- il y a 2 jours
Aujourd'hui, c'est au tour de Nicolas Bouzou, essayiste et économiste, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00Alors, c'est inédit dans les GG, ça faisait longtemps, on accueille un optimiste.
00:10Parce que les GG, on ne peut pas dire que ce soit l'émission la plus optimiste du moment.
00:13C'est l'émission qui dit, c'est vérité, c'est l'émission, on râle.
00:19Mais là, on accueille un optimiste et il est économiste.
00:21C'est vous dire l'intérêt d'écouter Nicolas Bouzou, qui vient avec ce livre chez XO Éditions,
00:26l'éternel sursaut, sous-titré « Une histoire confiante de la France ».
00:31Bonjour Nicolas.
00:32Bonjour à tous.
00:33Avant de connaître le sursaut, là, c'est plutôt le grand déclassement que l'on est en train de vivre.
00:38Pourquoi, si on ne fait rien, un Polonais dans cinq ans sera plus riche qu'un Français ?
00:44Parce qu'on n'a pas assez d'activité économique en France, parce que les salaires, ça ne tombe pas du ciel.
00:48Les salaires, c'est une résultante de l'activité économique, de la croissance.
00:52Et quand on a 1% de croissance au mieux tous les ans, on ne peut pas avoir des salaires qui augmentent de 3-4% par an.
00:59C'est impossible.
00:59Et en Pologne, vous prenez cet exemple, il y a de l'activité économique, il y a de la croissance.
01:03Je suis désolé, peut-être j'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes,
01:06mais parfois, dans le débat public français, on est obligé de rappeler que les salaires sont distribués par des entreprises
01:11et que les entreprises ont besoin d'avoir de l'activité pour distribuer des salaires.
01:15Il y en a qui ont tendance à l'obliger.
01:16Pardon, c'est vrai.
01:17Mais c'est factuel, la France vit un déclassement.
01:20Oui, absolument. Alors, c'est un déclassement qui est relatif.
01:22Ça veut dire que beaucoup de pays vont plus vite que nous.
01:27Donc, en fait, on stagne.
01:28Oui, ça dépend des gens, en fait.
01:30Donc, grosso modo, on va dire qu'en termes de salaire, on stagne.
01:32Mais, vous voyez, si vous prenez l'ensemble des pays développés, des pays de l'OCDE,
01:36il y a 15-20 ans, on était vraiment en haut.
01:39Maintenant, on est au milieu.
01:41Donc, il y a quand même cette idée de déclassement relatif.
01:45Et moi, si vous voulez, ce que je trouve extrêmement problématique,
01:48c'est que vous avez plein de gens qui travaillent beaucoup en France.
01:51Ce n'est pas vrai de dire qu'on ne travaille pas.
01:53Les gens ne travaillent pas 35 heures.
01:5435 heures, c'est la durée à partir de laquelle, en fait, les règles changent.
01:58Mais vous avez des tas de gens dans notre pays qui travaillent 40 heures.
02:01Et puis, à la fin du mois, ils n'ont pas les moyens de se payer une pizza en famille.
02:04Et pour un libéral comme moi, qui veut faire la promotion du travail,
02:08ce n'est pas possible.
02:09Et pourquoi le travail ne paye plus, alors ?
02:12Parce que, collectivement, on n'est pas assez performant,
02:14parce qu'on a trop de règles, parce qu'on a trop d'impôts.
02:17Et parce que, justement, et c'est un peu l'objet de ce que j'essaie de défendre,
02:21en réalité, en France, vous avez énormément d'entrepreneurs,
02:25vous avez énormément de salariés qui travaillent bien.
02:27En fait, on a un moteur économique qui est extrêmement performant,
02:31mais il est très bridé.
02:32Il est tout petit.
02:33Donc, on a vraiment...
02:34Et je ne vous le dis pas par bien-pensance, franchement.
