00:00Il est 7h44 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité ce matin c'est Nicolas Dufour.
00:04Bonjour, le directeur général de BPI France qui vient de publier son bilan avec des records d'investissement dans l
00:10'économie.
00:1072 milliards d'euros injectés, on va parler de ça dans le détail.
00:14Mais avant, Nicolas Dufour, vous êtes sur tous les plateaux télé. On vous qualifie maintenant d'influenceur économique.
00:20On a ce matin l'annonce de Christine Lagarde par le Financial Times qui devrait quitter la Banque Centrale Européenne
00:25avant la fin de son mandat.
00:26On a eu François Vidroix de Gallo il y a 15 jours. Le vôtre finit en 2028.
00:31Est-ce que vous pourriez quitter votre mandat avant pour vous aussi, par exemple, vous présenter à l'élection présidentielle
00:36?
00:36Ah non, absolument pas. Alors vraiment, d'abord je découvre pour Christine Lagarde.
00:41Et j'ai un mandat jusqu'au mois de février 2028.
00:45Je n'ai pas l'intention d'être pape du tout.
00:50Je pense qu'il y a des choses à dire à l'associé française que ceux qui ne sont pas
00:55des politiques peuvent dire.
00:57Et que les politiques ont beaucoup beaucoup plus de mal à dire.
01:00Donc en particulier, mon propos, c'est pour ça que j'ai pris quand même le temps important d'écrire
01:04ce livre.
01:05Sur la dette sociale ?
01:06Qu'il faut livrer la guerre à la dette.
01:09Que c'est absolument existentiel pour le pays, c'est existentiel pour son économie.
01:12Je pense qu'un banquier a le droit de parler de dette.
01:15Et que c'est existentiel même pour la démocratie.
01:17J'ai toujours été convaincu que les démocraties mourraient de la dette.
01:20Et notre dette, elle galope. Elle va continuer de galoper.
01:23Imaginez qu'il y ait une prochaine crise géopolitique.
01:25On va se prendre 20 points de PIB de dette de plus à nouveau.
01:28On va passer de 120 à 140, puis 150.
01:30C'est catastrophique.
01:31Mais on est en train de regarder les profils, de dire que certains chefs d'entreprise pourraient faire des bons
01:35candidats à la présidentielle.
01:37Vous dites, devenir politique, c'est ne plus pouvoir être libre de sa parole et plus écouter.
01:41C'est-à-dire que vous êtes plus écouté aujourd'hui à votre poste.
01:44En tout cas, je pense que ce qui est fondamental, c'est de peser sur l'opinion maintenant en 2026.
01:49L'année 2026, c'est l'année où l'opinion va, je pense, revisiter ses conceptions, sa vision des choses
01:57et son imaginaire.
01:58De manière à pouvoir voter en conscience en 2027.
02:01Donc, 2026, c'est l'année où il faut faire passer des idées.
02:05Faire passer des idées.
02:06Et c'est ce que j'essaie de faire.
02:08Votre ennemi, c'est un peu celui qui propose la retraite à 62 ans.
02:11C'est l'irresponsabilité politique.
02:14Alors, je pense qu'on ne peut pas continuer d'injecter dans l'esprit des Français une sorte de narcotique
02:22leur expliquant que notre État-providence, qui est un miracle, notre bien commun,
02:27va pouvoir continuer de galoper comme il galope devant l'économie.
02:30Il croit de 4% par an, l'économie de 1.
02:32Ça n'est pas tenable.
02:34Ça fait très longtemps que c'est plus tenable.
02:36Et le narcotique, c'est la dette.
02:38Sauf que quand on a 60% de dettes sur PIB comme les Allemands, on peut se le permettre.
02:42Quand on a 120% de dettes sur PIB comme la France, on ne peut plus se le permettre.
02:46Et les solutions, on les connaît, puisque les deux grands postes, c'est la retraite et c'est la maladie.
02:50La retraite, il faut reculer l'âge de la retraite.
02:52Et la maladie, il faut augmenter le reste à charge, peut-être sous condition de ressources.
02:55Ensuite, ça, c'est un vrai débat politique.
