- il y a 3 mois
Aujourd'hui, c'est au tour de Thibault de Montbrial, avocat, auteur de "France : le choc ou la chute", de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:03Le livre est paru aux éditions de l'Observatoire, il est signé de l'avocat Thibaut de Montbrial.
00:09Bonjour Thibaut de Montbrial, le titre c'est France, le choc ou la chute à propos de la sécurité ?
00:15Mais la chute de quoi ? La chute d'un pays ?
00:18Oui je pense qu'aujourd'hui nous sommes dans une situation sécuritaire dont beaucoup ne mesurent pas la gravité
00:23et qu'il y a effectivement un risque d'effondrement.
00:27On n'a pas été très loin en 2023. Moi ce qui me frappe beaucoup c'est que depuis 18 mois j'ai sillonné le pays
00:34comme avocat bien sûr lors des procès. J'en profitais pour rencontrer les autorités locales
00:39avec mon centre de réflexion sur la sécurité intérieure. J'ai fait 31 réunions publiques en 18 mois.
00:44J'ai vu plus de 5000 personnes et des élus locaux. Et comme officier de réserve de la gendarmerie
00:49j'ai fait des périodes où à chaque fois pareil je parlais avec les gens, aussi bien les gendarmes dans les voitures
00:53que les officiers supérieurs. Et tous me racontent une histoire sur ce qui se passe sur le terrain
00:59qui est totalement convergente avec les statistiques officielles.
01:03Et donc il y a une réalité que tous les gens dont c'est le métier mesurent, que la plupart des élus mesurent
01:08et que la superstructure, si on parle un peu comme Marx du pays, c'est-à-dire quelques centaines de milliers
01:13de hauts fonctionnaires, de journalistes, de politiques, n'assument pas. La plupart ont compris
01:19que ça risquait d'arriver en privé. Ce qui est très intéressant c'est qu'aujourd'hui
01:23les policiers, les gendarmes, les militaires, y compris au plus haut niveau, en privé, savent que le risque
01:28est extrêmement élevé et qu'il y a des scénarios de préparation. Mais dans les programmes politiques
01:33on fait comme si ça n'existait pas. Donc ce que j'ai voulu faire c'est témoigner de tout ça
01:37et mettre le sujet dans le débat.
01:38Et vous dites que l'insécurité progresse, qu'il y a plus de délinquance, plus de violence,
01:43qu'il y a une agression toutes les trois minutes. L'ancien garde des sous Éric Dupond-Moretti
01:47lui il dit en fait il y a un effet loupe parce qu'il y a des chaînes, et il visait d'ailleurs
01:51CNews, qui toute la journée sont sur l'insécurité, l'immigration, les OQTF. Donc on donne
01:57l'impression qu'il n'y a que ça en France et qu'en fait non, la société n'est pas plus
02:02violente qu'avant, il n'y a pas plus d'agression, il n'y a pas plus d'homicides. C'est simplement
02:07un effet loupe.
02:08Moi j'ai été consterné par les propos d'Éric Dupond-Moretti, il a le droit de dire ce
02:11qu'il veut, mais il a été garde des sous pendant cinq ans, c'est-à-dire qu'il a eu
02:14accès à la réalité statistique et à la réalité judiciaire.
02:18Elle dit quoi cette réalité alors ?
02:20Cette réalité, elle dit que la violence est devenue en France un mode de résolution
02:25du conflit banal, que les meurtres et tentatives, puisque ça va ensemble, un meurtre
02:30c'est une tentative qui réussit. On doublait en disant, comme vous venez de le rappeler,
02:36une agression physique toutes les trois minutes et surtout une ambiance, y compris
02:42sur le terrain politique, parce que c'est toute la société, une ambiance dans les
02:46hôpitaux, dans les établissements scolaires et dans l'hémicycle d'agressivité qui est
02:52désormais même utilisée par, exploité par un parti comme la France insoumise pour
02:57installer une stratégie de la tension dans la vie politique. Donc on est notamment avec
03:03l'exploitation de ce qui s'est passé au Moyen-Orient et à Gaza. Donc moi je pense
03:07que nous avons tous les clignotants au rouge, on peut encore éviter le problème.
03:11– Mais pourquoi on n'arrive plus à se tenir ?
03:12– C'est pour ça que j'ai écrit le livre, c'est pour le mettre dans le débat.
03:15– Mais pourquoi on n'arrive plus à se tenir ? Pourquoi on est arrivé là ?
03:17– Parce que ça fait 40 ans que par déni puis par lâcheté, les différents partis politiques
03:24français et en partie les partis de droite qui auraient dû non seulement tenir des propos
03:29sur la loi et l'ordre, mais les appliquer quand ils étaient au pouvoir, ont déçu qu'on
03:35n'a pas vu d'abord par naïveté et ensuite par lâcheté le risque que constituait le changement
03:41de population en France avec une immigration arabo-musulmane dont la culture est complètement
03:46différente et dont l'assimilation est un échec, c'est une des grandes difficultés.
03:51D'ailleurs je tends la main aux jeunes français d'origine arabo-musulmane, je salue ceux
03:56qui sont intégrés, notamment ceux qui ont rejoint la police, la gendarmerie et l'armée
04:00et j'appelle les autres à choisir le camp de la République et à ne pas se laisser
04:06dans un silence qui est un silence qui sera exploité notamment par les islamis.
04:10– Vous écrivez, il faut être lucide, la mécanique à l'œuvre en France ressemble
04:14à ce qui s'observe déjà en Belgique et au Royaume-Uni, l'enjeu n'est pas seulement
04:18identitaire, l'enjeu n'est pas seulement électoral, il est identitaire et communautaire,
04:24l'entrisme ne vise pas à constituer un parti autonome mais à peser de façon transversale
04:28sur l'ensemble du paysage politique.
04:29– Absolument, et vous allez le voir aux municipales de mars prochain, vous verrez que
04:35sur un certain nombre de listes, quelles que soient les villes et quelles que soient
04:39les partis politiques parce que c'est ça qui est intéressant, c'est qu'il y a deux
04:43contre-cultures qui ont donné des coups de boutoir à la République et qui profitent
04:49de sa faiblesse.
04:49Donc là on est en train de parler de l'islamisme, l'autre c'est la grande criminalité organisée,
04:53on pourra en parler après si vous voulez.
04:55Mais pour rester sur le sujet que vous abordez, sur l'islamisme, il y a la violence, mais
04:59face à la violence on réagit.
05:01Depuis dix ans, face au terrorisme islamiste, on a plutôt été assez bon.
05:04Mais sur l'antrisme, c'est-à-dire l'exploitation de nos faiblesses institutionnelles et de
05:10notre lâcheté dans l'enseignement, à l'université c'est terrible, mais donc en politique, c'est
05:15très intéressant de voir que les islamistes essayent de mettre une ou deux personnes en
05:21position éligible, quelles que soient les étiquettes politiques, aussi bien à droite
05:24qu'à gauche.