02:37Mais c'est vrai de dire qu'on a des potentialités dans notre pays
02:40qui sont absolument exceptionnelles,
02:42mais voilà, qu'il faut libérer pour que le pays donne sa pleine mesure.
02:47Nicolas, vous êtes un optimiste indécrottable,
02:51mais quand même, les faits nous montrent que,
02:53si on veut changer les choses, on n'y arrive jamais.
02:55Par exemple, le budget.
02:56François Bayrou nous avait dit,
02:58essayer de faire prendre conscience aux gens qu'on dépensait trop,
03:00qu'il y avait des déficits, qu'il fallait régler le problème de la dette.
03:03Le cornu arrive, il fait voter un budget avec plus d'impôts,
03:06plus de dépenses,
03:07et on nous dit, il faudra attendre un an pour voir si ça change.
03:10Donc, en fait, on n'y arrive jamais.
03:12Donc, moi, je veux bien votre sursaut,
03:14vous appelez vos vœux votre sursaut,
03:15mais on ne le voit pas venir, le sursaut.
03:17Non, je suis complètement...
03:18Je suis entièrement d'accord avec vous sur le spectacle absolument en avance.
03:21Et vous croyez que, à la présidentielle,
03:21les candidats vont arriver avec un langage de vérité ?
03:24Ils vont nous promettre encore ?
03:26Moi, je ne suis pas tout seul à voter,
03:27donc c'est les Français qui choisissent leur gouverneur.
03:29C'est parmi les candidats qui sont là.
03:30Non, mais Olivier,
03:31justement, ce que j'essaie de montrer dans cet ouvrage,
03:33c'est que la France, c'est ça.
03:34La France, c'est le pays qui décline plus que les autres,
03:38qui met plus de temps que les autres à redémarrer,
03:40mais c'est le pays...
03:40Croyez-moi, je fais une année historique
03:42depuis la France d'avant la France,
03:44depuis la Gaule,
03:45c'est le pays qui redémarre le plus vite.
03:47Donnez-nous des exemples concrets.
03:49Allez !
03:501800, 1870,
03:53Sedan,
03:53l'Empire s'effondre,
03:54on perd nos territoires
03:56les plus industrieux,
03:58les plus efficaces économiquement.
03:59Vous avez la guerre civile,
04:00la commune,
04:01vous avez tous les scandales parlementaires,
04:03Panama, etc.
04:04Vous avez le boulangisme qui arrive,
04:05vous avez un président de la République
04:07qui s'appelle Sadi Carnot
04:08qui se fait assassiner,
04:10vous avez l'affaire Dreyfus
04:11et à partir de la fin du 19e siècle,
04:13la France invente le cinéma,
04:15elle va devenir leader de l'industrie automobile
04:17et elle va quasiment inventer l'aviation.
04:20Vous avez les expositions universelles,
04:22vous avez l'art nouveau
04:23et le monde entier veut venir en France.
04:25Et je pourrais, mais multiplier les exemples,
04:2758 avec le retour du général,
04:3058, la guerre en Algérie,
04:32le FMI,
04:33général de Gaulle,
04:33attends, attends,
04:3430 secondes,
04:36c'est ce qu'il faut faire aujourd'hui.
04:37Général de Gaulle,
04:38il appelle Pinay,
04:38il lui dit
04:39on va remettre un peu d'ordre
04:40dans les finances publiques,
04:41il fait appel à l'économiste
04:42le plus libéral du pays,
04:43c'est l'antidé Jacques Ruef,
04:45et pour libéraliser l'économie
04:47et la France,
04:48alors que les parlementaires
04:49ont filé la République à Pétain
04:52le 10 juillet 1940,
04:54la France va connaître
04:55les 30 glorieuses,
04:56les plus brillantes de tout l'Occident.
04:57Comment voulez-vous
04:58que je ne sois pas confiant
04:59quand je regarde cette histoire ?
