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  • il y a 7 mois
Aujourd'hui, c'est au tour de Nicolas Domenach et Maurice Szafran, journalistes et auteurs de "Néron à l'Elysée" (Ed. Albin Michel), de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:03Néron à l'Elysée, c'est un livre aux éditions Albin Michel, il est signé Nicolas Domenac et Maurice Safran
00:11qui observent la politique depuis quelques petites années, le paysage politique français.
00:16Bonjour messieurs.
00:17Bonjour.
00:18Vous y allez fort quand même parce que comparer Emmanuel Macron à l'empereur romain qui a brûlé sa propre ville,
00:23en fait vous êtes des macronistes déçus, des amoureux, éconduits et vous vengez ?
00:32Éconduits non, non, non, non, non, c'est qu'il n'a pas tenu ses engagements, ses promesses,
00:36je veux dire que même d'une certaine façon il nous a menti sur certains trucs
00:39puisque moi j'ai retrouvé ses premières interviews qu'il nous a données
00:42où il disait qu'il était de gauche, qu'il ferait au fond une présidence qui serait horizontale,
00:48il n'y avait pas plus vertical ensuite, enfin bon etc, je pourrais en faire beaucoup
00:52et on a fait un livre, je termine là-dessus, on a fait un livre qui s'appelait
00:55Pourquoi tant de haine Emmanuel Macron ? C'était avant l'élection de 2022
00:58et puis il a été élu, il nous a dit, vous voyez que je ne suis pas rejeté,
01:02qu'il n'y a pas de haine contre moi, on était éberlués, on a essayé de le convaincre
01:06qu'il fallait qu'il fasse attention, je veux dire que la France se retournait contre lui,
01:10il n'a rien voulu entendre.
01:11Et Maurice, en fait, c'est quand je disais vous êtes des macronistes,
01:15c'était pour vous taquiner mais il y a eu de l'espoir avec Emmanuel Macron,
01:19pourquoi il a autant déçu ?
01:20Mais si on relit les deux premiers livres qu'on lui a consacrés
01:24et si on relit tous les éditeaux qu'on lui a consacrés,
01:27il y a des critiques dès l'affaire Benalla,
01:29donc ça date vraiment du début du premier quinquennat.
01:34Maintenant, il y a un constat qui est évident,
01:36c'est que tout s'est détraqué le soir du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2022
01:42et que, objectivement, l'ensemble des gens qu'on a rencontrés,
01:47des observateurs politiques, des responsables politiques, des macronistes, des anti-macronistes,
01:51droite-gauche, personne n'est capable d'expliquer clairement ce qui a pu se passer dans la tête d'Emmanuel Macron
01:57à partir du second tour de l'élection de 2022.
02:00Et pourquoi ce soir-là, ça s'est détraqué précisément ?
02:02– On s'est rendu compte ce soir-là que ça ne fonctionnait pas.
02:07– Pour toi, il venait d'être réélu, ce qui était un exploit en tant que fait.
02:09– Oui, il a été réélu, mais la cérémonie sur le champ de mars, c'était totalement ridicule,
02:14le discours était totalement raté et tous les choix faits à la suite de ce deuxième tour,
02:19tous les choix faits se sont avérés infondés.
02:22C'est extrêmement curieux qu'un type aussi intelligent, aussi brillant, aussi fort,
02:27reconnaissant aussi bien les dossiers, depuis maintenant 4 ans,
02:30s'est trompé quasiment sur tous les dossiers.
02:33– Ils s'enfermaient dans le déni, vous dites Emmanuel Macron.
02:35– Oui, dans le déni, mais juste un point quand même, rappelez-vous,
02:37il n'y a pas eu de campagne en 2022, pas eu de campagne présidentielle.
02:41Or, ces campagnes présidentielles…
02:41– On sortait du Covid, il y avait la guerre en Ukraine…
02:44– Voilà, et simplement, ça sert à quelque chose, la campagne présidentielle,
02:47à purger les humeurs, à échanger, à dresser un dessin, à tracer une perspective,
02:54et il n'y avait rien de tout ça.
02:55Simplement, il avait gagné, et vous savez que l'Élysée,
02:58il faut être un peu fou pour y accéder,
03:00mais ça rend complètement fou à une réélection en plus.
03:03– Vous faites parler des personnalités à propos d'Emmanuel Macron,
03:06peut-être celui qui est le plus juste, mais aussi le plus sévère,
03:09c'est François Hollande, qui psychanalyse finalement Emmanuel Macron,
03:13c'est un peu sa création, François Hollande, Emmanuel Macron.
03:16Voilà ce qu'il dit, Emmanuel Macron, un enfant, il joue, un enfant roi,
03:20il a toujours confondu l'Élysée avec les planches d'un théâtre,
03:22il a poussé le narcissisme jusqu'au pathologique.
03:25Un jour, j'ai dit à Sarkozy, toi tu es un égocentrique,
03:28lui c'est un narcisse, les égocentriques ont besoin des autres,
03:31le narcisse est seul.
03:32– Mais c'est pour ça que la comparaison avec Néron n'est pas complètement sûre,
03:37ça aurait pu être Caligula aussi, mais c'était déjà pris Caligula,
03:40je veux dire, mais parce qu'il n'a pas cramé que la caisse,
03:44je veux dire, il a aussi brûlé beaucoup de choses,
03:47de ce qui fait partie de notre imaginaire commun,
03:48je veux dire, la présidence de la République, la monarchie républicaine
03:51est incarnée par quelqu'un qui doit porter l'avenir.
