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  • il y a 9 heures
Ce mardi 27 janvier, la dépendance de la France par rapport aux USA sur le plan numérique, et le lancement d'une OPA sur Fnac Darty, ont été abordés par Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, Olivier Babeau, président de l'Institut Sapiens, et Philippe Manière, président de Vae Solis Communications, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et pour parler de tout ça, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Ludovic de Sauté.
00:04Bonjour Ludovic.
00:05Bonjour Raphaël.
00:05Directeur délégué de la rédaction de la Tribune.
00:08Olivier Babaud, bonjour Olivier.
00:09Bonjour Raphaël.
00:10Président de l'Institut Sapiens, c'est Philippe Manière.
00:12Bonjour Philippe.
00:13Bonjour.
00:14Toujours président de Vallée Solis Communication.
00:17Merci à tous les trois de venir ici.
00:19On va commencer par ces rencontres de la souveraineté numérique.
00:25Hier, à Bercy, qui ont été ouverts par la ministre déléguée au numérique à l'ENF,
00:30qui s'est faite un peu houspiller la ministre par la salle où beaucoup de représentants de la French Tech étaient présents.
00:39Alors, vrai sujet, la souveraineté numérique, sujet même absolument majeur.
00:45Le problème, c'est que la réponse de l'État, c'est un observatoire de la souveraineté numérique
00:51et un indice de résilience numérique.
00:54Alors, on pourrait facilement, je vous vois rigoler tous les trois autour de la table,
00:59on pourrait se moquer facilement.
01:01La ministre, quand même, il faut écouter son discours, a commencé par dire
01:05qu'évidemment, ça n'était pas à l'État de régler le problème de la souveraineté numérique,
01:09tout en annonçant juste après, quand même, des outils statistiques, de collègues d'information, bon, bref.
01:17Mais on avait aussi David Amiel, le ministre de la fonction publique,
01:23qui annonce un outil public, lui, très directement public,
01:26pour concurrencer Microsoft et Google dans les visios au sein de l'État.
01:33Bon, est-ce que la voie publique est une voie sans issue ?
01:40Je vais commencer comme ça, Ludovic, pour lancer le débat.
01:44On a besoin de l'État, quand même, dans ces questions de souveraineté numérique ?
01:47Plus sérieusement, oui, on a besoin de l'État.
01:49Après, je pense qu'hier, les réactions ont été pour montrer que ça ne peut pas être l'unique levier.
01:55On est dans le symbolisme, on va dire, à ce stade-là.
01:59Il y a plusieurs problèmes.
02:00Il y a un problème d'investissement, il y a un problème de volonté.
02:03Et puis, j'allais dire, c'est malheureusement l'Europe,
02:07puisque maintenant le raisonnement est à l'échelle européenne,
02:09l'Europe se réveille très tard.
02:12Et on a, dans le passé, des exemples, est-ce qu'on se rappelle de Quant,
02:16le moteur de recherche qui était censé concurrencer Google ?
02:19Ça n'a pas marché, d'en faire.
02:21Ça n'a pas marché.
02:21C'est-à-dire que ce n'est pas les déclarations qui font avancer les choses.
02:24Juste pour bien mesurer, parce que cette dépendance,
02:28évidemment, on la ressent depuis Trump, l'affaire du Groenland et tout ça.
02:33C'est une dépendance de marché qui peut être classique,
02:36mais aujourd'hui, que ce soit dans le cloud, le logiciel,
02:39en gros, les entreprises américaines, et notamment les big tech,
02:43sont de l'ordre de 70 à 80% de marché.
02:46Oui, c'est ça, c'est 80% de l'investissement européen.
02:48On est en train de parler de cette dépendance,
02:50qui est une dépendance à la fois technique et commerciale,
02:53mais j'ai une dépendance aussi, faute de mieux,
02:55de la part de l'Europe jusqu'à maintenant,
02:57une capacité à proposer des services à la hauteur,
03:00dans un marché qui est un marché de concurrence aussi.
03:03C'est-à-dire que c'est à l'Europe de se réveiller d'abord.
03:04Et je pense que c'est la réaction, notamment de la French Tech,
03:08de se dire, oui, c'est bien, ok, lançons un observatoire,
03:12un indice et tout ça,
03:13mais que maintenant, c'est une volonté,
03:15ça nous renvoie encore au fameux rapport Draghi,
03:18c'est-à-dire que si on veut remonter la pente,
03:20et surtout si on veut jouer le coup d'après,
03:21c'est-à-dire l'intelligence artificielle,
03:23parce qu'arrêtons peut-être de regarder sur les batailles
03:25qui sont d'ores et déjà perdues
03:27et qui vont être très compliquées à remonter,
03:28livrons le coup d'après.
03:30C'est-à-dire, et c'est le moment,
03:32et ça commence déjà à être un tout petit peu en retard,
03:34de s'attaquer à l'intelligence artificielle.
03:36Est-ce qu'on se réveille au niveau européen ?
03:37Est-ce que Donald Trump n'est pas le meilleur ami
03:39de la construction européenne dans tout ça,
03:40sous les coups de boutoir du président américain ?
03:42Est-ce que l'Europe est enfin en train de se réveiller, Olivier Babaud ?
03:45C'est extrêmement tard.
03:46C'est vrai que dans la liste des propositions de l'État,
03:49il manque le numéro vert, la chapelle ardente
03:51et probablement le chèque numérique,
03:52mais ça va probablement venir.
03:53Ça va venir, ça peut venir.
03:55La première chose à dire,
03:55c'est qu'il faut absolument qu'on change de politique de concurrence.
03:58Ça ne va pas prendre deux ans pour se développer,
04:01mais il aurait fallu qu'on le fasse bien avant.
04:02Mais c'est l'excellent David Baverez,
04:04dans un livre qui s'appelle
04:05« Bienvenue en économie de guerre »,
04:06qui explique que nous sommes dans une forme d'économie de guerre.
04:08C'est quoi la caractéristique de cette économie ?
04:09C'est que vous n'allez pas favoriser les prix bas et les consommateurs,
04:12c'est-à-dire la demande de favoriser l'offre.
04:14C'est-à-dire qu'il faut permettre les concentrations,
04:16tout simplement.