04:59D'accord, mais le point commun,
05:01c'est qu'il faut une bonne guerre
05:02pour se relancer,
05:03parce que 58,
05:04il y a la guerre d'Algérie
05:05qui fait tomber
05:06la 4ème République,
05:07et vous parliez
05:08de la guerre de 1970,
05:10pareil,
05:10donc en fait,
05:11il faut arriver au pire
05:12pour essayer de se relancer,
05:14c'est un peu inquiétant.
05:14C'est une immense question
05:15que vous posez,
05:17justement,
05:18notre rôle,
05:19à vous et moi,
05:20d'ambianceur,
05:21c'est d'essayer de faire en sorte
05:21que la prise de conscience,
05:23elle se fasse avant le drame,
05:24parce que vous ne m'invitez pas
05:27écoutez,
05:27on va faire n'importe quoi,
05:28tout va aller à vol,
05:29on va avoir l'FMI,
05:30et les choses vont aller mieux,
05:31c'est quand même pas très satisfaisant.
05:32Mais regardez,
05:33je voulais juste...
05:34Il faut qu'on soit au bout
05:34du rouleau pour réagir.
05:35Regardez ce qui s'est passé
05:36l'année dernière,
05:38Notre-Dame et les Jeux Olympiques,
05:40on fait des lois d'exception
05:41pour dire aux gens
05:42vous allez bosser,
05:43toutes les règles
05:44qui vous ennuient
05:44tout au long de l'année,
05:45ça ne s'applique pas,
05:46on trouve de l'argent privé,
05:47ce n'est pas de l'argent public,
05:48de l'argent privé, etc.,
05:49et on donne aux gens un projet.
05:51Et la France,
05:52elle impressionne le monde ?
05:53Non, non, mais...
05:54Comment ça ?
05:55Non, non, mais si, si.
05:56Malheureusement,
05:56on ne peut pas résumer
05:57la situation de la France
05:59depuis dix ans
05:59à la reconstruction
06:00de Notre-Dame et aux Olympiques.
06:02D'ailleurs, Notre-Dame
06:02qui n'aurait jamais dû brûler,
06:03qui a sans doute brûlé
06:04pour des règles
06:04liées aux codes du travail,
06:06qui a été incendie lui-même
06:08représentatif du mal français.
06:10Alors, moi,
06:10je voudrais vous féliciter
06:11très modestement
06:12pour votre ouvrage,
06:13parce que c'est formidable
06:14qu'il y ait des gens comme vous
06:15qui se mouillent
06:15avec cet optimisme,
06:17c'est forcément positif.
06:19Maintenant,
06:21je ne crois pas à votre...
06:22Malheureusement,
06:23à votre thèse,
06:23j'espère me tromper,
06:24je me trompe peut-être.
06:25Ça ne m'étonne pas.
06:25Parce que connaissant
06:26ce qu'il y a sous le capot
06:27de l'économie française,
06:29je pense en quelques mots
06:31simplement qu'on est coincé
06:32par notre niveau
06:33d'endettement abyssal de l'État,
06:35puisque 100 milliards,
06:37c'est le niveau
06:37de l'impôt sur le revenu,
06:39c'est quelque chose
06:39d'absolument considérable,
06:41c'est deux fois le budget
06:41de la défense,
06:42c'est l'asphyxie
06:43qui est en cours
06:44et irrémédiable,
06:45et que de surcroît,
06:46on est coincé de partout,
06:51politiciens,
06:51à cause de quoi ?
06:52Des choses énormes.
06:53L'Europe,
06:54on n'a plus les manettes,
06:55comme dirait l'autre,
06:56vous disiez,
06:57Pinet,
06:58le français,
06:58on n'a plus les manettes,
06:59on est bloqué.
07:00L'immigration incontrôlée
07:01avec les masses mondiales,
07:03c'est quelque chose
07:04d'endémique absolument
07:05immétrisable
07:06et qui nous frappe
07:07de plein fouet la France.