03:56Et là, il le dit très bien, François Hollande,
03:59c'est-à-dire, c'est un homme qui s'est révélé sans conviction forte,
04:03je veux dire, qui a ondoyé, qui est une espèce de fantôme républicain,
04:07et comme Macron n'était plus Macron à partir du deuxième quinquennat,
04:10et bien voilà, il est allé s'avoguer de récif en récif.
04:14– Mais pourquoi il est dans le déni Emmanuel Macron, Maurice Zafran ?
04:17– Moi, je crois qu'il est en partie dans le déni,
04:19parce que depuis le premier jour, en réalité, il est tout seul,
04:24il est le président de la Ve République le plus isolé.
04:27Si vous reprenez l'histoire de Giscard, de Mitterrand, de Sarkozy, de Hollande,
04:32ils sont entourés par des cercles et des cercles d'amis, de militants,
04:35de responsables de connaissances, etc.
04:37– Et le pouvoir isole quand même.
04:38– Oui, le pouvoir isole, mais là, le pouvoir n'a pas isolé,
04:41puisque ce président-là a choisi d'être seul dès le premier jour, en fond, dès le début.
04:45Et c'est très frappant.
04:47L'ensemble des gens qui ont fait la campagne, à une ou deux exceptions près,
04:51l'ensemble des gens qui ont fait la campagne de 2017 ne sont plus là.
04:55Et il n'a pas de rapport d'amitié avec eux.
04:57Donc c'est un président qui est plus seul que tous les présidents de la 5ème.
05:01– Il se suffit à lui-même, on revient à Narcisse.
05:03– Il pense qu'il se suffit à lui-même, mais personne ne peut se suffire à lui-même.
05:06– Et il faut des garde-fous, si vous voulez.
05:08– Il n'en a pas.
05:09– Il a même théorisé que les corps intermédiaires ne savaient plus à rien.
05:13– Ça ne servait à rien, le chapitre qu'on consacre, par exemple, à Laurent Berger.
05:16Je veux dire, c'est terrible ce que nous raconte Laurent Berger
05:18sur la façon qu'il a eue de se faire mordre chaque fois qu'il tendait la main.
05:22– Oui, mais en même temps, Emmanuel Macron, c'est quelqu'un qui avait tout réussi.
05:25On peut comprendre cette confiance en lui.
05:27Il était brillant, il a fait des études brillantes, mais il a raté l'ENA.
05:29Mais bon, c'était peut-être son seul échec avant.
05:31– Non, il a eu l'ENA, il a raté l'ENA, il a réussi à devenir président
05:37sans être élu avant, il a réussi à être réélu sans cohabitation,
05:42enfin des choses qu'on n'avait pas vues pendant la cinquième république.
05:45– On a le témoignage d'une des très grandes diplomates françaises
05:49qui a accompagné Emmanuel Macron dans tous les sommets.
05:52Et elle nous raconte dans le moindre détail
05:54qu'évidemment, dans les sommets face aux autres chefs d'État, il les écrasait.
05:57Il était beaucoup plus brillant, il connaissait tous les dossiers par cœur,
06:00ce qui n'était pas leur cas.
06:01Il était absolument brillantissime.
06:03Et elle nous disait, mais à un moment, ça s'unissait mal.
06:05Et il était incapable de nous expliquer pourquoi tout d'un coup ça décrochait
06:08alors qu'il avait écrasé dans la qualité de ses raisonnements,
06:12de son approche, etc., les autres chefs d'État.
06:14Dans l'ensemble des dossiers importants, ça s'est effectivement passé de cette façon.
06:19– Si tu veux détester Emmanuel Macron, il ne faut pas le rencontrer.
06:23– Oui, c'est un séducteur.
06:25– Ah mais c'est un séducteur, moi-même.
06:26– Ah, moi-même, vous avez été…
06:28– Ah oui, mais c'est l'unique.
06:29– Moi, j'étais le plus sceptique de l'équipe, de Challenge au départ.
06:33Donc, on l'a rencontré, c'était avant 2017,
06:36on a fait une interview qui a duré 3h30.
06:38Pendant 3h30, Maurice s'en souvient,
06:40il ne m'a pas quitté des yeux une seconde
06:43jusqu'à ce qu'il obtienne, en fond, un assentiment.
06:46– On était 5 journalistes qui faisaient ce grand interview
06:49qui a été la base de la campagne ensuite.
06:51il nous a snobés, il nous a snobés de façon éhontée
06:54pendant les 3h d'entretien,
06:56et il a regardé Nicolas dans les yeux, son but, son seul but,
06:59ce n'était pas l'interview, ce n'était pas le contenu
07:01qui était très intéressant, le contenu,
07:02c'était de le séduire.
07:04C'est très étrange comme…
07:04– C'est un bois.
07:06– Oui, mais justement, moi, c'est…
07:09– Ah, les ennuis arrivent.
07:10– Non, non, non, mais il est intéressant, ce livre,
07:12il y a des choses intéressantes.
07:14On voit bien qu'Emmanuel Macron,
07:17bien qu'il ait réussi à faire tout ce qu'Olivier a dit,
07:20il n'est pas infaillible,
07:22et au fond, il fait un certain nombre de conneries
07:24dans ses choix, notamment les nominations,
07:26il n'arrête pas de se planter,
07:28et c'est un très mauvais directeur de casting.