05:25Et parce qu'il y a des endroits où il y a un enjeu électoral avec un bassin de
05:30population qui peut être sensible à ces discours, vous avez des candidats, y compris
05:34de droite, qui se laissent séduire en disant oui, en relativisant, vous savez, c'est
05:40l'inventrisme.
05:42D'autant que les islamistes dont vous parlez, ce n'est pas la bannière déployée, c'est
05:45une nouvelle forme, c'est-à-dire c'est la politique, la fameuse stratégie de la
05:49cravate, c'est-à-dire via des associations qui, dans des mairies de droite, ça va être
05:53l'aide aux devoirs avec un espèce de discours de rappel à l'ordre et de retour de l'ordre
05:57et dans des municipalités de gauche, c'est exactement les mêmes, sauf que là
06:00ils n'ont pas de cravate, ils ont un vieux sweatshirt dégueulasse pour faire un peu
06:05plus bobo du coin.
06:07Et puis là, ils vont vous tenir un discours sur l'écologie par exemple, la fameuse écologie
06:10pirate de Madame Ouassac par exemple.
06:13Ce qu'on peut dire pour synthétiser, c'est que l'islam politique habile utilise tous les
06:22codes qui sont attractifs dans la société française pour se dissimuler.
06:26Et donc il faut être lucide et il faut ouvrir les yeux, d'abord il faut le savoir, c'est
06:30une stratégie qui est écrite, qui est théorisée d'abord depuis des centaines d'années
06:33au sens large et en tout cas depuis 1927 avec l'apparition des frères musulmans
06:38d'abord en Égypte et aujourd'hui un peu partout.
06:41Et donc une fois qu'on a cette lucidité, il y a une grille de lecture du réel sur
06:45lequel il ne faut pas être paranoïaque complètement, mais il faut être...
06:48Mais avant l'islamisme, le français est surtout confronté dans sa vie de tous les jours
06:52à un vol à la tire, à un cambriolage, à une agression parfois gratuite dans les
06:58transports, dans la rue, notamment de la part de jeunes, parfois de très jeunes, de
07:04mineurs, et on a l'impression qu'à chaque fois il y a une sorte d'impunité.
07:08En tout cas ces jeunes sont souvent multi-condamnés ou en tout cas multi-arrêtés, je ne sais
07:13si on peut le dire, mais il ne se passe pas grand-chose derrière.
07:16Et la justice des mineurs revient régulièrement dans le débat public et on n'a pas encore
07:19tranché, on n'a pas trouvé la solution.
07:21La justice des mineurs, c'est un problème absolument majeur et vous avez raison de
07:25l'aborder.
07:26La jeunesse, c'est la sève d'un pays, c'est ce qui va permettre ensuite d'avoir une
07:30structure, des arbres solides, une belle forêt, une structure avec une cohésion
07:34républicaine.
07:35Il est essentiel de réussir, de réussir l'intégration républicaine de nos jeunes.
07:39Donc sur la question de la justice, il y a une folie récurrente depuis 40, depuis
07:45même 80 ans, depuis 1945, dans la logique de la justice des jeunes qui consiste à
07:51privilégier l'aspect éducatif à l'aspect répressif.
07:54Bien sûr qu'il faut de l'éducation, mais le premier face-à-face, la première rencontre
07:58entre un jeune délinquant et la justice, c'est une rencontre capitale.
08:02C'est le jour où le jeune qui a choisi d'être un délinquant, à qui des gens ont dit,
08:06ses parents, ses profs, qu'il fallait qu'il respecte la loi, il la transgresse.
08:11C'est le jour de la grande rencontre de la vérité entre celui qui a transgressé la
08:16loi et le système qui va le punir.
08:18S'il sort de cette première rencontre avec un juge, en ayant l'impression que la République
08:24ne tient pas la menace de le remettre dans le droit chemin en le punissant, c'est exactement
08:30quand vous avez un enfant de 2 ans qui teste ses parents.
08:32À ce moment-là, quand il sort de cette audience, il se dit, en fait, tout ça, c'est des conneries.
08:39Les mots qu'on m'a dit, il ne fallait pas faire de bêtises parce que je serais puni, etc.,
08:43c'est des faibles, et donc je vais continuer, et il y a une aggravation.
08:46Donc, il ne faut pas être trop sévère.
08:50Je ne dis pas que c'est facile.
08:51Il y a un degré, mais si, pour résumer, si ça ne fait pas quelque chose, si le jeune
08:57n'est pas entravé, soit dans sa liberté pour les cas les plus graves,
09:00bref, il faut qu'il ait un effet au moins tape sur la main, et beaucoup plus en cas de violon.
09:06Alors là, il faut changer toute la culture, toute la mentalité, parce que...
09:09Oui, bien sûr.
09:09Par exemple, un jeune de 17 ans qui va commettre un viol, par exemple, il va être jugé par
09:16un juge pour enfant.
09:17Oui, c'est le terme, bien sûr.
09:19Est-ce qu'à 17 ans, est-ce qu'il est encore enfant ?
09:22C'est qu'on a six des mineurs, quand même, à 17 ans.
09:23Oui, mais c'est le juge pour enfant, je veux dire, même le symbole.
09:27Mais il faudra même changer l'intitulé.
09:29Ah, mais moi, je suis complètement d'accord avec vous.
09:30D'abord, moi, je suis pour une majorité pénale à 16 ans.
09:33Et ensuite, il faut que, déjà, mais vous savez, des choses très simples.
09:37On pourrait déjà inverser le principe de l'excuse de minorité.
09:41Qu'est-ce que c'est, pour que nos auditeurs comprennent ?
09:43Le principe de l'excuse de minorité, c'est quand vous commettez un crime,
09:46les choses les plus graves, ou un délit, et que vous avez moins de 18 ans,
09:49la peine encourue, encourue, est divisée par deux, par rapport à celle pour un adulte.
09:55Et il faut une décision spécialement motivée du tribunal ou de la cour d'assises
10:00pour donner une peine correspondant aux adultes.
10:05Inversons déjà le système.
10:08C'est-à-dire, faisons un système où le juge, qui souhaite accorder aux mineurs
10:12le bénéfice de cette excuse, explique pourquoi.
10:15Donc on inverse l'obligation d'expliquer, de motiver, on appelle ça.
10:18Bah déjà, ça donnerait un premier fini.
10:20Oui, mais ça, la magistrature n'est pas prête.
10:22Et là, vous remettez en cause, finalement.
10:24Vous l'avez dit, 80 ans de...
10:27Est-ce que vous ne pensez pas qu'un jeune de 17 ans qui commet un viol,
10:34c'est qu'avant, ça s'est mal passé, quoi ?
10:36Il ne faut pas remettre ça en question.
