- il y a 20 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Philippe Juvin, député LR et médecin, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:00R.M.C. Face aux grandes gueules
00:03Et on a deux toubibes côte à côte puisqu'on accueille Philippe Juvin, médecin député Les Républicains des Hauts-de-Seine.
00:11Bonjour docteur Juvin.
00:12Bonjour.
00:13On va parler de la fin de vie. Pas de la loi qui va arriver à l'Assemblée Nationale mais des LR.
00:18Est-ce que les LR ne sont pas en fin de vie ?
00:21Ce qui est sûr c'est que nous n'avons ni incarnation aujourd'hui ni ligne politique claire.
00:27Donc il y a quand même beaucoup de travail.
00:28En fait si l'élection présidentielle arrivait la semaine prochaine...
00:30Pas d'incarnation ?
00:31Non il n'y a pas d'incarnation.
00:32Si l'élection présidentielle arrivait la semaine prochaine, il est probable qu'on ferait entre 4 et 8%.
00:37Donc il y a beaucoup de travail.
00:38Mais est-ce que vous n'avez pas aggravé votre cas en voulant à tout prix faire passer ce budget
00:44qui est quand même un budget négocié avec les socialistes par Sébastien Lecornu ?
00:51Il y a beaucoup d'électeurs de droite qui jugent ça incompréhensible.
00:54Il y a beaucoup de gens aussi qui racontent n'importe quoi.
00:58D'abord il n'y a pas de majorité à l'Assemblée.
01:01Donc il faut par définition si vous voulez un budget arriver à des compromis.
01:05Le deuxième point c'est que la vraie réalité des choses, mais personne ne regarde le texte, c'est toujours pareil.
01:09On fait du commentaire superficiel.
01:11C'est que tout le monde a eu quelques petites victoires.
01:14Les socialistes ont eu des victoires, les LR ont eu des victoires.
01:17Par exemple on a empêché l'augmentation de l'impôt sur le revenu qui était prévu dans le texte.
01:22On a permis de faire en sorte que les PME ne soient pas taxées.
01:25Donc chacun a eu sa victoire, sauf que les socialistes, ils ont joué le jeu, ils ont fait du tambour, de la trompette, ils l'ont fait savoir.
01:32Et nous on a eu la victoire honteuse.
01:34Ils sont quand même vent debout sur cette surtaxe sur les grandes entreprises.
01:38Ils disent c'est tellement un mauvais message envoyé au moment où la situation n'est pas très bonne.
01:42La croissance est très faible, le chômage redémarre, le déficit à 5, personne n'y croit, tout le monde pense que ça sera plus.
01:49Enfin sincèrement, je ne vois pas ce qu'il y a à droite dans ce budget.
01:52Je vois surtout des choses de gauche.
01:53– Non mais regardez, il n'y a pas eu d'augmentation d'impôt sur le revenu.
01:56– Non mais attendez, je vais vous dire, soyons certes.
01:58– Vous avez déjà le taquet.
01:58– Non mais attendez, soyez clair.
02:00D'abord, ce n'est pas un bon budget, premièrement.
02:02Deuxièmement, il n'y a pas de majorité.
02:03Donc il fallait de toute façon trouver un accord, ou alors vous pouviez décider qu'il n'y avait pas de budget.
02:07– Ou on peut aller à la distribution.
02:08– Vous savez ce qui serait passé ? C'est que ceux qui auraient dit « il ne faut pas qu'il y ait de budget »
02:13auraient été les premiers à venir dire « ah c'est con, ils n'ont pas voté de budget ».
02:16Vous savez, je connais les Français par cœur.
02:18Non, il y avait prévu une augmentation de l'impôt sur le revenu, on l'a buté.
02:22Il y avait une augmentation, pardon, il y avait une taxation sur les trésoreries des PME, nous l'avons empêchée.
02:28Il y avait une remise en cause de ce qu'on appelle la loi d'Utrecht.
02:30– Donc selon vous, ça aurait été pire ?
02:32– Ah non mais pas pire, bien pire.
02:34Mais encore une fois, le sujet c'est que, comme il n'y a pas de majorité,
02:38vous avez dû en donner aux socialistes, vous avez dû en donner aux LR.
02:41– Pardon, mais il y a 18 députés LR qui ont sauvé le cornu sur le budget de la Sécu,
02:47qui ont laissé passer la suspension de la réforme des retraites.
02:49Désolé, quand on est droite, c'est incompréhensible.
02:51– C'est vrai, mais il y avait un accord qu'on considérait comme global,
02:55comme global sur le PLF, le budget de l'État et le PLFSS, c'est ça le sujet.
03:00Il n'y a pas de majorité, il faut bien le comprendre.
03:01– On a bien compris.
03:02– Non mais vous savez, ce que disait Raymond Aron, Raymond Aron disait…
03:05– Et les Insoumis, ils vont à la votée de censure.
03:07– Raymond Aron disait la politique, c'est entre le possible et le souhaitable.
03:11Voilà, le souhaitable, c'est effectivement qu'on n'ait pas eu tout ça.
03:14Le possible, c'est qu'il n'y avait pas d'alternative, c'est le pire à l'exception de tous les autres.
03:18Voilà, c'est ça le vrai sujet.
03:19Maintenant, je vous pose vraiment la question.
03:21Aujourd'hui, il n'y aurait pas de budget.
03:23Je suis invité chez vous.
03:24Vous n'êtes pas en train de me dire, quand même, vous vous rendez compte,
03:27la France, pas de budget, est-ce que c'est raisonnable ?
03:28Évidemment, vous me diriez ça.
03:30Évidemment, tout le monde me dirait ça.
03:32Donc, je demande qu'il y a un peu de raison.
03:34– Non, pas moi, non, parce que moi, j'attends enfin que les gens assument leurs convictions.
03:40Donc, il ne me semble pas que le budget en l'État,
03:43et notamment tout ce qu'a pu arracher le Parti Socialiste,
03:46soient en accord avec vos convictions,
03:47ou alors, je n'ai pas très bien compris ce que sont les Républicains.
03:50Et j'attends que, justement, vous nous fassiez assez confiance
03:53pour dire, écoutez, nous, on n'a pas été élus avec ce mandat.