07:31Mais en même temps, c'est vous qui l'avez fait.
07:33– Donc, ben oui, je suis désolé,
07:36je suis désolé, mais Emmanuel Macron,
07:39c'est la création, c'est la création,
07:42c'est votre responsabilité, en réalité,
07:45c'est votre responsabilité.
07:47C'est les médias qui ont fait Macron.
07:48Et c'est notamment…
07:50– Vous voyez vraiment ?
07:52– C'est l'idée la plus convenue et la plus suivie qui soit.
07:56– Le microcosme…
07:56Ben, ça montre que j'ai touché juste,
07:58quand je vois vos réactions.
07:59C'est le microcosme médiatique,
08:01c'est les gens qui déjeunent,
08:03dans Paris, centre,
08:05entre éditochrates et entre politiques.
08:07Je m'inclus dedans, si vous voulez.
08:09– Vous déjeunez sans doute beaucoup plus que moi dans Paris,
08:11il n'y a aucun doute là-dessus.
08:12– Sauf que moi, je n'ai jamais été émerveillé
08:13par cette créature,
08:15parce que je savais, je flairais,
08:18si vous voulez, les ennuis pour la France.
08:19Parce que je savais que ce, en même temps,
08:21était un truc bidon,
08:23que cette manière d'essayer d'agréger tout le monde à lui,
08:25ça ne pouvait pas marcher,
08:27que le personnage était beaucoup trop narcissique
08:29pour que ça tienne la route longtemps.
08:31En revanche, vous avez été tous aveugles,
08:35émerveillés par cette espèce de jeune personnage scintillant
08:38qui vous a mis des étoiles dans les yeux.
08:41Donc vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même.
08:43C'est le résultat du choix du microcosme médiatique.
08:47– C'est l'idée la plus convenue qui soit,
08:50comme si les médias…
08:52– C'est la réalité.
08:53– Non, c'est votre réalité, votre analyse.
08:56Mais comme si les médias faisaient l'élection présidentielle,
08:59ce qui est l'idée la plus convenue,
09:01la plus stupide qui soit.
09:03On nous a expliqué ça à chaque fois
09:05que le président a été fait par les médias,
09:07ce qui est totalement…
09:08– Alors pourquoi les candidats prennent tant de soin
09:10à bien traiter les actionnaires ?
09:12– Si les médias accentuent les phénomènes,
09:16mais le phénomène Macron,
09:17il est né d'abord d'Emmanuel Macron
09:19et de l'échec du PS et de l'échec de la droite.
09:20– Vous avez dit, il y a une seconde,
09:22que c'est votre interview dans Challenge
09:23qui avait fait toute la campagne.
09:24– Non, je n'ai absolument pas dit ça.
09:25– On peut repasser la seconde,
09:27elle avait dit ça.
09:28– Ça a servi de socle idéologique à la campagne.
09:32– Oui, bah c'est pas rien.
09:33– C'est très bien.
09:34– C'est pas rien.
09:34– Je vous le dis sans animosité.
09:36– Il n'y a aucune animosité.
09:38– C'est pas de animosité, mais votre créature vous échappe.
09:42– Je pense que c'est l'idée la plus convenue qui soit.
09:45Ça m'étonne de vous, vous avez une idée aussi convenue.
09:47– Faire l'impasse sur la situation politique de l'époque,
09:50l'usure et l'épuisement de la gauche,
09:53la faiblesse de la droite, l'inexistence de la droite,
09:56le fait que le système politique français s'effondrait
10:00et que surgissait un personnage.
10:02C'est le personnage qui a surgi,
10:04c'est pas les médias qui l'ont fabriqué.
10:06Il est né, je veux dire, de cette situation désertique.
10:08– Oui, mais il est né sur mesure pour plaire aux médias.
10:11Et ça a fonctionné.
10:12Jean-Loup et Joël.
10:13– Dans la lignée de ce que vient de dire Charles,
10:17moi j'ai trouvé très bien que, par exemple,
10:19vous vous appeliez Nicolas,
10:21c'est-à-dire un prénom dans lequel il y a la lettre L,
10:24parce que vous avez parfaitement appliqué
10:26la règle des trois L.
10:27Léchez, lâchez, lâchez.
10:30– Et voilà la deuxième idée, la musique idiote
10:32qui circule.
10:33– Attendez, Joël n'a pas encore parlé.
10:36– Attends, attends, attends.
10:36– Jean-Loup, vous êtes passé,
10:40de manière, excusez-moi de le dire,
10:41mais de manière quand même pas très correcte,
10:45de l'encensoir au bazooka.
10:49Et maintenant qu'Emmanuel Macron,
10:50qu'il arrive en bout de course,
10:51puisqu'il ne peut pas faire de troisième mandat,
10:54justement, vous posez l'encensoir,
10:56vous sortez le bazooka,
10:58vous le comparez à un empereur
11:00qui a quand même la réputation
11:01d'être un empereur psychopathe
11:02qui aurait volontairement mis le feu à Rome.
11:06Et donc, vous venez, justement,
11:09c'est un peu le livre,
11:10on dirait un peu du Trierweiler,
11:11vous crachez sur votre ex,
11:13sur votre ex que vous avez tant aimé
11:14et qui était vraiment très fort.
11:17Et simplement, le dernier point,
11:19c'est que tout ce que vous dites sur Macron,
11:21vous avez une thèse dans votre livre
11:22qui, à mon avis, est fausse.
