- il y a 2 jours
Sur le plateau d’Inclusion4Change, focus sur le rôle clé des entreprises face aux violences intrafamiliales. Avec Vigdis Morisse-Herrera, fondatrice d’Opale.care, et Sarah Barukh, fondatrice du mouvement Safe Place, tour d’horizon des solutions concrètes qui permettent d’agir.
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00:00Nous sommes de retour sur le plateau d'Inclusion for Change pour parler de comment les entreprises peuvent accompagner les personnes victimes de violences intrafamiliales avec nos deux invités,
00:16Vigdis Maurice Herrera, fondatrice d'Opalcare, on va en parler, bonjour, et Sarah Barouk, fondatrice du mouvement Safe Place, bonjour à vous aussi et merci d'être présente avec nous sur ce plateau.
00:28Avant de parler précisément des dispositifs que vous avez créés, je propose qu'on pose le cadre.
00:34D'abord Sarah Barouk, quelles sont les conséquences professionnelles des violences intrafamiliales sur les victimes et sur leur entourage professionnel ?
00:43Évidemment, on ne laisse pas ce genre de problématiques à l'extérieur du bureau.
00:49Lorsqu'on est harcelé, menacé, ça ne s'arrête pas.
00:54Donc il y a déjà des risques pour la personne, des risques d'erreurs.
01:00Alors si on se place du point de vue des employeurs, il y a évidemment des problématiques cognitives lorsqu'on est victime de violences conjugales.
01:07Donc ça veut dire des erreurs, ça veut dire des absences, ça veut dire des arrêts maladie à répétition.
01:13Mais tout cela a un impact sur le travail.
01:16Donc ça veut dire des problèmes de cohésion dans les équipes.
01:19Lorsqu'on est au courant que notre amie, elle vit des choses difficiles et qu'il va falloir la couvrir si elle n'est pas là, si elle s'est trompée dans un dossier,
01:27s'il y a quelqu'un qui l'attend au coin de la rue.
01:29Et donc tout cela me permet d'arriver vers la problématique des risques pour les collègues.
01:35Parce qu'une personne qui a décidé d'aller tuer sa femme, c'est déjà arrivé qu'il entre dans les locaux de l'entreprise, qu'il agresse la personne qui est à l'accueil, qu'il agresse les collègues.
01:46Mais sans aller jusque-là, si on veut nuire à quelqu'un, on peut tout à fait aller dans sa boîte mail, découvrir des dossiers qui sont censés ne pas être vus de l'extérieur.
01:56Donc il y a tous ces risques-là. Il y a aussi un risque RH de recrutement et de suivi.
02:04Et enfin, on n'en parle pas assez, un risque juridique pour les entreprises.
02:09Parce que s'il y a un féminicide, un homicide conjugal ou un blessé grave parmi les effectifs, ce n'est pas l'entreprise en tant qu'entité qui va être accusée.
02:19Mais les collègues, les RH, les managers peuvent être accusés de non-assistance à personne en danger.
02:25Il y a très peu de chances qu'ils soient reconnus coupables.
02:28Mais en fait, lorsqu'on est dans le CAIR, être convoqué par la police, être convoqué au tribunal pour expliquer pourquoi vous n'avez pas déclenché une alerte alors qu'il y avait des signaux faibles ou des signaux forts,
02:40ça suffit à traumatiser à vie.
02:41Vigdis, Maurice et Rera, pour continuer de poser le contexte de tout ça, combien de temps est-ce qu'il faut pour sortir des violences ?
02:55Quel temps faut-il pour un accompagnement, vraiment du début à la fin, sachant que ça peut prendre, si j'ai bien compris, des années.
03:03La difficulté, c'est qu'on voit les violences conjugales uniquement sur l'angle du prisme.
03:11Une fois qu'on est parti, c'est fini, ce n'est pas vrai.
03:14Quand on a des biens, quand on a des enfants, quand on a un régime matrimonial, etc.,
03:20les violences peuvent durer des années et des années après la séparation d'avec le conjoint violent.
03:26Et ça, on le paye pendant de nombreuses années, ensuite, toujours dans la carrière professionnelle, toujours dans la vie privée, etc.
03:34Pour rebondir sur ça, on a fait une étude, nous, auprès de personnes pour savoir de quelle manière elles estimaient que les violences conjugales avaient impacté leur travail.