03:56Nous, nos électeurs, ils attendent de nous qu'on baisse les impôts.
03:59Ils attendent de nous qu'on libéralise un peu plus le monde de l'entreprise,
04:03enfin, plein de choses comme ça.
04:05Et donc, on n'a pas ce mandat-là.
04:07– Qu'est-ce que les socialistes ont obtenu sur le budget de l'État ?
04:08– Alors, la suspension de la retraite, monsieur.
04:10– Non, non, sur le budget de l'État, qu'est-ce qu'ils ont obtenu ?
04:12– Je ne sais pas.
04:12– Ah, bon, ben, vous voyez, c'est typiquement le débat, je ne sais pas.
04:16– Non, non, non, vous essayez de me décrédibiliser, je suis désolée.
04:19– Non, non, non, pas du tout, vraiment.
04:20– Non, mais je vous le dis, ce que vous dites, c'est ce qu'on nous dit en général.
04:23– Non, mais parce que la retraite à elle seule, vous le savez, mange quand même une bonne partie du budget de l'État.
04:29D'accord.
04:30Donc, elle a été suspendue.
04:31Le peu de choses qu'avait fait Emmanuel Macron, c'est-à-dire d'essayer de repousser de quelques...
04:37Voilà, c'était la seule chose.
04:38Celle-là aussi, elle est perdue.
04:40Donc, quand vous considérez ça, excusez-moi, je ne crois pas que vous ayez le mandat pour faire ça.
04:44Donc, non, si vous étiez venu sur ce plateau, je pense que, peut-être que j'aurais été la seule,
04:48mais je vous aurais dit, monsieur Juvin, bravo.
04:50Bravo, parce que je crois qu'il y a une députée...
04:53Je crois que c'est Alexandra Martin qui n'a pas voté.
04:56Et si elle était à votre place, je lui aurais dit, madame, bravo.
04:59Bravo, parce que vous avez la force de vos convictions.
05:01Donc, on attend quand même des gens qui ont la force de leurs convictions.
05:04Et vous interrogerez les Français, ils vous diront tous qu'on a quand même l'impression
05:06que vous avez voulu sauver vos postes.
05:09– Non, alors écoutez, d'abord...
05:10– Vos sièges, pardon.
05:11– Non, mais je vais vous dire, moi, je suis le seul député LR qui est élu au premier tour.
05:15Je ne suis pas en train de vous faire de la musculation, etc.
05:17Donc, moi, ce n'est pas le sujet.
05:18Mais j'ai fait une analyse, la plus froide possible, en me disant, qu'est-ce que je préfère ?
05:23Est-ce que je préfère pas de budget, avec toutes les conséquences ?
05:26Parce qu'il y a des conséquences, vous voyez ?
05:28Je suis qui disait, on s'assoit toujours à la table des conséquences.
05:31Il y a un moment où il faut payer la note.
05:33Et un budget qui n'est pas satisfaisant.
05:35Les retraites, je suis entièrement d'accord avec vous, madame.
05:38C'est un vrai sujet.
05:38Les retraites, elles vont être suspendues à partir de novembre prochain.
05:43C'est ça, la vérité.
05:44À partir de novembre prochain.
05:46Eh bien, six mois plus tard, il y a des élections présidentielles.
05:49Et effectivement, je suis persuadé que tous les candidats à l'élection présidentielle
05:52qui sont en train de râler sur les plateaux, reprendront,
05:55mettront fin à cette suspension puisqu'elle n'aura duré que six mois.
05:58Bien sûr, j'en suis persuadé.
06:00– Oui, mais je voudrais...
06:02– Vas-y, c'est une question sur le budget.
06:03– Oui, une réflexion rapide.
06:05Parce que pour avoir dénoncé la loi de finances, si tu veux,
06:08à la fois, j'ai une position qui est un peu...
06:11de trouver son contraire, puisqu'à la fois, je dis,
06:13la loi de finances est mauvaise et à la fois, je dis, il en fallait une.
06:15De la même façon, pour le budget, je pense qu'il en faut un.
06:17Pourquoi ? Notre pays est à l'arrêt, il n'y a plus d'investissement.
06:20Si on n'a pas de budget, alors là, pour le coup, on recule.
06:22On n'est plus à l'arrêt, on recule.
06:23Plus personne n'investit, plus personne ne crée, les boîtes fermes, etc.
06:26C'est ça qu'il faut voir.
06:27C'est que si tu as besoin d'un prêt bancaire,
06:30si tu n'as pas de budget dans le pays, tu ne l'as pas.
06:31– Il a raison.
06:32– Et donc, il faut quand même qu'on sauve les meubles par cela.
06:35La loi de finances, elle a flingué un certain nombre de médecins,
06:37je pense en particulier à mes consoeurs et mon frère en secteur 3,
06:40qu'on a flingué et on a rendu obligatoire le conventionnement,
06:43je ne vais pas m'étendre là-dessus,
06:44mais il y a eu des très mauvaises choses là-dedans,
06:46mais pour autant, il fallait une loi de finances,
06:47parce que sans loi de finances, c'est pareil,
06:49tout se casse la gueule, on ne peut pas avancer.
06:51Donc, il faut quand même qu'on sorte de cette problématique.
06:53On sait que jusqu'à la prochaine élection présidentielle,
06:55il n'y a pas grand-chose qui va se passer,
06:56mais dans ce pas grand-chose,
06:58si en plus, on n'a pas de budget, alors là, on est mort.
06:59– Alors, la vraie question, jusqu'au présidentiel,
07:01la crainte de tout le monde…
07:02– Il ne va rien se passer ?
07:04– En fait, il faut faire en sorte que ce ne soit pas le cas.
07:06Moi, je suis en train de travailler,
07:08je suis le rapporteur général du budget,
07:09depuis trois mois, quatre mois,
07:11je veux arriver au mois de juillet,
07:14avec un budget écrit,
07:15en disant au gouvernement,
07:16voilà les leçons que j'ai tirées
07:19des trois ou quatre mois que j'ai passées,
07:20voilà ce qu'il faut faire.
