- il y a 14 heures
Ce mardi 27 janvier, Wilfrid Galand, directeur stratégiste de Montpensier-Arbevel, et Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, sont revenus sur l'évolution du cours de l'euro-dollar, notamment les dessous de l'accord commercial entre l'UE et l'Inde, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club, ils viennent de nous rejoindre ce soir.
00:06Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marché de capitaux pour TKO Capital.
00:09Bonsoir Raphaël, bienvenue.
00:11Et Wilfried Galland, bonsoir Wilfried.
00:12Ravi de vous retrouver également Wilfried, directeur stratégiste de Montpensier, Arbevel.
00:17On va parler de toutes ces grandes actualités de marché.
00:19Juste peut-être un rebond sur, et Antoine en parlait, sur les devises.
00:23Allez, nouvel accès de faiblesse là du dollar.
00:26Finalement, cette fin de mois de janvier, l'euro vaut presque 1,20$.
00:28Oui, oui. Hier, l'euro a franchi.
00:30On l'a vécu en direct avec vous, Antoine, d'ailleurs, hier, l'abord du dollar 19.
00:33Et là, on est presque à 1,20$.
00:351,19$ ce soir sur l'euro.
00:38Comment vous interprétez cette réaccélération baissière du dollar ?
00:41Wilfried ?
00:42Avec beaucoup de recul.
00:44Il ne faut pas oublier qu'on est toujours,
00:47même si on est au sommet de ce canal,
00:49mais on est toujours dans le canal 1,15-1,20.
00:52Et donc, effectivement, ça fait des choses à commenter.
00:54Je suis d'accord avec vous.
00:54Ça permet de raconter deux, trois histoires.
00:58Mais en fait, il ne se passe pas grand-chose.
01:00Là, effectivement, on a un petit accès de faiblesse du dollar.
01:04La question, c'est est-ce qu'on peut aller vers 1,25$, 1,30$, voire 1,35$ ?
01:08C'est ça, effectivement, qui changerait profondément les équilibres de marché.
01:11Mais n'oublions pas que, depuis le mois d'août 2025,
01:17il ne se passe strictement rien sur le marché des devises.
01:19En août 2025, on est à 1,17$.
01:20Aujourd'hui, on est effectivement à 1,19$.
01:22Enfin, il s'était beaucoup passé au premier semestre de l'an dernier.
01:25Après, il y a eu une pause.
01:26Et puis là, ça semble recommencer.
01:28Mais exactement.
01:29Ça veut dire qu'en fait, on a eu l'accélération, effectivement,
01:32la normalisation du dollar.
01:34Tout le monde dit qu'on a perdu énormément sur le dollar dans l'année.
01:38On oublie qu'en fait, on a eu une poussée haussière du dollar extrêmement forte
01:41qui s'est, comme par hasard, arrêtée.
01:43Mais en gros, le 1er janvier 2025, on était à 1,03$.
01:47Effectivement, on a fait 1,03$, 1,17$ en l'espace de six mois.
01:50Mais ensuite, il ne s'est plus rien passé.
01:52Donc là, effectivement, on a un certain nombre de choses qui déstabilisent le dollar
01:57parce qu'on se demande si le renouveau de l'accès droit de douane de Donald Trump,
02:03si tout ce qui a été évoqué quand même plus qu'à demi-mot sur la nécessité pour les États-Unis
02:10de bien traiter les pays qui les financent
02:14et sur le fait qu'il y avait quand même des fragilités financières.
02:17Tout ça, ça joue, en fait.
02:19Et je trouve que le plus intéressant, ce n'est pas tellement,
02:21dans les équilibres de marché aujourd'hui, ce n'est pas tellement le dollar
02:24que l'envolée de l'or.
02:26Qu'est-ce qui témoigne précisément d'une certaine défiance
02:30sur le système financier américain ?
02:33C'est effectivement l'envolée de l'or parce que c'est un hedge parfait.
02:36En plus, comme le marché est petit, évidemment, ça le fait grimper.
02:39Mais sur le dollar en tant que tel, tant qu'on n'a pas franchi d'une façon franche les 1,20,
02:48aujourd'hui, on n'a pas non plus...
02:491,20, on y est presque.
02:50Préparez-vous, on était 1,19 hier, on est 1,19,60 ce soir.
02:53C'est plutôt 1,25 là-bas ?
02:54Est-ce qu'il y a une barre ?
02:55C'est plutôt la vitesse d'évolution ou c'est une barre ?
02:57Il y a une barre 1,25, 1,30 qui, elle, marquerait vraiment une rupture ?
03:01Non, franchement, c'est les deux.
03:03Mais aujourd'hui, on est toujours dans ce long canal qui, si on a un petit peu plus de recul,
03:11c'est un canal, en gros, entre 1,05 et 1,20.
03:15Oui, mais 1,20, on y est presque, là.
03:16Et n'oublions pas que lorsque l'euro a été créé, on était à 1,17,50.
03:20Et là, effectivement, waouh, on est à 1,19,7.
03:24C'est vrai, c'est toujours important de regarder très très loin dans le passé pour mieux comprendre où l'on en est.
03:28Et Raphaël, comment vous regardez ces mouvements, vous, sur les devises, en cette fin du mois de janvier ?
03:32Oui, c'est un moment important de marché, malgré tout.
03:35Ça rentre dans une dynamique qui est effectivement plus longue, vous l'avez dit.
03:38Ça fait maintenant une année que le dollar sous-performe.
03:42Et ça rentre dans cette réflexion autour de la valeur refuge, de ses déficits,
03:46de cette idée aussi qu'on a beaucoup militarisé le dollar,
03:49qu'aujourd'hui, transacter avec les États-Unis, détenir du dollar en portefeuille
03:54quand vous êtes un investisseur en Asie ou en Moyen-Orient,
03:58finalement, c'est vous exposer à la politique américaine.