03:42Et il y a une réponse qui m'a particulièrement marquée, c'est une femme qui était toujours incapable de faire des rendez-vous avec des clients hommes, en fait.
03:51Et ça, ça avait un réel impact sur son travail. Et pourtant, ces personnes-là étaient séparées depuis un certain nombre d'années.
03:57Les conséquences de ces violences conjugales, parce que c'est une femme sur six en âge de travailler qui est ou qui a été victime de violences conjugales,
04:05les conséquences, elles sont sur le long terme, elles sont toute la vie.
04:09Hier, je faisais un cours dans une école à des futurs RH, et à la fin, l'organisateur m'a dit
04:14« Je vous souhaite un jour de pouvoir marcher dans mes pas. »
04:19Parce qu'en fait, on échangeait sur le fait que, moi, j'avais toujours peur, je regardais toujours derrière moi dans la rue.
04:25Pourtant, je ne suis plus avec mon conjoint violent, mais cette sensation, elle est toujours là, et je ne sais pas si elle pourra me quitter un jour.
04:32Donc, il y a une temporalité du fait de la relation conjugale, mais il y a tout l'après qu'il faut prendre en compte là-dedans, dans l'accompagnement.
04:40Oui, c'est cette reconstruction, d'ailleurs, dont parle Julie, dans son témoignage, où elle dit qu'elle ne s'était plus parlée,
04:45qu'elle a arrêté de parler à des interlocuteurs hommes, parce que son compagnon de l'époque lui disait que...
04:51Que ce n'était pas...
04:53Oui, enfin, il était lourd de sous-entendre.
04:55Il lui interdisait de le faire.
04:57Concrètement, les entreprises, où elles en sont sur le sujet ?
05:00Est-ce qu'il y a des choses pour lesquelles se réjouir, des choses à déplorer ?
05:03Alors... Oh, pardon.
05:04Non, alors, c'est une question à toutes les deux, donc allez-y, si vous voulez, Sarah.
05:07Moi, je dirais, par rapport à ce que tu disais, tout l'intérêt est là aussi de trouver la juste place,
05:13parce que ce n'est pas forcément le rôle de l'entreprise de s'immiscer dans la vie privée,
05:17durant toute la vie, ou du moins la durée de la coparentalité,
05:20parce que, pour le coup, effectivement, les violences, ça ne s'arrête pas le jour où on se sépare,
05:26notamment quand il y a du partage, qu'il s'agisse d'enfants, d'animaux, etc.
05:30Mais, oui, il y a quand même énormément d'entreprises qui se rendent compte de l'impact, déjà,
05:39de ce qui se vit dans le privé sur le travail.
05:44Et ce que je trouve intéressant, c'est que, de plus en plus,
05:48prennent conscience aussi, grâce aux remontées terrain, de la transversalité des problématiques.
05:53C'est-à-dire que, jusqu'ici, on avait tendance à traiter en silo la question de l'aidance,
05:58la question de la maladie, la question du handicap, que ce soit pour soi ou pour des enfants.
06:04Oui, la santé au travail.
06:06Exactement. Alors qu'en fait, l'impact de toutes ces questions de vulnérabilité,
06:11ça touche nécessairement la sphère intrafamiliale,
06:16et ça accentue ou déclenche des violences,
06:19que ce soit dans les bons moments ou les fragilités.
06:2382% des victimes de violences conjugales sont des mamans.
06:27Et les violences se déclenchent ou s'intensifient à l'arrivée de l'enfant.
06:32Quand vous avez un enfant que vous accueillez et qui porte un handicap et que ce n'était pas prévu,
06:38en général, c'est la maman qui va aménager son temps de travail,
06:42il va y avoir un impact sur l'économie au sein du foyer,
06:46il va y avoir des tensions intrafamiliales,
06:48et ça peut déboucher sur des violences intrafamiliales.
06:52Pareil, quand on a un proche qui tombe malade et qu'il va falloir aider, etc.
06:56Et finalement, je dirais, le progrès des entreprises,
07:00il est dans cette acceptation qu'on ne peut pas traiter les vulnérabilités en silo,
07:05et que les violences intrafamiliales sont finalement ce qui relie,
07:10en termes d'impact, toutes ces vulnérabilités.
