- il y a 9 mois
Mercredi 21 janvier 2026, retrouvez Marie de Leyssac (Gérante Multi-Asset & Overlay, Edmond de Rothschild AM), Matthieu de Clermont (Directeur des investissements Assurance & Stratégies Réglementaires, Allianz GI), Florent Wabont (Économiste, ECOFI) et Arthur Jurus (Head of Investment Office Private Wealth Management, ODDO BHF) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00...
00:00Bienvenue dans Smart Bourse, votre émission quotidienne sur Bsmart for Change
00:11pour rester à l'écoute des marchés.
00:13Chaque jour, vous nous suivez en direct à 17h à la télévision via vos box.
00:17Vous nous retrouvez dans la foulée, en rattrapage, en replay sur bsmart.fr
00:21ou encore en podcast sur l'ensemble de vos plateformes préférées.
00:24Au sommaire de cette édition ce soir, Donald Trump est arrivé à Davos.
00:28Et le monde entier l'a remarqué avec un discours d'une heure et demie environ,
00:36essentiellement concentré sur les accomplissements de l'administration Trump
00:40depuis son retour au pouvoir il y a un an maintenant.
00:43365 objectifs accomplis en 365 jours.
00:48Beaucoup de sujets de politique intérieure qui ont été passés en revue par Donald Trump
00:53avec une forme d'inventaire à la prévère.
00:56Et puis bien sûr, quelques questions géopolitiques, géostratégiques un peu chaudes.
01:00On pense évidemment au Groenland et une escalade de tensions qui semble s'atténuer d'une certaine manière
01:07puisque Donald Trump n'a pas évoqué et a même plutôt exclu l'idée d'un recours à la force excessive
01:14pour prendre possession, reprendre possession du Groenland selon ses termes.
01:21Mais Donald Trump exige une négociation immédiate pour acquérir ce petit bout de banquise
01:26comme il décrit le Groenland aujourd'hui.
01:29Tout ça a plutôt eu tendance à ramener un peu de calme sur les marchés
01:34après une séance hier qui aurait été une séance quand même très mouvementée
01:38partant des marchés obligataires et avec également des conséquences sur les marchés actions.
01:43On perdait 2% hier soir en clôture sur les marchés américains
01:46qui sont en train de rebondir au moment où on se parle.
01:48Pauline Grattel vous apportera plus d'informations sur la séance en cours aux Etats-Unis
01:53et cette fin de séance également en Europe.
01:55Et puis les investisseurs en parallèle des développements à Davos
01:59suivront sans doute avec attention une série d'auditions
02:03qui se tient aujourd'hui à la Cour suprême.
02:06Est-ce que le pouvoir exécutif peut suspendre un membre de la réserve fédérale américaine
02:12dans le cadre d'une enquête judiciaire ?
02:14Ces auditions ont pour but d'éclairer le cas Lisa Cook bien sûr à la Cour suprême.
02:19Jérôme Powell assistera et participera à ces auditions.
02:23La Cour suprême ne devrait par ailleurs pas rendre de jugement dans l'immédiat
02:29sur cette affaire qui oppose, on va le dire comme ça, Donald Trump
02:32et Lisa Cook, membres du board de la réserve fédérale américaine.
02:37Enfin, dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse,
02:39quelle meilleure occasion que Davos pour s'intéresser aux vertus du modèle suisse,
02:42du modèle économique et financier suisse.
02:44Pourquoi la Suisse attire-t-elle autant de capitaux, d'entreprises, d'entrepreneurs
02:49et de talents ? Nous évoquerons ce sujet avec les équipes d'Odo BHF Suisse
02:53et Arthur Jurus qui sera avec nous en plateau dans le dernier quart d'heure de Smart Bourse.
03:08Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse,
03:10Pauline Grattel est avec nous et vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
03:13Bonsoir Pauline, Donald Trump à Davos, c'est évidemment la une de l'actualité pour les marchés.
03:18Oui, le président américain s'est exprimé à Davos évoquant de nombreux sujets
03:22allant de la politique intérieure aux questions géopolitiques du moment.
03:26Sur le Groenland précisément, il exclut le recours à la force pour l'acquérir,
03:31mais exige des négociations immédiates à ce sujet
03:33et indique qu'il demande juste un bout de banquise en échange de la paix.
03:37Donald Trump évoque une raison de sécurité nationale.
03:40Oui, Donald Trump qui tente l'approche plus transactionnelle
03:44et cela soutient les indices, en tout cas permet de mettre un plancher après la baisse d'hier.
03:49Oui, ça les fait un petit peu remonter après que le S&P 500 a connu hier sa pire journée depuis octobre dernier
03:55et a effacé tous ses gains depuis le début de l'année.
03:59Les indices américains évoluent aujourd'hui en hausse côté européen.
04:03La prudence domine, le CAC 40 qui était ancré dans le rouge
04:06tente un timide rebond après la prise de parole de Donald Trump.
04:10L'indice parisien évolue autour de 8100 points mais reste plombé par Danone
04:15qui plonge de 6% après un rappel de lait infantile à Singapour.
04:19Qu'en est-il des grands marchés macro et des marchés obligataires notamment dans ce contexte ?
04:23Le rendement américain à 10 ans se stabilise autour de 4,30% sur la partie longue.
04:29Les rendements à 20 et 30 ans qui avaient pris 10 points de base hier
04:32se stabilisent également avec un 30 ans au-delà de 4,90%.
04:36En Europe, le rendement allemand à 10 ans s'établit autour de 2,85% sur le marché des échanges.
04:43Le dollar se stabilise là aussi avec un euro dollar autour de 1,1730.
04:47L'or de son côté continue son envolée et se rapproche de 4900 dollars l'once.
04:52Et puis impossible de ne pas évoquer l'hyper-volatilité des marchés obligataires japonais également, Pauline.
04:57Oui, pour rappel, hier face aux promesses électorales de Sanae Takahashi,
05:01le marché obligataire japonais a complètement déraillé avec une envolée spectaculaire
05:05de la partie longue de la courbe.
05:08Aujourd'hui, leur état l'accalmie et les rendements se détendent fortement.
05:11Le 10 ans cède 10 points de base mais la partie super longue de la courbe reste extrêmement volatile.
05:17Le 20 ans perd 25 points de base, le 30 et le 40 ans en perd de 15.
05:21Et puis sur le terrain des marchés actions notamment, les entreprises américaines en l'occurrence
05:26commencent à publier leurs résultats et les investisseurs ont pris connaissance
05:29hier soir après la clôture américaine des résultats de Netflix arbitrés en ce moment.
05:34Oui, malgré des résultats globalement conformes aux attentes, le titre cède 3% à l'ouverture de Wall Street.
05:40Les investisseurs appréhendent les coûts liés au rachat de Warner Bros qui pèseront sur les marges à court terme.
05:45En revanche, au quatrième trimestre, le leader du streaming publie un chiffre d'affaires de plus de 12 milliards de dollars
05:51en hausse de 16% sur un an et le bénéfice net progresse de 30% sur un an grâce à une hausse des abonnés payants
05:58et des revenus publicitaires.
06:01Et puis au contraire de Netflix, United Airlines publie une copie qui est saluée par le marché.
06:05Oui, le titre est en hausse de 3% dans les premiers échanges.
06:08La compagnie aérienne fait état d'un chiffre d'affaires de plus de 15 milliards de dollars.
06:13C'est quasiment conforme aux attentes.
06:15Les bénéfices au-dessus des attentes sont soutenus par une demande accrue pour les voyages haut de gamme et pour les voyages d'affaires.
06:21Dans l'univers de la mode, Jedisport et Burberry sont en hausse après leurs résultats.
06:25Oui, commençons par Burberry qui gagne plus de 5% après avoir publié des ventes en hausse au troisième trimestre.
06:31Contrairement à ses concurrents, Burberry tire son épingle du jeu grâce à la Chine.
06:34Enfin, Jedisport gagne 4% après avoir publié des ventes en repli lors de la période de Noël.
06:41Mais une dynamique plus forte en Amérique du Nord qui a compensé la faiblesse des ventes en Europe.
06:46Quel sera le programme à l'agenda demain pour les investisseurs, Pauline ?
06:49Côté macro, on attend la publication de l'indice Core PCE de novembre, la mesure d'inflation privilégiée par la Fed
06:56ainsi que la seconde estimation de croissance américaine pour le troisième trimestre.
07:00Et côté micro, on attend les résultats de Intel et Procter & Gamble.
07:04Tendance mon ami, chaque soir en ouverture de Smart Bourse, nous retrouvons Pauline Grattel
07:08qui vous apporte les infos clés du jour sur les marchés.
07:20Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
07:23Marie Delessa qui est avec nous, gérante multi-assets et overlay chez Edmond Rothschild, Asset Management.
07:28Bonsoir Marie.
07:29Bonsoir Grégoire.
07:29Mathieu de Clermont nous accompagne également, le directeur des investissements, assurances et stratégies réglementaires
07:35chez Alliance Global Investors.
07:37Bonsoir Mathieu et bienvenue.
07:38Bonsoir, merci pour votre accueil.
07:39Merci d'être avec nous.
07:40Et Florent Vabon, habitué de l'émission, est à nos côtés également ce soir.
07:43Bonsoir Florent.
07:44Bonsoir Grégoire.
07:44C'est économiste chez ECOFI.
07:46Merci Marie, un commentaire sur ce début d'année.
07:49Et quand je dis début d'année, je pense évidemment à Donald Trump.
07:52Et je pense encore plus précisément à la séance d'hier sur les marchés.
07:57On aura l'occasion sans doute de parler du Japon.
07:59Mais c'est vrai que Trump est encore un président qui a des conséquences importantes,
08:04au moins sur quelques séances, pour les investisseurs et les marchés.
08:07Oui, alors début d'année, effectivement, plutôt agité et plutôt sous l'ère de la géopolitique.
08:13En commençant par, début de l'année, le Venezuela, l'Iran et puis maintenant le Groenland.
08:18Alors on a vu effectivement que quand ça touche des zones un peu plus éloignées de l'Europe
08:25ou des investisseurs d'une manière générale, il y a moins de conséquences sur les marchés.
08:30Là, effectivement, en regardant le Groenland, en menaçant d'imposer de nouvelles taxes douanières
08:37sur certains pays européens, les conséquences sont un peu plus importantes.
08:42Alors on a eu une séance hier agitée, mais il faut avoir en tête aussi que lundi était férié aux Etats-Unis.
08:47Oui, il est vrai.
08:49Donc en fait, mardi était l'assemblage de deux séances.
08:53Donc finalement, l'Europe et les Etats-Unis baissent à peu près de la même chose
08:58si on prend en compte les deux séances.
09:01Mais voilà, après le discours qu'on a eu cet après-midi,
09:05en mettant un peu de côté l'option militaire, calme un peu les investisseurs,
09:10en insistant sur le côté négociation et acquisition.
