Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 semaines
Ce vendredi 9 janvier, Raphaël Legendre a reçu Denis Payre, président de Nature & People First, Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, et Rayan Nezzar, professeur à Sciences Po, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00BFM Business et la Tribune présente
00:07Les Experts
00:09Raphaël Legende
00:10Bonjour à tous, bienvenue dans Les Experts.
00:14Emmanuel Macron a choisi de prendre ses pertes sur le Mercosur.
00:18Il votera non mais l'Europe votera oui.
00:21Il affiche comme ça son impuissance en Europe
00:24pour éviter d'aggraver la crise politique et agricole en France.
00:28Résultat, un échec politique pour le Président de la République.
00:32Car la colère agricole, elle, ne s'éteindra pas avec un communiqué de presse de l'Elysée.
00:36Le débat est empoisonné depuis des années par le populisme.
00:40Une forme de populisme agricole, à droite comme à gauche.
00:43Aucun responsable politique n'a tenu de discours rationnels sur cet accord.
00:48Or, le Mercosur ne menace pas l'agriculture française.
00:52L'impact sur les importations de bœuf sera marginal
00:54et les normes sanitaires restent en place.
00:57La vraie crise est ailleurs.
00:59Perte de compétitivité, montée en gamme ratée et bureaucratie étouffante.
01:04Ironie finale, l'accord sera adopté sans la France.
01:07Et pendant que l'Europe résonne, merci l'Europe,
01:09notre classe politique, elle, a perdu la tête.
01:12Alors Mercosur, pourquoi tant de haine ?
01:14Ce sera le premier débat de l'émission ce matin.
01:16On va revenir aussi sur le plan de réarmement de l'Europe
01:19alors que Donald Trump vient d'annoncer une augmentation de 50% du budget
01:24de l'armée américaine d'ici 2027.
01:27Un budget qui passera de 900 à 1 500 milliards de dollars.
01:31C'est 4,6 points de PIB.
01:33Alors comment comptent-ils s'y prendre ?
01:35Et où en est l'Europe ?
01:35Ce sera le deuxième débat avec mes experts.
01:38Et puis on reviendra également sur le budget.
01:40Un compromis est-il possible ?
01:41Les discussions vont durer encore tout le week-end.
01:42Et puis ce chiffre sur les défaillances d'entreprises
01:46qui sont à un plus haut historique.
01:48Pourquoi ?
01:48On va tâcher de comprendre les causes
01:50de ces plus de 62 000 défaillances en 2025.
01:54Il est 10 heures passées de 1 minute.
01:56Nous sommes ensemble pour une heure de débat et de controverse.
01:59Vous êtes sur BFM Business et vous y êtes bien.
02:02C'est les experts.
02:02Allez, c'est parti.
02:06Les experts, débat et controverse sur BFM Business.
02:10Et pour parler de tout ça, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau
02:15Ryan Nezart.
02:15Bonjour Ryan.
02:16Bonjour.
02:17Professeur à Sciences Po.
02:18Face à vous, Denis Perre.
02:18Bonjour Denis.
02:19Oui, bonjour.
02:20Président de Nature et People First.
02:22Et Ludovic de Sauté.
02:23Bonjour Ludovic.
02:23Bonjour Raphaël.
02:24Directeur délégué de La Tribune.
02:25On va tout de suite commencer par le Mercosur.
02:28Après l'annonce d'Emmanuel Macron hier, il votera non.
02:32On a eu tous les tracteurs allés défiler.
02:35Toute la colère agricole qui est venue se déverser sur Paris hier.
02:38Emmanuel Macron, un peu contraint de dire non, car lui pense probablement que le Mercosur
02:44est un bon accord.
02:44Mais la situation politique est telle en France que la France sera contre l'Europe dans ce vote
02:51aujourd'hui.
02:53Emmanuel Macron parle d'un traité d'un autre âge.
02:56On a surtout l'impression que ce traité a rendu toute la classe politique complètement
03:01folle en France.
03:03Est-ce que c'est aussi votre avis, Denis Perre ?
03:06Je commence avec vous.
03:06Mon avis, c'est que la population agricole française, elle est effectivement en crise
03:12majeure du fait de problèmes français d'abord, de problèmes de compétitivité, de problèmes
03:16de surtransposition de directives européennes qui ont continué ces dernières années sans
03:21interruption sur la betterave, sur la noisette.
03:25On a perdu beaucoup de filières comme ça.
03:27On a perdu beaucoup de filières comme ça.
03:28On était le deuxième exportateur mondial il y a 25 ans.
03:31On vient de passer cette année à un milestone important où on n'est plus excédentaire.
03:36On n'était plus que grâce aux vins et spiritueux.
03:38On n'est plus du tout.
03:39On est déficitaire alors qu'on est un très grand pays agricole historiquement.
03:43Les Pays-Bas qui sont 14 fois plus petits que nous en surface exportent beaucoup plus
03:47que nous.
03:47Donc on a un problème fondamental en France qui est le problème français.
03:52En fait, l'agriculture, c'est le reflet du mal français, du drame français d'un pays
03:56sur-administré, d'un pays sur-fiscalisé et les produits agricoles, c'est des produits
04:00qui se différencient très difficilement.
04:02C'est très commodity, une betterave ou une noisette, c'est très compliqué de la
04:05différencier d'un pays à l'autre.
04:07Et donc, quand on interdit les produits phytosanitaires, qu'on fait chuter le rendement
04:12et qu'on a en plus des coûts bien plus élevés.
04:15L'Institut Molinari a montré il n'y a pas très longtemps qu'on payait 35% des impôts
04:19de production européens pour 18% de la production agricole européenne.
04:22Donc on a deux fois plus de taxes proportionnellement que les autres.
04:26Donc tout ça explique une crise agricole qui est majeure.
04:29Et donc le moindre accord de libre-échange susceptible de la déstabiliser un peu plus
04:34est perçu comme effectivement quelque chose de scandaleux, inacceptable, même si en
04:38l'occurrence, ce n'est probablement pas le cas.
04:39C'est vrai que ces polémiques, Ryan Esa, on les a à chaque fois sur ces traités
04:43de libre-échange.
04:44On l'a connu avec le CETA il y a quelques années, qui était le traité de libre-échange
04:47avec le Canada.
04:47Pourquoi les Français sont-ils aussi réticents à ces traités de libre-échange qui sont
04:54a priori plutôt positifs pour l'économie ?
04:58Alors Denis Per nous dit que c'est cause du mal-être français, de cause française.
05:02Votre analyse là-dessus ?
05:03Oui, c'est vrai que le CETA qui était, si on se souvient, l'accord conclu entre l'Union
05:07européenne et le Canada, il y avait eu les mêmes débats en fait.
05:10Moi j'étais, je travaillais à l'ambassade de France au Canada en 2014 au moment des négociations
05:15du CETA.
05:15Vous l'avez vécu de l'intérieur.
05:17Alors c'était la Commission européenne qui négociait.
05:20Moi j'étais auprès de l'ambassadeur français, donc je n'étais pas au cœur des
05:23négociations mais je les ai observées.
05:26Et c'est vrai qu'on avait ces débats sur des risques supposés d'importation de
05:31bœufs aux hormones, d'organismes génétiquement modifiés, tout ce qui est interdit, y compris
05:38des fausses informations, ce qui en fait est interdit et à la production et à l'importation
05:42dans l'Union européenne et des fantasmes sur les pertes potentielles pour l'agriculture
05:46et au sens large du secteur agroalimentaire français.
05:49Ce qui est intéressant c'est que sur le CETA on a maintenant quasiment 10 ans de recul.
05:52L'accord est entré en vigueur en 2017, donc on est quasiment à 10 ans de mise en œuvre.
05:58En fait le bilan est plutôt positif.
06:0030% d'augmentation du commerce entre la France et le Canada, 1 milliard d'augmentation
06:05des biens exportés par la France vers le Canada.
06:081 milliard d'augmentation des biens exportés vers le Canada.
06:11Alors que les importations augmentées de 800 millions, donc on est bénéficiaires nettes
06:15de 200 millions.
06:17Sur les services, on a un excédent de 1,1 milliard d'euros la France par rapport au Canada
06:22aujourd'hui, on a doublé les exportations depuis l'entrée en vigueur du CETA.
06:26Donc la France est globalement gagnante.
06:28Et il y a des secteurs, typiquement les vins, le champagne, les spiritueux, les fromages
06:32qui ont bénéficié de cet accord.
06:34Il y a d'autres secteurs qui sont plus en difficulté, typiquement le bois, le carton
06:38ou le...
06:40C'est-à-dire qu'il y a eu des gagnants et des perdants.
06:43C'est là où je veux en venir pour terminer sur le Mercosur, c'est qu'il y a toujours
06:46des gagnants et des perdants en accord commercial.
06:48Il faut aussi être honnête, vous appeliez à la raison, si on est rationnel, il faut
06:52regarder les plus et les moins.
06:53Globalement, le Mercosur n'est ni l'opportunité commerciale du siècle, si je puis dire, ni
06:59ce qui va en effet tuer l'agriculture française.
07:03On sait combien ça peut apporter au niveau macroéconomique pour la croissance ?
07:06Aujourd'hui, pour la France, c'est 5 à 6 milliards d'euros d'exportation, la zone
07:09Mercosur.
07:10On ne va pas doubler, mais mettons qu'il y ait une augmentation de 50%, ce que je dis
07:14est arbitraire, c'est potentiellement 2 milliards et demi, 3 milliards de hausse
07:18d'exportation.
07:18Oui, donc c'est 0 à 1 point de pique.
07:19Voilà, c'est un impact qui n'est pas nul, mais qui n'est pas non plus révolutionnaire,
07:24ce n'est pas ça qui va relancer l'économie ou l'agriculture française.
07:27Mais en revanche, il faut regarder dans le détail, il y a des secteurs qui en effet sont
07:30aujourd'hui par exemple en difficulté avec la guerre commerciale, ceux que j'évoquais,
07:35le champagne, le vin qui ont du mal à exporter aux Etats-Unis aujourd'hui.
07:38Et il y a surtout, structurellement, une dégradation de la compétitivité de l'agriculture
07:43française.
07:44On a perdu, l'agriculture française a perdu la moitié de ses parts de marché dans le
07:48monde depuis les années 2000.
07:50Et donc, ce n'est pas le Mercosur qui a créé ces difficultés, ce n'est pas non plus
07:53le Mercosur qui va les résoudre.
07:54L'agriculture française a perdu la moitié de ses parts de marché à l'international
08:00en 25 ans.
08:00On est passé de 9% à 5%, j'arrondis les chiffres, pardon, des exportations dans le monde.
08:04Bon, on est en train de vivre, Ludovic de Sauté, exactement la même histoire que ce
08:08qu'on a connu sur le CETA, c'est-à-dire instrumentaliser les peurs sur le bœuf au Normand qui reste interdit
08:14quand même sur le sol européen, parler d'invasion de viande brésilienne ou argentine, alors
08:21qu'on parle de 1,2% de la consommation totale du bœuf en Europe, c'est vraiment les mêmes
08:27ressorts qui se jouent là.
08:27C'est les mêmes ressorts et je rebondis sur ce que disait très justement Denis un instant,
08:31ce sont non seulement les mêmes ressorts, mais c'est les mêmes symptômes qu'on a rencontrés
08:35sur l'industrie, et ainsi de suite, et ainsi de suite.
08:37En fait, et là, la France qui est dans une posture politique, j'allais dire, là, c'est
08:41la journée Astérix Obélix, c'est-à-dire que c'est le village gaulois.