11:23Vous dites, Macron, il était génial
11:24et il a pété les plombs en 2022
11:25quand il a compris qu'il ne pourrait pas faire
11:27de troisième mandat.
11:28Mais en fait, tout ce que vous dites sur Macron,
11:30tout ce que vous dites sur Macron,
11:32tout ce que vous dites sur Macron,
11:35si vous me l'aviez demandé en 2015,
11:37en 2016, en 2017,
11:38je vous l'aurais dit.
11:40Non mais nous, on est des cons
11:41et vous, vous êtes génial.
11:42Vous avez tout compris.
11:43Vous avez compris Macron dès 2016.
11:45C'est mieux compris que vous.
11:47Je conteste complètement,
11:48mais vous êtes un génie
11:49qui racontait n'importe quoi.
11:51C'est tout.
11:51Je ne croche pas sur mes ex.
11:52Absolument n'importe quoi.
11:53Je ne fais pas des livres sur mes ex.
11:54Alors attendez, sur l'accusation,
11:57finalement, aujourd'hui,
11:58vous tirez sur une ambulance,
11:59Emmanuel Macron.
11:59Ce n'est pas une ambulance.
12:00Je veux dire, il reste le président de la République.
12:02Très impopulaire.
12:03Dans un an, c'est fini.
12:04Même l'ancien premier ministre
12:05Emmanuel Macron a demandé
12:05qu'il démissionne.
12:06Si le monsieur avait le moindre
12:08epsilon d'honnêteté,
12:10il reconnaîtrait, il saurait,
12:12en tout cas,
12:12qu'on a écrit plusieurs livres,
12:14l'histoire de la conquête,
12:15et puis l'histoire
12:16de ce qui se produisait
12:17dans les profondeurs du pays,
12:19à savoir un rejet
12:20qu'Emmanuel Macron
12:21alimentait toujours plus.
12:22Je veux dire,
12:23avec cette espèce d'arrogance
12:24sur sa personne.
12:25Macroniste très particulière.
12:26Je veux dire,
12:27cette distance par rapport au peuple
12:30qui prétendait pourtant
12:31représenter,
12:33incarner, porter, aimer.
12:35Et donc, tout cela,
12:36on l'a soumis
12:37et il nous a dit
12:38qu'il nous a rayonné.
12:39Donc, ce n'est pas nous
12:40qui avons craché
12:41sur Emmanuel Macron.
12:42C'est Emmanuel Macron
12:43qui n'a pas voulu prendre
12:44en considération,
12:45je veux dire,
12:46les critiques fortes
12:47qu'on lui faisait.
12:48Qu'est-ce qui lui a manqué ?
12:49Parce qu'on a souvent
12:51eu l'impression,
12:52depuis neuf ans maintenant,
12:54qu'il lui manquait
12:56une connaissance du pays,
12:59une connaissance des gens.
13:00Alors, parce que c'est...
13:02Il avait une approche
13:02intellectuelle des choses.
13:03Il n'a jamais été élu.
13:05Il a quand même passé
13:06quasiment toute sa vie.
13:08Alors, il a grandi à Amir.
13:09Enfin, très vite,
13:09il est parti à Paris.
13:10Il n'a jamais quitté,
13:11finalement, Paris
13:12et certains quartiers parisiens.
13:13Est-ce que c'est ça
13:14qui lui a manqué aussi ?
13:15C'est la vieille idée
13:16de Nicolas Domenac
13:18et de tous les journalistes
13:19politiques convenus
13:21que je critique
13:21qui ont expliqué
13:23en 2016
13:24parce que contrairement
13:25à ce que vous racontez,
13:26vous racontez vraiment
13:27n'importe quoi.
13:28Domenac, par exemple,
13:28était plutôt très
13:29anti-macroniste
13:30en 2016.
13:31Eh ben oui,
13:31il faut lire.
13:32J'ai lu les éditos,
13:33j'ai lu les papiers.
13:34Il faut lire.
13:34Non, vous n'avez rien lu.
13:35Non, c'est pas vrai.
13:36Vous n'avez rien lu.
13:37J'ai lu les papiers
13:38de M. Domenac.
13:39Ça, c'est un mention total.
13:40Vous n'avez rien lu du tout.
13:41Vous n'avez rien lu.
13:42Vous pouvez le remettre
13:43dans votre poche.
13:44Je termine.
13:46Le problème de Macron,
13:48c'est qu'il n'a pas
13:49tenu parole.
13:51C'était pas du tout
13:52et gauche et droite.
13:54C'était pas du tout
13:54un...
13:56C'était le meilleur
13:57de la gauche
13:57et le meilleur de la droite.
13:58C'était exactement ça
14:00la définition de Macron.
14:00Moi, c'est ce qui m'intéressait.
14:02Pas ce qui l'intéressait lui.
14:03Moi, c'est ce qui m'intéressait.
14:04Le problème,
14:05c'est qu'il n'a pas
14:06tenu parole.
14:07Il est devenu
14:07un homme de droite classique,
14:09prenant des mesures
14:10de droite classiques
14:11alors qu'il s'était présenté
14:14à nous et à l'ensemble
14:15des journalistes
14:16comme un social-démocrate.
14:17Il nous a expliqué
14:18les yeux dans les yeux
14:19qu'il était
14:20Rocardo-Chevénementiste.
14:22Ça m'a toujours
14:22semblé bizarre.
14:23Comment on est
14:23Rocardo-Chevénementiste ?