07:12Et pour vous, juste au-delà du 25 novembre,
07:17où sont les entreprises au-delà de l'animation d'une journée nationale ?
07:22Alors, la difficulté en se focalisant uniquement sur une journée nationale,
07:26ça va être de ne porter l'attention sur ce sujet,
07:30de faire de la prévention une seule fois dans l'année,
07:32donc j'espère que ça tombera au bon moment pour vous,
07:34si vous êtes victime de violences et dans le cycle des violences,
07:38pour que vous en ayez conscience, sinon c'est dommage.
07:41C'est quelque chose qui doit être en trame de fond,
07:44de manière constante, et toute l'année.
07:47Parce que la prévention, on ne la fait pas en one shot,
07:49on ne la fait pas une fois dans l'année.
07:51Les entreprises, elles en sont au balbutiement
07:53dans la prise de conscience de l'impact que ça a.
07:57L'impact, il est évidemment sur les personnes,
07:58mais les personnes qu'on embauche, les personnes qu'on fait travailler,
08:01c'est un coût pour l'entreprise.
08:03Et du coup, toutes ces violences,
08:05le fait de ne pas les traiter, de ne pas faire de prévention,
08:07de ne pas s'en occuper,
08:09ça va avoir un coût pour les entreprises.
08:10Les études de santé publique ont montré
08:12qu'un euro dépensé en prévention,
08:15sur les violences conjugales,
08:16c'était 82 euros économisés à la sortie.
08:19C'est des sommes qui sont colossales.
08:21Et cette étude de santé publique,
08:22qui a été faite en 2006, sur laquelle je m'appuie beaucoup,
08:24elle pointe aussi du doigt
08:25qu'une victime de violences conjugales,
08:27c'est 34 000 euros de frais
08:30pour une entreprise.
08:31Vous multipliez par une sur six,
08:32le nombre de victimes qui portent plainte,
08:34toutes celles qui ne portent pas plainte, etc.
08:35On oscille entre des montants
08:37entre 8 et 58 milliards par an de coûts
08:40pour les entreprises françaises.
08:42Donc, c'est un vrai sujet à la fois de société,
08:46un sujet social, un sujet humain,
08:49parce que c'est la vie qu'on préserve,
08:52mais c'est aussi un sujet économique,
08:53parce que ça, c'est tout le monde qui le paye,
08:55tout le monde qui le finance,
08:56le fait qu'il ne se passe pas encore grand-chose
08:58à ce sujet-là et qu'on en soit au début.
09:01Et ce que je trouve important,
09:05c'est de dire, oui, effectivement, ça coûte.
09:08Mais à quel niveau ?
09:09Quelle est la juste place pour les entreprises ?
09:11Et dans le mouvement Safe Place,
09:13du coup, le côté pragmatique a été de lister
09:17des actions de bon sens
09:19qui ne coûtent rien aux entreprises,
09:21ou quasiment rien,
09:22mais qui changent la donne,
09:24je dirais, dans l'écosystème des entreprises.
09:27Alors, justement, c'était la prochaine question.
09:30Non, non, mais c'est parfait.
09:33Quels sont les dispositifs que vous préconisez
09:36et quel est ce mouvement Safe Place
09:38pour ensuite arriver à ce que propose Opel Care,
09:41qui, finalement, est extrêmement complémentaire ?
09:43Exactement, on va finir par se marier, je pense.
09:45Tout le monde nous le recommande, donc voilà.
09:49Le principe du mouvement Safe Place,
09:52c'est d'entrer, d'avoir une réponse d'entreprise
09:55pour les entreprises,
09:56mais également d'entrer en tant qu'association
09:59dans l'entreprise.
10:00Donc, c'est un label d'entreprise ?
10:02C'est un label RSE
10:03qui guide les entreprises
10:04vers des actions à mettre en place,
10:07extrêmement pragmatiques,
10:08qui changent la donne pour les victimes.
10:09Je vais vous donner quelques exemples.
10:11Parmi les actions principales,
10:13il y a le fait d'autoriser les salariés
10:15à porter plainte sur le temps de travail.
10:17Pourquoi est-ce que c'est important ?
10:19Parce que quand vous subissez du contrôle coercitif,
10:21qu'il y a la moindre minute de retard,
10:23ça débouche sur trois jours de dispute grave,
10:26vous n'avez jamais quatre heures le samedi après-midi
10:28pour vous rendre au commissariat.