08:45Non, mais on y est, c'est-à-dire que c'est le village gaulois d'un pays qui commence
08:49à ne plus être de son époque, très sincèrement, au plan économique.
08:53Après, je rajoute un éclairage parce que ce que disait Denis à l'instant est très
08:57juste sur les questions de compétitivité, la structuration, on va dire, du monde agricole
09:01français, il y a aussi, parce que c'est ça aussi la France, des erreurs historiques
09:06faites, c'est-à-dire quand on décide il y a 20 ou 25 ans que la stratégie française
09:11c'est une montée en gamme, en gros, de devenir le Coco Chadel de la Batavia, et à un moment,
09:16ça a été une erreur manifeste.
09:18C'est une erreur, ce pays a fait une erreur.
09:20Ça a été une erreur, on n'a pas réussi.
09:22Non, c'est une erreur, c'est-à-dire que c'est une erreur parce que 98% de la consommation
09:26de la Batavia va se jouer sur le prix.
09:29Et honnêtement, Denis le disait très justement, c'est des produits qui sont très durs à
09:33différencier.
09:35Vous achetez un smartphone, vous pouvez comprendre qu'il y a des différences en termes de fonctions.
09:39Oui, et d'innovation, plus que sur une salade, on est d'accord.
09:42Il y a des différences, il peut y avoir des différences pour la santé, mais qui se payent
09:46à long terme.
09:47Il y a des différences de production, mais vous ne les voyez pas en achetant la Batavia.
09:50Oui, la fin du mois, après le domine en général.
09:52Il y a une erreur stratégique qui a été faite dans ce pays.
09:56On va finir par se demander à quoi servait le commissariat au plan, parce que ces erreurs,
10:00on les voit à répétition, et elles sont importantes.
10:03C'est-à-dire de se dire que la France, parce que le luxe, parce que pays de la gastronomie
10:08et autres, pouvait se permettre une stratégie différente de monter en gamme, extrêmement
10:13poussée par le vin spiritueux, qui marche comme ça, en partie.
10:17Mais c'est un ressort sur lequel, une fois de plus, ramener la Batavia, il ne fonctionne
10:20pas.
10:21Voilà, donc il faut gérer ça, il faut l'expliquer.
10:24Et à nouveau, on n'est pas dans la pédagogie, on n'est pas dans l'explication, on n'est
10:27pas dans le dialogue avec le monde agricole, on n'est pas en train d'expliquer qu'il
10:30y a un virage et qu'on devrait se serrer les coudes et se projeter dans le monde
10:34qui vient.
10:34Denis Père, c'est extrêmement juste.
10:35Et effectivement, c'est plus facile pour la classe politique de trouver un bouc émissaire
10:39facile, comme les Mercosur en disant, le danger c'est le Mercosur, le problème c'est le
10:43Mercosur.
10:43Le problème, il est chez nous et il est effectivement compliqué à résoudre, parce que le problème,
10:47c'est effectivement des erreurs stratégiques.
10:49Et puis c'est aussi tout le poids de l'État, c'est le poids des charges, c'est le poids
10:53des impôts, c'est la nécessité de réformer tout ça.
10:56Et ça, c'est très compliqué, aucun homme politique français n'a envie d'en parler.
10:59Et puis c'est quand même aussi, et ça, c'est plus facile à résoudre quand même,
11:01c'est encore une fois, c'est surtransposition de directives européennes où nos
11:05dirigeants agricoles français considèrent que certaines molécules doivent être interdites
11:10chez nous, et donc l'interdit chez nous, plutôt que d'aller convaincre, ce qu'ils
11:13devraient faire, c'est d'aller convaincre leurs obologues au niveau européen, nous on
11:17pense qu'il y a un vrai sujet, pour des raisons scientifiques, on prouve qu'il y a tel
11:20et tel problème, et donc au niveau de l'Europe, de ce grand marché unifié sans
11:25droit de douane, on décide d'interdire ces molécules.
11:30Mais en le faisant que chez nous, on crée un déséquilibre concurrentiel qui est absolument
11:33majeur, et donc on met nos agriculteurs dans une situation qui est juste intenable, qui
11:37est juste intenable, et donc il faut arrêter ça d'urgence, et ça c'est pas difficile
11:40quand même, ça c'est pas difficile à faire, et ça, ça n'a pas été.
11:42Ça demande du courage.
11:43Ça demande juste un peu de courage.
11:45Rien n'est à rien.
11:45Et juste pour nuancer sur un point, néanmoins, concernant la réaction des politiques en
11:50France.
11:51Il y a eu un débat, notamment porté par le Président de la République, sur la question
11:55des clauses miroirs.
11:56Est-ce qu'on peut pas, dans ce traité qui est Mercosur, introduire des protections
12:00pour éviter un dumping sur un certain nombre de normes sanitaires, environnementales, sociales ?
12:05Ce débat est quand même un débat légitime pour se dire que le libre-échange est créateur
12:09de richesses, mais encore faut-il que ce soit un libre-échange loyal, fondé sur des
12:13règles qui soient partagées.
12:14Mais est-ce qu'on n'a pas obtenu une info sur tous ces débats, nous ?
12:16En grande partie, pas en totalité, mais en grande partie.
12:19Mais je veux dire, c'est pas la même chose de dire, on est exigeant, nous la France,
12:22au niveau européen, et on veut pousser au plus loin la protection des agriculteurs dans
12:26le cadre d'un accord, que de dire de façon, et c'est effectivement ce qui a été dit
12:29par une grande partie de la classe politique française, de façon, je dirais, plutôt dogmatique,
12:34on est contre l'accord par principe.
12:36C'est juste cette nuance qu'il faut introduire, et il y a eu quand même dans le débat, si
12:39on est honnête, deux positions un petit peu différentes, entre, je vais pas les nommer,
12:43vous les connaissez, les partis politiques en question, mais entre des partis politiques
12:46qui ont été par principe contre l'accord dès le début, et des partis qui se sont
12:50plutôt battus pour la vie.
12:52droite, on a quand même vu toutes les réactions, de la France insoumise à LR, jusqu'au
12:57Rassemblement national, avoir des positions...
12:59Mais ce que dit Ryan est important, parce que j'allais dire, ok, on a le contexte politique
13:04de ce pays, mais néanmoins, il y avait une occasion, et qui aurait créé des vagues,
13:10de faire un acte pédagogique, au travers de dire, on ratifie Mercosur.
13:14C'est ça, ce courage dont on parle, qui n'a pas lieu en ce moment.
13:18Mais on a même créé les conditions d'un véritable bazar politique.
13:22C'est-à-dire, c'est de dire, oui, politiquement, c'est un geste compliqué, qui fait trembler,
13:26alors qu'il y a un ditracteur qui s'est rentré dans Paris, parce qu'on en est là, et...
13:31Mais il ne parle pas que du Mercosur, de tous les sujets qu'on dévoque, hein ?
13:33Mais de toute une filière qui est en souffrance, et je le dis vraiment avec empathie,
13:38mais il y avait une occasion, justement, peut-être en gérant des vagues,
13:41peut-être en ayant une séquence compliquée, on sait que l'hiver est toujours un moment
13:45un peu compliqué en agriculture, voilà, ok, c'est la vie, dans quelques semaines,
13:49il y a seulement l'agriculture.
13:51Il y avait l'occasion de provoquer ce débat, mais à nouveau, on pointe la fragilité politique
13:57de ce pays, le désalignement, c'est-à-dire, finalement, le risque derrière,
14:01c'est-à-dire, oui, si en plus le monde agricole s'enflamme,
14:04alors là, déjà qu'à l'Assemblée, on n'arrive pas à faire un budget,
14:06qu'est-ce qu'on va faire ensemble ?
14:08Si vous avez des questions, des réactions, n'hésitez pas sur mon compte Twitter,
14:11arrobase legenra, L-E-G-V-N-R-A, Denis Paire.
14:14Oui, moi je voulais ajouter aussi que ce qui est dommage, c'est que cet accord Mercosur,
14:17c'est peut-être un des premiers bons accords de libre-échange
14:20qui tient compte des déséquilibres, effectivement, de normes...
14:23On a pris le temps de le négocier, en tout cas, 25 ans de négociation.
14:25En 1999, effectivement, et il y a eu effectivement l'imposition
14:29de ces clauses miroir qui sont fondamentales.
14:30Moi, j'ai écrit un livre là-dessus sur, effectivement, le libre-échange
14:33que je qualifie déséquilibré ou sans éthique,
14:35et sans éthique, où on a mis en compétition des espaces économiques
14:39qui avaient des normes sociales et environnementales qui étaient complètement...
14:41La concurrence, c'est aussi une forme de level paying field,
14:43comme on dit en mauvais français.
14:44Exactement, et donc il y avait, moi, ce que j'appelais le triple dumping avec la Chine,
14:47ou des subventions massives de l'État chinois,
14:49et puis des différentiels importants de normes sociales et environnementales.
14:52Et donc là, il y a un vrai sujet.
14:53Là, en l'occurrence, avec le Mercosur, il y a eu, effectivement,
14:55l'imposition de clauses miroirs, il y a eu l'imposition de contrôles systématiques
14:59aux frontières, d'investigations dans les différents pays
15:02pour s'assurer qu'on respecte bien les normes européennes, etc.
15:05Alors après, il y a des questions légitimes sur l'efficacité.
15:08Oui, on a quelques doutes sur les contrôles, effectivement, dans certains pays,
15:11mais ça n'empêche pas de faire des contrôles à nos frontières, par contre.
15:13Exactement, mais pour une fois, je dirais, il a été réfléchi, construit intelligemment,
15:18donc c'est presque dommage que pour une fois qu'on a un corps de libre-échange
15:20qui est un tout petit peu équilibré et un petit peu respectueux de l'éthique européenne,
15:24en l'occurrence, il soit dénoncé de cette manière-là.
15:27Peut-être une question très rapidement avant qu'on passe au réarmement de l'Europe,
15:30question de souveraineté encore et toujours.
15:32Simplement, si on ne ratifie pas au Parlement français l'accord du Mercosur,
15:37qu'est-ce qui se passe ?
15:38Il y a deux accords, en fait.
15:39Il y a un accord de partenariat qui, effectivement, nécessite une ratification
15:44par les parlements nationaux pour entrer en vigueur dans chacun des États membres.
15:46Et il y a un accord purement commercial qui relève de la compétence exclusive de l'Union européenne.
15:51Et sa ratification, elle se fait au niveau du Conseil.
15:53Donc là, il faut une majorité.
15:55Et avec l'Italie et la Pologne, la France pouvait bloquer.
15:57Ce ne sera plus le cas, manifestement.
15:59Et ensuite, un vote du Parlement européen.
16:02Donc sur le volet commercial, c'est une compétence de l'Union européenne.
16:06Petit point, je rebondis sur ce que disait Mélique à l'instant.
16:09Parce qu'évidemment, et quand je le dis par rapport à mon agricole,
16:13qui a été placé dans une impasse, c'est-à-dire que les agriculteurs français
16:16travaillent merveilleusement, ont un souci de la qualité,
16:20c'est une filière d'excellence, mais qui est en perte de vitesse économique.
16:24Après, c'est la crédibilité même de l'État.
16:26C'est-à-dire que quand, depuis quelques jours, on voit,
16:29oui, mais on va filtrer avec des normes et des choses comme ça,
16:32rappelons-nous ce qui est arrivé sur Chine.
16:34C'est-à-dire, sur Chine, c'est quoi ?
16:35Ça fait des années qu'il y a des produits qui ne sont pas aux normes,
16:38qui rentrent dans ce pays.