07:09Les mentalités françaises
07:10des droits acquis,
07:11c'est dans la tête
07:12que ça se passe.
07:13Allez, allez,
07:14les dictateurs continuent
07:15parce qu'ils n'arrivent pas
07:16à faire transmettre
07:18dans la rue,
07:19dans les guerres civiles,
07:20la révolution dans les têtes.
07:21Mais nous,
07:22c'est dans les têtes,
07:22les gens sont dans les droits acquis,
07:25ils sont complètement lobotomisés.
07:28Voilà.
07:28Et puis,
07:28la démagogie électorale,
07:30Olivier Truchot,
07:30il a fait référence.
07:32On pourrait encore citer
07:33le pouvoir excessif des juges
07:35si jamais il y a quelque chose
07:36qui marche.
07:37Voilà.
07:37Mon expression,
07:38c'est on est encastrés.
07:39Voilà.
07:40Et là,
07:40on ne bouge plus.
07:41– Non, mais attendez,
07:48je voudrais avoir
07:48la réponse de Nicolas.
07:49La réponse de Nicolas
07:50et après Zora,
07:51mais la réponse de Nicolas.
07:52– Déjà sur deux points,
07:53est-ce que l'Europe nous paralyse ?
07:55– Non, c'est nous
07:55qui nous paralysons nous-mêmes.
07:57Regardez,
07:57demandez aux agriculteurs,
07:58vous vous intéressez beaucoup,
07:59je vous écoute,
08:00vous vous intéressez beaucoup
08:01aux questions agricoles.
08:02Mais le problème de l'agriculture,
08:04ce n'est pas l'Europe.
08:05D'ailleurs,
08:05l'Allemagne et les Pays-Bas
08:07réussissent bien mieux que nous.
08:08Maintenant,
08:08dans le domaine agricole,
08:09c'est le fait que
08:10notre Parlement
08:11surtranspose
08:12de façon absolument délirante
08:14toutes les directives européennes.
08:17La question de la dette,
08:17je vous suis,
08:18je suis d'accord avec vous,
08:19bien évidemment,
08:20mais enfin,
08:21on a 1 700 milliards d'euros
08:22de dépenses publiques,
08:23il faut la réduire
08:24de 30 milliards
08:25pendant 3 ou 4 ans.
08:26Vous êtes dirigeant d'entreprise,
08:28on se met ensemble
08:29dans une pièce.
08:29Si on est un peu raisonnable
08:30et un peu adulte,
08:31on n'arrive pas à faire ça.
08:32– Oui, mais les politiques
08:33n'arrivent pas.
08:33Regardez,
08:34les politiques n'arrivent pas
08:35parce qu'ils ne cherchent pas,
08:36parce qu'ils ne veulent pas.
08:36– Oui, mais ça veut dire
08:39que c'est des politiques
08:39qui ne vont pas changer.
08:40Ceux qui sont là actuellement,
08:41ils seront là dans un an
08:42pendant la présidentielle.
08:43– Rien, moi je ne suis pas sûr.
08:44– Emmanuel,
08:45parmi les problèmes,
08:47il a parlé de l'immigration aussi.
08:48Est-ce que c'est un problème ?
08:49– Oui, l'immigration,
08:50c'est intéressant.
08:50La question de l'immigration,
08:51c'est qu'on ne la maîtrise pas.
08:53Mais ce n'est pas véritablement
08:53une question européenne.
08:54On peut parfaitement mettre en place
08:55une politique d'immigration choisie,
08:57comme l'ont fait par exemple
08:58les Canadiens,
09:00où on décide de dire
09:00dans tel métier,
09:02on a vraiment besoin
09:02de gens qui sont qualifiés
09:03et donc on met en place
09:04des quotas,
09:05mais ça demande une vraie organisation
09:06et un État qui soit performant.
