- il y a 23 heures
Alors que les ambitions du green deal européen sont revues à la baisse, que Donald Trump bouscule les alliances géopolitiques et que le budget en France est toujours en discussion, les entreprises peuvent avoir du mal à tenir le cap de leurs politiques RSE. Nicolas Perdrix, directeur associé d’EPSA Sustainability, explique comment sa société leur offre un socle d’assurance.
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00:00Prêt pour l'impact, c'est la question que je pose chaque jour à une personnalité qui compte dans notre économie.
00:09Je reçois Nicolas Perdery, bonjour.
00:10Bonjour Thomas.
00:11Bienvenue, vous êtes directeur et associé chez EPSA Sustainability.
00:15Alors c'est quoi ? Je veux bien qu'on présente déjà l'activité, le périmètre d'EPSA Sustainability.
00:20Alors EPSA Sustainability, c'est une ligne de métier qui est incorporée au groupe EPSA.
00:24Donc le groupe EPSA, si vous voulez, je vous raconte un peu son historique.
00:27C'est un groupe de conseil français avec encore un très grand crache local, mais qui est aujourd'hui un groupe international et qui s'est construit, qui a été fondé par Mathieu Gufflet, qui en est toujours le principal actionnaire, et qui s'est construit d'abord sur un métier de conseil en performance achat.
00:44Et puis assez rapidement, le groupe a fait le pari de la diversification, en pariant aussi sur de la croissance externe en plus de la croissance organique, d'ailleurs c'est assez équilibré en réalité.
00:57Et pour aller vers des métiers un peu différents, mais des métiers complémentaires, notamment aujourd'hui un métier qui a pris le dessus sur le métier du procurement, donc des achats, qui est celui du financement de l'innovation.
01:08Mais on a aussi des métiers qui font du conseil en transition énergétique, donc une branche énergie, une marketplace, une branche conseil en fiscalité, une branche sur le conseil IT.
01:22Et puis notre branche sustainability, qui est la dernière arrivée, qui est la plus petite, mais que j'ai la chance et le bonheur de diriger, parce que c'est un vrai bonheur, qui regroupe aujourd'hui 80 collaborateurs, experts, issus du rapprochement de trois cabinets historiques, Sidièze, Ecodev et MonUnivers.
01:40Alors, si on reprend quelques chiffres du groupe, EPSA c'est 5000 collaborateurs, un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros, 16 000 clients, et si je prends votre activité, qui sont vos clients ?
01:53EPSA c'est toute taille ? C'est seulement des grands groupes ? Il y a des PME ?
01:58C'est toute taille, avec évidemment des problématiques différentes. Il faut savoir qu'on adresse à la fois le champ culturel, historiquement on a toujours pensé que travailler le champ culturel était un accélérateur de l'intégration de la transition écologique dans le modèle des organisations, rendre légitime une stratégie de durabilité, c'est d'abord commencer par faire de la pédagogie.
02:20Donc on adresse ce champ depuis plus de 20 ans. C'est un champ qu'on a beaucoup exploré chez Sidièze, que je continue de diriger. Et puis après on a des activités chez Ecodev et chez MonUnivers, qui sont historiquement des activités de conseil en stratégie climat.
02:36Donc on adresse depuis très tôt les enjeux carbone et de décarbonation précisément, mais également des enjeux de mobilité, qui sont très contributeurs de ces enjeux de décarbonation, mais également de biodiversité, et puis de conseil RSE, ESG de manière générale.
02:52Donc ça veut dire qu'avec ces trois, ce rapprochement Sidièze, Ecodev et MonUnivers, il y a une offre qui est un peu plus stratégique, enfin sur la stratégie globale d'une entreprise, c'est ça ?
03:05Oui, c'est ça. Donc ce qui est assez intéressant, c'est que notre rapprochement, déjà c'est le fruit d'une collaboration qui n'était pas capitalistique au préalable.
03:14Ça vous arrivait déjà de bosser ensemble sur des projets ?
03:16Voilà, Sidièze c'est 25 ans, MonUnivers c'est 20 ans, Ecodev c'est 15 ans. Et donc du coup, on évoluait ensemble dans un écosystème de proximité, et on avait déjà fait des attelages sur des dossiers qui étaient hyper intéressants.
03:32Et puis, le fait de s'apprécier aussi relationnellement nous a permis à un moment donné de souhaiter faire le grand saut, et puis de nous unir au sein du groupe EPSA.
