43qui est proposé,
25:45qui a été revisité
25:47au travers du budget,
25:49et au sein de l'apprentissage,
25:51il y a une dynamique
25:51à construire,
25:52un meilleur pilotage,
25:53parce qu'on sait
25:53qu'il y a eu des abus
25:54dans tous les sens
25:55autour de l'apprentissage,
25:56pas qu'en entreprise,
25:57dans le système aussi
25:58de formation,
25:59avec des formations bidons,
26:01des boîtes privées
26:01qui se sont montées
26:02et qui sont complètement bidons.
26:04Et peut-être que là,
26:04il y a un effort collectif
26:06entre l'État,
26:07les entreprises,
26:07à mettre en place
26:08pour avoir une vraie relance
26:09de la formation professionnelle.
26:11Pas forcément diplômante,
26:13mais en tout cas,
26:13il y a un enjeu profond,
26:14il y a des métiers en tension
26:15dans ce pays.
26:15Question Pollo.
26:16Oui, alors déjà,
26:17le MEDEF n'a pas abandonné
26:19le sujet des retraites,
26:21si j'ose dire,
26:21simplement,
26:22bon bah ok.
26:22Non, mais c'est curieux
26:23d'être sur les jeunesses.
26:23On prend acte de ça.
26:25Deuxièmement,
26:25le sujet de la jeunesse,
26:26effectivement,
26:26le MEDEF et Patrick Martin,
26:32après, moi je suis très heureux
26:33d'entendre les débats.
26:34On ouvre le débat.
26:36Dany Lang,
26:36effectivement,
26:37trois ans c'est long.
26:38Je suis un peu d'accord avec vous.
26:39Effectivement,
26:39trois ans c'est long.
26:40Moi, en tant que chef d'entreprise,
26:41au bout de trois ans,
26:42si on ne sait pas si quelqu'un...
26:43Oui, c'est ça.
26:43Vous faites un jugement.
26:45Mais franchement,
26:46chef d'entreprise...
26:47Mais ce n'est pas non plus
26:48trois semaines.
26:48Et puis, ça dépend des métiers.
26:50Moi, je ne les connais pas tous,
26:52mais dans nos métiers,
26:53il faut quand même
26:54peut-être un an,
26:55si j'ose dire.
26:55Mais je ne sais pas.
26:56Ouvrons le débat.
26:58Le sujet, encore une fois,
26:59ce que fait Patrick Martin
26:59et MEDEF là-dessus,
27:00c'est dire,
27:01et je rejoins le point,
27:02le gros défaut
27:03des chefs d'entreprise,
27:04c'est d'être pragmatique.
27:05On est sur le terrain,
27:06tous les jours,
27:07c'est nous qui recevons
27:07les bons de commande,
27:08qui allons chez le client,
27:09qui payons les gens,
27:10etc.
27:11Donc, on cherche des solutions
27:12pratiques, concrètes,
27:13qui marchent,
27:13c'est je veux dire.
27:14Le sujet des diplômes,
27:15bien sûr, c'est compliqué
27:16de dire à quel niveau.
27:18Toi, tu as ça,
27:19tu as droit.
27:19Toi, tu n'as pas ça,
27:20tu as droit.
27:20Ok, ouvrons le sujet,
27:22regardons,
27:22faisons bouger les lignes.
27:25Autant le sujet de la retraite,
27:26il reste un vrai sujet,
27:27d'accord ?
27:28Autant le sujet du chômage
27:29des jeunes est dramatique
27:30et ils vont nous remplacer.
27:32Enfin, c'est l'avenir.
27:33C'est bidon,
27:35c'est banal de dire ça
27:36d'une manière générale,
27:36mais donc prenons ce sujet,
27:37voyons voir,
27:38regardons comment on peut
27:39les insérer dans le menu de travail,
27:40ce qui sera positif pour eux
27:41en premier lieu
27:42et pour l'ensemble
27:43de la société française.
27:44Donc voilà,
27:45le débat s'ouvre.
27:46Très bien,
27:46l'objectif de Patrick Martin
27:47est atteint.
27:48Et la CFDT ni l'AFO
27:50ont réagi.
27:51Suite à ça,
27:52la CGT est la seule
27:53à être sortie ce week-end,
27:55effectivement,
27:55mais les autres organisations
27:57syndicales ne sont pas contre.
27:59En tout cas,
27:59le débat pour l'instant.
28:01Allez,
28:01on se quitte
28:02pour une très courte page
28:04de publicité
28:05et on parle souveraineté économique
28:07juste après.
28:08A tout de suite.
28:15BFM Business et la Tribune
28:17présente
28:17les experts
28:19Raphaël Lejean.
28:22Allez,
28:22on est de retour
28:23pour la seconde partie
28:24de l'émission.
28:24On a des débats
28:25qui continuent
28:26pendant la pub,
28:26des débats féconds
28:27entre Christian Pollo
28:29et Dani Lang.
28:29Je suis sûr
28:30qu'on va pouvoir
28:31trouver un terrain d'entente
28:32sur l'impact
28:33de la fiscalité
28:34sur l'investissement.
28:36On est toujours
28:37avec Dani Lang,
28:38Christian Pollo
28:38et Ludovic de Sauté.
28:39On va parler
28:39souveraineté économique.
28:42Maintenant,
28:43on a eu
28:43beaucoup,
28:43beaucoup de dossiers
28:45dernièrement
28:46à traiter du côté
28:47de Bercy,
28:48LMB,
28:48Biogarant,
28:49Eutelsat,
28:50un débat
28:51qui devient même
28:52très politique.
28:54Jean-Luc Mélenchon
28:54et Chardane Bardella
28:56ont accusé
28:57Roland Lescure
28:59et puis le gouvernement
28:59de manière générale
29:00de brader
29:01les pépites
29:03de l'industrie française
29:06et notamment
29:06de l'industrie française
29:07de la défense.
29:09Est-ce que c'est le cas
29:12Ludovic de Sauté ?
29:14J'ai envie de commencer
29:15avec vous.
29:17Les dossiers
29:17que vous avez cités
29:18sont tous différents
29:19et d'ailleurs
29:21n'appellent pas
29:22la même réponse
29:23à la fois de l'État.