04:00Et même maintenant en Europe, quand on se dit qu'on va investir en dollars, on se dit qu'on prend du risque.
04:04Absolument.
04:05Il y avait d'ailleurs des réflexions autour d'investisseurs européens
04:07qui reconsidéraient leurs allocations aux États-Unis.
04:10Donc tout ça entretient cette idée que, oui, il y a des espèces de changements
04:14des fondamentaux de marché autour de l'idée de la valeur refuge.
04:18Évidemment, Wilfried a raison, il faut faire le lien avec ce qui se passe sur l'or aussi
04:22et avec des conséquences qui ne sont pas anodines aussi pour les intervenants.
04:25Le dollar, c'est évidemment une des clés du système financier mondial.
04:30La sous-performance du dollar l'année dernière a créé beaucoup de dégâts
04:34en termes de performance pour les investisseurs mondiaux
04:36qui finalement, très exposés en dollars comme ils l'étaient,
04:40n'ont pas pu nécessairement bénéficier vraiment de la hausse des actifs risqués
04:43comme ils auraient dû.
04:45Et est-ce qu'en filigrane, on pourrait assister à une continuation
04:49de ce phénomène de diversification vers moins d'États-Unis, plus d'autres choses ?
04:54Alors, on aimerait bien que ce soit plus d'Europe en particulier.
04:56En tout cas, ça pourrait y contribuer.
04:58Donc, effectivement, on n'est pas sur des mouvements dramatiques
05:01depuis le début de l'année.
05:02Et quand on tire le trait sur un an et quand on se projette peut-être plus loin,
05:05on continue de voir un facteur de marché qui est prépondérant.
05:08On aimerait bien que les investisseurs viennent vers plus d'Europe.
05:10En attendant d'aller vers plus d'Europe, on va vers plus d'or.
05:13Et c'est l'or qui progresse effectivement quasiment 5100 dollars en ce moment.
05:17L'or dépasse pour la première fois les emprunts d'États étrangers
05:20dans les réserves des banques centrales.
05:22L'or, plus fort, plus important, dépasse donc les obligations
05:27dans les réserves des banques centrales.
05:29Ça change quelque chose fondamentalement ?
05:30C'est juste un symptôme ou ça change ne serait-ce que par la proportion de l'or
05:36face aux autres actifs, la donne pour la suite également ?
05:40Oui, c'est un symptôme d'une tendance générale
05:42qui fait qu'effectivement il y a des facteurs de marché
05:44qui sont devenus incontournables dans l'esprit des investisseurs
05:48autour des déficits qui ne sont pas contrôlés
05:51et qui continuent soit d'augmenter ou en tout cas qui se stabilisent
05:54à des niveaux élevés.
05:56Une défiance vis-à-vis effectivement des tréasuries américaines, du dollar.
06:01Et lorsqu'on se tourne autour et qu'on regarde une valeur refuge
06:04qui reste et qui semble vouloir faire office de valeur refuge,
06:07il ne reste un petit peu que l'or.
06:08On a beaucoup dit que le bitcoin pouvait faire partie du club.
06:11Il y a une dynamique intéressante maintenant depuis trois mois.
06:15Là où l'or continue de performer avec une accélération de la performance
06:20depuis quelques semaines, le bitcoin lui a plutôt eu tendance à corriger.
06:24Si vous prenez depuis fin octobre, l'or a pris à peu près 30%.
06:28Le bitcoin lui a baissé de 20%.
06:29Là où auparavant il traitait quasiment en ligne,
06:32on avait cette dynamique de valeur refuge.
06:34Est-ce que c'est des enseignements attirés sur la performance future de l'or,
06:38les perspectives de performance ?
06:40Dans quelles mesures peut-on se projeter sur une continuité de cette performance ?
06:45À voir, mais en tout cas, on est clairement sur des dynamiques assez changeantes.
06:48Oui, l'or donc a quasiment 5100 dollars.
06:51C'est une alerte quand même géopolitique ou pas ?
06:53Est-ce qu'on doit d'abord le voir comme une alerte géopolitique
06:55ou plutôt comme tout simplement la diversification de la part des banques centrales émergentes ?
06:59Wilfried ?
07:00C'est quand même une alerte, c'est quand même une alerte.
07:05N'oublions pas néanmoins que l'or est un tout petit marché
07:08par rapport à d'autres classes d'actifs.
07:11On parlait des devises, on pourrait parler des taux.
07:15L'or c'est vraiment un marché qui est très étroit,
07:18donc il ne suffit pas grand-chose pour le faire décoller.
07:20Néanmoins, quand on voit la vitesse à laquelle l'or monte,
07:24c'est quand même un signal d'inconfort.
07:26Et globalement d'inconfort plutôt, je pense, sur l'économie américaine en général.
07:33C'est-à-dire que, vous l'avez souligné précédemment sur cette antenne,
07:37on a eu un chiffre sur le moral du consommateur américain
07:41par l'Institut du Conference Board,
07:43qui était au plus bas depuis mai 2014.
07:46C'est-à-dire qu'en fait, on est encore plus bas que pendant la pandémie.
07:50Or, il y a 40% à peu près de cet indice du Conference Board
07:53qui est lié à la capacité ou pas de retrouver facilement un travail.
07:58C'est 40% par rapport à l'Université du Michigan,
08:01qui est l'autre grand indicateur qu'on suit sur le moral du consommateur américain.
08:05Le Michigan n'a quasiment aucune composante d'emploi.
08:09L'indice du Conference Board, il y a quasiment la moitié de la composante d'emploi.
08:12Et ça veut vraiment dire qu'on commence à avoir un certain nombre de fragilités
08:17qu'on essaie d'avoir un peu plus de clarté sur cette économie américaine.
