00:00Notre invité ce matin c'est Nicolas Namias, bonjour, vous êtes le président du directoire du groupe BPCE.
00:05Ce sont tout simplement les meilleurs résultats depuis la création du groupe en 2009,
00:09un résultat net à 4,1 milliards d'euros en hausse de 15%.
00:13Alors l'ensemble des banques françaises sont plutôt en forme au fur et à mesure des résultats
00:17qui sont publiés cette semaine, notamment grâce à une réallocation des actifs mondiaux,
00:24des investisseurs qui reviennent vers l'Europe, plutôt une bonne nouvelle.
00:27Est-ce qu'on peut dire dans les résultats des bancaires merci à Donald Trump ?
00:30Je crois qu'il faut surtout dire merci à nos clients, merci à nos clients qui nous font confiance.
00:35Donc vous l'avez dit, ce sont les meilleurs résultats du groupe BPCE depuis sa création en 2009,
00:424,1 milliards d'euros, c'est en croissance de 15% par rapport à l'année dernière.
00:48Et ce qui est intéressant, c'est qu'en fait, ce sont l'ensemble de nos moteurs qui portent cette croissance-là.
00:55La banque de proximité en France avec les banques populaires et les caisses d'épargne,
01:00vous savez que nous finançons plus de 20% de l'économie française chez BPCE,
01:05plus de 20% avec les banques populaires et les caisses d'épargne.
01:08Et ça, c'est en forte croissance par rapport à les dernières.
01:11Et puis nos métiers mondiaux, les métiers de Natixis, à la fois en Europe, en Asie ou aux États-Unis.
01:17Donc l'ensemble des moteurs contribue à cette croissance.
01:22Et je crois que c'est, encore une fois, c'est parce que nous faisons le pari de répondre à nos clients.
01:29Nous faisons le pari de la banque de proximité en France.
01:31Nous faisons le pari du développement international.
01:33Il y a un contexte que nous gérons.
01:35Mais je remercie avant tout nos clients.
01:38Alors dans ce contexte, il y a quand même le contexte budgétaire français.
01:41En France, avec cette surtaxe d'IS, Roland Lescure, le ministre de l'Économie, a dit hier sur BFM TV et RMC
01:46que ça serait probablement prolongé dans le futur jusqu'à ce que les déficits publics baissent.
01:51Comme on n'en prend pas le chemin, ça va durer un moment.
01:53Du coup, vous allez chercher de la croissance ailleurs.
01:55Est-ce que vous regardez la France un peu avec dépit, en voyant peut-être des impôts à venir,
02:01mais aussi une croissance affaiblie ?
02:03Alors la France, vous avez raison, la surtaxe pour nous, ça représente à peu près 200 millions d'euros.
02:10À peu près 200 millions d'euros.
02:11Qui sont inclus, donc qui viennent en moins des résultats que je vous ai indiqués.
02:16Qu'est-ce qu'on peut en penser ?
02:18En fait, l'économie française aujourd'hui, c'est une économie qui est résiliente en quelque sorte.
02:26Parfois, on me demande si l'économie est en crise.
02:280,9 quand même sur l'année 2025.
02:30Non, l'économie française n'est pas en crise.
02:33Nous, quand je regarde la production de crédits de BPCE,
02:36l'année dernière, 2025, nous avons produit plus de 100 milliards de crédits.
02:41Alors, plus de 100 milliards de crédits à nos clients.
02:43Quand je regarde les parts, nous avons collecté, et la croissance nous en court, plus de 15 milliards.
02:48Le coût du risque augmente, mais ce n'est pas un coût du risque de crise.
02:52Les défaillances augmentent, mais il faut les rapporter à la création d'entreprises.
02:57Et le ratio de défaillance sur Créatio n'est pas le plus haut historique.
03:01Qu'est-ce que ça dessine, tout cela ?
03:03Ça dessine une économie qui est en fait résiliente.
03:06Donc le sujet, alors, n'est pas de savoir si nous sommes en crise.
03:10Le sujet est de savoir comment on rebondit.
03:12Parce que moi, je pense qu'il ne faut plus se satisfaire de cette résilience.