03:42Jusqu'où ça va, quand vous travaillez avec une entreprise ? Est-ce que ça peut aller jusqu'à un changement de modèle économique ?
03:48Alors, c'est ce qu'on essaie de faire, on essaie de le faire. Alors, les phases de sensibilisation, tout ça, c'est toujours le cas, mais on ne s'adresse jamais de la même manière, parce que les problématiques ne sont pas les mêmes,
03:58si on parle à un grand groupe coté, qui a déjà des obligations depuis longtemps, chez qui c'est très structuré, une ETI familiale qui a bien compris qu'il était aussi important de transmettre,
04:09et donc d'avoir une vision long terme, que de faire du chiffre à court terme, qui n'a pas d'obligation, ou en partie, de reverser des dividendes à très court terme.
04:17Et puis après, une grosse PME, qui elle aussi a dans sa logique, alors qui tient bien ses usines par ailleurs, mais qui a aussi cette logique de devoir répondre présent dans les cahiers des charges
04:29que vont transmettre les donneurs d'or, qu'ils soient publics ou privés, le rating, le scoring de ces indicateurs ESG dans les appels d'offres est de plus en plus important.
04:39Donc on les accompagne sur toute cette dimension-là, on les accompagne de la structuration de leurs enjeux, de la mise en mots de leurs enjeux, de la formation,
04:47et puis ensuite du pilotage dans les métiers et dans la chaîne de valeur, jusqu'à l'exercice extrêmement codifié du reporting extra-financier.
04:55Je ne sais pas si vous avez des exemples, si vous pouvez les citer, mais vraiment de twists d'entreprises qui ont vraiment radicalement changé leur modèle,
05:03ou qui sont en train de le faire basculer.
05:05Oui, il y en a, je peux vous donner des exemples, le groupe La Poste par exemple, il y a eu un effondrement dans ces dernières années de 80, peut-être même 90% aujourd'hui du courrier,
05:15parce que tout s'est digitalisé, on s'est bien rendu compte au moment du Covid, le basculement entre le papier et le digital.
05:25On voit bien que malgré tout, La Poste a réussi à garder tous ses collaborateurs, en changeant, en faisant pivoter tout doucement son modèle d'affaire,
05:34vers des métiers de proximité, vers du colis, et que sur ce sujet du colis, ils ont continué à se transformer en décarbonant leurs activités.
05:45L'enjeu de logistique.
05:46Exactement, de supply chain, de logistique, et tout ça ils l'ont fait en décarbonant, avec toujours beaucoup plus de proximité dans l'intention d'offres de services.
05:54Donc du coup, il y a des entreprises qui le font.
05:56On voit bien aussi sur des grands groupes hôteliers, je pourrais parler d'Accord aussi, qui est confronté à différents sujets,
06:03mais la crise du Covid leur a montré que quand on mise uniquement sur une clientèle qui vient du bout du monde, du jour au lendemain, on n'a plus de clients.
06:12Et donc du coup, il faut recréer des lieux de vie, de l'ancrage local.
06:16Et donc du coup, on a vu aussi que les hôtels, le lifestyle qui était grandissant dans le positionnement des hôtels, est une preuve de ce changement de modèle.
06:26Et pour autant, en échange et en face, on a aussi un investissement dans le super luxe, parce qu'on sait très bien que ceux qui pourront s'offrir un transport et un trajet en avion dans quelques années,
06:39seront ceux qui pourront se payer les hôtels les plus luxueux.
06:43Donc on voit bien aussi qu'on réfléchit un petit peu aux deux côtés, aux deux phases de la pièce.
06:49Pour ouvrir un chapitre, on a commencé à l'évoquer, mais vraiment sur la question du bilan extra-financier de la CSRD.
06:57Vous dites, je vais vous citer, et si le reporting devenait bien plus qu'un exercice réglementaire,
07:02si on pouvait en faire le moteur du récit de transformation de l'entreprise ?
07:06Derrière les tableaux de bord, il y a des histoires à raconter.
07:09Bien d'accord avec vous.
07:10Sauf qu'on est dans une phase de réduction de l'ambition de ce règlement européen, avec une CRSRD moins ambitieuse, qui va toucher beaucoup moins d'entreprises.
07:24Est-ce que c'est d'abord une mauvaise nouvelle ? Ou est-ce qu'on peut aller au-delà, finalement ?
07:29Il ne faut pas confondre le bruit médiatique et la réalité.