29:24Donc du coup,
29:26il y a du dégradé.
29:28Moi,
29:28ce qui m'inquiète
29:28dans les propos
29:29de Mélenchon,
29:31Bardella
29:32et autres,
29:33on va dire,
29:33finalement,
29:33curieusement,
29:34les souverainistes
29:35de la souveraineté,
29:35on va dire,
29:36pour résumer,
29:37c'est que plutôt
29:38de la grande braderie,
29:39eux,
29:39ils proposent
29:39de la grande anesthésie,
29:40finalement,
29:41une sorte de monde économique
29:43sur lequel la France
29:44pourrait construire
29:44une ligne Maginot
29:45pour protéger
29:46indéfiniment
29:47toute industrie
29:48et tout ça.
29:50Il y a des mesures,
29:51E-Telsat,
29:51par exemple,
29:52sur lesquelles
29:52il y a vraiment
29:53un feu rouge
29:53qui a été mis en place.
29:54Alors, E-Telsat,
29:55voilà.
29:57E-Telsat,
29:57c'est intéressant
29:58parce qu'en gros,
29:58pour faire vite,
29:59on va dire,
29:59c'est les antennes satellites
30:00qui permettent
30:01toutes les télécommunications
30:02civiles et militaires
30:03et vu de France,
30:05l'enjeu,
30:05évidemment,
30:06c'est Elon Musk
30:08et Starlink.
30:09Il y a eu l'avant-après
30:10de l'Ukraine
30:10où tout à coup,
30:12on a vu que la dépendance
30:13à Starlink
30:14et à la galaxie
30:14Elon Musk
30:15pouvait donner le vertige.
30:17OK,
30:17après,
30:18c'est un autre dossier
30:19quand on parle de LMB,
30:20là,
30:21on parle de petits ventilateurs
30:22importants,
30:23certes,
30:24pour les sous-marins,
30:25pour le Rafale
30:26et tout ça,
30:26mais qui sont intégrés
30:28eux-mêmes
30:28dans des complexes mécaniques
30:30beaucoup plus lointains
30:30et tout ça.
30:31Je ne suis pas un spécialiste,
30:33mais le dossier
30:34a été étudié et tout ça.
30:35Ce qui est plus grave,
30:35c'est qu'une partie
30:37aujourd'hui
30:37de la classe politique,
30:39on va dire,
30:39les deux extrêmes,
30:40se place en se disant
30:41finalement,
30:42défendre l'industrie française,
30:44c'est la verrouiller.
30:45Ni plus ni moins,
30:46c'est-à-dire construire
30:47un château fort
30:49à l'époque
30:49où on voit
30:51qu'une partie
30:52de la réussite
30:53ou de la fête
30:53que la France tienne,
30:55ça se joue aussi
30:56sur la balance commerciale
30:57à un Airbus,
30:58donc demandons à Airbus
30:59de verrouiller
30:59aussi toute sa production,
31:01de faire que
31:01les ailes ne soient pas faites
31:02en Espagne,
31:03les fuselages,
31:03je ne sais pas où,
31:04donc on est là
31:06sur un logiciel
31:07qui est complètement dépassé
31:08par le monde entier
31:08et surtout,
31:09on ne se pose pas
31:10la bonne question,
31:10c'est-à-dire que
31:11plutôt que de se dire
31:12empêchons de vendre,
31:14comment la France
31:14aujourd'hui
31:15n'est pas plus agressive,
31:17comment on n'arrive pas
31:17à mobiliser plus de financement
31:19pour créer des géants
31:20et pourquoi on a du mal
31:21à produire dans ce pays aussi.
31:22Parce que c'est un sujet aussi,
31:24Christian Poyot,
31:24LMB,
31:25il n'y avait juste
31:25aucun industriel
31:27français ou européen
31:28pour le reprendre.
31:29Excusez-moi de dire
31:31assez crûment,
31:32messieurs Mélenchon
31:33et Bardella
31:33disent n'importe quoi,
31:34de toute façon,
31:34c'est un sujet
31:35auquel ils ne connaissent rien,
31:36ils n'ont jamais mis
31:37les pieds dans une entreprise,
31:38enfin vraiment,
31:39c'est de la politique
31:40de bas niveau,
31:41etc.
31:42C'est triste
31:43et c'est des gens
31:44qui veulent prétendre
31:46au plus de fonction de l'État,
31:47ça montre un peu
31:48la qualité de leur connaissance.
31:49Sur le dossier des ventilateurs,
31:52je crois que c'est une société
31:52de 85 personnes,
31:53ce qui est évidemment respectable,
31:54bien évidemment,
31:55qui d'ailleurs appartenait
31:57à une société américaine
31:58il y a 6 ans.
31:59C'était Honeywell.
32:00A l'origine,
32:00le B de LMB,
32:02Jean-Marc Vittori
32:02nous expliquait ça vendredi,
32:04c'est même Belge.
32:06C'est une société
32:06qui est née en Belgique,
32:07qui est partie aux États-Unis
32:09effectivement.
32:09Donc là,
32:10elle était sous contrôle américain,
32:11elle est revenue française,
32:12elle va repasser américain,
32:13enfin voilà,
32:14on est,
32:14et je ne prétends pas
32:15connaître le dossier,
32:16moi je fais confiance
32:17à nos fonctionnaires,
32:20aux gens de l'État.
32:21La Direction Générale
32:22de l'Armement et Bercy
32:23ont pu donner leur lanceur.
32:23Vu de l'extérieur,
32:24on n'a pas le sentiment
32:25du sujet stratégico-stratégique
32:27qui va,
32:29bon,
32:29le deuxième point
32:30que vous évoquez effectivement Raphaël,
32:31c'est le sujet du financement.
32:33Pourquoi ça se passe tout ça ?
32:34Parce qu'effectivement
32:35le private equity en France
32:36est très faible,
32:37on n'a pas de fonds de pension,
32:39mais ça fait 25 ans
32:41qu'on répète là-dessus.
32:43Voilà,
32:43cette entreprise cherche des financements,
32:46elle ne les trouve pas,
32:47elle va les chercher ailleurs,
32:48c'est le jeu des marchés
32:50d'une manière générale.