04:17Et nous, on a été extrêmement naïfs trop longtemps,
04:19et je ne suis même pas sûr encore aujourd'hui
04:20qu'on ait vraiment changé une politique officiellement
04:22de la concurrence au niveau de l'Europe.
04:25C'est-à-dire qu'on aurait dû permettre la création de ces géants.
04:27On n'a plus une seule entreprise
04:28parmi les 26 premières entreprises du monde.
04:30C'est un grand débat chez les concurrentialistes.
04:34Pardon, mais Alstom et Siemens,
04:36dont on a refusé la fusion,
04:37sont deux géants européens aujourd'hui.
04:39Et on peut dire la même chose de Legrand et Schneider.
04:41Exactement.
04:41Tout ça pour dire qu'on n'a pas évité
04:46l'émergence de géants en Europe,
04:48contrairement à ce qu'on a beaucoup entendu.
04:49Moi, je reviendrai à la question
04:50de est-ce que l'État peut jouer un rôle.
04:52Je voudrais rebondir, si je peux me permettre, Olivier,
04:53sur cette histoire de concurrence.
04:55Oui, on rentre en économie de guerre,
04:56donc maintenant, il faut favoriser l'offre.
04:58Je pense que c'est vrai.
04:59Il est temps qu'on se réveille.
05:00Et ça change en Europe.
05:01On est d'accord, Philippe Manière.
05:02Je ne suis pas sûr que ça change.
05:03Le logiciel a quand même un peu changé.
05:03Pour le coup, je suis assez d'accord avec Olivier.
05:05C'est assez mou, mais on voit les Allemands
05:06changer un peu d'avis.
05:07On voit l'Union européenne évoluer doucement.
05:09En revanche, moi, je suis absolument en désaccord
05:11avec l'idée selon laquelle on aurait dû faire ça
05:13depuis 25 ans.
05:14En période de paix, c'était vraiment dans l'intérêt
05:16de l'Union européenne de laisser jouer la concurrence.
05:18Et encore une fois, aucun des grands champions
05:20qu'on a empêchés de se constituer
05:21n'a empêché la constitution de champions alternatifs
05:24qui, parfois, vous allez rire,
05:25au lieu d'être un, étaient deux.
05:26J'ai donné l'exemple de Legrand et Schneider.
05:30Et puis, il y a même le cas d'Alstom Power.
05:32Moi, j'ai travaillé sur le dossier
05:33et j'étais vraiment désolé
05:34que ce soit attribué aux Américains.
05:37Mais pour être très honnête,
05:38au moment où l'attribution s'est faite,
05:40le marché s'est retourné
05:41et les Américains ont acheté très cher
05:42un machin qui ne valait pas grand-chose.
05:44Donc, est-ce qu'on a eu tort
05:45d'empêcher les Américains d'acheter très cher
05:47un machin qui s'est avéré ne pas valoir grand-chose ?
05:49J'en suis pas sûr.
05:50Alors, dedans, il y a le sous-problème Rabel
05:51avec les turbines nucléaires.
05:53On le sait qu'il y avait une question de souveraineté
05:54qui n'a pas forcément été bien gérée.
05:56On l'a récupérée,
05:57mais quand même, entre-temps, ils l'ont eu.
05:58Donc, on peut discuter.
06:00Mais moi, je suis tout à fait d'accord
06:01avec l'idée qu'aujourd'hui,
06:02les règles de concurrence d'hier
06:03ne peuvent plus s'appliquer
06:04parce qu'on était en économie de guerre.
06:05Je ne crois pas que ça doive nous amener
06:07à contester l'opportunité
06:08de la politique de concurrence
06:09assez sévère qu'on a poursuivie
06:10pendant toutes les années de paix.
06:11Je pense qu'elle était appropriée
06:12et qu'elle a contribué,
06:14mais ça, personne ne le mesure
06:15parce que le pouvoir d'achat,
06:16vous savez,
06:16et le pouvoir d'achat,
06:18personne n'en est conscient.
06:19Ça a contribué à la prospérité européenne
06:21en temps de paix.
06:22On était évidemment contents
06:23d'avoir la diversité de l'offre
06:24et les prix très bas.
06:27On en a joué.
06:28Il faut le dire, on en a joué.
06:30Et puis, on a été un peu conscients.
06:31On a cru à la paix universelle.
06:33On a pensé qu'effectivement,
06:33la guerre était finie.
06:34Et maintenant, on est bien réveillés.
06:35La deuxième chose qui est très importante à dire,
06:37effectivement, tu l'as un petit peu dit,
06:39c'est qu'il faut faire attention
06:40au syndrome de la ligne Maginot.
06:41La ligne Maginot,
06:42on avait très bien préparé la guerre de 14
06:43en 1939,
06:44ce qui était un problème
06:45puisqu'on était en 1939.
06:46Et la guerre n'était plus la même.
06:48Il faut choisir nos batailles.
06:49Je crois que l'IA est en réalité
06:50déjà la bataille d'hier.
06:52La bataille d'aujourd'hui,
06:53c'est les robots humanoïdes.
06:54On n'a pas...
06:55Qui développe aujourd'hui en Europe
06:56de façon crédible des robots humanoïdes ?
06:58Et en fait,
06:59ce qu'il faudrait vraiment développer,
07:00c'est le truc de demain.
07:01Bon.
07:02Il y a quand même plein d'exemples
07:03qui sont un peu gênants
07:04sur tous les trucs publics.
07:05Mais Olivier Babou,
07:06je vous coupe juste une seule seconde.
07:08On a tous les outils équivalents
07:09aux outils américains en Europe.
07:11Anthony Morel a fait une chronique ce matin
07:12sur les mails,
07:14sur le digital,
07:14sur les moteurs de recherche
07:15à des niveaux de qualité
07:16quasiment équivalents.
07:17Simplement,
07:18personne ne les connaît.
07:18Il y a quand même l'exemple de Palantir
07:19dont on a peut-être été cité.
07:21Le TGSE a dit pendant 10 ans,
07:22là, c'est pas possible,
07:23on dépend de Palantir.
07:24Et en fait,
07:24au bout de 10 ans,
07:24ils ont dit qu'on est incapables.
07:26Le problème,
07:26c'est que c'est un big business
07:28où ça se compte les investissements
07:30en dizaines,
07:30si ce n'était pas en centaines de milliards.