08:23Et il ne faut pas oublier, pour reprendre le débat qu'on avait à l'origine,
08:29que fondamentalement, la valeur des monnaies suit la valeur des économies.
08:35Et donc, quand vous commencez à avoir un doute sur la vitesse de croissance,
08:39sur le moteur consommation américain qui est le moteur essentiel,
08:42même si ça reste très enthousiasmant sur la partie investissement
08:45et sur la partie technologique,
08:48ça veut dire quand même qu'on commence à avoir un certain nombre de prudents,
08:51d'opérateurs plus prudents.
08:54Et que cette prudence, elle se voit dans la divergence
09:00entre les différents indices qu'Antoine mentionnait tout à l'heure.
09:02On a l'écosystème de la tech qui continue à attirer énormément
09:07parce qu'effectivement, il se renouvelle en plus avec des couches
09:09informatiques différentes.
09:13Le Nasdaq gagne 1% ce soir, le Dow Jones,
09:16donc l'industrie traditionnelle, le Dow Jones perd 1%.
09:18Voilà, donc on se dit, où va l'économie américaine ?
09:22Il y a de grands doutes, on a la réunion de la Banque Centrale
09:24qui commence aussi aujourd'hui, on sait qu'il y a beaucoup de choses
09:27qui se décident au niveau de la réserve fédérale,
09:29beaucoup de tensions aussi sur les futurs remplacements de Jérôme Powell,
09:33comment ça va se passer aussi, est-ce qu'il va rester ou pas au board ?
09:38Tout ça, ça donne pas mal.
09:39En fait, je pense que c'est un marché qui a beaucoup d'inconfort.
09:42Et cet inconfort-là, il se voit avec le dollar, il se voit avec l'or,
09:48il peut se voir avec une volatilité sur les taux.
09:50J'ai tendance à dire que quand on regarde les chiffres économiques durs,
09:53on se dit, tout va bien mais pourtant tout le monde a peur.
09:56Et la peur, elle se voit là.
09:57Ça avance vite mais ça gigote dans tous les sens.
10:00On a effectivement l'indice Conference Board,
10:02il fait bien de le souligner effectivement,
10:03le moral des consommateurs américains au plus bas depuis 2014.
10:07Voilà, le chiffre a été publié il y a un peu plus d'une heure,
10:09on est sur le chiffre du mois de janvier,
10:11c'est dans ce contexte que demain la Fed délivrera sa décision politique monétaire,
10:15on attend un statu quo.
10:16Ça veut dire que sur le fond quand même l'économie va bien,
10:18enfin si statu quo il y a, ce qui est très probable,
10:20ce sera quand même un signal de confiance dans l'économie,
10:22ou d'abord un signal de, non on est indépendant et on ne baissera pas les taux Donald.
10:25Comment est-ce qu'il faudra voir cette décision ?
10:27Effectivement, alors il n'y a pas beaucoup de suspense pour la décision de demain,
10:31vous l'avez dit, il y aura un statu quo,
10:33et aujourd'hui le marché se projette sur une potentielle baisse de taux,
10:37pas avant peut-être juin ou juillet,
10:38donc on est effectivement sur plusieurs mois
10:40où la Fed aura le loisir de regarder la donnée,
10:44de voir un petit peu comment les deux tendances
10:46qui interrogent aujourd'hui se comportent.
10:49La première tendance c'est l'inflation,
10:51on le sait elle est supérieure aux objectifs de la Banque Centrale,
10:53et elle est environ sur les indices de prix à la consommation autour de 2,7%,
10:58donc assez significativement supérieure,
11:02mais on sait qu'une partie de ce surcroît d'inflation vient des tarifs,
11:07a priori si tout va bien,
11:09cette année devrait être peut-être un petit peu moins rock'n'roll en termes de tarifs,
11:12donc ça c'est potentiellement jusqu'à 0,5% d'inflation due aux tarifs
11:16qui pourraient se dissiper d'une part,
11:17ça se digère doucement,
11:19et puis d'autre part on a des forces désinflationnistes assez puissantes
11:23dans l'économie aujourd'hui autour du marché du travail,
11:27un ralentissement des hausses de salaire en particulier,
11:30autour des prix de l'énergie,
11:32qui font que globalement la Fed a envie d'attendre avant de se précipiter,
11:36ça c'est une première chose.
11:38Le deuxième facteur qui interroge la Fed aujourd'hui,
11:40c'est le marché du travail.
11:41Et il y a eu un discours assez anxiogène en fin d'année dernière
11:44autour d'un desserrement de ce marché du travail,
11:48un ralentissement de ce marché du travail,
11:50une hausse du taux de chômage,
11:52qui faisait que peut-être, attention,
11:53on était sur le point d'avoir un coup d'arrêt de ce point de vue-là
11:56et que la Fed devrait peut-être avancer sur ces baisses de taux.
12:00Les données plus récemment ont été plutôt encourageantes,
12:03donc finalement lorsqu'on met tout ça bout à bout,
12:05effectivement et qu'on est la Fed,
12:07on a envie de prendre son temps,
12:08on a envie d'attendre,
12:10on a envie de voir aussi comment le grand cirque politique se déploie,
12:13parce qu'aujourd'hui la Fed est le centre d'un nœud politique très fort,
12:18autour de son indépendance,
12:19autour de l'enquête autour de Jérôme Powell
12:22et de la rénovation du bâtiment de la Fed,
12:24bref, il y a beaucoup de choses qui se passent autour de la Fed aujourd'hui,
12:26donc un bon moment pour appuyer sur pause.
12:27Pendant que Donald Trump lui refait la salle de balle de la Maison Blanche,
12:30c'est-à-dire que chacun a ses grands travaux.