10:30Ce qui est ce que prend,
10:31enfin une plainte, ça prend entre trois et quatre heures.
10:34Ça, par exemple, ça ne coûte rien aux entreprises
10:36de dire à partir d'aujourd'hui,
10:38vous pouvez, d'ailleurs vous pouvez même y aller
10:39avec l'assistante sociale de l'entreprise,
10:43vous avez ce temps-là
10:44et on vous sert d'alibi.
10:47Pareil, arrêtez de verser des salaires
10:49sur des comptes joints.
10:50Parce que si vous êtes en train de préparer un départ
10:52et que tout votre argent va directement
10:55dans la poche de la personne maltraitante
10:56ou que tout est tracé,
10:59vous n'avez aucune chance de vous en sortir.
11:01Bon, je ne vais pas vous faire les 60 actions,
11:03mais en gros, ça permet aux entreprises
11:05qui sont en réalité beaucoup plus robustes
11:09et agiles que l'État en la matière,
11:11parce que l'État n'est pas partout dans le quotidien.
11:14Ce qui détient l'identité économique
11:16et administrative des individus,
11:19c'est l'entreprise.
11:20Elle détient l'emploi du temps,
11:23elle détient l'argent,
11:24enfin, elle détient l'entité finalement
11:26qui a tout ça.
11:27Donc nous, le mouvement Safe Place,
11:29on agit à ce niveau-là
11:30pour que tout ce qui peut être installé
11:32et qui dépend de l'entreprise soit fait.
11:35Et à partir du moment où ça s'est fait,
11:37on intervient aussi en tant qu'association
11:39pour accompagner les collaboratrices
11:42ou collaborateurs d'ailleurs
11:43qui se manifesteraient
11:45et qui parfois n'osent pas
11:46aller taper à la porte des DRH
11:48ou des équipes mises en place,
11:51tout simplement parce qu'ils ont peur
11:52de la stigmatisation,
11:53ils ont peur que ça impacte leur carrière,
11:55etc.
11:56Donc, le fait de passer par une association
11:58d'aides, ça les soulage.
12:01Transition toute trouvée
12:02pour parler d'Opalcare,
12:03qui est une solution RH
12:05totalement en ligne
12:06et donc qui permet de dématérialiser
12:08ce moment
12:10de l'autodiagnostique
12:14puis de la recherche d'aides.
12:17Est-ce que vous pouvez nous en parler
12:18un peu de manière détaillée,
12:20alors aussi courte que possible,
12:22parce qu'on a encore plein de questions ?
12:24Au niveau d'Opal,
12:25on va avoir pris en considération
12:28une chose importante,
12:29c'est que le sujet des violences,
12:30les faits de violences
12:31sont de l'ordre de la vie privée
12:32de la personne
12:33et elle n'a pas à devoir
12:34aller les raconter à quiconque
12:37pour pouvoir bénéficier d'une aide.
12:38Ça, c'est sa vie privée.
12:40Donc, Opal, ça va se positionner ainsi.
12:41Si on a un questionnaire
12:42qui dure 15 minutes,
12:43qui va reprendre
12:44toutes les différentes formes
12:46de violences,
12:46à l'issue, on va dire
12:48soit que tout va bien,
12:49parce que des fois, ça va bien,
12:50soit qu'il y a des violences,
12:51on va dire,
12:52lesquelles nous sembleraient
12:53visibles à l'issue du questionnaire ?
12:56On va venir les expliquer
12:57parce que souvent,
12:58violences économiques,
13:00violences vicariantes, etc.,
13:01les personnes ne savent pas forcément.
13:02On va venir ainsi
13:04donc légitimer la victime
13:05parce qu'en fait,
13:06souvent, on n'a pas conscience
13:07de ce que c'est, ce qu'on vit.
13:10Donc, à partir du moment
13:11où la victime, elle est légitimée,
13:12on va reprendre les questions problématiques
13:15et on va lui donner
13:15les faits de droit.
13:16Tu as dit ça.
13:18Tu nous as répondu ça.
13:19La loi dit que.
13:21Ce qui va venir rassurer
13:22sur la légitimité,
13:23à vouloir que ça cesse.