07:22Et on fera quelque chose,
07:24c'est que dans un an,
07:25vous allez avoir des tas de candidats à la présidentielle,
07:27il y en a toute une liste…
07:28– Ça commence déjà.
07:29– Exactement, qui vont vous dire,
07:30voilà ce qu'il faut faire.
07:31Eh bien, ça tombe bien.
07:32En novembre prochain,
07:33moi, je mettrai sur la table un budget,
07:35et je leur dirai,
07:35voilà ce qu'il faut faire,
07:36faisons-le,
07:37dès le prochain budget.
07:38Et ça sera une épreuve,
07:39vous savez,
07:40quand vous mettez dans le révélateur,
07:42vous mettez le truc dans le tube,
07:43et ça devient bleu,
07:44eh bien, on va vous verre,
07:46ou ce que vous voulez aux roses.
07:47Eh bien, on mettra le révélateur,
07:50et les gens qui sont candidats à l'élection présidentielle,
07:52je leur dirais,
07:52chiche,
07:53vous voulez le faire,
07:55vous voulez faire ça
07:55quand vous serez élu président de la République,
07:57ben, on va le faire dès le novembre prochain.
07:58– Mais Philippe Jouin,
07:58vous avez commencé cet entretien
08:00en disant,
08:00quand Olivier vous a dit
08:01les LR sont en fin de vie,
08:02on disait on n'a pas d'incarnation.
08:03– Vous avez deux personnalités
08:05de premier plan.
08:06– Trois ou quatre ?
08:06– Laurent Wauquiez,
08:07et non, mais prenons les deux,
08:08Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau.
08:10– C'est pas d'incarnation.
08:11– Lissard, Bertrand,
08:13non, non, il y a du monde.
08:13– Chez le barbier,
08:14– Mais il n'y a pas d'incarnation
08:15pour la présidentielle ?
08:16– Non.
08:17– Il n'y en a pas un qui sort du lot.
08:18– Est-ce que vous avez envie ?
08:18– Qu'est-ce que vous avez envie ?
08:19– Non, non, mais c'est quand même rude.
08:21– Un scoop,
08:21non, mais je ne suis pas en train
08:22de vous dire un scoop.
08:23Actuellement, on n'a pas d'incarnation.
08:25Mais d'ailleurs,
08:25c'est même plus le sujet.
08:27Parce que,
08:27quand bien même aurions-nous
08:28une incarnation incontestée
08:30au sein des LR,
08:31celui-ci ferait,
08:32dans une élection présidentielle,
08:33entre 4 et 8,
08:3510,
08:35s'il fait beau,
08:37et ça ne suffira toujours pas.
08:38– Donc en fait,
08:39le problème,
08:39c'est que vous n'avez pas
08:40d'espace politique.
08:41C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:42entre le RN,
08:43qui reste très fort,
08:44et on commentait ce sondage
08:45qui montre que les sympathisants RN
08:47désormais préfèrent largement
08:48Bardella à Marine Le Pen,
08:49ça tombe bien,
08:50ça sera sans doute lui le candidat.
08:51Et puis,
08:52si vous prenez un candidat
08:53comme Édouard Philippe,
08:54je ne vois pas
08:55où est l'espace politique
08:57entre Bardella et Édouard Philippe.
08:58– Vous avez dit le bon mot.
09:00En fait,
09:00la question n'est pas tant
09:00la personnalité,
09:01mais il la faudra.
09:03Évidemment,
09:03dans la cinquième,
09:03il faut une incarnation.
09:05Mais c'est
09:05où est l'espace idéologique.
09:08Moi,
09:08je pense que l'espace idéologique,
09:09c'est d'avoir un discours
09:11qui est l'antithèse
09:12du discours actuel,
09:12qui est un discours de pessimisme
09:13où tout va mal.
09:14Je pense qu'en fait,
09:16on a,
09:16je ne vais pas vous dire
09:17que tout va bien,
09:17mais je pense que,
09:18entre guillemets,
09:19pour simplifier,
09:19la France a d'incroyables talents
09:21et que nous pourrions
09:22faire une proposition
09:23à la France de dire
09:25oui,
09:25il y a des marges de manœuvre.
09:26Je veux dire,
09:27on en a beaucoup sous le pied.
09:29Il y a des forces immenses
09:31qui n'ont pas encore été mobilisées.
09:33Faisons des lois à Notre-Dame.
09:35Permettons aux entrepreneurs
09:36de se substituer
09:39à des services publics défaillants.
09:41Donnons aux jeunes
09:43des raisons de faire des enfants.
09:45Et on vous dit,
09:47il n'y a pas d'argent.
09:47En fait, si.
09:48La France dégouline d'argent.
09:50Ah bon ?
09:516 milliards d'euros d'épargne.
09:53Mais l'argent est jeté
09:54par les fenêtres en permanence.
09:55On jette l'argent par les fenêtres.
09:57Et donc,
09:57moi je pense qu'il y a
09:58toutes les raisons
10:00d'avoir de l'espoir
10:01et de l'espérance
10:02et d'avoir un discours positif
10:03à condition de changer
10:04les règles du jeu.
10:05Pour ça,
10:06vous savez,
10:07Reagan disait,
10:07la politique,
10:08c'est l'art de donner envie.
10:09Absolument.
10:10Moi, je suis surpris un peu
10:12par votre discours défaitiste
10:15et surtout cette vision
10:16qui consiste à...
10:17Non, non,
10:17mais politiquement défaitiste,
10:19je veux dire.
10:20Et cette vision
10:20qui consiste à penser
10:22que,
10:23somme toute,
10:23voilà,
10:24si on est promis
10:25à faire 6 à 8 %,
10:26on fera 6 à 8 %.
10:28Comme si la dynamique
10:29n'existait pas en politique.
10:30Vous-même,
10:31vous avez fait,
10:32je m'en souviens,
10:33un assez beau parcours
10:34pendant la primaire.
10:36Personne ne vous connaissait
10:37avant cette primaire.
10:38Vous avez fait
10:39une bonne campagne
10:40pendant la primaire.
10:41On vous a remarqué
10:42pendant les débats
10:43et vous avez fait
10:44un score correct
10:46à la fin primaire
10:46ou présidence du parti.