09:13Il n'est pas revenu sur les menaces de taxes douanières.
09:18Maintenant, c'est vrai qu'on ne peut pas non plus complètement écarter cette menace.
09:22Donc voir s'il la remettra sur le tapis ou pas dans les prochains jours.
09:28L'échéance première étant le 1er février.
09:29Bon, on reprend un peu le playbook 2025 et ses séquences tarifaires.
09:34Et c'est un peu la conclusion à laquelle on est arrivé à chaque fois.
09:37C'est-à-dire, quel que soit à l'arrivée le taux de tarif décidé ou imposé,
09:41une partie du mal est fait, en réinjectant quand même de l'attention et de l'incertitude dans l'économie et les marchés, Marie ?
09:49Oui, une partie du mal est fait.
09:51Là, c'est quand même plus concentré.
09:54On a un petit peu les mêmes réactions sur les marchés que ce qu'on avait eu après le Liberation Day du 2 avril,
09:58évidemment, avec beaucoup moins d'ampleur, parce que là, c'est un peu concentré quand même sur l'Europe.
10:07Mais cette baisse des actions, la hausse des taux, la baisse du dollar, c'est un peu le combo qu'on avait vu l'année dernière.
10:15Après, ce qu'on a vu aussi, c'est qu'après les annonces, il est aussi en posture de négociation.
10:20Et donc, je pense que c'est aussi ça qui explique une réaction, elle était marquée hier, évidemment,
10:26mais moindre, les investisseurs, ils vont peut-être de façon un peu moins forte,
10:32parce qu'ils connaissent presque l'étape d'après, on l'a déjà vécu un peu l'année dernière.
10:35Et la négociation reste évidemment, comment dire, l'option la plus évidente pour la partie européenne face à Donald Trump.
10:44Si on essaye d'extraire des discours la substance plus que le bruit,
10:51il n'y a pas d'autre option forcément que de tenter la désescalade par la négociation et l'apaisement
10:58avec notre ami américain aussi remue en soit-il, Marie ?
11:04Il pourrait aller à la confrontation, il faudrait pour ça une Europe très unie.
11:10Ce n'est pas encore tout à fait le cas,
11:11mais on voit qu'il y a une volonté de parler ensemble,
11:16mais il y a quand même toujours des voix un peu dissidentes.
11:19Donc, s'ils n'arrivent pas à avoir cette unité vraiment pour parler d'une seule voix,
11:26finalement, je pense que la meilleure option est effectivement la négociation.
11:29Florent, votre avis, votre analyse là-dessus,
11:34la négociation reste l'option principale pour les Européens dans cette affaire ?
11:39Parce que, je dis ça, évidemment, sachant qu'on entend des voix, comment dire,
11:43un peu plus dures que ce qu'on avait pu entendre après Libération Day,
11:47au moment d'une négociation d'ailleurs qui s'est conclue sur un compromis de 15% de tarifs,
11:54peut-être que tout est à refaire.
11:56Là, on sent quand même une forme d'agacement, de lassitude,
11:58et que certaines voix montrent quand même un chemin autre que celui de la seule négociation, par exemple, désormais.
12:08Vous voulez dire, par exemple, la réponse qui a été apportée par notre...
12:11Le bazooka, oui, c'est ça, voilà.
12:12C'est ça, les mesures d'inversation.
12:14On brandit des armes qu'on n'a pas brandies de manière aussi explicite,
12:18en tout cas avec des voix aussi importantes que celles d'Emmanuel Macron,
12:21voire Christine Lagarde, je crois.
12:23Oui, Ursula von der Leyen aussi a dénoncé l'idée que, effectivement,
12:27si on ne pouvait plus se fier aux accords qui avaient été passés, alors tout est perdu.
12:31La bonne nouvelle, effectivement, ça a été dit, c'est qu'il n'a pas remis sur la table
12:35ces surtaxes douanières qu'il avait prévues il y a encore quelques jours, quelques heures.
12:41Et donc, de ce point de vue-là, peut-être qu'effectivement,
12:43on a affaire à un Donald Trump qui est apaisé, je ne sais pas,
12:47je ne saurais pas qualifier exactement son attitude,
12:49mais disant qu'il est dans une phase de négociation...
12:52Enfin, on a l'impression qu'il rentre dans une phase de négociation,
12:55il y a sans doute des choses qui vont se dérouler en coulisses, également.
12:58On va voir aussi les échanges entre les différentes parties prenantes,
13:04et donc ça, c'est intéressant de voir sur quoi ça va déboucher.
13:06Après, l'enjeu, il est quand même inédit.
13:09L'enjeu, c'est d'acquérir potentiellement un territoire.
13:15Donc, que les négociations aboutissent ou non,
13:18il faudra voir la finalité de tout cela.
13:20Et si ça crée un précédent, est-ce qu'il ne va pas pouvoir être tenté de le faire ailleurs,
13:25en rebrandissant des droits de douane, etc.
13:27Bon, je ne souhaite pas ce scénario, évidemment, mais tout est possible maintenant.
13:31Nous, la question, est-ce que la voie de la négociation est encore la meilleure option pour le bloc européen,
13:36ou est-ce qu'il est temps, effectivement, quitte à souffrir soi-même,
13:41de mettre une limite ferme ?
13:43Répondre en mettant en place des mesures de coercition,
13:48de rétorsion, voilà, c'est le terme,
13:51fait partie déjà d'une négociation.
13:54C'est-à-dire que l'escalade en tant que telle
13:56fait qu'on montre qu'on est capable de pouvoir répondre.
13:59Avec un coup pour l'Europe.
14:01Avec un coup pour l'Europe.
14:01Si on reprend toutes les discussions qu'on avait l'an dernier, c'est ça.
14:05Un coup pour le monde entier.
14:07Pas que pour l'Europe, pour les Etats-Unis aussi.
14:08Alors, bien entendu, l'Europe serait la première victime de tout cela,
14:11mais les Américains aussi, le consommateur américain.
14:14Puisque, en ce début d'année, il y a aussi tout un tas d'actualités qui sont enchevêtres.
14:19C'est-à-dire qu'il y a la crise du pouvoir d'achat que Donald Trump essaie d'adresser,
14:23sa cote du popularité qui est au plus bas,
14:25l'idée qu'il a envie de verser des chèques aux ménages.
14:28Si par ailleurs, il augmente encore les droits de douane ou s'il génère encore plus d'incertitudes,
14:33crée des pertes d'emploi, ou en tout cas un marché de l'emploi qui se fragilise encore davantage
14:37alors qu'il est en train de sortir un peu la tête de l'eau,
14:40vous voyez que ce n'est pas des conséquences uniquement pour l'Europe.
14:43Donc, je pense que les enjeux sont multiples de ce point de vue-là.
14:46Alors après, est-ce que c'est la meilleure arme ?
14:48Ça, moi, je ne suis pas diplomate, je ne suis pas président de la République non plus.
14:52Et donc, de ce point de vue-là, effectivement, je n'en sais rien.
14:54En tout cas, l'unité, je pense que c'est le terme qu'il faut essayer d'afficher.
15:02En tout cas, avoir une réponse commune, ferme, a priori, c'est ce qui est en train de se dessiner.
15:06Il me semble qu'il y a un sommet qui va se dérouler.
15:08Un G7 ?
15:09Non, mais entre les Européens, je ne sais pas quelle date exactement,
15:13mais justement, on pourrait déterminer la réponse.
15:15Oui, oui, oui.
15:16Ça a apporté à tout ça.
15:16J'imagine, oui, oui.
15:17Cela dit, s'il n'en parle plus, ce n'est peut-être pas le moment de remettre ça sur le tapis.
15:22Je ne sais pas.
15:23Mathieu, vos réflexions, les enseignements de cette séquence.
15:27Et puis, encore une fois, je reviens au petit chaos de marché qu'on a connu hier.
15:32Cette idée du Cell America où on voit les actions, les obligations, la devise d'un pays,
15:38tout baisse en même temps.
15:40C'est des schémas de marché qui sont compliqués, j'imagine.
15:43Alors, c'est effectivement compliqué à gérer quand on est gérant obligataire.
15:46Cela dit, on peut aussi voir qu'il y a des opportunités qui pourraient se dessiner.
15:49Peut-être qu'on en parlera.
15:49Pour répondre à la question, il y a eu un élément très marquant qui s'est passé au Japon
15:55qui a été décrit par Pauline tout à l'heure, qui a aussi des effets dits de corrélation
15:59qui se transmettent aux autres marchés.
16:01Donc, l'Europe a souffert aussi avec ça hier et les États-Unis aussi.
16:05Et ces éléments-là, on les connaît depuis pas mal de temps.
16:07En fait, la défiance de la politique budgétaire et fiscale, elle se transmet dans les marchés de taux
16:12et par ce qu'on appelle le steepening de la courbe, donc la pontification de la courbe des taux,
16:16donc les taux longs notamment qui ne sont pas ancrés.
16:19Et par rapport à l'agenda dont on parle, il y a aussi l'agenda des banques centrales.
16:22Les cycles monétaires ne sont pas du tout les mêmes.
16:24La banque centrale américaine va peut-être ou ne pas baisser ses taux en janvier,
16:28mais elle amorce un cycle qui n'est peut-être pas fini.
16:31Ça va dépendre de ce qui se passe aussi sur les négociations des tarifs.
16:34La banque centrale européenne était plutôt dans un mode en attente,
16:37avec peut-être une option pour baisser une fois les taux.
16:40Le Japon est dans un autre cycle qui est de remonter les taux directeurs
16:44parce que c'est quelque chose qu'elle doit faire pour lutter contre le cycle inflation-salaire
16:49et avec les nouvelles annonces de réduction fiscale,
16:53qui sont un élément de soutien, on en parlera pour la consommation,
16:56ça fait une nouvelle défiance pour les marchés de taux sur la sustabilité de la dette.
17:01Qui achète cette dette ?
17:02J'ai regardé les chiffres avant de venir.
17:04Il faut se souvenir que les banques centrales sont aussi en train de réduire leur bilan.
17:07Et au Japon aussi.
17:08Le Japon, ils ont arrêté d'acheter de la dette depuis trois ans.
17:11Et cette année, ils achètent, je crois que c'est le cas, 200 milliards d'euros.
17:15J'ai calculé les liens.
17:16Oui, en euros, c'est le petit.
17:17On a fait la conversion.
17:18Mais l'année dernière, c'était de l'heure de 500 milliards.
17:20Et donc, il n'y a plus cette demande.
17:21Et les non-résidents ne sont quasiment pas présents sur ce marché.
17:24Il n'y a plus d'acheteurs stratégiques, là, sur ce marché obligatoire.
17:27Il y a entre 15 et 20% de non-résidents.