13:25À l'issue de ça,
13:25nous, on a créé
13:26toute une organisation
13:27avec tous les acteurs
13:29qui sont là
13:30pour aider les victimes,
13:31que ce soit l'État,
13:33les associations,
13:33les collectivités,
13:34les professionnels du droit,
13:35les professionnels de la santé,
13:37les banques,
13:38les assurances,
13:38les mutuelles,
13:39les entreprises qui s'engagent
13:40pour leurs clients
13:41ou les entreprises
13:42qui s'engagent
13:42pour leurs salariés.
13:43Pourquoi ?
13:44Parce que la victime,
13:45ça va lui permettre
13:45d'avoir un panel adapté
13:47à sa situation,
13:48qui elle est,
13:49les types de violences
13:49qu'elle vit,
13:50où est-ce qu'elle habite,
13:51où est-ce qu'elle travaille,
13:52qui est sa banque,
13:52qui est sa mutuelle,
13:53et de voir tout ce qui va
13:55pouvoir dépendre d'elle
13:58et tout ce qui va pouvoir
13:59lui être proposé.
14:00Exemple,
14:01nous, dans notre logiciel,
14:02on va avoir listé
14:03tout un ensemble d'aides
14:05qui sont objectifs,
14:07qui sont adaptables
14:08pour pouvoir permettre
14:10aux entreprises
14:10qui sont partenaires
14:11de les cocher,
14:13de les activer.
14:14Eh bien,
14:14à l'issue de ça,
14:15la victime va voir
14:15qu'elle a le droit
14:16à telle aide de son entreprise
14:17et que, par exemple,
14:18pour activer
14:19cette journée,
14:20cet après-midi de congé
14:21pour aller déposer plainte,
14:23il lui suffit
14:23d'envoyer un mail
14:24à Madame Machin
14:25de la compta
14:26et ceci est activé.
14:28Et si elle est arrivée jusque-là,
14:29c'est qu'elle est totalement légitime
14:30à pouvoir demander cette aide
14:32sans s'exposer
14:33d'une autre manière
14:33parce qu'il y a
14:34un énorme sentiment de honte.
14:36Et toutes ces données
14:37qui sont totalement anonymes,
14:39on ne sait pas
14:40qui répond quoi
14:40dans l'entreprise
14:41et l'employeur
14:42n'a pas à le savoir.
14:43Par contre,
14:44il peut savoir
14:45que dans son entreprise,
14:46il y a X personnes
14:47qui ont fait le questionnaire,
14:48X personnes
14:49qui seraient victimes
14:49et même si elles ne viennent pas
14:51jusqu'au bout
14:51jusqu'à lui,
14:52elles auront pu bénéficier
14:54d'autres aides
14:54du réseau Opal
14:55grâce à lui
14:56parce que nous,
14:57on aura accompagné
14:57en amont
14:57toutes les entreprises
14:58qui sont partenaires
14:59autour de la communication,
15:01autour de la prévention
15:02tout au long de l'année
15:03afin que les personnes
15:05puissent venir
15:07demander de l'aide
15:08si elles en ont besoin
15:09tout en préservant
15:10leur vie privée.
15:11Et en parlant justement
15:12d'employeur partenaire,
15:13est-ce que vous pourriez
15:14nous donner une action
15:15vraiment remarquable
15:16mise en place
15:17par une entreprise
15:18sans forcément d'ailleurs
15:19si vous voulez
15:19mentionner le nom
15:21de l'entreprise
15:22mais si vous pouviez
15:23partager avec les personnes
15:24qui nous regardent
15:25une action remarquable,
15:26ce serait quoi ?
15:27Par exemple,
15:27il y a des entreprises
15:28qui vont avoir prévu
15:30du relogement.
15:31C'est incroyable
15:32en termes d'engagement
15:33et c'est super.
15:36Après,
15:36toutes les victimes
15:37de violences conjugales
15:38n'ont pas besoin
15:38d'un relogement
15:39et c'est ça
15:40l'adaptabilité
15:42en fait aux situations.
15:44La nécessité
15:45n'est pas de reloger
15:46toutes les victimes
15:47mais de laisser le choix
15:48d'avoir un ensemble
15:49d'aides
15:50et de pouvoir activer
15:51ce dont on a besoin
15:52à un instant T
15:53et de savoir
15:54le champ des possibles.