32:51Donc ça,
32:51c'est le deuxième point.
32:52Troisième point,
32:53effectivement,
32:53il y a une tribune aussi aujourd'hui
32:54dans les échos
32:55qui est signée par ses journées
32:57sur le sujet
32:57achetons européen.
33:00Oui.
33:00C'est là-dessus aussi
33:01qu'il faut se battre.
33:02Préférences européennes.
33:02Voilà.
33:03Là aussi,
33:04c'est un sujet,
33:05on a l'impression
33:05de rabâcher les trucs,
33:06je le rappelais tout à l'heure
33:07que j'avais été présent
33:08de Croissance Plus,
33:08on s'était battu
33:09sur le small business act,
33:10ça fait donc 20 ans à peu près,
33:12qui gromme l'allemand,
33:17conférence européenne.
33:17Oui.
33:18Mais il faut faire ça.
33:21Et ça bouge,
33:21ça a été au sujet
33:22d'un conseil européen
33:23au mois de décembre.
33:24Encore une fois,
33:24ça fait des années
33:25qu'on en parle,
33:25mais il semble qu'il y a
33:27une prise de conscience.
33:28Donc c'est là-dessus
33:28qu'il faut se battre
33:29d'une manière générale.
33:30Après,
33:31les décisions
33:32sur telle ou telle entreprise,
33:33globalement,
33:34la politique industrielle française
33:35est quand même sérieuse
33:36et on sait bloquer les choses
33:37quand c'est nécessaire.
33:38Mais encore une fois,
33:39concentrons-nous
33:39sur les vrais sujets,
33:40achetons repères.
33:41On a une doctrine
33:42qui a été instaurée en France
33:43depuis 30 ans maintenant
33:45sur le contrôle
33:46des investissements étrangers
33:48qui n'a jamais cessé
33:49d'être renforcée.
33:50D'ailleurs, Daniel.
33:51Alors,
33:52des points d'accord,
33:54des points de désaccord.
33:55Point d'accord,
33:55j'ai regardé,
33:57fouillé un peu les dossiers
33:58dans les perspectives
33:59de cette émission
34:00et je trouve en effet,
34:01je dois le reconnaître,
34:02même si je ne suis pas favorable
34:04au gouvernement actuel
34:05qu'il a fait le job.
34:06C'est-à-dire qu'il a correctement
34:09distingué des actifs
34:11qui sont absolument stratégiques,
34:13des actifs
34:14qu'il était moins
34:14et dans les actifs
34:15qu'il était moins,
34:16il a mis en place
34:18des procédures
34:19qui font qu'il conserve
34:20une minorité de blocage.
34:22Ceci dit,
34:23de manière plus générale,
34:24il y a un vrai enjeu
34:25de souveraineté
34:26parce qu'il ne faut pas oublier
34:28que les États-Unis
34:29sont libéraux
34:29pour dire aux autres
34:31que vous êtes libéraux,
34:32vous devez libéraliser,
34:34mais quand il s'agit
34:35de leur industrie
34:36ou de leurs intérêts stratégiques,
34:39ils ne l'ont jamais été,
34:41mais jamais au grand jamais.
34:44C'est la nation
34:45et le bastion du protectionnisme.
34:47C'est même là-dessus
34:47que se sont construits
34:49les États-Unis,
34:50c'était la doctrine
34:51d'Abraham Lincoln,
34:52le protectionnisme
34:53pour développer
34:54l'industrie américaine
34:55contre l'ancienne colonie anglaise.
34:59Donc, ne soyons pas naïfs non plus,
35:02il faut effectivement
35:03protéger les industries françaises
35:05et développer un protectionnisme européen.
35:09Le grand problème aujourd'hui
35:10du Small Business Act et autres,
35:12c'est que l'Union européenne
35:15s'est construite autour
35:17de la politique de la concurrence,
35:19que ça reste la reine des politiques
35:21et que cette politique
35:22de la concurrence
35:23s'oppose frontalement
35:25à l'idée même
35:26de politique industrielle
35:28qui suppose des priorités stratégiques
35:30et des financements d'État stratégiques.
35:33Donc, une fois de plus
35:34sur ce dossier-là...
35:34Ce n'est pas en train de changer ça
35:35quand même l'état d'esprit à Bruxelles ?
35:37Quand on creuse un peu,
35:39je dois bien reconnaître
35:40qu'il n'y a pas de scandale.
35:42Enfin, d'après ce que j'ai vu,
35:43moi non plus,
35:44je ne suis pas un spécialiste
35:45de la question,
35:46mais en tout cas,
35:46l'État a vraiment fait preuve
35:48d'une grande finesse
35:49en fonction de l'intérêt stratégique
35:51des entreprises.
35:52Ceci étant dit,
35:54moi, je suis plutôt du côté
35:56de ceux qui effectivement vont dire
35:57qu'il faut protéger nos industries,
35:59il faut aller plus loin,
36:00il faut créer des outils
36:02numériques européens
36:03qui viendraient remplacer
36:05Mastercard et Visa
36:06parce qu'on est dépendant
36:07des Américains là-dessus
36:08et que dans le contexte
36:10géopolitique international,
36:11ça suffit.
36:13Et de la même manière,
36:14disposer d'outils numériques
36:16ou développer des outils numériques
36:18qui sont des alternatives
36:19aux produits Microsoft et autres
36:21parce que ça devient problématique.
36:23À un moment,
36:24l'Europe doit pouvoir affirmer
36:25sa souveraineté.
36:27Donc, je suis assez d'accord
36:28avec ceux qui disent
36:28attention à notre souveraineté.
36:30Christian Poyot,
36:30on pourra revenir sur le numérique,
36:31mais Ludovic,
36:32le mindset est en train de changer
36:33à l'état d'esprit,
36:34il est en train de changer
36:35à Bruxelles.
36:36Il y a une sorte de réveil
36:37sous les coups de butoir
36:38de Donald Trump.
36:38Il y a un double changement.
36:41D'ailleurs,
36:41je vais revenir juste
36:42sur les chiffres de la France,
36:43mais si on va à l'échelle européenne,
36:45ils sont comparables.