07:32Est-ce qu'on a la capacité,
07:33c'est peut-être là
07:34à la limite du marché européen
07:35qui reste en fait très fragmenté ?
07:37On est entre deux eaux en Europe.
07:38On n'est probablement pas assez unifié
07:41et trop unifié à plein d'égards.
07:42C'est ce qui,
07:43cette espèce de syndrome
07:44collé au milieu,
07:45on dit en stratégie
07:46« in the middle ».
07:47On est entre deux.
07:48On n'a pas choisi,
07:49et qu'elle se parle,
07:49le low cost,
07:49on n'a pas choisi
07:50la souveraineté nationale,
07:51on a perdu une forme de souveraineté
07:52et on n'a pas suffisamment
07:54d'unité
07:56pour arriver à être puissant
07:57et pesé.
07:58Et aujourd'hui,
07:59on s'en aperçoit.
08:00Alors,
08:00c'est peut-être pas ce choix
08:01qu'on est capable de faire aujourd'hui.
08:02L'Europe avance quand même,
08:02Olivier Babaud.
08:03Non, mais on avance,
08:04mais c'est tard,
08:05c'est très très tard.
08:06Sur cette qualité,
08:08malheureusement,
08:09alors là pour beaucoup,
08:09je ne suis pas d'accord
08:10parce que je pense que
08:11des Américains boxent
08:12dans une catégorie supérieure
08:14dans ce qui est proposé.
08:16On va prendre un exemple,
08:16par exemple le cloud.
08:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
08:18ok, il y a quelques acteurs
08:19comme OVH en France et autres,
08:21mais aujourd'hui,
08:22commencer à mettre en place
08:24du cloud souverain,
08:25ça veut dire qu'on a
08:26des acteurs américains
08:27comme Amazon
08:28qui s'engagent
08:29à mettre en place
08:29des structures au sein de l'Europe
08:31un peu isolées des États-Unis.
08:32Le fameux Secnum Cloud
08:33qui permet de sécuriser nos data.
08:35On a un gap aujourd'hui.
08:36On a un gap réel.
08:37C'est-à-dire que ce n'est pas
08:38juste une volonté.
08:40C'est-à-dire qu'il y a
08:40tout un écosystème,
08:41à commencer par aussi
08:42tout ce qui est microprocesseurs
08:44et autres,
08:44parce que c'est toute une économie.
08:46C'est-à-dire qu'on peut décréter
08:47que les data centers
08:48deviennent français
08:49si toute la technologie
08:50à l'intérieur est américaine.
08:51Évidemment.
08:52On est un peu bouclé là-dessus.
08:53Donc, c'est-à-dire qu'il y a quand même,
08:55et je suis entièrement d'accord
08:56avec ce que disent Olivier et Philippe,
08:59on est dans une logique,
09:01on va dire,
09:01de guerre commerciale
09:04ou de commerce guerrier.
09:05En fait, pour l'instant,
09:06sans tomber dans une logique de guerre,
09:09il y a des choix à faire.
09:10Avec le numérique,
09:11il y a une grande spécificité,
09:12contrairement à l'Estom,
09:13Schneider ou autres,
09:14c'est que le numérique,
09:15c'est quelque chose
09:15qui ruisselle dans l'ensemble
09:16de l'économie.
09:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
09:18dans des géants européens,
09:21si on retient le tapis
09:24en termes de data,
09:25en termes de logiciels et autres,
09:27c'est le cœur des entreprises
09:29qui est aujourd'hui menacée.
09:30C'est-à-dire qu'il ne faut pas
09:31juste rentrer par le haut
09:32en disant,
09:32oui, on achète américain,
09:34on est dépendant d'Apple
09:35et ainsi de suite.
09:36C'est-à-dire que c'est la structure même.
09:38Il y a un acteur en Europe
09:39qui fait une magnifique résistance.
09:41Il y en a un, quand même.
09:42Lequel ?
09:42On oublie un peu.
09:43C'est SAP, par exemple.
09:44Oui.
09:45SAP, qui a un groupe allemand.
09:46Géant allemand.
09:47Un géant allemand.
09:48Du logiciel.
09:49qui est en tête
09:51dans tous les logiciels
09:52intégrés au sein des entreprises.
09:53Oui.
09:53Qui est très, très discret.
09:55Il faut oublier presque
09:55sa coloration européenne.
09:57Mais pour un SAP
09:58et un Mistral
09:59qui restent encore dans la cour...
10:00Non, mais Mistral,
10:00c'est tout petit.
10:01C'est plutôt Dassault Systèmes.
10:02Oui, exactement.
10:02Dassault Systèmes,
10:03c'est un géant du logiciel aussi.
10:05On a, j'allais dire,
10:06aujourd'hui,
10:07il y a tout un écosystème européen
10:09qui n'existe pas dans ce domaine.
10:11Et on a beau,
10:12les déclarations de NLEN en fait,
10:13elles sont ce qu'elles sont.
10:14C'est qu'à la fin,
10:15on va dire un truc comme ça,
10:16on clique Américains.
10:17À la fin,
10:17on a la direction interministérielle
10:19du numérique
10:19pour nous produire des...
10:20À la fin,
10:21aujourd'hui,
10:21on clique Américains.
10:23En fait,
10:23c'est ça le problème.
10:23Est-ce qu'il est si absent
10:25que ça,
10:26cet écosystème ?
10:26On a quand même
10:27beaucoup d'entreprises
10:28de la tech.
10:29Non, non.
10:30Moi, j'achète pas de la tech.
10:31On a du logiciel.
10:32Oui, il y a une poignée
10:33d'entreprises merveilleuses
10:34parce qu'on a en France
10:35un talent particulier
10:36et pour l'innovation
10:37et pour la technologie
10:38parce qu'on a une école
10:39de mathématiques
10:39et qu'on a une pensée
10:40qui est une pensée
10:41créative, conceptuelle.
10:42Donc, les Français
10:43ont des avantages
10:44comparatifs majeurs
10:45sur le papier au départ.
10:47À l'arrivée,
10:48après 15 ans
10:49de French Tech,
10:50etc.,
10:50il n'y a quand même
10:51pas grand-chose.
10:51Je ne veux pas nier
10:52l'existence
10:53d'un certain nombre
10:53de boîtes formidables.
