00:008h47, on débriefe l'actualité du jour avec Bertie Bayard.
00:03Bonjour, rédactrice en chef au Figaro.
00:05On a parlé de ce débat économique qui prend l'eau quand même, Bertie, sur la question des impôts.
00:10On en est carrément à organiser un meeting au MEDEF dans quelques jours
00:13pour défendre le fait que les entreprises ne sont pas des ennemis.
00:16Voilà où on en est quand même ce matin.
00:18Oui, on a pris l'impression d'un naufrage du débat économique.
00:21D'ailleurs, ce n'est pas un débat économique, c'est un débat qui est fiscal,
00:24qui est politique, mais pas économique.
00:26On parle vraiment uniquement d'impôts et on en parle, j'allais dire, pas dans le bon sens
00:30puisque là, toute l'actualité a été entièrement dominée par l'idée d'augmenter les impôts.
00:35On ne parle plus de baisse d'impôts et on ne parle plus évidemment de la question des dépenses
00:39qui était quand même le cœur du sujet qui devait nous occuper dans le débat budgétaire.
00:43C'est devenu la hausse d'impôts, la solution à tout.
00:47Oui, on a forcément cette taxe Zuckmann qui occupe largement le terrain,
00:53qui a complètement rouvert la fenêtre d'Overton sur la taxation du capital.
00:57La fenêtre d'Overton, c'est que vous dites un truc qui choque et du coup ça avance dans l'opinion publique.
01:03Voilà, ce qui était devenu à peu près, ce qui était à la fois un tabou politique pour l'ancienne majorité
01:08où la majorité qualifiait l'agra comme vous voulez et qui avait l'air d'avoir avancé, on va dire,
01:14dans le débat public sur le fait qu'il fallait faire attention à la taxation du capital
01:17est redevenu possible sur le thème justice fiscale, taxer les riches.
01:23Alors on parle d'un principe qui est la juste répartition de l'effort budgétaire à faire, ok.
01:28Effectivement ça se transforme en allons chercher l'argent là où il est,
01:33essentiellement sur le capital, quitte à prendre le risque,
01:37et on les connaît les risques sur l'activité, l'investissement, le développement futur et la croissance future.
01:43Ce qui est fascinant également c'est que sur la fiscalité des entreprises,
01:48on en vient à dire que la baisse de fiscalité ou les aides, ça dépend comment on se place,
01:53aux entreprises c'est nocif avec des panneaux dans les madifs, rendez l'argent quand même.
01:58Oui, on a un basculement du sujet sur les baisses d'impôts,
02:02c'est-à-dire que même les baisses d'impôts sont remises en cause,
02:05ça se passe pour la taxe d'habitation dont le centre dit que finalement il ne touche pas les bénéfices politiques
02:10et ensuite que ça a été entièrement récupéré par la taxe foncière,
02:15ce qui est assez faux d'ailleurs, je vais vous donner un scoop,
02:17la taxe foncière elle a augmenté avant que la taxe d'habitation soit supprimée.
02:20Donc il n'y a qu'une partie qui a été récupérée,
02:22mais ce n'est pas la totalité qui a été basculée immédiatement.
02:25Donc la baisse de la taxe d'habitation, ça a été une baisse d'impôts.
02:28Je pense que ceux qui l'a payé se rendent compte qu'ils ne la payent plus.
02:31Premier point, sur les entreprises, effectivement on a ce débat sur les aides aux entreprises,
02:34donc les fameux 211 milliards de la commission d'enquête du Sénat de M. Guay,
02:40ces aides-là sont effectivement interprétées comme étant des cadeaux.
02:44Voir du vol, c'est-à-dire qu'il y a un livre qui sort sur le sujet en disant que c'est carrément du vol.
02:49Oui c'est ça, on installe l'idée que la totalité des baisses d'impôts
02:54ont été directement dans la poche des actionnaires des entreprises.
02:58Je simplifie, je caricature.
02:59C'est pour ça que la FEP sort du bois.
03:00Voilà, donc là effectivement il faut un petit peu que les entreprises sortent du bois pour se défendre.