03:15On s'en est trop satisfait par le passé.
03:17Souvent, on me demande est-ce que l'économie française est en crise.
03:19Je dis, ben non.
03:19Alors les gens me disent, ah ben alors ça va.
03:21Mais non, ça ne va pas.
03:22Ne nous satisfaisons pas de la résilience.
03:24Car une économie qui croit durablement à 1%
03:27n'est pas une économie qui crée suffisamment d'emplois,
03:30n'est pas une économie qui investit suffisamment
03:32pour préparer les grandes transitions que nous avons devant nous.
03:35Nous avons la transition environnementale,
03:37la transition technologique,
03:39les transitions démographiques,
03:41l'investissement dans les transitions géopolitiques.
03:43Cela nécessite de la croissance et de l'investissement.
03:46Donc non, l'économie française n'est pas en crise.
03:48Mais oui, il faut aller au-delà.
03:50Il faut investir.
03:51Mais est-ce que vous pensez qu'on est un pays qui bride la croissance ?
03:53Bernard Arnaud l'a dit clairement lors de ses résultats.
03:55Il a dit que nous sommes dans un pays anti-entreprise.
03:58Écoutez, chacun ses mots.
04:00Moi, ce que je crois, c'est qu'on s'est trop satisfait
04:02d'un système qui garantit une croissance moyenne à 1%.
04:06On ne peut pas bâtir durablement notre futur
04:09avec une croissance moyenne à 1%.
04:11Il faut un système qui promeut une croissance plus élevée.
04:14C'est ce vers quoi il faut aller aujourd'hui.
04:17L'Europe a besoin de champions,
04:18notamment face aux Américains.
04:20On a besoin d'entreprises d'une certaine taille.
04:22Vous vouliez faire un deal en Italie.
04:24On va en reparler, ça ne s'est pas passé.
04:27Ça a été annulé.
04:27Vous avez jeté votre dévolu sur Novo Banco au Portugal.
04:30C'est la plus grosse opération transfrontalière depuis 10 ans.
04:33Le Portugal, ça va devenir le deuxième marché
04:35pour la banque de détail de BPCE.
04:38Le Portugal, pour vous, c'est un marché ultra dynamique ?
04:40Oui.
04:41En fait, BPCE, je le disais,
04:43c'est un géant français.
04:45Quand on finance plus de 20% de l'économie française,
04:47on est un géant français avec les banques populaires
04:48et les caisses d'épargne.
04:49Je crois qu'aujourd'hui, ce qui est important
04:51pour une grande entreprise française comme la nôtre,
04:54c'est de porter un dessin européen.
04:56De porter un dessin, finalement,
04:58qui fasse émerger un champion européen,
05:00car on en a besoin
05:01pour la souveraineté économique et financière européenne.
05:05C'est une forme de vision que nous portons chez BPCE.
05:07Nous avons besoin de grands acteurs
05:09qui portent cette souveraineté économique
05:11et financière européenne.
05:13Et pour ça, du coup,
05:14nous avons différentes initiatives.
05:16Il y a un an, nous avions développé par acquisition
05:20le leasing d'équipement
05:22pour accompagner nos clients PME partout en Europe.
05:24Et nous sommes devenus le leader européen
05:27du leasing d'équipement.
05:28Nous développons en ce moment en partenariat
05:31une nouvelle plateforme de paiement
05:33qui deviendra l'une des trois premières plateformes
05:36de paiement en Europe.
05:39Et puis, vous l'avez dit,
05:40nous acquérons.
05:41Nous sommes dans le processus.
05:43Ce sera totalement finalisé d'ici la fin du premier semestre.
05:46Novo Banco.
05:47Novo Banco, c'est la troisième,
05:49quatrième banque au Portugal
05:50des parts de marché de 10% sur les particuliers,
05:5315% sur les entreprises.
05:55Et ça deviendra le deuxième marché domestique
05:58du groupe BPCE.
05:59Et vous l'avez dit,
06:00alors, c'est en fait la première acquisition,
06:03la plus grande acquisition
06:04en zone euro, cross-border,
06:07depuis 10 ans.