09:08Parce que quelque chose
09:09qui à mon avis
09:10est un peu au cœur du problème
09:11et que vous n'avez pas
09:12pointé dix doigts,
09:13c'est l'inefficacité endémique
09:15de l'État.
09:16Je vais dire un truc
09:16qui va vous faire plaisir,
09:17je pense.
09:18En faisant ce livre,
09:19je suis un peu devenu,
09:20je ne m'y attendais pas,
09:21bonapartiste.
09:22Parce que le code civil,
09:24c'est-à-dire
09:24une immense simplification juridique
09:261804,
09:27et l'idée d'un État
09:28frugal,
09:30concentré sur ses missions
09:32qui se protègent
09:33vers l'avenir,
09:34je pense que si nous revenions
09:35à cet esprit bonapartiste,
09:36pas celui des guerres,
09:37bien évidemment.
09:38Oui, mais les Français,
09:39ils adorent leur histoire,
09:40ils sont très sensibles
09:41à ce genre de référence.
09:42Donc les gens,
09:43ils comprennent,
09:44ils sont très cultivés
09:45les Français en histoire,
09:45ils comprennent parfaitement
09:46ce que je veux dire
09:47quand je parle d'État,
09:48d'esprit bonapartiste, etc.
09:49Bon courage,
09:50vous demandez à l'État obèse
09:51de réduire
09:53et de se concentrer
09:53sur ses fonctions régaliennes,
09:55je dis bon courage
09:55parce qu'il y a des intérêts
09:56quand même très nombreux
09:58pour que les choses
10:00ne bougent pas.
10:02contre de l'eau tiède
10:02et des trucs faciles.
10:03Non, mais je suis d'accord.
10:05Mais vous avez sans doute
10:06le bon remède,
10:07maintenant on n'a pas trouvé
10:08le médecin.
10:08Mais non, mais ce qui est dingue,
10:10en tout cas merci d'être là,
10:11moi je n'ai pas eu le temps
10:13de lire votre livre
10:14mais je suis aussi intéressé
10:15par cette idée.
10:16D'abord je suis une optimiste aussi,
10:18donc ça, ça aide.
10:19Ça se voit.
10:20Je suis une optimiste,
10:21je crois aux Français
10:23et je crois à leur capacité
10:24de faire des choses
10:26absolument incroyables.
10:27Et je crois surtout
10:28à leur envie en ce moment,
10:30plus que jamais,
10:31de vouloir se mobiliser
10:33pour peut-être eux
10:33être aussi une solution.
10:35Mais il y a un phénomène
10:36très intéressant
10:36que vous décrivez
10:37qui est celui
10:38de la paralysie organisée
10:40pour empêcher
10:41la créativité
10:42et empêcher
10:43la production de richesses.
10:44C'est-à-dire que je donne
10:45un exemple tout bête.
10:46Un jeune se lève un matin
10:48et il se dit
10:48bah tiens,
10:49dans mon coin,
10:50j'aimerais bien aller
10:50livrer des croissants
10:52aux gens
10:52et du pain
10:53parce qu'il y a
10:54beaucoup de gens âgés.
10:55avant qu'il se lève
10:57le matin,
10:58qu'il aille à la boulangerie,
10:59qu'il achète ses croissants,
11:00qu'il prenne son vélo
11:01et qu'il se dit
11:01je vais bosser,
11:03il a d'abord
11:03une tonne de paperasse,
11:04peut-être pas l'autorisation,
11:06peut-être machin
11:06et peut-être bidule
11:07et il y a
11:08un million de freins
11:09qui vont faire
11:10qu'à la fin de la journée,
11:11il va se dire
11:12bah je peux pas.
11:13En fait,
11:14il faut libérer
11:15la créativité,
11:16le travail
11:16et l'esprit d'entreprendre.
11:18C'est vrai ou pas Nicolas ?