07:31Oui, c'est pour ça que je vous pose la question.
07:32Je ne nie pas non plus qu'il y a une baisse d'activité dans nos cabinets.
07:36Il y a plein de choses, en fait.
07:37Alors, moi, je considère que le reporting, c'est un exercice de lucidité.
07:42J'y reviens après.
07:43C'est une assurance-confiance qu'on donne à l'égard de plein de parties prenantes.
07:47Donc, si vous voulez, on y revient après, qu'ils soient les clients, les collaborateurs ou même les investisseurs.
07:52Dans le reporting, on peut aussi faire en sorte que...
07:56C'est un produit d'incarnation de sa stratégie grand format.
08:00Donc, on peut raconter aussi la manière dont l'entreprise se transforme pour adresser les grands défis de demain.
08:05La durabilité, avant que ce soit...
08:09Donc, la durabilité, RSE, ESG, plan d'action plus mesure.
08:14Avant que ce soit un management de la data, personnellement, ce que je dis toujours à mes clients,
08:20c'est que c'est à la fois un socle culturel, du bon sens et une paire de lunettes
08:25pour voir l'avenir de sa performance économique avec sérénité.
08:29Quand on demande s'il est bon d'opposer la performance à la durabilité,
08:38ma première question, c'est de dire absolument pas.
08:40Parce qu'être responsable aujourd'hui, c'est de performant demain.
08:43Et donc, du coup, là aussi, quand je vous dis, on ne s'adresse pas de la même manière
08:47à des entreprises qui doivent rendre des comptes et de l'ébitda à des actionnaires à 12 mois,
08:52ce n'est pas la même chose que quand on se projette dans l'avenir et qu'on veut transmettre.
08:56Mais pour l'instant, il y a des entreprises qui se préparaient d'ailleurs
09:01et qui s'apprêtaient à publier un rapport, un bilan extra-financier
09:07et qui se disent, finalement, je n'en ai plus besoin.
09:10Et qu'est-ce que vous leur conseillez ?
09:12Est-ce que vous leur conseillez de le faire quand même ?
09:14Parce qu'il y a, notamment pour les PME, la possibilité de le faire, du volontariat pour le faire.
09:20Vous dites, mais ça restera un atout pour répondre à des appels d'offres,
09:27pour convaincre des clients, des collaborateurs ?
09:29Alors déjà, on voit que nos clients nous suivent, on ne baisse pas le pavillon.
09:32Et sur le sujet du reporting, encore moins.
09:34Parfois, chez nos clients, s'il y a un truc qu'on garde, c'est ça.
09:37On arrête d'investir sur de la visibilité, etc.
09:40Mais le reporting, c'est vraiment l'héritage.
09:43On est sur un plateau.
09:45On n'est pas sur une décroissance, on est sur un plateau.
09:48On a eu l'habitude d'une croissance à deux chiffres.
09:50Ce n'est plus le cas.
09:51On est sur une remise en question qui est très saine.
09:53Selon moi, très saine.
09:54Je bosse sur ce sujet depuis 25 ans.
09:57J'ai vu le marché devenir une bulle.
09:59J'ai vu des gens se prétendre être ce qu'ils n'étaient pas.
10:02Il y a, et c'est à mon grand regret tout de même,
10:04une purge naturelle du marché.
10:07Les historiques et ceux qui ont ça comme mission
10:11et au fond d'eux-mêmes,
10:13résisteront et seront là.
10:15Ceux qui vont déserter les premiers n'y croyaient finalement pas tant que ça.
10:19Pour revenir au sujet du reporting...
10:21Oui, au-delà des cabinets de conseil,
10:23ce que ça représente pour l'économie européenne
10:27comme opportunité.
10:29Parce qu'on peut le lire de deux façons différentes.
10:32Encore une fois, on peut se dire,
10:33c'est la fin, ils l'ont mis au placard.
10:36La CSRD, on l'a mal employée.
10:37C'était un super outil.
10:39On en a fait un outil de reporting,
10:41alors que ça devait être un outil de transformation.
10:43D'accord.
10:44Cet outil de transformation,
10:45c'était comment nous, dans un continent
10:47où on n'a pas d'énergie abondante et bon marché,
10:51on va devoir décarboner à vitesse grand V
10:53pour rester compétitif.
10:54Donc c'était une logique de pérennité des modèles d'affaires,
10:57de robustesse des modèles d'affaires,
10:58de souveraineté,
10:59dans une logique économique,
11:01de guerre économique.