17:29Si on prend la France, un chiffre qui est bien connu,
17:31la France, il y a 55% de non-résidents qui achètent notre dette.
17:34Donc, les forces en présence ne sont pas les mêmes.
17:36Et du coup, le point positif, ça pourrait être de dire que la banque du Japon
17:40est capable aussi d'absorber sa propre dette, de repartir.
17:42Mais pour le moment, on n'en est pas là encore.
17:44Je pense que ce sera quelque chose qui viendra potentiellement plus tard.
17:46Et donc, ça, ça a des effets sur les pentes de courbe de taux.
17:49Ça peut rappeler ce qu'on avait connu au moment des questions sur l'indépendance
17:53de la banque centrale américaine, où le marché avait eu des craintes
17:56et donc avait mis ce qu'on appelle des primes de termes.
17:59Donc, on demande une rémunération supplémentaire pour porter le même risque.
18:03Et ce qui est assez normal, c'est ce qu'on voit aujourd'hui.
18:05Et donc, nous, on est plutôt sur...
18:07Enfin, sur...
18:07On attend que ce mouvement se poursuive et que les taux longs continuent à être un peu sous pression.
18:11Ça pose la question de savoir quelles sont les limites de ces politiques
18:15expansionnistes sur le plan budgétaire.
18:19Et l'exemple du Japon est très avancé, justement, en la matière.
18:22Je comprends que le marché obligataire est une limite, mais que les limites ne sont pas
18:27encore forcément atteintes.
18:29Mathieu ?
18:29Je ne la connais pas, la limite.
18:30Donc, on la connaîtra, c'est comme toujours.
18:32C'est ex-santé.
18:33Oui, on la connaîtra.
18:35Ex-santé, je ne la connais pas.
18:36Ex-poste, on la connaîtra.
18:37On dira, oui, c'était la limite qui a été atteinte.
18:40Il y a toujours...
18:42Moi, je suis investisseur de long terme.
18:45Je crois qu'il y a quand même une bonne nouvelle dans les marchés de taux aujourd'hui.
18:47On parlera peut-être des spreads de crédit, des rémunérations supplémentaires sur le
18:50crédit.
18:50Des primes de risque, surtout.
18:51Des primes de risque sur le crédit.
18:52Il y a quand même une bonne nouvelle pour un investisseur de long terme.
18:54C'est que les taux auxquels on est aujourd'hui sont des taux qui n'ont pas été vus depuis
18:5815 ans à peu près.
18:59Et donc, on est en train de régénérer du revenu pour des investisseurs.
19:02Ça ne veut pas dire que ce ne sera pas une route avec des bosses et des creux.
19:07Ça veut dire quand même qu'on est capable de porter du risque à moyen terme.
19:10Par contre, le point, pour revenir à votre point, il y a une grande défiance sur les
19:13gouvernements aujourd'hui, sur leur capacité à gérer les dépenses et les recettes fiscales.
19:19Ce qui fait dire que la dette va continuer à augmenter au premier lieu desquels les
19:24Etats-Unis, qui a une croissance de sa dette qui devient assez importante.
19:29C'est la croissance qui nous sortira de la spirale de la dette.
19:32C'est ce que disait tout à l'heure Donald Trump à Daos.
19:34Mais je reste sur le Japon.
19:35Est-ce que, alors je ne sais pas, on est à 4% sur du 30 ans japonais, c'est ça ?
19:39Oui.
19:40Est-ce que c'est déjà un rendement intéressant pour un investisseur de long terme ou pas, Mathieu ?
19:43Pour des Européens, je ne crois pas.
19:45Déjà, il y a...
19:46Le risque de change.
19:47Effectivement, il faut le risque de change.
19:48Il faut le prendre en compte.
19:49Donc, tous ces investisseurs font exactement le calcul.
19:51Est-ce que j'achète 4% au Japon, je protège mon risque de change ?
19:56Combien ça me rapporte en euros ?
19:57Alors, je n'ai pas sans tête aujourd'hui.
19:58Je ne crois pas.
19:59Par contre, il y a un élément qui est structurel aujourd'hui en Europe.
20:02C'est que la remontée des taux longs fait quand même que les investisseurs de long terme ont acheté moins de taux longs.
20:08C'est mécanique.
20:09C'est-à-dire qu'on achète des maturités plus courtes.
20:11On n'achète plus du 30 ans comme on l'achetait quand les taux étaient à zéro.
20:13On va plutôt acheter du 15 ans ou du 20 ans.
20:15Et donc, cette demande naturelle qui était là, en plus de celle qui était par les banques centrales, qui étaient là pour tenir le marché, elle disparaît.
20:22Et c'est aussi pour ça que les taux européens, ils ont remonté structurellement.
20:24C'est que l'acheteur naturel, la banque centrale européenne, elle n'est plus là.
20:27Il n'est plus positionné sur les mêmes points de courbe, en tout cas.
20:30Il n'est plus positionné et il n'est même plus là du tout.
20:32Il n'y participe plus.
20:33Ah oui, bien sûr, pour la BCA.
20:34Et on n'a pas parlé depuis le début d'année.
20:35L'élément fort qui était, c'est que les 15 premiers jours ont été une avalanche, pour utiliser un terme de saison, une avalanche d'émissions, aussi bien sur la dette souveraine que sur la dette d'entreprise.
20:46Sur le cas japonais, toujours hyper intéressant.
20:49Marie, qu'est-ce que vous dites ?
20:50On a décrit une partie de ce que les investisseurs appellent désormais le Takahashi Trade.
20:55C'est-à-dire, effectivement, la pontification de la courbe avec une partie super longue qui peut partir en vrille quand même sur quelques séances.
21:02On l'a vu encore hier.
21:04Une baisse continue de la devise.
21:06On est quasiment à 160 désormais sur le dollarienne.
21:09Et face à ça, un marché action qui, lui, performe et surperforme même.
21:15Qui surperforme.
21:16En fait, ce Takahashi Trade, c'est parce qu'elle va mettre en place une politique de dépense fiscale et de soutien fiscal à l'économie.
21:23Donc ça veut dire plus de croissance économique, plus de consommation domestique.
21:30Et donc ça, c'est favorable aux entreprises.
21:32On le voit depuis qu'elle a annoncé sa volonté de faire plus de dépenses fiscales.
21:39Et même depuis qu'elle a annoncé qu'elle voulait faire de nouvelles élections qui ont lieu début février.
21:45En fait, les investisseurs anticipent plus de résultats pour les entreprises.
21:52Et vraiment, les anticipations de hausse de résultats des entreprises japonaises ont bien progressé.
22:00Les croissances de résultats devraient être là, effectivement.
22:03Et la baisse du Yen, évidemment, aide les entreprises japonaises.
22:07Et notamment parce qu'une bonne partie de l'économie est exportatrice.
22:11Donc ça favorise.
22:13Je ne sais pas si on peut aller encore beaucoup plus bas.
22:15C'est vraiment difficile de voir l'évolution du Yen.
22:19Je pense qu'il y a de plus compliqué aujourd'hui.
22:22Mais en tout cas, en dehors de ce mouvement sur le Yen,
22:27maintenant il y aura une dynamique économique intérieure
22:30qui va aussi permettre aux entreprises de délivrer des résultats.
22:33Et donc finalement, cette hausse, elle se justifie.
22:36Et elle peut probablement continuer sur les mois à venir.
22:39Vous croyez à cette idée de la reflation japonaise ?
22:42À cette idée de la reflation et du retour de la croissance.
22:46Surtout parce qu'on a quand même eu quelques trimestres
22:47de croissance économique compliquée au Japon.
22:49Donc c'est ça qui peut favoriser les entreprises.
22:54Ça profite dans Takahichi Trade ?
22:55Ça profite à quelques secteurs particuliers au Japon, Marie ?
23:00Alors, d'une manière générale, la hausse des taux longs,
23:03la pontification de la courbe, ça va profiter plutôt aux valeurs bancaires.
23:06Donc ça, ça reste pense d'actualité.
23:09Et puis après, effectivement aussi, si on a quelques doutes sur l'évolution du Yen,
23:13on peut maintenant aller regarder sur les valeurs de consommation domestique,
23:17probablement au Japon.
23:18Oui.
23:19Bon, le thème de la reflation japonaise, on l'a peut-être déjà évoqué avec vous, Florence.
23:24Alors, on franchit une étape supplémentaire avec l'arrivée de la Première ministre,
23:29Sanae Takahichi, forte d'une popularité extraordinaire de plus de 70%,
23:33qui convoque de nouvelles élections en espérant que ça va se traduire
23:36dans la future chambre basse japonaise.
23:41Oui, ça fonctionne.
23:43Sur le plan économique ?
23:44Pour l'instant, on n'en sait rien.
23:45Il n'y a pas eu de mesures.
23:46Il n'y a pas eu d'élections.
23:48Appliquées, je dirais.
23:49Mais je pense que le programme de...
23:51Le marché y croit, en tout cas.
23:52Le marché y croit.
23:53Le marché y croit, les économistes aussi,
23:55puisqu'effectivement, les prévisions de croissance se sont un petit peu relevées,
23:58parce qu'aussi, le Japon a été frappé par l'incertitude relative à la politique commerciale américaine,
24:04et que finalement, le Japon aussi a réussi à négocier avec Donald Trump.
24:08On se souvient de sa visite et de sa rencontre avec la nouvelle Première ministre,
24:12et ça s'est a priori plutôt bien passé.
24:15Des investissements aussi ont été promis, et donc voilà, ils sont arrivés à un compromis.
24:19Donc ça, ça a relancé un peu déjà naturellement la machine, si je puis dire,
24:22avec la baisse de l'incertitude.
24:24Et s'agissant de l'inflation, très honnêtement, c'est encore très difficile de le dire,
24:27puisqu'il y a une partie de cette inflation qui provient effectivement de la baisse du Yen,
24:32et donc de l'augmentation du prix des produits importés, et aussi des matières premières.
24:36Notamment de certaines matières premières qui sont très consommées au Japon.
24:40Malgré cela, quand on corrige un peu de ces effets,
24:43on voit qu'on est quand même sur une stabilité de l'inflation dite sous-jacente,
24:48si on emploie ces termes-ci,
24:49au Japon, qui se maintient quand même à des niveaux élevés,
24:51en tout cas bien plus élevés qu'auparavant.
24:53Ça, c'est une évidence.
24:54Donc c'est ce qui a justifié aussi le fait que la Banque Centrale du Japon augmente ses taux.
24:58Et vous parliez tout à l'heure de limites.
25:00Jusqu'où peuvent aller les taux d'intérêt,
25:02et jusqu'où ça peut infléchir ?
25:04Oui, c'est ça.
25:05À partir de quel moment ça oblige à un pivot de politique économique ?