10:54Mais enfin,
10:55en nombre,
10:56ce n'est quand même
10:56pas du tout spectaculaire
10:57et en capacité
10:58à peser face aux Américains,
11:00ça l'est encore moins.
11:00Il y a quand même
11:01des boîtes qui marchent.
11:02Je vous disais tout à l'heure,
11:02il n'y a pas de concurrent
11:03à Palantir.
11:03Son nom m'échappe à l'instant,
11:04mais il y a un concurrent
11:05français de Palantir
11:05qui est en train de tailler
11:06des coupures à Palantir
11:07sur certains contrats internationaux.
11:08Donc, ce n'est pas vrai
11:09que ce n'est pas possible.
11:10Moi, je voudrais revenir
11:10un peu à la question
11:11qui était posée tout à l'heure
11:12par vous, Raphaël,
11:14qui était
11:14est-ce que c'est à l'État
11:16de s'occuper de tout ça ?
11:17Honnêtement,
11:18quand on a fait
11:19des choix de souveraineté
11:20qui reposaient sur la technologie,
11:21ça s'est trouvé
11:22dans le passé de la France.
11:23Exemple, le nucléaire.
11:25Est-ce qu'il y avait
11:25un haut commissariat ?
11:26Est-ce qu'on réunissait
11:27à Bercy l'écosystème
11:29pour décider du machin ?
11:30Non, évidemment.
11:31C'était une poignée
11:32de grands serviteurs de l'État
11:34qui faisaient la bonne analyse,
11:35qui avaient la capacité
11:36de convaincre le décideur public
11:38d'appuyer sur le bouton
11:39et de mobiliser des fonds
11:40que d'ailleurs,
11:40vous allez rire,
11:41on avait à l'époque
11:41et qu'on n'a plus aujourd'hui
11:42et ça déroulait.
11:44Donc, oui,
11:44l'État peut faire des choses
11:45sur le plan actif à ce titre
11:47mais pas avec les hauts commissaires.
11:49Vous disiez tout à l'heure
11:49il manque que les hauts commissaires.
11:50J'allais dire,
11:51probablement il existe déjà
11:52mais personne ne le sait.
11:53Non mais parce qu'on est quand même
11:54un peu chez l'État.
11:55On lance un appel.
11:56Il y a autre chose
11:56que l'État peut faire
11:57et on n'y pense pas.
11:59Quelle est la bonne place de l'État ?
12:01La bonne place de l'État
12:02à bien des égards,
12:03c'est de démonter
12:03les gaudrioles qu'il a faites
12:05parce qu'une grande partie
12:06du retard français
12:06tient à la surréglementation.
12:09Alors là-dessus,
12:10je ne sais pas si vous avez eu
12:10à Davos
12:11si c'est passé pour une fois
12:11pas mal de choses
12:12et en particulier
12:14il y a eu un discours
12:14du chancelier Merz
12:16qui a dit que l'Europe,
12:17le plus grand ennemi de l'Europe
12:18c'était la surréglementation.
12:20C'est très important
12:21que le chancelier le dise
12:21que ce ne soit pas
12:22seulement les ultra-libéraux
12:24qu'on qualifie comme tels
12:25en tout cas habituels.
12:27C'est le chancelier Merz,
12:28le berceau de la social-démocratie européenne
12:31c'est l'Allemagne
12:32et c'est Merz
12:32qui vient dire ça.
12:34Et Merz,
12:35il ouvre les yeux,
12:36il le sait.
12:37von der Leyen
12:37elle court derrière
12:38mais l'important
12:39c'est que l'Allemagne
12:40qui aujourd'hui
12:40il faut dire les choses
12:41fait la politique en Europe
12:42nous dise ça
12:43parce que c'est devenu
12:44la conviction des Allemands
12:45et c'est extrêmement important.
12:45Et de la commission,
12:46on a quand même une dizaine
12:47de textes omnibus
12:48de simplification
12:49qui arrive cette année.
12:50Que s'est-il passé
12:51dans les jours
12:51qui se vivaient en France ?
12:52Hier soir dans un semi-sommeil
12:53je me suis aperçu
12:54que le gouvernement
12:55dans sa grande sagesse
12:56avait décidé de différer
12:58le texte
12:59sur la simplification.
13:00Dont on parle
13:01depuis Bruno Le Maire.
13:02Donc quand on me demande
13:02ce que peut faire l'État
13:03par exemple
13:04il peut simplifier
13:05et surtout
13:06il peut ne pas renoncer
13:07à simplifier.
13:08Quand enfin
13:08il y a un texte qui vient
13:09après 857 ans
13:11de manœuvres dilatoires
13:12de retard
13:13d'analyses imbéciles
13:15selon lesquelles
13:15il y a plus important
13:16que ça
13:17quand enfin le texte arrive
13:19et que l'exécutif
13:20décide de le différer
13:22et quand on connaît
13:22la situation politique
13:23ça veut dire
13:23qu'il est différé
13:24jusqu'à la présidentielle.
13:27Bien sûr.
13:27Pour l'instant
13:28on parle du mois d'avril
13:29Philippe Pagnard.
13:30Est-ce qu'il y aura
13:30une autre ?
13:30Le sujet c'est les ZFE
13:31les zones à faible émission.
13:32Mais on s'en fout
13:33des ZFE.
13:34On s'en fout de tout ça.
13:36On peut être pour ou contre
13:37c'est pas mon sujet.
13:37Je ne dis même pas
13:38que je suis contre.
13:39Je dis simplement
13:40que ne pas dérouler
13:41un programme de simplification
13:43dans un pays
13:43qui sait
13:44qui maintenant a compris
13:45qu'il souffrait
13:46de surréglementation
13:46pour une vague question
13:48de corne-cul politique
13:49et des ZFE
13:50avec les élus machin
13:50c'est pas responsable.
13:52Donc quand on me demande
13:53que peut faire l'État
13:53par exemple
13:54ne pas faire de bêtises
13:55et différer
13:56une mesure de simplification
13:58c'est probablement
13:59la plus grosse bêtise
14:00qu'on ait vu
14:00depuis le début de l'année.
14:01Pourtant
14:01Dieu sait qu'on en a vu.
14:03On a voté le gel
14:04de la réforme des retraites.
14:05Non mais ça c'était
14:06avant.
14:07C'était les bêtises de 2025.
14:09C'est vrai.