12:32Alors ça coûte un peu moins cher qu'à la Fed,
12:345 milliards de dollars dépensés à la Fed,
12:37qui interpelle beaucoup l'administration Trump,
12:39et c'est plus doré à la Maison Blanche.
12:42Mais globalement, effectivement, un bon moment pour appuyer sur pause,
12:46laisser la donnée un petit peu s'établir et prendre un peu de recul.
12:50Alors justement, du recul, on va en prendre,
12:51on est à 17 minutes de la clôture,
12:54on entre dans la dernière ligne droite de cette séance,
12:56on accélère, et le CAC est toujours en progression,
12:59à plus de 0,36%,
13:00et Fage, Legrand, sont les deux plus fortes hausses.
13:02En fait, les segments construction et infrastructure
13:05signent les meilleures performances du jour.
13:07Fage, donc, gagne 3%,
13:08Legrand, dans les infrastructures, gagne 2,8%,
13:10Bouygues, dans la construction, gagne 2,7%.
13:13Thématique forte de cette année à venir,
13:15avec beaucoup de valeurs qui gardent beaucoup de potentiel,
13:17c'est ce que nous disait tout à l'heure Karen Pellewald,
13:18c'était dans Thème d'Avenir.
13:19Cette séquence Thème d'Avenir, elle est disponible,
13:21ça y est, en replay, sur l'application BFM Business.
13:24À la baisse, à l'inverse,
13:25Pubicis recule de 3,7%,
13:26Pernod Ricard, moins 2,7%,
13:28Capgemini, on en parlait tout à l'heure, perd 2%.
13:302%, les marchés, leur potentiel pour la suite,
13:32on en parle avec Wilfried Galland et Raphaël Thuin ce soir.
13:36Voilà, beaucoup de questions.
13:37Une tempête glaciaire,
13:39j'allais dire glaciaire,
13:40non, c'est pas le retour à l'air glaciaire,
13:41mais quand même, glaciale.
13:43Ils ont très froid, là, les Américains,
13:44230 millions d'Américains
13:46qui sont sous des températures plus que négatives,
13:48et un impact économique,
13:49alors manifestement majeur.
13:51D'ailleurs, cette vague de froid polaire
13:53pourrait même encore aggraver les risques de shutdown,
13:56parce qu'on est à 4 jours à peine du shutdown,
13:58et il semble qu'il y a un certain nombre de réunions
13:59au Congrès qui devaient avoir lieu sont reportées.
14:02Alors, ça n'a pas arrangé les affaires politiques
14:04de Donald Trump, possible shutdown dans 4 jours.
14:06Parallèlement, Bank of America estime
14:08que cette vague polaire pourrait coûter
14:091,5 point de PIB, 1,5 à l'économie américaine.
14:121,5, c'est pas rien.
14:13Alors, c'est transitoire,
14:14ce sera 1,5 au premier trimestre,
14:15on rattrapera ensuite,
14:16mais un certain nombre de puits de pétrole,
14:19par exemple, sont gelés.
14:20On apprend ça aujourd'hui, Wilfried.
14:21Les installations sont gelées, pas le...
14:23Non, pas le pétrole.
14:24Pas le pétrole lui-même.
14:25Mais on ne peut pas tirer le pétrole.
14:26Oui, exactement.
14:26Non, non, mais ces phénomènes climatiques extrêmes
14:30qu'on voit aux États-Unis,
14:31on voit de temps en temps,
14:32là, c'est particulièrement spectaculaire.
14:35Quand vous voyez les images, effectivement,
14:36qui circulent,
14:38là, on est sur des phénomènes
14:40qui perturbent, effectivement,
14:41très fort l'économie.
14:42Ce qu'on voit, comme vous le soulignez,
14:43c'est qu'on a un rattrapage
14:45qui est assez rapide
14:48sur les mois à venir.
14:51Ce qui est certain,
14:52c'est qu'on va avoir
14:52des perturbations statistiques
14:54qui vont se concrétiser
14:57dans les statistiques du mois de février
14:59et dans les statistiques de fin janvier,
15:02sur particulièrement la construction.
15:03C'est évident qu'on a des chantiers
15:05qui vont être totalement à l'arrêt.
15:06On sait que c'est un élément important du PIB.
15:08Si on prend, à tout compris,
15:09l'immobilier aux États-Unis,
15:10on doit être entre 11 et 12 % du PIB
15:12aux États-Unis.
15:13Donc là aussi,
15:14si vous arrêtez complètement
15:15tous les chantiers
15:15pendant deux à trois semaines,
15:17forcément, il y a un impact.
15:19Vous avez un impact, effectivement,
15:20sur l'énergie.
15:20On voit que les prix de l'énergie
15:21aussi aux États-Unis
15:22ont tendance à beaucoup évaluer.
15:24Il y a beaucoup de volatilité.
15:25Je regardais les prix du gaz.
15:26Ça monte très fort.
15:27Après, ça descend, ça remonte.
15:29Donc là, effectivement,
15:30il va falloir piloter un peu tout ça.
15:31On est dans un monde, globalement,
15:33où on se rend compte
15:34que la tension sur les infrastructures,
15:35elle est là.
15:36Et vous le mentionniez
15:37sur les différents secteurs
15:40qui sont à l'honneur.
15:42On voit que toute la partie
15:44qui est liée à la reconstruction
15:46ou à la densification
15:47ou à l'amélioration
15:49des infrastructures,
15:49de près ou de loin,
15:50c'est véritablement quelque chose
15:52qui est totalement au centre
15:53des préoccupations des marchés.
15:55On est passé d'un monde
15:56de consommation
15:58à un monde de robustesse.
16:01Et là, effectivement,
16:01il faut savoir
16:01qu'est-ce que ça veut dire
16:02pour l'investisseur.
16:03Ça veut dire, en fait,
16:04il y a énormément de secteurs
16:05qui sont impactés,
16:06quasiment tous les secteurs
16:07qui sont impactés.