36:46C'est qu'en l'espace
36:47de 5-6 ans,
36:48le nombre de dossiers
36:49sur les contrôles
36:50d'investissement étrangers
36:51en France
36:51a presque doublé.
36:53Il y a deux choses
36:54qui ont alimenté ça.
36:55D'abord,
36:55parce que c'est une réalité,
36:56c'est que la France
36:57est plutôt une proie
36:58dans ce jeu-là,
36:59mondialement.
37:01Et ça,
37:01c'est notre propre faiblesse,
37:02c'est l'investissement.
37:03Ça prouve qu'on a de la valeur aussi.
37:04Oui, ça prouve qu'on a de la valeur,
37:05mais ce que disait Christian
37:06est très juste.
37:06C'est-à-dire,
37:07c'est notre faiblesse aussi
37:07à faire naître,
37:08à faire éclore,
37:09à faire qu'il y ait des licornes
37:10et ainsi de suite,
37:11ainsi de suite,
37:11peu importe le domaine.
37:12Finalement,
37:13c'est la faiblesse de l'investissement.
37:14C'est-à-dire qu'il y a quand même
37:15un plafond qui existe
37:2515 ans en disant
37:26on a revendu ça aux Américains,
37:28youhou et machin.
37:29Là, aujourd'hui, honnêtement,
37:31on voit bien qu'il y a des enjeux,
37:32on se pose des questions,
37:33on a une autre perception.
37:34On parle d'un domaine,
37:36on va dire,
37:36essentiellement à la défense,
37:38mais il y a des dossiers
37:39dans le médicament,
37:40il y a des dossiers
37:40dans l'agroalimentaire,
37:41parce que la souveraineté...
37:42Le soliprane fait des levées
37:43de boucliers.
37:44Heureusement.
37:45La souveraineté est partout.
37:47Elle est partout.
37:48Et la réponse, honnêtement,
37:50aujourd'hui,
37:51je vais reprendre l'exemple d'Airbus,
37:52s'il est connu et tout ça.
37:53Mais il y a une partie
37:54de la réponse aussi,
37:55c'est faire naître
37:56des géants européens
37:58en capacité d'eux.
38:00L'exemple du cloud
38:01est colossal aujourd'hui.
38:03La dépendance de l'Europe
38:05par rapport au cloud américain
38:06est quasiment totale,
38:07même s'il y a des mesures
38:08de sécurité et tout ça.
38:09Mais même quand il y a
38:10des mesures de sécurité,
38:11j'allais dire,
38:11le matériel reste encore américain.
38:13Donc, aujourd'hui...
38:1480% des investissements
38:16européens dans le numérique
38:17partent aux Etats-Unis.
38:17Aujourd'hui, il y aura un switch
38:19de la part des systèmes américains,
38:21des Amazon, des Google et tout ça,
38:22mais il y a le CAC 40
38:23qui s'effondre dans la minute.
38:24C'est la nuit numérique en Europe.
38:25On voit ça très clairement.
38:27Christian Poyot.
38:27Oui, c'est un vaste
38:29et très complexe sujet,
38:30si j'ose dire.
38:32Sur ce sujet numérique,
38:34je rappelle ce que je dis
38:34assez souvent,
38:35c'est une chaîne, d'accord ?
38:37Donc, de toute façon,
38:38personne n'est complètement indépendant.
38:39Moi, j'ai appris il y a peu de temps
38:41qu'en fait,
38:41sur les composants,
38:42les chips,
38:43il faut un isolant
38:44extrêmement fort
38:45et en fait,
38:45il est fait par une société japonaise
38:47qui tire ça
38:47de produits,
38:50comment dire,
38:50de cochons,
38:51des trucs comme ça,
38:51et qui a 90% du marché
38:52pour faire les isolants
38:53des plus grandes machines.
38:55C'est la démonstration
38:57de Milton Friedman
38:57avec le stylo.
38:59Exactement.
39:00Avec la fameuse vidéo là-dessus.
39:01On est tous...
39:02Donc, AtreML
39:02qui a 90%.
39:03C'est toute une chaîne.
39:05Donc, de dire que
39:06sur le numérique,
39:07sujet que je pense
39:08connaître assez bien,
39:09on va être,
39:10comment dire,
39:10autonome,
39:11n'a pas de sens par nature,
39:12bien évidemment.
39:14Après, ce qu'il faut...
39:15Après, il y a des degrés
39:15de dépendance et...
39:17Et choisir ses combats.
39:17Voilà, il faut dire là,
39:19OK, là, on peut,
39:21là, on ne peut pas,
39:21etc.
39:22Et on ne va pas faire
39:23les missions là-dessus,
39:24mais mon sujet principal,
39:24c'est la data.
39:26Tout ça fonctionne.
39:27Si vous voulez,
39:27il y a les moteurs,
39:28mais l'essence,
39:29c'est les données,
39:30c'est les informations
39:31des entreprises,
39:32des citoyens,
39:33etc.
39:34Et là, là-dessus,
39:34la France,
39:35notamment,
39:36mais même l'Europe,
39:37est en avance
39:37par rapport aux St-Denis.
39:38Donc, battons-nous
39:39dans le sens positif du terme,
39:40bien évidemment,
39:41sur ce sujet
39:41pour garder la souveraineté
39:42de nos données
39:43et exploitons-les
39:45de la meilleure manière possible
39:46pour en tirer des bénéfices.
39:48Donc, davantage,
39:48davantage les données
39:49que le cloud,
39:51que...
39:51Voilà,
39:51non, mais le cloud,
39:52alors, le cloud,
39:53enfin,
39:53il faut être conscient,
39:54quand même,
39:55qu'il y a une partie
39:56des infrastructures.
39:57Les infrastructures
39:58militaires françaises
39:58ne sont pas sur AWS
39:59ou sur autre chose,
40:01voilà.
40:01Des grandes sociétés
40:02pétrolières françaises,
40:03on imagine lesquelles,
40:04on travaille pour eux,
40:06sur certains sujets,
40:07il n'y a pas non plus
40:07de cloud,
40:08c'est on-premise
40:08parce qu'il faut garder
40:09l'information.