10:47Je ne sais plus exactement,
10:49mais il y a eu
10:49j'ai fait 10 fois plus
10:50que Bruno Le Maire.
10:51Voilà.
10:52Non, mais voilà.
10:53Donc,
10:54c'est bien qu'en politique,
10:56il y a des dynamiques.
10:57Donc, moi,
10:57ce que je pense,
10:58ce qu'on peut constater
11:00quand même à LR,
11:01franchement,
11:02est-ce qu'il n'y a pas
11:02une énorme surdité
11:04de la part des caciques
11:06de ce parti
11:07qui refusent obstinément
11:09de lâcher leur place,
11:11qui vont,
11:11mais jusqu'à la mort,
11:13en gardant leur mandat,
11:16qui veulent indéfiniment
11:17être reconduits,
11:19qui étouffent tous les jeunes
11:20qui essayent d'exister,
11:22qui à force
11:22se retrouvent entre vieux
11:23avec des idées de vieux,
11:25qui ne font aucun effort
11:26pour coller à cette époque.
11:27Enfin, je veux dire,
11:28il faut quand même
11:29ouvrir les yeux
11:29au bout d'un moment.
11:30Qui est le favori
11:32de cette élection présidentielle ?
11:34C'est Bardella
11:34dont on ne sait même pas
11:35s'il a déjà 30 ans
11:36et s'il les aura en 2027.
11:39Il faut peut-être
11:39ouvrir les yeux.
11:40Que font les gens
11:41toute la journée ?
11:42Ils sont sur leur téléphone,
11:44ils regardent TikTok,
11:45Instagram, Twitter.
11:46Ils ne sont pas en train
11:47de lire Le Figaro le matin
11:48et d'écouter
11:49un discours de René Cotty le soir.
11:52Donc, il y a un moment donné,
11:52mais faites un effort
11:54dans ce parti.
11:55Refaites votre logo,
11:57faites monter des jeunes,
11:59allez investissez
12:00les réseaux sociaux,
12:01travaillez à des idées nouvelles,
12:02allez voir ce qui se passe
12:03à l'étranger.
12:04On a l'impression
12:05que c'est devenu
12:05le Rotary Club,
12:06les Républicains.
12:07Mais M. Consigny,
12:08vous ne m'avez pas écouté,
12:09je vous ai dit
12:10exactement cela
12:11il y a cinq minutes.
12:11Je vous ai dit qu'en fait,
12:13il faut rompre
12:13avec le discours pessimiste
12:14de dire tout va mal,
12:16la France est en déclin permanent.
12:18Je vous l'ai dit
12:18il y a cinq minutes
12:19et je pense
12:19parce que
12:21et ce n'est pas
12:22de la méthode Coué,
12:23parce que je crois
12:23cela profondément.
12:25Je pense que nous avons
12:26des marges de manœuvre
12:26beaucoup plus grandes
12:27que nous ne croyons.
12:28C'est une évidence.
12:30Maintenant,
12:30sur le fait
12:33que le parti
12:33est plein de vieux,
12:35d'abord,
12:35excusez-moi,
12:37la gauche
12:38avec Jack Lang
12:39qui a 85 et plus,
12:41je ne sais plus,
12:42qui est toujours là,
12:43non,
12:43il est vrai,
12:44il est vrai que LFI
12:46et le RS,
12:49objectivement,
12:50LFI et le RN
12:50sont les partis
12:51qui ont su aller
12:52chercher des jeunes.
12:53Mais c'est plein de jeunes !
12:53Et vous savez pourquoi ?
12:54Et vous savez pourquoi ?
12:55Parce que nous nous trompons
12:57au LR
12:57en pensant
12:58que les slogans
13:00d'il y a 20 ans,
13:01l'élection présidentielle
13:03de Sarko
13:03« Travailler plus,
13:04gagner plus »,
13:05c'est toujours le bon slogan.
13:06La société a évolué
13:08et les LR
13:08n'ont pas vu suffisamment
13:09la société évoluer.
13:11Et donc,
13:12c'est bien pour cela
13:13que je pense
13:13qu'effectivement,
13:15nous n'avons pas vu
13:16la société évoluer
13:17et rajeunir.
13:18En fait,
13:20on est d'accord.
13:20Il y a une responsabilité
13:22quand même
13:22que vous portez
13:23parce que vous êtes
13:24un parti républicain.
13:25Moi, je suis désolé
13:25mais la date
13:26de l'élection présidentielle,
13:27elle est connue,
13:28elle ne bougera pas.
13:29On a les Jeux Olympiques
13:30qui arrivent,
13:31les gens qui vont se présenter,
13:32qui vont concourir
13:34aux Jeux Olympiques,
13:34ils ont candidaté
13:35il y a longtemps,
13:36ils sont passés
13:37par des filtres
13:37et ils ont été
13:38nommés pour représenter
13:39la France
13:40et ils y vont.
13:41Et là,
13:41on a l'impression
13:42qu'à quelques mois
13:43de l'élection présidentielle,
13:44vous n'avez toujours pas
13:45choisi votre candidat,
13:46vous allez être obligés
13:47de repasser
13:47par ces conneries
13:48de primaire,
13:49etc.
13:49Ce qui fait votre différence
13:50avec LFI
13:51et avec l'ERN,
13:53c'est qu'ils ont
13:53nommé leur candidat.
13:54Ils ont nommé
13:55leur candidat
13:56depuis l'année dernière
13:57et ils sont arrivés
13:57à n'avoir qu'un.
13:59Pourquoi vous n'y arrivez pas ?
14:00Parce que c'est
14:00la fameuse incarnation.
14:01Pourquoi ?
14:02Il n'y a pas d'incarnation
14:03parce que nous n'en sommes
14:05pas encore,
14:06nous n'avons pas suffisamment
14:07travaillé intellectuellement.
14:08C'est ça le vrai sujet.
14:09Nous pensons que la société,
14:10enfin un certain nombre
14:11de gens pensent
14:12que la société d'aujourd'hui
14:13c'est la société
14:13d'il y a 20 ans
14:14alors qu'elle a changé.