14:24C'est compliqué.
14:25Mais lui, il se présentait
14:26comme un Rocardo-Chevénementiste.
14:27Parce qu'il avait besoin
14:28des voix de gauche
14:28à l'époque
14:29pour se faire élire
14:30en 2017.
14:31Et la droite plutôt
14:32en 2022.
14:32Il venait plutôt
14:33de la gauche
14:33que de la droite,
14:34très clairement.
14:35Tous sont passés.
14:36Moi, il m'a expliqué
14:37en 2007,
14:38parce que je l'ai connu
14:38en 2007,
14:40que son rêve
14:41de jeune homme
14:41c'était d'être
14:42député socialiste du Nord.
14:43Donc c'est très clair
14:44qu'il se plaçait
14:45dans cette...
14:46Oui, mais il a évolué.
14:47Mais c'est une évolution sincère
14:49ou simplement
14:50un peu cynique ?
14:51Il a vu le rapport de force
14:52qu'il s'est dit
14:53en 2022
14:53si je veux être réélu,
14:55il faut que j'aille
14:55sur ma droite.
14:56Mais si seulement...
14:56Ou est-ce que c'est lui-même
14:57à l'époque du pouvoir
14:58qui s'est aperçu
14:59sur tel ou tel sujet ?
15:01Si seulement ça avait été
15:02une évolution
15:03réfléchie jusqu'au bout,
15:05articulée.
15:05Mais il est élu en 2022
15:07sur une base
15:08beaucoup plus à droite.
15:09Et qu'est-ce qu'il fait ?
15:10Au lieu de nommer
15:10Madame Vautrin de droite,
15:12il appelle une dame de gauche
15:13qui a de l'empathie
15:16comme un pic à glace.
15:17Mais peu importe,
15:17elle était de gauche.
15:19Et au fond,
15:20c'était complètement illogique.
15:21Et malgré législative
15:22perdue, déjà...
15:24C'était complètement...
15:26Depuis, c'est pour ça
15:27que depuis 2022,
15:28tout ça est incompréhensible.
15:29Et au lieu de garder,
15:30au lieu de la garder
15:31ensuite à Matignon,
15:33il appelle Gabriel Attal
15:35alors que tout le monde
15:36lui dit ce qui reste
15:37autour de lui d'entourage.
15:38Il dit qu'il faut garder
15:39Gabriel Attal au chaud
15:40pour après les Européennes
15:41qui vont être un échec.
15:42Il nous explique à nous
15:43que non,
15:44ça ne sera pas un échec.
15:45Vous savez,
15:45les Européennes,
15:46on va faire 20-22
15:47et puis...
15:48Et puis il y a...
15:49On va écouter la discussion.
15:51Nicolas Doménac,
15:51Maurice Zafran,
15:52Néron à l'Elysée
15:53aux éditions Albin Michel,
15:54les coulisses de l'Elysée
15:56depuis 2017
15:58avec des témoins,
15:59à visage découvert ou pas,
16:02des anecdotes bien sûr.
16:03Et puis on parlera aussi
16:05d'Emmanuel Macron,
16:06l'homme qui est obsédé
16:06par la guerre.
16:07Emmanuel Macron,
16:08le macho aussi.
16:10Il n'y a pas beaucoup
16:10de femmes au sein de lui.
16:11Il y a qui sont consacrés.
16:12À part la tienne.
16:13Question de Joël Dagosseri,
16:15Macron,
16:15le président narcissique.
16:17Néron à l'Elysée.
16:19A tout de suite
16:19avec les Grandes Gueules.
16:20Il est 11h20.
16:21RMC.
16:22Alain Marshall.
16:23Olivier Truchot.
16:24Les Grandes Gueules.
16:251, 2, 3, 4.
16:34Les GG,
16:34les Grandes Gueules
16:35avec aujourd'hui
16:36Charles Consigny,
16:37l'avocat.
16:38Nous sommes avec
16:38Jean-Loup Bonami,
16:39le professeur de philosophie
16:41et avec Joël Dagosseri,
16:43la coach de vie.
16:44Voilà nos 3 GG
16:45et on reçoit le tandem.
16:46Nicolas Doménac,
16:47Maurice Zafran,
16:48journaliste politique
16:49pour ce livre
16:49Néron à l'Elysée
16:50consacré à Emmanuel Macron
16:52aux éditions
16:53Albain Michel.
16:54Joël Dagosseri.
16:55Alors, il faut préciser,
16:56Joël,
16:57tu es une macroniste déçue.
16:58Tu l'as dit ici même.
16:59Oui, on a un point commun.
17:00C'est pour ça.
17:02J'ai un point commun
17:03avec ces deux messieurs.
17:04C'est que je suis
17:05une macroniste déçue.
17:07J'ai aussi été séduite
17:08parce qu'on peut dire la vérité.
17:09C'est vraiment été séduite.
17:10Et contrairement à ce que dit Charles,
17:11je l'ai dit bien avant
17:12que les médias
17:13en parlent énormément.
17:14il était encore secrétaire d'État
17:16à l'Elysée.
17:18Et je l'avais dit
17:19secrétaire général adjoint.
17:22Lorsqu'il est sorti
17:24sur le perron de l'Elysée
17:25et je me suis dit
17:26il est exceptionnel.
17:27Il va être président.
17:28Bah dis donc,
17:29t'as le sens de la psychologie toi.
17:30Non, je l'avais dit ici.