40:10Donc, les entreprises,
40:10vous savez,
40:11elles ne sont pas folles non plus
40:12parce qu'il y a le combat
40:15entre États.
40:15Alors, les Américains
40:16ont toujours été protectionnistes,
40:17mais les Anglais
40:17ont toujours été protectionnistes,
40:19les Allemands
40:19ont toujours été protectionnistes.
40:20On dit souvent
40:20que les Français
40:21ont toujours été protectionnistes.
40:22Enfin, on pourrait faire
40:22la liste, globalement,
40:23sur le sujet.
40:24Il y a des degrés, là,
40:25au corps.
40:26Donc, les États
40:27font attention à ça,
40:27mais les entreprises aussi
40:28parce qu'il y a une concurrence
40:30internationale
40:30qui est très forte.
40:31Si vous voulez,
40:32AWS, c'est Amazon,
40:33Amazon, c'est le commerce.
40:34Vous doutez bien
40:34que les sociétés
40:35qui sont dans la grande distribution
40:36ne vont pas travailler
40:37avec AWS
40:38parce que c'est
40:38un concurrent potentiel.
40:39Tout ça, c'est un écosystème.
40:41Voilà, donc,
40:42c'est un vrai sujet.
40:43Mais détenu par trois acteurs.
40:44Enfin, le problème,
40:45c'est quand même,
40:45c'est Google,
40:46Microsoft et Amazon.
40:47On est bien d'accord.
40:48Donc, c'est un vrai sujet,
40:49très complexe.
40:51On ne sera jamais indépendant sur tout.
40:52Ça n'a pas de sens.
40:53Ça n'existe pas.
40:53Choisissons nos combats.
40:54Et encore une fois,
40:55les données,
40:56la data,
40:57de manière générale,
40:57est le vrai point
40:58sur lequel ils font se concentrer.
41:00Il y avait l'initiative
41:01du Health Data Hub
41:02où là, pour le coup,
41:03effectivement,
41:03il y avait des acteurs américains
41:04qui avaient été choisis,
41:05ce qui, pour moi,
41:05n'était pas une bonne solution.
41:06On était en train
41:07de revenir dessus.
41:07Enfin, voilà.
41:08On pourra multiplier les exemples.
41:09Et les partenariats
41:10avec des normes
41:12type Secnum Cloud
41:13qu'on a mis en place.
41:14Vous avez raison.
41:15C'est-à-dire des partenariats
41:16américano-européens
41:18qui permettent
41:19de défendre certaines choses.
41:20C'est une bonne solution ou pas ?
41:22Oui, c'est une bonne solution.
41:24Les clouds Secnum Cloud
41:26n'ont pas l'intégralité
41:27des fonctionnalités
41:28parce qu'évidemment,
41:28les produits originaux
41:29sont plus à l'avance.
41:30Mais ils permettent
41:31de répondre à certaines solutions.
41:33Il n'y a pas un sujet
41:34où on appuie,
41:34pof, c'est-à-dire
41:35le premier réglé.
41:36C'est une multitude
41:37de réflexions,
41:38de raisonnements,
41:38de stratégies,
41:39de positionnements
41:40et, encore une fois,
41:41de choisir ces combats.
41:43Moi, je suis toujours optimiste
41:44par nature,
41:45comme je pense
41:45tous les chefs d'entreprise.
41:47La France et l'Europe
41:48ont quand même
41:49plein de choses à dire
41:49sur le sujet.
41:50Il y a des sujets
41:51où on est quand même
41:51très bons.
41:52Je rappelle encore une fois
41:52que la première communauté
41:53dans la Sikon Valley
41:54c'était en ordre américain
41:56c'est des Français,
41:56etc.
41:57Mistral fait aussi
41:59plein de choses.
41:59Donc, il faut se battre
42:02dans le bon sens du thème,
42:03encore une fois,
42:03sur ces sujets.
42:04Mais ne mélangeons pas tout.
42:06C'est comme quand on parle
42:06de l'IA,
42:08on mélange la GenEI,
42:10la data science,
42:11la robotique
42:12et on fait un paquet
42:13cadeau de tout ça,
42:13etc.
42:14C'est des sujets complexes,
42:16passionnants,
42:17porteurs d'avenir
42:17et de futur,
42:18mais il faut les étudier
42:19attentivement.
42:20Un mot de dernier mot
42:21pour terminer ?
42:22On voit un sondage
42:23OpinionWay
42:24qui a disparu
42:25la semaine dernière
42:25sur les patrons français
42:27et ce sondage
42:29est intéressant
42:30dans le sens
42:30où il traduit
42:31qu'aujourd'hui
42:31on a à peu près
42:329 patrons sur 10
42:33en France
42:34qui sont vraiment
42:36inquiets
42:36sur la notion
42:37de souveraineté.
42:38Mais ce qui est intéressant
42:39derrière cette notion
42:41de souveraineté,
42:42c'est qu'il ne place pas
42:43la logique de relocalisation.
42:44C'est-à-dire,
42:45ce n'est pas ça le combat.
42:45Ce n'est pas
42:46qui plus est dans un pays
42:47où le coût du travail
42:48et la productivité
42:49sont ce qu'ils sont.
42:52C'est aujourd'hui,
42:53très clairement,
42:54on l'a senti
42:56sur l'histoire des terres rares,
42:57on l'a senti
42:57dans plein de domaines.
42:58C'est-à-dire que
42:58tout un coup,
43:00une laisse qui était
43:00un peu lâche
43:01est devenue très très tendue.
43:03C'est-à-dire qu'on a compris
43:04nos interdépendances.
43:06Le problème,
43:06c'est qu'il y a
43:07deux superpuissances
43:08en face,
43:09la Chine
43:10et les États-Unis,
43:11qui commencent à avoir
43:12honnêtement,
43:13dans certains domaines,
43:14des comportements
43:15tout à fait comparables
43:16et qui peuvent
43:17durcir le jeu.
43:18Et là,
43:19aujourd'hui,
43:19la réponse,
43:20honnêtement,
43:21et c'est là
43:21où Jean-Luc Mélenchon
43:22et Bardella
43:23se trompent un peu,
43:24elle ne va pas se jouer
43:25qu'à l'échelle de la France.