11:02Donc de ce point de vue-là,
11:03c'est dommage qu'on ne l'ait pas pris sous cet angle-là,
11:06mais les entreprises cotées qui sont déjà soumises
11:08l'ont vu sous cet angle-là
11:09et font très bien le boulot.
11:11Pour les autres,
11:12et notamment les ETI,
11:13mais une fois encore, je le dis,
11:14il y a des patrons qui tenaient très bien leurs usines
11:16et qui, on a dit,
11:18toujours avec des normes,
11:19une gestion normative, ISO, etc.,
11:21de leurs usines,
11:22et qui on a dit,
11:23vous allez devoir passer le baccalauréat de l'USG.
11:26On sait que vous êtes en CP,
11:27mais si vous donnez un certain montant
11:29à un cabinet de conseil,
11:30vous aurez votre diplôme.
11:31Ce n'est pas juste.
11:32On a été trop vite, trop fort.
11:34Les normes sectorielles sont arrivées après.
11:36Je ne leur jette pas la pierre.
11:38Nous, en tant que cabinet de conseil,
11:40on y voyait un bel océan bleu.
11:43On a recruté beaucoup de people.
11:44On n'a pas été très malins, d'ailleurs,
11:46parce qu'on a tous fait pareil.
11:47On s'est tous suivis dans la même trajectoire.
11:49Et c'est rare de voir un tel alignement
11:53et de tous tomber dans le ravin en même temps.
11:55Mais on a recruté des people, d'ailleurs,
11:57à prix d'or,
11:57parce que le marché était sous offreur.
11:59On a designé des méthodologies robustes.
12:02Comme on est des bons cabinets de conseil,
12:03on l'a fait en chambre.
12:04On y a investi beaucoup de temps
12:06avant d'être prêts à lancer notre activité.
12:11Et puis, des régulations.
12:14Et donc là, le marché se retourne sur une crête.
12:16Mais le plus grave,
12:18c'est que ça a donné à ce moment-là
12:20le droit à plein de gens
12:21de dire je ne suis pas d'accord,
12:22en fait.
12:23Puisqu'en fait,
12:24les pouvoirs politiques se désengagent.
12:26Du coup, moi, ça m'autorise à dire non.
12:28Et puis, en parallèle...
12:29Donc, ce mouvement continue.
12:30Ce mouvement continue, oui.
12:32Ce mouvement, surtout,
12:33il est...
12:35L'écologie, c'est aussi un totem
12:36d'une certaine radicalité politique
12:38qu'on voit grandir en France,
12:40que je ne commenterai pas,
12:41que je ne citerai pas.
12:42Et puis, à l'autre extrême,
12:44on a aussi préempté ce sujet
12:46de la transition écologique.
12:48Et ça, c'est pas bon non plus.
12:49Ça devrait être un socle commun
12:51à toutes les politiques,
12:52partisanes ou pas.
12:54Et c'est le socle
12:56non négociable
12:58et rassurant
12:59qui devrait permettre au pays
13:00ensuite de se transformer.
13:01Alors, vous avez évoqué
13:02cette question de performance économique
13:04et de durabilité.
13:05C'est justement le thème
13:06que Thibaut Gouache,
13:09le président du groupe Evren,
13:10qui était à votre place
13:10la semaine dernière,
13:11a choisi...
13:11Je le salue.
13:12...d'évoquer.
13:13Voici sa question.
13:15Bonjour Nicolas.
13:17Pour 2026,
13:18ce qui m'intéressait
13:19en ce début d'année,
13:20c'est comment vous arrivez
13:21à convaincre vos interlocuteurs
13:23que c'est possible
13:24d'allier performance économique
13:26et durabilité ?
13:28Est-ce que c'est plus difficile
13:29en ce moment ?
13:31Une fois encore,
13:32je vous le dis,
13:32oui, c'est plus difficile.
13:34C'est plus difficile
13:35parce qu'on est
13:36dans une polycrise.
13:37Oui.
13:38C'est pas conjoncturel,
13:39c'est quelque chose de...
13:40Moi, j'y vois quelque chose
13:42de plus culturel,
13:43de mondial.
13:44Il y a...
13:45Alors, effectivement,
13:47outre-Atlantique,
13:48des contre-pouvoirs
13:50qui s'organisent,
13:51mais même politiquement
13:52en France.