10:38Moi, je viens de milieu terrien, paysan.
10:41Il y avait M. le maître, M. le facteur, M. le docteur, M. le gendarme.
10:46M. le curé.
10:47Il y avait aussi peut-être papa et maman.
10:49Non, mais il y avait papa et maman qui travaillaient beaucoup.
10:51Oui, mais qui assuraient l'autorité familiale.
10:53Non, mais il y avait d'autres adultes.
10:54Non, mais attendez, qui n'ont jamais fait d'études de leur vie.
10:56Et ça n'empêche pas ?
10:57Non, mais non, laissez-moi parler.
11:01Simplement, on avait une obligation de respect.
11:04Et ça, depuis tout petit, petit, petit.
11:06Et ça ne nous empêchait pas.
11:07Papa nous disait, si tu débordes, sois intelligent, ne te fais pas attraper.
11:12Ça ne nous empêchait pas de vivre.
11:13Ça ne nous empêchait pas nos libertés d'adolescents.
11:15Mais on avait cette crainte et surtout, on savait qu'il y avait une autorité.
11:20À chaque moment de notre vie dans la société, il y avait quelqu'un qui avait l'autorité
11:24et qu'il fallait respecter.
11:25Ou être assez malin pour être avec lui.
11:29Mais vous avez tout dit.
11:32Une certaine pensée, puisque vous avez évoqué le fait que...
11:36Quand vous parlez de l'enfant roi, tout à l'heure vous parlez de l'enfant droit,
11:39je pense que l'enfant roi, malheureusement, a détruit une autorité, c'est une certitude.
11:43Mais il y avait cette crainte, quelque part.
11:45Mais une crainte, j'aime bien.
11:46Parce que quand on parle de crainte, de suite, on pense...
11:48Une crainte bienveillante.
11:49Non, ce n'était pas la crainte de la peur.
11:51C'était la crainte intelligente.
11:52Mais il y avait un cadre.
11:52Quand on a une élite politique, une élite médiatique, qui tient depuis 50 ans un discours
12:00qui est le discours de la destruction systématique de toute forme d'autorité, car l'autorité
12:04est une oppression, l'école s'effondre, la respect de la police s'effondre, la justice
12:09s'effondre et l'autorité parentale avec.
12:11Moi, j'ai un bon cas de figure en tant que...
12:14Merci à la gauche.
12:15Par rapport à la famille, j'avais le cadre familial que je respectais et au milieu du cadre
12:19je fais ce que je voulais.
12:21Et j'ai employé cette méthode même plus loin.
12:22Quand j'étais chef d'entreprise, c'est moi qui faisais tous mes entretiens d'embauche
12:25et donc on recevait des jeunes de tous bords, de tous milieux.
12:30La seule chose importante pour moi que je leur ai expliqué, je lui ai dit
12:32il n'y a qu'une chose qui est importante, c'est qu'il y a un cadre ici.
12:35C'est moi le chef.
12:37C'était terrible.
12:38C'est pas bienveillant, ça s'appelle de l'éducation, pas de la méditation.
12:42Oui, mais c'est de l'éducation, mais sauf qu'à 17 ans, quand on sort de ce cadre-là,
12:46on ne viole pas par hasard.
12:48Un petit voe de Montbréal.
12:50Vous avez tout résumé.
12:52Mais quand il y a un cadre, le principe de poser un cadre,
12:55c'est que quand la personne sort du cadre, il faut qu'il lui arrive quelque chose.
13:00Parce que s'il ne lui arrive rien, le cadre n'existe plus.
13:03Maintenant, vous avez demandé tout à l'heure,
13:05si on devient criminel à 17 ans, c'est qu'il s'est passé quelque chose avant.
13:09Aujourd'hui, pour des raisons historiques sur ces dernières décennies,
13:13tout le système d'autorité en France s'est effondré.
13:15Et moi, ce que je dis simplement dans ce livre, c'est qu'à un moment, il faut faire repartir la roue dans l'autre sens.
13:20Si, sur le terrain, la police, la gendarmerie et la justice commencent à remettre de l'autorité,
13:25ça va créer un cercle vertueux.
13:27Les gens dans les hôpitaux, les profs dans les écoles,
13:30tout le monde va se sentir de nouveau soutenu.
13:32C'est-à-dire qu'un retour de balancier, et encore une fois, permettez-moi de le dire,
13:35c'est très, très important, je ne prône aucun excès.
13:38Je prône simplement le retour à l'application de la loi de la République.
13:42La base du pacte social, c'est que l'ordre, et notamment le rapport à la violence,
13:50il est géré par l'État.
13:52C'est la police, la justice et l'armée pour les vulnérables.
13:54L'autorité n'empêche pas la liberté.
13:57Mais l'autorité est la base de la liberté.
13:58Si vous n'avez plus de cadre, il n'y a plus de liberté.
14:02Parce que quand on parle d'autorité, quand on parle de rigueur et de discipline,
14:05ça fait peur à tout le monde, parce que tout le monde se dit
14:07« je vais être complètement cloisonné et enfermé ».
14:09Non, au contraire, on peut être libre, et c'est là qu'on est justement libre.
14:13D'où ce à quoi vous appelez, c'est-à-dire un choc d'autorité.
14:16On va continuer d'en discuter, et des questions de Flora Guevalli,
14:19d'Yves Candebord, de Barbara Lefebvre.
14:21Bien évidemment, c'est l'avocat Thibault de Montbrial qui est donc avec nous pour ce livre.
14:24« France, le choc ou la chute » à propos de la sécurité ou de l'insécurité,
14:28c'est aux éditions de l'Observatoire.
14:30La discussion va donc continuer.
14:31L'IGG, les grandes gueules, en direct sur RMC, RMC Story,
14:35Flora Guevalli, Yves Candebord, de Barbara Lefebvre,
14:37et surtout avec nous pour parler sécurité, insécurité,
14:40l'avocat Thibault de Montbrial avec ce livre aux éditions de l'Observatoire.
14:44« France, le choc ou la chute, le choc de sécurité,
14:47sinon le pays risque de basculer ».
14:50Alors, on a entendu Yves, Barbara Lefebvre, Flora Guevalli, Flora.
14:53« Moi, je ne suis pas en désaccord sur votre constat.
14:58À un moment, vous parlez carrément de risque de guerre civile,
15:01donc vous allez loin dans le constat. »
15:04« Pas moi qui emploie l'expression. »
15:04« Non, mais vous reprenez, pardon, ceux qui emploient cette expression.
15:08Moi aussi, j'ai entendu cette expression,
15:09notamment dans une très bonne série qui s'appelle « La fièvre »,
15:11où on imagine, c'est une série d'anticipation, la guerre civile,
15:15et on se rend compte tout au long de la série
15:16que ce n'est pas si improbable que ça en a l'air.
15:19Et vous parlez beaucoup de camps, les camps les uns contre les autres.
