- il y a 9 heures
Ce vendredi 28 novembre, Raphaël Legendre a reçu Agnès Verdier-Molinié, directrice de la Fondation IFRAP, Jean-Marc Daniel, éditorialiste de BFM Business, et Laurent Vronski, DG d'Ervor, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts, Raphaël Lejean
00:10Bonjour, bienvenue à tous dans Les Experts.
00:13Le ras-le-bol fiscal est-il de retour ?
00:16Selon le troisième baromètre de la fiscalité du Conseil des prélèvements obligatoires,
00:20organisme rattaché à la Cour des comptes,
00:23près de 8 Français sur 10 estiment qu'on paye trop d'impôts en France.
00:27Oui, mais surtout, on voit que ce qui les agace, les Français,
00:31c'est l'utilisation qu'en font les pouvoirs publics.
00:34Payer d'impôts, payer beaucoup d'impôts, oui, pourquoi pas, disent-ils en réalité,
00:38mais pour quel résultat ?
00:40La confiance en l'État, pour bien le gérer, s'est effondrée de 11 points en deux ans.
00:45Il est là le sujet.
00:46Alors, est-ce le prémice d'un nouveau ras-le-bol fiscal ?
00:48C'est le premier thème des experts aujourd'hui.
00:51Et puisque l'on parle dépenses publiques, la première d'entre elles,
00:53Les Retraites, revient sur le devant de l'actualité avec cette étude de l'OCDE
00:58sur le panorama des pensions dans les pays riches.
01:02On va voir les vérités qui dérangent sur l'État de la France.
01:05Et puis, la France est-elle prête à la grande transmission ?
01:09Une étude de BBI France tire la sonnette d'alarme sur les financements,
01:14sur le cadre administratif,
01:15qui vont devoir accompagner 370 000 transmissions d'entreprises d'ici 2030.
01:23C'est trois fois ce qui se fait aujourd'hui.
01:26Et puis enfin, pour terminer,
01:28l'Assemblée nationale a largement adopté hier soir
01:30la proposition de loi de la France insoumise
01:32pour nationaliser les aciéries d'Arcelor-Mittal en France.
01:37Objectif ? Décarboner et sauver les emplois.
01:40Une nationalisation défensive.
01:42Et après tout, pourquoi pas ?
01:43On va en voir ce qu'en pensent les experts du jour autour du plateau.
01:47Il est 10 heures passées de 1 minute.
01:50Vous êtes sur BFM Business pour les experts.
01:52Nous sommes ensemble jusqu'à 11 heures.
01:53Allez, c'est parti.
02:00Et pour parler de tous ces sujets,
02:06j'ai le plaisir d'accueillir Agnès Verdier-Molinier.
02:08Bonjour Agnès.
02:08Bonjour Raphaël, bonjour à tous.
02:10Directrice de la Fondation IFRAP.
02:11À vos côtés Jean-Marc Daniel.
02:12Bonjour Jean-Marc.
02:13Qu'on ne présente plus, éditorialiste BFM Business.
02:16Votre dernier ouvrage,
02:18Nouvelle leçon d'histoire économique,
02:20est toujours disponible aux éditions Odile Jacob.
02:22Et puis surtout, surtout,
02:24si vous voulez voir Jean-Marc Daniel sur les planches,
02:27c'est ce soir et demain.
02:29Faites vite.
02:30La semaine dernière, c'était à guichet complet.
02:33On a dû refuser du monde.
02:36C'est ce soir.
02:37Mais ce soir, il y a encore de la place.
02:38Ce soir, il y a encore de la place.
02:39C'est au théâtre de poche à Paris.
02:42Et puis face à vous, Laurent Vronsky.
02:43Bonjour Laurent.
02:44Bonjour à tous.
02:44Directeur général d'Airvor, secrétaire général de Croissance+.
02:48Avant d'attaquer ces nombreux sujets,
02:52je vous rappelle les BFM Awards.
02:54C'est mardi soir, la soirée de l'année.
02:56Pour les chefs d'entreprise, ce sera au Louvre,
03:01en direct à partir de 20h sur BFM Business et dès 18h30.
03:07Pour le BFOR, ne ratez pas l'événement de l'année.
03:11Mes amis, pour commencer, je voudrais qu'on parle de ce rapport
03:16du Conseil des prélèvements obligatoires.
03:17Je vous le disais, le Conseil des prélèvements obligatoires,
03:19maintenant on le connaît,
03:21organisme d'experts rattachés à la Cour des comptes,
03:24qui analyse en profondeur l'efficacité de notre fiscalité.
03:30Et depuis trois ans, le CPO, comme on l'appelle,
03:33analyse, fait un baromètre de la fiscalité
03:36et des prélèvements sociaux.
03:37Ils sont de les Français.
03:39Grande étude, 5000 Français interrogés
03:42pour voir leur appréhension de l'impôt.
03:47Bon, là, ce qu'ils nous disent, le premier renseignement,
03:49c'est que 78% des Français trouvent
03:52qu'on paye trop d'impôts en France.
03:55Ce n'est pas vraiment une surprise,
03:56ce résultat n'a pas beaucoup bougé.
03:58Je pense qu'on aurait interrogé les Français au XIVe siècle,
04:01je me tourne vers l'historien que vous êtes aussi,
04:04cher Jean-Marc,
04:05quand on a créé la taille pour la guerre de 100 ans,
04:07le premier impôt durable en France.
04:10Certainement que les Français auraient déjà dit
04:13qu'ils estimaient payer trop d'impôts en France.
04:15Moi, je trouve que ce qui est intéressant
04:17dans les résultats de cette étude,
04:19c'est qu'ils trouvent que l'argent est mal utilisé.
04:21Est-ce que le ras-le-bol fiscal ne viendrait pas
04:24de l'inefficacité de la puissance publique
04:26plus du niveau de fiscalité ?
04:28Je commence avec vous, Jean-Marc.
04:29Ce qui est intéressant, si vous faites allusion à l'histoire,
04:32quand Charles VII crée la taille
04:35à la fin de la guerre de 100 ans,
04:37il a le précédent sous les yeux de l'Angleterre.
04:41Et la Magna Carta du XIIIe siècle,
04:44Jean Santerre, prévoit que les contribuables
04:49élisent des représentants qui vérifient l'utilisation
04:52que fait le roi des fonds qui lui sont confiés.
04:55Ce qui est le rôle du Parlement aujourd'hui.
04:57Voilà, ce qui est le rôle du Parlement aujourd'hui.
04:59Donc, le constat que vous faites,
05:01c'est que les Français n'ont pas confiance,
05:02non pas en l'État,
05:03mais en les gens qu'ils élisent.
05:05Les gens qu'ils élisent sont supposés être là
05:07pour résoudre les problèmes de finances publiques
05:11et vérifier l'attribution.
05:13D'ailleurs, une des décisions qui a été prise en 1789,
05:16ça a été de supprimer les impôts
05:18pour les remplacer par des contributions.
05:19C'est-à-dire par des choses qui sont décidées
05:22par les représentants des contribuables
05:24et dont l'utilisation est décidée par les contribuables.
05:27Parfois obligatoire, parce que 4 ans plus tard,
05:28on avait le premier emprunt obligatoire,
05:30dont on va parler tout à l'heure aussi,
05:32qui était imposé aussi.
05:34Et après, dès 1797, on avait réintroduit le mot impôt.
05:36Mais il y avait fondamentalement cette idée
05:38qui est le fondement de la démocratie
05:40et le fait qu'il n'y a pas de taxation sans représentation,
05:44comme on dit aux États-Unis.
05:45Et donc, je pense qu'un des éléments
05:47dans ce qui se passe à l'heure actuelle,
05:48c'est non seulement la méfiance
05:50à l'égard de l'utilisation faite par l'État,
05:53le fait que les masses sont telles
05:54que les gens se disent
05:55est-ce que vraiment il n'y a pas des gens
05:56qui pourraient faire mieux,
05:57est-ce qu'il y a un véritable pilote dans l'avion,
05:59mais surtout, je crois que le spectacle
06:01assez pitoyable que donne en ce moment
06:03notre Assemblée nationale,
06:04avec une espèce de frénésie sado-fiscaliste
06:07qui consiste à toucher, taper sur tout ce qui bouge,
06:10est en train de décrédibiliser
06:11ce précanisme essentiel
06:13où l'impôt est confié
06:15à des représentants du peuple
06:17pour vérifier l'utilisation qu'en fait l'État.
06:20Et donc ça, c'est aussi un problème de l'État,
06:23mais surtout un problème des parlementaires.
06:25Jean-Marc l'a dit,
06:26on est au fondement de la démocratie quand même,
06:27avec le consentement à l'impôt.
06:28Le consentement qui repose sur trois piliers,
06:30dit le CPO, la qualité de la dépense publique,
06:32l'équité fiscale et la confiance dans les institutions.
06:35Où est-ce qu'on en est sur ces trois points aujourd'hui,
06:36Agnès Verdier-Breligné ?
06:37On est mal, on est très très mal.
06:39L'étude du CPO est assez claire.
06:41Les Français ne sont plus que 22% en 2025
06:44à faire confiance à l'État pour bien gérer
06:46l'argent des impôts.
06:47Ils étaient 33% en 2023.
06:49C'est une chute énorme.
06:52C'est une chute énorme.
06:53Il est là, le gros problème.
06:55Et d'ailleurs, on dit souvent,
06:56mais finalement, la France est bien notée
06:58parce qu'il y a un consentement à l'impôt
07:00qui est élevé en France.
07:02Et finalement, on pourra toujours remplir les caisses publiques.
07:04Mais ce qu'on est en train de vivre depuis trois ans
07:06montre qu'on est au maximum de la fiscalité.
07:12Là, on nous dit, la TVA ne rentre pas.
07:15Alors, 5 milliards pour l'État,
07:16mais en fait, c'est 10 milliards
07:17qui vont manquer dans les caisses de l'État,
07:20des collectivités.
07:21Alors, c'est des milliards.
07:22Ils sont très, très discutés.
07:23Les spécialistes de Bercy et Budget-État
07:25expliquent tous que c'est 5 milliards.
07:26Comme c'est 4 à 5 milliards.
07:27Oui, on va voir.
07:29On va voir parce que là,
07:30on s'attrait même à des mauvaises surprises.
07:32En tout cas, on serait autour du niveau de TVA
07:35collecté en 2024.
07:36Donc, il y a quand même un truc qui ne va pas.
07:38Et puis, on ne nous parle que de la TVA,
07:40mais on ne nous parle pas d'impôt sur les sociétés.
07:41L'impôt sur les sociétés,
07:43il ne monte en recette
07:46entre 2024 et 2025
07:48que parce qu'il y a eu la taxe exceptionnelle
07:50sur les grandes entreprises.
07:51Cette fameuse surtaxe,
07:53si elle n'y était pas,
07:54on aurait une baisse
07:55de la recette d'impôt sur les sociétés.
07:58Donc, finalement,
07:59ça rentre mal de partout.
08:01Et pourquoi ?
08:02Parce qu'on est dans un système
08:04qui, finalement,
08:05est complètement à bout de souffle.
08:06Alors, on nous dit
08:07qu'il y a quand même une base taxable
08:08qui augmente.
08:10Oui, mais en fait,
08:11à un moment,
08:13chaque fois qu'on va rajouter de la fiscalité,
08:15et c'est ce qu'on avait vu d'ailleurs
08:16sous François Hollande,
08:16quand il avait passé
08:17la taxation des revenus du capital
08:21au barème de l'impôt sur le revenu,
08:23qu'est-ce qui s'était passé ?
08:24On n'avait pas eu une hausse des recettes.
08:25Un effondrement des dividendes.
08:27Voilà.
08:27Et résultat...
08:29Donc, des recettes en moins.