17:31Olivier avait rigolé.
17:32Il avait dit n'importe quoi,
17:33machin, etc.
17:34Je me souviens très bien.
17:35C'est Marie-Boris Ballot
17:36qui était à côté.
17:37Donc, j'ai aussi été séduite.
17:39Alors, dans le fond du livre,
17:41vous parlez quand même
17:41d'un Emmanuel Macron
17:43très masculiniste quand même.
17:46On sait que là,
17:47il a un discours sur la guerre,
17:49la guerre, la guerre.
17:50Et la guerre,
17:50ça a commencé avec le Covid.
17:51Je le rappelle,
17:52ça n'a pas commencé avec l'Ukraine.
17:53Il avait un discours très guerrier
17:54déjà avec le Covid.
17:57Alors, je trouve que c'est un peu bizarre
17:59parce que dans ce qu'il a mis en avant,
18:01il a mis en avant
18:01pas mal de femmes quand même.
18:03Marlène Schiappa,
18:05il a eu une politique,
18:06en tout cas qui se voulait
18:07tourner vers les femmes.
18:09Il a mis Sibeth Ndiaye aussi
18:11qu'on a reconnue
18:12comme étant sa grande
18:13communicatrice,
18:15je ne sais pas comment on dit ça,
18:15communicante, pardon.
18:17Notamment sur le premier mandat
18:18et puis sur son élection.
18:20Et à côté,
18:21derrière,
18:21ce que vous nous racontez,
18:22les coulisses,
18:23c'est que c'est une ambiance
18:23quand même assez virile.
18:25On sait qu'il y a eu
18:26des petits trucs
18:27avec Gabriel Attal,
18:28etc.
18:28Donc, je ne comprends pas très bien
18:30comment vous pouvez expliquer
18:31justement ce...
18:32Vous écrivez qu'il est entouré d'hommes,
18:33en fait.
18:34C'est un côté macho, quoi.
18:35C'est un boys band,
18:36l'Elysée.
18:36Non, mais il faut dire
18:38les choses comme elles sont.
18:39C'est un univers masculin.
18:41Entre eux,
18:42comme par hasard,
18:42les femmes n'y restent pas.
18:43Et on a un chapitre
18:45sur Elisabeth Borne,
18:46par exemple,
18:46qu'il est allé chercher
18:47ces vrais moments.
18:48Et la façon
18:49qu'ils ont eu
18:50de la martyriser,
18:51de la maltraiter
18:52sans qu'elle se plaigne
18:53parce qu'elle a le sens de l'État.
18:54Mais il est allé la chercher,
18:56il lui a lié les mains,
18:57il l'a empêché d'exister,
18:58il l'a même taclé
18:59à certains moments
19:00sur le rapport
19:01au Rassemblement National
19:02pour ensuite
19:02faire exactement l'inverse.
19:04lui dire
19:05t'as pas le droit
19:05de mettre
19:06le Rassemblement National
19:07en dehors,
19:07mais après lui-même
19:08le mettait en dehors,
19:09enfin bon,
19:09c'était fou,
19:10mais surtout,
19:11il empêchait
19:12son existence totale.
19:13Et alors pour tous
19:14les postes importants,
19:16regardez aujourd'hui
19:16notre ministre des Armées,
19:19je veux dire,
19:19qui est une femme,
19:20Madame Vautrin,
19:21mais ils l'ont mise
19:22sous le boisseau aussi,
19:23complètement,
19:23je veux dire,
19:24elle existe à peine,
19:25il faut être les chauves
19:26comme Elson.
19:26Alors selon vous,
19:27c'est un macho ?
19:30Il y a deux choses différentes
19:31qu'il ne faut pas confondre.
19:32Il y a eu des femmes
19:33à des postes importants
19:34au gouvernement.
19:34Ça, c'est absolument
19:35incontestable.
19:37Il y en a qui se sont imposés.
19:39Borne,
19:40Elisabeth Borne
19:41n'a pas été
19:41une si mauvaise
19:42premier ministre
19:42qu'on dit,
19:43mais ça,
19:43peu importe.
19:44Et puis,
19:44il y a son entourage
19:45personnel à l'Elysée.
19:47Et son entourage
19:47personnel à l'Elysée,
19:48son équipe autour de lui.
19:50Son équipe autour de lui,
19:51à part Sibeth Ndiaye,
19:52qui est parti assez vite,
19:54qui est parti assez vite,
19:54à part Sibeth Ndiaye,
19:56c'est un entourage
19:57de mecs
19:57qui aiment bien
19:59avoir des comportements
20:00de mecs.
20:01On boit un coup,
20:03il y a cette fameuse
20:04fidélité à Michel Audiard.
20:06Ça, c'est le grand truc.
20:07On est fidèles à Michel Audiard.
20:08On se raconte des blagues.
20:09Ils se prennent
20:09pour les tontins flingueurs.
20:10Et on a plutôt,
20:14entre nous,
20:15on a une culture de droite.
20:16C'est un peu ça.
20:17Mais ça,
20:18c'est incontestable.
20:19Il faut séparer
20:20le gouvernement,
20:21où il a toujours
20:22pris grand soin
20:23à ce qu'il y ait des femmes
20:23et à des postes qui comptent,
20:24et son entourage personnel.
20:26La parité,
20:26elle s'impose.
20:27Et pardon,
20:27vous dites,
20:28il y a eu des grandes ministres.