43:26C'est-à-dire que la réponse
43:26ne peut être que européenne,
43:28honnêtement.
43:29C'est-à-dire que le combat,
43:30ce n'est pas de maintenir,
43:32et c'est un véritable enjeu
43:34en termes de tissu économique,
43:35les 85 emplois
43:37qui sont en Corrèze,
43:38d'ailleurs,
43:38près de Brive-la-Gaillarde.
43:40C'est de se dire...
43:40Très belle région.
43:40Oui, très belle région.
43:42C'est davantage
43:42de se dire
43:43comment demain,
43:45dans un écosystème,
43:46que ce soit pour le Rafale,
43:47le SKAF ou autre,
43:48ou peu importe,
43:49un futur avion
43:50ou des drones,
43:51l'Europe est en capacité
43:52de décider
43:53d'être dépendante
43:54pour un système de défense.
43:55Mais ça,
43:56on le répercute.
43:57Rappelons-nous quand même
43:58qu'en agroalimentaire,
43:59on va vivre une année importante
44:00puisque pour la première fois
44:01la France,
44:02a priori,
44:03aura...
44:04La balance commerciale
44:04pourrait être négative.
44:05La balance commerciale
44:05pourrait être négative
44:07pour la première fois.
44:08Le pays de la bouffe
44:09va apprendre
44:12ce qu'est aussi
44:13la notion de souveraineté
44:14dans l'agroalimentaire
44:15puisqu'on va être dépendant.
44:16On va rentrer
44:16dans une notion de dépendance
44:17sur quelque chose
44:18qui est une pépite.
44:19Véritable inquiétude.
44:20Il y a le baromètre
44:20de la souveraineté 2026
44:21Kubik Opinion Way
44:22qui est publié ce matin.
44:24C'est celui-là
44:25dont vous évoquiez.
44:26Donc 500 entreprises
44:27effectivement interrogées.
44:309 sur 10
44:30jugent que la France
44:31perd en compétitivité.
44:3333% des chefs d'entreprise
44:36estiment que leur dépendance
44:38envers l'étranger
44:38menace les capacités
44:40de croissance
44:41et près de 9 sur 10
44:44quand même
44:45n'envisagent pas
44:45de relocaliser.
44:47Ce n'est pas l'ordre du jour.
44:48On peut comprendre pourquoi
44:49vu effectivement
44:50la situation politique aussi.
44:53Pour la souveraineté,
44:54on va en entendre parler
44:55pas mal je pense
44:56d'ici 2027.
44:58Grand, grand sujet
44:59de la prochaine présidentielle.
45:02C'est aussi un peu
45:03une question de souveraineté.
45:04C'est le dernier thème.
45:05Il nous reste 10 minutes ensemble.
45:06les 10h48
45:07sur BFM Business.
45:08On va parler de Capgemini
45:10et de l'annonce
45:11ce week-end
45:11de la cession
45:14de sa filiale américaine
45:18qui avait contracté
45:20avec l'ice,
45:21vous savez,
45:22cette police de l'immigration
45:23qui fait tant parler d'elle
45:26depuis quelques semaines,
45:27quelques mois maintenant
45:28avec des méthodes
45:29choquantes,
45:31violentes.
45:31aux Etats-Unis
45:36qui est une sorte
45:36de police politique.
45:38Capgemini a-t-il eu raison
45:40de mettre en vente
45:42sa filiale pour autant ?
45:43Christian Poyot.
45:44Je fais partie de ce secteur.
45:46Je vais me permettre
45:46peut-être d'intervenir en premier.
45:49La manière effectivement
45:50dont cette police américaine
45:52intervient
45:52est assez...
45:54De stupéfaits,
45:55tout ça en est.
45:55Je pense qu'il n'y a pas
45:57de débat sur le sujet.
45:58On peut comprendre
45:59le sujet de fond
46:00de dire
46:00effectivement
46:02l'immigration
46:03est un vrai sujet
46:03aux Etats-Unis
46:04mais d'ailleurs
46:04l'immigration
46:04a des points positifs
46:05et des points négatifs
46:06mais la manière
46:07dont c'est fait
46:07est évidemment
46:08hallucinante,
46:09des morts, etc.
46:10Une fois qu'on a dit ça,
46:12là on a l'impression
46:12qu'il y a un flot de critiques
46:14contre Capgemini,
46:16quelle horreur, etc.
46:17Moi je voudrais rappeler
46:18des choses simples.
46:20Je n'ai pas le détail
46:21mais je suppose
46:23que Capgemini
46:23a signé ce contrat,
46:24la filiale américaine
46:26de Capgemini.
46:26Si j'ai bien les chiffres
46:27et les échos,
46:29ça représente 2%
46:29de la filiale américaine.
46:31C'est 0,2%
46:33du chiffre d'affaires
46:34global de Capgemini.
46:36Il y a une filiale
46:38de la filiale américaine
46:39qui a signé un contrat.
46:40Ils l'ont signé quand ?
46:41Il y a deux jours ?
46:42Il y a trois jours ?
46:42Ils l'ont signé
46:43il y a six mois
46:44ou peut-être il y a un an
46:45ou deux,
46:45j'en sais rien.
46:45Il y a même quelques années.
46:47Ils ont fourni un logiciel
46:48de reconnaissance.
46:50Donc ils ont fait
46:50leur business.
46:52Ils ont des compétences.
46:54Est-ce que Capgemini
46:55fait tout autour du monde ?
46:56Et qu'ils font partout.
46:57Donc dire que je ne sais pas quoi
46:59comme on entend là aussi
47:00certains responsables syndicaux
47:01qui par principe tirent
47:02en disant Capgemini
47:03je ne sais pas quoi
47:04est complice etc.
47:05C'est complètement n'importe quoi.
47:07C'est incroyable
47:09et horrible
47:10d'entendre ce genre de propos.
47:12Une fois qu'on a dit ça
47:13effectivement
47:14l'information a monté
47:15et Capgemini dit
47:16ok je vais mettre en vente
47:18cette filiale.
47:18est-ce qu'ils ont raison ?