14:09C'est lunaire.
14:11On souffre
14:11de surréglementation
14:13plus grosse
14:14première bêtise
14:15de 2026
14:15selon Philippe Manière.
14:16Et on diffère
14:16la simplification.
14:17Il n'y a plus qu'à aller se coucher
14:18et puis attendre 2027.
14:19C'est terrifiant.
14:20Pendant ce temps-là
14:20les Américains déroulent oui.
14:21Olivier Babaud.
14:22Moi je pense que
14:22la plus grande bêtise de 2026
14:24pour l'instant
14:24c'est le budget 2026.
14:25Il n'est pas encore
14:26complètement adopté.
14:27On a deux motions censures.
14:28C'est pour ça que je ne le mentionnais pas.
14:29Il n'est pas voté.
14:30Oui t'as raison.
14:31On est probablement
14:31en fait...
14:32C'est aussi une question
14:32sur le budget.
14:41On a trop d'horizontalité
14:47et pas assez de verticalité.
14:48C'est-à-dire qu'on consulte trop.
14:49Il faut arrêter
14:50de donner la parole
14:51à tout le monde.
14:52Il y a un moment donné
14:52il faut un chef qui chef.
14:54Voilà.
14:54Comme le disait Jacques Chirac.
14:56Et on n'a plus cette capacité.
14:57Et on a aussi
14:58ce que tu as bien dit Philippe.
14:59Malheureusement
15:00on n'a aussi plus d'argent.
15:01Ce qui à un moment donné
15:01commence...
15:02L'impécuniosité de l'État
15:03pose quand même un problème
15:04parce que quand on veut
15:05être un peu planificateur
15:06à un moment donné
15:06il faut être capable
15:07de mettre un peu d'argent
15:08sur la table.
15:08La déréglementation justement
15:10elle a un gros intérêt
15:10c'est que c'est gratuit.
15:11Ça ne coûte rien.
15:11C'est un peu dommagé
15:12et ça peut rapporter gros.
15:13On pourrait même économiser
15:14un peu d'ailleurs.
15:15Théoriquement.
15:16Mais il y a un truc
15:16effectivement contre lequel
15:17il faut qu'on se préserve absolument
15:19c'est l'idée qu'on va développer
15:20les trucs maison.
15:21Je me souviens quand est arrivé
15:21le Covid
15:22on avait à l'université
15:23un formidable truc
15:24qui permettait grosso modo
15:25théoriquement
15:25de faire cours en ligne.
15:27Et en fait
15:27le truc plantait complètement
15:29on a tous basculé
15:30sur Zoom ou Teams
15:31assez rapidement
15:32et je ne sais pas combien
15:34on avait dû dépenser
15:34l'enseignement supérieur
15:36pour développer ce truc
15:37mais alors imaginez
15:38que vous allez faire demain
15:39je frémis déjà
15:40je frémis de l'idée
15:42qu'on va dire
15:43Donc le nouvel outil
15:44de l'administration
15:45mais alors il faudrait
15:46une agénérative éducative
15:47nationale
15:48estampiller
15:49éducation nationale
15:50j'ai dit
15:50Ah l'horreur
15:51imaginez ce truc
15:51va tout de suite être nul
15:53ça serait tout de suite
15:54moins bien
15:54Pardon il y a une alternative
15:55il y a une alternative
15:56c'est la DARPA
15:57à la française
15:58c'est-à-dire que
15:59je ne sais pas
15:59on en a déjà parlé
16:00pas mal autour de cette table
16:01Philippe Aguillon
16:02en parle depuis 15 ans
16:03La DARPA
16:05à la française
16:06c'est quelque chose
16:07qui permettrait
16:08de susciter l'innovation
16:10par des gens du privé
16:11qui ne feraient pas
16:11des machins qui plantent
16:12mais avec un objectif
16:14on dit en gros
16:15Il faut rappeler
16:15ce que c'est la DARPA
16:16C'est l'agence américaine
16:18de recherche
16:18en fait quand on regarde
16:19avec vue de Sirius
16:20il y a énormément
16:21de fonds publics
16:22destinés à la recherche
16:23et à l'innovation en Europe
16:24simplement ils sont dispensés
16:25n'importe comment
16:25parce qu'il y a le géo-return
16:27chacun veut en récupérer un bout
16:28parce qu'il faut remplir
16:29les formulaires
16:30parce que c'est le bazar
16:30parce que c'est que
16:31des gros tickets
16:32et qu'on ne sait pas
16:32où on va
16:32Alors il y a de la recherche
16:33fondamentale qui justifie
16:34ce type de procédure
16:35mais la vérité
16:37c'est que si on veut faire
16:37en tant que puissance publique
16:38le meilleur usage possible
16:40des capacités d'innovation
16:41d'un pays
16:41il faut faire ce que font
16:42les américains
16:42depuis 50 ans
16:4360 ans
16:44c'est-à-dire l'équivalent
16:45de la DARPA
16:45une agence qui dit
16:46bonjour les gars
16:47vous êtes entreprise
16:48vous êtes centre de recherche
16:49vous pouvez postuler
16:50nous on a tel problème
16:51à résoudre
16:52on vous donne 6 mois
16:53pour venir avec un projet
16:54et vous aurez
16:55500 000 euros
16:56ou 1 million
16:56rien
16:57donc les gars viennent
16:58on choisit le meilleur
16:59on dit vous êtes le meilleur
17:00ou les deux meilleurs
17:00on leur dit
17:01on vous donne 6 mois
17:02pour avoir vraiment
17:03un truc qui marche
17:03et vous aurez 10 millions
17:04donc ça coûte 3 fois rien
17:06et à l'arrivée
17:07c'est quoi le résultat
17:07c'est que vous avez
17:08toutes les forces vives
17:09qui sont capables
17:10d'apporter une solution
17:11qui se mobilise
17:11pour pouvoir non seulement
17:12toucher les 500 000
17:13puis les millions
17:14mais aussi et surtout
17:15pour ensuite être référencés
17:17donc vous stimulez l'innovation
17:18c'est pas vous
17:19qui prétendez la faire
17:20vous stimulez l'innovation
17:21là où elle est
17:22vous empêchez pas
17:23les gens de chercher
17:24comme on le fait nous en France
17:25on leur demande de le faire
17:26avec un objectif particulier