25:09La raison pour laquelle les taux ont fortement augmenté,
25:12c'est que Sanae Takashi, en plus de vouloir augmenter le budget de la défense
25:16et de mener une politique budgétaire plus expansionniste
25:18et plus en faveur des ménages qui ont été touchés négativement par l'inflation,
25:23il y avait aussi l'idée de réduire des taxes très spécifiques sur des produits alimentaires,
25:28qui sont des recettes non négligeables pour l'État japonais.
25:31Donc ça, forcément...
25:32Ça a été un peu l'étincelle d'hier, d'ailleurs.
25:34Pour les marchés.
25:34C'est exactement ça.
25:36Mais il faut savoir que l'État japonais...
25:37Ça rappelle ce moment, ce qui est encore dans tous les esprits,
25:40c'est-à-dire une expansion budgétaire pas financée,
25:43à un moment...
25:45Mais ça a été rappelé,
25:47la dette japonaise est détenue principalement par les résidents.
25:51Par ailleurs, l'État japonais s'en est assez peu à long terme
25:53et les taux réels sur des maturités intermédiaires
25:57sont négatives.
26:00Donc il faut que la boge aille plus vite ?
26:02C'est tout l'enjeu.
26:03Et donc il y a un enjeu aussi, un peu comme aux États-Unis,
26:05d'indépendance de la Banque centrale, si je puis dire,
26:07ou en tout cas de vouloir accompagner ou non
26:09cette volonté de relancer l'économie japonaise
26:12avec le risque que les pressions inflationnistes s'accroissent
26:15et s'installent davantage.
26:17Donc théoriquement, effectivement,
26:18la Banque centrale japonaise devrait continuer ce mouvement,
26:21mais en même temps,
26:22ça perturbe aussi l'équilibre des marchés financiers,
26:25notamment sur les taux longs.
26:26Et la limite,
26:27donc ça c'est la limite pour le gouvernement japonais,
26:29mais il y a la limite pour les investisseurs aussi internationaux
26:31qui profitaient de taux bas pour,
26:34enfin on le connaît,
26:35la chanson avec le Kiritrade, effectivement.
26:38C'est très compliqué
26:39et on reparle du Japon en ce début d'année,
26:41alors qu'habituellement on l'oublie un petit peu.
26:43Ah bah depuis plusieurs mois maintenant,
26:45le Japon a bonne place quand même
26:47dans l'actualité,
26:49depuis que la reflation,
26:50en tout cas l'idée de la reflation,
26:51est dans le marché japonais.
26:53D'ailleurs,
26:56quelles peuvent être les conséquences
26:57pour les marchés globaux dans leur ensemble ?
27:00Encore une fois,
27:01ce fameux Kiritrade,
27:02beaucoup de positions,
27:03alors est-ce que ces positions ont été reconstruites massivement
27:06après l'accident de l'été 2024
27:08où pas mal de positions avaient été débouquées en panique ?
27:12Mathieu,
27:13est-ce qu'il y a un potentiel de déstabilisation
27:15des marchés globaux derrière le Japon ?
27:17Alors moi, je n'irai pas sur ce terrain-là aujourd'hui.
27:21On a vu,
27:21alors les chiffres des investissements du Japon à l'étranger,
27:24on les a avec délai par le ministère des Finances japonais.
27:28On avait vu l'année dernière quand même
27:29qu'ils sont très opportunistes
27:31et notamment quand les taux longs américains s'étaient tendus,
27:33ils étaient venus racheter des taux longs américains
27:35quand ils étaient de nouveau autour de 5% sur le 30 ans équivalent.
27:39Donc ça, on avait vu ces flux-là.
27:41Donc là, il faudra voir.
27:42C'est vrai que s'ils ont des niveaux autour de 4, 4,5 localement,
27:45peut-être qu'ils feront plus ce trade,
27:48ces investissements à l'étranger.
27:49Mais ça, encore une fois, je n'ai pas cette vision-là.
27:53Déstabiliser, comme je vous l'ai dit,
27:55les investisseurs internationaux aujourd'hui,
27:56ils ne détiennent qu'une toute petite partie de cette dette.
27:59Par contre, c'est une dette qui est du coup manipulable en quelque sorte
28:03puisqu'elle est moins liquide sur la partie.
28:04C'est pour ça qu'on a ces éléments de volatilité qui sont présents
28:07sur la partie intermédiaire, c'est quand même plus stable.
28:11Là où, moi, je pense que ça peut déstabiliser,
28:13c'est si la volatilité,
28:14donc les mouvements qu'on a décrits tout à l'heure,
28:17sont beaucoup plus présents qu'ils n'étaient dans les 3 ou 4 derniers mois
28:19puisque tous les fameux carry trade,
28:21donc le fait de porter des taux d'intérêt,
28:23on a juste le risque de cette volatilité.
28:25Et si on touche ces points-là,
28:27les gens sont obligés de vendre.
28:28Et là, effectivement, il y a moins de profondeur.
28:31On n'en est pas encore là.
28:32On n'en est pas encore là.
28:33Mais oui, le marché est corrélé.
28:34Il y a des mouvements qui jouent en adéquation.
28:38Vous dites d'ailleurs, dans la séance d'hier,
28:40beaucoup, beaucoup s'est joué,
28:42la déflagration vient du Japon.
28:44Le matin, pour moi, ça vient du Japon.
28:46Et si on n'avait pas vu le Japon,
28:47on pouvait se demander ce qui se passait sur le marché européen.
28:49Si je peux me permettre de rajouter quelque chose,
28:51c'est qu'effectivement, il y a la question du carry trade
28:54et des arbitrages qui sont faits au niveau international,
28:57mais rien n'arrive, toute chose égale par ailleurs.
28:59Si on se souvient, par exemple, de l'été 2024,
29:01où on avait eu un débouclage de ces positions,
29:04parce qu'il y a aussi des petits indicateurs
29:06aux Etats-Unis sur l'emploi, c'est ça ?
29:09C'est jamais toute chose égale par ailleurs.
29:11Il faut qu'il y ait plusieurs étincelles,
29:13parfois à des endroits éloignés,
29:15pour que quelque chose se produise de ce point de vue-là.
29:17Donc une surprise très négative, entre guillemets,
29:20sur la politique monétaire du Japon,
29:22d'un coup, d'un seul,
29:23qui ne deviendrait plus encline
29:25à augmenter les taux d'intérêt,
29:27là, ça pourrait créer des problèmes.
29:30Mais on n'a pas l'impression que c'est ce qui est en train de se profiler.
29:34On va toujours vers une normalisation très progressive
29:36de la politique monétaire au Japon.
29:37Donc pas de hausse de taux cette semaine ?
29:39Non.
29:39A priori, c'est pas attendu ?
29:41Ça pourrait accélérer.
29:42Moi, je pense qu'il y en aura un tout petit peu plus
29:43que ce que le marché anticipe,
29:45en tout cas dans l'intervalle qui est prévu,
29:48mais de manière très graduelle, encore une fois,
29:50et mesurée.
29:51Maintenant, ils montrent les taux de 25 points de base.
29:52C'est comme des gants, quoi.
29:55Tout change.
29:57J'ai déjà expliqué ici que je n'imaginais pas de ma carrière
30:01voir le Japon sortir de cette déflation.
30:04On va parler de la déflation japonaise pendant 20 ans,
30:07et je n'imaginais pas un jour que ce soit possible.
30:10Venons-en au cas européen, peut-être,
30:12sur le plan de l'investissement, Marie.
30:14Comment vous envisagez la Chai Drame cette année 2026 ?
30:17Force et faiblesse, un peu, du cas d'investissement
30:20actions européennes, notamment,
30:23partant d'une Europe boursière
30:25qui a plus que bien tenu son rang,
30:27j'ai envie de dire, l'an dernier.
30:29Oui, pour une fois.
30:31Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas connu ça.
30:34En fait, il y a quand même quelques facteurs,
30:37on va dire, positifs sur l'environnement européen,
30:39même global.
30:40Le premier, c'est les dépenses fiscales.
30:43Alors ça, on en voit partout.
30:44On a parlé du Japon, des États-Unis,
30:46mais en Europe aussi.
30:47notamment, beaucoup sur la défense,
30:51mais plus globalement aussi.
30:53Donc ça, c'est un premier point
30:54qui peut venir un peu soutenir la croissance.
30:58Et puis, avec tout cet environnement
31:00géopolitique volatile,
31:02il y a aussi un retour de la souveraineté,
31:04qui est aussi un thème global, mondial,
31:07mais qui, là aussi,
31:09entraîne des investissements
31:10dans certains secteurs.
31:12On aime bien mettre en avant
31:16plutôt les petites et moyennes entreprises
31:18en Europe,
31:20parce qu'elles peuvent bénéficier justement
31:22de tout cet environnement.
31:24Elles sont aussi plus domestiques.
31:26Donc, si on doit avoir affaire
31:27à un environnement géopolitique,
31:29à des retours de crainte,
31:30de taxes douanières,
31:31peut-être qu'elles seront un peu moins
31:32impactées par ces déclarations-là.
31:35Elles sont moins dépendantes aussi
31:37en conséquence de l'évolution de la devise.
31:40Et puis, souvent,
31:42elles sont un peu plus cycliques.
31:44Et donc, si on a une croissance
31:45qui se tient,
31:46on n'attend pas un rebond fort
31:49de la croissance européenne en Europe.
31:50Malheureusement, on n'en est pas encore là.
31:52Mais voilà, avec une économie qui se tient,
31:54elles devraient aussi en profiter.
31:55Elles sont toujours largement moins chères
31:57que les grandes capitalisations.
31:59On avait vu ce phénomène
32:00en première partie d'année l'année dernière.
32:03Ça s'est tassé sur la seconde partie de l'année.
32:06Et donc, du coup, ça nous paraît
32:07être des bons points pour revenir sur ce thème-là.
32:09Il y a un risque un peu asymétrique,
32:10vous dites, sur cette classe
32:11des small et mid-cap,
32:13avec l'idée quand même
32:14qu'on retrouve de la croissance bénéficiaire.
32:16Que cette année,
32:17on va enfin pouvoir afficher
32:18une croissance bénéficiaire positive
32:20au 31 décembre.
32:23Oui, c'est vrai que l'année dernière,
32:24on n'a pas eu de croissance bénéficiaire en Europe,
32:27mais parce qu'on avait
32:28en grande partie, déjà,
32:31le facteur négatif de la devise.
32:33On a vraiment pesé sur la croissance bénéficiaire.
32:35On dit que c'est entre 3 et 5 %,
32:37donc c'est quand même assez matériel.
32:38On ne s'attend pas à un rebond du dollar.
32:41Nous, on est plutôt sur le moyen long terme
32:43à une baisse encore un peu du dollar,
32:45mais pas dans les mêmes proportions
32:46que ce qu'on a eu en 2025.