08:30Et à la Fondation IFRAP,
08:31on a étudié ce sujet, en fait,
08:32de l'effet d'affaires.
08:33Oui.
08:33C'est-à-dire que vous augmentez tellement
08:36les taux d'impôt qu'à un moment,
08:37en fait, vous effondrez votre recette.
08:40Eh bien, dans beaucoup de pays,
08:41ils se sont rendus compte
08:42qu'il y avait une corrélation
08:46entre taxer trop
08:47et avoir des chutes de recettes.
08:49Et ce qu'ils ont fait en Suède
08:50est très intéressant.
08:51C'est d'ailleurs souvent un pays
08:52qui est cité par Philippe Aguillon,
08:54notre très belle de l'économie.
08:55Donc, à un moment,
08:57on peut se dire,
08:58tiens, c'est intéressant.
08:59Qu'est-ce qu'ils ont fait les Suédois ?
09:00Ils ont supprimé les droits de succession.
09:01Ils ont supprimé l'impôt sur la fortune
09:03en 2004.
09:04Et après, est-ce que leurs recettes
09:06ont baissé ?
09:07Ah non, incroyable.
09:08Entre 2000 et 2010,
09:09leurs recettes, elles n'ont pas baissé.
09:11Elles ont augmenté en valeur de 27%.
09:12Et si on retraite de l'inflation,
09:14de 10%.
09:15C'est les recettes totales.
09:17Pas que les recettes sur ces impôts-là.
09:19Donc, ça veut dire quoi ?
09:21Ça veut dire qu'à un moment,
09:22si on baissait l'impôt,
09:23on aurait peut-être les taux d'impôt.
09:26Un surplus d'activité, de croissance.
09:27On aurait peut-être des caisses publiques
09:30qui seraient mieux garnies.
09:32Et je crois que cette étude du CPO,
09:35elle doit nous alerter,
09:37nous faire réagir
09:37et nous faire comprendre
09:38que l'heure n'est pas à augmenter les impôts.
09:43L'heure est à baisser les impôts.
09:45Et c'est peut-être contre-intuitif,
09:47mais plus on va monter les taux,
09:49plus on va matraquer fiscalement
09:51nos entrepreneurs, nos entreprises,
09:53parce que c'est ça qu'on est en train de faire concrètement.
09:55On a vu avec la mise en place de la flat tax
09:57que ça avait créé davantage de recettes.
10:00On va effondrer l'activité,
10:01on va effondrer les recettes
10:02et on va finalement avoir
10:04un problème de dette de plus en plus grave.
10:07Laurent Bronski,
10:07est-ce que l'alternative aux impôts,
10:09ça peut être un emprunt obligatoire,
10:10comme on en a entendu parler cette semaine ?
10:13Déjà, il y a un terme qui me dérange
10:15dans ce propos,
10:17c'est obligatoire.
10:18Mais si vous m'autorisez quelques commentaires,
10:19et je ne dis pas ça, si vous voulez,
10:21pour être impertinent,
10:22mais quand je vois ce genre d'études...
10:23Je vous en prie,
10:24vous avez tout à fait le droit
10:24d'être impertinent, cher Laurent.
10:26Oui, c'est vrai, c'est vendredi.
10:27Si vous voulez,
10:28moi ça me fait sourire
10:29parce que finalement,
10:31ce genre d'études,
10:32c'est le marqueur un petit peu académique
10:34de ce que nous, les managers,
10:35nous vivons depuis à peu près
10:36une petite dizaine d'années.
10:38Où notre rôle,
10:39moi je dirige les équipes
10:40depuis 35 ans.
10:41Donc je rappelle,
10:42dans un environnement industriel,
10:43c'est-à-dire,
10:44c'est un village gaulois.
10:45Je ne dirige pas
10:45un cabinet de consultants
10:46où tout le monde est Bac plus 25.
10:48Je n'ai rien contre les consultants,
10:49j'ai commencé ma carrière ainsi.
10:51Mais vous devez vous mettre
10:52à la portée de tout le monde.
10:53Eh bien, depuis 10 ans,
10:55notre rôle en tant que manager
10:56a vraiment évolué.
10:57C'est-à-dire qu'on aborde des sujets
10:59qui sont carrément des sujets politiques
11:00en entreprise.
11:02Ça ne veut pas dire
11:02qu'on a des débats politiques,
11:03mais par exemple,
11:04vous embauchez quelqu'un.
11:05Vous avez forcément
11:06une discussion salariale.
11:07Et si vous avez
11:09une discussion salariale,
11:10immanquablement,
11:11on va parler du net.
11:13Donc le net,
11:13c'est la différence
11:14entre le salaire facial
11:15et ce qui tente dans ma poche.
11:17Et là, on commence
11:18à avoir des discussions
11:18très intéressantes.
11:20Et comme moi,
11:21je suis en proximité
11:22avec mes équipes,
11:22à chaque fois que vous versez une prime,
11:24il y a une partie qui s'évapore.
11:26On va appeler ça
11:26à la part des anges,
11:27même si le mot ange
11:28n'est pas forcément
11:28le terme approprié.
11:29Et donc, vous avez
11:30ces discussions en continu.
11:31Et vous avez beaucoup de gens
11:33qui sont assez cash.
11:34Beaucoup plus cash
11:35que dans cette étude.
11:36Parce que l'inefficacité
11:38de la commande publique,
11:40aujourd'hui,
11:41tout le monde
11:41peut la toucher du doigt.
11:42Je vais vous donner
11:44un exemple très concret,
11:45très basique.
11:46J'habite un arrondissement de Paris
11:48qui est le 18ème arrondissement.
11:50Tous les samedis,
11:51nous avons des rues
11:51qui s'intitulent,
11:52qui sont bloquées
11:53au nom de Paris Respire.
11:56Eh bien, il y a une rue,
11:57vous pouvez la vérifier,
11:58tous,
11:59qui est la rue Stephenson,
12:00au coin de la rue Ordonneur.
12:01Vous avez la rue qui est bloquée
12:03et vous avez
12:03huit personnels
12:04de police municipale
12:05qui gardent cette rue.
12:08Est-ce que vous pensez
12:08vraiment qu'on a besoin
12:10de huit personnes
12:10pour garder cette rue ?
12:12Eh bien, c'est ça,
12:13l'inefficacité
12:14de la dépense publique.
12:15Et tous les gens
12:16à qui vous parlez
12:17connaissent des gens
12:19qui, en clair,
12:21abusent du système
12:21ou je dirais
12:24il y a trop de monde
12:26là où il ne devrait pas
12:27y en avoir.
12:27Donc, ces gens-là,
12:29c'est-à-dire nous tous,
12:30aujourd'hui,
12:30c'est un phénomène nouveau
12:31parce qu'avant,
12:32c'était le problème des patrons.
12:34On disait ça,
12:34c'est le sujet des patrons.
12:35Mais pas du tout.
12:37Aujourd'hui,
12:38et ça, c'est plutôt
12:38assez réconfortant
12:39et moi, ça me rend optimiste,
12:40c'est le sujet de tout le monde
12:41parce que tout le monde
12:41a compris que quand on lui prélève
12:4320% sur sa prime de Noël,
12:4520% sur son salaire,
12:48eh bien, ça part où ?
12:49Et les gens, aujourd'hui,
12:51moi, je discute
12:52très souvent avec eux.
12:53C'est la grande question
12:54et c'est ce que dit
12:55le rapport du CPO aussi.
12:56C'est-à-dire que 80%
12:57des Français estiment
12:58que ça reste un acte citoyen
13:00de payer l'impôt.
13:01La grande question,
13:02c'est pourquoi faire ?
13:03Mais c'est ce que,
13:04d'ailleurs, nous,
13:04en tant qu'agent économique,
13:06quand on dépense de l'argent,
13:08généralement,
13:08ce qu'on essaye de faire,
13:09c'est d'avoir un bon retour
13:10sur investissement.
13:11C'est-à-dire,
13:12on a le sentiment
13:12que quand on dépense de l'argent,
13:14en clair, globalement,
13:14on est content de l'avoir fait.
13:16Là, ce n'est pas le cas.
13:17Je voudrais réagir quand même
13:19à ce que vient de dire
13:19l'Anne-Marc Dagnard,
13:21qu'il ne faut pas entretenir
13:22cette confusion
13:23qui consiste à dire
13:23que la différence
13:24entre le brut et le net
13:25sert à payer
13:26les policiers municipaux.
13:31Il y a d'autres dépenses.
13:33Et puis,
13:34entre le brut et le net,
13:35on achète aussi immédiatement
13:36de la santé,
13:37des droits à pension,
13:38des choses qui sont concrètes
13:40dans la vie des gens.
13:41Et donc, je crois qu'il y a
13:42le véritable enjeu,
13:43c'est effectivement
13:43le contrôle de la dépense
13:45qui est faite
13:45par des gens qui sont élus.
13:48Et donc,
13:48ce que ça met en cause,
13:50ce que vient de l'exemple
13:51qu'il donne,
13:52c'est que ça met en cause
13:52la légitimité,
13:54non plus encore pour moi
13:55que de l'impôt,
13:56la légitimité
13:57des élus municipaux,
13:58la légitimité
13:59des élus parlementaires.
14:00Et j'ai remarqué
14:00que c'est la démocratie,
14:01ces gens-là.
14:02C'est venu par le peuple aussi.
14:03Exactement.
14:04Et donc,
14:05le peuple n'a qu'à s'en prendre
14:06à lui-même
14:06s'il n'élit pas
14:07les gens qui conviennent
14:08à ses attentes.
14:09La deuxième remarque
14:09que je ferais,
14:10c'est qu'effectivement,
14:11au XIXe siècle,
14:12l'Angleterre est l'endroit
14:13où s'est produit
14:14intellectuellement
14:15le plus de choses
14:16sur les impôts,
14:17l'économie et tout ça.
14:19Et donc,
14:19vous savez,
14:20ce que brandit
14:20le chancelier de l'échiquier,
14:22la cartable rouge,
14:24c'est ce qu'on appelle
14:25la mallette de Gladstone.
14:26Gladstone était
14:27un grand homme politique
14:28du XIXe siècle
14:28qui a commencé
14:29sa carrière ministérielle
14:31comme chancelier de l'échiquier
14:32dans les années 1850-1860.
14:34Et son premier discours,
14:35il explique qu'être
14:36un bon chancelier de l'échiquier,
14:37c'est trois choses.
14:38La première,
14:39c'est d'effectivement
14:40vérifier que chaque fois
14:41qu'on prend
14:42une livre d'impôts,
14:43la personne à qui il le retire
14:45ne ferait pas
14:45un meilleur usage
14:46de la livre en question.
14:48C'est-à-dire qu'il faut
14:49en permanence comparer
14:50la dépense publique
14:51à la dépense privée.
14:52La deuxième question...
14:53Voilà qu'il y a quelque chose
14:54qu'on a oublié de faire
14:54depuis pendant longtemps.
14:55Qu'on ne fait plus.
14:56La deuxième chose,
14:56c'est chaque fois qu'on demande
14:57à l'État de faire quelque chose,
14:59il faut se demander
14:59si un acteur privé
15:00ne le ferait pas.
15:03Chose qu'on a aussi oublié.
15:04Et c'est deux choses.
15:05Et la troisième chose,
15:06c'est de considérer
15:07que ce ne sont pas les gens
15:07qui crient le plus
15:08qui sont les plus punis
15:10par l'impôt.
15:11Et je crois que ces trois principes
15:12sont les principes fondamentaux
15:13qui devraient réagir
15:14dans ton politique budgétaire.
15:16C'est-à-dire,
15:17ce n'est pas à l'État
15:18de tout faire,
15:20c'est quelquefois
15:20le secteur privé
15:21est souvent le secteur privé
15:23qui fait mieux.
