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  • il y a 10 heures
Nicolas Dufourcq, directeur général de BPIfrance, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mercredi 18 février. Ils ont abordé la place du patron de la BPI dans les débats économiques français, notamment au sujet des dettes et de la nécessité des réformes, ainsi que le bilan de BPIfrance en 2025, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 7h44 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité ce matin c'est Nicolas Dufour.
00:04Bonjour, le directeur général de BPI France qui vient de publier son bilan avec des records d'investissement dans l
00:10'économie.
00:1072 milliards d'euros injectés, on va parler de ça dans le détail.
00:14Mais avant, Nicolas Dufour, vous êtes sur tous les plateaux télé. On vous qualifie maintenant d'influenceur économique.
00:20On a ce matin l'annonce de Christine Lagarde par le Financial Times qui devrait quitter la Banque Centrale Européenne
00:25avant la fin de son mandat.
00:26On a eu François Vidroix de Gallo il y a 15 jours. Le vôtre finit en 2028.
00:31Est-ce que vous pourriez quitter votre mandat avant pour vous aussi, par exemple, vous présenter à l'élection présidentielle
00:36?
00:36Ah non, absolument pas. Alors vraiment, d'abord je découvre pour Christine Lagarde.
00:41Et j'ai un mandat jusqu'au mois de février 2028.
00:45Je n'ai pas l'intention d'être pape du tout.
00:50Je pense qu'il y a des choses à dire à l'associé française que ceux qui ne sont pas
00:55des politiques peuvent dire.
00:57Et que les politiques ont beaucoup beaucoup plus de mal à dire.
01:00Donc en particulier, mon propos, c'est pour ça que j'ai pris quand même le temps important d'écrire
01:04ce livre.
01:05Sur la dette sociale ?
01:06Qu'il faut livrer la guerre à la dette.
01:09Que c'est absolument existentiel pour le pays, c'est existentiel pour son économie.
01:12Je pense qu'un banquier a le droit de parler de dette.
01:15Et que c'est existentiel même pour la démocratie.
01:17J'ai toujours été convaincu que les démocraties mourraient de la dette.
01:20Et notre dette, elle galope. Elle va continuer de galoper.
01:23Imaginez qu'il y ait une prochaine crise géopolitique.
01:25On va se prendre 20 points de PIB de dette de plus à nouveau.
01:28On va passer de 120 à 140, puis 150.
01:30C'est catastrophique.
01:31Mais on est en train de regarder les profils, de dire que certains chefs d'entreprise pourraient faire des bons
01:35candidats à la présidentielle.
01:37Vous dites, devenir politique, c'est ne plus pouvoir être libre de sa parole et plus écouter.
01:41C'est-à-dire que vous êtes plus écouté aujourd'hui à votre poste.
01:44En tout cas, je pense que ce qui est fondamental, c'est de peser sur l'opinion maintenant en 2026.
01:49L'année 2026, c'est l'année où l'opinion va, je pense, revisiter ses conceptions, sa vision des choses
01:57et son imaginaire.
01:58De manière à pouvoir voter en conscience en 2027.
02:01Donc, 2026, c'est l'année où il faut faire passer des idées.
02:05Faire passer des idées.
02:06Et c'est ce que j'essaie de faire.
02:08Votre ennemi, c'est un peu celui qui propose la retraite à 62 ans.
02:11C'est l'irresponsabilité politique.
02:14Alors, je pense qu'on ne peut pas continuer d'injecter dans l'esprit des Français une sorte de narcotique
02:22leur expliquant que notre État-providence, qui est un miracle, notre bien commun,
02:27va pouvoir continuer de galoper comme il galope devant l'économie.
02:30Il croit de 4% par an, l'économie de 1.
02:32Ça n'est pas tenable.
02:34Ça fait très longtemps que c'est plus tenable.
02:36Et le narcotique, c'est la dette.
02:38Sauf que quand on a 60% de dettes sur PIB comme les Allemands, on peut se le permettre.
02:42Quand on a 120% de dettes sur PIB comme la France, on ne peut plus se le permettre.
02:46Et les solutions, on les connaît, puisque les deux grands postes, c'est la retraite et c'est la maladie.
02:50La retraite, il faut reculer l'âge de la retraite.