16:39Donc, il y a un moment, c'est la crédibilité aussi de l'action de l'État qui est interrogée.
16:43C'est-à-dire que quand l'État dit, oui, mais on va filtrer les cerises
16:46qui ont ça, ça, ça et ça,
16:48aujourd'hui, l'histoire récente nous montre que la capacité des services publics
16:53à arrêter les choses, à les contrôler, elle est extrêmement faible.
16:58Donc, le débat est extrêmement mal posé.
17:00Bon, il faut qu'on avance.
17:02On n'a pas fini de parler du Mercosur, à mon avis.
17:05Pour parler armée, Donald Trump a fait des annonces spectaculaires,
17:09comme à son habitude, hier, sur le budget des armées aux États-Unis.
17:13Plus 50% du budget des armées là-bas.
17:18Est-ce qu'on peut d'abord voir comment il compte y arriver, tout simplement ?
17:22Parce que c'est quand même beaucoup d'argent.
17:24Je reprends les chiffres.
17:26Aujourd'hui, le budget militaire américain, c'est 900 milliards.
17:31Il veut le porter à 1 500 milliards d'ici 2027.
17:34C'est demain, avec un déficit qui est toujours de plus de 1 000 milliards de dollars.
17:40Donc, concrètement, comment on fait Ryan Nezard ?
17:42Où est-ce qu'il trouve l'argent ?
17:43En effet, déjà, pour repartir des éléments de contexte,
17:47aujourd'hui, le budget, quand je dis aujourd'hui 2025,
17:49c'était 900 milliards de dollars, le budget militaire américain.
17:52C'était déjà un budget plus élevé que la somme des budgets des 9 pays,
17:58des 9 puissances militaires suivantes.
18:00La Chine, l'Inde, la Russie, la France, bien sûr, le Japon, le Royaume-Uni, etc.
18:04Donc, c'était déjà de très loin le budget militaire le plus élevé au monde.
18:07Il passe à 1 000 milliards en 2026,
18:09avec le premier budget du mandat Trump 2,
18:12et donc l'annonce, c'est de le porter à 1 500 milliards dès 2027.
18:16Moi, j'y vois trois choses.
18:17La première, c'est d'abord un signal géopolitique.
18:20C'est-à-dire que la dernière fois que les États-Unis d'Amérique
18:23ont consacré autant d'efforts budgétaires à leurs armées,
18:27c'était durant la décennie des années 2000,
18:29à la faveur de deux engagements majeurs à l'étranger,
18:33l'Afghanistan et l'Irak.
18:34Donc, ça signifie, au plan géopolitique,
18:37qu'ils se donnent les capacités d'avoir d'autres interventions,
18:40d'autres engagements.
18:40Ça, c'est le premier point et qu'il faut prendre, je pense,
18:43très au sérieux de la part des Européens.
18:45Le deuxième, c'est comment il va y parvenir au plan budgétaire.
18:47Il y a deux options.
18:48La première, c'est de couper dans d'autres dépenses,
18:50et ça va être très difficile,
18:52parce qu'en fait, le budget de l'État fédéral américain,
18:55c'est en gros 2 000 milliards de dollars de dépenses
18:57qu'on appelle discrétionnaires.
18:58Donc, il va falloir qu'ils trouvent, qu'ils coupent 50 % des autres dépenses discrétionnaires.
19:03Ça veut dire des arbitrages violents dans les vétérans, les transports.
19:09On voit que ce n'est pas facile.
19:10L'autre option, c'est de créer de la dette.
19:12C'est peut-être en partie ce qui va se faire.
19:15Et le dernier point, il est plus politique, électoral.
19:18On est évidemment à quelques mois des élections de mi-mandat
19:20qui se tiendront en novembre pour l'élection des représentants à la Chambre
19:25et d'une partie des sénateurs.
19:27Le sujet, pour le président américain,
19:29c'est aussi d'envoyer un signal électoral
19:30et de dire, avec moi, le budget augmentera de 50 %
19:33aux démocrates ensuite de se positionner.
19:36Mais je pense qu'en tout cas, vu des Européens,
19:38il faut prendre ça très au sérieux.
19:40Et on en parlera sans doute,
19:41mais il faut que l'Union européenne muscle sa réponse
19:43et militaire, et industrielle, et géopolitique.
19:46On sait ce qu'il veut faire avec cet argent, Denis Perr ?
19:48Oui, il veut faire deux choses.
19:49Il veut faire le Golden Dome,
19:51qui est l'équivalent américain de ce que font les Israéliens.
19:52Il a été très impressionné par la question.
19:53L'Iron Dome, oui.
19:55Il va se protéger.
19:56Et il veut faire des...
19:56Donc un dôme de protection contre des antimissiles
19:59venant du sol, mais également des satellites,
20:03qui est forcément la menace qu'on a aujourd'hui.
20:06Et puis, il veut faire aussi des cuirassés,
20:08qui coûtent 9 milliards de pièces,
20:10au lieu de 2 milliards pour la génération,
20:11les cuirassés Trump, qui coûtent 9 milliards.
20:14Alors après, pour mettre quand même les choses en perspective,
20:17effectivement, vous l'avez rappelé justement,
20:20les 1 500 milliards,
20:21ces 4,6 points de pipe,
20:23c'est ce qu'effectivement,
20:24ils dépensaient dans la défense en 2011 et 2012.
20:27Mais c'est encore très inférieur à ce que les Américains dépensaient en 82,
20:30à la fin de la guerre froide,
20:32à la fin de l'ère Reagan,
20:33où ils étaient à 6,8 points de pipe.
20:35Donc c'est finalement révélateur,
20:38effectivement, d'un mouvement géopolitique qui est absolument majeur,
20:40qui est tout simplement la révélité avec la Chine.
20:42Enfin, c'est ça le sujet, le sujet majeur, c'est ça.
20:44Oui, il faut être clair.
20:44C'est que la Chine est la puissance émergente,
20:47qui défient les États-Unis,
20:48avec une capacité technologique phénoménale,
20:51avec une capacité d'exécution phénoménale aussi,
20:54qui fait que l'Amérique se sent aujourd'hui menacée,
20:57et décide effectivement de réagir.
20:59Donc c'est ça la logique.
21:00Après, la façon de le financer,
21:01oui, il y a tous les volets que vous avez évoqués,
21:03il y en a un autre qu'il a évoqué aussi,
21:04qui sont les fameux droits de douane,
21:06où il espère utiliser les droits de douane pour financer,
21:09mais avec, c'est pas suffisant,
21:11et puis avec des aléas...
21:11Il y a beaucoup d'utilisation pour ces droits de douane,
21:13parce qu'il veut aussi réduire le déficit.
21:15On va payer beaucoup de choses,
21:16faire un chèque exactement aux citoyens américains.
21:18Mais il y a effectivement une vraie menace chinoise
21:20qui est prise au sérieux.
21:21Face à ça...
21:22Et on verra ce que dit la Cour suprême aujourd'hui,
21:24qui plus est.
21:25Accessoirement.
21:25Ludovic de Sauté, où en est l'Europe face à ça ?
21:28On avait un grand plan annoncé il y a un an,
21:29vous allez me trouver défaitiste ce matin.
21:32C'est pas l'esprit qui m'anime.
21:34Non, c'est-à-dire que c'est...
21:35Je pense que ce qui nous unit,
21:36c'est d'être dans un constat
21:37et qu'on adorait fêter ensemble
21:39l'histoire économique et de réussite dans ce pays.
21:42Il y en a.
21:42Il y en a.
21:43Il y en a.
21:44Et sur ce continent.
21:46J'ai à dire, l'Europe...
21:47Alors, il y a des mots communs avec les États-Unis,
21:49mais il y a des mots qui sont plus forts ici.
21:51D'abord, pendant la situation de la France.
21:53Tout ça, on l'aborde avec un budget
21:54dont on parlera tout à l'heure.
21:56Mais voilà, donc les marges sont ce qu'elles sont.
21:58Mais c'est un premier phénomène.
22:01Et j'allais dire, peut-être plus grave aussi,
22:03c'est que peut-être contrairement aux États-Unis,
22:04l'Europe n'a pas encore compris
22:06si elle devait construire un dôme,
22:08contre qui elle le fait.
22:09Ce qui est le plus embêtant,
22:11parce que faire un dôme,
22:12c'est pas très compliqué,
22:13ça coûte de l'argent.
22:14Mais après, contre qui on oriente ?
22:16Et j'allais dire, aujourd'hui,
22:17l'Europe ne le sait même pas
22:19si elle doit l'orienter contre la Russie,
22:21ce qui serait le réflexe naturel,
22:23contre la Chine, ce qui est probable,
22:25voire contre les États-Unis,
22:26ce qui devient possible.
22:27Donc c'est un premier défi.
22:29Ça donne trois bonnes raisons
22:30de construire un dôme.
22:31Ceci dit, on les multiplie en ce moment.
22:33C'est pas le même.
22:34On n'a pas à faire en face
22:35à le même niveau technologique.
22:37On n'a pas à faire au même jeu stratégique.
22:40Et j'allais dire,
22:41pendant que les vraies questions sont là,
22:44avec des technologies de rupture,
22:46nous, on en a à se battre.
22:47Est-ce qu'il faut faire un avion européen,
22:50un scaf, tatati, tatata ?
22:52Alors que probablement, dans 30 ans,
22:53il n'y aura plus un seul pilote de l'armée,
22:55mais que des drones.
22:55On en est en train encore
22:58de prendre des photos-souvenirs
22:59un peu sépia du char Leclerc.
23:01Et ainsi de suite, ainsi de suite.
23:02Et de se dire,
23:03quelle bonne idée de faire un porte-avions.
23:05Voilà.
23:05Donc, en fait,
23:06il y a un énorme problème
23:08qui n'est pas spécifique à la France,
23:09à mon sens,
23:09mais qui est aussi européen.
23:11C'est que pour l'instant,
23:12notre logiciel de pensée,
23:14c'est pas juste une question d'argent.
23:16Le logiciel, la façon d'aborder,
23:18n'a pas été posé sur ce continent.
23:19Et ça, c'est bien plus grave
23:20quand on discute avec les stratèges,
23:22on discute avec les experts.
23:23Nous n'y sommes pas aussi.
23:25On a quand même des budgets
23:26en augmentation, globalement.
23:29Le plan REAMIU,
23:30c'était 800 milliards de mémoire.
23:33Oui.
23:33Ce qui est annoncé
23:34de la Commission européenne,
23:35c'était l'an dernier,
23:36au mois de mars,
23:36c'était effectivement 800 milliards.
23:38Alors, c'était un chiffre
23:39un petit peu gonflé
23:40à la testostérone,
23:41si vous me passez l'expression,
23:42parce que plus de trois quarts
23:43reposaient sur les budgets nationaux.
23:45Les efforts nationaux,
23:46mais c'est ça.
23:46Il n'y a pas véritablement
23:47de défense européenne encore.
23:48C'est ce que font les Allemands également.
23:51Et il y avait 150 milliards d'euros
23:53de prêts.
23:54Avec une innovation,
23:55c'est pour ça que,
23:56effectivement,
23:57l'Europe a du retard,
23:58mais il y a quand même
23:59des choses qui vont dans le bon sens.
24:00Une innovation qui était de dire
24:0165% des commandes
24:04doivent porter sur une préférence
24:06industrielle européenne.
24:07Ce qui pose la question
24:08de l'industrie de défense européenne.
24:09C'est la première fois
24:10que la Commission européenne accepte,
24:11ce qui a été d'ailleurs
24:12un combat pour le coup français
24:13depuis des années et des années.