03:05Parce qu'on voit bien ce glissement qui a lieu dans le débat politique
03:10qui est assez dramatique sur la façon dont on va prendre ce budget, la discussion du budget 25.
03:16Ça oblige la FEP à dire ce matin, quand je produis, voilà où va la valeur ajoutée,
03:22d'abord aux salariés, puis à l'État, puis aux investissements, puis aux actionnaires.
03:27Oui c'est ça, il faut remettre les choses dans l'ordre, les grandes masses,
03:29c'est un peu comme avec la dépense publique, voilà, il faut reposer clairement avec pédagogie,
03:35même si je sais qu'on n'aime pas beaucoup ce mot, où sont les masses effectives et les flux.
03:40Mais il y a beaucoup de travail, j'allais dire, pour réexpliquer tout ça,
03:45vu la façon dont les choses sont en train de tourner.
03:48Quand on parle d'un grand meeting du MEDEF à venir dans les prochains jours,
03:52vous pensez que c'est une bonne idée, Merti, ou pas ?
03:54Je pense qu'effectivement il faut, un, expliquer, prendre la parole,
04:02parce qu'il y a des messages qui aujourd'hui ne passent pas ou pas bien.
04:08Je pense qu'il faut exercer une pression sur la classe politique assez massive,
04:14pour créer un peu de résistance et essayer de limiter les dégâts.
04:19Ce qui va être important dans ce budget, dont il ne faut pas sous-estimer effectivement la difficulté
04:23et la complexité politique, c'est de ne rien faire qui soit structurellement dommageable pour l'économie.
04:29Voilà, il y a des mesures qui pourront être prises, il y a des mesures qui seront probablement provisoires
04:33en attendant d'avoir un débat politique mieux assis avec des prochaines échéances électorales.
04:40Mais là, le risque effectivement, c'est de prendre des mesures dont on ne saura pas revenir en arrière
04:45ou qui créant un effet d'impact, notamment vis-à-vis des investisseurs internationaux et des créanciers,
04:50qui seraient trop puissants.
04:52Ça veut dire retour de l'ISF et contribution exceptionnelle, à peu près ?
04:55Ça veut dire probablement quelque chose comme un peu d'ISF,
04:59où on a probablement la pérennisation de la surtaxe sur les sociétés,
05:07quelque chose sur le capital et ou les hauts revenus.
05:10Est-ce que ça touchera le patrimoine ? Probablement.
05:13Pas le patrimoine professionnel, ça on sait que c'est vraiment la ligne rouge
05:15qu'il ne faut pas franchir effectivement dans ce budget.
05:17Mais on est dans un espèce de grand bond en arrière.
05:20Je ne sais pas si vous avez écouté ce week-end le meeting de Renaissance.
05:23On a beaucoup dit que Gabriel Attal avait tué le père en parlant d'Emmanuel Macron.
05:27Moi, j'ai surtout entendu Gérald Darmanin tuer le père quelque part
05:30en déclarant que les revenus du capital étaient moins taxés en France que les revenus du travail.
05:35Je me suis dit, François Hollande, sort de ce corps,
05:38parce que c'était vraiment le débat qu'on avait il y a 10 ans,
05:40ou même il y a 15 ans, à partir d'en 2012, sur la campagne de François Hollande,
05:44sur cet alignement de la fiscalité, du travail et du capital.
05:47C'était un débat qu'on pensait un peu intégré depuis.
05:49Et le voilà qui ressurgit en 2025.
05:52Ça donne une idée du chemin qui reste à parcourir.
05:55Tout ça valant mieux que de rouvrir le dossier des retraites.
05:58C'est-à-dire que c'est ça quand même le sujet.
06:01C'est-à-dire que c'est une carotte pour éviter d'autres sujets plus graves.
06:04C'est ça.
06:05C'est vraiment les deux choses fondamentales pour ne pas faire de mal à long terme.
06:08C'est la réforme des retraites et le patrimoine professionnel.
06:11J'espère qu'on vous a bien remonté le moral.
06:13Merci beaucoup Bertie Baillard et la présidente chef de Figaro d'être venue ce matin
06:16dans la matinale de l'économie.
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