15:23Donc, il y a le camp de la République, le camp des islamistes.
15:26Enfin, vous parlez souvent de camps.
15:28Et ça, je suis assez d'accord qu'on a un gros problème,
15:30c'est que les gens sont les uns contre les autres
15:32et qu'on a du mal à faire nation.
15:34Il n'empêche que je ne suis pas d'accord avec vous
15:36sur les solutions, notamment pour moi,
15:38parce qu'il manque une des grilles de lecture majeure
15:42que sont les ingérences étrangères.
15:44Quand on parle notamment des mineurs
15:46et notamment après l'affaire Naël,
15:50on sait qu'il y avait beaucoup d'ingérences russes
15:51qui ont participé aux émeutes.
15:53Au moment des punaises de lits,
15:54on sait qu'il y avait beaucoup d'ingérences russes.
15:56Voilà, et vous ne parlez pas aussi des réseaux sociaux.
15:58Bref, en lisant ce livre, je me suis souvenu que j'étais de gauche
16:01et que pour moi, même si les constats, on les partage,
16:05les solutions, elles se trouvent plus dans la prévention
16:07que dans toujours punir, punir, réprimer, réprimer, réprimer.
16:12Dernier exemple, et je vous laisse répondre.
16:14Sur la question des viols, on en parlait tout à l'heure.
16:17On disait, imaginez un enfant de 17 ans,
16:19il viole un autre enfant.
16:21Ce qui arrive malheureusement dans ce pays.
16:24En fait, on sait par exemple que 90% des auteurs de violences sexuelles
16:28sont eux-mêmes des victimes de violences sexuelles.
16:31Donc en fait, vous prenez un peu les délinquants,
16:33mais c'est d'ailleurs une rhétorique de droite assez classique,
16:35vous prenez les délinquants comme de la racaille,
16:38comme s'il y avait des mauvaises herbes dans ce pays,
16:40sans comprendre que ces mauvaises herbes,
16:41elles viennent de quelque part,
16:42elles ont une histoire et elles sont influencées par un système.
16:46Les ingérences, les réseaux sociaux, l'école, la police, la justice, etc.
16:49Donc il y a quand même deux lignes de conduite politique
16:52à l'issue de votre livre.
16:55Mais en quoi est-ce que ce que vous dites est incompatible
16:57avec le fait de restaurer l'autorité ?
16:59Le constat, c'est que quand quelqu'un commet un délit ou un crime,
17:05il porte atteinte à la société, à l'intérêt social,
17:08on appelle ça en droit.
17:09Donc peut-être qu'il a eu lui-même des difficultés,
17:14mais à un moment donné, il fait un choix,
17:15et ce choix, si on ne le sanctionne pas, il n'y a plus de société organisée.
17:19Donc la prévention, moi je suis complètement d'accord,
17:21mais la prévention ne sera possible que quand on aura remis un cadre
17:24avec les structures d'autorité dont Yves parlait tout à l'heure,
17:27ce qui aide beaucoup à la prévention.
17:29Premier point.
17:30Deuxième point, vous avez dit quelque chose qui montre que je pense
17:32que vous avez lu mon livre un tout petit peu vite,
17:34ce n'est pas une critique, vous en recevez beaucoup.
17:36C'est que, d'abord, non seulement j'aborde les réseaux sociaux,
17:39mais il y a plusieurs pages qui y sont consacrées,
17:41c'est un accélérateur formidable de délinquance,
17:43notamment, et je donne des exemples très précis,
17:46dans les affaires de crypto-monnaie ou de home-jacking,
17:49où les gangs sont réunis au coup par coup, littéralement,
17:53sans mauvais jeu de mots, par des commanditaires qui souvent sont au Maghreb
17:56ou à Dubaï et recrutent en utilisant Snapchat comme une agence d'intérim
18:00et je décris tout ça.
18:01Deuxième point, et ça, ça me vient beaucoup à cœur,
18:04les ingérences étrangères.
18:05Vous avez complètement raison.
18:07Il y a deux pages dans le livre, c'est sans doute pas assez.
18:09C'est une de mes grandes craintes.
18:11Parce qu'aujourd'hui, comme hier, mais plus encore aujourd'hui qu'hier,
18:15et je le crains plus demain qu'aujourd'hui,
18:18tous les pays qui veulent nous déstabiliser
18:21parce qu'ils ont un intérêt géopolitique ou de politique intérieure,
18:24c'est-à-dire la Russie, l'Algérie, l'Iran et la Turquie
18:28utilisent nos fragilités et nos fractures
18:30pour nous forcer à nous tourner vers nos problèmes intérieurs.
18:36Et non seulement je suis d'accord avec vous,
18:39mais c'est une source majeure de préoccupation
18:41parce que ce qui est craint chez les policiers, les gendarmes, les militaires
18:44et avec qui je discute tous les jours,
18:46c'est qu'un jour nous ayons soit un attentat,
18:48soit un fait divers, et je mets des guillemets,
18:51où il y a une fusillade par exemple entre des jeunes et des policiers,
18:53mais où les jeunes auraient été payés pour cet acte,
18:57mais qu'ensuite, payés par un pays étranger,
18:59mais qu'ensuite nos fragilités internes
19:02fassent que le cycle infernal soit parti
19:05et là il n'y a plus besoin de personne pour l'alimenter.
19:07Vous parlez d'autorité et de sanctions plus importantes, plus sévères.
19:12Est-ce qu'aujourd'hui, le Conseil constitutionnel,
19:16le Conseil d'État sont des empêcheurs d'autorité en quelque sorte ?
19:20Je prends un exemple.
19:21Le gouvernement, et Bruno Rotaillot plus précisément,
19:24ministre de l'Intérieur, voulait que la rétention des étrangers
19:28en situation illégale soit plus longue dans les centres de rétention.
19:32D'ailleurs, comme c'est le cas par exemple en Allemagne,
19:34ils voulaient prolonger, je crois que c'est 90 jours maximum,
19:37ils voulaient aller au-delà.
19:38Ça a été retoqué par le Conseil constitutionnel.
19:40Bon ben voilà, donc on s'arrête là.
19:41Alors, deux choses.
19:43Un, je vais répondre, mais il y a beaucoup de choses
19:46qu'au niveau, ce qu'on appelle réglementaire,
19:49c'est-à-dire en dessous du niveau de la loi,
19:51donc au niveau ministériel, il y a déjà beaucoup de choses
19:53qu'on peut faire et je donne plein d'exemples.
19:55Maintenant, je réponds à votre question.
19:56Il est absolument évident qu'il y a eu une dérive
19:59des Cours suprêmes.
20:00Et le Conseil constitutionnel a droit à plusieurs pages
20:03dans mon livre qui ne sont pas élogieuses.
20:04Qui ne sont pas élogieuses.
20:05Pourquoi ?