16:08Mais là, effectivement,
16:08on va le voir encore plus
16:09avec ces phénomènes
16:10climatiques extrêmes
16:11qui vont peut-être aussi
16:13faire bouger les choses
16:14sur la partie énergétique américaine.
16:17Un des problèmes américains,
16:18c'est par exemple
16:18que les réseaux électriques
16:19sont très peu connectés.
16:20Donc, quand vous avez
16:22peu d'interconnexions
16:22entre les réseaux électriques,
16:23vous avez une fragilité
16:24qui est très forte.
16:25Ça va peut-être,
16:26j'espère en tout cas,
16:27faire bouger les choses
16:27aux Etats-Unis.
16:28Les acteurs du chauffage
16:29aux Etats-Unis
16:29sont encore en hausse aujourd'hui.
16:31Next Terra Energy gagne 2 %,
16:32c'était le cas déjà hier.
16:33Duke Energy aussi gagne
16:34en ce moment 0,5 %.
16:36Bon, et en ligne de mire,
16:38impossible shutdown.
16:38C'est un peu comme la vague polaire,
16:41c'est-à-dire que c'est transitoire,
16:42ce n'est pas grave.
16:43On a vécu déjà,
16:43il y a quelques semaines,
16:44le plus long shutdown de l'histoire.
16:46Là, on aura peut-être
16:47un nouveau avenir.
16:47On se dit,
16:48du point de vue des marchés,
16:49ce n'est pas un sujet,
16:49ça l'est plus pour les économistes
16:50qui vont manquer d'indicateurs,
16:51mais ce ne sera pas un problème
16:52pour les marchés.
16:53Raphaël ?
16:53C'est vrai qu'historiquement,
16:55ça le devient quand il se prolonge,
16:56on en est très loin,
16:57on entend même que les probabilités
16:59de shutdown ont beaucoup baissé
17:01ces dernières heures,
17:03avec en particulier une forme d'apaisement
17:05autour de ce qui se passe à Minneapolis,
17:07une volonté du président Trump
17:08de calmer le jeu.
17:10Donc on n'est pas très sûr
17:11de ce qui se passera,
17:12mais on ne se projette pas encore
17:13sur un shutdown long
17:14qui pourrait être vraiment impactant
17:17pour les marchés.
17:18Là, quand on regarde la séquence
17:19des jours à venir,
17:20qu'est-ce qui va faire
17:21que le marché pourrait perdre 2-3 %
17:23ou gagner 2-3 %,
17:24ça va être surtout les earnings,
17:27les annonces de résultats
17:28qui commencent là
17:29et qui vont être évidemment
17:30très importantes.
17:31À un moment où les valorisations
17:33sont chères,
17:34l'impact des earnings
17:35sur les performances
17:36est évidemment critique,
17:38donc ça, ça va être
17:38une première chose.
17:39On va regarder les données économiques
17:41d'inflation et sur l'emploi,
17:43évidemment.
17:44Et puis dernière chose
17:45qui pourrait impacter
17:46les marchés significativement
17:47à la hausse, à la baisse,
17:48à garder en tête,
17:49c'est que d'un moment à l'autre,
17:51on va entendre
17:52qui est le successeur
17:52de Jérôme Powell à la Fed.
17:54Et là, peut-être
17:55qu'on peut avoir des surprises,
17:56on sait que le président Trump
17:57aime cacher son jeu
17:59et garder ses cartes
18:00près du corps.
18:00Il dit que Rick Reader
18:01est formidable,
18:02le patron de la gestion
18:03obligataire de Goldman Sachs,
18:04de BlackRock.
18:05Maintenant, je crois
18:07que les marchés
18:08des paris en ligne
18:09indiquent 50% de chance
18:11que ce soit lui.
18:13Il n'y a pas si longtemps,
18:14Kevin Assett était
18:15à 80% de chance.
18:17On n'est pas sur des changements
18:18de politique monétaire
18:20à attendre draconien,
18:21mais c'est vrai que c'est
18:21des profils assez différents.
18:23Et ça, ça peut faire bouger
18:24les marchés dans les jours
18:25qui viennent,
18:26peut-être davantage
18:26qu'un éventuel shot.
18:27Et les publications
18:28des entreprises,
18:28vous en attendez un moteur
18:30ou un frein moteur ?
18:31Qu'est-ce qu'elles vont
18:32importer comme dynamique
18:33au marché ?
18:33Moteur ou frein moteur ?
18:34Alors, les attentes
18:36sont assez optimistes globalement.
18:37Pour cette année
18:38et pour ce trimestre,
18:39le marché s'enthousiasme
18:40sur des croissances
18:42de bénéfices par action
18:43aux alentours de,
18:44en tout cas,
18:45à deux chiffres,
18:46peut-être même vers 15%
18:48aux États-Unis.
18:48Donc, c'est important
18:49avec toujours l'idée
18:50que la tech, en partie,
18:52puisse tirer cette croissance,
18:54mais pas que.
18:55C'est aussi une forte thématique
18:56que le marché porte aujourd'hui.
18:58L'idée que la croissance
19:00des bénéfices
19:00ne va pas être exclusivement
19:02en provenance de la technologie,
19:04qu'il va y avoir
19:04des relais de croissance
19:05sur l'industrie,
19:07des secteurs plus cycliques,
19:10les banques
19:10qui pourraient continuer
19:11aussi à contribuer.
19:12Donc, on va aussi regarder ça.
19:14Au-delà de la tech
19:15qui sera prédominante
19:17et qui commencera
19:17très bientôt
19:18avec Meta et Microsoft.
19:19Demain soir.