17:28et puis à l'arrivée
17:29devinez quoi
17:29vous avez des trucs qui marchent
17:30une très grande partie
17:31des trucs sur lesquels on clique
17:33comme vous disiez tout à l'heure
17:34aujourd'hui
17:34ont été inventés
17:35pour partie
17:37grâce à des innovations
17:38venues de la DARPA
17:39les Etats-Unis
17:40c'est un pays d'innovation
17:41grâce à l'énorme réserve de capital
17:43que constituent les fonds de pension
17:44donc le capital risque etc
17:45mais c'est aussi grâce à la DARPA
17:47c'est à dire à des politiques publiques
17:49qui choisissent d'inciter l'innovation
17:51et d'aller la chercher
17:52là où elle est
17:52c'est à dire curieusement
17:53pas dans le bureau B24 de Bercy
17:55mais dans une start-up
17:57dans Garage
17:57voilà
17:57et c'est ça qu'il faut qu'on fasse
17:59et tout le monde le sait maintenant
18:00ce que je dis
18:01parmi les gens qui s'occupent du sujet
18:03c'est devenu
18:04la pensée dominante
18:05depuis allez
18:06deux ans
18:06trois ans
18:07quatre ans
18:07rien
18:08voilà
18:08il n'y a pas
18:09donc nous on fait des réunions
18:10avec l'écosystème
18:12et on va nommer un haut commissaire
18:13ou un observatoire
18:14pardonnez-moi
18:15je ne suis pas certain
18:16qu'on soit tiré d'affaires
18:19Guy de Beauregard
18:20réagit sur Twitter
18:22nous dit que vous avez tort
18:23Philippe le nucléaire
18:24est né grâce au CEA
18:25commissariat à l'énergie
18:27il a absolument raison
18:27mais le CEA
18:28n'est pas tombé du ciel
18:29quelqu'un l'a créé
18:30c'était ça que je voulais dire
18:31en complément
18:32ce que dit Philippe
18:33vous pouvez réagir
18:33vous pouvez réagir sur Twitter
18:34n'hésitez pas
18:35à rebase le genre
18:36entièrement d'accord
18:37sur la simplification
18:38et le raté
18:39sur la simplification
18:41qui est un des plus beaux ratés
18:42de ce mois de janvier
18:44en revanche
18:46il y a
18:46curieusement
18:47et c'est peut-être ça aussi
18:48dans la réaction
18:49qu'on a eu hier
18:50c'est qu'il y a autre chose
18:52et l'histoire européenne
18:52nous le montre
18:53ou française
18:53c'est le déficit
18:55de planification
18:56dans lequel on est
18:56à l'inverse
18:57qui existait
18:58il y a quelques décennies
18:59sur le nucléaire
19:00ou sur Airbus
19:01c'est parce qu'il y a eu
19:01une vision
19:02il y a eu une construction
19:03et il y a eu la volonté
19:05de faire quelque chose
19:05aujourd'hui honnêtement
19:06en termes de planification noble
19:08pas une planification
19:09juste étatique
19:10c'est une planification
19:11sur laquelle on se dit
19:12on a quelque chose
19:13à résoudre
19:13on s'aligne
19:14c'est pas juste
19:15une vision de l'Etat
19:17c'est-à-dire
19:17comment on crée
19:18un écosystème
19:19là-dessus
19:20en Europe
19:20une vision un peu
19:21de long terme
19:21de moyen long terme
19:22aujourd'hui
19:23elle est sur les normes
19:24la planification
19:25elle est sur
19:26c'est aussi le débat
19:28qui est naissant
19:28autour de novembre
19:29même sur l'IAAC
19:30c'est-à-dire de se dire
19:31on a une vision
19:32très centrée
19:33sur le consommateur
19:34et la protection
19:34du consommateur
19:35soit
19:36mais on ne construit pas
19:37une planification
19:37juste en verrouillant
19:39un marché
19:39sur les données personnelles
19:40les risques juridiques
19:41et autres
19:42après je reviens
19:43juste sur la question
19:43c'est le contraire
19:44on empêche l'IA
19:44de se développer
19:45après je reviens
19:46sur le côté souverain
19:47parce qu'il y a
19:48une vision technique
19:49il y a une autre vision
19:50qui est la bombinette
19:51à un retardement
19:52et sur lequel l'Europe
19:53va devoir se poser
19:54des questions sévères
19:55c'est aussi
19:56la notion
19:57d'extrateriorité
19:58pour les Etats-Unis
20:00c'est-à-dire que
20:00c'est le deuxième enjeu
20:01il y a un enjeu technique
20:02mais il y a un enjeu
20:03juridique aussi
20:04et là-dessus
20:06ça a l'Europe
20:06de sortir l'écrou
20:07c'est à l'Europe
20:08d'exister
20:08c'est-à-dire
20:08ça a l'Europe aussi
20:09de s'aligner
20:11et de poser
20:12ses propres conditions
20:13de marché
20:14en se disant
20:15comment on existe là
20:16il n'y a pas besoin
20:16d'avoir
20:17vous faites référence
20:17au cloud act américain
20:18oui exactement
20:19mais il n'y a pas besoin
20:20d'avoir des Mistral et autres
20:22pour que l'Europe
20:23commence aussi à dire
20:23voilà les règles du jeu
20:25et aujourd'hui
20:26l'Europe n'impose pas
20:27suffisamment les règles du jeu
20:28on a une grande guerre
20:30entre Washington
20:30et Bruxelles
20:31autour de toute la réglementation
20:33européenne
20:33qui nous protège
20:34c'est-à-dire qui à la fois
20:35malheureusement
20:35casse en partie l'innovation
20:37et dans une vision
20:38de protection du consommateur
20:40c'est respectable
20:41mais il y a aussi
20:42la défense
20:43au sens de la souveraineté
20:44et de se dire
20:45aujourd'hui
20:45quand on parle
20:47quand les choses
20:48se sont tendues
20:48avec Donald Trump
20:49sur le Groenland
20:50quand on dit
20:51oui alors
20:51on peut agir
20:52on peut faire
20:52de l'anticoercition
20:53mais c'est quoi
20:55cette anticoercition
20:56c'est de couper
20:56le cloud américain
20:57et de se dire
20:58qu'il y a des grands groupes
20:59qui du jour au lendemain