20:06Parce que personne ne conteste l'importance
20:10dans le mécano de la constitution de 58
20:12d'avoir un gardien de la constitution.
20:14C'est tout à fait normal.
20:15Même le peuple souverain ne peut pas faire n'importe quoi.
20:18Mais l'article 3 de la constitution dit quand même
20:20que la souveraineté appartient au peuple.
20:23Et le Conseil constitutionnel a,
20:26depuis une vingtaine d'années,
20:26mais beaucoup depuis que Laurent Fabius
20:28est devenu président, entamé une dérive.
20:31Et cette dérive a constitué,
20:33pardon c'est un peu technique,
20:34mais c'est la mère de toutes les batailles
20:35juridico-juridiques.
20:37Cette dérive a constitué,
20:38a élargir le champ
20:40de ce que le Conseil constitutionnel
20:42considère comme étant les textes,
20:46ce qu'on appelle le socle de constitutionnalité.
20:48Et à force de rajouter tout et n'importe quoi,
20:51ça a permis à ce Conseil
20:53de prendre des décisions
20:54qui sont purement idéologiques.
20:57Et je prends une dizaine d'exemples dans le livre.
20:58Et d'ailleurs, y compris en matière environnementale
21:01et autre, ce n'est pas que sur la sécurité.
21:03Tout ça sous le teinté de morale.
21:04Et d'ailleurs, Laurent Fabius
21:06avait même été très loin,
21:07puisque alors qu'il était président,
21:09il avait fait une interview pour dire
21:10que si un jour,
21:11si un jour,
21:12on présentait un référendum sur l'immigration
21:14au Conseil constitutionnel,
21:15donc déjà hypothèse,
21:16sans connaître la nature du texte, etc.,
21:18le Conseil le rejetterait,
21:20alors qu'il n'était qu'un neuvième,
21:22un membre sur neuf du Conseil.
21:23Donc voilà un président
21:25qui va parler au nom des autres,
21:26en violation totale
21:28de toutes les règles de droit, etc.
21:29Mais par contre,
21:31quand on le critiquait,
21:32alors là, on portait sa atteinte,
21:33tout ça n'est pas sérieux.
21:36Et les gens,
21:37le Conseil constitutionnel
21:38devrait être composé de techniciens
21:39et pas de politiques,
21:40et devrait se souvenir
21:41qu'un système qui fonctionne,
21:43c'est un système
21:44où les juges appliquent la loi,
21:45mais ne l'interprètent pas sans limite.
21:47Vous allez commencer justement par ça.
21:49Le fait que les élites politiques,
21:50administratives et médiatiques,
21:52n'assument pas en public,
21:54car ils l'assument bien souvent en privé,
21:57en off, comme on dit,
21:58n'assument pas en public,
22:00la réalité n'assume pas le réel.
22:03Pourquoi ?
22:03Parce qu'ils craignent l'opprobre sociale.
22:06L'opprobre sociale, c'est quoi ?
22:07C'est utiliser les éléments de langage
22:09que vous venez d'évoquer,
22:10ceux de Laurent Fabius, etc.,
22:12de toute cette gauche morale
22:13des années 80,
22:15et dont par exemple,
22:16quelqu'un comme Paul Lyonnais
22:17a magnifiquement parlé
22:18dans le voyage au cœur du malaise français.
22:24Il a écrit ça en 93,
22:25donc ça remonte.
22:27Qu'est-ce qu'on peut faire
22:27et qui peut aujourd'hui porter
22:29et permettre de déverrouiller,
22:31je dirais à la Trump,
22:33parce qu'excusez-moi,
22:33je pense que maintenant,
22:34le plafond est tellement épais
22:36de ce politiquement correct
22:37et de cette dégoulinade en permanence
22:40qui consiste à criminaliser
22:41celui qui ne pense pas comme vous.
22:42qui est la personne
22:46ou le mouvement
22:47qui pourrait faire
22:48qu'on fasse sauter
22:50tous ces éléments de langage
22:52qui empêchent les gens
22:52de parler en public.
22:54D'ailleurs,
22:55vous parlez d'éléments de langage,
22:56il y a un chapitre entier
22:56qui est consacré à la sémantique
22:58et à la façon
22:58de ne plus nommer les choses correctement.
23:00Je réponds à votre question.
23:01Je réponds à votre question.
23:02Je pense qu'aujourd'hui,
23:03les partis politiques
23:04sont une des raisons de la sclérose.
23:07C'est-à-dire que les gens
23:08qui pensent à peu près la même chose
23:09ne peuvent pas travailler ensemble
23:11pour des raisons
23:11qui sont liés à la politique aérie
23:13et à des choses,
23:15on le voit avec
23:16les scènes surréalistes
23:18qu'on voit à l'Assemblée nationale
23:19depuis quelques jours
23:20où la droite est à la gauche du PS.
23:22Enfin, on ne comprend plus rien.
23:23Mais les électeurs
23:24ne comprennent plus rien.
23:25Je vous parlais tout à l'heure
23:26de mes déplacements partout en France.
23:28Les gens me disaient tous la même chose,
23:29y compris des élus locaux.
23:30Ce ne sont, un,
23:31ce ne sont pas les gens
23:32qui nous ont rendus malades
23:32qui vont nous guérir.
23:34Deux,
23:34les partis politiques empêchent
23:36la mise en œuvre
23:37de vraies solutions.
23:39Et trois,
23:40le peuple n'est plus écouté
23:41et on me donnait souvent
23:42l'exemple du référendum de 2005
23:44dont la solution,
23:45dont le nom,
23:46a été contourné
23:47par le traité de Lisbonne
23:48en 2008.
23:49Donc, pardon,
23:50juste la réponse à Barbara.
23:51Donc, je pense qu'aujourd'hui,
23:53le système
23:54alimente sa propre perte
23:56et qu'il faudra que des gens,
23:59et je pense que ça passera
23:59par des gens,
24:00qui vont se regrouper
24:01en dehors des partis.
24:03Et je crains
24:04que ça ne soit possible
24:05qu'après,
24:06je parlais du choc
24:07ou la chute,
24:07qu'après un vrai accident,
24:09soit sécuritaire,
24:10soit institutionnel,
24:11soit les deux.
24:12Mais ça va arriver,
24:13ça arrivera.
24:14– Thibaut de Mouriel,
24:14je vous propose
24:15de continuer
24:16les dix dernières minutes
24:18d'émission avec nous,
24:19si vous êtes d'accord.
24:20– Avec joie.
24:20– Parce qu'il y a un chapitre
24:22qu'on n'a pas abordé
24:22et qui est aujourd'hui
24:23vraiment le cœur,
24:24le quotidien des Français,
24:25c'est le deal,
24:27la drogue.
24:27– Ah bah oui.