24:15Donc, ça, c'était le plan
24:17qui avait été annoncé.
24:19En fait, il vient à peine
24:20de démarrer.
24:21C'est-à-dire que la Commission
24:22a présenté la répartition.
24:24Alors, la Pologne,
24:25je crois, est le premier bénéficiaire.
24:26La France pourrait toucher
24:27jusqu'à 16 milliards d'euros,
24:28ce qui n'est pas neutre.
24:29Mais les projets sont encore
24:31à développer.
24:32Il y a aussi, pour terminer,
24:33des motifs quand même
24:35d'espérance ou de réjouissance
24:37depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine.
24:41Il y a eu tout le plan sur,
24:42vous vous souvenez,
24:43le fait de booster
24:43la production de munitions.
24:44Absolument.
24:45Les obus de 50.
24:46Il manquait de temps.
24:47Et qui avait été lancé en 2023.
24:48Oui.
24:48Et l'objectif de se dire,
24:49il faut qu'on puisse produire
24:50chaque année
24:512 millions d'obus.
24:53Et en fait,
24:53cet objectif a été atteint
24:54l'an dernier.
24:55Donc, il y a quand même,
24:56sur la construction
24:57d'une Europe industrielle
24:59de la défense,
25:00des progrès.
25:00On est encore loin
25:01et en termes
25:02de volume financier.
25:04C'est aussi à la capacité budgétaire.
25:06Et en termes
25:06d'interopérabilité.
25:08Et ça, c'est...
25:09C'est un véritable sujet.
25:10Un des problèmes
25:10de l'industrie de défense européenne.
25:12On progresse.
25:13On n'a pas les mêmes normes.
25:13Il va falloir mettre
25:14un coup d'accélérateur.
25:15Encore une fois,
25:15on n'a pas les mêmes normes.
25:16Encore et toujours,
25:17ce problème de normes
25:17et d'unification
25:18du marché européen.
25:19Oui.
25:20Et puis, on aura des coûts
25:20plus élevés
25:21parce que chaque pays
25:21a ses chantiers navals
25:22et on ne veut pas renoncer,
25:24ce qui est assez compréhensible
25:25à sa force de frappe.
25:26L'un des pays
25:27veut conserver ses chantiers navals.
25:28Donc, quand les États-Unis
25:29en ont trois,
25:29on en a une quinzaine,
25:30je crois, au total.
25:31Donc, ça crée aussi
25:32des sources de coûts.
25:33Il n'y a pas d'économie d'échelle.
25:34Mais c'est vrai que l'effort
25:35a quand même été déjà substantiel.
25:36En France, effectivement,
25:37le budget de la défense
25:38est passé de 32 milliards,
25:41de mémoire, en 2017
25:42à de budget...
25:44À peu près doublé.
25:44Il aura doublé.
25:4568 milliards, pratiquement.
25:4668 milliards cette année.
25:48Donc, c'est considérable.
25:49Il a pratiquement doublé.
25:50Donc, l'effort, il est là.
25:51Après, ce qui manque surtout,
25:53c'est une Europe
25:54qui a une capacité,
25:56une crédibilité
25:57en termes de défense
25:59de façon autonome.
26:00Je veux dire,
26:00aujourd'hui,
26:01la défense européenne,
26:02c'est l'OTAN.
26:03C'est sous commandement américain.
26:05Quand est-ce qu'on crée
26:06un OTAN européen ?
26:08On a longtemps réfléchi
26:09à créer une armée européenne.
26:10Oui.
26:11On a essayé de faire
26:11des bataillons communs
26:12avec l'Allemagne, bilingues.
26:13Toujours été très compliqué.
26:14Mais ce n'est pas la bonne approche.
26:16Ce n'est pas la bonne vision.
26:17La bonne vision, c'est l'OTAN.
26:18C'est-à-dire un système
26:19interopérant.
26:21Chacun garde ses forces.
26:22Mais interopérant, effectivement.
26:24Et on ne cherche pas
26:24à mutualiser,
26:25à mélanger
26:26les équipes
26:28et les forces.
26:30Et donc, il manque
26:30effectivement un OTAN européen
26:32indépendant des États-Unis
26:33avec une capacité
26:34à se projeter.
26:35La crise avec le Groenland
26:37actuellement
26:37le montre très bien.
26:38Si l'Europe
26:39avait une crédibilité
26:41en termes de défense,
26:42il y aurait déjà
26:43un certain nombre
26:43de forces militaires
26:45qui seraient déployées
26:45près du Groenland
26:46pour dire à nos amis américains
26:47attendez, attention quand même,
26:48c'est chez nous.
26:50Et or, on n'est pas capables
26:50de le faire.
26:52Je vais un peu plus loin
26:53que Denis
26:54et ce défaitisme
26:55que je provoque
26:56dans une volonté de choc.
26:57Ce n'est pas un état de pensée.
26:59Il faut éveiller les consciences.
27:00Il faut éveiller les consciences.
27:01Non, mais c'est-à-dire
27:01que Denis dit quelque chose
27:02où on va aller jusqu'au bout
27:03de la pensée
27:04et qui me semble évident.
27:05C'est le rôle de l'Europe
27:07dans la défense.
27:08En fait,
27:09aujourd'hui,
27:10progressivement,
27:11de mois en mois,
27:12on voit qu'il manque
27:13une structure intermédiaire
27:14entre l'OTAN
27:15de la mort cérébrale
27:18et en train de sombrer
27:19dans un coma
27:19de plus en plus profond.
27:21Emmanuel Macron
27:22avait vu juste
27:23dans ce domaine-là.
27:23En 2019,
27:24dans un interview
27:25à The Economist.
27:26Ça a 6 ans déjà.
27:276 ans, 7 ans.
27:27Ce qui manque
27:28entre l'échelle nationale
27:30et l'OTAN
27:30qui était le parapluie suprême,
27:32on va dire,
27:33c'est l'Europe,
27:35au-delà de faire
27:35des contingents
27:36qui n'arrivent pas
27:37à se comprendre
27:38en termes de manœuvre
27:39parce qu'il y a
27:39des différences de langues
27:40et même de normes,
27:41c'est de dire maintenant
27:42si l'Europe
27:43veut rentrer dans le siècle
27:44qui est en train
27:45vraiment de débuter
27:45en 2025,
27:46elle doit aussi,
27:47c'est pas juste
27:48de la défense économique
27:49mais c'est aussi du militaire.
27:51C'est dit Zéro et Raymond Aron
27:52il y a plus de 50 ans
27:53ce qu'on n'a jamais réussi à faire.
27:54Mais ce qui est vrai
27:55c'est que le mandat
27:56aujourd'hui de l'Union Européenne,
27:57la Commission Européenne,
27:58c'est pas ça.
27:59C'est d'administrer
28:00les zones de libre-échange
28:00uniquement.
28:01Et donc il y a probablement
28:02effectivement de marquer
28:04une étape supplémentaire
28:05qui n'est pas facile
28:05à faire accepter forcément
28:06parce qu'il y a des enjeux
28:07de souveraineté,
28:08de qui décide,
28:08comment, etc.
28:09Mais c'est probablement
28:10une nécessité dans le monde actuel.
28:11L'ADN de construction
28:13de l'Europe dès l'origine
28:14était de faire la paix
28:15entre nous
28:16construit sur un partage
28:18de l'économie.
28:19Ces deux fondamentaux
28:20sont totalement pulvérisés
28:22dans le monde moderne.
28:22La défense de la paix
28:23y compris du droit international
28:24reposera sur la capacité
28:26des puissances démocratiques
28:28libérales
28:29à imposer justement
28:30leur puissance
28:31et pas que géopolitique.
28:32Dans le camp de Thomas Hobbes
28:33et plus d'Emmanuel Kant
28:34qui semble avoir été
28:35définitivement enterré
28:37en 2025.
28:37Non mais c'est ce qui permettra
28:38aussi de défendre
28:40le droit international
28:41à l'échelle internationale
28:42et pas que des paroles
28:43sur des plateaux télévisés
28:44comme celui-ci.
28:45Mais qui veut la paix
28:46prépare la guerre.
28:47Enfin, c'est vice-pacem
28:47par Abelou.
28:48C'est connu depuis l'Antiquité.
28:50Qui veut la paix
28:51prépare la guerre.
28:51On est obligé effectivement
28:52pour se défendre
28:53par rapport à des puissances
28:54hostiles comme la Chine,
28:55la Russie,
28:56malheureusement un peu
28:57les Etats-Unis
28:58certains jours sur le Groenland.
28:59Je pense que ça n'ira pas
28:59plus loin que des paroles.
29:01Mais on est obligé
29:02d'avoir une autonomie
29:03stratégique, militaire
29:05qu'on n'a pas aujourd'hui
29:05et effectivement l'Europe
29:06doit avoir un mandat
29:07dans ce domaine-là.
29:07Et pour préparer la guerre
29:08on a besoin d'argent
29:10et de finances publiques
29:11à l'équilibre.
29:12Ce qui n'est pas tout à fait le cas.
29:13Les discussions continuent
29:14à l'Assemblée nationale.
29:15On va en parler
29:16dans une minute
29:17après la coupure pub.
29:18Ne quittez pas.
29:24BFM Business et la Tribune
29:26présentent
29:27Les experts
29:28Raphaël Legendre.
29:29On est de retour
29:32pour la seconde partie
29:33des experts
29:33avec toujours en plateau
29:34Ryan Nezard,
29:35Denis Paire
29:36et Ludovic de Sauté.
29:37Ludovic,
29:37allez, je repars avec vous
29:38pour parler budget.
29:39Le budget qui est de retour
29:40à l'Assemblée nationale
29:41depuis hier matin.
29:43C'était en commission
29:44des finances.
29:45Les députés
29:46ont débattu
29:47toute la journée,
29:48ont voté
29:49ou rejeté
29:50beaucoup de mesures
29:52si on peut faire
29:53un petit résumé,
29:55un petit récap
29:55d'effets saillants.
29:57Parmi les mesures,
29:58enfin il y en a une
29:59qui est la principale mesure
30:00des plus marquantes.
30:01Dans ce qui a été recalé
30:02en l'état,
30:02puisqu'on n'est pas,
30:03le sketch va encore
30:04se consuivre
30:05dans les jours
30:06et les semaines
30:06et on espère
30:09le moins longtemps possible,
30:10on va dire.
30:12Il y a évidemment
30:13toute la surtaxe
30:14sur les entreprises
30:15et tout ça
30:15qui a été recalée.
30:16La surtaxe,
30:17à grande surprise.
30:18A grande surprise.
30:19On passe d'une surprise
30:20à une autre.
30:22Ça, c'était plutôt
30:23la bonne surprise
30:24pour les entreprises
30:25et pour la compétitivité française.
30:26Raphaël et moi,
30:27on est unis
30:28depuis le mois de septembre,
30:29c'est que le journalisme économique
30:31est du journalisme sportif.
30:32Oui.
30:32Voilà.
30:33Un nom à attendre.
30:33C'est un peu compliqué.
30:35Oui.
30:35Sauf que là,
30:36il y a plusieurs mi-temps.
30:36Oui, il y a des actions,
30:39il y a des nouvelles...
30:40Des coupures de jeu, parfois.
30:40Donc, c'est un peu compliqué
30:42et c'est une réalité
30:43et c'est malheureux
30:45parce que, j'allais dire,
30:46l'économie ne mérite pas ça,
30:48en fait,
30:48sur le fond.
30:49C'est-à-dire que
30:49ce n'est pas un jeu,
30:51justement.