14:15Regardez la question
14:16de la natalité.
14:17Les jeunes ne veulent plus
14:19faire d'enfants,
14:19pourquoi ?
14:20C'est quand même
14:20assez évident
14:22parce que le logement
14:23est trop cher,
14:24parce que l'éducation
14:25est devenue
14:26de mauvaise qualité.
14:27Donc c'est ça
14:27qu'on doit résoudre.
14:28Et donc moi
14:29j'essaye de m'atteler
14:30à un discours positif
14:31en disant
14:31en fait on a réussi
14:33à faire Notre-Dame
14:33en 5 ans
14:34là où tout le monde
14:35dit ZS
14:35à aller prendre 15 ans.
14:36Avec une loi particulière
14:37donc il faut supprimer
14:39beaucoup de choses
14:39pour réussir
14:40à reconstruire Notre-Dame.
14:41Et ça signifie
14:41que c'est possible ?
14:42On va en continuer
14:43d'en discuter
14:44avec notre invité
14:44Philippe Juvin
14:45député Les Républicains
14:46des Hauts-de-Seine
14:47et il est 11h15.
14:48Question à suivre
14:49de Joël Dagocieri,
14:50Charles Consigny
14:51et Jérôme Marty.
14:53RMC
14:53Alain Marshall
14:55Olivier Truchot
14:56Les Grandes Gueules
14:571, 2, 3, 4
14:59Les Gégés, Les Grandes Gueules
15:06vous accompagnent
15:06jusqu'à midi, 9h, midi
15:08tous les jours bien sûr.
15:09Là nous sommes avec
15:10le député Les Républicains
15:12des Hauts-de-Seine
15:13Philippe Juvin
15:13le médecin Philippe Juvin
15:14avec qui on parle
15:16on a parlé du budget
15:17on a parlé de l'avenir
15:18des Républicains
15:19Joël Dagocieri
15:19qui avait une question
15:20elle est dissipée
15:22ma chère Joël
15:23très bien
15:24très bien d'être dissipée
15:25j'ai des retraites
15:26n'écoutez pas consigné
15:27par les leçons
15:29mais
15:29alors qu'est-ce que
15:31je voulais vous dire
15:31monsieur Juvin
15:32c'était passionnant
15:33je pense
15:33c'était passionnant
15:34oui non
15:35je voulais revenir
15:35sur votre proposition
15:36des logements gratuits
15:38des logements HLM
15:39alors je ne sais pas
15:41ce qui vous a pris
15:42mais je voulais savoir
15:43si vous regrettez
15:44cette proposition
15:44ou si vraiment
15:45vous étiez sérieux
15:46sur le fait
15:47d'offrir
15:48enfin de permettre
15:49aux locataires
15:50d'un logement HLM
15:51de devenir propriétaire
15:53de leur logement
15:54au bout d'un certain temps
15:55enfin de manière automatique
15:56si j'ai bien compris
15:56alors d'abord
15:58je trouve que la vie politique
15:59meurt
16:00d'absence totale
16:01de proposition
16:01deuxièmement
16:02c'est une proposition
16:03qui a été faite
16:04et appliquée
16:05par madame Thatcher
16:06il y a maintenant
16:07une trentaine d'années
16:08enfin il y a 40 ans
16:09au Royaume-Uni
16:10c'est quoi l'idée
16:11c'est de dire
16:11au fond
16:12quand les gens sont
16:13dans des logements sociaux
16:14pendant un certain temps
16:16une durée longue
16:16qu'ils ont toujours respecté
16:18les règles
16:19de vie commune
16:21ils n'occupent pas les halls
16:22il n'y a pas d'insécurité
16:24etc
16:24ils payent évidemment
16:25correctement leur loyer
16:26à un moment
16:27la société dit
16:28vous pouvez devenir
16:29propriétaire de votre logement
16:30donc on leur donne le logement
16:31non non
16:32ils l'achètent
16:33à des prix dégradés
16:34et donc la proposition
16:36c'était
16:36au bout de 5 ans
16:38vous avez une décote
16:39de 25%
16:40au bout de 10 ans
16:41de 50%
16:42etc
16:42et au bout de 20 ans
16:43vous avez une décote
16:44de 20 ans
16:46de 90%
16:46pourquoi c'est important
16:47d'avoir des propriétaires
16:48dans le logement social ?
16:49parce que quand vous avez
16:50des propriétaires
16:51en fait c'est important
16:52pour deux choses
16:52d'abord je pense moi
16:53quand vous êtes propriétaire
16:54vous respectez plus les biens
16:55et il y a une stabilité
16:57puis il y a un ascenseur social
16:58je suis désolé
16:59mais quand vous avez
16:59la possibilité
17:00de laisser à vos enfants
17:01par voie de transmission
17:03un bien
17:04vous vous inscrivez
17:05dans un long terme
17:06qui construit une société
17:07voilà nous ne sommes pas
17:08des individus
17:08qui arrivant
17:09qui naissons
17:10qui mourront
17:10et on laisse aucune trace
17:11et le deuxième point
17:12c'est que
17:14avec cela
17:15l'idée était de se dire
17:17les plus méritants
17:18c'est à dire ceux en fait
17:19qui respectent simplement
17:19la loi
17:20et la manière de vivre ensemble
17:21la loi
17:23les bonnes mœurs
17:24et bien sont
17:25sont récompensés
17:26il n'y a pas un défaut
17:28de turnover
17:29ensuite dans le logement social
17:30parce qu'on manque de logements
17:31et j'espère que les gens vont rester
17:33alors d'ores et déjà
17:34on a un problème de turnover
17:35c'est une certitude
17:36mais encore une fois
17:37moi ce qui me rend très triste
17:39dans la société
17:40c'est l'absence d'espérance
17:41des gens
17:41là on donne
17:43à ceux
17:44on donne à des gens
17:45qui n'ont aucune chance
17:46de devenir propriétaire
17:46aucune chance
17:47quels que soient
17:48leurs efforts de travail
17:49sur une ou deux générations
17:51la possibilité
17:52de devenir propriétaire
17:53et encore une fois
17:54cette proposition
17:55qui a été faite par Thatcher
17:56qui est quand même
17:56loin d'être une marxiste-léniniste
17:58était dans cette idée
18:00que quand vous impliquez
18:01la responsabilité des gens
18:03et bien en fait
18:04la société se porte bien
18:05responsabilité
18:06payez vos loyers
18:09et vos charges
18:09et tenez-vous bien
18:11durant les 20 ans
18:12et au bout de 20 ans
18:13vous êtes propriétaire
18:14à un prix très décoté
18:15moi je crois que
18:16c'est très vertueux
18:17après il faut voir
18:18qu'en plus
18:19il y a une disposition
18:20et je termine là-dessus
18:21en fait
18:22mais les gens ne le disent pas
18:23on vendait
18:24l'appartement
18:25mais pas le sol
18:27il y a ce qu'on appelle
18:28une dissociation
18:29entre le sol
18:30et l'appartement
18:30il y a une proposition
18:30qui vient de l'institut
18:32Jean Jaurès
18:33non Montaigne
18:34Montaigne pardon
18:34Philippe Juvin
18:35c'est de rendre public
18:37le prix réel
18:38des soins
18:39en France
18:40mais c'est indispensable
18:41et de dire que
18:41par exemple
18:42une jambe cassée
18:43ça coûte tant de dizaines
18:44de milliers d'euros
18:46et autres
18:46est-ce que vous êtes d'accord
18:47avec ça ?