11:19J'en suis absolument convaincu
11:20et c'est pour ça que je pense
11:21que le premier sujet
11:22c'est vraiment celui
11:23de la simplification.
11:25Vous avez tellement de gens
11:26mais d'ailleurs même
11:27au sein de l'État
11:27ou des collectivités locales,
11:28des maires qui vous disent
11:29mais je voudrais faire
11:30un skateboard,
11:31etc.
11:32mais je peux pas
11:32parce que j'ai trop de lois
11:34et de...
11:34On est engoufrés.
11:36Et ça c'est très concret.
11:37Le problème c'est qu'en plus
11:37les partis politiques
11:38préparent pas du tout
11:39les programmes de la présidentielle.
11:40C'est des agences
11:41événementielles.
11:42Mais ils font rien,
11:43ils ont pas l'idée
11:43d'un...
11:44Au mieux du mieux du mieux
11:45moi chez mes amis
11:46vous avez quelqu'un
11:46qui va vous dire
11:47il faut mettre
11:47une couche de retraite
11:48par capitalisation.
11:49Alors là on est dans
11:50le bout du monde
11:50de la précision programmatique.
11:53Donc il faut savoir
11:53comment on simplifie.
11:54Je peux dire un truc
11:55sur les cheminots ?
11:56Oui.
11:57Parce que vous me demandiez
11:58des exemples historiques.
11:59À côté de Bruno Ponce.
11:59Ouais ouais attendez.
12:01XIXe siècle.
12:02Ça c'est vraiment la France.
12:03La France était
12:04le pays le plus en retard
12:05en matière de développement
12:06de chemin de fer.
12:07Les premières années
12:08on a terminé
12:09on était le pays
12:09le plus en avance.
12:11Parce que la France
12:11c'est toujours un pays
12:12c'est le pays
12:14qui arrive en tête.
12:15C'est ça ce qui va se passer.
12:15Rien ne sert de courir
12:16à point.
12:17Bruno.
12:18Non déjà moi
12:18quand je vous écoutais
12:20je vous ai déjà rencontré
12:21on a fait déjà des débats
12:22à l'époque des réformes
12:22ferroviaires.
12:23Vous étiez moins enthousiastes
12:24vis-à-vis de ce qu'on faisait
12:25mais bon ça c'est autre chose.
12:27Mais là vous dites
12:27la relance
12:29effectivement chaque fois
12:30vous parlez de relance
12:30dans l'histoire de France
12:31souvent il y a eu un conflit
12:32ou il y avait eu une révolution.
12:34Or en fait aujourd'hui
12:35on est dans un conflit
12:36et la relance
12:37de l'industrie française
12:38est en train de se faire
12:39parce qu'avec l'armement.
12:40Moi je viens d'une région
12:41la région du centre
12:42Bourges
12:43où aujourd'hui
12:44ça n'a jamais marché autant
12:45il y a de l'emploi
12:46parce qu'on vend des armes
12:47et parce qu'on vend les armes
12:48qui bombardent
12:49et la Russie et l'Ukraine.
12:50Et on va en continuer
12:50et l'Alpha.
12:51Et bah oui
12:51parce que ça nous rapporte
12:52et je pense qu'on est content
12:53quand les guerres ne s'arrêtent pas.
12:55Et donc moi je vous entends
12:55mais sauf que
12:56derrière
12:56vous ne parlez pas
12:57de réindustrialisation
12:59vous ne parlez pas
12:59vous nous dites
13:00oui il faut créer de la richesse
13:01mais moi la richesse
13:01ce n'est pas de devenir
13:02un pays de service.
13:03On est devenu un pays de service.
13:04Moi quand j'étais gamin
13:05j'ai travaillé l'usine
13:05à partir de 17 ans et demi
13:06en train dans des usines
13:08il y en avait partout.