30:52On est dans la réalité du monde.
30:54Après,
30:56ce qui m'inquiète un peu plus,
30:58encore une fois,
31:00c'est le fatalisme
31:02qui commence à entourer tout ça.
31:03C'est-à-dire qu'on sait
31:06qu'à la fin,
31:07il y aura quand même un budget.
31:09On sait qu'à la fin,
31:11le budget, honnêtement,
31:13ne sera pas bon.
31:14Honnêtement,
31:15il n'y a pas de victoire.
31:16En fait,
31:16on ne va avoir que des perdants.
31:17On le sait déjà.
31:18L'histoire peut être celle
31:21qu'on connaît tous.
31:25Et par rapport à ça,
31:26honnêtement,
31:28j'allais dire qu'on est rentré
31:31dans une logique
31:31où ça y est, c'est terminé.
31:32Il n'y a plus d'impulsion.
31:34Il n'y a plus de cap.
31:36On est presque,
31:37la France est dans une forme,
31:39c'est un peu violent ce que je vais dire,
31:41mais de mise sous tutelle.
31:42C'est-à-dire qu'on n'est pas loin
31:43d'une entreprise
31:43qui est dans un État
31:44où elle est en administration.
31:47C'est-à-dire qu'il n'y a plus de patron.
31:48Quand on est mise sous tutelle,
31:49en général,
31:50on redresse là-bas.
31:52En fait,
31:52je fais le parallèle
31:53de ce qu'est un pays
31:54avec une entreprise.
31:57Tout dans un pays
31:59ne doit pas être une entreprise.
32:00Ce n'est pas ma façon de penser.
32:01Mais en revanche,
32:02on voit ce muscle s'installer
32:04d'un pays qui,
32:06graduellement,
32:07maintenant,
32:07il n'y a plus de CEO.
32:09C'est ça,
32:10il n'y a plus de CEO.
32:11J'aime bien la thématique
32:12du renoncement.
32:13C'est vraiment ça.
32:13Il y a une capitulation.
32:15La seule variable d'ajustement
32:16face aux besoins
32:17de dépenses additionnelles,
32:18ne serait-ce que dans le militaire,
32:19effectivement,
32:20c'est l'augmentation des impôts.
32:22On n'a aucune autre piste
32:23qui est examinée.
32:25On a renoncé complètement
32:26à la dépense sociale.
32:28On a renoncé aux retraites.
32:29L'exception culturelle française,
32:30on part à la retraite à 32 ans
32:32et 9 mois.
32:33Quand le reste de l'Europe...
32:3362, 32,
32:34ce serait un peu tôt,
32:35à 62 ans et 9 mois.
32:37Et quand le reste de l'Europe
32:39part à la retraite
32:39à 66, 68,
32:41voire 62 ans au Danemark,
32:42la social-démocratie danoise
32:44qui, en 2040,
32:45va partir à 70 ans.
32:46Donc,
32:46on a complètement renoncé
32:47sur ce volet-là.
32:48Et puis,
32:48on a complètement renoncé aussi
32:50à la réforme de l'État
32:50qui est complètement indispensable.
32:52C'est une évidence.
32:53Les comparaisons européennes
32:54sont plus que flagrantes.
32:55On prélève 45 points de PIB
32:58quand la moyenne de l'Union européenne
33:00est à 40.
33:015 points de PIB de plus,
33:02c'est 150 milliards.
33:02Alors,
33:03pour, effectivement,
33:04financer nos retraites,
33:04mais aussi pour financer
33:05un État obèse,
33:07dispendieux,
33:09qui,
33:09encore une fois,
33:10toutes les comparaisons
33:10le montrent.
33:11Par exemple,
33:12l'OCDE a montré
33:13que dans la santé,
33:15dans les hôpitaux français,
33:17on a 35% du personnel
33:18qui ne vaut jamais un patient
33:19quand la moyenne
33:19de l'Union européenne
33:20est à 24.
33:20Et ça,
33:21on le retrouve
33:21dans toutes les administrations.
33:23Donc,
33:23qu'est-ce qu'on fait
33:23pour traiter ce sujet ?
33:25Et c'est un sujet
33:25qui est d'autant plus grave
33:26et prégnant
33:27que maintenant,
33:27il impacte aussi
33:28les personnels publics,
33:30les fonctionnaires eux-mêmes.
33:31Ils n'en peuvent plus.
33:32Ils réclament du sens.
33:33La paupérisation, très claire.
33:34Paupérisation
33:34et puis perte de sens.
33:35Enfin,
33:36je veux dire,
33:36les infirmiers,
33:36infirmiers passent leur temps
33:37à remplir des formulaires
33:38plutôt qu'à s'occuper
33:47pays qu'il n'est pas du tout.
33:48donc tout ça...
33:50Et qu'ils sont payés
33:50par la Sécu.
33:52C'est vrai,
33:52mais ils sont quand même
33:53indépendants.
33:54Oui, oui.
33:54Et donc,
33:56tout ça fait que
33:56effectivement,
33:58c'est déplorable.
33:59Enfin,
33:59c'est déplorable
34:00de se reposer
34:00que sur la hausse d'impôts
34:01et puis toujours sur les mêmes.
34:03C'est-à-dire,
34:03les hausses d'impôts,
34:04c'est facile,
34:04on le sait très bien,
34:05on va augmenter sur les entreprises.
34:06Alors, pour une fois,
34:07on a une bonne surprise,
34:08mais les entreprises,
34:08parce qu'elles ne votent pas.
34:09Oui, on n'est pas sûr
34:09que ça dure très longtemps.
34:11Mais ça ne dure pas,
34:11parce qu'elles ne votent pas.
34:12Et puis,
34:12sur les entrepreneurs,
34:13les riches,
34:14entre guillemets,
34:14l'autre bouc émissaire
34:15favori des Français,
34:16où on s'attend effectivement
34:17à une résurgence de l'ISF
34:19qui serait une folie pure.
34:21L'ISF qui a délocalisé
34:22des entrepreneurs
34:23pendant des années,
34:23à commencer par votre serviteur
34:24en 98,
34:27parce qu'on me réclamait
34:28un ISF impayable
34:29sur un patrimoine
34:29qui était...
34:30Et là,
34:30c'est un peu le retour de l'ISF.
34:31On a voté un durcissement
34:32de la fortune 1,
34:34productive.
34:35Oui, bien sûr.
34:35La fortune 1 productive,
34:36en plus investie dans l'immobilier,
34:37par exemple,
34:38c'est tout sauf un productif.
34:39Ça permet de loger.
34:40Dieu sait qu'on en a besoin
34:41aujourd'hui.
34:41Bien sûr,
34:42avec une crise du logement
34:43sans précédent.
34:44Enfin, je veux dire,
34:45on fait n'importe quoi.
34:46En matière économique,
34:47on fait n'importe quoi.
34:48Pourquoi ?
34:48Non, mais pourquoi ce décalage
34:49entre les besoins réels du pays
34:51et effectivement,
34:52le spectacle parfois navrant
34:54qu'on peut constater à l'Assemblée ?
34:54Pas mal de raisons.
34:55D'abord, je pense qu'une partie
34:56de la classe politique,
34:57malheureusement,
34:58est totalement ignat
34:59en matière d'économie.
35:00Quand on regarde le profil des gens,
35:01ce sont des gens
35:02qui n'ont jamais travaillé
35:03en entreprise,
35:03qui ne connaissent pas
35:04le monde de l'entreprise,
35:05pour beaucoup d'entre eux,
35:05pas tous,
35:06mais pour beaucoup d'entre eux,
35:07qui ont une relation compliquée
35:08au monde de l'entreprise,
35:09faite de beaucoup d'idées reçues
35:12sur l'entreprise,
35:14c'est le mal,
35:15c'est l'autre patron
35:16qui va exploiter les travailleurs.
35:18Moi, je l'ai vu
35:18quand j'ai quelques années
35:19avec Croissance Plus,
35:20on a fait venir
35:21dans nos entreprises
35:22des professeurs d'économie
35:24qui voulaient découvrir
35:24l'entreprise.
35:25Et très souvent,
35:26les gens ressortaient
35:27complètement impressionnés
35:28en disant
35:29mais en fait,
35:29je ne m'attendais pas du tout à ça.
35:31Finalement,
35:31le patron,
35:32il est très accessible,
35:34sa porte est ouverte.
35:35Et d'ailleurs,
35:35moi,
35:36j'ai envie de devenir proviseur,
35:37j'ai envie d'être manager aussi
35:38à mon tour.
35:39Ça provoquait d'ailleurs
35:40des évolutions de mentalité.
35:41Bref,
35:42donc une représentation
35:43qui n'est pas la bonne.
35:45Et puis,
35:46une partie de la classe politique
35:48qui est positionnée
35:49sur un discours simpliste
35:51sur le thème
35:52mais de toute façon,
35:53il y a des trésors cachés,
35:55il suffit d'aller chercher
35:55l'argent là où il est,
35:57il suffit de taxer les riches
35:58qui n'a aucun sens
36:00parce que l'ISF,
36:00quand même,
36:00se rappeler que l'ISF en 2017
36:02quand il a été supprimé,
36:03il rapportait péniblement
36:044 milliards d'euros
36:05et il délocalisait
36:06une grande partie
36:07de la force entrepreneuriale française.
36:09Donc,
36:09il ne rapportait rien du tout.
36:10Le déficit du budget de l'État,
36:11c'est 160 milliards.
36:13Qu'est-ce qu'on fait
36:13avec 4 milliards
36:14qui en plus détruisent l'économie ?
36:16Ça n'a aucun sens.
36:17Donc,
36:17on a une partie
36:18de la classe politique aussi
36:19qui cautionne,
36:20qui valide
36:20un discours
36:21complètement hors sol
36:23et qui fait que
36:25forcément,
36:26les Français s'interrogent.
36:27Une partie aussi,
36:27malheureusement,
36:28de la presse
36:28qui relaie ses discours,
36:29la presse publique,
36:31il faut bien le dire,
36:32qui soutient fortement
36:33ces discours-là,
36:34qui invite
36:34Gabriel Zuckman
36:36sans opposition
36:37pendant des mois,
36:38pendant des semaines,
36:39sur la moindre contestation
36:41pour aller proposer
36:42des choses
36:42qui sont complètement hors sol.
36:43Je pense que sur la taille,
36:44il y a eu suffisamment de débats
36:45et qu'on était suffisamment nombreux
36:47à montrer
36:47dans le débat public
36:49les limites de cette proposition.
36:50que ça a quand même été
36:51un débat pluraliste.
36:52Il a eu une tribune
36:53ouverte
36:54sur tous les médias,
36:55les grands médias
36:55de la République.
36:56Ce n'est pas le seul.
36:57Si on était à choisir
36:58qui a le droit d'intervenir ou non,
37:00je vais aussi mon avis
37:00sur l'autre côté du spectre.
37:02Il est en face de lui
37:03des gens qui lui répondent.
37:04Ça a été le cas,
37:05en fait.
37:06Il y a eu des débats.
37:07En tout cas,
37:09moi,
37:09je veux peut-être juste
37:10nuancer,
37:10quand même,
37:11encore une fois,
37:12sur le bilan
37:13de ces dernières années.
37:14Il y a eu quand même
37:15des périodes
37:16pendant lesquelles
37:17la France a su réduire
37:18le déficit public.
37:19Il ne faut pas non plus
37:22tout voir en noir.
37:23Je prends deux exemples
37:24de la période récente.
37:26Entre 2017 et 2019,
37:27avant le Covid,
37:28il y a eu quand même
37:29une baisse du déficit
37:30très franche.