20:29Il n'y a pas eu
20:29beaucoup de ministres femmes
20:31au poste régalien.
20:32Moi, je suis d'accord avec vous
20:33et les chiffres viennent de sortir
20:34sur le nombre de femmes
20:35dans les cabinets ministériels.
20:36Au mieux,
20:37au mieux,
20:37à part quelques ministères
20:39comme l'éducation
20:39où c'est 50,
20:40au mieux,
20:41c'est un tiers.
20:41Je veux dire,
20:42les choses comme elles sont.
20:43Alors que c'était
20:44un des objectifs premiers
20:45d'Emmanuel Macron
20:47lors de son premier quinquennat,
20:48dans ce second,
20:49c'est d'arriver
20:50à une égalité
20:51entre femmes et hommes.
20:52Eh bien,
20:53c'était une des blagues.
20:54Mais alors,
20:54Néron à l'Élysée,
20:55mais où est Mme Macron
20:58dans cette histoire ?
20:59Parce qu'elle est assez peu présente
21:01dans le livre.
21:02Je cherchais même son ombre
21:03un peu dans les couloirs
21:04de l'Élysée,
21:05mais elle n'y est pas
21:06Brigitte Macron.
21:06Contrairement à ce qui est raconté,
21:08depuis qu'Emmanuel Macron
21:11est entré en politique réellement,
21:13c'est-à-dire quand il est devenu
21:14ministre des Finances
21:16et qu'il a organisé sa campagne
21:17depuis Bercy,
21:20de tous les témoignages
21:21qu'on a eus des gens
21:22qui ont assisté à ses dîners,
21:23qui ont participé,
21:24qui ont aidé,
21:24qui ont travaillé,
21:26elle n'a jamais eu
21:26de vraie influence
21:27sur le plan politique.
21:29Mme Macron n'a pas d'influence
21:31sur le plan politique.
21:31Personne ne peut
21:32nous donner un exemple
21:35d'un problème important,
21:36d'un dossier important
21:37où elle est eu réellement...
21:38Sur les nominations un petit peu ?
21:40Sur quelques nominations culturelles.
21:42On parlait de sa proximité
21:43avec Jean-Michel Blanquer.
21:45C'est vrai qu'elle a eu une proximité.
21:46Et Jean-Michel Blanquer
21:47a été dit.
21:48C'est très mal fini.
21:50Mais on raconte quand même
21:53que c'est difficile
21:55ce qu'elle vit.
21:56Et ça, on évoque
21:58non seulement son statut impossible
22:00qui n'existe pas.
22:01C'est très très clair.
22:02Mais ensuite,
22:03c'est vrai qu'elle est
22:04mal traitée
22:07d'une façon générale.
22:08Notamment par cette campagne
22:09absolument dégueulasse
22:10sur le thème
22:11c'est un homme,
22:12c'est pas une femme,
22:13etc.
22:13Ce qu'elle doit subir
22:14dans son exposition médiatique.
22:16C'est terrible quoi,
22:17cette femme.
22:18Donc là-dessus,
22:19moi j'ai beaucoup de tendresse
22:22pour ce qu'elle supporte.
22:24Du point de vue du caractère
22:26d'Emmanuel Macron,
22:26vous dites qu'il est assez solitaire,
22:28il n'y a pas d'amis.
22:29Moi, vous écrivez dans le livre
22:31ce qui lui manque,
22:32c'est une incarnation spirituelle,
22:35voire même transcendantale.
22:37C'était d'ailleurs notre première...
22:38Ça veut dire quoi ?
22:39Ça veut dire que notre première interview
22:41portait justement là-dessus.
22:43C'est-à-dire qu'il disait
22:44François Hollande n'a rien compris.
22:46Je veux dire,
22:46c'est pas une présidence normale
22:47qu'il faut.
22:48Les Français coupent la tête du roi
22:50et ensuite ils veulent
22:51un nouveau roi.
22:52Eh bien, je serai celui-là.
22:54Sauf qu'il est devenu Jupiter
22:55mais ensuite,
22:57il n'a pas été le roi bénévolent.
22:59Il n'a pas donné aux Français
23:01cette image.
23:02Parce que les Français,
23:03ils n'ont pas seulement des problèmes
23:04de pouvoir d'achat,
23:06d'insécurité qui sont réels.
23:07Ils ont aussi un problème
23:08de on vit ensemble,
23:09on a besoin d'un chef.
23:11Il y a un chef gaulois
23:12qui supporte,
23:13qui sublime les querelles.
23:15Eh bien ça,
23:16il n'a pas répondu à ça.
23:16Il n'aime pas les Français,
23:17Emmanuel Macron ?
23:18Il ne les connaît pas ?
23:18Il ne sait pas les aimer.
23:20Il ne sait pas les aimer.
23:21C'est surtout ça,
23:22je veux dire.
23:23Et au fond,
23:23il croit.
23:23Parfois,
23:24il leur parle mal
23:25quand il voulait emmerder
23:27les non-vaccinés,
23:28lorsqu'il expliquait
23:29qu'il y avait dans les gares
23:31ceux qui ont tout
23:32et ceux qui n'ont rien.
23:33Enfin,
23:33il a eu quand même
23:34des expressions très méprisantes
23:36à l'égard de certains Français.