13:53Je veux dire,
13:53à un moment donné,
13:54quand on doit limiter
13:56ses investissements
13:56et faire preuve de prudence,
13:58il y a quelques investissements
13:59que parfois,
14:01on estime,
14:02chez des entreprises
14:02de taille plus réduite,
14:04non stratégiques,
14:06que sont le marketing,
14:07la communication,
14:07peut-être aussi
14:08la transition écologique.
14:11Mais,
14:11à ces patrons,
14:14moi,
14:14je leur dirais
14:15ce que je vous ai déjà dit
14:16tout à l'heure
14:17et que je martèle,
14:18être responsable aujourd'hui,
14:19c'est être performant demain.
14:21C'est une question
14:21de proportionnalité,
14:23en fait.
14:25Quand vous demandez
14:27comment on peut aligner
14:28performance économique
14:29et durabilité,
14:31ça revient à dire
14:31comment on peut aligner
14:33performance économique
14:34et pérennité
14:34de son modèle d'affaires.
14:35Comment on peut aligner
14:36performance économique
14:37et impact environnemental
14:40ou empreinte sociale
14:41positif.
14:42et donc,
14:43du coup,
14:44en réalité,
14:45il faut savoir
14:45que la durabilité,
14:46elle a des vertus
14:46partout.
14:48Quand vous parlez
14:49à vos clients,
14:51vos clients
14:52attendent de vous
14:52que vous soyez
14:53un partenaire fiable
14:53et responsable
14:54parce que,
14:55par capillarité,
14:56ça va remonter
14:56dans leurs propres indicateurs.
14:58Et puis,
14:59quand vous êtes
15:00un collaborateur,
15:02que ce soit
15:02pour votre marque employeur,
15:04que ce soit
15:04pour les élites
15:05que vous voudrez recruter,
15:06et pas celles
15:06qui viennent spontanément
15:07vers vous,
15:08mais celles qui attendent
15:08de vous
15:08que votre entreprise
15:09contribue aux grands défis
15:10de demain,
15:11au pluriel,
15:11sociaux,
15:12sociétaux,
15:12environnementaux,
15:14mais quand bien même
15:14pour des objectifs
15:17de rétention
15:17de vos collaborateurs,
15:19confort du collaborateur,
15:21du VT,
15:22fierté de travailler
15:23dans une entreprise
15:24alignée
15:24sur les grands défis
15:26sociétaux,
15:27et puis projection
15:28aussi dans l'avenir,
15:30et bien du coup,
15:30tout ça,
15:31c'est des logiques
15:31de rétention.
15:33Et puis,
15:33le troisième volet,
15:34c'est les investisseurs.
15:35Et là,
15:35je suis bien placé
15:35parce que EPSA,
15:37et je représente
15:38ces enjeux
15:41chez EPSA
15:42auprès de nos investisseurs
15:43et auprès de nos banques,
15:45c'est une assurance-confiance.
15:46C'est une assurance-confiance.
15:47Ce terme-là,
15:48vous l'avez employé
15:48déjà tout à l'heure,
15:49assurance-confiance,
15:50qu'est-ce que vous mettez derrière ?
15:50Assurance-confiance,
15:51c'est on est dans un monde vulnérable,
15:53on est dans un monde instable,
15:54on est dans un monde illisible.
15:55Avant,
15:56on avait une croyance
15:57dans un monde
15:58de croissance linéaire
16:01ou des organisations décidées.
16:03Tout était assez commun
16:05et assez clair
16:06dans la manière
16:07dont on pilotait le monde
16:08et dont on pilotait
16:10son économie.
16:13Aujourd'hui,
16:14on est dans un monde,
16:15comme on dit,
16:16vu cas,
16:17volatile,
16:17incertain,
16:18complexe,
16:18ambigu,
16:19impossible de naviguer
16:20à plus de quelques mois.
16:22Et aujourd'hui,
16:23la durabilité,
16:25c'est clairement
16:26un socle de réassurance
16:27pour les investisseurs.
16:29C'est clairement
16:30un socle
16:31sur lequel
16:32on va pouvoir
16:32appuyer la croissance
16:34d'une entreprise
16:35parce que ça,
16:35c'est de l'ordre
16:36de la stabilité.
16:38Les investisseurs
16:39veulent investir
16:40dans une croissance
16:41et une performance
16:42qui est durable.
16:43Et donc ça,
16:43ça les rassure.
16:44Ça, c'est un socle.
16:45On ne construit pas
16:46sur du sable,
16:47on construit sur une dalle
16:48bien solide.