20:59ça serait la nuit numérique
21:01en Europe
21:01si on sait ça
21:02c'est là où on
21:03est une balle dans le pied
21:03je fais un petit pas de côté
21:05tout n'est pas impossible
21:07c'est vrai que c'est très
21:12très très difficile
21:12et qu'on est maintenant
21:13en état d'hyperdépendance
21:14il y a beaucoup de choses
21:15qui auraient semblé impossibles
21:16et qui sont advenues
21:17par exemple
21:17interdire TikTok aux Etats-Unis
21:19avant qu'on le fasse
21:19ça paraissait impossible
21:20ça a été fait
21:21voilà
21:22donc moi je pense
21:23manque d'audace
21:23c'est ce que vous dites
21:24oui en tout cas
21:25comment dire
21:26on se met dans des situations
21:27d'enfermement
21:28puis après on les acte
21:29comme étant des fatalités
21:30dans bien des cas
21:31c'est vrai
21:31pas toujours
21:32moi je ne suis pas spécialiste
21:34du tout du sujet
21:34mais je me dis que
21:35si on disait
21:36les gars vous avez
21:37on lance par exemple
21:38à la mode d'ARPA
21:38une espèce de tentative
21:40de solution
21:41de téléconférence
21:42il y en a d'ailleurs
21:43qui existe des européennes
21:44des solutions de téléconférence
21:44c'est ce que vous dites
21:45tout à l'heure
21:45on dit
21:46vous avez 6 mois
21:47pour vous mettre en situation
21:48de répondre à l'offre énorme
21:49qui va vous être adressée
21:50puis on dit aux entreprises françaises
21:51qui ont leur siège en France
21:52vous avez 6 mois
21:53pour envisager
21:54de quitter Teams ou Zoom
21:56on ne leur dit même pas
21:56qu'elles vont être obligées
21:57de le faire
21:58on leur dit
21:58vous risquez
21:59d'être en situation
22:00de devoir le faire
22:01préparez-vous-y
22:01moi je ne sais pas
22:03s'il faut le faire
22:03et je ne sais pas
22:04si on aurait 100% de réussite
22:06je pense que
22:07dire que c'est pas possible
22:08avant d'avoir réfléchi
22:10avant d'avoir essayé
22:11c'est peut-être un peu rapide
22:12un peu expéditif
22:13comme dit Simon de Beauvoir
22:15la fatalité ne triomphe
22:16que si on croit en elle
22:17il ne faut peut-être
22:18pas trop de naïveté
22:19parce que si on réfléchit
22:20vraiment à tous les
22:21qu'il faut être lucide aussi
22:22ça commence
22:23si demain
22:24vous avez d'ailleurs
22:24on l'a vu avec Thierry Breton
22:26qui est privé
22:27de ses fournisseurs américains
22:30même envoyer un mail
22:31ça commence à devenir compliqué
22:32c'est-à-dire qu'il va falloir
22:33essayer de faire
22:33d'ailleurs probablement
22:34l'État a fait une liste
22:35de nos dépendances
22:36elles sont vertigineuses
22:38en fait aujourd'hui
22:38peut-être qu'on aurait dû réfléchir
22:40plus tôt
22:40peut-être qu'il y a moyen
22:41de travailler contre ça
22:42mais il faut être aussi lucide
22:43il va falloir plusieurs années
22:44peut-être même
22:45peut-être que ça se compte
22:46même en décennies
22:47peut-être que ça veut dire aussi
22:50comme toujours d'ailleurs
22:51comme c'est fait dans les échanges
22:52on peut tout à fait
22:53moins dépendre de l'étranger
22:54c'est une question d'argent
22:55comme toujours
22:56les t-shirts
22:57vous pouvez les avoir chez vous
22:58mais ils sont juste plus chers
22:58ils sont nettement plus chers
23:00et parfois un peu moins bien
23:01sur la tech
23:04sur la tech
23:04voilà
23:05malheureusement
23:06il y a aussi une question de qualité
23:07et d'effet de qualité
23:08et d'effet d'échelle
23:08et d'effet d'échelle
23:09voilà exactement
23:09mais ça n'est pas impossible
23:11c'est juste beaucoup d'investissement
23:12c'est du temps
23:12et ça ne peut pas se décréter
23:14comme ça en quelques mois
23:15tout d'un coup
23:15on pourrait qu'on parle des solutions
23:16effectivement
23:17moi il y a un autre exemple
23:18qui est
23:19alors je ne suis pas de côté
23:20mais Daniel Kretinsky
23:21qui lance son OPA
23:23sur Fnagdarty
23:24et qui repousse les Chinois
23:25de Ujedi quand même
23:26aussi
23:28donc est-ce que
23:28notre souveraineté
23:29elle n'est pas aussi
23:30sur notre capitalisme
23:32oui alors moi
23:32je n'ai que des préjugés
23:35favorables sur Daniel Kretinsky
23:37que je ne connais pas
23:37enfin écoutez
23:38il est tchèque
23:39et il a fait ses études
23:39à Dijon
23:40je suis dijonais
23:41et j'ai posé une tchèque
23:42donc je pense que
23:42si on se rencontre
23:43vous avez beaucoup de choses
23:44voilà c'est un appel
23:45ça ne doit pas nous empêcher
23:46de nous poser la question
23:50de savoir si honnêtement
23:51et je dis ça très tranquillement
23:52c'est mieux
23:52en quoi c'est mieux
23:53pour la Fnagdarty
23:54que ce soit un tchèque
23:55qui possède Fnagdarty
23:56qu'un chinois
23:57je ne suis pas sûr moi
23:57je n'ai pas d'opinion
23:58honnêtement
23:59je n'ai pas d'opinion
24:00pour vendre des carottes
24:02des machines à laver
24:03des carottes
24:03ça serait plutôt
24:04s'agissant d'un groupe
24:05de grandes distributions
24:06mais pour vendre des carottes
24:07des navets
24:08des voitures
24:08des machines à laver
24:09moi je n'ai pas vraiment
24:10d'opinion sur l'opportunité
24:11que le propriétaire
24:12soit ceci ou cela
24:13oui sauf qu'il est dans l'énergie
24:14il est dans les médias
24:15le parcours de Kiepinski
24:16force le respect
24:17c'est tout à fait remarquable
24:19moi ça m'amuse beaucoup
24:21parce que comme vous savez