02:57Mais la maladie remboursée à 100%, quand on se met en tête que d'ici 4 ans, 5 ans,
03:04donc ça fait 4 Noëls, ça passe vite les Noëls, ils succèdent.
03:07D'accord ?
03:08Bon, vous allez avoir 50% de Français de 75 ans de plus.
03:12Vous vous rendez compte ?
03:13Comment voulez-vous qu'on maintienne une maladie remboursée à 100% pour toutes les affections de longue durée
03:18qui croisent d'un demi-million par an ?
03:20Donc, il faut réformer ce point-là et il faut continuer de réformer les retraites résolument comme tous les pays
03:24européens.
03:24– Mais ce discours à BFM Business, c'est facile, on est quasiment tous d'accord avec vous.
03:28Vous avez fait le tour des plateaux télé, vous allez vous frotter à une autre catégorie de gens.
03:31Vous avez eu l'impression d'être entendu, écouté ou on vous a pris pour un hibou ?
03:36– Non, non, pas du tout.
03:37D'abord, effectivement, je pense que les médias ont très envie que ceci soit dit.
03:42Le résultat du livre qui d'ailleurs se vend bien.
03:45Et je pense que c'est un signal faible, intéressant du fait que la société française prend conscience
03:49qu'en effet, il y a quelque chose qui ne tient pas, qu'il y a un malaise.
03:52Et moi, ce que je fais, c'est que je mets le malaise sous l'IRM et je montre la
03:54photo.
03:55Et je dis, le mal, il est là.
03:56Et du coup, ça a un effet placebo et ça va tout de suite mieux de savoir qu'en fait,
04:00on sait exactement ce qui se passe.
04:02– J'ai mis l'exempleur d'un livre sur la dette, c'est vrai que c'est pas mal.
04:05– Oui, mais en même temps, cette dette, c'est le cœur de notre problème politique depuis si longtemps maintenant.
04:10Et les Français, en fait, c'est quand même un grand malheur de ne pas être même capables d'expliquer
04:15pourquoi elles croient.
04:16Les gens disent, mais qu'est-ce qui se passe ?
04:17Bon, là, j'explique ce qui se passe.
04:19Et donc, je pensais être débordé, effectivement, d'injures dans tous les sens sur les réseaux sociaux.
04:26C'est pas le cas du tout, pour répondre à votre question.
04:28– L'année de BPI France, 72 milliards d'euros injectés dans l'économie, une création de valeur de 1
04:32,3 milliard d'euros.
04:36BPI France est toujours partout dans les dossiers et nécessaire pour l'économie française.
04:40– Oui, absolument, on retourne toutes les pierres.
04:42Cette année, c'est quatre records.
04:44Record de crédit, record de financement de l'export, record d'investissement direct,
04:49et record d'investissement dans les fonds privés français, de capital risque et de capital investissement.
04:55Voilà, donc quatre grands records.
04:56La création de valeur de 1,3 milliard d'euros, on la voit essentiellement dans les fonds propres,
05:01puisque les normes comptables font que quand vous faites des plus-values à la BPI,
05:04c'est pas dans le résultat, c'est dans les fonds propres en direct.
05:07Et dans le résultat, ce que vous trouvez, c'est le résultat net de la partie bancaire, donc le crédit.
05:14Et il se trouve que comme on est puissant chez STMicroelectronics et chez Soitec,
05:18on intègre les comptes d'STMicroelectronics et de Soitec dans nos comptes.
05:21Ça fait la mise en équivalent.
05:22– Ça, ça fait mal.
05:22– Et ça, ça fait mal, parce que quand on est en pleine crise 2025 du semi-conducteur mondial,
05:27en fait, particulièrement d'ST et de Soitec, on le prend dans le résultat net.
05:31– Sur ces deux dossiers, STMicroelectronics et Soitec,
05:33on a reçu les deux patrons sur les 15 derniers jours,
05:35tous les deux pensent qu'on est arrivé à un pivot et qu'on va repartir,
05:39que la crise de l'automobile est un peu derrière, que l'IA va prendre le relais.
05:42C'est votre position aussi ?
05:44– Oui, c'est notre position absolument.