13:08Aujourd'hui il n'y a plus d'usines
13:09il n'y a plus donc d'ouvriers
13:11il n'y a plus de vote ouvrier
13:12et donc effectivement
13:13aujourd'hui on se retrouve
13:13dans une espèce de nasse
13:15de gens qui vous parlent
13:16d'économie de la journée
13:17qui n'y connaissent rien
13:17et qui n'ont jamais rien géré.
13:18Un ouvrier
13:19quand il était payé
13:20à la fin de semaine
13:20il savait très bien
13:21qu'il pouvait aller au bistrot
13:21le vendredi soir
13:22ou le samedi soir
13:23il ramenait l'argent à maman
13:24parce qu'il fallait qu'il fasse
13:25manger la semaine d'après.
13:26Tout ça c'était quelque chose
13:27de concret.
13:27Aujourd'hui il n'y a plus d'industrie
13:28et moi je ne vous entends pas
13:29parler de l'industrialisation.
13:30Je ne vous parle pas
13:31de parler de ses patrons
13:32Est-ce que c'est possible
13:33de parler 30 secondes ?
13:33Non mais regardez
13:34je ne vous parle pas
13:34moi je n'entends vraiment pas
13:35qu'on parle des patrons voyous
13:36comme par exemple Michelin
13:37qui touche de l'argent
13:37pour acheter des machines
13:38mais qui achète des machines
13:39dans ses usines à l'étranger.
13:42Il y a un vrai sujet avec ça.
13:43Déjà la France
13:44et les étrangers nous voient comme ça
13:45c'est un pays d'entrepreneurs
13:47et d'ingénieurs
13:47vous n'avez pas un pays au monde
13:48qui sort autant d'ingénieurs
13:49donc le fait qu'on se soit
13:50désindustrialisé
13:51vous avez tout à fait raison
13:52est une anomalie
13:53c'est une trahison
13:54de l'esprit français
13:54mais regardons les choses concrètement
13:56aujourd'hui
13:56vous voulez faire une usine en France
13:58mais c'est incroyablement compliqué
14:00il faut trouver le foncier
14:01il faut qu'il soit constructible
14:03il faut avoir les autorisations
14:04vous avez des records juridiques
14:05le juge administratif
14:07pardonnez-moi
14:07on est dans les grandes gueules
14:08de vous le dire comme je le pense
14:09mais parfois
14:10il n'est pas obsédé non plus
14:11par l'intérêt économique
14:12mais par d'autres considérations
14:14et puis j'ajoute les charges etc
14:16le fait aussi qu'on a des difficultés
14:17de recrutement dans l'industrie
14:19tous les industriels vous le disent
14:21et en réalité la France
14:22qui est structurellement
14:23un grand pays industriel
14:25tout le second empire
14:26la France c'était justement
14:27le pays de l'industrie
14:28et je pourrais même remonter
14:30à, je le fais dans le livre
14:31la France d'avant la France
14:32les Gaulois
14:33complètement caricaturés
14:34par Astérix
14:35qui a fait croire
14:36qu'on était un petit pays
14:37comme ça
14:38obsédé par la bière etc
14:39la Gaule c'était pas ça
14:40la Gaule c'était le pays
14:42qui était le plus exportateur
14:43de chars
14:44d'armes
14:45d'agroalimentaires
14:46donc c'est vraiment
14:47dans notre tradition
14:48donc je suis sûr
14:49que sur certains sujets
14:50on pourrait s'entendre
14:51je suis mille fois d'accord avec vous
14:52donc on peut réindustrialiser le pays
14:54bien sûr
14:55mais il y a une main d'oeuvre
14:56qui est chère
14:57pour réindustrialiser
14:58oui il y a une main d'oeuvre
14:58qui est chère
14:59mais aujourd'hui
14:59les outils technologiques
15:01notamment les robots
15:01permettent de faire en sorte
15:02qu'en réalité
15:03la part de la main d'oeuvre
15:04dans le coût d'une usine
15:05est beaucoup plus faible
15:06qu'auparavant
15:08il faut des salariés
15:09c'est les deux
15:10c'est comme l'IA
15:11l'IA va envoyer des gens au chômage
15:12mais on en fait quoi de ces gens ?