24:22un des ingrédients majeurs
24:23de son succès
24:24c'est qu'il a racheté
24:24à vil prix
24:25des actifs polluants
24:27que les vertueux européens
24:30en particulier les institutionnels
24:32ou les grandes entreprises cotées
24:33vendaient
24:34sans trop regarder le prix
24:35parce qu'elles voulaient mettre
24:37dans le rapport RSE
24:38qu'elles avaient arrêté
24:39de faire ci ou ça
24:40naturellement le truc
24:40si vous voulez
24:41quand on vend un actif qui pue
24:42il pue pas moins
24:43c'est simplement quelqu'un d'autre
24:45qui possède l'actif qui pue
24:46et donc ça fait 25 ans
24:47que les européens
24:49foutent en l'air
24:49une grande partie
24:50de leur base industrielle
24:52et extractive
24:53etc
24:53en ayant la naïveté
24:55de penser
24:56que quand ils vont vendre
24:58ce qui est désagréable
24:59ça disparaîtra
25:00non ça disparaît pas
25:01il y a juste un autre actionnaire
25:02on réélu la production
25:03d'énergie carbone
25:03et devinez quoi
25:03l'autre actionnaire
25:04qui est un garçon
25:06probablement très responsable
25:07mais souvent on vend ça
25:08à un magna de Macao
25:10ou à une espèce de Tirano
25:12du Golfe
25:12qui évidemment
25:14n'a pas comme obsession
25:15de sauver la planète
25:15donc non seulement
25:16vous avez les mêmes émissions
25:18mais vous avez en tendance
25:19beaucoup moins de probabilités
25:20que ça s'améliore
25:20c'est ce qu'on a fait
25:21depuis 25 ans
25:22avec des trucs dingues
25:24des usines de chimie
25:25ou de production
25:26qui évidemment
25:27consomment beaucoup d'énergie
25:28qu'on a soigneusement
25:29chassé d'Europe
25:30et qui sont allés s'installer
25:31mutatis mutandis
25:33parce qu'on n'a pas pris
25:33l'usine pour la prendre
25:34ici pour la mettre là
25:35en Australie par exemple
25:37ou en Pologne
25:37où évidemment
25:38on crame du charbon
25:39donc moi j'aime beaucoup
25:41dans la figure de Kretansky
25:43cette combinaison d'audace
25:45d'européanité incontestable
25:47mais aussi d'origine culottée
25:51c'est-à-dire qu'il est parti
25:52en faisant un truc
25:53contre-intuitif
25:54et qui reposait
25:54sur notre vertu imbécile
25:56mais bon
25:58je ferme la parenthèse
25:59est-ce que pour autant
26:00c'est mieux que ce soit lui
26:00je rappelle encore une fois
26:01qu'on a diminué
26:02les émissions carbone
26:03quand même de l'Europe
26:051-1 on en faisait très peu
26:062-2 on ne les a pas diminués
26:08si on intègre
26:09le coût carbone
26:10des produits qu'on réimporte
26:11après les avoir fait fabriquer ailleurs
26:12plutôt que de les avoir fabriquer
26:14nous-mêmes
26:15donc ça mérite en tout cas
26:16d'être nuancé
26:17moi je suis évidemment
26:18comme tout le monde
26:18je suis pour la fin
26:19de la fin dans le monde
26:20pour sauver l'humanité
26:21pour le beau temps
26:22contre la pluie
26:23pour l'amour entre les peuples
26:24donc à ce titre
26:25je pense qu'il faut diminuer
26:26les émissions de carbone
26:27mais pas à n'importe quel prix
26:28et pas en faisant semblant
26:30de les diminuer
26:30alors qu'en fait
26:31on les transfère ailleurs
26:32c'est juste ça
26:32mais est-ce que Fnac Darty
26:35c'est
26:35moi j'aime beaucoup Fnac Darty
26:37je commande que sur Fnac Darty
26:38vous voyez
26:38je pense qu'il ne faut pas commander
26:39sur Amazon
26:40si on veut la jouer souveraineté
26:41mais
26:42non mais voilà
26:43on est quand même
26:44mais
26:44je ne vois pas
26:46en quoi le service
26:47qui est rendu par Fnac Darty
26:48serait très différent
26:51s'il était chinois
26:52tchèque
26:53français
26:53je ne vois pas bien
26:54c'est pas très souverain
26:55me semble-t-il
26:56bon
26:57un commentaire
26:58non
26:58on est moins dans le critique
26:59en fait c'est ce que dit Philippe
27:00c'est-à-dire que c'est honnêtement
27:01le commerce
27:02la plateforme
27:03puisque juste l'alternative
27:04pour préciser
27:05c'était JD.com
27:06voilà
27:06le chinois
27:07qui a des ambitions
27:09notamment en Allemagne
27:10et voilà
27:10qui a des ambitions
27:11mais qui est un acteur du e-commerce
27:13et je suis entièrement d'accord
27:14avec Philippe pour le coup
27:15c'est-à-dire que
27:16honnêtement
27:16aujourd'hui
27:17qu'on soit sur un marché ouvert
27:19sur la distribution
27:20c'est pas tant la question
27:21c'est-à-dire que
27:22là on parlait du numérique
27:23qui sont des données critiques
27:24comme l'énergie
27:25comme tout à l'heure
27:27tout ce qui est
27:28donc on n'est pas sur le même plan
27:28la robotique
27:29l'humanité
27:30qui vont être vraiment
27:31des données structurantes
27:32de l'économie
27:33et qui sont extrêmement importantes
27:34bon merci
27:35merci à tous les trois
27:36on se quitte
27:38pour une très courte pause
27:39une très courte page
27:40de publicité
27:41on va parler libre-échange
27:42après avoir parlé
27:43souveraineté
27:44voilà
27:44c'est la balance
27:45alors que
27:47l'Europe vient
27:48de signer
27:49un traité
27:50très important
27:50avec les indiens
27:51on va y revenir
27:52et puis
27:52les français
27:52sont-ils plus pauvres
27:54que la moyenne
27:55des européens
27:56est-ce que c'est ça
27:56la triste réalité
27:57des choses
27:58ne quittez pas
27:59on revient dans une minute
27:59merci à tous
28:00merci à tous
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