37:31Il y a eu à la fois
37:32des vraies économies
37:33sur les dépenses publiques
37:34et des baisses d'impôts
37:36qui ont été financées
37:36à la fois pour les familles
37:38françaises
37:38et pour les entreprises.
37:40En 2024,
37:41au moment où il y a eu
37:42les premières alertes
37:42sur les finances publiques,
37:43il y a eu,
37:44je le dis d'autant plus,
37:46avec d'autant plus
37:46d'objectivité,
37:49que j'étais à ce moment-là
37:50conseiller à Matignon.
37:51On a fait 10 milliards
37:53d'euros d'économies
37:53dans les dépenses publiques
37:55en quelques semaines
37:55et ça a été suivi.
37:57Et donc,
37:57c'est possible.
37:58Donc,
37:58c'est possible.
37:59Simplement,
38:00si on regarde
38:00ce qui s'est passé
38:01dans le débat parlementaire
38:02actuel,
38:03le gouvernement est arrivé
38:04avec une copie budgétaire
38:06très ambitieuse
38:07de réduction franche
38:08du déficit public.
38:09On parlait de 40 milliards
38:10à l'époque.
38:11Avec, c'est vrai,
38:12des hauts d'impôts
38:13qu'on peut discuter,
38:14mais avec surtout
38:15des économies
38:16dans les dépenses.
38:17Que s'est-il passé
38:17tout au long
38:18des débats parlementaires ?
38:19Je prends le budget
38:20de la Sécurité sociale
38:21qui a été voté
38:22en fin d'année.
38:239 milliards d'euros
38:24de dégradation du déficit.
38:26Je prends la copie
38:27du budget de l'État
38:28qui a été voté
38:28par le Sénat,
38:2910 milliards d'euros
38:30de dégradation
38:31du déficit public.
38:32À chaque fois,
38:33les parlementaires,
38:34en l'occurrence
38:34plutôt côté
38:35Nouveau Front populaire
38:36et Rassemblement National
38:37refusent les économies
38:39budgétaires
38:39et ajoutent
38:40des hausses d'impôts.
38:41Donc, à un moment,
38:42il faut aussi s'interroger
38:43sur les choix collectifs
38:45qu'on fait.
38:46En l'occurrence,
38:46c'était les choix
38:47qui ont été faits
38:48souverainement
38:49au moment de la dissolution
38:50de l'Assemblée Nationale
38:51qui ont conduit
38:52à la situation actuelle.
38:53On a une situation
38:53où il y a une majorité
38:54de parlementaires
38:55qui ne veut pas faire
38:55d'économies budgétaires.
38:56On peut aussi s'interroger
38:57sur la responsabilité
38:58du gouvernement
38:59qui pilote
38:59les discussions budgétaires
39:00quand même
39:01et qui refuse
39:02toute responsabilité
39:03depuis le début
39:04en disant
39:04je vous laisse négocier
39:05à vous
39:06de trouver des équilibres.
39:08Ce n'est pas pour les défendre.
39:09Ils sont suffisamment armés pour ça.
39:11Mais ils n'ont pas
39:12de majorité absolue.
39:13Donc, je pense qu'il faut
39:13avoir aussi
39:15un regard circonstancié
39:17sur ce qu'on vit aujourd'hui
39:19qui, je l'espère,
39:20est une parenthèse,
39:21un pays dans lequel
39:22il n'y a pas de majorité
39:23à l'Assemblée Nationale
39:24dans lequel, en fait,
39:25globalement,
39:26l'économie est plutôt à l'arrêt
39:27mais ça n'est pas
39:29une situation inéluctable.
39:30Et je pense qu'il ne faut pas
39:30non plus que nous,
39:32dans ces débats,
39:32y compris,
39:33voilà, l'émission
39:33ça s'appelle les experts,
39:34qu'on désespère les Français
39:36en leur disant
39:36en fait, c'est structurel,
39:38on n'y arrivera jamais.
39:39Ce n'est pas vrai.
39:40Il y a des moments
39:40où on y est arrivé,
39:41simplement, c'est une question de choix.
39:43Ludovic, ce qui est Denis ?
39:44Ce n'est pas ma posture.
39:45Non, non, mais ni l'un ni l'autre.
39:47Je voulais revenir juste
39:48sur ce que disait Denis
39:48parce que ce n'est pas
39:49un réflexe corporatiste.
39:51Je pense que l'offre média
39:52n'influence pas
39:53ou trop faiblement,
39:55honnêtement,
39:55puisqu'il y a une émission
39:56comme Les Experts de qualité,
39:59le service...
39:59À diffuser de partout,
40:00à l'Assemblée nationale
40:01et bien au-delà
40:02dans toutes les écoles
40:03et les universités de France.
40:04Je pense que le service public
40:04fait son job à son auditoire,
40:06à son audience,
40:07les experts et tout ça,
40:08et que, j'allais dire,
40:10je n'ai pas envie
40:11de rentrer dans un monde
40:12où les journalistes
40:13seraient responsables de ça,
40:14les patrons seraient responsables
40:15de ça,
40:15parce que c'est exactement
40:16la même réflexe,
40:17où le politique
40:18serait responsable de ça.
40:19Voilà, juste ça.
40:20Je ferme cette parenthèse,
40:21mais je voulais le dire
40:22parce que ce n'est pas
40:23le monde que je souhaite
40:24et je pense que ce n'est pas
40:24le monde que nous souhaitons,
40:25quel que soit notre regard...
40:26On peut améliorer
40:27collectivement la situation.
40:28Après, sur le plan politique,
40:30alors je vais dire
40:31le contraire
40:32de ce qu'il vient de dire
40:32et d'énoncer.
40:34Le monde politique,
40:35il y a des gens de qualité,
40:36il y a des gens
40:37qui ont peut-être
40:37un problème de rapport
40:38avec l'économie et autres,
40:40mais ce monde politique,
40:42en tant qu'image,
40:43que construction qu'on en a,
40:44la grande défaite,
40:45on va dire,
40:46des deux dernières années,
40:47c'est qu'on s'aperçoit
40:48que quelle que soit
40:48la couleur politique,
40:50ils ne comprennent pas
40:51grand-chose
40:52à ce qui est en train
40:52de se passer.
40:53Avant, il y avait une image
40:54assez simple de dire
40:55oui, mais la droite
40:56est meilleure en économie,
40:57s'il connaît mieux et tout ça.
40:59Avec le budget, honnêtement,
41:00la démonstration est calamite.
41:01Un peu perdu, ça bougeait.
41:03Les années 2000
41:03dont on parlait,
41:04c'était un gouvernement
41:05plutôt de droite.
41:06Donc c'est ça la sanction.
41:08Quand on a vu tous ensemble
41:09le divorce du Medef
41:10fin août
41:11avec le patronat
41:12divorcé avec la classe politique,
41:14c'est de montrer
41:15et on connaît le risque là-dessus,
41:17c'est le risque de rejet
41:18avec des partis
41:19qui bénéficieraient du rejet.
41:20Donc n'alimentons pas ça,
41:22je suis entièrement d'accord
41:23avec Ryan
41:23parce que c'est quelque chose
41:24de toxique.
41:25Mais le monde politique
41:26a une énorme responsabilité
41:28par individuel.
41:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
41:30par un manque de courage,
41:32par sûrement un manque
41:33de compréhension
41:34et j'allais dire peut-être
41:35plus grave encore,
41:37le fait de ne pas avoir
41:38la bonne génération.
41:39C'est-à-dire qu'honnêtement,
41:40je pense que professionnellement,
41:42on peut tous être dépassé.
41:43Je pense que quelqu'un
41:44qui a travaillé sur Internet
41:45dans les années 2000
41:45peut être dépassé par l'IA aujourd'hui.
41:47Et c'est humain
41:49et c'est quelque chose.
41:49Eh bien, on affronte ça
41:51dans ce pays.
41:52On a une classe politique
41:53de qualité
41:54mais qui n'est plus
41:55exactement dans le logiciel actuel.
41:58Il y a des candidats
41:58qui sont très jeunes.
42:00Ce qui est en réunion
42:00potentielle de 2027.
42:01Je suis passé en taxe
42:02par des candidats
42:03très qualifiés.
42:04C'est vrai aussi.
42:05Ce n'est pas un gage
42:06de qualité.
42:06Ryan, vous le savez,
42:09pour rentrer dans cet écosystème,
42:11il faut bosser.
42:12Il faut bosser,
42:13il faut aller à la rencontre
42:14des patrons,
42:14il faut aller à la rencontre
42:15des salariés,
42:15il faut aller sur le terrain,
42:16dans les usines,
42:17dans les fermes.
42:18Il faut bosser.
42:19C'est en politique
42:19comme dans d'autres secteurs
42:21d'activité.
42:22Et on va évidemment
42:23se rejoindre sur un point.
42:25Ce qui, moi,
42:25me frappe,
42:27et ce n'est pas de façon
42:28généralisée,
42:29c'est là où il faut quand même
42:29introduire une nuance,
42:30mais c'est,
42:31chez beaucoup de responsables
42:32publics au sens large,
42:34un manque de compréhension
42:35des enjeux économiques
42:37comme des enjeux géopolitiques
42:38dont on parlait tout à l'heure,
42:39alors que le monde qui arrive
42:40est effectivement très violent
42:42et très brutal
42:42pour ma génération.
42:44Et donc,
42:44on ne se sent pas représentés
42:45dès lors qu'on a
42:46des représentants publics
42:48qui ne sont pas connectés
42:50à ces questions
42:50et n'apportent pas
42:51les bonnes réponses.
42:52Encore une fois,
42:52ce n'est pas une fatalité.
42:54Et celles et ceux
42:54qui se plaignent
42:56du manque de représentativité
42:57et du manque de connexion,
42:59il faut aussi les engager
42:59à s'engager
43:00et à prendre leur part
43:01dans ce débat public.
43:02Une émission constructive.
43:03Denis,
43:03il ne s'agit pas
43:06de stigmatiser
43:06tel ou tel.
43:07Les patrons ont aussi
43:09leur propre responsabilité
43:10dans la situation actuelle.
43:11La pédagogie n'a pas été faite
43:12non plus,
43:12de façon suffisamment efficace.
43:14La responsabilité,
43:14elle est complètement collective,
43:15bien entendu.
43:17Et effectivement,
43:18il y a heureusement
43:18de très bonnes émissions
43:19comme les experts.
43:20Et d'autres d'ailleurs,
43:21par ailleurs,
43:21qui font un excellent travail
43:22de pédagogie.
43:23Donc tout ça,
43:23c'est très très bien.
43:24Moi, je voulais revenir juste
43:25quand même sur le sujet
43:26que vous évoquiez
43:26sur les baisses
43:28de dépenses publiques,
43:29la plus grande efficacité.
43:30Il y a eu effectivement
43:30quelques périodes
43:31et effectivement,
43:32il faut s'en inspirer.
43:34Il y a eu la RGPP
43:35qui a été intéressante.
43:38Nicolas Sarkozy.
43:39Nicolas Sarkozy,
43:39qui était intéressante.
43:40C'est peut-être la première fois
43:41qu'on a réussi
43:41à baisser le nombre
43:42de fonctionnaires.
43:43Alors ça a été fait
43:44de façon brutale,
43:45top down,
43:47par les anglais,
43:48très centralisée,
43:49autoritaire.
43:50Ce n'est probablement
43:50pas la bonne approche.
43:51Il faut probablement
43:51donner la parole
43:52à ceux qui font,
43:53les laisser suggérer
43:55des pistes d'amélioration.