19:20Exactement, on va regarder
19:21dans quelle mesure,
19:22effectivement,
19:23l'économie réelle,
19:24dirons-nous,
19:25au-delà de la tech,
19:26prend le relais
19:27et dans quelle mesure
19:28cette diversification
19:29du leadership de performance,
19:30qui est vraiment un thème
19:31de marché très fort en 2026,
19:33puisse continuer.
19:34Est-ce qu'on va avoir
19:35d'autres relais de performance
19:36au-delà de la tech ?
19:37Marcheur a probablement
19:38besoin de ça
19:39pour avoir une belle année.
19:40Ok, et vous n'avez pas
19:41de début de réponse là-dessus
19:42ou d'intuition ?
19:43On porte assez bien
19:45cette idée de rotation.
19:46Oui ?
19:47Au profit de qui ?
19:48Alors, au profit du cycle,
19:51des industriels,
19:52on trouve aussi
19:53que les défensives,
19:54par exemple,
19:55autour de la santé,
19:55ne sont pas chères
19:56et assez attractives.
19:57Là où l'écart de BPA,
19:59de croissance des bénéfices,
20:01était flagrant
20:02entre la tech,
20:03très élevée l'année dernière,
20:05et le reste du marché
20:05bien plus faible,
20:06on voit une convergence
20:07de ces prévisions
20:08de croissance de bénéfices
20:09qui justifierait
20:10que la performance
20:11puisse s'écarter
20:13vers d'autres secteurs.
20:14Intéressant,
20:14une rotation ici aussi
20:15en Europe, Wilfried,
20:16ou pour le coup,
20:17en Europe,
20:17on reste assis positionnés
20:19sur, campés sur la défense,
20:21les banques,
20:21comme en dernier ?
20:22Pour l'instant,
20:23ça reste effectivement
20:24un marché de continuité
20:27en Europe.
20:29Effectivement,
20:29ce qu'on essaie de voir,
20:31c'est quels sont les secteurs
20:32qui sont largement à la traîne
20:34pour de mauvaises raisons,
20:35effectivement,
20:36elle a mentionné
20:37la partie santé,
20:38c'est tout à fait correct.
20:41Il y a effectivement aussi
20:41toute la partie small mid-cap,
20:43où on voit qu'il se passe
20:44des choses quand même.
20:45On a des opérations,
20:47on commence à avoir,
20:47plus sur la partie mid
20:48que sur la partie small d'ailleurs,
20:49mais on commence à avoir
20:51de nouveau
20:51un intérêt là-dessus
20:53et toute la dynamique
20:55autour du thème souveraineté
20:57est évidemment quelque chose
20:59qui porte
20:59les petites et moyennes valeurs européennes
21:01parce qu'elles sont moins exposées
21:02à ces grandes turbulences
21:05de marchés internationaux
21:06et aux droits de douane.
21:09Ce qu'il faut voir quand même,
21:10c'est que,
21:11et c'est un élément important
21:13dans ce qui est en train
21:13de se passer aussi
21:14à Wall Street,
21:15c'est qu'on a eu
21:16ces dernières semaines,
21:18ces derniers mois,
21:19un tassement des valeurs
21:21de la technologie
21:22par rapport au reste du marché.
21:24Et donc,
21:25ils ont progressivement reconvergé
21:27en termes de valorisation,
21:29voire pour certains,
21:30passé en dessous
21:31le marché
21:32en termes de valorisation,
21:33ce qui explique
21:34que depuis 2-3 jours,
21:35en fait,
21:35les marchés,
21:36d'une certaine manière,
21:37même si ça apparaît
21:37complètement paradoxal
21:38dans le discours,
21:39redécouvrent
21:40la capacité
21:41de certaines de ces valeurs
21:42à se réinventer encore
21:43et à réaccélérer
21:44sur la partie technologique.
21:44Le Nasdaq aujourd'hui
21:45fait mieux que le reste
21:46du marché américain
21:46parce que le Nasdaq
21:47est moins cher.
21:48Voilà,
21:48parce qu'effectivement,
21:50on a eu
21:51un déréting
21:52relativement important
21:54de ces valeurs
21:55et en plus,
21:56à l'intérieur
21:57des sets magnifiques,
21:59par exemple,
21:59on a eu des rotations.
22:01C'est-à-dire qu'on avait
22:02toujours
22:02celles qui étaient
22:03un peu délaissées
22:05qui d'un seul coup
22:06se réveillaient
22:07en disant
22:07mais finalement,
22:07moi aussi j'existe
22:08et je fais des choses importantes.
22:09On avait parlé
22:10effectivement d'Apple,
22:12le dernier en date,
22:13c'est Microsoft.
22:14D'un seul coup,
22:14on se rend compte
22:14qu'ils vont faire aussi des puces.
22:16Et donc,
22:17il y a cette capacité
22:17à se renouveler,
22:20à se surprendre positivement
22:21le marché
22:21que le marché regarde
22:22parce que c'est quand même
22:23le driver
22:24de la croissance
22:26et donc,
22:27c'est intéressant aussi
22:27d'un point du marché.
22:28Et vous le disiez,
22:29la tech ne cesse
22:29de nous surprendre
22:30avec l'émergence
22:31de nouveaux acteurs.
22:32Antoine,
22:32on en parlait tout à l'heure,
22:33au Japon,
22:34ce titre
22:35Toto Limited,
22:36c'est un acteur,
22:37c'est un fabricant
22:38de toilettes.
22:39Ils font des toilettes,
22:40des culettes,
22:40des toilettes.
22:41Toilettes japonaises.
22:42Oui,
22:42toilettes japonaises,
22:43exactement.
22:43Et bien,
22:43ils se sont envolés récemment
22:44leur plus forte hausse
22:45en 5 ans.
22:46Pourquoi ?
22:47Par que ce fabricant
22:48de toilettes,
22:48figurez-vous,
22:49fabrique des cuvettes
22:51d'une céramique
22:52d'une qualité
22:53absolument incroyable.