05:45– C'est le point bas.
05:46– ST, donc il se trouve que je suis chairman, un président d'STMicro.
05:51ST a son premier trimestre de croissance depuis très longtemps.
05:55ST, effectivement, a annoncé un accord magnifique avec Amazon Web Service
05:58la semaine dernière sur l'IA dans les data centers.
06:02et Soitec, en fait, est dans la queue de comète qui vient derrière.
06:06Donc, on pense qu'on a touché le fond de la piscine à la fin de l'année 2025
06:08et que les choses vont maintenant repartir.
06:10– Vous êtes sur les dossiers stratégiques,
06:12vous regardez ce qui est vendu ou pas à la France.
06:14Il y a un dossier sur lequel vous avez vendu des titres fin mai 2025,
06:18c'est Essilor Luxottica, là, parcours boursier incroyable.
06:21Est-ce que vous en avez toujours ?
06:22Est-ce que vous regardez de près l'influence de la France
06:25dans ce groupe qui est franco-italien et dans lequel Meta a beaucoup investi ?
06:28– Alors, pour être précis, on pense que Essilor Luxottica est tellement stratégique
06:33que c'est la maison mère BPI France qui a racheté au fonds LAC
06:38une partie de sa participation dans Essilor.
06:40De manière à ce qu'on la garde très longtemps.
06:42Parce que le fonds LAC, il faudra qu'on revende tout.
06:44C'est un fonds.
06:45Et c'est un fonds avec 4 milliards d'argent privé,
06:48donc on va rendre l'argent à nos…
06:50– Et vous ne voulez pas perdre la participation ?
06:52– Et on ne veut pas perdre la participation
06:53parce que c'est une participation stratégique pour la France.
06:55– Sur le dossier Orange.
06:57Orange a mis en vente sa filiale Globecast,
06:59nouveau dossier stratégique spécialisé dans la diffusion d'événements majeurs.
07:04Ça diffuse les JO ou le Tour de France.
07:07L'État est actionnaire à 23% via notamment BPI France.
07:11Est-ce que vous regardez de près,
07:12est-ce que c'est un nouveau dossier Biogarant par exemple ?
07:14– Alors écoutez, je vais être très franc avec vous,
07:17c'est vous qui me l'apprenez.
07:18– Ah !
07:19– Vous n'avez pas maîtrisé tous les dossiers.
07:21– Non, je ne vais pas maîtriser tous les dossiers,
07:22mais je me souviens très bien de Globecast
07:23quand j'étais chez France Télécom à l'époque, oui bien sûr.
07:26– On recevra Christelle Edman, ça sera demain.
07:29Elle nous dira justement sur le dossier ce qu'elle en pense.
07:31On finit avec le fonds BPI France Défense,
07:34lancé en octobre 2025.
07:35Là aussi, gros succès,
07:37avec une collecte de près de 50 millions d'euros.
07:40et ce n'est pas terminé, on peut toujours aller dessus.
07:43– De toute façon, notre objectif,
07:44c'est 450 millions d'euros en 4 ans.
07:464-5 ans.
07:47Et là, on est à 53.
07:49Hier soir, 53 millions d'euros,
07:51donc ça continue de bien marcher.
07:53Ticket moyen, 5 000 euros.
07:55Donc ça, on a convaincu au total,
07:57dans nos actions dites de vente au détail
08:01du portefeuille de BPI France,
08:0325 000 Français.
08:05Donc c'est pas mal.
08:05– Avec un ticket moyen, ils mettent combien ?
08:075 000.
08:08– Oui.
08:08– Minimum ou moyen ?
08:09– Non, le minimum, c'est 500.
08:10– Ah oui.
08:11– Et moyen ?
08:12Oui, oui.
08:12Donc c'est vraiment démocratisé,
08:13c'est unique au monde.
08:14Il n'y a qu'en France
08:15où on peut faire du private equity pour 500 euros.
08:18Voilà.
08:18Et donc, le ticket moyen est de 5 000.
08:20– Merci beaucoup Nicolas Dufourg
08:21d'être venu ce matin.
08:22Dans la matinale de l'économie,
08:23Dufourg
Commentaires