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  • il y a 17 minutes
Ce mercredi 11 février, l'idée de l'Institut Montaigne de changer le système de rémunération et d'instaurer la notion de mérite dans le système salarial de la fonction publique a été abordée par Jean-Marc Daniel et Emmanuel Lechypre dans leur chronique, dans l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Alors que les effectifs de la fonction publique ont progressé de 0,6% fin 2024 sur un an.
00:05Attendez Emmanuel, je donne le sujet.
00:07L'Institut Montaigne préconise de changer le système de rémunération
00:10et d'instaurer la notion de mérite dans le système des salaires de la fonction publique.
00:16Bonne ou mauvaise idée Emmanuel ?
00:17Eh bien vous avez en partie donné la réponse
00:20en citant les chiffres publiés par l'INSEIR sur l'augmentation des effectifs de fonctionnaires.
00:26Et ce que nous propose l'Institut Montaigne finalement c'est de l'efficacité, c'est du pragmatisme.
00:32Le constat c'est quoi ?
00:33C'est qu'effectivement on peut toujours se dire
00:36oui il y a trop de fonctionnaires en France, le rapport qualité prix du service public,
00:40la dépense publique est trop élevée, etc.
00:42La réalité c'est que ceux qui nous promettent le grand soir
00:45les réductions d'effectifs de fonctionnaires à chaque élection présidentielle,
00:49rappelez-vous c'est 100 000 par là, 50 000 par là, la hache, etc.
00:53Mais la hache elle reste au garage en général.
00:55Et puisqu'effectivement inexorablement ces effectifs de fonctionnaires augmentent.
00:59Devant ce constat, regardons ce qu'il est possible de faire.
01:03Et qu'est-ce qu'il est possible de faire pour ne pas réduire la dépense publique
01:08et ne pas toucher aux effectifs de fonctionnaires ?
01:10Si on veut un meilleur service public, effectivement Montaigne dit
01:14il faut ré-enchanter un petit peu le métier de fonctionnaire
01:19et passer d'une culture d'une administration pointilleuse voire suspicieuse
01:25vis-à-vis des français comme des entreprises
01:27à une culture effectivement plus bienveillante et plus dynamique.
01:30Et pour ça il faut que chaque fonctionnaire ait envie de bosser,
01:33de donner le meilleur de lui-même.
01:35Et donc moi je considère qu'effectivement cette idée d'individualiser les rémunérations,
01:39alors ça a déjà été essayé, ça n'a pas été forcément un grand succès,
01:43ça s'appelait la prime de fonction et de résultat,
01:45mais le cœur de la réussite pour l'Institut Montaigne
01:48c'est vraiment de dissocier ce qui relève de la fonction,
01:51du boulot que vous faites, de votre statut,
01:53et puis surtout de redonner la main au manager de proximité,
01:57c'est lui qui doit vous récompenser, c'est lui qui doit vous sanctionner.
02:00Ah c'est fonctionné comme dans le privé quoi !
02:02Un peu, enfin si ça fonctionnait comme ça tout le temps dans le privé,
02:05ce serait formidable.
02:06Mais c'est pas le cas, donc moi je pense que c'est une mesure pragmatique,
02:09c'est pas la révolution du siècle, mais c'est un bon levier.
02:12Comment vous êtes contre Jean-Marc ?
02:14Je suis contre parce que vous avez dit les deux mots qui sont importants,
02:17l'un et l'autre, c'est pragmatique, c'est pas du tout pragmatique.
02:20D'ailleurs quand on a créé le statut de la fonction publique,
02:22non pas officiellement à la fin de la Deuxième Guerre mondiale,
02:24mais quand Napoléon s'est pas ché sur le sujet,
02:27Portaliste l'a dit, on va pas mettre le mot salaire dans le statut des fonctionnaires,
02:30parce que le salaire est dû en fonction d'un travail.
02:33Et Napoléon dit, ah oui, en effet.
02:35Et donc on va mettre...
02:35Mais donc c'est pas un travail fonctionnaire ?
02:38Non.
02:38Qu'est-ce que c'est ? C'est pas un hobby ?
02:39Non, pas du tout.
02:40Ce qu'expliquait Napoléon, c'est le traitement,
02:41parce que dans la fonction du fonctionnaire,
02:44il y a non seulement quelque chose de concret à réaliser,
02:46puis il y a aussi un statut à assumer.
02:48Il dit, l'ambassadeur, comment vous mesurez le travail d'un ambassadeur ?
02:52L'ambassadeur, c'est pas qualitatif, c'est pas quantitatif, c'est qualitatif.
02:56Le travail de l'ambassadeur, c'est effectivement l'existence du pays
02:59que vous représentez à l'extérieur de votre territoire national.
03:03Vous avez l'ambassadeur entre traitement et salaire ?
03:04Voilà, le traitement, c'est effectivement un moyen d'incorporer
03:08le comportement individuel du fonctionnaire au quotidien
03:13dans la façon de servir.
03:15Et donc ça, ça ne se mesure pas, ça se constate.
03:17Il y a des moments où on se dit, mon Dieu, il remplit bien sa mission.
03:20De même, au moment où on a retrouvé le même problème,
03:22parce que de façon pragmatique, on a créé des indicateurs de performance
03:26à partir de la loi organique sur les lois de finances.
03:28La célèbre LOLF du début de ce siècle.
03:32Et donc, il y a 676 indicateurs de performance.