22:54Et ces céramiques techniques,
22:55ultra-pures,
22:56résistantes,
22:57attirent l'univers tech.
22:59Pourquoi ?
23:00Parce que dedans,
23:01il y a des mandarins,
23:02ça s'appelle des mandrins,
23:03pardon,
23:03pas des mandarins,
23:04on est en Japon là,
23:05pour le coup.
23:05Des mandrins électrostatiques,
23:07ces mandrins électrostatiques
23:08présents dans la céramique
23:09des toilettes,
23:10et bien,
23:10peuvent servir à fabriquer
23:12des puces mémoires,
23:13figurez-vous.
23:14Des puces mémoires,
23:14on en manque dans l'IA.
23:15Si bien donc,
23:15que cet acteur des toilettes,
23:16coté à Tokyo,
23:17est désormais recherché
23:18par l'industrie
23:19de l'intelligence artificielle.
23:20Comme quoi,
23:20il ne faut pas jeter
23:21la céramique
23:21avec l'eau des toilettes.
23:22Exactement,
23:23c'est le ruissellement de l'IA.
23:24On peut en l'a gravé
23:25quelque part,
23:26cette toilette.
23:27Je l'offre.
23:28Antoine.
23:28Non mais oui,
23:29l'électricité électrostatique,
23:31justement,
23:31c'est ce qui fait perdre
23:32de l'information
23:33sur les barrettes de mémoire.
23:35Et donc,
23:35c'est clair que c'est une technologie
23:37qui est très demandée
23:37par les fabricants de mémoire.
23:39Et on sait qu'en ce moment,
23:41ils sont très entourés en bourse.
23:42Non,
23:42et vous connaissez
23:43Ajinomoto,
23:45j'en ai entendu parler récemment.
23:47Un autre groupe japonais.
23:48C'est un autre groupe japonais
23:49qui existe depuis
23:50le début du siècle dernier.
23:52C'est une très très vieille boîte
23:53et qui a été fondée
23:54par un gars
23:56qui mangeait des nouilles instantanées
23:57et qui trouvait
23:58que les nouilles
23:59n'avaient pas de goût.
24:00Donc,
24:00il y a ajouté
24:01une substance
24:03qui est issue
24:03de certaines algues
24:04qui s'appelle
24:04le glutamate monozodique
24:07et qui donne
24:08un bon petit goût salé
24:09aux nouilles
24:09quand on les met dans l'eau.
24:11Et simplement,
24:11avec la pratique,
24:12il s'est rendu compte
24:13parce que c'était
24:15un petit fou d'électronique
24:16aussi,
24:17que c'était un excellent
24:18isolant
24:19pour les substrats
24:20de semi-conducteurs.
24:21Il a essayé ça
24:21sur des transistors avant
24:22et ensuite sur des puces.
24:24Si bien que
24:25Ajinomoto
24:26est devenue
24:27une entreprise
24:28indispensable
24:29à l'ensemble
24:30de la chaîne
24:31de production
24:31de semi-conducteurs
24:32au Japon
24:32et pour énormément
24:33de boîtes
24:34à travers le monde.
24:35Ils fabriquaient
24:35des arômes
24:36pour savouriser,
24:37donner la saveur aux pâtes
24:38et maintenant
24:38ils sont dans
24:39les semi-conducteurs.
24:39Exactement.
24:40Et il y a un lien,
24:41il y a un fil logique.
24:41Ah ben oui,
24:43une nouille.
24:44Dingue.
24:44Et pareil pour les toilettes,
24:45pour Toto,
24:45Limited et ses céramiques
24:47ultra-qualité.
24:48La tech est partout.
24:49La tech est partout,
24:49effectivement.
24:51C'est fou quand même.
24:52Et ça,
24:53c'est coté en bourse,
24:53c'est des histoires
24:54boursières,
24:55effectivement.
24:55Ils en parlent beaucoup
24:56là-bas au Japon
24:57en ce moment.
24:58C'est ça qui est intéressant,
24:59c'est qu'avec l'IA,
25:01la tech nous ramène
25:01à la matière.
25:02On a besoin
25:03de ressources,
25:04de matière
25:04et dans cet univers-là,
25:06rien ne se perd,
25:06tout se transforme.
25:07On en a l'illustration
25:08à travers ces deux sociétés
25:09cotés à Tokyo.
25:10Dans un instant,
25:11la clôture,
25:11le CAC 40 gagne 0,3%.
25:13Juste un mot quand même,
25:14il aurait même fallu
25:15qu'on en parle plus
25:16que d'un mot,
25:17de cet accord commercial
25:18entre l'Union européenne
25:19et l'Inde.
25:20On a énormément parlé,
25:22surtout ici en France,
25:22du Mercosur,
25:23cet accord commercial
25:24entre l'Union européenne
25:25et l'Inde,
25:26il va lier 2 milliards
25:27d'êtres humains,
25:2825% du PIB mondial en jeu,
25:30un tiers du commerce mondial
25:32engagé dans cet accord
25:33commercial,
25:33Wifrid.
25:34C'est absolument majeur,
25:36vous faites bien
25:36de le souligner.
25:38On est véritablement,
25:39dans la construction
25:41de ce fameux réseau
25:42d'alliances
25:43à géométrie variable
25:44en fonction des objectifs
25:45de chacun
25:46que mentionnait
25:46Marc Carnet
25:47dans son fameux discours
25:48à Davos,
25:49un discours qui,
25:51je rappelle,
25:52a déclenché
25:55la troisième
25:55standing ovation
25:56de l'histoire
25:57de Davos,
25:57puisqu'il y a eu
25:58trois personnes
25:59qui ont eu
25:59une standing ovation
26:00à Davos
26:00dans toute l'histoire.