24:28– Et ces groupes mafieux,
24:29et on se souvient
24:29du rapport du Sénat
24:30et ce qu'avaient dit
24:31des magistrats,
24:32qui avaient dit
24:32qu'ils ont plus de moyens
24:34que nous,
24:34que ce soit en moyens matériels
24:37et en moyens financiers.
24:38– Je vais vous faire
24:39des réponses franches,
24:40comme on dit.
24:40– Eh bah justement,
24:41on va continuer de l'évoquer
24:42et si vous avez des questions
24:43à poser à Thibaut de Montbriat
24:44justement sur ce choc
24:45ou la chute du pays
24:46face à la sécurité,
24:48c'est au 32-16
24:48que ça se passe.
24:50– Les Gégis,
24:51les grandes gales,
24:51avant de reprendre
24:52notre discussion
24:53avec l'avocat Thibaut de Montbriat,
24:54un petit coup d'œil
24:55sur ce qui se passe
24:55à l'Assemblée nationale
24:56puisque ce matin,
24:57c'était l'examen
24:58des motions de censure
24:59et la motion de censure
24:59de la France Insoumise
25:01a été rejetée
25:06votée la motion de censure.
25:07Il fallait 289 voix.
25:10Donc cette motion de censure
25:11déposée par la France Insoumise
25:14est rejetée.
25:15Il y en a une deuxième
25:16déposée par le RN
25:17mais comme la France Insoumise
25:19ne la vote pas,
25:19enfin la gauche ne la vote pas,
25:21donc là non,
25:21elle sera rejetée également.
25:23Donc à 18 voix près,
25:25eh bien Sébastien Lecornu
25:27reste chef de gouvernement.
25:29C'est pas une surprise,
25:30on l'avait dit ce matin
25:31puisque le groupe socialiste
25:32a décidé de donner sa chance
25:34à ce gouvernement Lecornu.
25:36A propos de ce gouvernement Lecornu
25:37de Laurent Nunez
25:38qui retourne place Beauvau
25:40au ministre de l'Intérieur,
25:41c'est bien pour justement
25:43ce choc de sécurité intérieure
25:44auquel vous appelez ?
25:45Alors, compte tenu
25:47de l'équilibre politique actuel
25:49et du désastre politique
25:51auquel nous assistons,
25:53il ne faut rien attendre
25:54de radical pour reprendre
25:56les choses en main
25:56en matière de sécurité.
25:58C'était vrai il y a 10 jours,
25:59c'est vrai aujourd'hui.
26:00Maintenant, une fois qu'on a dit ça,
26:02Laurent Nunez est un des meilleurs
26:03connaisseurs de ces questions
26:04et pour gérer les affaires courantes
26:08y compris sur les questions
26:09de sécurité de base
26:10du quotidien, etc.
26:12Laurent Nunez est sans doute
26:13l'homme en France
26:13qui connaît le mieux ces questions.
26:14Donc oui, c'est quelqu'un
26:16qui est tout à fait à sa place.
26:17Justement, la sécurité du quotidien
26:18aujourd'hui pour bon nombre
26:19de Français
26:19dans beaucoup de villes,
26:21ce sont les points de deal
26:22sur les trafics drogues
26:23qui avaient été référencés d'ailleurs.
26:24Je crois qu'on avait compté
26:254 500.
26:27Je crois que c'est un chiffre
26:27d'affaires colossal.
26:28C'est en milliards d'euros.
26:29C'est des petites mains
26:30aujourd'hui des tueurs
26:31qui sont mineurs.
26:34Aujourd'hui, on a pris conscience
26:35du problème,
26:36de la manière dont il faut lutter
26:37contre les points de deal.
26:38On a eu les opérations XXL.
26:40On se souvient notamment
26:41de Gérald Darmanin,
26:42Thibaut de Montbrial.
26:43Pour que chacun se rende compte,
26:44on estime,
26:45un rapport parlementaire
26:46qui estime
26:46que le chiffre d'affaires
26:48du narcotrafic en France
26:50équivaut à peu près
26:51au budget de fonctionnement
26:53des tribunaux.
26:54En ordre de grandeur,
26:54c'est 5 milliards d'euros.
26:55Depuis 5 ans,
26:58il y a une accélération
26:59considérable.
27:00C'est une dynamique
27:02qui est internationale.
27:03Et pour synthétiser,
27:05aujourd'hui,
27:06le trafic international
27:07de stupéfiants,
27:08c'est en France,
27:09c'est une hyperviolence.
27:12Ce sont des moyens
27:12équivalents aux moyens étatiques
27:14avec des moyens technologiques
27:16tout à fait hallucinants.
27:17J'ai fait une visite
27:18avec mon centre de réflexion
27:19sur la sécurité intérieure
27:20en Martinique
27:21où les autorités
27:22m'ont expliqué
27:23qu'ils avaient saisi
27:24un sous-marin
27:25d'une valeur
27:26d'un million d'euros
27:26qu'il avait été utilisé
27:27comme consommable.
27:28C'est-à-dire un sous-marin
27:29pour une traversée
27:30et les mecs l'avaient jeté
27:32sur une plage.
27:33Ils l'avaient laissé
27:33comme un vulgaire emballage.
27:36Et les militaires
27:37m'avaient répondu
27:38alors que nous,
27:39on doit justifier
27:39de chaque fraction
27:42de 1000 euros
27:42qu'on utilise
27:43pour nos opérations.
27:44Donc ça donne quand même
27:45un état des rapports de force.
27:47Ensuite,
27:47l'accès à des technologies,
27:49notamment des messageries cryptées
27:50très compliquées à craquer.
27:52Et puis,
27:53donc hyper-violence,
27:54y compris contre les agents
27:55de l'État.
27:56Il y a eu la fusillade,
27:56vous vous souvenez,
27:57d'Incarville
27:57pour l'évasion
27:58de Mohamed Amra
27:59en mai 2024
28:00avec deux fonctionnaires
28:01tués.
28:02Et donc,
28:03on n'hésite plus à tirer
28:04sur les fonctionnaires
28:05de l'État.
28:06Les juges sont très inquiets
28:07pour leur sécurité.
28:08D'ailleurs,
28:09il y a un type
28:09qui a été mis en examen
28:10avant-hier
28:10parce qu'il voulait
28:11tuer un juge à Paris.
28:12On n'a pas beaucoup parlé,
28:13mais ça donne une idée
28:14de l'ambiance.
28:14Mais surtout,
28:15c'est hyper-violence
28:16et la corruption.
28:18Et la corruption,
28:19c'est vraiment
28:20ce qui gangrène un pays.
28:21Et on arrive aujourd'hui
28:22à un niveau de corruption
28:23dans les administrations,
28:24dans les grèves
28:25des tribunaux
28:25et même maintenant
28:26avec certains magistrats
28:27qui sont suspectés
28:28qui est la suite logique
28:30de la gangrène
28:31mais qui montre
28:32que cette gangrène
28:33est déjà
28:33à un niveau assez élevé.