47:21C'est vrai qu'il y a
47:21une pression significative
47:23et encore une fois
47:24j'ai commencé par ça
47:25la manière dont ICE
47:26intervient
47:26est totalement
47:27condamnable
47:29bien évidemment.
47:30Maintenant
47:31ça veut dire
47:32qu'on va screener
47:33tous les projets
47:34que font toutes
47:35les entreprises françaises
47:36dans le monde entier
47:37et on va juger
47:39la valeur
47:39de leurs clients
47:40pour dire
47:41tu as le droit de vendre
47:41ou tu n'as pas le droit de vendre ?
47:43Attention !
47:44Donc j'ai un raisonnement
47:46j'avoue que c'est difficile
47:47de prendre position
47:48Ça pose une véritable question
47:49qui est celle de la morale
47:50dans le business
47:52Dans le business
47:52c'est-il moral ou pas ?
47:53Donc encore une fois
47:54je fais confiance
47:55aux dirigeants de Capgemini
47:56ils ont dû prendre
47:57la décision en conscience
48:00mais dire que c'était
48:01obligatoirement ça
48:02qu'il fallait faire
48:02et c'est quoi ?
48:03Ça va être une jurisprudence
48:04qui devait s'imposer partout
48:05là je suis beaucoup plus limitatif.
48:08Danny Lang
48:09Alors je partage
48:10votre sens de la nuance
48:13c'est-à-dire qu'effectivement
48:16si chaque fois
48:17qu'une entreprise
48:18est impliquée
48:19dans telle ou telle chose
48:22à des degrés divers
48:23évidemment
48:23c'est une question de degrés
48:24c'est une question d'implication
48:26voilà
48:27mais il faut quand même rappeler
48:28que dans le cas de Capgemini
48:29la pression
48:31elle est d'abord partie en interne
48:32des syndicats internes
48:33c'est les syndicats internes
48:35qui ont fait démarrer ça
48:36et effectivement
48:38on peut entendre
48:40que se rendre complice
48:43de ce genre
48:44d'activité extrêmement brutale
48:46ça peut être problématique
48:47le problème
48:49étant de savoir
48:50où est-ce qu'on place
48:51où est-ce qu'on place
48:53le curseur
48:54voilà
48:55et c'est pas une réponse simple
48:56j'ai pas de réponse absolue
48:58moi je comprends
48:59qu'au vu de la pression
49:00notamment interne
49:01Capgemini
49:02a décidé de renoncer
49:03à cette filiale
49:04même s'il y avait peut-être
49:06mieux à faire
49:06renoncer à ses activités
49:08au sein de cette filiale
49:09présenter des excuses
49:11et puis se recentrer
49:13sur d'autres activités
49:14donc c'est pas une réponse simple
49:16je suis assez d'accord avec vous
49:17sur votre sens de la nuance
49:18même si évidemment
49:20ce qu'a fait Lice
49:21notamment en assassinant
49:22deux personnes
49:23quasiment à bout portant
49:25ça doit interroger tout le monde
49:28et ça justifie aussi
49:29les levées de boucliers
49:30des syndicats internes
49:32je le rappelle
49:32ça part de l'intérieur
49:33absolument
49:34après Lice en a le même
49:35structurellement
49:36est une police
49:37qui doit gérer
49:37les questions migratoires
49:39c'est tout à fait normal
49:41on peut gérer
49:41les questions migratoires
49:43plein de pays
49:43au fond
49:44sans tirer à bout portant
49:45évidemment
49:45sur des êtres humains
49:47c'est
49:47totalement
49:48il y a d'autres manières de faire
49:50évidemment
49:50tous d'accord avec ça
49:51moi je voudrais rappeler aussi
49:52parce que c'est des employés
49:53qui sont pas tellement connus
49:54du grand public
49:55Capgemini
49:55ça fait du B2B
49:57comme si je veux dire
49:58c'est un géant mondial
49:59le grand public connaît
50:00un petit peu moins
50:01mais ce sont des fleurons français
50:03si je veux dire
50:03la valeur des entreprises françaises
50:07et là-dedans
50:07je vais bien d'abord mettre
50:08le groupe Talent
50:09Micropole
50:10et Cap est un leader là-dedans
50:13sur la partie conseil
50:14et intégration
50:15des solutions tech
50:16et compagnie
50:16donc c'est un
50:17surtout
50:19ne tirons pas
50:21sur l'entreprise
50:21et sur Capgemini
50:22c'est une très belle boîte
50:24créée par Serge Kamp
50:25il y a longtemps
50:2660 ans
50:27quelques décennies
50:28etc.