23:37Et alors,
23:37on raconte notamment,
23:40il y a une interview
23:41avec Gérald Bronner
23:42qui est sans doute
23:43le plus grand sociologue français
23:44qui a accompagné au début
23:45Emmanuel Macron
23:46et qui dit
23:47« Je suis parti,
23:48pourquoi ? »
23:49Parce qu'il n'y avait pas
23:49d'avocat du diable
23:50dans son entourage,
23:52il n'en supportait pas.
23:53Et puis aussi parce qu'il avait
23:54un dogme de l'infaillibilité personnelle.
23:57C'est-à-dire qu'il pensait
23:58que tout ce qu'il gagnait,
24:00c'était lui.
24:01Je veux dire,
24:01sans prendre en compte le hasard.
24:03Or,
24:03pour être un vrai chef de guerre,
24:04il faut croire au hasard.
24:06Est-ce qu'on n'attend pas trop
24:08du président de la République
24:10en France ?
24:11Est-ce qu'en fait,
24:12le président de la République
24:13en France
24:14n'a pas beaucoup trop
24:15de pouvoir
24:16par rapport à plein d'autres pays
24:17où les chefs d'État
24:18sont plus cadrés
24:19par des contre-pouvoirs
24:20importants, etc.
24:21Nous,
24:22le président,
24:23on a l'impression
24:23qu'il a vraiment
24:24mes droits de vie
24:25ou mort sur tout le monde.
24:26Et est-ce que,
24:27comme Emmanuel Macron
24:28prétendait
24:30agréger à lui
24:31quasiment
24:31toutes les sensibilités politiques,
24:33en tout cas,
24:34toutes celles dites raisonnables,
24:35finalement,
24:36trop de gens
24:37sont venus
24:38lui cirer les pompes,
24:39lui demander des trucs,
24:40essayer d'obtenir
24:41d'être nommé ici ou là,
24:42etc.
24:43Et en fait,
24:43il y a une espèce
24:44de trop-plein
24:44pour un homme
24:45qui est trop jeune
24:46et ça ne peut pas
24:47bien se passer.
24:48Mais ce n'est pas seulement
24:49pour un homme
24:49qui est trop jeune,
24:50c'est le problème
24:52numéro un
24:52de la Ve République.
24:54L'ensemble
24:55des présidents
24:56de la Ve
24:56ont plutôt mal fini.
25:00François Mitterrand,
25:01son deuxième quinquennat
25:02était plutôt catastrophique.
25:04Jacques Chirac,
25:04qui est aujourd'hui
25:05adulé par les Français,
25:07on expliquait
25:07que c'était
25:07le roi fénéant.
25:08Il était impopulaire.
25:09Nicolas Sarkozy
25:10a été battu,
25:11François Hollande
25:12n'a pas pu se présenter,
25:13donc il y a un problème
25:13fondamental.
25:14Les Français,
25:15nous attendons
25:16tout du président
25:17de la Ve République.
25:17Ce qui est absurde,
25:19il faut rappeler
25:20que des personnalités
25:23comme Pierre Manès France
25:24ou comme Simone Veil
25:26étaient hostiles
25:27à l'élection du président
25:28en suffrage universel.
25:29Ils considéraient
25:29que c'était une élection
25:30antidémocratique,
25:32antirépublicaine
25:33et antidémocratique.
25:34Donc ce que vous posez
25:35comme problème, Charles,
25:36c'est le problème numéro un,
25:37quel que soit le président.
25:39Mais est-ce que le macroniste,
25:40comme on dit,
25:41mourra avec Emmanuel Macron
25:42ou y a-t-il un successeur
25:43à Emmanuel Macron ?
25:44En tout cas, le successeur
25:45Emmanuel Macron
25:45devra prendre en compte
25:47ses manques,
25:48ses ratages.
25:50Et parmi ceux-là,
25:51moi, il y en a un
25:51qui m'a semblé
25:52très saisissant
25:54et très douloureux.
25:55C'est notamment
25:55son absence
25:56à la manifestation
25:57pour la République
25:58et contre l'antisémitisme.
26:00C'était le moment
26:01où le président de la République,
26:02dans son pouvoir magique,
26:03si j'ose dire,
26:04impalpable,
26:05mais réel,
26:06l'homme qui rassemble
26:08tous les Français,
26:09il n'était pas là.
26:10Il était absent.
26:11Je vous rappelle
26:12que les Juifs,
26:13dans leur office,
26:13ils font une prière
26:15à la République
26:15tout le temps.
26:16Je veux dire,
26:17or, la République
26:17a déserté.
26:19Emmanuel Macron
26:20a déserté.
26:21Pour terminer,
26:22dernière question,
26:22Emmanuel Macron,
26:23c'est l'homme
26:23qui donnera les clés
26:24de l'Elysée
26:24à Marine Le Pen
26:25ou à Jordan Bardella ?
26:26C'est son problème
26:27historique numéro un.
26:29C'est celui
26:31de tous les Français,
26:32mais c'est son problème
26:33aussi personnel.
26:34Il a expliqué
26:35en 2022
26:37qu'il devait gagner
26:38pour empêcher cela.
26:40S'il ne l'empêche pas,
26:40c'est une tâche historique
26:42sur sa personne.
26:44Oui,
26:44mais ça lui permettra
26:45peut-être de revenir
26:45plus facilement.
26:46Merci à tous les deux.
26:48Nicolas Doménac,
26:48Maurice Zafran,
26:49lisez le livre.
26:50C'est le livre de la rentrée,
26:51livre politique.
26:52Néron à l'Elysée
26:52aux éditions Albin Michel.
26:54Merci messieurs.
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