32:48Et donc ça,
32:48ça sera un facteur négatif en moins
32:50pour les résultats,
32:52parce qu'évidemment,
32:53on regarde d'année sur année.
32:54Donc, c'est la variation d'une année sur l'autre
32:56qui importe sur les croissances bénéficiaires.
32:59Donc ça, c'est quelque chose quand même
33:00qui devrait aller dans le bon sens.
33:02Alors, la question,
33:05on pensait qu'on aurait peut-être
33:06un peu moins de discours
33:07justement sur les taxes douanières.
33:09Ça a l'air de revenir un peu
33:10sur le devant de la scène.
33:11Ça, c'est effectivement la question.
33:13Si on a 15, 10 ou 25 %,
33:16ça peut retirer les calculs
33:18des différentes maisons.
33:19C'est entre 10, 0,20
33:22et puis au plus 0,5 % de croissance.
33:25Donc effectivement,
33:25ça pourrait avoir un impact quand même.
33:27On revient avec le risque
33:29de 25 % de tarifs supplémentaires
33:31sur les scénarios adverses
33:33qu'on avait déjà l'été dernier
33:34au moment de la négociation
33:35entre l'Union européenne
33:37et les États-Unis.
33:39Sur le cas européen,
33:40qu'est-ce qui vous intéresse, Mathieu,
33:42dans votre domaine ?
33:43Je rappelle,
33:43vous dirigez les investissements
33:44assurances,
33:45notamment d'Allianz Global Investors.
33:48On peut parler du crédit.
33:50Vous évoquiez tout à l'heure
33:51ces spreads,
33:52donc ces primes de risque
33:53par rapport à l'actif refuge
33:54qui sont très faibles aujourd'hui,
33:56peut-être au plus bas ever,
33:57en tout cas proches
33:58des plus bas ever.
33:59Est-ce que ça fragilise
34:01la thèse d'investissement
34:02dans le crédit,
34:03dans la dette d'entreprise ?
34:04Vu comme ça,
34:05ça la fragilise.
34:06Le point que j'aime souligner
34:08en début d'année,
34:08c'est qu'on est parti sur,
34:09on va prendre le taux allemand
34:10à 3 % en sortant du 10 ans,
34:12ce qui est quelque chose
34:13qui n'était pas arrivé depuis longtemps.
34:13Donc ça nous donne un peu de visiter,
34:15même si on s'inscrit
34:15dans ce qu'il vient de dire,
34:16c'est-à-dire qu'on pense
34:16que la croissance ne devrait pas s'effondrer.
34:18Les négociations tarifaires
34:19dont on parle là,
34:20ce serait 0,2 à 0,3 %
34:21de croissance en moins
34:23pour la zone euro.
34:24Donc ça,
34:25effectivement,
34:25ce ne serait pas bon,
34:26mais en tout cas,
34:27on est en cycle
34:28de normalisation des taux.
34:29Donc même si les taux
34:30montent encore un peu
34:31d'ici la fin de l'année,
34:33on ne perdra pas tout
34:33ce qu'on va toucher
34:34en termes de revenus
34:35sur les obligations.
34:37Ce qu'on observe,
34:38c'est que les taux souverains,
34:40il y a quelques défiances.
34:41La France en a fait partie,
34:42peut-être un peu moins aujourd'hui.
34:45La dette allemande,
34:47pas encore,
34:47mais si jamais la spirale
34:48que connaissent d'autres pays
34:50de la zone euro,
34:51non mais si un jour...
34:52Sur-endettement allemand.
34:53Il n'y a pas encore là.
34:54Oui, il n'y a pas de marge.
34:55C'est-à-dire que c'est très bon,
34:57c'est très bon,
34:58mais potentiellement,
34:58il y a des gens qui s'est rejoint,
34:59mais ça reste la dette
34:59de meilleure qualité.
35:00Donc il y a des gens
35:00qui reviennent sur cette notion-là.
35:02Et pourquoi je parle de qualité,
35:04c'est que ce qu'on observe,
35:05c'est que sur le crédit,
35:06pour répondre à notre question,
35:07les gens remontent un peu
35:08en qualité de crédit.
35:09C'est-à-dire que ce qui était triple B,
35:11les gens vont remonter
35:11un tout petit peu
35:12et peut-être aller moins chercher
35:14ce qui, à l'époque,
35:15était dans ce qu'on appelle
35:16l'investment grade,
35:17donc la partie basse
35:18avec des rendements plus élevés.
35:20Et maintenant,
35:20on sécurise un petit peu
35:21les portefeuilles
35:21au cas où la volatilité revient,
35:24au cas où on a des petits accidents
35:25de parcours
35:25sur certaines entreprises.
35:27Et pour être un peu résilient,
35:28si jamais les choses
35:29se passent un peu moins bien.
35:31Cela dit, non,
35:32on est positif.
35:32Et le dernier moment
35:33que j'ai souligné,
35:34c'est qu'on maintient
35:34une énorme ou une très forte
35:36granularité dans les portefeuilles.
35:38Donc on continue
35:38à aller dans tous les secteurs.
35:40Il y a des secteurs
35:40qui vont être un peu immunisés,
35:42il y en a d'autres
35:42qui se feront moins.
35:43La consommation,
35:44ça peut être un secteur
35:45qui peut rester immunisé
35:46parce qu'il y a toujours
35:46de la consommation.
35:47Pas de biais trop forts.
35:48Pas trop de biais trop forts.
35:49Les biais qu'on a eus par le PC,
35:50c'était notamment les financières.
35:52La courbe des taux,
35:53c'est un élément de soutien
35:54incroyable,
35:55comme tous les ratios de capital
35:56qu'ont les banques aujourd'hui.
35:57C'est des éléments de soutien
35:58qui sont très forts
35:59pour les banques européennes.
36:00Donc c'est des choses
36:00qu'on a maintenues,
36:01mais la compression
36:02et la convergence
36:03fait qu'il y a moins de gras
36:05et si je peux dire,
36:06de jus à retirer de ça
36:07comme aller sur la dette italienne
36:09aujourd'hui.
36:10C'est beaucoup moins juteux
36:11que ce que ça a été
36:11par le passé.
36:12Dans une séance comme hier,
36:13le crédit européen
36:15notamment tient bien.
36:16Ça s'écartait un peu quand même.
36:18Ça s'écartait un peu de flux.
36:19Par contre,
36:19ce qu'on a vu,
36:20c'est qu'il n'y a pas eu
36:21d'émission ou quasiment pas
36:22d'émission sur le marché primaire
36:23et ça, c'est quand même
36:23un indicateur d'appétit
36:24pour le risque.
36:25Hier, ça s'est calmé.
36:26Aujourd'hui,
36:26ça repartait tranquillement
36:32est très faible.
36:33C'est-à-dire qu'il y a
36:34beaucoup d'argent,
36:35beaucoup d'investissement à faire
36:36et dès qu'il y a un petit écartement,
36:37les gens viennent et achètent.
36:38Donc, on sent qu'il y a quand même
36:39un gros appétit pour le taux
36:41ou les taux en général.
36:43Et il y aura de la place
36:43pour tout le monde ?
36:44J'allais dire,
36:45les souverains européens
36:46vont émettre de la dette
36:47comme jamais, évidemment,
36:48au cours de 2026.
36:49Les entreprises, sans doute aussi,
36:51avec de nouveaux acteurs
36:52qui arrivent sur ce marché de la dette.
36:53On les a déjà connus l'année dernière,
36:55c'est-à-dire que notamment
36:55les Américains,
36:56on n'en a pas parlé,
36:5710 euros liés à l'IA
36:58et au financement des infrastructures IA.
37:01Ça passe ?
37:02Il y a de la demande
37:03pour tout le monde, là ?
37:04Il y a un élément,
37:06c'est que les financements de l'IA,
37:09c'est des choses tangibles.
37:10On ne vend pas des abonnés de téléphone.
37:12On vend vraiment des revenus
37:13et donc on vient se financer
37:14pour faire des capex.
37:16Et puis, c'est des positions
37:17qu'on n'avait pas dans les portefeuilles.
37:18Donc, il y a un peu de place
37:19en termes d'appétit pour l'IS
37:20sur ces noms-là.
37:22Après, oui, je pense qu'il y a toujours
37:23de l'appétit.
37:23Si tout se mettait à se décaler
37:25en même temps,
37:25mais on n'en est pas là
37:26et je ne veux pas être alarmiste.
37:27Il y aurait des éléments tangibles
37:29mais pour le moment,
37:30on n'en est pas là.
37:31Et puis, il y a toujours
37:31ce flux de remboursement
37:32qui arrive et qui permet
37:33de restructurer les portefeuilles
37:35et de les repositionner.
37:36Sur le cas européen,
37:37qu'est-ce qui vous intéresse
37:39aujourd'hui, Florent ?
37:41Les réunions de Banque Centrale
37:42arrivent d'ici quelques jours
37:44ou semaines maintenant.
37:45Je crois que c'est début de férile,
37:46il me semble,
37:46pour la Banque Centrale Européenne.
37:48On verra comment se développe
37:49ce qui est en train
37:49de se jouer à Davos.
37:51Mais est-ce que la réinjection
37:55de tensions,
37:56d'incertitudes tarifaires,
37:58est-ce que ça peut amener
37:59la BCE à bouger
38:01dans son discours au moins ?
38:03Et puis, je me souviens également,
38:05là, on a fait les comptes
38:06de l'année 2025
38:07avec un excédent commercial chinois
38:08délirant, historique.
38:10En enlevant l'énergie
38:11de la balance commerciale chinoise,
38:13on a 2 000 milliards de dollars
38:15d'excédent commercial chinois.
38:17Enfin, c'était un argument
38:19utilisé par la BCE à un moment
38:21pour être justement
38:22un peu plus baissière
38:23dans sa fonction de réaction
38:25sur les taux,
38:26en disant, oui,
38:28ces réallocations de flux commerciaux
38:29de la Chine vers l'Europe,
38:31c'est une pression à la baisse
38:32pour l'inflation.
38:34On l'a moins entendu récemment.
38:35Tout à fait,
38:36tout comme la hausse de l'euro
38:38en est une autre,
38:39mais qui finalement n'a pas encore,
38:41à part sur les prix de l'énergie,
38:42n'a pas encore porté ses fruits,
38:44si je puis dire.
38:45Pas d'impact visible.
38:46Il n'y a pas eu d'impact visible
38:47comme si le canal du taux de change
38:49avait été un peu enrayé.
38:51Donc ça, c'est plutôt
38:51entre guillemets la bonne nouvelle
38:52et c'est ce qui a aussi incité
38:54les membres les plus faucons
38:56à adopter une posture d'attente.