15:24Et de toute façon,
15:25il y a des activités privées
15:26dont on se passe
15:27à cause de la dépense publique.
15:29Sur le fait que l'État
15:30ne fait pas ce qu'il faut,
15:31pour conclure sur ce point-là,
15:33je pense que nous sommes
15:3430 ans après le plan Juppé.
15:36Je reviens à la différence
15:37entre le brut et le net.
15:39La différence entre le brut et le net,
15:40c'est essentiellement
15:41des cotisations sociales.
15:43Et il y a 30 ans.
15:44L'État s'est emparé
15:45de la gestion
15:45de la sécurité sociale.
15:47La question qu'on doit se poser,
15:48c'est quel est le bilan ?
15:49Est-ce que le privé
15:50ne ferait pas mieux
15:51dans la gestion
15:51de la sécurité sociale ?
15:53Agnès ?
15:54On a sorti un sondage
15:55à la Fondation IFRAP
15:56sur le sujet
15:57de est-ce que vous préférez
15:59la baisse des dépenses
16:01ou l'augmentation des impôts ?
16:03Oui.
16:0382% des Français
16:05sont pour la baisse des dépenses
16:07plutôt que la hausse des impôts.
16:09Tant que ça ne les touche pas,
16:09c'est toujours le même sujet.
16:10Non, mais il y a un moment aussi
16:12où il faut qu'on arrête
16:14de faire croire aux Français
16:14que 1 800 personnes
16:16vont payer le déficit public
16:19de notre pays
16:20et que ça résoudra
16:21tous les problèmes.
16:21Ça, c'est juste pas vrai.
16:23Donc, si...
16:24Mais c'est un message
16:25que beaucoup croient
16:26et beaucoup entendent.
16:27La réalité factuelle des chiffres,
16:29quand on a entre 150 et 160 milliards
16:31de déficit annuel,
16:33on comprend,
16:34et quand on dépense
16:35259 milliards de plus
16:37que dans les autres pays
16:38et en grande majorité
16:39des dépenses sociales,
16:4069 milliards de retraite en plus
16:42par rapport à la moyenne
16:42des pays de la zone euro,
16:4339 milliards de dépenses
16:44de santé en plus
16:45par rapport à la moyenne
16:47de la zone euro,
16:48et j'en passe,
16:49on comprend qu'on a un problème
16:51de modèle social
16:52qui est trop cher,
16:53qui nous impose trop,
16:54qui nous empêche de travailler,
16:55qui nous empêche
16:56de produire de la richesse,
16:57qui nous empêche
16:57de développer des entreprises
16:59et en fait,
16:59qui nous empêche tout simplement
17:01d'avoir de la croissance
17:02et d'augmenter la richesse
17:03par habitant.
17:04Donc là,
17:05on est tanké
17:06dans finalement une impasse.
17:09Certains voudraient nous faire croire
17:10que ça se résout
17:11par plus d'impôts,
17:12mais les Français
17:12n'y croient pas.
17:13On nous ressort toujours en face,
17:15oui,
17:16mais plus de 80% des Français
17:17sont pour la taxe Zoukmane,
17:18mais en fait,
17:19ce n'est pas vrai
17:19parce qu'ils n'ont pas compris
17:20que ça allait taxer
17:23spécialement les entrepreneurs
17:24et si on leur disait
17:25est-ce que vous êtes
17:26pour taxer les entrepreneurs,
17:27ceux qui créent
17:27la richesse du pays
17:28et finalement
17:29détruire de l'emploi marchand,
17:32détruire de la croissance,
17:34je pense que là,
17:35ils ne répondraient pas
17:36oui à cette question.
17:38Et là,
17:39il y a un moment
17:40où je pense
17:41qu'il va falloir aussi
17:41prendre des décisions
17:43de manière collégiale
17:44avec les élus
17:45qu'évoquaient Jean-Marc,
17:46mais avec aussi
17:46tous les grands directeurs
17:47d'administration,
17:48tous ceux qui dirigent
17:49des caisses sociales
17:50qui sont l'essentiel
17:51de la dépense publique
17:52aujourd'hui,
17:52mais aussi avec le soutien
17:54des Français
17:54pour montrer que
17:55ceux qui aujourd'hui
17:56tiennent le crachoir
17:57en disant
17:57que c'est qu'un problème
17:59d'augmenter les impôts
18:01et puis ça sera résolu,
18:02finalement,
18:03ils sont minoritaires.
18:04Parmi les dépenses,
18:06quand même,
18:06il faut qu'on remette
18:07un peu les ordres
18:08de grandeur
18:09sur la table.
18:10La première des dépenses,
18:11ce sont les retraites.
18:12Les retraites,
18:13l'OCDE vient de commettre
18:14un rapport,
18:15un panorama des pensions
18:16dans tous les pays riches
18:17et l'OCDE affirme
18:20que l'amélioration
18:22de la situation financière
18:23du système de retraite
18:24chez nous en France
18:26doit d'abord passer
18:28par une augmentation
18:29de l'âge effectif
18:30de la retraite.
18:32Alors, évidemment,
18:33on est en train de prendre
18:34une position orthogonale,
18:35on est un peu à compte courant
18:36avec la suspension
18:37de la réforme Borne.
18:38Est-ce qu'il n'y a pas
18:39d'autres moyens
18:40de gérer notre courbe
18:43de seigneur démographique
18:45que de forcément
18:47repousser l'âge légal
18:48de départ en retraite,
18:49Laurent Wonski ?
18:50Alors, d'abord,
18:51je vais répondre
18:52à votre question,
18:53bien évidemment,
18:53mais je voudrais aussi
18:54répondre à Jean-Marc.
18:56C'est-à-dire que moi,
18:56je suis dans les tranchées.
18:58C'est-à-dire que je gère
18:59des gens qui ne sont pas
19:01en train de passer
19:02un oral de grande école
19:04et en clair,
19:06on a la question
19:06qui est posée,
19:07c'est les impôts.
19:09D'accord ?
19:10Ce qu'ils veulent tout dire
19:10et rien dire.
19:11Ils ne sont pas là
19:11à analyser leurs feuilles
19:12de paye en disant
19:13oui, alors ça,
19:14ça va la sécu,
19:15ça, ça.
19:15C'est les impôts.
19:17Et la perception générale,
19:19c'est en clair,
19:19les impôts,
19:20ce n'est pas compliqué.
19:21Les impôts,
19:21c'est ce que j'aurais pu avoir
19:22dans ma poche
19:22et que je n'ai plus dans ma poche.
19:24Il faut comprendre ça,
19:24il ne faut pas commencer
19:25à analyser,
19:26oui, c'est une contribution,
19:27etc.
19:29Eh bien, pour les retraites,
19:29c'est la même histoire.
19:30Que pensent les gens ?
19:32Moi, j'ai des collaborateurs,
19:33j'ai une pyramide des âges
19:34comme tout le monde.
19:35Il y a beaucoup de gens
19:36qui veulent partir
19:37à la retraite plus tôt
19:38et ce n'est pas parce
19:40qu'ils ne veulent pas travailler.
19:41Parce qu'il y a beaucoup de gens
19:42qui d'ailleurs ont peur
19:43de se retrouver finalement
19:45chez soi,
19:47ne rien faire.
19:48C'est qu'ils se disent,
19:49et il y a beaucoup de gens
19:49qui se disent,
19:50mais j'ai intérêt à me dépêcher
19:51parce que le jour où moi,
19:52je vais prendre ma retraite,
19:53il n'y aura plus de sous.
19:55C'est ça que les gens disent.
19:56Donc, ils se disent,
19:57écoutez, il vaut mieux
19:58tenir qu'au courir.
19:58Je serais bien resté
19:592, 3, 4, 5 ans de plus.
20:01Mais là, vraiment,
20:02je trouve que la situation
20:03est risquée.
20:04C'est-à-dire qu'à 5 ans,
20:05ils pensent qu'il pourrait
20:06y avoir une chute
20:07des ressources
20:08pour les retraites,
20:09pour les pensions.
20:09C'est pour ça qu'en ce moment,
20:12si vous voulez,
20:12vous avez quand même
20:13des réactions qui sont
20:14assez violentes
20:15parce que vous avez des gens
20:16qui pensent ça,
20:16il y en a beaucoup,
20:18qui se sont mis
20:18un petit œuf de Pâques
20:19de côté parce qu'ils se disent
20:21comme le système
20:21ne pourra plus subvenir
20:22à mes besoins.
20:23J'ai un petit cochon rose.
20:24Ça, c'est logique.
20:25Et là, vous avez
20:26des esprits illuminés
20:27qui disent,
20:27attention, attention,
20:28là, si vous avez de l'épargne
20:30et puis alors de l'épargne
20:31improductive,
20:32on va venir piquer
20:33la queue du cochon,
20:34les pattes du cochon,
20:34etc.
20:35Donc, vous comprenez
20:36qu'en ce moment,
20:37on file quand même
20:38un mauvais coton.
20:39Et là,
20:40ce n'est pas une attaque
20:40pour vous, Jean-Marc,
20:41mais là,
20:42on est dans la vraie vie,
20:43c'est-à-dire avec des gens
20:44qui ne vont pas lire
20:45quand ils remplissent
20:46leur feuille d'impôt
20:47les 150 trucs absolument...
20:48Et qui n'y comprennent
20:48absolument rien,
20:49de toute façon.
20:50On a un nombre d'études
20:51qui le prouvent.
20:53Cette semaine,
20:53on vous a dit,
20:54voilà,
20:54on va résoudre le problème
20:55de la perception
20:56de l'utilisation de l'impôt,
20:57on va être plus transparent.
20:58Oui.
20:58Mais non,
20:59ce n'est pas ça le sujet.
21:00Le sujet,
21:00c'est qu'il y a beaucoup de gens
21:01qui font les comptes
21:02et qui se disent,
21:03j'aurais dû avoir ça,
21:04je n'ai pas ça.
21:05Quand je dois aller à l'hôpital,
21:07je vais aux urgences,
21:08j'attends 8 heures.
21:09Pour avoir une place en crèche,
21:10j'attends 6 mois.
21:12Quand ma fille rentre de l'école,
21:14il n'y a pas de sécurité.
21:14C'est ça la logique
21:15de la vie de tous les jours.
21:17Oui,
21:17mais la logique de la vie
21:18de tous les jours,
21:18rebondir sur ce dernier dernier.
21:20Écoutez,
21:20quand on dit aux gens
21:21qu'il faut baisser les dépenses,
21:22oui,
21:22oui,
21:23exactement,
21:24c'est ça la bonne solution.
21:25Sauf que quand vous leur dites
21:26aux gens,
21:27c'est ce que disent d'ailleurs
21:28tous les défenseurs de l'impôt,
21:30ils disent,
21:30vous voulez baisser
21:31le nombre d'infirmières,
21:32vous voulez baisser
21:32le nombre de policiers,
21:34vous voulez baisser les retraites
21:35et appauvrir la portion
21:37la plus âgée de la population,
21:38là,
21:39les gens répondent non.
21:40Vous savez,
21:40il y avait une formule,
21:41on parle du conseil
21:41de l'impôt obligatoire,
21:43il a été créé
21:43sous la forme
21:44du conseil national des impôts
21:45par Valéry Giscard d'Estaing.
21:47Et Valéry Giscard d'Estaing,
21:48quand il a fait son discours
21:49d'installation,
21:49avait frappé l'imagination
21:50en disant,
21:51le programme que doit avoir
21:53tout en politique,
21:53c'est de demander
21:54plus à l'impôt
21:56et moins aux contribuables.
21:58C'est-à-dire,
21:58effectivement,
21:59mieux gérer les impôts.