02:52Et la maladie, il faut augmenter le reste à charge, peut-être sous condition de ressources.
02:55Ensuite, ça, c'est un vrai débat politique.
02:57Mais la maladie remboursée à 100%, quand on se met en tête que d'ici 4 ans, 5 ans,
03:04donc ça fait 4 Noëls, ça passe vite les Noëls, ils succèdent.
03:07D'accord ?
03:08Bon, vous allez avoir 50% de Français de 75 ans de plus.
03:12Vous vous rendez compte ?
03:13Comment voulez-vous qu'on maintienne une maladie remboursée à 100% pour toutes les affections de longue durée
03:18qui croisent d'un demi-million par an ?
03:20Donc, il faut réformer ce point-là et il faut continuer de réformer les retraites résolument comme tous les pays
03:24européens.
03:24– Mais ce discours à BFM Business, c'est facile, on est quasiment tous d'accord avec vous.
03:28Vous avez fait le tour des plateaux télé, vous allez vous frotter à une autre catégorie de gens.
03:31Vous avez eu l'impression d'être entendu, écouté ou on vous a pris pour un hibou ?
03:36– Non, non, pas du tout.
03:37D'abord, effectivement, je pense que les médias ont très envie que ceci soit dit.
03:42Le résultat du livre qui d'ailleurs se vend bien.
03:45Et je pense que c'est un signal faible, intéressant du fait que la société française prend conscience
03:49qu'en effet, il y a quelque chose qui ne tient pas, qu'il y a un malaise.
03:52Et moi, ce que je fais, c'est que je mets le malaise sous l'IRM et je montre la
03:54photo.
03:55Et je dis, le mal, il est là.
03:56Et du coup, ça a un effet placebo et ça va tout de suite mieux de savoir qu'en fait,
04:00on sait exactement ce qui se passe.
04:02– J'ai mis l'exempleur d'un livre sur la dette, c'est vrai que c'est pas mal.
04:05– Oui, mais en même temps, cette dette, c'est le cœur de notre problème politique depuis si longtemps maintenant.
04:10Et les Français, en fait, c'est quand même un grand malheur de ne pas être même capables d'expliquer
04:15pourquoi elles croient.
04:16Les gens disent, mais qu'est-ce qui se passe ?
04:17Bon, là, j'explique ce qui se passe.
04:19Et donc, je pensais être débordé, effectivement, d'injures dans tous les sens sur les réseaux sociaux.
04:26C'est pas le cas du tout, pour répondre à votre question.
04:28– L'année de BPI France, 72 milliards d'euros injectés dans l'économie, une création de valeur de 1
04:32,3 milliard d'euros.
04:36BPI France est toujours partout dans les dossiers et nécessaire pour l'économie française.
04:40– Oui, absolument, on retourne toutes les pierres.
04:42Cette année, c'est quatre records.
04:44Record de crédit, record de financement de l'export, record d'investissement direct,
04:49et record d'investissement dans les fonds privés français, de capital risque et de capital investissement.
04:55Voilà, donc quatre grands records.
04:56La création de valeur de 1,3 milliard d'euros, on la voit essentiellement dans les fonds propres,
05:01puisque les normes comptables font que quand vous faites des plus-values à la BPI,
05:04c'est pas dans le résultat, c'est dans les fonds propres en direct.
05:07Et dans le résultat, ce que vous trouvez, c'est le résultat net de la partie bancaire, donc le crédit.
05:14Et il se trouve que comme on est puissant chez STMicroelectronics et chez Soitec,
05:18on intègre les comptes d'STMicroelectronics et de Soitec dans nos comptes.
05:21Ça fait la mise en équivalent.
05:22– Ça, ça fait mal.
05:22– Et ça, ça fait mal, parce que quand on est en pleine crise 2025 du semi-conducteur mondial,
05:27en fait, particulièrement d'ST et de Soitec, on le prend dans le résultat net.
05:31– Sur ces deux dossiers, STMicroelectronics et Soitec,
05:33on a reçu les deux patrons sur les 15 derniers jours,
05:35tous les deux pensent qu'on est arrivé à un pivot et qu'on va repartir,
05:39que la crise de l'automobile est un peu derrière, que l'IA va prendre le relais.