18:48évidemment
18:49et puis une liste
18:50d'hospitalisation
18:511000, 2000, 5000 euros
18:52selon le type de soins
18:53évidemment
18:54il faut que les gens saillent
18:55moi je suis suivi
18:56par une maladie chronique
18:57et donc je bénéficie
18:59d'injections
19:00tous les trois mois
19:00je crois que le coût
19:02de l'injection
19:02ça doit être 3000 euros
19:04en fait j'arrive
19:04avec ma carte
19:05à la pharmacie
19:06je donne ça
19:06on me donne
19:07je ne sais pas
19:08combien ça coûte
19:09et ça serait intéressant
19:10que je le sache
19:11donc oui
19:12la question du vrai prix
19:13mais vous savez
19:13on le dit pour la santé
19:14parce que c'est une grande part
19:15de la dépense publique
19:16mais il faudrait le dire
19:16pour tout
19:17l'éducation nationale
19:18l'éducation
19:18le transport
19:19combien payez-vous réellement
19:21de votre billet de train
19:21ou de votre ticket de métro
19:23donc moi je crois beaucoup
19:24une fois qu'on le sait
19:27est-ce qu'on doit payer
19:28plus cher aujourd'hui
19:29est-ce qu'on devrait
19:29payer plus cher
19:30est-ce que l'état
19:31devrait moins rembourser
19:32je crois déjà
19:33qu'il y a une vertu
19:34à la transparence des choses
19:35je vais vous faire
19:35je prends un exemple
19:37très médical
19:37que mon voisin va comprendre
19:38quand une vieille dame tombe
19:43c'est souvent une vieille dame
19:44elle se casse ce col du fémur
19:45ce col du fémur
19:46ça s'opère
19:47si vous ne l'opérez pas
19:48vous mettez la dame dans un lit
19:49et elle meurt dans les trois mois
19:51parce que c'est comme ça
19:51que mourraient nos grands-mères
19:53d'escarde, d'infection urinaire, d'embolie pulmonaire
19:55on peut vous opérer
19:56et puis 48 heures plus tard
19:57vous marchez
19:58et bien si on vous opère
19:59après 48 heures
20:00il a été démontré
20:01qu'il y avait une surmortalité
20:03une surmorbidité
20:04je connais des tas d'hôpitaux
20:05où on vous opère
20:06au bout de 5 ou 6 ou 7 jours
20:07moi je sais où on m'opère
20:09en moins de 48 heures
20:10vous vous savez pas
20:10regardez demain
20:12on publie le délai
20:14entre la chute
20:14et le passage au bloc opératoire
20:15de tous les hôpitaux
20:16et cliniques de France
20:17ça coûte rien
20:18mais au moins cette transparence
20:19démocratique
20:20fait que
20:21qu'est-ce qui va se passer
20:22le directeur de la clinique
20:24où on opère en 5 jours
20:24va se débrouiller
20:25pour qu'on opère en 48 heures
20:26je crois que la transparence
20:28sur les résultats
20:29vous viendrez me voir
20:31vous savez c'est un grand problème démocratique
20:33moi je sais où me faire opérer
20:35mais je sais surtout
20:36pas me faire opérer
20:36vous ne savez pas
20:38c'est un scandale
20:40c'est un scandale
20:40on sait qu'il ne faut pas
20:42se faire opérer par marty
20:43il a écarqué les yeux
20:44qu'on ne prenait pas
20:45attendez Gérard Martin
20:46je ne pense pas
20:46qu'il y a beaucoup de cliniques
20:47où on opère en 5 jours
20:48parce que l'intérêt
20:48c'est de faire tourner les blocs
20:49il y a des hôpitaux
20:50il y a des hôpitaux
20:51il le sait
20:54moi je voudrais qu'on revienne
20:56sur l'aide à mourir
20:57surtout
20:58oui parce que ça va être
20:59le grand débat
21:00l'aide à mourir
21:00l'euthanasie
21:01voilà l'euthanasie
21:02c'est le débat actuel
21:04moi en tant que médecin
21:06il y a des côtés
21:06qui me glacent
21:07on en parlait tout à l'heure
21:08avant le débat
21:09il y a des côtés
21:10qui me glacent
21:11je sais très bien
21:11que on ne regarde
21:12je sais très bien
21:14qu'on ne regarde
21:14la santé dans ce pays
21:15que sous l'angle économique
21:16qu'on a un court-termisme
21:18j'ai bien peur
21:19que derrière
21:21une bonté d'âme
21:22on aille aider
21:24un certain nombre
21:24de personnes
21:25à mourir
21:25sur un côté
21:27bassement économique
21:28dans une France
21:29qui vieillit
21:30et ça me fait peur
21:31moi je fais du palliatif
21:32je lui disais
21:33la nuit dernière
21:34après le match
21:35je suis allé retirer
21:35le pacemaker
21:36d'un défunt
21:37qui était décédé
21:38pendant le match
21:39dont la mort
21:40était malheureusement
21:41attendue
21:41en palliatif
21:42et en phase terminale
21:43mais donc
21:45j'accompagne les gens
21:46dans le plus grand
21:47confort possible
21:48je comprends que
21:49dans certaines
21:50pathologies
21:51à l'issue inéluctable
21:52et dans des grandes souffrances
21:53etc
21:54on puisse bénéficier
21:55effectivement
21:57d'une euthanasie
21:57je comprends
21:59mais je me méfie
22:00de la spécificité
22:01franco-française
22:03de la façon
22:05de regarder le soin
22:05uniquement sous l'angle économique
22:07et des dérives
22:07que cela peut engendrer
22:08avec cette autorisation
22:09Philippe Jules
22:10ça va arriver à l'Assemblée nationale
22:13oui bien sûr
22:13d'abord moi
22:15quand je rentre
22:15en blouse blanche
22:16dans une chambre
22:17je ne veux pas
22:17que le patient
22:18ait à se poser la question
22:18de savoir pourquoi je rentre
22:19deuxièmement
22:21des morts
22:22j'envoie
22:22toutes les semaines
22:23à l'hôpital
22:23je suis dans un service d'urgence
22:24on voit des morts
22:25toutes les semaines
22:25et ça fait 40 ans
22:26que je fais de la médecine
22:27et j'en ai vu
22:28beaucoup des morts
22:28j'ai eu quelques demandes
22:30d'euthanasie
22:30pas beaucoup
22:31mais quelques-unes
22:31elles ont toutes disparues
22:33quand on apportait
22:34une réponse
22:35au patient
22:35ou à la famille
22:36toutes
22:36quelle réponse ?