22:00C'était une belle formule
22:01qui était une formule,
22:02alors évidemment,
22:03le canard enchaîné
22:03a vérifié
22:05que c'était une formule
22:05qu'il avait pompée
22:06sur un ministre des Finances
22:08du 19e siècle.
22:09Mais la formule
22:11reste d'actualité.
22:12– Ça reste toujours aussi vrai.
22:14– Elle reste toujours d'actualité.
22:15Il faut demander plus à l'impôt,
22:16c'est-à-dire mieux gérer l'impôt,
22:18faire en sorte
22:18que le contribuable
22:19ait moins à payer.
22:20Or, ça,
22:21ça ne suppose que,
22:22encore une fois,
22:23des choses assez concrètes.
22:24Et moi, je pense que,
22:25par rapport à ça
22:26et sur les retraites,
22:27il y a deux éléments
22:28qui vont jouer.
22:29Ce qu'avait mis en avant
22:30François Béraud
22:30quand il voulait supprimer
22:31deux jours fériés,
22:32c'est quand même que le pays
22:33ne produit pas assez.
22:34– Le pays travaille plus.
22:35– Donc, il faut qu'il travaille plus.
22:37Alors, travailler plus,
22:38c'est supprimer deux jours fériés,
22:39c'est reporter l'âge de départ
22:40à la retraite à 67 ans,
22:41c'est mobiliser l'ensemble
22:42de la capacité productive
22:43de la population.
22:44Et la deuxième chose,
22:45je maintiens,
22:46il y a des moments
22:47où on peut se poser la question
22:48de savoir si l'État
22:49est dans sa mission
22:49en gérant certaines activités.
22:51Et donc, la sécurité sociale,
22:53c'est un gros morceau.
22:54Il y a beaucoup de pays
22:54où ce n'est pas étatisé.
22:56Enfin, l'ONDAP,
22:57c'est quand même
22:58une création typiquement française.
22:59– C'est le plan Juppé,
23:00il y a 30 ans.
23:01– Même en Union soviétique,
23:02personne n'avait décidé
23:03que le plan allait déterminer
23:04le nombre de…
23:04– C'est quand même
23:05ce qui permet de limiter
23:06la hausse naturelle
23:06des dépenses de santé.
23:07– Le nombre de malades
23:08qu'il allait y avoir dans l'année.
23:10Il n'y a que nous
23:10qui avons eu cette idée de génie.
23:12Donc, je pense qu'on peut
23:13se poser la question,
23:14puis après,
23:14on peut rentrer dans les détails.
23:16Moi, j'ai une de mes obsessions,
23:17c'est de savoir pourquoi
23:17l'État est encore propriétaire
23:19du casino d'Aix-les-Bains.
23:20Alors, je pouvais raconter pourquoi,
23:22mais on pourrait quand même…
23:23Je sais, ça ne va pas
23:24redresser les finances publiques,
23:26mais est-ce que c'est
23:26pour la mission de l'État
23:28de gérer le casino d'Aix-les-Bains ?
23:30– Agnès, sur les retraites ?
23:31– Sur les retraites,
23:33j'abonderais dans le sens
23:34de ce qu'a dit Jean-Marc,
23:35c'est-à-dire qu'on ne travaille pas assez.
23:36Voilà, on ne travaille pas assez.
23:37– Oui, alors en même temps,
23:38supprimer deux jours fériés,
23:39est-ce que c'est aux gens
23:40qui travaillent déjà
23:41de travailler davantage
23:42ou est-ce qu'il faut se concentrer
23:44sur les jeunes et les seniors ?
23:46– Raphaël, on peut prendre le sujet
23:47dans tous les sens.
23:48Il faut que tout le monde
23:49travaille plus.
23:50Voilà.
23:51Les jeunes qui sont au chômage,
23:52qui sont aux allocations
23:56ou autres, etc.,
23:57il faut qu'ils travaillent.
23:58Ceux qui sont chômeurs
24:00et qui sont dans la tranche 25-60,
24:03il faut qu'ils travaillent.
24:05Ceux qui travaillent déjà,
24:07il faut qu'ils travaillent plus.
24:08Et ceux qui sont déjà à la retraite,
24:09alors que dans d'autres pays,
24:10ils devraient continuer à travailler,
24:12il faut qu'ils travaillent.
24:13Et ceux qui sont aussi à la retraite
24:14et qui pourraient cumuler
24:15emploi à retraite,
24:15il faudrait qu'ils cumulent
24:16l'emploi à retraite.
24:17– Oui, mais Agnès,
24:17une fois qu'on a dit
24:18« il faut que, il faut que, il faut que »,
24:19il faut trouver les voies et moyens
24:21pour le permettre.
24:22– Mais ça, ça part d'une réflexion
24:24qui est très profonde.
24:25C'est-à-dire qu'il y a
24:267 milliards d'heures
24:27travaillées en moins
24:28par rapport à la zone euro
24:29hors France tous les ans.
24:317 milliards d'heures en moins.
24:33C'est gigantesque.
24:34Et ça veut dire que
24:35c'est plusieurs millions
24:36d'équivalents de temps plein
24:38qui nous manquent.
24:39Et si on dit ça,
24:41c'est vrai qu'on peut
24:42enfoncer des portes ouvertes
24:43en disant
24:43« il faudrait que les chômeurs travaillent ».
24:44C'est sûr qu'on ne va pas
24:45trouver un emploi
24:46pour chaque chômeur
24:47comme ça autour de cette table
24:48et c'est beaucoup plus compliqué
24:49que ça.
24:50Mais si on part de cette idée
24:51qu'il faut arriver
24:52à travailler plus
24:54et que c'est ça…
24:54– Ça, il faut un constat
24:54partagé et qu'il fasse
24:56qu'on s'en suisse.
24:56– J'ai eu ce débat
24:57avec Jean-Philippe Tanguy
24:59du RN l'autre jour
25:00sur le plateau de France 2.
25:01Et lui, évidemment,
25:03il est pour la retraite
25:03à 62 ans.
25:04Mais je ne vois pas
25:05comment on peut être
25:06à la fois pour augmenter
25:07le taux d'emploi
25:07et avoir un âge de départ
25:09à la retraite
25:09plus bas
25:10que tous les autres pays européens.
25:13Donc quand l'OCDE
25:14se saisit de ce sujet
25:16de la retraite
25:18et de l'âge de départ
25:19à la retraite,
25:19on dit
25:20« ah bah c'est ballot,
25:21on est en train
25:22de faire l'inverse ».
25:23Mais en fait,
25:24d'abord,
25:25attendre l'OCDE
25:26pour se rendre compte
25:27qu'il va falloir repousser
25:28l'âge de départ
25:28à la retraite encore,
25:29je pense que c'était
25:30peut-être pas la peine.
25:31Nous, à la fondation IFRAP,
25:32on a proposé
25:33un plan de 110 milliards
25:34d'économies
25:34à l'horizon 2029
25:36et ce plan,
25:37il propose quoi ?
25:38Il propose de repousser
25:38l'âge de départ
25:39à 66 ans en 2033.
25:41Oui, mais personne n'en veut.
25:43Personne n'en veut.
25:44Est-ce qu'il n'y a pas
25:45d'autres moyens
25:46pour contourner
25:47ce blocage
25:48autour de l'âge légal ?
25:49Il faut qu'on arrête
25:50de demander aux politiques
25:51leur avis sur ce sujet.
25:52Il faut qu'ils arrêtent
25:52de s'en occuper
25:53et que ce soit
25:54un pilotage automatique
25:56en fonction
25:56de l'espérance de vie
25:57comme ils ont fait au Portugal.
25:59Ce ne sont pas
25:59des extrémistes
26:00qui ont décidé ça,
26:00c'est plutôt des gens
26:01qui étaient plutôt
26:02orientés à gauche.
26:03Donc, ils ont décidé ça
26:06la logique.
26:07Aujourd'hui,
26:08ils sont à 66 ans
26:09et 7 mois.
26:10Et le sujet maintenant,
26:12c'est qu'il y a
26:13de plus en plus
26:13de pays de l'OCDE
26:14et d'Europe
26:15qui sont en train
26:15de rejoindre
26:16ce système
26:17de pilotage automatique.
26:18Pilotage automatique,
26:19ça veut dire que
26:20l'espérance de vie augmente.
26:22On augmente automatiquement
26:23l'âge légal
26:25de départ en retraite.
26:26Aujourd'hui,
26:26l'espérance de vie
26:27à 65 ans d'une femme
26:29est de 23,4 ans.
26:32Et dans les prochaines années,
26:34d'ici 2070,
26:35ce sera 26,7 ans.
26:38Et ce n'est pas
26:39des années en mauvaise santé.
26:40C'est précis.
26:41Ce n'est pas des années...
26:42Il faudra mourir.
26:43C'est prévu aussi.
26:44L'État a tout prévu.
26:46Les défenses d'assurance santé
26:48et la date de votre décès.
26:50Et là,
26:50on vous prendra
26:51les droits de succession.
26:52Les années qu'on va gagner,
26:53vous et moi et tous
26:54ici,
26:54sur ce plateau,
26:55on ne va pas les gagner
26:56en mauvaise santé,
26:57on va les gagner
26:57en bonne santé.
26:58C'est 25 ans aujourd'hui
26:59à retraite en France.
27:01C'est le temps maximum
27:02au monde,
27:03si je ne m'abuse.
27:04Il faut qu'on attende quoi ?
27:05Qu'on attende de payer
27:06pendant 30 ans
27:06des gens à la retraite
27:07avec bientôt
27:09un seul actif
27:09pour financer un retraité
27:11et donc se retrouver
27:12avec un système
27:13qui crache
27:14parce qu'à ce moment-là,
27:15ce sera absolument
27:15plus finançable.
27:17Donc,
27:17c'est vrai que
27:18c'est contre-intuitif.
27:19Vos salariés,
27:19Laurent,
27:20ils disent
27:21moi,
27:21je vais partir tout de suite
27:22pour éviter
27:22qu'il n'y ait plus d'argent.
27:23En fait,
27:24c'est exactement l'inverse
27:24qu'il faut faire,
27:25c'est qu'ils partent plus tard
27:26pour justement
27:27qu'il y ait encore de l'argent.
27:28Donc,
27:28il y a une énorme pédagogie
27:30à faire
27:30et à la fois,
27:32les retraités
27:33et les futurs retraités
27:34devraient aujourd'hui
27:35manifester
27:36pour repousser
27:37l'âge de départ
27:37à la retraite
27:38pour avoir
27:38les meilleures retraites possibles.
27:40C'est aussi une question
27:41de rapport au travail.
27:42Mais ce n'est pas que de la pédagogie,
27:43il y a aussi de la fiscalité,
27:44mais ça,
27:44c'est le teasing
27:45parce qu'on en reparlera après.
27:47Il faut que le travail paye.
27:48Je suis désolé,
27:49il y en a qui décrit
27:50ce principe,
27:51mais c'est la base.
27:52Quand vous avez des collaborateurs,
27:53moi,
27:53je connais beaucoup de gens
27:54qui veulent travailler.
27:55Simplement,
27:56ils font un arbitrage.
27:57S'ils travaillent
27:58le samedi et le dimanche
27:58parce qu'on a besoin d'eux
27:59et qu'ils restent quasiment que dalle,
28:01donc c'est la première question
28:02de l'émission,
28:03trop d'impôts tue l'impôt.
28:05C'est la version française
28:06de l'affaire.
28:07Si on leur dit
28:08vous restez plus tard au travail
28:09mais qu'on leur pique
28:10une bonne partie,
28:11c'est très rationnel.
28:11On n'attrape pas les mouches
28:12avec du vinaigre.
28:13Il n'y a pas besoin de sortir
28:14si vous voulez,
28:15voyez,
28:16le polytechnique
28:16pour comprendre ça.