15:13non parce que je suis persuadé
15:14que pour utiliser l'IA
15:16et puis de toute façon
15:16il y a plein d'autres jobs
15:18qui vont se créer
15:18donc si vous voulez
15:19la technologie
15:20elle va considérablement nous aider
15:22et de la même façon
15:22que les technologies
15:24de mécanisation
15:25le charbon
15:26au 19ème siècle
15:26ont permis le développement
15:28de l'usine
15:28on manque de charcuterie
15:29on manque de boucher
15:30on ne manque pas de sociologue
15:31il y a quand même un sujet
15:32aussi d'orientation en fait
15:33ou d'économiste
15:34ou d'économiste
15:35non mais attendez
15:35on va faire une tribune ensemble
15:36parce que si vous êtes
15:37si vous trouvez qu'il y a trop de sociologues
15:39et qu'on les entend trop
15:40on va être amis
15:41je suis entièrement d'accord
15:42moi je trouve qu'il y a trop de sociologues
15:43et pas assez de gens comme moi
15:44un mot pour terminer
15:45parce que c'est dans l'actualité
15:4620% des jeunes sont au chômage
15:49ça fait à peu près 30 ans
15:50c'est ce que disait le MEDEF
15:51qu'on a 20% de jeunes au chômage
15:53on n'y arrive pas
15:53le MEDEF proposait
15:55de faire un CDI spécial jeunes
15:58moins bien payé
15:59moins protecteur
16:00ça a été retoqué
16:01par le gouvernement
16:01qu'est-ce qu'on fait alors
16:02pour les jeunes ?
16:03en tout cas ça je suis contre
16:03parce que je ne veux pas
16:04qu'on stigmatise
16:05une partie de la population
16:06d'accord mais quelles sont
16:07les contre-propositions ?
16:08alors aujourd'hui en France
16:09on a un problème chez les jeunes
16:10majeur de formation
16:11et de qualité de la formation
16:12on voit que la dégradation
16:14par exemple de notre niveau
16:15en mathématiques
16:16commence déjà
16:17à se payer économiquement
16:20avec moins d'ingénieurs
16:21des ingénieurs qui sont
16:22de moins bon niveau
16:22etc.
16:23donc on a un sujet
16:24absolument majeur
16:25de formation
16:25et après l'autre sujet
16:27en fait tout bête
16:28mais je suis obligé
16:28de revenir à des basiques
16:29c'est l'activité économique
16:30c'est le fait qu'on bride
16:31trop l'activité économique
16:32et donc que dans des endroits
16:34comme Vierzon
16:34où on pourrait
16:35réindustrialiser
16:36où on pourrait développer
16:37davantage de commerce aussi
16:38parce qu'il faut écouter
16:39les restaurants
16:39les exploitations agricoles
16:41en fait la demande
16:42dans le domaine
16:43elle est énorme aujourd'hui
16:44au niveau mondial
16:45sauf qu'on se freine
16:47nous-mêmes
16:47notamment par les surtranspositions
16:49dont je parlais
16:50et donc du coup
16:51on pourrait considérablement
16:53libérer l'activité
16:55économique
16:55et donc ça
16:57ça ferait
16:58beaucoup plus de travail
16:59Merci Nicolas Bouzou
17:00l'éternel sursaut
17:01une histoire confiante
17:02de la France
17:03vous avez aimé
17:04le discours de Nicolas
17:05il suffit maintenant
17:06Mais on va y arriver
17:06je venais chez vous
17:07il y a 15 ans
17:08si on se revoit dans 15 ans
17:10vous verrez que j'ai raison
17:10On n'aura pas changé
17:11vous serez là pour nous le dire
17:13c'est aux éditions XO
17:15Merci Nicolas
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