05:42C'est votre position aussi ?
05:44– Oui, c'est notre position absolument.
05:45– C'est le point bas.
05:46– ST, donc il se trouve que je suis chairman, un président d'STMicro.
05:51ST a son premier trimestre de croissance depuis très longtemps.
05:55ST, effectivement, a annoncé un accord magnifique avec Amazon Web Service
05:58la semaine dernière sur l'IA dans les data centers.
06:02et Soitec, en fait, est dans la queue de comète qui vient derrière.
06:06Donc, on pense qu'on a touché le fond de la piscine à la fin de l'année 2025
06:08et que les choses vont maintenant repartir.
06:10– Vous êtes sur les dossiers stratégiques,
06:12vous regardez ce qui est vendu ou pas à la France.
06:14Il y a un dossier sur lequel vous avez vendu des titres fin mai 2025,
06:18c'est Essilor Luxottica, là, parcours boursier incroyable.
06:21Est-ce que vous en avez toujours ?
06:22Est-ce que vous regardez de près l'influence de la France
06:25dans ce groupe qui est franco-italien et dans lequel Meta a beaucoup investi ?
06:28– Alors, pour être précis, on pense que Essilor Luxottica est tellement stratégique
06:33que c'est la maison mère BPI France qui a racheté au fonds LAC
06:38une partie de sa participation dans Essilor.
06:40De manière à ce qu'on la garde très longtemps.
06:42Parce que le fonds LAC, il faudra qu'on revende tout.
06:44C'est un fonds.
06:45Et c'est un fonds avec 4 milliards d'argent privé,
06:48donc on va rendre l'argent à nos…
06:50– Et vous ne voulez pas perdre la participation ?
06:52– Et on ne veut pas perdre la participation
06:53parce que c'est une participation stratégique pour la France.
06:55– Sur le dossier Orange.
06:57Orange a mis en vente sa filiale Globecast,
06:59nouveau dossier stratégique spécialisé dans la diffusion d'événements majeurs.
07:04Ça diffuse les JO ou le Tour de France.
07:07L'État est actionnaire à 23% via notamment BPI France.
07:11Est-ce que vous regardez de près,
07:12est-ce que c'est un nouveau dossier Biogarant par exemple ?
07:14– Alors écoutez, je vais être très franc avec vous,
07:17c'est vous qui me l'apprenez.
07:18– Ah !
07:19– Vous n'avez pas maîtrisé tous les dossiers.
07:21– Non, je ne vais pas maîtriser tous les dossiers,
07:22mais je me souviens très bien de Globecast
07:23quand j'étais chez France Télécom à l'époque, oui bien sûr.
07:26– On recevra Christelle Edman, ça sera demain.
07:29Elle nous dira justement sur le dossier ce qu'elle en pense.
07:31On finit avec le fonds BPI France Défense,
07:34lancé en octobre 2025.
07:35Là aussi, gros succès,
07:37avec une collecte de près de 50 millions d'euros.
07:40et ce n'est pas terminé, on peut toujours aller dessus.
07:43– De toute façon, notre objectif,
07:44c'est 450 millions d'euros en 4 ans.
07:464-5 ans.
07:47Et là, on est à 53.
07:49Hier soir, 53 millions d'euros,
07:51donc ça continue de bien marcher.
07:53Ticket moyen, 5 000 euros.
07:55Donc ça, on a convaincu au total,
07:57dans nos actions dites de vente au détail
08:01du portefeuille de BPI France,
08:0325 000 Français.
08:05Donc c'est pas mal.
08:05– Avec un ticket moyen, ils mettent combien ?
08:075 000.
08:08– Oui.
08:08– Minimum ou moyen ?
08:09– Non, le minimum, c'est 500.
08:10– Ah oui.
08:11– Et moyen ?
08:12Oui, oui.
08:12Donc c'est vraiment démocratisé,
08:13c'est unique au monde.
08:14Il n'y a qu'en France
08:15où on peut faire du private equity pour 500 euros.
08:18Voilà.
08:18Et donc, le ticket moyen est de 5 000.
08:20– Merci beaucoup Nicolas Dufourg
08:21d'être venu ce matin.
08:22Dans la matinale de l'économie,
08:23Dufourg
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