28:17Allez voir,
28:18sur le site du Medef,
28:19ils ont eu une initiative
28:20très intéressante,
28:21un comparateur
28:21super brut et du net
28:23entre la France,
28:24l'Allemagne,
28:25l'Espagne et l'Italie.
28:27Si on prend le salaire médian
28:28français qui est autour
28:29de 2300 euros,
28:302200 euros net,
28:32il y a des écarts
28:33de 500 euros
28:35sur la fiche de paye
28:35entre la France et l'Espagne.
28:37C'est énorme.
28:37Ça coûte plus de 4000 euros
28:38en super brut en France,
28:40moins de 4000 en Espagne
28:41et c'est 500 euros net
28:42en plus dans la poche
28:43du travailleur espagnol
28:44par rapport à ce qu'on paye
28:45en France.
28:46Regardez,
28:46vous avez en France
28:47un phénomène qui est,
28:48moi j'ai connu ça aux Etats-Unis
28:49il y a 40 ans,
28:50il y a de plus en plus de gens
28:51qui ont d'autres jobs,
28:52qui travaillent le week-end.
28:54Donc,
28:55ce n'est pas que les gens
28:55ne veulent pas travailler.
28:57Mais simplement,
28:57il ne faut pas,
28:58il faut que le travail.
28:59C'est aussi basique que ça.
29:00Il faut aussi
29:01que le minimum vieillesse
29:02par rapport à la retraite moyenne
29:04soit quand même
29:05pas trop élevé
29:06parce que si au bout d'un moment
29:07on se dit
29:07finalement si je ne travaille pas
29:09et qu'à la fin de ma vie
29:10je demande une aide
29:11à la puissance publique
29:14et que finalement
29:15ce n'est pas si décalé que ça
29:16que ce que je vais toucher
29:17en ayant travaillé
29:19toute ma vie
29:19et qu'on fère
29:20des retraites d'agriculteurs
29:21ou autre,
29:22c'est vrai que ça désincite
29:24aussi le travail.
29:25Donc,
29:25c'est pour ça
29:27que ceux qui sont contre
29:28le fait de geler
29:30les aides sociales
29:31en valeur,
29:32ils n'ont rien compris.
29:34Il faut absolument
29:35geler les aides sociales
29:35en valeur
29:36pour pouvoir inciter
29:38à retourner vers l'emploi
29:39c'est-à-dire le fil rouge
29:40ça doit être toujours
29:41le travail.
29:41La revalorisation du travail
29:43ce sera certainement
29:44un des grands thèmes
29:44de la présidentielle 2027
29:46évidemment,
29:46on en reparlera.
29:47On se retrouve après
29:48une très courte page de pub
29:50où on va parler
29:51de la grande transmission.
29:53La France est prête
29:54à transmettre
29:55370 000 entreprises
29:56d'ici 5 ans
29:58et puis on verra
29:58si la nationalisation
29:59d'ArcelorMittal
30:01en France
30:01est une bonne solution
30:02ou pas.
30:03Ne quittez pas,
30:04à tout de suite.
30:06BFM Business
30:11et la Tribune
30:12présente
30:12Les Experts
30:14Raphaël Legendre
30:15Allez, on est de retour
30:18pour la seconde partie
30:19de l'émission
30:19avec toujours comme invité
30:21Agnès Verdier-Mollinier,
30:22Jean-Marc Daniel,
30:23Laurent Wronski
30:24pour parler
30:25de la grande transmission
30:27c'est 370 000 entreprises
30:31TPE, PME,
30:32on va donner les chiffres
30:33d'ailleurs,
30:34310 000 TPE,
30:3558 000 PME
30:36et 1200 ETI
30:38doivent être transmis
30:39d'ici 2030.
30:40C'est une étude
30:41BPI France
30:42qui nous le dit
30:43aujourd'hui
30:44et qui tire un peu
30:45la sonnette d'alarme
30:46Laurent Wronski
30:47parce qu'on n'est pas prêt.
30:48On n'est pas prêt
30:49pour différentes raisons.
30:50Qu'est-ce que...
30:50Alors, vous-même,
30:52vous êtes peut-être
30:53concerné par des sujets
30:54de transmission
30:54un jour ou l'autre.
30:55Est-ce que vous avez appréhendé
30:57cette transmission ?
30:58C'est l'une des premières questions
30:59que pose cette étude.
31:0028% des chefs d'entreprise
31:02n'ont rien préparé.
31:04Vous savez, dans la vie,
31:04il n'y a que deux choses
31:05de certaines.
31:06C'est la mort et les impôts.
31:07Donc, oui,
31:08on n'est pas éternel.
31:09Donc, moi,
31:10je n'ai pas l'intention
31:11de prendre ma retraite
31:12à 60 ans.
31:12Dans ce temps,
31:13j'en ai 62.
31:13Donc, c'est assez réglé.
31:15Mais je veux dire
31:15que je pense,
31:16très modestement,
31:17être assez représentatif
31:18du tissu industriel
31:20que je connais bien.
31:21Absolument.
31:21Où la moyenne d'âge
31:22des dirigeants,
31:23elle est quand même
31:24plus proche des 70
31:25que des 25.
31:27Donc, là,
31:28là aussi,
31:30c'est pareil.
31:31En dehors de tout
31:31dogmatisme politique
31:32et de toute doxa,
31:34il y a un vrai sujet
31:36sur qu'est-ce qui va se passer.
31:37Parce que malheureusement,
31:38je connais beaucoup
31:38d'entreprises
31:39qui ferment
31:40et qui sont en bonne santé.
31:41Mais simplement,
31:42il n'y a pas de repreneurs.
31:44Alors, ce n'est pas simplement
31:44des questions fiscales,
31:45c'est aussi des questions
31:46d'attractivité.
31:47Oui.
31:48C'est aussi des questions
31:49de pyramide des âges.
31:51C'est-à-dire que souvent
31:51dans les débats
31:52économiques,
31:53il y a un élément
31:54qui est quand même fondamental
31:55et qui est toujours absent,
31:56c'est la pyramide des âges.
31:57Je veux dire,
31:57on peut faire toutes
31:58les grandes théories,
31:58mais globalement...
31:59Un dirigeant sur quatre
32:00a plus de 60 ans aujourd'hui.
32:01Alors, si on ignore
32:02la pyramide des âges,
32:03je pense qu'on passe
32:04à côté quand même
32:04de l'éléphant
32:05qui est au milieu de la pièce.
32:06Et pour la France,
32:09c'est vraiment...
32:09Alors, il n'y a pas
32:10que pour la France,
32:10mais en tout cas,
32:11pour la France,
32:11c'est un enjeu fondamental,
32:13surtout pour les questions
32:14de souveraineté industrielle
32:16et notamment de souveraineté
32:17au niveau de la défense.
32:18C'est-à-dire que
32:19Hervor est une entreprise
32:20qui fait partie
32:20de la BITD,
32:21c'est-à-dire,
32:22c'est le terme savant
32:23pour les entreprises
32:23qui sont jugées stratégiques...
32:26Base industrielle
32:26et technologique de défense.
32:27Voilà, dans le cas
32:28d'un effort de guerre.
32:29Depuis quelque temps,
32:31je dirais,
32:32on entend quand même
32:33le bruit des sabres
32:33qui se rapproche.
32:35Et par rapport à ça,
32:36quand on entend
32:36le bruit des sabres,
32:37il faut savoir les fabriquer.
32:38Bon.
32:39Et ça, je suis désolé,
32:40mais dans des plaises
32:41à certains,
32:42on ne peut pas les fabriquer
32:43forcément à Mumbai.
32:44Il faut aussi savoir
32:44les fabriquer à Argenteuil.
32:46Parce que le jour
32:47où celui qui est à Mumbai
32:48utilise, si vous voulez,
32:49sa capacité géopolitique
32:50en fermant le robinet
32:51pour arriver à ses fins,
32:53on a un petit problème.
32:54Donc, ce problème aujourd'hui,
32:56on arrive finalement
32:58au bout de l'histoire
32:59parce que cette situation
33:00a été largement documentée,
33:03décrite, alertée,
33:04très modestement
33:05par des gens comme moi.
33:07Est-ce que les choses ont bougé ?
33:09Non.
33:09Il faut savoir que,
33:10si vous voulez,
33:10on sort quand même
33:11de 30 ans d'oubli industriel.
33:13Donc là, maintenant,
33:13tout d'un coup,
33:14avec le Covid,
33:14il y a une prise de conscience
33:15que finalement,
33:16ces sujets que les industriels
33:17eux-mêmes portaient
33:17étaient des sujets
33:18qui concernaient tout le monde.
33:19Donc là, la question,
33:20et c'est pour ça
33:21que si on reboucle encore une fois
33:22avec la première question
33:23que vous nous avez posée
33:24sur les impôts, etc.,
33:25quand j'entends les débats
33:26à l'Assemblée
33:27sur le pacte d'Utreil,
33:29qui d'abord a été
33:29un outil de transmission
33:30pour éviter que les entreprises
33:32soient rachetées
33:34par les entreprises étrangères,
33:35qui ne sont pas toutes
33:36bienveillantes malheureusement,
33:38que les savoir-faire disparaissent
33:39et qu'on explique
33:40que le Dutreil,
33:40c'est fait globalement
33:42pour abriter des yachts.
33:45Alors, je pense que là,
33:46si vous voulez,
33:47on est dans le cadre
33:47du totem politique
33:48et on est à des années-lumière
33:49de la réalité du terrain.
33:51La réalité du terrain,
33:52c'est qu'aujourd'hui,
33:54vous prenez par exemple
33:54la direction générale
33:55de l'armement,
33:56elle a compris
33:57que c'était un vrai enjeu
33:58et donc elle s'active
33:59depuis maintenant
34:00quelques années
34:01pour préserver
34:02ce savoir-faire.
34:03Et la bonne nouvelle,
34:05c'est que la France,
34:06même si en nombre,
34:07elle a comme des péris,
34:08beaucoup de ces savoir-faire
34:09existent encore.
34:10Mais ça existe
34:11sur des micro-boîtes.
34:12Il y a des sociétés
34:13qui font moins de 3 millions
34:14d'euros de chiffres d'affaires.
34:15Oui, l'industrie de l'armement,
34:16c'est vraiment des petites...
34:17Mais c'est pareil
34:17pour beaucoup de choses.
34:18C'est-à-dire que vous avez
34:19beaucoup de secteurs
34:19où vous êtes le dernier
34:20de Hervor
34:21et le dernier fabricant français
34:22de compresseurs d'air.
34:22On utilise des compresseurs d'air
34:24dans énormément de secteurs.
34:25On est la dernière
34:25entreprise française.
34:27Donc, la question
34:27qu'il faut se poser,
34:28c'est est-ce que c'est important
34:29que nous conservions ce savoir ?
34:32Alors, la réponse est oui.
34:33Je ne pense pas
34:34qu'il faut que l'État
34:35nationalise Hervor,
34:35je suis contre bien évidemment,
34:37mais j'espère pouvoir
34:38transmettre cette entreprise
34:39qui a un vrai savoir-faire
34:40qui fait de ses 80 ans aujourd'hui
34:42à des repreneurs
34:45qui pourront...
34:46Comme la Sécu.
34:46...qui pourront le faire fructifier.
34:48Mais ça va se passer
34:49dans les 5 ans.
34:50Je sens que Mumbai
34:51veut répondre.
34:52Oui, mais...
34:52Ce que je trouve intéressant
34:54parce que Mumbai,
34:55c'est directement une mise en cause
34:57de mes propos.
34:58Non, non, je pensais
34:59à ça comme ça.
34:59Oui, oui, oui.
35:01Comme ça, comme par hasard.
35:03Ce qui prouve
35:04que les grands esprits
35:05se rencontrent.