38:59Effectivement,
38:59ce qui se passe en ce moment
39:00avec le Groenland,
39:02ça rajoute de l'incertitude
39:03et ça rajoute la possibilité,
39:05ça a été dit,
39:06qu'il y ait un peu moins de croissance.
39:08Mais dans le cas
39:10où des mesures de rétorsion
39:11sont appliquées,
39:13ça peut vouloir dire aussi
39:13potentiellement un petit peu plus
39:15d'inflation.
39:16L'équilibre est toujours assez ténu.
39:28En l'occurrence,
39:29ce que l'on pense, nous,
39:31c'est qu'à très court terme,
39:34tout comme ça a été le cas
39:35au moment des négociations
39:37avec Donald Trump,
39:37ça n'aura pas d'incidence particulière
39:39sur la politique monétaire
39:41de la Banque Centrale Européenne.
39:42Elle reste dans un credo
39:43où elle dit que les taux
39:45sont bien positionnés,
39:46qu'elle voit que de toute manière
39:47l'inflation est déjà passée
39:49en dessous de 2% sur le mois de décembre
39:51avec le chiffre définitif,
39:521,9% pour être précis.
39:54Ce sont des effets de base énergétique
39:55qui étaient largement anticipés
39:58et on le sait que cette tendance
40:00va se poursuivre sur la première partie
40:02de l'année,
40:02sur le premier trimestre 2025.
40:03Mais qu'ensuite,
40:04les effets de base
40:05vont être moins favorables
40:07ou défavorables,
40:08ça dépend de quoi on l'entend,
40:09et que les choses vont s'inverser,
40:11la tendance va s'inverser.
40:12Donc ça, c'est des choses
40:13qui sont bien connues.
40:14Et puis par ailleurs...
40:15Mais la BCE,
40:15quand même par rapport à ça,
40:16elle nous dit à la fois
40:17que je suis data-dépendante,
40:18mais en même temps,
40:19je suis capable de regarder
40:20à travers plusieurs mois
40:21d'inflation qui s'éloignerait
40:23de la cible
40:23parce que je projette que...
40:27À mon sens,
40:28il faudrait qu'il y ait...
40:29Alors je sais bien
40:30que son mandat n'est uniquement porté
40:32que sur la stabilité des prix,
40:34mais à mon sens,
40:34il faudrait qu'il y ait vraiment
40:35une détérioration en deux dimensions.
40:37Vraiment, inflation, croissance.
40:38Et activité.
40:39Or, le sujet,
40:41c'est que les prévisions de croissance
40:42ont été révisées à la hausse.
40:44Nous,
40:44ça peut peut-être un petit peu
40:45nous différencier ici aujourd'hui,
40:47c'est qu'on est encore
40:48plus optimistes que le consensus
40:49sur la croissance européenne,
40:51plus optimistes encore que la BCE.
40:53Pas énormément,
40:55pas beaucoup plus,
40:56mais un peu plus.
40:57Donc ça,
40:58ça peut vouloir dire aussi
40:59qu'il y a moins de nécessité
41:02de laisser les taux,
41:03sachant que quand on arrive
41:05sur quelque chose
41:06qui est considéré,
41:07d'après la Banque Centrale Européenne,
41:08comme étant le taux neutre,
41:09c'est-à-dire qu'on conserve
41:11aussi des munitions
41:12pour pouvoir abaisser les taux
41:14en dessous de ce niveau
41:15en cas de dégradation
41:17prononcée de l'activité.
41:18De choc.
41:18Après,
41:19il faut toujours
41:20essayer de mettre
41:22l'émotionnel de côté,
41:23entre guillemets,
41:24ou se dire qu'effectivement,
41:26on aimerait bien
41:27que la BCE fasse ceci
41:29ou fasse cela.
41:29C'est pas la bonne manière
41:30de réfléchir.
41:31Je vous l'accorde.
41:31Quand on prévoit,
41:33quand on tente de prévoir
41:34ce que va faire
41:35la Banque Centrale Européenne
41:36et qu'ensuite,
41:36on essaie d'envisager
41:37les possibilités
41:38que ça puisse avoir
41:39sur les portefeuilles
41:40de nos clients,
41:40par exemple,
41:42c'est un autre exercice.
41:43Donc nous,
41:43on considère que c'est plutôt
41:44le statu quo
41:45qui va prévaloir.
41:46Et en début d'année,
41:47je vais peut-être vous étonner,
41:48on était,
41:49même en fin d'année dernière,
41:50en fait,
41:50on était plutôt sur l'optique
41:51de se dire
41:52qu'il était même possible
41:53que le prochain mouvement
41:54soit une hausse
41:56d'ici la fin de l'année
41:572027.
41:59Parce qu'on est plus positif
42:00sur le cycle européen.
42:02Et même sur le cycle
42:03hors des Etats-Unis.
42:04Si c'est parce qu'on a
42:05une meilleure croissance nominale,
42:07c'est bien qu'on remonte
42:08les taux en son euro.
42:10La séquence d'un point de vue
42:11de l'allocation d'actifs,
42:12c'est qu'on est toujours
42:12favorable aux actifs risqués,
42:14plus particulièrement
42:14tout ce qui est en dehors
42:15des Etats-Unis,
42:16notamment l'Europe,
42:17la zone euro,
42:18comme l'an dernier.
42:19De ce point de vue-là,
42:20on n'a pas changé,
42:20mais c'est vrai que ce début d'année
42:22perturbe un peu l'exercice.
42:24Oui, oui,
42:24même si être le moins possible
42:27sur les actifs américains
42:28est plutôt une bonne stratégie.
42:30On l'a vu,
42:31en Asie,
42:32ça a quand même moins tangué.
42:34Mais même aux Etats-Unis,
42:35diversifier a été une bonne stratégie
42:36depuis le début de l'année.
42:37Quand on regarde
42:38les fameux 7 magnifiques,
42:39ils sont en retrait.
42:41Tandis qu'un indice
42:42est quipondéré,
42:43lui,
42:43t'es plutôt dans le positif,
42:44en tout cas,
42:44quand j'ai regardé les chiffres.
42:45Oui, oui.
42:46Voilà.
42:47Comment on aborde,
42:48justement,
42:49ce marché américain
42:50en termes de stratégie
42:51d'investissement,
42:52Marine ?
42:52Je pense que
42:53le maître mot,
42:55pour nous,
42:55c'est diversification.
42:56D'accord.
42:57Vraiment,
42:58pour cette année,
43:00on a eu encore
43:01l'année dernière
43:02des performances
43:02très concentrées
43:04sur les dix premières valeurs,
43:07avec des performances
43:08quand même
43:08très différenciées
43:09entre les valeurs.
43:10Il y a eu des gros écarts.
43:13Et on pense
43:14que cette année,
43:15on aura quand même
43:15un peu plus
43:16d'élargissement
43:18des performances
43:19aux autres secteurs,
43:20à ce qu'il y a moins
43:20bien performé.
43:21dans certains secteurs,
43:25je ne sais pas,
43:25comme la santé,
43:25par exemple,
43:26il y a peut-être déjà
43:26des mauvaises nouvelles
43:27qui sont prises en compte.
43:29Alors,
43:29on revient à la thématique
43:30des taxes douanières,
43:31mais...
43:32Il a reparlé du prix
43:33des médicaments.
43:33Il a reparlé
43:34du prix des médicaments,
43:36effectivement.
43:37Mais voilà,
43:37il faut essayer
43:39d'élargir un peu
43:40l'horizon de l'investissement,
43:41d'aller voir plus loin.
43:42Ce n'est pas pour ça
43:42qu'il faut sortir
43:43de la tech ou de l'IA,
43:44même sur cette thématique-là.
43:46Il faut aller
43:47essayer d'élargir
43:48la thématique
43:49et trouver
43:50les gens qui arriveront
43:51vraiment à monétiser
43:52l'IA.
43:54Ceux qui vont...
43:56Là où les cas d'usage
43:57vont être
43:57les plus intéressants
43:59et comment les entreprises
44:00vont se saisir,
44:01effectivement,
44:01de ce que l'IA
44:02permet de faire
44:02aujourd'hui.
44:04Sur le marché américain,
44:05obligataire notamment,
44:06Mathieu,
44:07est-ce qu'il y a l'idée
44:08qu'on cherche quand même
44:09à aller prendre
44:10un peu de duration
44:11à un moment ?
44:11Alors, duration,
44:12pas trop,
44:12mais on est plus sur des...
44:14En fait,
44:14on traduit la duration
44:15dans la forme
44:15de la courbe des taux
44:16et donc on a
44:17une plus grande conviction
44:18dans le fait que la courbe
44:18doit continuer
44:19à se quantifier
44:20parce que les investisseurs
44:22ont...
44:22De quelle manière ?
44:23C'est les taux courts
44:23qui baissent ?
44:24Alors, là, justement,
44:25aux Etats-Unis,
44:25c'est un cas intéressant
44:26parce que les taux courts
44:27vont baisser,
44:27on en est sûr,
44:29on n'a pas parlé
44:29de l'indépendance
44:29de la faute,
44:30mais potentiellement,
44:31le prochain gouverneur,
44:31il baissera les taux
44:32et ça, ça tire les taux courts.
44:34Cela dit,
44:35c'est très anticipé
44:36par les marchés
44:37donc il y a beaucoup
44:37de choses qui sont anticipées.
44:39Par contre,
44:39les taux longs,
44:39c'est quelque chose
44:40qui est plus volatile
44:41par définition
44:42et qui fait que c'est
44:43moins aussi sous le contrôle
44:44de la banque centrale.
44:45Donc, s'il y a un peu
44:45plus d'inflation,
44:46un peu plus de croissance
44:47si jamais M. Trump,
44:48par exemple,
44:49sur le premier semestre,
44:50ça peut faire
44:51que la courbe
44:52se pontifie.
44:53Par contre,
44:53si on a tort
44:54et qu'il y a de la récession,
44:56ce n'est pas du tout
44:56notre cas,
44:57la courbe devrait s'aplatir
44:58mais ce n'est pas
44:58la position qu'on a
44:59et on joue à peu près
45:00la même chose
45:00en zone euro.
45:01Merci beaucoup à vous trois
45:02d'avoir été les invités
45:03de Planète Marché ce soir.
45:04Marie Delessa,
45:05qui est gérante
45:05multi-assets et overlay
45:06chez Edmond Rothschild
45:08Asset Management,
45:08Florent Wabon,
45:09économiste chez ECOFI
45:10et Mathieu Declermont,
45:12directeur des investissements
45:13Assurance et stratégie réglementaire
45:15d'Allianz Global Investors.
45:26Le dernier quart d'heure
45:28de SmartBourg
45:28chaque soir,
45:29c'est le quart d'heure
45:29thématique
45:30et hasard du calendrier.