26:01Il y a eu Nelson Mandela,
26:03il y a eu Volodymyr Zelensky
26:04en 2022
26:05et donc Marc Carnet.
26:06Ça n'est autrement
26:07jamais arrivé,
26:08c'est un univers
26:08très feutré,
26:09et donc Marc Carnet,
26:10le cœur de son discours,
26:12c'est effectivement
26:12de dire
26:12nous avons,
26:14nous puissances moyennes,
26:14besoin de nous insérer
26:15dans un réseau d'alliances
26:16pour justement
26:17arriver à contrer
26:19les incertitudes
26:20et les grands hégémones
26:22qui veulent
26:22nous mettre au menu.
26:25Et l'Union européenne
26:26montre
26:26qu'elle est à la manœuvre.
26:28Alors effectivement,
26:29il va falloir savoir
26:30désormais
26:30qu'est-ce qu'on est prêt
26:31à sacrifier
26:32pour avoir
26:34ces accords commerciaux
26:34parce que rien
26:35ne se fait
26:36sans qu'on soit
26:39capable
26:40de payer quelque chose.
26:41En fait,
26:42qu'est-ce qu'on est capable
26:43de sacrifier
26:44pour le bien commun
26:45et pour effectivement
26:46se créer des réseaux
26:47d'alliances ?
26:48C'est toute la question
26:48qu'on avait au niveau
26:49du Mercosur,
26:50on a vu que c'était
26:50extrêmement difficile.
26:52Là,
26:52l'avantage,
26:52c'est que l'agriculture
26:53est largement en dehors
26:55de cet accord-là,
26:56mais il y aura
26:56des secteurs gagnants,
26:57il y aura des secteurs
26:58davantage perdants,
26:59mais globalement,
27:00ça montre qu'on est
27:01à la manœuvre,
27:01on est flexible,
27:02ça c'est quand même
27:02plutôt une très bonne nouvelle.
27:04Les droits de douane
27:05vont passer vers l'Inde,
27:07donc les automobiles
27:08européennes de 110%
27:09à 10%.
27:09Nos 20 européens
27:11vont voir leurs droits
27:12de douane passer
27:12vers l'Inde
27:13de 150% à 20% seulement,
27:15donc les Indiens
27:15consommeront un peu plus
27:16de 20 européens,
27:17mais ce n'est pas
27:17des grands amateurs de vin,
27:18ce n'est pas non plus
27:19vital pour notre industrie viticole
27:21autant que le marché américain,
27:22mais quand même,
27:23Bruxelles espère doubler
27:24ses exportations vers l'Inde
27:25d'ici 2032,
27:27et on rappelle,
27:27un tiers du commerce mondial
27:28est engagé dans cet accord commercial,
27:30donc pas beaucoup de médias
27:31parlent,
27:31c'est quand même,
27:32comment vous l'expliquez Raphaël ?
27:34Je crois que le volume économique
27:35à aujourd'hui est faible,
27:36c'est-à-dire on transacte peu
27:38avec l'Inde,
27:38l'Inde a une balance commerciale
27:41qui est aussi très faible,
27:43et en particulier
27:44parce qu'elle avait
27:44jusqu'à aujourd'hui
27:46des barrières douanières
27:47très importantes
27:48sur à peu près
27:48l'ensemble des grands
27:50segments de l'économie,
27:51donc est-ce que ça peut être
27:52le déclenchement
27:53d'une nouvelle ère économique
27:54et de nouvelles relations
27:55commerciales ?
27:55Peut-être,
27:56mais à l'instant T,
27:57il n'y a pas un impact
27:58économique dramatique,
27:59en revanche,
28:00effectivement ça en dit long
28:01sur la volonté
28:03du reste du monde
28:04finalement de s'organiser
28:05face à Trump
28:07et à ses coups de butoir
28:09sur l'ordre mondial,
28:10donc ça on va regarder
28:11sa réaction,
28:13et on a vu que
28:14lorsque le Canada
28:15faisait plus ou moins
28:16l'équivalent avec la Chine,
28:17ça ne lui a pas beaucoup plu,
28:19donc attention,
28:19l'histoire n'est peut-être
28:20pas terminée,
28:21et puis peut-être
28:21qu'on s'interrogera aussi
28:22sur la volonté des populations
28:24de signer ces grands accords
28:26d'échanges commerciaux,
28:28on était plutôt vers une forme
28:29de démondialisation,
28:31la plupart des discussions
28:32commerciales
28:33étaient plutôt des discussions
28:34autour de la protection
28:35de certaines industries,
28:37on était plutôt à remettre
28:38des barrières douanières
28:40plutôt qu'à les baisser,
28:41à tort ou à raison,
28:43là c'est plutôt l'inverse
28:43qui se passe,
28:44on va regarder.
28:44Oui, oui,
28:45alors ASML profite
28:46de cet accord,
28:47voilà,
28:47une première conséquence en bourse
28:48de cet accord entre
28:49l'Union Européenne et l'Inde
28:50puisque les Indiens
28:51vont venir aussi utiliser
28:53davantage de nos technologies
28:54européennes,
28:54ASML en ce moment
28:55à Amsterdam gagne
28:56un peu plus de 3,8%,
28:58c'est l'une des plus fortes
28:59aux hausses en Europe,
29:00ils publieront demain matin
29:01leurs résultats à ASML
29:02et puis Keir Starmer,
29:03le Premier ministre britannique,
29:04lui est à Pékin,
29:05on va voir pareil
29:06si Donald Trump le sanctionne,
29:07c'est la première visite
29:08d'un Premier ministre britannique
29:09en Chine depuis 8 ans,
29:11là aussi pour moins dépendre
29:12des Etats-Unis
29:13et diversifier un petit peu
29:14les axes commerciaux
29:16du Royaume-Uni.
29:16?
29:22?
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