35:06Toujours, cher Jean-Marc.
35:07Surtout autour de cette table,
35:08de manière générale.
35:10Ce que je trouve intéressant
35:11dans ce que vient de dire Laura,
35:12c'est qu'effectivement,
35:12on ne trouve personne
35:13pour fabriquer le sabre,
35:15mais on ne trouvera personne
35:16aussi pour tenir le sabre.
35:17Ça ne sert à rien
35:18de fabriquer des sabres en France.
35:19Il n'y a personne
35:20pour le tenir.
35:21Et donc, le véritable enjeu,
35:22il l'a dit,
35:23l'enjeu est démographique.
35:24C'est-à-dire qu'effectivement,
35:25nous avons une chute
35:27du nombre de naissances
35:28qui est spectaculaire en Europe,
35:30qui commence à prendre
35:30des proportions
35:31encore plus inattendues
35:32en France que ce qui avait été
35:33l'INSEE.
35:33L'INSEE l'a répété hier.
35:34L'INSEE l'a répété hier.
35:36L'INSEE l'a répété hier.
35:36La vitesse à laquelle
35:38notre démographie se détériore
35:39est beaucoup plus rapide
35:42et beaucoup plus élevée
35:43que ce que nous avions anticipé
35:44il y a encore 2-3 ans.
35:46Et donc, tous les discours,
35:48quand Laurent dit
35:49le diagnostic est là,
35:50mais c'est faux.
35:51Le diagnostic n'est pas là.
35:52On continue à nous sortir
35:54des rapports draguis
35:55et tout ça en disant
35:56il faut investir en Europe,
35:58il faut utiliser au mieux
35:59nos capacités.
36:00On les a plus, ces capacités.
36:02Ce qu'il faut investir,
36:03ce qu'il faut préparer,
36:04c'est la silver économie.
36:05Il faut s'adapter au fait
36:06qu'il va falloir prendre en compte
36:07tous ces gens
36:08dont l'espérance de vie augmente
36:09ou alors, effectivement,
36:11on peut les tuer.
36:13Je veux dire,
36:13c'est ce que disait
36:14un premier ministre japonais.
36:16Il disait
36:16la force de la croissance économique,
36:18ça nous a permis d'échapper
36:19à la balade de Narayama.
36:20Là, c'est un délire...
36:22La balade de Narayama...
36:23Non, non, mais justement,
36:24la balade de Narayama,
36:26c'était que...
36:26Connu de tous.
36:27Oui, c'est un film
36:28qui a été pris à Cannes
36:30où on raconte comment,
36:31avant l'ère Meiji,
36:32avant la croissance économique,
36:33effectivement,
36:34au Japon,
36:34on a organisé une balade
36:35pour tuer les vieux.
36:38Alors, on n'en est pas là,
36:39mais je veux dire...
36:39Voilà, c'est ça,
36:40on ne va peut-être pas non plus...
36:41On n'en est pas là,
36:42et c'est pas...
36:42C'est très réjouissant.
36:43Mais ce qu'il faut,
36:45c'est préparer,
36:46effectivement,
36:46de ne jamais en arriver là.
36:48Et pour préparer ça,
36:49le Japon l'a fait,
36:50la Corée est en train de le faire,
36:51la Corée,
36:52elle a porté à 52 heures
36:53la durée hebdomadaire du travail,
36:55et puis elle est en train
36:56de mettre en place,
36:57effectivement,
36:58des systèmes d'acquisition
37:00d'entreprises à Mumbai
37:02pour avoir, effectivement,
37:03les revenus de la jeunesse
37:05là où elle est.
37:06Et donc, ce qu'il faut faire,
37:07c'est...
37:07Le BPI a raison,
37:08se poser la question de savoir
37:09qu'est-ce qu'on doit transmettre,
37:11est-ce qu'il y a des choses
37:12à transmettre ?
37:13Ah bah là, visiblement,
37:14il y a 370 000,
37:15il y a trois fois plus
37:16d'entreprises à transmettre
37:17dans les cinq prochaines années
37:18que ce qu'on connaît aujourd'hui.
37:19Dans ces 360 000 entreprises,
37:20qui va les racheter ?
37:21C'est-à-dire,
37:21il y en a qui vont disparaître,
37:22il y en a qui vont être rachetées,
37:24récupérées par des Français,
37:25et puis il ne faut pas
37:25se faire d'illusions.
37:27S'il n'y a personne
37:27pour les récupérer,
37:28elles vont être récupérées
37:29par des gens,
37:30par des étrangers,
37:31des étrangers et des jeunes.
37:32Donc le véritable enjeu,
37:33c'est d'avoir une réflexion
37:34sur notre chute démographique,
37:37notre rapport à la jeunesse
37:38et notre capacité
37:39à lier des liens politiques
37:41apaisées avec les endroits
37:43où sont les jeunes.
37:44Le véritable enjeu maintenant,
37:45ça devient un enjeu
37:46de pourquoi est-ce que
37:47les gens qui sont à Mumbai
37:48accepteraient de travailler
37:49pour nous et avec nous.
37:50Et c'est ça la question.
37:51L'un n'est pas forcément antinomique
37:53avec le fait de vouloir préserver
37:54une base nationale
37:55et souveraine,
37:56industrielle, française.
37:57Mais est-ce qu'on a
37:58le bon cadre,
37:59Agnès Verdier-Molinier,
38:00pour faciliter ces transmissions ?
38:03Et est-ce que le sujet,
38:05c'est le cadre,
38:06c'est les financements
38:07ou le cadre administratif ?
38:09Ou, encore une fois,
38:1028% des chefs d'entreprise
38:12qui n'ont pas anticipé
38:14cette transmission aussi ?
38:15Et encore une fois,
38:16c'est acquis.
38:17Ils sont où ?
38:18Ces derniers jours,
38:20on a eu un nouveau sujet
38:22qui est sorti dans le débat public,
38:23c'est l'héritage.
38:24Oui.
38:25Alors, on a eu la journée
38:26de l'héritage,
38:28c'était hier ou avant-hier
38:29sur France Info.
38:30On parlait de l'héritage
38:31toute la journée
38:32et il y avait l'idée
38:33qu'il y avait 9 000 milliards
38:35de patrimoine.
38:37C'est parti de la grande transmission,
38:38effectivement.
38:39Ça s'appelle la grande transmission.
38:41Alors, il y a une étude
38:41de la Fondation Jean Jaurès
38:42qui dit,
38:43voilà, il y a 9 000 milliards
38:44qui vont être transmis
38:45dans les 15 ans qui viennent.
38:47Et alors,
38:48la conclusion,
38:49devinez, Raphaël,
38:49la conclusion de cette étude ?
38:51C'est que ça va
38:52des retraités aux retraités.
38:53Il faudrait faire un impôt.
38:54Ah oui, aussi.
38:55Un grand impôt
38:56sur cette grande succession
38:58qui nous arrive.
38:59Ça suscite des appétits.
39:00Et alors,
39:01ils proposent un barème.
39:02Alors, nous,
39:02on est déjà à 45% au maximum
39:03en ligne directe
39:05sur l'imposition
39:06sur les successions.
39:08On est plus cher
39:09que tout le monde
39:09parce que les Allemands,
39:10les Italiens, etc.
39:11Enfin bon,
39:12en gros,
39:13on est entre 0 et 30%
39:14sur le max.
39:15Et les Suédois,
39:18je l'ai rappelé tout à l'heure,
39:18sont à 0%.
39:19Les Autrichiens aussi.
39:20Enfin bref,
39:20quand on fait une tour d'Europe,
39:22on voit qu'on est
39:23au maximum de la taxation.
39:24Eh bien non,
39:24il faudrait passer
39:25de 45 à 50%.
39:26Voilà la grande idée.
39:29Et donc,
39:30ce sujet de la transmission,
39:31il va monter
39:31comme a monté
39:32la taxe d'Houkman
39:33parce que ça relève
39:34de la même idée fondamentale.
39:38C'est qu'il y a des sous.
39:40Il faut aller les chercher
39:40là où ils sont.
39:41D'ailleurs,
39:41c'est un peu ce que
39:42Sandrine Rousseau avait dit.
39:43D'ailleurs,
39:43elle a proposé aussi
39:44une taxation au premier euro.
39:46Donc,
39:47le sujet maintenant,
39:49c'est qu'on se pose
39:50la question
39:51de comment on peut garder
39:53nos entreprises chez nous
39:54parce qu'elles vont être transmises.
39:55et c'est exactement l'inverse
39:57de ce qui est proposé
39:58qu'il faut faire.
39:59D'ailleurs,
39:59le Dutreuil a été très attaqué
40:01pendant la discussion
40:01parlementaire sur le budget.
40:04Pourquoi très attaqué ?
40:05Parce que,
40:06soi-disant,
40:07il y a des abus,
40:08etc.
40:08La Cour des comptes
40:09a sorti un rapport
40:10pour critiquer le Dutreuil.
40:12Un rapport qui dit
40:13que ça coûte plus de 5 milliards d'euros.
40:14Critiquer pour chiffrer,
40:15d'abord,
40:16ce qu'on n'avait pas.
40:16On pensait que ça coûtait
40:17500 millions,
40:18ça coûte 5 milliards et demi
40:19et dire qu'il y a peut-être
40:20des amendements à faire,
40:22des réformes.
40:23Mais la Cour des comptes
40:25n'a pas fait d'annexe
40:27dans son rapport
40:28pour dire
40:28si on était taxé
40:30au même taux
40:30que les Suédois
40:31ou les Autrichiens
40:32sur la transmission d'entreprise
40:33ou que les Italiens
40:34ou que les Irlandais,
40:35finalement,
40:36ça coûterait zéro,
40:37en fait,
40:37le Dutreuil,
40:38voire quelques petites centaines
40:42de milliers d'euros
40:43et ce ne serait pas du tout
40:45un sujet.
40:46Donc,
40:46pourquoi est-ce que ça coûte,
40:47entre guillemets,
40:48parce qu'on taxe
40:49beaucoup trop
40:50et qu'en fait,
40:51ce coût,
40:52il est virtuel.
40:53Et en fait,
40:54est-ce qu'on a
40:54une évaluation dynamique
40:56de ce que ça rapporte
40:58au pays ?
40:58Alors,
40:59ils disent
40:59« Ah,
40:59ça stabilise l'actionnariat
41:00et il y a moins de faillites. »
41:01Alors déjà,
41:02quand même,
41:02ce n'est pas si mal
41:03d'avoir moins de faillites,
41:04mais ils ne nous font pas
41:05une vraie étude
41:05sur l'emploi
41:07qui permettrait...
41:08Et sur la création de valeur
41:09quand on transmet
41:10sur une,
41:10deux,
41:10trois générations.
41:11Et donc,
41:12la proposition
41:13qu'il faudrait faire,
41:14c'est taxer à zéro
41:15les transmissions
41:16de toutes ces entreprises.
41:17Parce que là,
41:18cette étude,
41:19c'est 370 000 entreprises,
41:21mais il y a une autre étude
41:22de BPI France
41:22qui dit que
41:23dans les prochaines années,
41:24la moitié des entreprises
41:26familiales
41:26dans les dix prochaines années
41:27vont être transmises.
41:28La moitié.
41:30Et en fait,
41:31il y a un quart
41:32des dirigeants
41:33qui ont plus de 60 ans
41:34et la plupart,
41:36ils n'ont pas encore
41:37fait de plan
41:38de transmission.
41:39Oui,
41:39c'est la question
41:40que je vous posais tout à l'heure.
41:41Est-ce qu'il n'y a pas
41:41un manque de préparation
41:42aussi des chefs d'entreprise
41:43qui ne planifient pas
41:45ou qui ont du mal
41:45à planifier la succession
41:46et la transmission ?