16:49Et en matière
16:49de communication,
16:52il y a parfois,
16:54je ne sais pas
16:54si c'est toujours vrai
16:55aujourd'hui,
16:55mais on a plusieurs fois
16:58reçu dans cette émission
17:00des entreprises
17:00qui disaient
17:01qu'on fait des choses
17:02bien,
17:03on n'ose pas trop
17:03en parler.
17:04Est-ce que ça existe
17:05encore ?
17:05Oui, ça existe.
17:06Alors, il y a des logiques
17:07de green hiding
17:09et qu'effectivement,
17:11parfois,
17:12on le fait
17:13pour ne pas détruire
17:14le rêve
17:15que la marque
17:16est en train
17:16de construire.
17:17mais surtout,
17:19aujourd'hui,
17:20il y a un petit
17:20désinvestissement
17:21dessus pour des raisons
17:23à mon avis financières.
17:25Mais la grande majorité
17:26des entreprises
17:27ont déjà,
17:29en tout cas celles
17:29qui sont engagées
17:30depuis longtemps,
17:30ont déjà rendu soluble
17:32le discours de la durabilité
17:33dans le discours corporate.
17:35Ça, ce sont les gens
17:35qu'on accompagne
17:36qui ont un certain niveau
17:37de maturité
17:38sur le sujet.
17:39Pour autant,
17:40nous aidons encore
17:41d'autres entreprises
17:42à construire
17:43le récit
17:44de leurs engagements RSE.
17:45Ça veut dire
17:45qu'il faut former
17:46encore des équipes
17:48communication
17:48à ces enjeux RSE ?
17:50Oui, il y a des agences
17:50spécialisées
17:51comme les CDS
17:52qui travaillent dessus
17:52depuis 25 ans.
17:53Nous, on est pionniers
17:54en la matière.
17:55Donc, on a co-construit
17:56des méthodologies
17:57d'intelligence collective
17:58qui permettent
17:58de légitimer.
17:59Et alors, en ce moment,
18:01c'est assez drôle
18:01parce qu'on revient
18:03à des formes
18:05d'intelligence collective
18:06que nous n'avons plus connues
18:07ces dernières années
18:08parce que le sujet
18:09était OK
18:10et qu'il fallait avancer
18:11et que le livrable
18:12importait plus
18:12que la manière
18:13dont on le construisait.
18:15Aujourd'hui,
18:16on voit dans les entreprises
18:17qui sont des petites sociétés
18:18dans la société,
18:20une polarisation aussi
18:21des opinions
18:22et donc des comportements
18:23de plus en plus résistants
18:24qui reviennent.
18:25Et donc,
18:26on nous demande aujourd'hui
18:27beaucoup d'ateliers,
18:29beaucoup d'écoutes actives,
18:30d'ateliers,
18:30de concertations
18:31pour arriver à produire
18:32des narratifs
18:33qui trouvent
18:34à un moment donné
18:34de la construction
18:37sur le dissensus
18:38et dans la friction
18:38pour faire tenir
18:40des récits,
18:40ce que nous,
18:41on appelle le grand récit.
18:42Je viens de sortir
18:42un essai sur le sujet
18:43du grand récit
18:44que j'ai appelé
18:45l'art de relier
18:46et ça n'est pas pour rien
18:47parce qu'aujourd'hui,
18:48on est vraiment
18:48dans une société
18:49qui se fragmente,
18:50qui se fracture
18:51et on doit pouvoir réussir
18:52à coproduire des récits
18:54qui nous tiennent debout,
18:55qui permettent de recréer,
18:57retisser de la vision,
18:59du lien
18:59et du langage commun.
19:02Et de sortir de cet antagonisme politique
19:06dont vous parliez tout à l'heure,
19:08cet enjeu de transformation,
19:11de transition environnementale,
19:13ça devrait être,
19:13je vous dis,
19:14une sorte de bien commun,
19:15d'enjeu collectif,
19:17sauf que c'est devenu
19:18un enjeu de bagarre politique.
19:21Oui,
19:21alors je ne voudrais pas
19:21me lancer dans le sujet
19:22de la politique.