03:35Et donc, un des grands débats, c'est quel est l'indicateur de performance d'un magistrat ?
03:39Est-ce que c'est le nombre de jours de prison qu'il met en avant ?
03:42Est-ce que c'est le nombre de dossiers qu'il traite ?
03:44Est-ce que c'est le nombre de dossiers qui sont,
03:46quand il est en première instance, détruits en appel ?
03:49Quelle est la réalité de la fonction de magistrat ?
03:51Comment est-ce qu'on mesure son efficacité ?
03:53De même que, quand vous regardez toutes les analyses qui ont été faites,
03:57assez vite, on s'est mis à discuter sur ce qu'on appelle des fonctions publiques de carrière
04:00et des fonctions publiques d'emploi.
04:02Est-ce qu'on doit définir le statut, le bon de rémunération sur la base d'une carrière ?
04:07Vous restez toute votre vie, vous commencez fonctionnaire jusqu'à votre mort,
04:10puisque le système de retraite vous prend en charge sur des bases qui sont spécifiques.
04:13Ou est-ce qu'effectivement, de façon très, alors cette fois-ci véritablement pragmatique,
04:18on choisit en fonction des besoins, à un instant donné, un certain type de profil ?
04:22Et donc pour arriver à ce résultat, la seule solution, ce n'est pas de rémunérer au mérite,
04:26c'est de supprimer le statut de la fonction publique,
04:29pour arriver à ce que vous avez lâché comme mot, le privé !
04:33Comme souvent d'ailleurs, on est un peu dans ce qui serait l'idéal.
04:38Oui mais Jean-Marc dit qu'il n'y a pas d'individualité en fait, il y a une mission, point quoi.
04:42D'abord, ce n'est absolument pas vrai, alors moi je veux bien retenir l'exemple des ambassadeurs,
04:46mais enfin, il y a 200 ambassadeurs, il y a quand même presque 6 millions de fonctionnaires.
04:49Apprenez les magistrats, c'était pas mal !
04:51Les magistrats, pourquoi pas, mais il y a une solution très simple,
04:54c'est d'utiliser des méthodes modernes, comme quand vous allez à un guichet à la mairie, etc.,
04:59vous demandez aux usagers d'évaluer la qualité...
05:02Oui mais c'est le temps d'attente, c'est la gentillesse de la dame, des raisons Jean-Marc !
05:06Sur le magistrat, si vous voulez, les magistrats sont dépassés
05:11par des problématiques qui vont bien au-delà de leur performance individuelle.
05:15Quand vous attendez 8 ans, un jugement en première instance pour un viol ou pour un crime,
05:21c'est pas la faute du magistrat.
05:23Donc ça, encore une fois, comment évaluer ?
05:26Mon cher Jean-Marc, dans une entreprise, croyez bien que le responsable d'une équipe,
05:31le manager qui encadre une équipe, c'est très bien dans son équipe,
05:34qui sont les bons éléments et qui sont les tirs au flanc.
05:36Mais on a des critères.
05:38Non mais on a des critères.
05:39Mais oui d'accord, mais enfin je veux dire, regardez dans un service comment ça marche,
05:42dans une entreprise privée, vous proposez des augmentations à ceux que vous jugez les plus valeureux,
05:46parce que vous les voyez travailler au quotidien, vous le ressentez.
05:49Bon bah, encore une fois, donnons plus de responsabilité et plus d'autonomie aux managers,
05:54qui d'ailleurs, pour terminer, parce que ce qui est intéressant aussi, c'est de partir du principe,
05:59mais est-ce que, tout simplement, le fait, c'est pas que les fonctionnaires soient mal payés ?
06:02Or, en réalité, c'est que si vous prenez les bas niveaux de la fonction publique, ouvrier, employé,
06:06ils sont mieux payés que dans le privé, alors que les cadres et les hauts fonctionnaires sont, eux,
06:12moins bien payés dans le public que dans le privé.
06:16Jean-Marc Dernier.
06:16Oui, réaction à deux niveaux.
06:18Première réaction, j'ai parlé des magistrats, j'ai parlé des ambassadeurs,
06:21il y a aussi dans les indicateurs de performance, par exemple, pour les enseignants,
06:25le temps que mettent les gens qui viennent d'avoir le bac à trouver un emploi.
06:28Et donc, cet indicateur a été analysé, et donc là, c'est une masse considérable de fonctionnaires.
06:33Et il a été démontré que c'est pas uniquement le diplôme,
06:36c'est pas uniquement la façon dont s'en sont comportés les enseignants vis-à-vis de leurs élèves
06:39qui va déterminer la capacité à trouver un emploi.
06:41C'est aussi la conjoncture économique, c'est aussi l'environnement.
06:44Et donc, essayer d'avoir des indicateurs qui sont des indicateurs qui soient relativement objectifs
06:48pour permettre de définir le mérite, c'est totalement arbitraire et relativement peu pragmatique.
06:54C'est la deuxième remarque que je ferai en termes de privatisation.
06:57Il y a quand même désormais 21% des agents publics qui ne sont plus fonctionnaires,
07:02alors que c'était 17% il y a 10 ans.
07:04Donc, l'État est en train de s'engager dans une privatisation plus ou moins assumée de la fonction publique.
07:11Donc, il faut aller jusqu'au bout.
07:12C'était un très beau débat parce que j'ai commencé d'accord avec Emmanuel Lechypre et je finis de votre côté.
07:17Merci.
07:17Merci.
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