41:47Parce qu'on est dans
41:48la complexité,
41:49parce que si on était
41:50à une taxation
41:51de zéro pour cent
41:51sur les donations
41:52et les successions
41:53quand on transmet
41:53une entreprise,
41:54ça ferait longtemps
41:55qu'on aurait des plans
41:57qui seraient beaucoup
41:57plus préparés en amont.
41:59Là,
41:59ce qu'on oublie de dire,
42:00c'est que malgré
42:00le Dutreil,
42:01le coût de transmission
42:02de l'entreprise en France,
42:03il est toujours autour
42:04de 10%.
42:05C'est très cher.
42:07D'ailleurs,
42:08les holdings
42:08qui ont été attaqués
42:09pendant le débat parlementaire
42:10aussi,
42:11elles servent aussi beaucoup
42:12à avoir de la trésorerie
42:14pour pouvoir payer
42:15ce qui reste
42:16de droit de succession
42:17à payer.
42:17Parce que quand vous avez
42:18un abattement de 75%,
42:20il faut quand même payer
42:20sur les 25%
42:21qui restent
42:22et vous transmettez
42:23des boîtes
42:24et avec des valeurs
42:26qui sont importantes
42:26et donc vous avez
42:27des niveaux importants
42:29de fiscalité
42:30quand même à payer.
42:31Donc,
42:31moi,
42:32j'aimerais qu'on mette
42:33sur la table cette idée
42:34que si on veut transmettre
42:35les boîtes,
42:36si on veut les garder
42:36en France,
42:37c'est à zéro
42:38qu'il faut taxer
42:39ces successions
42:40et ces transmissions.
42:43Laurent ?
42:45Alors,
42:45je vais revenir
42:46sur la vision
42:48assez catastrophiste
42:50de Jean-Marc
42:51que oui,
42:52de toute façon,
42:52c'est foutu,
42:53on ne fait plus d'enfants,
42:55il faut aller
42:55là où il y en a.
42:57Alors,
42:58on n'a pas dit
42:58qu'en France...
43:01Il faut tuer nos vieux
43:02pour boucler le tout.
43:06C'est ce qui nous menace.
43:07Si j'ai bien compris,
43:08on n'a pas dit
43:09que les femmes en France
43:10ne faisaient plus d'enfants.
43:11On a dit qu'elles en faisaient moins.
43:13C'est quand même pas la même chose.
43:14Donc,
43:15ça veut dire que oui,
43:15effectivement,
43:16en termes de renouvellement,
43:17ça ne sera pas exactement pareil.
43:18Quand j'ai dit ça,
43:19j'ai tout dit.
43:20La question...
43:21Je répète quand même
43:23que l'industrie,
43:24dans son ensemble,
43:26c'est quand même en France
43:27moins de 10%.
43:27Donc,
43:28on n'est pas en train
43:29de parler d'un empire industriel.
43:32On n'est pas en Chine.
43:33Malheureusement.
43:34Malheureusement.
43:34Donc,
43:35ça veut dire quoi ?
43:36On vient d'en parler.
43:40Je veux dire,
43:40Agnès,
43:41on a largement parlé.
43:42Il y a des questions fiscales,
43:43il y a des questions,
43:44il y a plein de choses,
43:45mais il y a aussi surtout
43:46des questions d'attractivité.
43:47C'est-à-dire que
43:48quand aujourd'hui,
43:49vous allez avoir
43:50des destructions massives
43:51d'emplois
43:52dans des tas de métiers
43:53intermédiaires dus à l'IA,
43:54je veux dire,
43:55quelque part,
43:56pour les entreprises industrielles,
43:57c'est sans doute
43:57une opportunité extraordinaire
43:59d'être plus attractif,
44:00de se réinventer,
44:01d'attirer des tas de compétences.
44:03Donc,
44:04plutôt que de se dire
44:04on va tous partir à Mumbai,
44:06je pense que la question
44:07qu'il faut se poser,
44:08c'est comment on se réinvente
44:10pour garder ces compétences,
44:12pour trouver des gens
44:13à qui transmettent
44:14les entreprises,
44:15qui vont faire autre chose
44:16que les dépecer
44:17et puis exporter
44:18le savoir-faire
44:19dans des pays,
44:20par exemple,
44:20comme la Chine,
44:22c'est ça la question.
44:23Moi, je suis très serein
44:24et très optimiste.
44:26Par contre,
44:26quand on parle de préparation,
44:27vous avez raison.
44:27Pourquoi ?
44:28Parce qu'à la tête
44:28de toutes ces PME,
44:29vous avez des gens,
44:30c'est le troisième enfant
44:30de la famille,
44:31l'entreprise.
44:31Mais oui,
44:32maintenant,
44:34et ça,
44:34c'est un jugement
44:35qui m'est un fait personnel,
44:37moi, je considère,
44:38parce que l'un des drames
44:38de ce pays,
44:39on parle de vieux,
44:40qui est un terme terrible.
44:42Je veux dire,
44:42avant, on parlait d'ancien.
44:43L'ancien,
44:44c'est celui qui savait.
44:45Le vieux,
44:46c'est l'inutile.
44:46C'est le type qu'on emmène
44:47dans le marais
44:48et qu'on va noyer
44:49pour éviter que ça soit
44:50une bouche inutile.
44:51C'est terrible.
44:52C'est ce qu'on vit
44:52dans le monde professionnel.
44:54Mais des gens comme nous,
44:55autour de cette table,
44:56qui avons toute cette expérience,
44:58je veux dire,
44:59justement,
45:00il faut la mettre à profit
45:01pour que notre pays
45:02évite de sombrer dans l'abîme.
45:04Moi, à 62 ans,
45:05je considère que je ne suis
45:06pas du tout prêt
45:06partir à la retraite
45:07et je n'ai pas de sujet.
45:08Ça ne concerne que moi.
45:09Donc, la préparation,
45:11ce n'est pas simplement
45:11« Ah ben tiens,
45:12je n'y avais pas pensé ».
45:12Évidemment que tout le monde
45:13y pense.
45:13Et ce n'est pas simplement
45:14« Oh là là,
45:15je vais payer beaucoup de droits ».
45:16Évidemment que tout le monde
45:16y pense.
45:17Mais c'est tout ce que j'ai évoqué.
45:19Et je pense vraiment
45:20qu'on peut conserver
45:22des savoir-faire industriels
45:23en France de manière intelligente.
45:24Bon, si c'est pour faire
45:25des t-shirts,
45:25ça, à mon avis,
45:26ce n'est pas très intéressant.
45:27Mais tout ce qui concerne
45:28notamment les questions
45:29de défense,
45:29les questions extrêmement pointues,
45:31la fabrication de drones
45:32ou de compresseurs
45:33comme nous,
45:34nous le faisons,
45:35je pense qu'on a
45:36un vrai avenir.
45:37Simplement,
45:38il faut capter les talents
45:39et il faut éviter
45:41qu'ils partent ailleurs surtout.
45:43Oui, par rapport
45:43à ce que vient de dire Laurent,
45:44effectivement,
45:45je ne suis pas en désaccord
45:46avec l'idée
45:46qu'il faut capter les talents,
45:47les gardes
45:47et je rappelle quand même
45:48que maintenant,
45:49c'est pratiquement...
45:49Parce qu'il y a de plus en plus
45:50difficile quand même.
45:51Oui, la moitié
45:51d'une promotion
45:52des grandes écoles d'ingénieurs
45:53qui part.
45:54Eh oui, ça, c'est un brame.
45:55Ça aussi, ça s'en va.
45:57Il y a le faible
45:57du déclassement français.
45:58Oui, oui, absolument.
45:59Et ça, c'est pas uniquement
46:02une question de fiscalité,
46:03c'est parce que les entreprises,
46:04indépendamment de la fiscalité,
46:06ne paient pas les gens assez.
46:07C'est-à-dire qu'il y a
46:08une espèce de discours.
46:10Quand vous regardez
46:10les offres d'emploi
46:12qui sont distribuées
46:13à l'école polytechnique
46:14ou à la centrale
46:14par des entreprises américaines,
46:17des gens qui n'ont encore
46:18aucune formation,
46:19qui sont simplement
46:20des étudiants,
46:21qui sont à 500 000 dollars,
46:23par le salaire d'embauche
46:25du premier emploi.
46:27Sur la base, effectivement,
46:28des études qu'ils ont faites,
46:29des spécialités qu'ils ont adoptées
46:31au sein de ces écoles.
46:31Oui, avec tous les coûts
46:32de la scolarité,
46:33de la santé,
46:34qui ne sont pas les mêmes
46:34aux Etats-Unis qu'en France.
46:35Oui, mais enfin, quand même,
46:36il y a quand même,
46:37derrière tout ça,
46:38il y a un mort.
46:39Et ce qui me frappe,
46:41c'est parce qu'on parle
46:42de l'industrie,
46:43mais on a le même problème
46:43dans l'agriculture.
46:45Les pays ne s'occupent pas
46:46immédiatement de l'agriculture,
46:48mais vous écoutez le discours
46:50des organisations agricoles.
46:51La plupart des exploitants agricoles
46:54sont des personnes âgées,
46:56des vieux, des anciens.
46:57Des anciens.
46:57Des anciens.
46:59Et leur problème,
47:00c'est de trouver déjà
47:01à qui à transmettre
47:02leur exploitation agricole.
47:04Donc, je pense que
47:05ce qui me frappe,
47:07pour revenir sur l'étude
47:09de la Fondation Jean Jaurès,
47:10effectivement,
47:11on est un peu comme dans la...
47:12Vous savez,
47:13dans la chanson des Beatles,
47:14Mr. Taxman.
47:16Vous me connaissez ?
47:17Oui, bien sûr.
47:17Les Beatles,
47:18le Mr. Taxman étant
47:19Aaron Wilson,
47:20et donc dans le poupé,
47:21à chaque fois qu'il y a un problème,
47:22pof,
47:23Mr. Taxman arrive
47:23et il ne sait faire qu'une chose,
47:25c'est inventer un impôt.
47:26Bon, donc ça,
47:28c'est la Fondation Jean Jaurès,
47:29c'est Aaron Wilson,
47:30c'est cette tradition intellectuelle.
47:32Maintenant,
47:32les gens qui ne sont pas
47:34sado-fiscalistes,
47:34qui ne sont pas Mr. Taxman,
47:36je pense qu'il ne faut pas non plus
47:37qu'ils se perdent
47:37dans des querelles byzantines,
47:39c'est-à-dire
47:39se battre sur le sexe des anges
47:41alors que les Turcs sont aux portes.
47:43Je pense que les Turcs
47:44qui sont à nos portes,
47:45c'est notre effondrement démographique
47:47et notre effondrement climatique.
47:49Et je pense que c'est ça
47:50les enjeux que la population,
47:52ça devrait être ça,
47:53les enjeux des campagnes électorales,
47:54de la prochaine campagne électorale.
47:57Je crains tel que c'est parti,
47:59que ce soit de nouveau...
48:01Oui, je ne suis pas sûr
48:01que ce soit sur le haut
48:02de la pile des sujets.
48:03Voilà,
48:03que ce soit de nouveau
48:05l'âge de départ à la retraite
48:07alors que ça devrait être acquis,
48:08que ce soit de nouveau...
48:10Ah ben là,
48:11on est en train de poser aujourd'hui
48:12dans cette loi de finances
48:13et dans ce budget
48:14les sujets qu'on aura en 2027.
48:16Il va falloir trouver des candidats
48:17qui acceptent
48:18de défendre l'allongement
48:20de la durée du travail.
48:22Ça ne va pas être simple.
48:23Un mot rapidement,
48:24je voudrais qu'on parle d'Arcelor.
48:25La question de la démographie
48:26de la natalité.
48:28On a baissé le quotient familial.