19:23Non,
19:23mais c'est d'autant plus important
19:26de porter ces arguments-là
19:29parce que ça peut avoir,
19:31j'imagine,
19:32des conséquences
19:32pour un business comme le vôtre,
19:33une entreprise
19:34qui va hésiter,
19:35je reste sur la communication,
19:37à finalement porter,
19:39assumer son action environnementale
19:41en se disant
19:41si je dis que je n'en sais rien,
19:46je source mon énergie,
19:48énergie renouvelable,
19:49éolienne,
19:50je vais peut-être avoir
19:51telle politique dans la région
19:53de telle usine
19:53qui va me dire
19:54mais les éoliennes,
19:54on ne l'en veut pas.
19:55Vous voyez ce que je veux dire ?
19:55C'est presque un engagement politique
19:57de la part d'une entreprise
19:58de parler de son action environnementale.
20:00Alors là-dessus,
20:00j'ai quelque chose à vous dire
20:02qui m'anime depuis quelques semaines,
20:04parce que c'est vraiment
20:05mon objectif de l'année,
20:07c'est,
20:08on a vu ce marché
20:09se normer,
20:11s'industrialiser,
20:13la norme de la CSRD,
20:15on a fait partie,
20:16donc tout ce qui se standardise
20:20s'industrialise,
20:22contribue à détruire le rêve.
20:25On a,
20:26pendant des années,
20:27couru après un grand rêve,
20:29l'accord de Paris,
20:301.5 au-dessus,
20:31il fallait les respecter,
20:32on avait un objectif collectif,
20:34et puis en même temps,
20:35c'était hyper excitant,
20:36parce qu'on apprenait tous
20:37en même temps,
20:38on construisait,
20:39on explorait,
20:40et aujourd'hui,
20:41maintenant,
20:41on nous demande essentiellement
20:43de remplir des cases
20:44et des datas.
20:44Notre métier à nous,
20:45communiquant,
20:46avec ma casquette
20:47de patron de l'agence Cidièze,
20:50est de rendre à nouveau
20:51la durabilité désirable.
20:54Et donc,
20:54c'est là-dessus
20:55qu'on va devoir travailler,
20:56je crois,
20:57et toute notre corporation
20:58doit travailler
20:59sur ce sujet,
21:01et ça va passer,
21:02à mon avis,
21:03surtout,
21:03par travailler
21:04le champ culturel,
21:06pour essayer
21:07de refaire,
21:09de reconnecter
21:10les attentes de l'externe
21:12avec la pression de l'interne,
21:14l'émotionnel,
21:15le rationnel,
21:16le terrain,
21:16le comex,
21:18tous ces enjeux-là,
21:19finalement,
21:20forment un grand tout
21:21qui est assez déconnant
21:23en ce moment,
21:24mais qu'on va essayer de...
21:25On est au chevet
21:26du lien social.
21:27Oui,
21:27une belle formule.
21:29Et alors,
21:30quel rôle vous jouez
21:30à l'intérieur du groupe EPSA
21:32pour porter,
21:33finalement,
21:34aussi,
21:34cette logique
21:35de transformation,
21:36de durabilité,
21:37de trajectoire carbone
21:39au sein d'un groupe
21:41qui est quand même
21:42un groupe imposant,
21:435 000 collaborateurs ?
21:44Oui,
21:44alors,
21:44le groupe EPSA
21:45nous a intégrés,
21:49il y a déjà de ça,
21:50trois ans,
21:51avec un objectif,
21:52déjà à l'époque,
21:53qui était que nous conduisions
21:55toujours nos missions
21:56de conseil et de transformation
21:57chez des clients,
21:58mais que nous devenions
22:00aussi le fil rouge
22:01de l'ensemble
22:02des métiers du groupe,
22:04qui est aujourd'hui
22:04une quarantaine
22:05d'offres de services
22:06différentes.
22:07Et nous,
22:07notre métier,
22:08maintenant,
22:09ça va être de prendre en charge,
22:10donc depuis cette année,
22:11nous prenons l'intégralité,
22:13on a beaucoup collaboré,
22:14avec Cédric Laroyenne
22:16qui était l'animateur
22:18du département
22:19engagement du groupe.
22:21Maintenant,
22:21nous reprenons l'intégralité
22:22des sujets de durabilité
22:25du groupe EPSA
22:25dans notre ligne de métier
22:26sur deux sujets.
22:28Le premier sujet,
22:28c'est l'exemplarité.
22:30Être exemplaire,
22:31c'est la caution pour...
22:34la caution confiance
22:35pour nos partenaires métiers,
22:37dans lesquelles on va rentrer
22:38les logiques de compliance.