22:38ça peut être une réponse
22:39liée à la douleur
22:40liée aux nausées
22:40liée à l'enconfort
22:42liée à une question sociale
22:43liée à une solitude
22:44liée à une détresse psychologique
22:45il y a des tas de raisons
22:47vous n'avez jamais eu envie de mourir ?
22:49moi j'ai eu envie de mourir
22:49moi non
22:50moi j'ai eu envie
22:51on passe des épreuves
22:52on a envie de mourir
22:53et bien à ce moment-là
22:55à ce moment-là
22:55il faut que quelqu'un
22:56vous tende la main
22:56or ma crainte si vous voulez
22:58c'est que par défaut d'accès
22:59aux soins
23:00aux soins palliatifs
23:01mais pas simplement aux soins
23:02les gens demandent
23:03l'euthanasie
23:04vous vous rendez compte quand même
23:05vous vous rendez compte
23:06que la loi prévoit
23:07qu'on puisse
23:08vous proposer l'euthanasie
23:11il a réalisé
23:1148 heures après la demande
23:1348 heures après la demande
23:15alors que
23:16alors que
23:17pour n'importe quel geste
23:18chirurgical
23:18un peu complexe
23:20on vous demande
23:207 ou 15 jours
23:21de réflexion
23:23vous vous rendez compte
23:24qu'en France
23:25pour avoir une consultation
23:26contre la douleur
23:27il faut 2 à 7 mois
23:28selon l'endroit où vous êtes
23:29là ça sera 48 heures
23:31en fait
23:32mais pourquoi on n'arrive pas
23:33non plus à développer
23:34soins palliatifs
23:35parce que c'est souvent ça aussi
23:36c'est que
23:36bien sûr
23:37il faut de soins palliatifs
23:38un français sur 2
23:39qui meurt aujourd'hui
23:39et qui a besoin de soins palliatifs
23:41n'a pas accès aux soins palliatifs
23:41donc le vrai sujet il est là
23:43or
23:44est-ce qu'on bâtit une société
23:45qui règle le problème
23:46en disant
23:47qui s'en débarrasse
23:48en disant
23:48ben voilà
23:48moi je vous donne la mort
23:49c'est plus facile
23:50ou est-ce qu'une société
23:51qui prend des responsabilités
23:52très complexes
23:53pour aider les gens
23:54on peut très bien donner
23:54ce cadre et cette liberté
23:56ce que François de Closet
23:57s'est appelé la dernière liberté
23:58et on n'est pas obligé
24:00d'y passer
24:00mais est-ce que vous êtes
24:01toujours libre ?