28:35Je vous donne juste
28:35une anecdote
28:36sur la violence.
28:37On a vu pour la première fois
28:38en Europe de l'Ouest
28:39la semaine dernière
28:39en Belgique,
28:40mais la Belgique
28:41est dans un état
28:41encore pire que la France
28:42à plein des gares
28:43notamment là-dessus,
28:44un cadavre pendu
28:45à un panneau autoroutier
28:47donc le corps se balançait
28:48au-dessus de l'autoroute
28:49exactement comme
28:50en Amérique du Sud
28:51donc on est sur cette voie-là
28:52et des scènes comme ça
28:53arriveront en France
28:54dans les mois de juillet.
28:54Justement,
28:55est-ce que le combat
28:56semble perdu ?
28:58En tout cas,
28:58la guerre qu'on mène
28:59elle coûte cher
29:00en moyens,
29:02en énergie
29:02et on voit bien
29:03que le deal
29:04ne cesse de se développer
29:05en France
29:05même dans les villes moyennes.
29:08Alors,
29:08est-ce que la solution
29:09c'est pas finalement
29:09aller vers une dépénalisation
29:11du cannabis
29:11pour se concentrer
29:12peut-être sur d'autres drogues,
29:15d'autres trafics ?
29:16Le combat...
29:16Fausse bonne idée,
29:17fausse bonne idée.
29:18Un,
29:18le THC,
29:19c'est-à-dire la composition
29:19du cannabis
29:20n'a plus rien à voir
29:20avec celui
29:21qui était fumé
29:22il y a 20 ans
29:23donc il y a des dégâts
29:24considérables sur les maumes
29:25il y a un enjeu
29:25de santé publique.
29:26Deux,
29:27si vous légalisez,
29:28l'État légalisera
29:30du cannabis plus léger
29:31et donc le cannabis plus fort
29:33continuera à être trafiqué
29:35et trois,
29:36vous savez...
29:36Dans les pays
29:36où c'est légal
29:37il se passe bien.
29:37Et trois,
29:38vous savez...
29:38La Hollande revient dessus
29:39tout ça,
29:40donc tout le monde revient dessus
29:41et trois,
29:41est-ce que vous savez
29:42qu'elle est...
29:42Non mais surtout,
29:43je vais donner l'argument
29:44qui met tout le monde d'accord,
29:45est-ce que vous savez aujourd'hui
29:46quel est le produit
29:47qui est le plus vendu
29:48en clandestin ?
29:48Il y en a deux,
29:49c'est les cigarettes
29:50qui est un produit par ailleurs
29:51vendu légalement
29:51et les lames de rasoir
29:53qui coûtent très cher
29:53et qui est un produit
29:54également vendu légalement.
29:56Donc ça veut dire
29:56que même si vous faites
29:57une légalisation partielle
29:58du cannabis,
29:59j'insiste sur partielle,
30:01vous aurez toujours...
30:02Ça limite quand même.
30:03Non mais ça limite pas
30:05et ça empêche pas
30:06le trafic sur le reste.
30:07parce que c'est vrai
30:07que la lutte depuis des années
30:09on n'y arrive pas,
30:10mais est-ce que ce serait
30:10pas très simple de dire
30:11le consommateur,
30:14on t'attrape,
30:16on te sanctionne ?
30:17Mais c'est déjà vrai ?
30:19C'est déjà le cas.
30:20Ah mais non !
30:20C'est une amende forfaitaire.
30:22Je vais plus loin.
30:22C'est 200 euros.
30:23Ah oui ?
30:23Non mais attendez,
30:24je vais plus loin,
30:24je vais plus loin.
30:25C'est-à-dire qu'à
30:25toutes les analyses que vous faites,
30:27tous les laboratoires pharmaceutiques
30:28que vous allez faire,
30:28n'importe quelle analyse
30:29pour une grippe,
30:30pour ce que vous voulez,
30:31on vous dépiste les drogues.
30:32Au Japon,
30:33vous vous faites attraper
30:35avec un pétard
30:3618 mois de prison.
30:38Et je peux vous dire
30:38que personne ne touche plus rien.
30:40Aujourd'hui,
30:41on a essayé de battre,
30:42on a essayé de trouver une solution
30:43pour démanteler,
30:45démanteler
30:46toutes les organisations opposées
30:47si ça ne fonctionne pas.
30:48Sanctionnons le consommateur
30:49et qu'on soit contrôlé
30:51en permanence.
30:52Et là,
30:53s'il n'y a plus de consommateurs,
30:54mais obligatoirement,
30:55c'est comme tout.
30:56Et ça pourrait être
30:56la même chose d'ailleurs
30:57dans le trafic sexuel
30:59parce que si on pénalise
31:01vraiment les consommateurs,
31:03de s'est prostituée,
31:05bah oui,
31:05mais c'est censé.
31:07Vous avez raison,
31:07c'est pareil.
31:08Un mot sur,
31:09il faut être plus ferme
31:10contre les consommateurs.
31:11On peut être plus ferme
31:12pour les consommateurs.
31:13Encore une fois,
31:13la vente forfaitaire,
31:14c'est un truc qui marche pas mal
31:15parce que si vous prenez
31:16250 euros à chaque fois,
31:17vous faites un trafic.
31:17Mais ce n'est pas suffisant.
31:18Mais ce n'est pas suffisant.
31:20Le gars pour 250 euros...
31:22Vous voulez quoi ?
31:23Vous voulez de la prison
31:24pour quelqu'un qui est pris
31:25en infirmé ?
31:26Il faut trouver une solution.
31:27Vous avez la prison,
31:28mais il faut trouver une solution.
31:28Vous avez la moitié
31:29de la classe politique,
31:31la moitié de la classe pédiatique,
31:32etc.
31:33Mais ils vont arrêter.
31:35Et vous avez un problème budgétaire.
31:39Ils vont arrêter peut-être.
31:41Question rapide.
31:42Question rapide.
31:43Vous dites à juste titre
31:44que c'est les partis politiques
31:45qui nous empêchent
31:46d'avoir des meilleurs dispositifs
31:49politiques de sécurité.
31:50Je suis totalement d'accord avec vous.
31:53Ce serait quoi la mesure
31:54qui permettrait de faire un compromis
31:56à l'Assemblée nationale
31:57et on pourrait avoir une majorité
31:59dans l'état parlementaire
32:00qu'on a
32:01et qui permettrait
32:02d'avoir plus de sécurité
32:02dans le pays ?
32:04Il y a trois grands terrains.
32:05Il y a la sécurité
32:06au sens opérationnel,
32:07la justice et l'immigration.
32:09Sur ces trois grands domaines,
32:10il y a des choses à faire
32:12déjà, comme je disais tout à l'heure,
32:13sous le niveau légal.
32:14C'est-à-dire avant même
32:15d'aller à l'Assemblée nationale.