22:40Et puis ensuite,
22:40il y a un autre sujet
22:41dont j'aimerais vous parler,
22:42mais je ne pourrais pas
22:42en parler trop
22:42parce qu'il est encore
22:43embryonnaire chez nous,
22:44on le lance au mois de février.
22:45C'est un sujet de transformation
22:46de certaines lignes
22:47de nos métiers.
22:49Sur le sujet
22:49d'exemplarité,
22:51et vous l'avez peut-être vu,
22:52on a publié déjà
22:53l'année dernière
22:53notre premier rapport
22:54de durabilité,
22:55audité volontairement.
22:56On n'a pas attendu la norme
22:59parce qu'une fois encore,
23:00pour nous,
23:00le reporting,
23:01c'est un exercice de lucidité.
23:03Et donc, du coup...
23:03Alors, ça veut dire quoi ?
23:04Des objectifs de réduction
23:05d'émissions carbone,
23:07de sourcing de l'énergie ?
23:09Alors, sur l'environnement,
23:10effectivement,
23:10le plus gros sujet
23:11chez nous, c'est le climat.
23:12On a une stratégie climat
23:15à maturité
23:16avec un objectif
23:17d'ici 2030
23:18de 52%
23:19en intensité de réduction
23:20de notre impact,
23:22avec un objectif
23:23de la neutralité
23:24de l'énergie
23:24que nous consommons,
23:26et puis avec
23:26je pense les achats
23:28comme levier principal
23:29de décarbonation.
23:31Ce sujet,
23:32il est bien traité.
23:33Nous avons même
23:34des galons
23:34qui valident
23:35un peu notre trajectoire,
23:36notamment le CDP
23:37où on a une note de B
23:38qui est une assez bonne note.
23:40Et puis après,
23:40en même temps,
23:41on a aussi,
23:42dans les galons,
23:43à ce niveau-là,
23:44sur les sujets
23:45d'exemplarité,
23:48confirmé,
23:49cette année,
23:49notre note
23:50de 83 sur 100
23:52sur le standard
23:54ECOVADIS
23:55qui nous met
23:55dans le top 1%
23:57avec une certification
23:59Platinum.
24:01Sur les sujets sociaux
24:02que je ne traite pas,
24:04qui sont pris,
24:04donc les sujets
24:05d'empreintes sociales,
24:06c'est hyper important
24:07parce que notre premier capital,
24:09nous,
24:09on est une licorne du Conseil,
24:10donc on n'a que des people
24:11très majoritairement,
24:12notre capital,
24:14il est humain.
24:16Donc veiller à une performance sociale,
24:18c'est s'assurer
24:18de notre performance économique.
24:19L'inverse serait dramatique
24:21et très contre-productif.
24:23Donc là-dessus,
24:23c'est très bien géré,
24:24on gère ça en bon père de famille,
24:26on est déjà à parité
24:27sur l'ensemble
24:28de nos 5000 collaborateurs,
24:31on a des sujets de QVT,
24:32des sujets d'inclusion,
24:33de santé mentale,
24:34de diversité,
24:35on a des sujets de formation,
24:37EPSA Campus
24:37qui porte de très beaux fruits,
24:39et tout ça,
24:40on l'a logé
24:41dans un programme
24:41qui s'appelle
24:41Harmony at Work,
24:43qui a été lancé
24:44début 2025
24:45et qui va continuer
24:46de s'étendre
24:46sur l'ensemble du groupe.
24:48Après, il y a le sujet
24:48de la gouvernance,
24:49donc l'ESG,
24:50c'est géré au plus haut niveau,
24:52c'est géré au board,
24:53je le représente
24:54au Global Management Committee,
24:57et la gouvernance,
24:58moi j'aime bien dire
24:59que c'est l'architecture
25:00invisible de la confiance,
25:02et donc il faut
25:03qu'on soit dans un dialogue
25:04permanent
25:05avec les associés du groupe,
25:06on est 100,
25:07avec nos partenaires sociaux,
25:09avec nos partenaires financiers,
25:10avec nos clients,
25:12avec nos prestataires
25:13que nous intégrons
25:14dans notre dynamique,
25:15pour que tout soit
25:17bien organisé,
25:18bien traité,
25:19bien géré.
25:19Merci beaucoup,
25:21Nicolas Perdri,
25:21et à bientôt
25:22sur BeSmart4Chain,
25:23c'est l'heure
25:23de notre rubrique
25:25start-up et innovation
25:27tout de suite.
25:27Sous-titrage Société Radio-Canada
25:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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