43:56Il y a eu une expérience
43:57qui est très intéressante
43:57qui a eu lieu
43:58d'ailleurs à peu près
43:58à la même époque
43:59où l'AGIR Carco,
44:00qui était présidé
44:01par un monsieur
44:01qui s'appelle Philippe Vivien
44:02à l'époque,
44:05qui est un organisme paritaire
44:06qui gère
44:07les retraites complémentaires
44:08obligatoires,
44:09est arrivé au constat
44:10dans un consensus
44:10d'ailleurs intéressant
44:11entre patronat syndicat
44:12puisque c'est dirigé
44:13par le patronat syndicat
44:14en disant
44:14on dépense trop,
44:15ce n'est pas sérieux,
44:16on a l'infrastructure
44:17qui explose,
44:18ce n'est pas raisonnable.
44:20Et ils avaient un budget
44:21de 1,2 milliard
44:23et en deux ans
44:25ils ont trouvé
44:26200 millions d'économies.
44:27200 millions d'économies.
44:28Et comment ils ont fait ?
44:29Ils ont réuni
44:30les collaborateurs,
44:31ils ont expliqué
44:31les enjeux,
44:32ils ont donné la parole
44:33à ceux qui font réellement
44:34et ils ont trouvé
44:35des tas de pistes
44:36d'économies
44:37et quand on interroge
44:38Philippe Vivien
44:38il dit
44:39ben moi
44:39les 100 premiers millions
44:40en fait
44:41personne ne s'en est rendu compte.
44:42Personne ne s'en est rendu compte.
44:43Et les 100 millions suivants
44:45on s'en est à peine rendu compte.
44:46Donc 220 millions
44:47c'est quand même 17
44:48sur 1 milliard 2
44:48c'est quand même 17%.
44:49C'est quand même 17%.
44:50ils ont trouvé en 2 ans 17%.
44:52Mais c'est le principe
44:52de Cap 2017
44:53à l'arrivée de
44:55Cap 2022 pardon
44:56à l'arrivée
44:57d'Emmanuel Macron
44:58quand il a été élu.
45:00C'est complètement parti
45:02dans les limbes.
45:02C'est-à-dire
45:02quand on demande
45:03à l'administration
45:04de réduire ses coûts
45:06et parfois
45:06s'il y a la branche
45:06sur laquelle elle est assise
45:07on arrive rarement
45:09à des résultats
45:09s'il n'y a pas
45:10d'impulsion politique.
45:11On est aujourd'hui
45:12en train d'avoir
45:13une campagne municipale
45:14je ne vais pas prononcer
45:15sur les candidatures
45:16à droite ou à gauche
45:17mais je trouve assez frappant
45:19d'observer
45:19que des candidats
45:20qui viennent de la gauche
45:21ou des candidats
45:22qui viennent de la droite
45:23multiplient des promesses
45:23de dépenses nouvelles
45:24pendant leur campagne.
45:26Un grand classique
45:26de la politique.
45:27Dans une grande métropole
45:28que je ne citerai pas
45:30vous avez un candidat
45:30qui est marqué de droite
45:33qui nous explique
45:34qu'il va rendre
45:34les services publics locaux
45:35gratuits.
45:36C'est toujours
45:36quelqu'un qui paye.
45:38C'est pas l'usager
45:38c'est le contribuable.
45:40Et donc
45:40ça veut quand même dire aussi
45:42qu'il faut que collectivement
45:44responsable public
45:45mais aussi
45:45en tant que citoyenne
45:46et citoyen
45:47on se rende bien compte
45:48de la rareté
45:50de la ressource
45:50publique
45:51du fait que
45:52chaque dépense
45:53est financée
45:54et si c'est pas financé
45:55par nos impôts
45:56nos taxes
45:56nos cotisations
45:57c'est financé par la dette
45:58donc les impôts
45:59les taxes
45:59et les cotisations
45:59de nos enfants
46:00et de nos petits-enfants
46:01et que finalement
46:02ce débat public français
46:03alors c'est peut-être
46:03un vœu pieux
46:04mais gagne en maturité
46:06sur ces questions-là
46:07et gagne en sérieux
46:09et en respect
46:09de la vérité
46:10et aujourd'hui
46:11c'est vrai que
46:12il n'y a pas encore
46:13cette exemplarité
46:13partout dans le débat public
46:14donc merci de la permettre
46:16dans notre émission
46:17mais elle n'est pas présente
46:18partout.
46:19Denis ?
46:19Oui je voulais juste revient
46:20sur effectivement
46:21ce qui a manqué
46:23peut-être
46:23Emmanuel Macron a fait
46:24des choses remarquables
46:24au début de son premier mandat
46:25il y a eu de très bonnes décisions
46:26qui ont été prises
46:27pour lesquelles j'avais
46:27moi-même milité
46:28la barémisation
46:29des indemnités de licenciement
46:30la baisse effectivement
46:31des impôts de production
46:32le PFU etc
46:34il y a eu de très bonnes choses
46:34qui ont dynamisé l'économie
46:36de façon considérable
46:36mais il y a un sujet
46:37sur lequel il est
46:38malheureusement
46:39il n'a pas suffisamment travaillé
46:40c'est la réforme de l'État
46:41et c'est
46:42vous vous rappelez de la promesse
46:42de la baisse
46:43de 130 000 postes
46:45de fonctionnaires
46:46sur son mandat
46:47je vous rappelle que
46:47chaque année
46:48on a quand même
46:49150 000 fonctionnaires
46:50qui partent à la retraite
46:51ils ont tous été
46:53renouvelés depuis 2017
46:54et on en a même rajouté
46:55c'est l'essentiel
46:56des créations de postes
46:56dans les collectivités locales
46:58oui
46:59au final
47:00c'est quand même aussi
47:01la responsabilité de l'État
47:02d'essayer d'imposer
47:02d'imposer des normes
47:04d'imposer
47:04de respecter
47:06un certain nombre de critères
47:06on lui dit
47:07qu'il est trop autoritaire
47:08oui mais enfin
47:09sur des sujets
47:09non et puis c'est pas que
47:10c'est pas que
47:11ça a quand même augmenté
47:12aussi dans les services de l'État
47:13mais c'est vrai que le plus gros
47:13c'était
47:13c'était stable dans l'État
47:14et c'était aussi
47:15au niveau de la santé
47:16la santé publique
47:17a aussi bénéficié
47:17de la création de postes
47:18je pense que c'est plutôt
47:19sur les collectivités
47:19il y a aussi 35% du personnel
47:21qui voit jamais un patient
47:22ça on n'y a pas touché
47:23attention avec cette donnée
47:23il y a 10% du personnel administratif
47:26les autres dont vous parlez
47:27c'est des personnels
47:27qui ne sont pas
47:28effectivement forcément médicaux
47:29mais dedans il y a
47:30les aides-soignants
47:30il y a les infirmiers
47:31il y a des personnels techniques
47:33qui sont utiles
47:33pour le soin au patient
47:35sur les personnels administratifs
47:36on peut sans doute
47:37faire des gains de productivité
47:38avec l'IA etc
47:38mais attention avec ces stats
47:40parce qu'il ne faut pas
47:41donner l'impression
47:41qu'il y a un...
47:42mais on dit souvent
47:42effectivement que c'est
47:4325% en Allemagne
47:44et 33% sur 3 en France
47:47l'addition des choux et des carottes
47:49les personnels purement administratifs
47:51c'est bien l'expliquer
47:51dans la fonction publique hospitalière
47:53c'est 10% en France
47:54et c'est plutôt stable
47:55alors ça ne veut pas dire
47:56qu'on ne peut pas faire des économies
47:57attention
47:57mais c'est plutôt stable
47:58c'est pas ça qui explose
47:59c'est le personnel de support
48:00effectivement
48:01ça n'est pas que l'administration
48:02c'est le personnel de support
48:02c'est intéressant
48:03et quand vous regardez
48:05les hôpitaux
48:06les hôpitaux privés français
48:07comme Saint-Joseph par exemple
48:09ils sont au niveau de l'Allemagne
48:10le problème c'est l'hôpital public
48:12et ce sujet n'a pas du tout été traité
48:13or il y a des leviers considérables
48:15et des leviers qui peuvent être traités
48:17de façon intelligente
48:17par exemple
48:1810% d'économie
48:20sera reversée
48:21à l'augmentation des salaires
48:22parce qu'on sait qu'en plus
48:23nos fonctionnaires sont plutôt sous-payés
48:24donc on pourrait reverser 10%
48:26aux fonctionnaires eux-mêmes
48:27sous la forme de primes variables
48:28enfin il y a des tas de choses
48:29à imaginer
48:30qui n'ont pas du tout été faites
48:31malheureusement
48:31il n'est pas trop tard d'ailleurs
48:32le mandat n'est pas terminé
48:33il n'y en a pas encore
48:34il faut qu'on avance
48:35il faut qu'on avance
48:36on va terminer avec ce chiffre
48:38assez inquiétant
48:3963 1112 procédures collectives
48:42ont été ouvertes par des entreprises
48:44en difficulté
48:45en France l'année dernière
48:46ce sont les dernières données
48:47du conseil national
48:48des greffiers
48:49des tribunaux de commerce
48:51on est tout simplement
48:52c'est un hausse de plus de 6%
48:53on est tout simplement
48:54à un plus haut historique
48:56en termes de faillite
48:57et il y en a eu des retentissantes
48:58ces derniers jours
48:59ces dernières semaines
49:00Brandt, ACI
49:01Arc International
49:03tout récemment
49:05qu'est-ce qui se passe Ludovic ?
49:07Est-ce que vous pouvez nous expliquer
49:08les cours de cette exposition ?