45:31Nous allons nous intéresser
45:32à la Suisse
45:33et aux vertus
45:35de l'économie suisse
45:36et du modèle économique
45:37suisse,
45:38Made in Switzerland
45:39à l'occasion de la sortie
45:40de ce livre
45:41et de la venue à Paris
45:42d'Arthur Jurus
45:43qui est à mes côtés.
45:44Bonsoir Arthur.
45:44Arthur, pardon.
45:45Vous êtes Head of Investment Office
45:47Private Wealth Management
45:48chez Odo BHF
45:49en Suisse,
45:50justement,
45:51pendant que les grandes secondes
45:52sont réunies à Davos,
45:53vous venez nous voir
45:54en France,
45:55Arthur,
45:56pour évoquer donc
45:57avec votre co-auteur
45:58André Leman
45:58ce qui fait le
45:59Made in Switzerland.
46:00Alors évidemment,
46:01on a tous,
46:02on connaît
46:03de plus ou moins près
46:04le modèle suisse
46:05mais j'aimerais bien
46:06qu'on revienne
46:06sur effectivement
46:07ce qui caractérise
46:08le modèle économique
46:08suisse
46:09et sur quoi
46:10est-ce qu'il se fonde ?
46:11Qu'est-ce qu'il fonde
46:12ce modèle économique
46:13si vertueux
46:14en tout cas
46:14vu de notre côté
46:16des Alpes,
46:17Arthur ?
46:17C'est surtout
46:18la stabilité,
46:19la stabilité politique,
46:20fiscale,
46:21juridique
46:21qui attire des entreprises
46:22qui permet ensuite
46:23de développer une économie
46:24de manière structurelle
46:25et surtout dans la recherche
46:27et le développement.
46:28Donc c'est une stabilité politique
46:29parce qu'il y a
46:30une culture de la démocratie
46:31très consensuelle,
46:32il n'y a pas vraiment
46:33un président,
46:33ça change toutes les années,
46:34il y a plusieurs parties
46:35qui partagent
46:36la direction du pays
46:37et puis ça amène
46:39surtout une visibilité
46:40fiscale importante
46:40avec très peu
46:41de nouveaux textes
46:42et donc concrètement
46:44à la fin pour l'entreprise
46:45quand il s'agit
46:45d'aller s'installer
46:46par exemple
46:47pour l'entreprise
46:47américaine en Europe
46:48souvent le choix
46:49de la Suisse
46:49est le meilleur compromis
46:50parce que plus
46:51de visibilité fiscale,
46:52une fiscalité attractive
46:53également
46:54et derrière ça permet
46:55sur long terme
46:56d'investir
46:56et surtout
46:57en recherche
46:58et développement.
46:58Et j'allais dire
46:59dans le monde actuel
47:00rien qu'en maintenant
47:01c'est quelques facteurs
47:03de stabilité
47:04vu ce qui se passe autour
47:05tout de suite
47:06c'est un modèle
47:07qui devient de plus en plus
47:08rare et unique
47:09Arthur,
47:09on peut le dire comme ça ?
47:10En tout cas
47:11le pays offre
47:13de la visibilité
47:14et dans le contexte actuel
47:16c'est vraiment
47:16cette visibilité
47:17qui souvent pénalise
47:18d'autres économies
47:19donc encore une fois
47:20l'approche fiscale
47:22l'approche économique
47:23ça permet déjà
47:24de savoir
47:24que en Suisse
47:25on pourra trouver
47:26de la main d'oeuvre qualifiée
47:27on pourra trouver
47:28du financement
47:29des capitaux
47:29et surtout
47:30on pourra éviter
47:31une érosion trop rapide
47:32du capital
47:33avec une inflation
47:33qui est très stable
47:35et en ce moment
47:36extrêmement faible
47:37à 0%
47:37et donc ça permet
47:39de voir
47:41le futur
47:41avec beaucoup plus
47:42de visibilité
47:43et donc
47:44d'engagement
47:45de la part des entreprises
47:46De sérénité
47:47Comment ça se traduit
47:48concrètement ?
47:48C'est-à-dire
47:48quels sont
47:50les secteurs économiques
47:52où la Suisse
47:53a bâti des positions
47:54fortes
47:55sur ces piliers
47:56de stabilité
47:57de neutralité
47:58comment ça se traduit
48:00également
48:01peut-être
48:02dans la dimension
48:04financière
48:04également
48:06Arthur ?
48:07Alors les secteurs
48:08les plus connus
48:09on va dire
48:09c'est le secteur
48:10de la santé
48:10qui a émergé à Bâle
48:11on a également
48:12le secteur
48:13de tout ce qui est
48:14alimentation
48:15par exemple
48:15une entreprise
48:15comme Nestlé
48:16le secteur
48:17de l'industrie
48:17qui est souvent méconnu
48:18mais qui est
48:19l'un des plus importants
48:20en fait
48:20sur l'économie Suisse
48:21surtout les moyennes
48:22capitalisations
48:22et puis évidemment
48:24le secteur financier
48:25que ce soit
48:26des financières
48:28pures
48:28des banques
48:29ou bien
48:29et surtout
48:30des assureurs
48:30puisque finalement
48:31c'est l'un des rares pays
48:32qui recouvre
48:33quatre grands leaders
48:34internationaux
48:35dans différents sous-segments
48:36assurantiels
48:36donc il y a une culture
48:38certes financière
48:39historiquement
48:40pharmaceutique
48:40chimie
48:41et puis l'industrie
48:42qui est encore une fois
48:43le plus méconnu
48:44il y a des écosystèmes
48:45très partagés
48:46dans le pays
48:47que ce soit à Genève
48:48que ce soit à Lausanne
48:49que ce soit aussi
48:50entre Zurich et Berne
48:51finalement
48:51et puis évidemment
48:52Zurich et Bâle
48:53et cette industrie
48:54extrêmement dynamique
48:55et en particulier
48:56s'appuie sur des partenariats
48:57publics, privés
48:58c'est une industrie
49:00qui n'est pas uniquement
49:00suisse
49:01qui est européenne
49:01qui est souvent américaine
49:02aussi
49:03donc il y a un vrai écosystème
49:05qui fait que l'économie
49:06peut être vertueuse
49:07mais pas de manière
49:08centralisée
49:08sur l'ensemble du territoire
49:09et on voit aussi ça
49:10on voit des usines partout
49:11en fait
49:12c'est-à-dire pour ceux
49:13qui ont la chance
49:13de se balader en Suisse
49:14de temps en temps
49:15non mais on a tous
49:15des images
49:16de cartes postales
49:17un peu en tête
49:18Arthur
49:18mais oui
49:19il y a un vrai
49:20maillage industriel
49:21tous les cantons
49:23toutes les régions
49:24toutes les localisations
49:26suisses
49:27bénéficient justement
49:28de ce tissu industriel
49:29oui parce qu'il y a
49:30une concurrence fiscale
49:31entre les cantons
49:32donc ça permet
49:33à chaque canton
49:33d'être réellement autonome
49:35et surtout d'attirer
49:36des potentiels entrepreneurs
49:37des potentiels entreprises
49:38donc de créer l'emploi
49:39des usines
49:39et effectivement
49:40si vous prenez un train
49:41par exemple entre
49:42Zurich, Lausanne et Genève
49:43il n'est pas rare
49:44de trouver une usine
49:45américaine
49:46en plein milieu du pays
49:47et ça montre vraiment
49:48cette richesse
49:48et ce côté très vertueux
49:50finalement que cette concurrence
49:51fiscale
49:52elle est source d'emploi
49:53elle est source de croissance
49:54et pour un modèle
49:56très décentralisé
49:57ça montre que
49:57quand on fait un bilan
49:58au niveau fédéral
49:59au niveau global
50:00le résultat est plutôt positif
50:02comment ils répondent
50:03à la question démographique
50:05qui est une question vaste
50:06qui touche tout le monde
50:07l'ensemble de la planète
50:08aujourd'hui vieillit
50:09en grande partie
50:10en tout cas
50:11Arthur
50:11la Suisse a une démographie
50:13vieillissante
50:14depuis longtemps
50:14comment est-ce qu'ils essayent
50:15de répondre
50:16à ce qui peut être perçu
50:18comme une faiblesse
50:20à un moment
50:20oui alors effectivement
50:22la Suisse échappe pas
50:22à cette problématique
50:23de long terme
50:24le vieillissement de la population
50:25et donc finalement aussi
50:27la baisse du nombre d'actifs
50:28qui peuvent financer
50:29ces retraites
50:29c'est un système
50:30assez différent
50:31un système par fonds de pension
50:32à l'américaine
50:33pas un système par répartition
50:34donc c'est beaucoup plus
50:36responsabilisant
50:36pour les salariés
50:38mais surtout
50:39le vrai enjeu
50:40c'est que le marché du travail
50:41est très dynamique
50:42il y a un taux de chômage
50:43très faible
50:43et donc il y a une immigration
50:44qui est très forte
50:45et donc tout l'enjeu
50:47pour l'économie
50:48c'est de répondre
50:49à ces besoins
50:49souvent sur la partie qualifiée
50:51par de l'immigration nette
50:52qui est très
50:53qui est triée
50:53mais de le faire suffisamment
50:55pour répondre
50:56à ce besoin structurel
50:57et donc c'est un équilibre
50:58qui est entre
50:58la politique économique
50:59et puis les enjeux
51:00plus politiques
51:01sociaux également
51:02où il faut trouver
51:03un équilibre
51:03donc effectivement
51:04c'est une difficulté
51:05sur laquelle le pays
51:06est confronté également
51:07Bon, revenons quand même
51:09à Davos
51:10Donald Trump s'exprimait
51:11tout à l'heure
51:11je crois qu'il a eu
51:12quelques mots
51:12pour la Suisse
51:14en l'occurrence
51:15la Suisse
51:16avec laquelle
51:18il a signé
51:20un compromis commercial
51:21comme avec d'autres pays
51:23c'est ça Arthur
51:24donc on est tombé
51:25finalement à 15%
51:26de droits de douane
51:27pour les produits schistes
51:28exportés vers les Etats-Unis
51:29Tout à fait
51:30sur une base
51:30qui était de 39%
51:31qui était beaucoup plus importante
51:33Très sévère
51:33ça a pris un peu plus de temps
51:34sur la base
51:36toujours de ce déficit commercial
51:38qui est très important
51:39notamment parce que
51:39le secteur pharmaceutique
51:41exporte massivement
51:42le pendant
51:43c'est que ces exportations
51:44n'étaient pas affectées
51:46par les tarifs douaniers
51:47donc il y a eu
51:47relativement peu d'impact
51:48sur l'économie
51:49plus sur l'industrie
51:50plus sur la gestion des stocks
51:51par contre effectivement
51:53il y a eu une négociation
51:54qui a été assez différente
51:55par rapport aux autres partenaires
51:57parce que ce sont plus
51:57les entreprises
51:58qui de manière coordonnée
51:59sont parties à Washington
52:00négocier
52:01et moins les autorités
52:03fédérales
52:04donc il y a eu
52:04une manière de négocier
52:05assez différente
52:06et qui était très multisectorielle
52:07et qui montre encore une fois
52:09quelque part
52:10ce pragmatisme
52:11et surtout cet ancrage
52:12très top management
52:14d'une économie
52:15qui ne compte pas forcément
52:17sur certaines autorités politiques
52:18pour les aider
52:19dans des conditions
52:20un peu difficiles
52:21Il y a une dissociation
52:23effectivement quand même
52:23du monde politique
52:24et du monde entrepreneurial
52:26et de l'entreprise
52:27en Suisse
52:28Le monde de l'entreprise
52:29peut gérer lui-même
52:31des problèmes commerciaux
52:34en l'occurrence
52:35sans forcément
52:36que le politique
52:36soit présent partout
52:37tout le temps
52:38Tout à fait
52:38ça a été vraiment géré
52:39de manière partagée
52:41alors les autorités politiques
52:42se sont déplacées aussi
52:43avec plus ou moins
52:44un succès évident
52:46mais les entreprises
52:47à la fin
52:47ont permis d'aboutir
52:48à cet accord
52:49et donc il y a effectivement
52:50un engagement
52:51qui est très fort
52:52en termes de création d'usines
52:53en termes de création d'emplois
52:54notamment dans le secteur pharmaceutique
52:55des projets qui étaient déjà prévus
52:57mais qui ont été
52:58beaucoup plus concentrés
52:59et sont accélérés
53:00et notamment des entreprises
53:01comme Roche
53:02Novartis
53:02ont largement partagé
53:04ont largement contribué
53:05à cet effort
53:06Quels sont les risques
53:08qui peuvent peser
53:08sur ce modèle économique suisse
53:10aujourd'hui ?