06:08Ça veut dire quoi ?
06:09Ça veut dire que nous,
06:09on est très heureux chez BPCE
06:11de porter cette acquisition.
06:12Mais ça veut aussi dire
06:13que, en fait,
06:14peu a été fait en Europe
06:16depuis 10 ans.
06:17On a besoin aujourd'hui
06:18de dépasser ces rapports draguis
06:21qui sont juste sur l'analyse.
06:22Mais aujourd'hui,
06:23on a besoin d'acteurs
06:24qui portent cette souveraineté européenne.
06:25Alors, vous m'avez lancé un truc
06:26sur les systèmes de paiement.
06:28C'est un sujet passionnant
06:29qu'on suit évidemment sur BFM Business.
06:31On a besoin de se désaméricaniser
06:33sur les systèmes de paiement.
06:34On a Wiro,
06:34on a l'euro numérique.
06:35Là, vous me dites
06:36que vous allez faire un nouveau système de paiement.
06:38C'est en plus ?
06:38C'est avec ?
06:39C'est quoi ?
06:39C'est un sous-jacent.
06:40C'est l'infrastructure.
06:41Là, je vous parle d'infrastructure.
06:43On a effectivement besoin
06:44de cette souveraineté européenne
06:46que j'évoque
06:47au plan bancaire,
06:47au plan financier.
06:48Et ça passe
06:49par une souveraineté européenne
06:51des paiements.
06:52Je suis un fort supporter
06:54et acteur
06:55de cette souveraineté européenne
06:57des paiements.
06:57Et ça, ça passe
06:58par plusieurs initiatives.
06:59D'abord,
07:00les infrastructures.
07:01C'est ce qu'on appelle
07:01les processeurs.
07:03Et ça, nous développons
07:04en ce moment,
07:04en fait,
07:04avec nos amis de BNP
07:06et Paribas,
07:07une nouvelle plateforme,
07:08BPCE et BNP Paribas,
07:09qui sera la première plateforme
07:11française de processeurs
07:12et l'une des trois premières
07:14européennes.
07:15Ça, c'est l'infrastructure.
07:17Et après,
07:17il y a
07:18l'interface client,
07:19ce qui permet
07:20aux clients
07:21de payer,
07:22de faire des virements
07:23partout en Europe.
07:24Et c'est ce que nous faisons
07:25avec Wiro.
07:26BPCE
07:26a été l'une des premières
07:28banques européennes
07:29à développer Wiro.
07:32Donc,
07:32c'est important
07:33que les acteurs privés
07:34s'emparent de cette
07:35souveraineté des paiements.
07:36En tout cas,
07:37BPCE en est un acteur.
07:39Et donc,
07:39l'euro numérique,
07:40là-dedans...
07:40En plus,
07:41c'est-à-dire que ça fait...
07:42L'euro numérique,
07:43c'est le choix
07:43de la Banque Centrale Européenne.
07:44Ce n'est pas le choix
07:45des banques européennes.
07:47Écoutez,
07:47il y a là-dedans
07:48une intuition que j'aime.
07:49Il y a quelque chose
07:50avec lequel je suis
07:52un peu moins à l'aise.
07:53L'intuition que j'aime
07:54dans l'euro numérique,
07:55c'est de considérer
07:56que nous avons besoin
07:57en Europe
07:57de cette souveraineté
08:00des paiements.
08:01C'est la bonne intuition.
08:02C'est la bonne intuition.
08:03En revanche,
08:04là,
08:04ce avec quoi je suis
08:05un peu moins d'accord,
08:06c'est de considérer
08:07qu'une souveraineté
08:08des paiements,
08:09ça passe forcément
08:09par un acteur public
08:10et par un acteur centralisé.
08:11Donc,
08:12ce n'est pas son job
08:12à la BCE de faire ça ?
08:13En tout cas,
08:14je crois que la souveraineté,
08:15elle est portée
08:16par les banques,
08:17par les banques privées
08:18et elle peut être portée
08:19de manière décentralisée.
08:20Je reviens sur les affaires italiennes.