48:30Oui.
48:31On a...
48:31Sous François Hollande.
48:32On a quand même renié
48:34l'incitation fiscale
48:35à avoir des enfants en France.
48:36On nous dit beaucoup quand même
48:38qu'avoir des enfants,
48:39ça pollue,
48:40c'est mauvais pour l'environnement,
48:41etc.
48:41C'est quand même un petit peu
48:42ce qu'on nous dit
48:44toute la journée.
48:47Et finalement,
48:48une des premières causes
48:49pour la jeunesse
48:51pour ne pas avoir d'enfants,
48:52c'est justement
48:52la crise environnementale.
48:54Donc, à un moment,
48:55il faut aussi peut-être
48:56rassurer sur le fait
48:58qu'on va trouver des solutions,
48:59des innovations,
49:00des technologies
49:01et qu'on arrivera
49:04à être plus nombreux
49:05et à moins polluer.
49:07C'est peut-être d'abord
49:08et avant tout
49:09un sujet de pouvoir d'achat
49:09et de logement.
49:11Oui.
49:11Il y a aussi pouvoir d'achat
49:12et logement,
49:12mais c'est pas...
49:14Enfin voilà,
49:15tous ces critères-là
49:16rentrent en ligne de compte
49:17et d'ailleurs,
49:17le logement,
49:18si on a aussi un problème
49:19de logement,
49:20c'est qu'on a surtaxé aussi
49:21tout ce qui est immobilier
49:22avec 30 milliards de plus
49:24de fiscalité
49:25sur tout ce qui est immobilier
49:26en France
49:26par rapport à la moyenne
49:27des autres pays.
49:28Donc,
49:29on désincite
49:30les bailleurs privés,
49:33on leur prend une grosse partie
49:34de leurs revenus
49:35en taxes diverses.
49:37Et ce que je voudrais dire aussi,
49:39c'est qu'on déshabille Paul
49:40pour habiller Jacques,
49:41c'est-à-dire que
49:42la caisse famille,
49:45on lui prend finalement
49:47ses recettes
49:48pour aller financer
49:49les retraites.
49:50Voilà.
49:51Donc,
49:51en fait,
49:51on prend ce qui devrait
49:53être consacré
49:54à la jeunesse
49:55et on le donne
49:56aux retraités.
49:58C'est le sujet majeur
49:58des politiques publiques
49:59en France.
49:59Non,
49:59mais c'est quand même
50:00un problème.
50:01On a calculé,
50:01nous,
50:01à la fondation IFRAP
50:02que si on ne faisait pas
50:04ce prélèvement
50:05sur la caisse familiale
50:07au profit
50:08de la caisse de retraite,
50:10eh bien,
50:10on pouvait créer
50:11deux fois plus de crèches,
50:12on aurait deux fois plus
50:13de places en crèches
50:14en France.
50:15C'est un sujet
50:15parce qu'on dit aussi
50:16aux femmes...
50:16Bien sûr,
50:17l'accueil de l'enfance
50:17est majeur.
50:18On dit aux femmes
50:18travailler,
50:20mais en même temps,
50:21les femmes qui travaillent
50:22ne sont pas forcément
50:22prioritaires pour avoir
50:23une femme ou une place
50:24en crèche.
50:25Pourquoi ?
50:26Parce qu'on fait aussi
50:27de la politique sociale
50:28avec la politique
50:29de garde d'enfants
50:30et à la fin,
50:31on ne sait plus vraiment
50:32où on habite
50:34et pourquoi...
50:35Et à la fin,
50:35on a un taux de natalité
50:36qui baisse beaucoup plus rapidement
50:37comme l'a rappelé Jean-Marc
50:38prévu.
50:38Si on veut inciter
50:38la jeunesse
50:39à avoir des enfants
50:40et moi,
50:40je suis aussi très préoccupée
50:42comme Jean-Marc
50:42par ce sujet,
50:44eh bien,
50:44c'est la politique fiscale
50:46mais c'est aussi
50:46à un moment
50:47qu'on soit en cohérence
50:48avec le message
50:49qu'on donne
50:50à la population,
50:51c'est-à-dire
50:52avoir des femmes indépendantes
50:53qui travaillent,
50:54ça demande aussi
50:55d'avoir des modes de garde
50:56qui soient sécurisés
50:58et qui soient
50:59à un moment...
51:00Abordable
51:01et disponible.
51:02Mais tout ça
51:03est disponible,
51:03surtout disponible.
51:04Mais oui.
51:05Dernier sujet,
51:06il ne reste 5 minutes.
51:06Vous m'autorisez une petite...
51:08Oui, ça va être assez court
51:10mais je pense que
51:10le sujet que soulève
51:12Jean-Marc
51:12concernant les étudiants
51:14qui partent à l'étranger
51:15est sans doute
51:16pour moi
51:16le sujet numéro un.
51:18Moi, il y a 40 ans
51:19quand j'habitais aux Etats-Unis,
51:20enfin, j'étais étudiant.
51:21Les laboratoires de recherche,
51:22il n'y avait pas un Américain.
51:24C'était vraiment
51:25les Nations Unies.
51:26Bon, 40 ans après,
51:27c'est pareil.
51:27Et on pense en France,
51:30on a cette vision
51:30que par exemple
51:31des gens qui vont faire
51:32de la recherche,
51:32quelque part,
51:33ils ont une mission divine
51:34et qu'ils vont accepter
51:36d'avoir un salaire de misère
51:37et qu'ils vont faire
51:37au nom, s'ils voulaient,
51:39du bien commun.
51:39Mais quelle naïveté !
51:41Et quand, vous voyez,
51:42c'est ce que dit
51:42quand Agnès parle
51:43de « on va trouver des solutions »,
51:45mais qui va trouver des solutions ?
51:47Je veux dire,
51:48aujourd'hui,
51:48on a des enjeux technologiques
51:50qui sont colossaux
51:52et donc le fait
51:53d'avoir nos talents
51:54qui partent ailleurs,
51:55on est en train
51:56de se créer
51:57la dépendance de demain.
51:58Donc ça,
51:58c'est un sujet,
51:59à mon avis,
51:59mais primordial.
52:01Effectivement,
52:02les Américains,
52:03ils ont tout compris,
52:03c'est ce qui s'est passé
52:04pendant le Covid,
52:05je rappelle.
52:06Les Américains sont arrivés
52:07sur le tarmac,
52:08ils ont sorti la valise de billets,
52:09ils ont récupéré le gel.
52:12C'est ce qui se passe
52:12dans les universités
52:13et dans les entreprises.
52:14Après, la grande question,
52:15parce que c'est quand même
52:16très bien de partir
52:16avoir une expérience
52:17à l'étranger,
52:18c'est est-ce qu'ils reviennent ?
52:20Et donc,
52:20il faut être attractif
52:21et pour ça,
52:21il faut être attractif
52:22et effectivement créer la richesse.
52:23Mais quand on voit
52:26l'augmentation des charges
52:28en fonction de l'augmentation
52:29des salaires,
52:30elle est inverse
52:31par rapport à ce qui se passe
52:32dans les autres pays.
52:33C'est-à-dire que les Allemands,
52:34ils ont mis des plafonds
52:37dans les niveaux de charges.
52:39Et nous,
52:40on a 24 milliards
52:41de charges supplémentaires
52:42au-delà de 3 SMIC
52:43par rapport aux Allemands.
52:44Il y a peut-être
52:45un sujet aussi en la matière,
52:47c'est-à-dire,
52:48est-ce qu'on incite les boîtes
52:49à garder des salaires élevés
52:52dans l'industrie notamment,
52:54dans notre pays ?
52:55Je crois qu'on les désincite.
52:56Et ça,
52:57c'est un sujet quand même,
52:58je pense que Jean-Marc
52:59en a tout à fait conscience.
53:00C'est-à-dire que
53:01le niveau de charges,
53:02en fait,
53:03tous les allègements de charges
53:04qui existent au niveau
53:05des bas salaires,
53:06ils sont payés
53:06au niveau des salaires
53:07au-delà de 3,5%.
53:08Je suis tout à fait d'accord,
53:09ça devrait être l'inverse.
53:11Oui,
53:11mais c'est grave
53:13d'avoir fait ça.
53:14C'est-à-dire qu'en fait,
53:14on a créé
53:15une smicardisation
53:16de la France
53:17en créant
53:18en priorité
53:20et grâce à d'ailleurs
53:21de brillants économistes
53:22qui ont proposé ça,
53:23Jean-Marc évidemment,
53:24à des gouvernements
53:25en leur disant
53:26vous allez voir,
53:27vous allez alléger
53:28sur les bas salaires,
53:29c'est ça qui va permettre
53:30de créer plus rapidement
53:31et massivement des emplois.
53:32Sauf que dans un pays
53:33où on a un modèle social de luxe,
53:35où on devrait avoir
53:36de l'industrie,
53:38des entreprises
53:38à forte valeur ajoutée,
53:39etc.,
53:39on a paupérisé
53:42l'emploi français.
53:43Et ça,
53:43il y a une grosse responsabilité
53:45de la gauche et de la droite
53:46en la matière
53:47parce qu'ils ont tous foncé
53:48dans cette logique-là
53:49et quand vous en parlez
53:50aujourd'hui
53:50aux gouvernants actuels
53:52et que vous leur dites
53:53il y a un petit problème
53:54de surcharge
53:55sur les hauts salaires,
53:57ils disent
53:57ah oui, on le sait,
53:58oui, oui, c'est très grave.
53:59Alors vous allez faire quelque chose ?
54:00Ah ben non,
54:01politiquement, on ne peut pas.
54:03Sur la sidérurgie,
54:04je n'aurai qu'un mot
54:05sur la nationalisation.
54:05Oui, il faudra un mot
54:06parce qu'il en reste 30 secondes,
54:07Jean-Marc.
54:07Assez.
54:09Assez.
54:11J'ai votre réponse.
54:12Nationalisation défensive,
54:13est-ce que c'est une bonne idée ?
54:15Non.
54:16En un mot, Laurent Wonski,
54:17parce que pour Arcelor,
54:19ou Alstom, pardon,
54:20on l'a fait,
54:20ça a rapporté 300 millions
54:21et puis après,
54:22ça peut repartir dans le privé.
54:23Oui, je pense que si vous voulez,
54:24ce n'est pas aussi facile que ça.
54:25Vous avez par exemple,
54:26au moment du Covid,
54:27l'État a récupéré les entreprises
54:30dans très peu de temps
54:31On a socialisé quasiment
54:32toute l'économie.
54:32Et si ce n'est pas fait,
54:33les boîtes auraient disparu.
54:34Demandez à General Motors
54:35ce qu'ils en pensent.
54:36Bon, par contre,
54:37selon je suis sûr et certain,
54:39c'est que l'État
54:39est sans doute
54:39le plus mauvais gestionnaire du monde.
54:41Et donc,
54:41il n'a pas à faire des choses
54:42qu'il ne sait pas faire.
54:43Bon, allez,
54:44il nous reste 10 secondes,
54:44je suis désolé.
54:46On n'aura pas le temps
54:46d'aborder ce sujet plus longuement.
54:48Merci à tous
54:49d'avoir suivi l'émission.
54:50N'oubliez pas les BFM Awards
54:52mardi prochain
54:52à partir de 20h
54:53en direct sur BFM Business.
54:55Tout de suite,
54:55vous retrouvez
54:56Tout pour investir
54:57avec Christopher Dembic.
54:59C'est vendredi.
54:59Quant à moi,
55:00je vous retrouve
55:00lundi 10h-11h
55:02en direct sur BFM Business
55:03pour week-end à tous.
55:07Les experts,
55:08débats et controverses
55:10sur BFM Business.
55:12Sous-titrage Société Radio-Canada
55:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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