24:02pardon
24:02je m'explique
24:05et je vous donne
24:05un exemple très parlant
24:07quand vous êtes gravataire
24:08et que vous êtes dans votre lit
24:09plein de merde
24:10de sueur
24:11d'urine
24:12la vôtre
24:12et qu'il y a l'infirmière
24:13qui vient seulement
24:14une fois tous les 24 heures
24:16vous changer
24:16est-ce que vous croyez
24:17que votre fin de vie
24:17est plus difficile
24:19et douloureuse
24:20que si l'infirmière
24:21vous change immédiatement
24:21et qu'il y a quelqu'un
24:22pour vous dire
24:23qu'il vous aime
24:24évidemment
24:24quand vous êtes pauvre
24:25et isolé
24:26la fin de vie
24:27elle est plus compliquée
24:27donc ce qui va se passer
24:28c'est que c'est une loi
24:29qui est imaginée
24:30par des gens plutôt riches
24:31inquiets de la souffrance
24:33et de la déchéance
24:34très entourés
24:35et qui s'appliquera
24:36d'abord aux pauvres
24:37d'ailleurs dans certains pays
24:38comme par hasard
24:39l'euthanasie
24:40ça s'applique d'abord
24:41aux personnes
24:42qui sont en situation
24:42de difficulté sociale
24:43ou handicapées
24:45je parlais à quelqu'un
24:46qui est très gravement handicapé
24:47mais un handicap très grave
24:49dont personne ici ne rêve
24:51et qui me disait
24:52mais tu sais
24:52moi tous les jours
24:53la vie est difficile
24:54et qu'est-ce qui va se passer
24:56en pratique
24:56on va me dire
24:57on pose un flingue
24:59chargé sur ma table de nuit
25:01et on vous dit
25:02mais vous êtes libre
25:02de l'utiliser
25:03ou de ne pas l'utiliser
25:04mais il y a bien un moment
25:05où
25:05dans l'oregon
25:07oui mais cette personne aussi
25:09qui va voir sa santé
25:10se détériorer
25:10elle peut peut-être
25:11à un moment décider
25:12de ne pas attendre
25:13la détérioration
25:14quelle est la bonne réponse
25:15de la société
25:15donc dans ces cas-là
25:16il faut peut-être
25:16non pas l'aider à partir
25:17dans un premier temps
25:18lui proposer un médecin
25:19un psychologue
25:20et une fois que ça s'est passé
25:22si elle décide
25:23de l'enfinir
25:24c'est tout le sujet
25:25or aujourd'hui
25:26le système de santé
25:27est de telle manière
25:27qu'on ne propose pas aux gens
25:29et puis dernier point
25:30le désir de mort
25:31et ça
25:32Jérôme le sait très bien
25:33il est fluctuant
25:35bien sûr
25:35dans l'oregon
25:36il y a une disposition
25:38de suicide assisté
25:39où vous venez me voir
25:39vous voulez mourir
25:40je suis médecin
25:41vous voyez un psychiatre
25:42nous on n'a pas besoin
25:43de voir un psychiatre
25:43tout ça est très rapide
25:44il y a plein de filets
25:47de sécurité dans l'oregon
25:48finalement je vous fais
25:48une ordonnance
25:49vous allez à la pharmacie
25:50vous achetez votre petite pilule
25:51pour mourir
25:52et vous rentrez chez vous
25:53et bien 40% des gens
25:54ont la pilule dans le tiroir
25:55et ne l'apprennent pas
25:56ça montre bien
25:57que le désir de mort
25:58est fluctuant
25:58vous vous rendez compte
26:00que
26:00aujourd'hui
26:01quand vous êtes
26:02un vieillard sous tutelle
26:04vous n'avez pas le droit
26:05de signer un chèque
26:06et bien avec la loi
26:07en revanche
26:08vous pourrez demander
26:08l'euthanasie
26:09il n'y a aucun filet de sécurité
26:11la société
26:12c'est quoi
26:13on dit c'est une société
26:14de fraternité
26:15mais la fraternité
26:15c'est de donner
26:16c'est de tendre
26:17aux gens
26:17c'est pas de leur dire
26:18d'accord monsieur Jules
26:19d'accord
26:20j'entends votre discours
26:21mais la société française
26:22et l'état
26:23c'est aussi de donner aux gens
26:24beaucoup plus de médecins
26:25beaucoup plus d'infirmières
26:26mais bien sûr
26:27mais ça c'est l'échec
26:28de notre société
26:29mais bien sûr
26:30on en parle souvent
26:32avec Jérôme
26:32c'est l'échec
26:33vous avez raison
26:35vous avez devant vous
26:36le député
26:37de toute l'Assemblée nationale
26:38qui depuis 2022
26:39où je siège
26:40à chaque semaine
26:41je dis
26:42il faut doubler
26:42le nombre de médecins
26:43en formation
26:43pas plus 15%
26:45avec leur numérus
26:45clausus à la doigt
26:46doubler
26:47et doubler
26:48le nombre d'infirmières
26:48il faut en former beaucoup
26:51parce qu'on sait
26:51que les médecins
26:52d'abord ils travaillent
26:52moins que notre génération
26:53et puis ils ont
26:54des aspirations différentes
26:55il faut former
26:56beaucoup plus de monde
26:57bien sûr
26:57on a un système
26:58de santé
26:58on est conscient
26:59que dans certains cas
27:00l'issue
27:01comme ça
27:01elle est inéductable
27:02le patient le sait
27:03dans certaines pathologies
27:03neurologiques
27:04qui évoluent très vite
27:05malheureusement
27:06avec une dégradation
27:06très importante
27:07les gens savent
27:08où ils vont
27:08et donc il est normal
27:09qu'il puisse y avoir
27:11cette issue là
27:12mais dans la plupart
27:13des cas
27:13et en faisant du palliatif
27:15chez des patients
27:16qui ont des durées
27:17comme ça
27:18de plusieurs mois
27:19plusieurs années
27:20plusieurs années parfois
27:21il faut qu'on ait
27:23les moyens
27:23de les prendre en charge
27:24est-ce que l'exemple
27:25qu'ils donnaient
27:26je suis désolé
27:26mais du patient
27:27qui se souille
27:28qui perd sa dignité
27:29parce qu'il est souillé
27:30et qui reste souillé
27:31pendant deux heures
27:32parce qu'il n'y a pas assez
27:32de personnel pour arriver
27:33lui il a envie de mourir
27:34ça provoque cette chose là
27:36donc il faut qu'on ait
27:36les personnels
27:37et pour avoir les personnels
27:38il faut mettre de l'argent
27:38dans la santé
27:39or le plan
27:40pour le palliatif
27:41c'est des milliards d'euros
27:42aujourd'hui on est sur un milliard
27:43on est à dix fois moins
27:45et un mot sur les mutuelles
27:47elles sont très sympas
27:48les mutuelles
27:49les mutuelles
27:49elles sont là
27:49pour rembourser les soins
27:50aujourd'hui
27:51elles font de la pub
27:52je pense à la MGEN
27:53pour l'euthanasie
27:54moi je vais dire
27:55et elles sont donc
27:57directement intéressées
27:57aux conséquences financières
27:58de cette affaire
27:59bien sûr
27:59moi je dis aux mutuelles
28:01écoutez au lieu
28:01de promouvoir l'euthanasie
28:03rembourser
28:03rembourser les couches
28:04les couches
28:05vous voyez les couches
28:06et les médicaments
28:07contre la constipation
28:08parce que quand vous êtes au lit
28:09vous êtes constipé
28:10vous pouvez pas aller
28:11vous pouvez pas aller à la selle
28:12déjà qu'ils fassent leur job
28:14et après ils viendront
28:15faire de la pub pour l'euthanasie
28:16Merci Philippe Juvin
28:18d'être passé par l'IGG
28:19par les grandes gueules
28:20merci d'avoir été avec nous
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