08:21Le deal sur la gestion d'actifs
08:22avec Generali Natixis
08:23qui a capoté fin 2025.
08:26Est-ce que ça a capoté
08:27pour un problème purement politique ?
08:28C'est-à-dire que
08:29Georgia Meloni
08:29ne veut pas
08:30que ces entreprises
08:31aillent avec d'autres acteurs européens ?
08:33Écoutez,
08:34le projet
08:34qui consistait
08:35à marier
08:36la gestion d'actifs
08:37de BPCE
08:38qui est un énorme acteur,
08:39on gère 1300 milliards d'euros
08:41d'actifs sous gestion
08:42avec la gestion d'actifs
08:43de Generali.
08:44On créait ainsi
08:45le champion européen
08:46de la gestion d'actifs
08:47par les revenus.
08:48C'était un formidable projet.
08:50On l'a poussé,
08:51c'était un projet industriel.
08:51Moi, je suis un industriel
08:53de la banque
08:53et de la finance.
08:55Malheureusement,
08:56ça n'a pas pu se faire
08:56pour des raisons externes
08:58au projet.
08:59Bon,
08:59je vais vous dire,
09:00c'est avant tout dommage
09:01pour l'Europe.
09:02C'est exactement
09:03ce qu'on se disait
09:03il y a un instant.
09:04On a besoin
09:05de champions européens.
09:06Le fait que ce projet
09:07ne se fasse pas,
09:08c'est avant tout dommage
09:09pour l'Europe.
09:10Moi, je poursuis désormais
09:10d'autres projets.
09:11Donc, vous allez,
09:12vous cherchez à marier
09:13Natixis
09:14avec d'autres acteurs
09:15plus petits ?
09:16Une stratégie,
09:17quand on dirige un métier,
09:19la stratégie repose
09:20sur la croissance
09:21organique du métier.
09:22Ça veut dire
09:23qu'aujourd'hui,
09:24Natixisim,
09:25la gestion d'actifs
09:25de BPCE,
09:27a l'année dernière
09:28enregistré
09:28sa plus haute collecte,
09:3040 milliards d'euros.
09:31On est le deuxième gérant
09:32d'actifs,
09:33de gestion active.
09:34Donc, ce n'est pas une urgence
09:35de trouver un autre acteur
09:36pour se marier ?
09:37Aujourd'hui,
09:37notre métier va bien.
09:38Aujourd'hui,
09:39notre métier
09:39a un projet
09:41de développement organique.
09:43Le M&A,
09:44c'est de l'accélération.
09:45Moi, je crois
09:46que quand on dirige
09:46une entreprise,
09:47il faut avoir une vue
09:48de son développement organique,
09:50propre à ses métiers.
09:51C'est ce que l'on fait
09:51pour notre gestion d'actifs,
09:52comme on fait
09:53pour l'ensemble
09:53de nos métiers,
09:54comme on fait
09:55avec la banque
09:55de grandes clientèles.
09:56Et puis ensuite,
09:57il y a du M&A.
09:57Le M&A,
09:58c'est l'accélération.
09:59On ne doit jamais
09:59fonder une stratégie
10:00sur le M&A.
10:01Là, il faut saisir
10:02les opportunités.
10:02Dernière question
10:03sur les NAO.
10:04Quand on a des résultats
10:05comme les vôtres,
10:06on a vu que ça ne se passait
10:06pas toujours très bien
10:07dans les banques
10:07ces derniers temps,
10:08malgré des résultats
10:09qui sont canons.
10:10C'est ce qu'on a vu
10:10dans l'ensemble du secteur.
10:12Est-ce que les NAO
10:12se passent bien chez vous ?
10:13Elles sont signées.
10:14Avec une hausse
10:15de combien ?
10:16Alors,
10:17l'augmentation collective
10:19est en moyenne
10:20de 1%,
10:21un peu plus de 1%.
10:22Et puis,
10:23au-delà de l'augmentation
10:24collective,
10:24il y a évidemment
10:25les augmentations individuelles
10:26qui contribuent
10:27à une enveloppe globale.
10:28C'est ce qu'on a vu.
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