50:29voilà
50:29et c'est un des
50:30on parlait du numérique
50:31tout à l'heure
50:32le numérique
50:33c'est aussi la mise en oeuvre
50:34des solutions
50:34vous avez des solutions technologiques
50:36mais vous pouvez les mettre en oeuvre
50:36là-dessus
50:37et là-dessus
50:37les français
50:38sont très forts
50:39voilà
50:39donc sachant raison garder
50:41ce dossier je trouve intéressant
50:44et évidemment sur l'ICE
50:45je pense qu'on est tous d'accord ici
50:46sur les méthodes inacceptables
50:48on va dire
50:49de cette police
50:51des contrôles de l'immigration
50:52qui
50:52en termes de rafle
50:53on va dire
50:54moi je trouve la décision
50:57prise par Capgemini
50:58courageuse
50:59c'est assez rare
51:00en fait d'avoir une décision
51:01aussi rapide
51:01et aussi claire
51:02et aussi limpide
51:03on aurait pu craindre
51:04qu'ils passent par des méandres
51:06finissent par noyer le poisson
51:07des choses comme ça
51:08la rapidité a été
51:09spectaculaire
51:10la rapidité d'exécution
51:11conseil d'administration
51:12convoqué le week-end
51:13et décision
51:14communication immédiate
51:15tombée au coeur du week-end
51:16et tout ça
51:16en tout cas
51:17il y a eu un choix très clair
51:18et il y a eu un choix très clair
51:19parce que
51:20j'entends
51:21et il y a le risque
51:23de jurisprudence
51:23mais cette jurisprudence
51:25elle est davantage
51:27dans la projection technologique
51:29qui sont des notions
51:30et tout ça
51:30
51:30dans la souveraineté
51:32il n'y a pas que la technologie
51:33il y a aussi la souveraineté
51:34des valeurs
51:35en fait
51:35et qui est tout aussi importante
51:36et je pense que
51:38c'est aussi quelque chose
51:39auquel on va être confronté
51:40malheureusement
51:41dans lequel on rentre
51:42c'est se dire que
51:43au-delà du business
51:45dans nos choix
51:46qu'est-ce qu'on oriente
51:47en termes de mode de vie
51:48en termes d'équilibre
51:49et tout ça
51:50et
51:50Dani me disait à l'instant
51:52c'est que cette réaction
51:53de Capgemini
51:53parce que c'est une boîte de conseil
51:54c'est une boîte d'intelligence
51:56Capgemini
51:56et
51:57en interne
51:58si
51:58les effectifs
52:00de Capgemini
52:01ne sont plus raccords
52:02avec ce que fait l'entreprise
52:03en termes de conseil
52:04et tout ça
52:04là c'est un divorce colossal
52:05c'est comme si les machines
52:06outils s'arrêtaient
52:07chez Mercedes
52:07c'est la même chose
52:08donc en fait
52:09l'entreprise a ça à gérer
52:10dans une boîte de conseil
52:13donc il y a à la fois
52:13le risque
52:14réputationnel
52:15à l'extérieur
52:16mais aussi
52:17en interne
52:18avec le laboratoire
52:19et après
52:19il y a quand même un raté
52:21même si Capgemini
52:22dit oui
52:22vous comprenez
52:23c'était une filiale
52:24ils étaient sous tutelle
52:25de l'entreprise américaine
52:26d'abord on s'aperçoit
52:27à quel point
52:27une filiale
52:28ce qui corrobore
52:29ce que disait Dani
52:30sur le côté protectionniste
52:31des Etats-Unis
52:31une filiale
52:33d'une boîte française
52:33aux Etats-Unis
52:34peut être complètement
52:35sous couvercle
52:36la maison mère
52:38ne voit même pas
52:39les contrats
52:40et n'est même pas au courant
52:41de certaines activités
52:42ce qui est une façon
52:43déjà de gérer une boîte
52:44mais après
52:45il y a une problématique
52:46sur laquelle
52:46peut-être une manière
52:47de se dédouaner aussi
52:48c'est pas des chapelles
52:50indépendantes
52:51je ne serais vraiment
52:53pas étonné
52:53que ce soit le cas
52:54honnêtement
52:54par rapport
52:55à certaines activités
52:55mais pour autant
52:57quand même
52:57et Capgemini le sait
52:58il y a eu un problème
52:59de contrôle interne
53:00c'est-à-dire que
53:01cette affaire
53:02aurait dû être anticipée
53:03aurait dû être
53:05on la voit arriver
53:06dans une entreprise
53:07encore une fois
53:09quand est-ce que
53:09tout ça a été fait
53:10Aïs ça date de quand
53:11ça date il y a
53:12trois mois je pense
53:13et les délires
53:15datent il y a
53:16peu de temps
53:17en Minneapolis
53:17enfin les deux
53:18les deux meurtres
53:19on peut dire ça
53:19comme ça
53:19à Minneapolis
53:20le dernier
53:22il y a quelques jours
53:23les opérations
53:23là ils sont plus en moins
53:24par contre
53:25donc on est
53:26on est je sais pas
53:27je vais essayer
53:27de remonter dans le temps
53:28on est en juin 25
53:29en juin 25
53:30la filière américaine
53:31Trump dit ok
53:32je mets en place
53:33Aïs etc
53:34ce qui est bon
53:35voilà
53:35il a été élu quand même
53:36sur ça aux Etats-Unis
53:37et Dieu sait
53:38si je ne suis pas
53:38un supporteur de Trump
53:39il y a un appel d'offres
53:41on répond à l'appel d'offres
53:42comment voulez-vous
53:42que la société à ce moment-là
53:43se dise bah tiens
53:44dans six mois en fait
53:45ça va dériver totalement
53:46et ça va aboutir
53:47au comment dire
53:49aux événements
53:50qu'on connaît à l'heure actuelle
53:51non mais c'est-à-dire
53:52que je parle de la séquence
53:53des dernières semaines
53:53alors là
53:54non mais simplement
53:55l'Aïs a été créé en 2003
53:57c'est bien ce qu'il me semble
53:58c'est une très vieille police
53:59c'est même pas le sujet
54:02mais c'est un service du gouvernement
54:05qui existe depuis plus de 20 ans
54:07et après le fait
54:07et ça marche dans le sens inverse
54:08il y a certaines
54:09sur une grande entreprise
54:11vous avez certains sujets
54:12qui peuvent être des sujets
54:12de sécurité nationale
54:13que ça soit en France
54:14ou à l'étranger
54:15et dans les deux sens
54:16où en fait
54:17il y a un contrôle capitalistique
54:19mais en fait
54:20la vision de ce qui est fait
54:21n'est pas transparente
54:23enfin moi
54:24c'est exactement ce que je crois
54:25si vous voulez
54:26vous dire
54:27qu'est-ce qu'on fait exactement là-dedans
54:28non on vous dira pas
54:29voilà
54:30on vous dira pas
54:30c'est fermé
54:31et vous avez le droit
54:32d'avoir pas du tout l'information
54:33et oui
54:33c'est le sujet évidemment
54:34avec chaque contrat gouvernementaux
54:36merci à tous les trois
54:37pour cette émission passionnante
54:39disponible en podcast et replay
54:40sur l'application BFM
54:43comme tous les jours
54:44tout de suite vous retrouvez
54:45Antoine Larigauderie
54:46pour tout.investir
54:47quant à nous
54:47on se retrouve demain
54:49même heure
54:49même endroit
54:50de 10h à 11h
54:51en direct
54:52sur BFM Business
54:53je vous souhaite une très belle journée
54:54à toutes et à tous
54:55et je vous dis à demain
54:56les experts
55:01débats et controverses
55:02sur BFM Business
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