53:11Des risques internes
53:12ou des risques externes
53:14d'ailleurs peut-être Arthur ?
53:15Le risque c'est
53:16c'est sûr
53:18on a des inflations
53:19qui sont à zéro
53:19des taux qui sont à zéro
53:20donc en termes d'investissement
53:21il y a des alternatives
53:23à trouver
53:23c'est l'immobilier
53:24et donc il y a un des avantages
53:26c'est que l'immobilier
53:27performe très bien
53:27les prix n'ont pas baissé
53:28depuis 35 ans
53:29il y a une forte demande
53:31des fonds de pension
53:31en particulier
53:32et surtout le fait
53:33qu'il y ait des taux à zéro pour cent
53:34ça crée des phénomènes
53:35de réallocation
53:35des fonds de pension
53:37on revient
53:37On va chercher du rendement
53:38en dehors de l'actif refuse
53:41qui n'offre plus aucun rendement
53:42Exactement
53:43et donc ça crée
53:45un marché immobilier
53:46finalement
53:46qui est difficile d'accès
53:48pour les particuliers
53:49donc il y a un tiers des Suisses
53:50qui sont propriétaires
53:51aujourd'hui
53:51un peu plus d'un tiers
53:52et surtout il y a 15%
53:54des Suisses actuellement
53:55non propriétaires
53:55qui ont les moyens financiers
53:57d'accéder
53:58à l'acquisition immobilière
54:00donc ça crée
54:01en termes de social
54:03ça crée une difficulté
54:04et une divergence
54:06entre les plus riches
54:07et la moyenne
54:08donc c'est une des difficultés
54:10L'immobilier n'a pas baissé
54:12en 35 ans
54:13en Suisse
54:13Non
54:14ils ont connu une crise
54:15dans les années 90
54:16qu'ils ont surmonté
54:18et surtout
54:18qui les ont amené
54:20à être beaucoup plus
54:20stricts
54:22sur les critères d'accès
54:23avec un minimum
54:24de 20% d'apport en cash
54:26par exemple
54:26avec un système
54:28de provision
54:28très difficile
54:29et surtout
54:30des crédits
54:30à l'américaine aussi
54:31pas forcément
54:32sur le très long terme
54:32qui doivent être refinancés
54:34et donc ça a des avantages
54:36c'est que
54:36certes les prix augmentés
54:37mais en termes
54:38de risque financier
54:40c'est relativement
54:41parce que les propriétaires
54:43de crédits sont solvables
54:44très solvables même
54:45par contre
54:46et ça laisse sur le côté
54:47une partie de la population
54:48c'est le pendant négatif
54:49à cette histoire
54:50Bon
54:50l'immobilier effectivement
54:51qui peut être un sujet
54:53de crispation
54:54peut-être du côté de la Suisse
54:56alors là
54:57j'écoutais tout à l'heure
54:58Scott Bessent
54:58parce qu'il rencontre
54:59le président de la Confédération
55:01Guy Parmelin
55:01et Scott Bessent
55:02avant de rencontrer
55:03Guy Parmelin
55:04s'inquiétait de voir
55:05la Suisse
55:05trop imiter
55:06l'Union Européenne
55:07je crois qu'il faisait référence
55:08à la bureaucratie européenne
55:10qui est un vrai savoir-faire
55:11chez nous
55:12évidemment
55:13ce plan-là
55:14il est beaucoup plus
55:15mesuré
55:16en Suisse
55:17la fluidité des affaires
55:19l'aspect bureaucratique
55:21les entraves
55:22bureaucratiques
55:23sont moins présentes
55:24que chez nous
55:24c'est une réalité
55:25Arthur ?
55:26Oui très clairement
55:26je pense que le clin d'œil
55:27de Scott Bessent
55:28était surtout
55:29un peu d'humour
55:30Oui
55:30bien sûr
55:31parce qu'effectivement
55:33ils sont tout
55:33sauf la bureaucratie européenne
55:35c'est même un peu
55:36l'opposé
55:36qui est une forme d'ironie
55:37dans le propos de Bessent
55:39Beaucoup
55:39je pense que c'était
55:39pour faire rire l'audience
55:40mais effectivement
55:42il y a beaucoup plus
55:42de pragmatisme
55:43il y a vraiment
55:44un ancrage sur
55:45économique
55:47tout simplement
55:47parce qu'il y a beaucoup
55:48plus de proximité
55:48entre les élus
55:49et les populations
55:50il y a très peu
55:52de personnes
55:52qui font des carrières politiques
55:53donc en fait
55:53ils sont beaucoup plus
55:54à même sur l'impact immédiat
55:55dans leur propre commune
55:57dans leur propre canton
55:57avant même
55:58de l'impact fédéral
55:59et donc il y a un vrai
56:00engagement sur le fait
56:01de mener une politique
56:02qui dans 10 ans
56:03pourrait assumer
56:04et donc cette bureaucratie
56:06cette lenteur
56:06c'est peut-être
56:08une caractéristique suisse
56:09de prendre beaucoup
56:10de recul
56:11aussi de se laisser
56:12le temps de la réaction
56:13et de bien se positionner
56:15au bon moment
56:15c'est une approche différente
56:16par contre
56:17il n'y a pas forcément
56:18la volonté
56:19de
56:19voilà
56:21mais là aussi
56:21dans un monde
56:22où tout va plus vite
56:23dans un monde
56:24où on se retrouve
56:25bousculé par des hommes forts
56:27des dirigeants forts
56:28là aussi
56:29la Suisse doit faire
56:29un travail peut-être
56:30aussi d'adaptation
56:31à ce rythme du monde
56:33exactement
56:33alors la méthode
56:34ne va pas changer
56:35oui
56:35les personnes non plus
56:37mais non contre
56:38en fait
56:38c'est vraiment
56:38le temps de réaction
56:39qui va devoir être
56:41beaucoup plus court
56:41et donc il y a
56:42plusieurs enjeux
56:43on a pu parler
56:44de crédit suisse
56:46l'UBS
56:46on a pu parler
56:47des enjeux
56:47concernant les tarifs douaniers
56:49et donc il y a eu
56:50beaucoup de discussions
56:51en interne aussi
56:51en Suisse
56:52sur comment
56:52par exemple
56:52négocier
56:53avec l'administration
56:54américaine
56:55rapidement
56:55dans quelles conditions
56:56et donc
56:57il y a peut-être
56:57un process
56:58pour réagir
56:59à des crises
56:59qui doit être
57:00un peu plus condensé
57:01dans le temps
57:01c'est une réflexion
57:02que les politiques
57:03prennent au sérieux
57:03et ont déjà entamé
57:04actuellement
57:04donc ça va dans le bon sens
57:06on a parlé de l'immobilier
57:08le tissu industriel
57:09évidemment qui se reflète
57:11dans la cote des small
57:12et mid cap suisse
57:13il ne nous reste plus
57:13beaucoup de temps
57:14Arthur
57:14je voulais qu'on dise aussi
57:15un mot de l'écosystème crypto
57:17qui est très dynamique
57:18en Suisse
57:19c'est ça Arthur ?
57:20oui proche de Zurich
57:21à Atzouk
57:22il y a l'écosystème
57:23la Silicon Valley
57:24un petit peu des cryptos
57:25et donc il y a effectivement
57:26un écosystème
57:27sur des plateformes
57:28sur l'émergence de nouveaux
57:29comme des stable coins
57:30par exemple
57:31qui est extrêmement dynamique
57:31et donc c'est effectivement
57:33ils ont la voie
57:33et la réglementation
57:34est pro développement
57:37de cet écosystème crypto
57:38elle est beaucoup plus avancée
57:39beaucoup plus négociée
57:40avec le régulateur
57:41c'est quelque chose
57:42qui est encore en progrès
57:42mais il y a vraiment
57:43un écosystème là-dessus
57:45qui est très clair
57:46oui
57:46et qui complémente
57:48un autre sujet
57:48qui sont effectivement
57:49les petites moyennes
57:50capitalisation
57:51qui performent très bien
57:52et qui vous en discutez
57:53avec les précédents invités
57:54sont pleines de promesses
57:56particulièrement en Suisse
57:57parce que c'est
57:58une classe active
57:58qui surperforme historiquement
57:59les petites moyennes
58:01de capitalisation mondiales
58:02merci beaucoup Arthur
58:03Arthur Jurus
58:04vous êtes venu nous voir
58:05avec ce livre
58:05Made in Switzerland
58:06The Art of International Success
58:08il y a la version française aussi
58:10j'imagine
58:10avec votre co-auteur
58:12André Leman
58:13j'ai vu qu'on le retrouvait
58:14sur Amazon
58:15très facilement
58:15je crois
58:16c'est ça Arthur
58:17merci beaucoup
58:17Head of Investment Office
58:18Private Wealth Management
58:19chez Odo BHF en Suisse
58:21et membre également
58:22je le précise
58:23de BSI Economics
58:24Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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