49:11parce qu'il faut regarder après
49:12les secteurs et la typologie
49:13des entreprises
49:13parce qu'il y a beaucoup
49:14de petites entreprises là-dedans
49:16mais ça reste un indicateur
49:17pour autant
49:18c'est pas parce que
49:19c'est la petite entreprise
49:19que c'est pas grave
49:20parce que beaucoup
49:21de petites entreprises
49:22ça finit par faire
49:23la grosse entreprise
49:24donc ok
49:24d'ailleurs
49:26au sens macro
49:27d'abord c'est
49:28on est sur la fin
49:30et la facture du quoi
49:31qu'il en coûte
49:31maintenant on est dans
49:32le quoi qu'il en ferme
49:33donc ok
49:33donc c'est
49:34on est honnêtement
49:36on est en train de rentrer
49:37alors il y a une partie
49:39donc c'est la queue de comète
49:40encore des aides Covid
49:41c'est ce que vous nous dites
49:42c'est la queue de comète
49:42mais j'allais dire surtout
49:43que l'économie
49:45de Nielsen
49:46l'économie
49:47il y a quelque chose
49:48de darwinien
49:48c'est-à-dire que
49:49les éléments fragiles
49:50vont par des forces centrifuges
49:53oui les entreprises
49:54peuvent et parfois
49:55doivent mourir
49:56c'est aussi la vie de l'entreprise
49:57il y a défaillance
49:57et défaillance
49:58merci pour ce commentaire
49:59mais il y a la défaillance
50:00au sens où c'est l'histoire
50:01il y a une mauvaise gestion
50:03le marché a évolué
50:04il y a eu des erreurs
50:05de peu importe
50:06ok
50:07et il y en aura toujours
50:08il y a ce qu'on appelle
50:09les entreprises zombies
50:10oui
50:11les entreprises zombies
50:12c'est-à-dire les entreprises
50:12qui ont été en gros
50:14biberonnées à l'aide Covid
50:16et qui auraient probablement
50:18été à un moment ou à un autre
50:20se seraient arrêtées
50:21depuis 2020
50:22et qui ont eu un prolongement
50:24une sorte d'années supplémentaires
50:27pour résumer
50:28qui étaient des années factices
50:29ce qui m'inquiète davantage
50:31dans les chiffres qui sortent
50:33au-delà du volume
50:33c'est qu'on commence à voir
50:36poindre une nouvelle
50:37une nouvelle typologie
50:38d'entreprise qui est atteinte
50:39c'est-à-dire que ça commence
50:40à toucher les moyennes
50:41et grosses entreprises
50:42et ça c'est le problème
50:43parce que jusqu'à maintenant
50:45on pouvait dire
50:46on était dans une purge
50:48plus une mécanique de roulement
50:49avec on va dire
50:51quelque chose
50:51la vague du Covid
50:53qui se décalait dans le temps
50:54
50:55ça commence à atteindre
50:57des entreprises
50:58on cite il y a un instant
50:58Raphaël
50:59des entreprises
51:00qui commencent à faire
51:01oui il y a l'arc international
51:02c'est pas une petite entreprise
51:03il y a des fragilités
51:04qui ne sont pas les mêmes
51:05et tout ça
51:05mais je pense qu'aujourd'hui
51:07aussi bien dans le patronat
51:09que dans le monde
51:10des salariés
51:11et tout ça
51:11des choses
51:12on l'entend
51:13et on le voit
51:14et dans les échanges
51:15ça commence à être compliqué
51:17dans pas mal de boîtes
51:18et il n'y a pas que juste
51:20un problème budgétaire
51:21et d'économie
51:21ça commence à être compliqué
51:22il y a le géopolitique
51:23je vous vois
51:24opiner du chef
51:25Ludovic a raison
51:26d'abord sur la destruction créatrice
51:28on a même un prix Nobel
51:28d'économie française
51:29sur le sujet depuis cette année
51:31Philippe Aguiron
51:31un vité régulier des experts
51:33on peut s'en féliciter
51:34sur ce phénomène aussi
51:36il y a effectivement
51:37malheureusement
51:38le sujet dont on parlait
51:39en ouverture
51:40sur la compétitivité du pays
51:41qui est un drame
51:42aujourd'hui
51:42pour les agriculteurs
51:43et puis évidemment
51:44pour les industriels
51:45en particulier
51:45qui sortent à une concurrence
51:47frontale
51:47pas juste chinoise
51:48mais juste
51:48de nos voisins européens
51:50et on le sait bien
51:52on a un problème
51:52de compétitivité
51:53qui a été dénoncé
51:54d'ailleurs il n'y a pas très longtemps
51:55par le président de Michelin
51:56devant l'Assemblée Nationale
51:57et qui expliquait très bien
51:59c'est très concret
51:59il parlait de l'Allemagne
52:00mais c'est valable aussi
52:01pour les pays voisins
52:02il disait voilà
52:02quand on rémunère
52:03un salarié
52:04140 en France
52:06il va toucher 70
52:09quand on recrute
52:10le même salarié
52:11en Allemagne
52:12en Espagne
52:13ou en Italie
52:13on va le payer
52:14120 ou 130
52:15au lieu de 140
52:15et il va toucher
52:1680 ou 80
52:17Le MEDEF a mis un comparateur
52:18de salaires comme ça
52:19très intéressant sur leur site
52:20je vous conseille
52:20d'aller faire le test
52:21pour comparer
52:22Italie, Espagne, France
52:23Le MEDEF fait un excellent
52:25boulot de pédagogie
52:25d'ailleurs à ce sujet-là
52:26il faut le dire
52:26pour Italie
52:27ça c'est très bien
52:27le MEDEF sait faire son travail
52:28de pédagogie
52:29effectivement
52:29et donc c'est un vrai sujet
52:31on voit bien que la sphère publique
52:32absorbe une quantité
52:34beaucoup trop importante
52:35de création de richesses
52:36et ça c'est la raison
52:37effectivement
52:37de ces défaillances
52:38d'entreprises
52:38de taille intermédiaire
52:40industrielle
52:41qui disparaissent
52:41parce qu'elles sont
52:42plus concurrentielles
52:42plus compétitives
52:43Rian Nezard
52:43est-ce que l'État
52:44a bien géré
52:45cette crise Covid
52:45en termes d'aide ?
52:48Alors oui sur le moment
52:53de vue des finances publiques
52:54et d'un point de vue
52:54plus économique
52:55il aurait fallu
52:57couper le robinet
52:58si je puis dire
52:58plus rapidement
52:59J'ajoute que
53:02c'est pas la même cause
53:02mais le bouclier énergie
53:03qui a été une erreur
53:04Je l'inclus dedans
53:05mais justement
53:06c'est qu'en fait
53:07ça a duré jusqu'à
53:08fin 2023
53:09en réalité
53:10et c'était en partie
53:12nécessaire
53:13des pays qui ne l'ont pas fait
53:14ont connu
53:14moins de création de richesses
53:16Oui
53:17mais peut-être
53:19deux apports
53:21sur la question
53:21des défaillances
53:22il y a en effet
53:22plus de 60 000 défaillances
53:24sur les 12 derniers mois
53:25on est sur un niveau
53:27très élevé historiquement
53:29Il faut peut-être rappeler
53:30le chiffre classique
53:32n'est pas non plus
53:33on est autour de 50 000
53:34Oui
53:35entre 50 et 60 000
53:36sur les 10-15 dernières années
53:39Mais en fait
53:40mon point c'est que
53:40il faut faire juste attention
53:41à ce chiffre
53:42qui est une valeur absolue
53:43il faut aussi le mettre en regard
53:45des créations d'entreprises
53:46il y a plus de 1 million
53:471 million 100 000
53:48créations d'entreprises
53:49sur les 12 derniers mois
53:50Oui
53:50avec beaucoup d'auto-entreprises
53:51quand même
53:52mais aussi beaucoup
53:53de micro-entreprises
53:53dans les défaillances
53:54Donc il faut quand même
53:55mettre en regard ces chiffres
53:57Oui
53:57Non mais ça donne les ordres
53:58de grandeur effectivement
53:59Que les deux augmentent
54:00à mesure que l'économie française
54:02croit
54:02ça ne veut pas dire
54:03qu'il n'y a pas un problème
54:04et c'est là
54:04mon deuxième point
54:06Moi ce qui me frappe
54:07dans la typologie
54:08des défaillances d'entreprises
54:09c'est que classiquement
54:10le secteur de la construction
54:11est toujours surreprésenté
54:12c'est toujours le cas
54:13mais un autre secteur
54:15qui est en train de pointe
54:15c'est le secteur du commerce
54:16et on voit d'ailleurs
54:18je pense que c'est quelque chose
54:18intuitivement que chacune
54:19et chacun d'entre nous voit
54:20dans les grandes villes
54:21et même dans des villes moyennes
54:22beaucoup de commerces
54:23qui ferment
54:24une vacance commerciale
54:25qui augmente
54:25bon à Paris
54:26il y a des quartiers
54:27où c'est plus de 20%
54:28de vacances commerciales
54:29et ça c'est quand même
54:30le signe d'une économie
54:31qui ralentit fortement
54:33Qui ralentit
54:34ou qui se transforme ?
54:35Est-ce que c'est pas
54:35simplement le signe
54:36qu'on achète maintenant
54:37en ligne
54:38beaucoup plus qu'en magasin ?
54:39C'est les deux
54:39s'agissant du commerce
54:40mais c'est aussi le signe
54:42d'une moindre
54:43pérennité des entreprises
54:47qui sont créées
54:47c'est aussi ça
54:48qui est important
54:49et peut-être
54:51pour terminer là-dessus
54:51en fait si on regarde
54:53en synthèse
54:53ce qui s'est passé
54:54sur la décennie
54:55qui vient de s'écouler
54:56entre 2014 et 2024
54:57il y a eu à peu près
54:5910 années de politique
54:59de l'offre
55:00au plan économique
55:01budgétaire
55:03droit du travail
55:04qui s'est traduit
55:05par une hausse continue
55:06du taux d'emploi
55:072 millions d'emploi supplémentaire
55:08taux d'emploi
55:09des seniors en particulier
55:10là où en fait
55:11la France a du retard
55:12par rapport aux autres
55:13pays développés
55:14depuis
55:14et je reviens
55:15au point d'arrêt
55:17qui a été la dissolution
55:18de l'Assemblée nationale
55:18depuis
55:19le taux d'emploi stagne
55:21le taux de chômage stagne
55:22voire remonte légèrement
55:23et les défaillances augmentent
55:25donc il y a quand même
55:25un lien
55:26et c'est là
55:26à la fois
55:27une vision d'espérance
55:28si je puis dire
55:29et un constat
55:30de semi-échec
55:31c'est qu'il y a un lien
55:32quand même entre l'action
55:33des politiques publiques
55:35et la situation concrète
55:37de l'économie française
55:38ressentie par les salariés
55:39et les chefs d'entreprise
55:40si on a fait des mauvais choix
55:42depuis un an
55:44un an et demi
55:44ça veut dire qu'on peut
55:45à contrario faire des bons choix
55:46à l'avenir
55:47une lueur d'espoir
55:47en fin d'émission
55:48c'est très intéressant
55:49je vous invite à aller voir
55:50la courbe du moral des ménages
55:52qui a été publiée par l'INSEE
55:53il y a deux ou trois jours
55:54on faisait le comparatif
55:55en plateau
55:56ici il y a 48 heures
55:58et on voit que le moral
55:59des ménages va bien
56:00quand on mène
56:01plutôt une politique
56:02de l'offre en réalité
56:02bah oui parce que l'économie
56:03fonctionne mieux
56:04tout simplement
56:05ça remonte au moment
56:07des élections présidentielles
56:08en général
56:09ce qui veut dire que malheureusement
56:10on croit toujours
56:11à l'homme providentiel
56:12mais on voit que le moral
56:13remonte quand l'économie va bien
56:14et l'économie va bien
56:15quand on a une politique
56:16de l'offre
56:16merci à tous les trois
56:17Ludovic de Sauté
56:18Denis Perre
56:19Ryan Nezard
56:20d'avoir participé
56:21à cette dernière émission
56:22de la semaine
56:22tout de suite
56:23c'est tout pour investir
56:25animé par Christopher Dambic
56:26vous pouvez retrouver l'émission
56:27en replay et en podcast
56:29sur l'application
56:29BFM Business
56:30et quant à moi
56:32je vous donne rendez-vous
56:33lundi de 10h à 11h
56:35en direct sur BFM Business
56:36très bon week-end à tous
56:37les experts
56:42débats et controverses
56:43sur BFM Business
56:44BFM Business
56:47BFM Business
56:47BFM Business
56:48BFM Business
56:49BFM Business
56:49BFM Business
56:49BFM Business
56:49BFM Business
56:50BFM Business
56:50BFM Business
56:50BFM Business
56:51BFM Business
56:51BFM Business
56:51BFM Business
56:52BFM Business
56:52BFM Business
56:52BFM Business
56:52BFM Business
56:53BFM Business
56:53BFM Business
56:53BFM Business
56:54BFM Business
56:54BFM Business
56:54BFM Business
56:55BFM Business
56:55BFM Business
56:55BFM Business
56:56BFM Business
56:56BFM Business
56:57BFM Business
56:57BFM Business
56:57BFM Business
56:58BFM Business
56:58BFM Business
56:59BFM Business
56:59BFM Business
57:00BFM Business
Commentaires

Recommandations