32:16Ensuite,
32:17je donne tout un tas d'exemples
32:18dans le livre.
32:19Ensuite,
32:20pour répondre à votre question,
32:22pour chacun de ces trois domaines,
32:25il faudrait prendre
32:25quelques mesures phares.
32:27Moi, je pense que
32:28le constat est partagé
32:30par les gens honnêtes
32:31intellectuellement
32:32sur le fait que
32:33le fait d'avoir perdu
32:33le contrôle sur notre immigration
32:35doit conduire à...
32:36Je vous demande
32:37de trouver une majorité,
32:38vous me répondez
32:38immigration,
32:39vous allez bien arriver.
32:39Parce que je vous explique
32:40si vous me coupez
32:41au mot immigration.
32:42L'immigration,
32:44et votre réaction
32:44est très intéressante,
32:45c'est que l'immigration,
32:46ça suscite tout de suite
32:47des débats passionnels.
32:48Moi, je ne sais pas
32:49si l'immigration,
32:50c'est bien ou mal.
32:51Je sais juste
32:51que c'est un sujet
32:52de souveraineté
32:53qui doit être abordé
32:54de façon dépassionnée.
32:55L'immigration,
32:57il n'y a pas de droit
32:57à entrer en France,
32:59il n'y a pas de droit
32:59à devenir français,
33:00ça n'existe pas.
33:01Donc, on doit voir,
33:02nous, peuple français souverain,
33:04quel est notre intérêt ?
33:05Et donc, on peut avoir
33:05un débat politique là-dessus.
33:07Est-ce qu'on a besoin
33:07de gens dans tel domaine ?
33:09Est-ce qu'on a besoin
33:10d'autant de regroupements
33:11familiales ?
33:12Il n'y a que 15%
33:12des gens qui rentrent en France
33:13qui travaillent.
33:14Que 15%.
33:15Donc, il y a tout un tas.
33:17Est-ce qu'on doit
33:17laisser l'accès,
33:19y compris aux prestations
33:20non-contributives,
33:21aux gens qui viennent d'arriver ?
33:21Je vous demande comment...
33:23Attendez, je suis désolée,
33:25on parle de politique là.
33:26Je suis désolée,
33:27on parle de politique.
33:28Je vous demande comment...
33:29Oui, mais on parle
33:30de politique politicienne.
33:31Je vous demande
33:31comment trouver un compromis
33:32avec 529 députés
33:35qui ne pensent pas
33:35la même chose.
33:36Vous me répondez,
33:37immigration qui est
33:37le sujet le plus clivant
33:38dans la société d'aujourd'hui.
33:40Mais je vous explique
33:40pourquoi il ne devrait pas être...
33:41Je vous demande
33:42quel sujet ferait consensus ?
33:44Attendez, aujourd'hui,
33:45vous avez
33:46une extrême gauche
33:49sédicieuse
33:50à l'Assemblée Nationale.
33:51Donc vous avez des gens
33:52qui attendent
33:53l'effondrement du système
33:54et dont certains
33:54prônent de façon à peine
33:56larver la violence.
33:57Ces gens-là,
33:58il faut les oublier.
33:59Vous avez un Rassemblement National
34:00qui sent qu'il est
34:01sur le point de gagner,
34:02à tort ou à raison,
34:03et qui donc ne fera
34:04de cadeau à personne
34:05précisément parce qu'il pense
34:07que sa chance électorale,
34:09ce sont les prochaines élections.
34:10Donc ma réponse
34:10à votre question
34:11en toute objectivité,
34:13c'est qu'aujourd'hui,
34:14là tout de suite,
34:14maintenant,
34:15ce n'est pas possible.
34:16D'accord ?
34:17C'est pour ça que je vous dis...
34:17Non mais attendez,
34:18c'est pour ça que je vous dis
34:19que ce qui serait intéressant
34:21là tout de suite maintenant,
34:22mais je pense que ça n'arrivera pas,
34:24c'est des mesures
34:25au niveau en dessous de la loi,
34:27c'est-à-dire réglementaires.
34:28Mais la grande question,
34:29ça va être
34:30les deux prochaines années.
34:31Là, il ne faut pas se louper
34:32parce qu'on n'a plus le temps.
34:33On n'a plus le temps.
34:34Tous les indicateurs
34:35dont on parle
34:36depuis le début de l'émission
34:37et que je détaille longuement
34:38dans le livre,
34:38avec plein d'exemples
34:39qui touchent la vie quotidienne des gens,
34:40ce sont des indicateurs
34:41de plus en plus dégradés.
34:42Et je vais vous dire une chose,
34:44si les politiques ne le font pas,
34:45il va se passer le pire
34:46qu'on puisse imaginer,
34:47c'est que c'est le peuple
34:48qui va s'organiser de son côté.
34:49Vous l'aviez évoqué
34:49dans un précédent livre d'ailleurs,
34:51une France qui s'arme
34:52avec des milices.
34:53Mais on l'a vu
34:53au moment des émeutes de 2023.
34:55On l'a vu lors de la soirée
34:57du Paris Saint-Germain
34:58le 31 mai dernier,
34:59où il s'est passé
35:00beaucoup de choses
35:01qui n'ont pas été révélées
35:01dans les médias,
35:02où il y a une tétanie maintenant
35:04à chaque fois
35:04qu'il y a un événement festif.
35:05On sait à l'avance
35:06qu'il va dégénérer.
35:07Il se passe des choses gravissimes,
35:09des gens qui sont agressés
35:10dans leurs voitures,
35:10dans leurs immeubles,
35:11même si on n'en parle peu.
35:12Donc, le jour où les voyous,
35:14je vais vous dire,
35:15le moment clé,
35:17c'est le moment
35:17où les voyous
35:19qui aujourd'hui
35:20protègent aussi l'État
35:21en empêchant les émeutiers
35:22d'avoir accès aux armes de guerre
35:24parce qu'ils préfèrent
35:25le business rationnel
35:26et que le business
35:27a besoin de calme,
35:28le jour où ces voyous
35:29considéreront
35:29qu'un événement
35:30identitaire,
35:32culturel,
35:34ethnique,
35:35religieux
35:36vaudra la peine
35:37de passer à la violence.
35:39Et ce jour-là,
35:40il faudra faire très attention,
35:42c'est ce que j'appelle
35:42la chute.
35:43J'espère qu'on l'évitera,
35:45mais on ne pourra l'éviter
35:45qu'en étant lucide
35:46sur le risque
35:47et en s'y préparant.
35:49Et donc,
35:49en ayant
35:50le choc d'autorité.
35:52Merci Thibaut de Montbrial
35:53d'avoir répondu
35:55aux questions des Gégés.
35:56C'est un livre
35:56qu'on vous conseille,
35:58Le choc ou la chute
35:58aux éditions de l'Observatoire.
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