15:55Donc ça, moi,
15:55je trouve que c'est
15:56totalement remarquable
15:57et ça montre
15:57un engagement
15:58très très fort
15:59mais c'est pas adapté
16:00à tout le monde
16:01et c'est bien aussi comme ça
16:02et c'est bien
16:03de proposer du choix.
16:05Moi, je dirais
16:05que c'est autorisé.
16:07Je trouve ça très important
16:08moi déjà
16:08que les entreprises
16:10en tout cas
16:10celles qui adhèrent
16:11à Safe Place
16:12et il y en a pas mal
16:13en quelques mois
16:14assument
16:16de dire
16:17que ce sujet
16:17est un sujet
16:18d'entreprise.
16:21Donc déjà,
16:21c'est énorme
16:22d'organiser
16:23une information.
16:26Le fait de pouvoir
16:27porter plainte
16:28sur le temps de travail
16:29du coup,
16:30il y a beaucoup
16:30d'entreprises
16:32qui ont choisi
16:34cette action-là.
16:35Évidemment,
16:35tout un système
16:37de confidentialité
16:38qui est mis en place,
16:39ça n'apparaît pas
16:39sur les fiches de paye,
16:40etc.
16:42C'est très recherché.
16:44Le fait aussi
16:45de ne plus verser
16:45de salaire
16:46sur deux comptes joints.
16:47On a plusieurs entreprises,
16:49ça va d'entreprises
16:50du groupe LVMH
16:51jusqu'à des entreprises
16:53des PME
16:54qui sont dans le béton.
16:56On parle là
16:57d'entreprises féminines
16:58mais nous,
16:59on a des entreprises
17:01qui sont dans le bâtiment,
17:02des entreprises
17:03qui ont des usines,
17:04des entreprises
17:05qui sont en pleine ruralité
17:07et qui du coup
17:09affichent
17:10ces engagements-là.
17:12Et puis,
17:13moi,
17:13dans les actions
17:15qui me touchent énormément,
17:16la première action
17:17que j'ai faite
17:18quand je me suis
17:19enfuie
17:20et que j'ai commencé
17:20à faire toutes les démarches,
17:21j'avais l'impression
17:21d'être folle
17:22et j'avais besoin
17:22d'être sans cesse rassurée
17:24sur le fait
17:24que ce que j'avais vécu,
17:25c'était bien des violences.
17:27Et donc,
17:27j'ai créé un test
17:28qui s'appelle
17:28« Suis-je victime
17:29de violences conjugales ? »
17:30J'en ai fait un QR code
17:32qui est disponible
17:34pour tout le monde
17:34qui a quand même dépassé
17:36les 45 000 scans
17:37en un an et demi.
17:38Donc,
17:39c'est beaucoup.
17:40Et je propose
17:41aux entreprises
17:41d'accrocher ce test
17:43dans les toilettes.
17:44C'est le fameux
17:44violentomètre ?
17:45Non,
17:46justement,
17:46moi,
17:46le violentomètre,
17:47j'évite de l'utiliser
17:48parce qu'il propose
17:49une graduation du danger
17:50qui est fausse.
17:51En fait,
17:52on peut tout à fait
17:52être dans le orange clair
17:54du violentomètre
17:55et dire,
17:55comme c'est régulièrement le cas
17:56lorsque j'interviens,
17:58« Bon,
17:58ça va encore,
17:59je suis dans le orange clair. »
18:00Sauf que moi,
18:01quand j'ai écrit le livre
18:02« 125 et des milliers »,
18:03les trois quarts,
18:04elles étaient dans le orange clair
18:05du violentomètre.
18:07Et puis,
18:07être dans le rouge foncé,
18:09alors développer probablement
18:10un cancer
18:11ou des problèmes de diabète
18:13au bout de 20 ans,
18:14mais être en vie.
18:15Et puis surtout,
18:16ça pose la question
18:17de manière à devoir juger
18:19la personne maltraitante,
18:20ce que l'on n'est pas du tout
18:22en capacité de faire.
18:23Je veux dire,
18:23une des questions,
18:24c'est « Est-ce qu'il te manipule ? »
18:26Moi,
18:26quand j'étais dans cette phase-là,
18:27j'étais bien incapable
18:28de savoir
18:28si ce que je vivais,
18:29c'était de la manipulation.
18:31Donc,
18:31voilà,
18:32dans ce test que j'ai créé,
18:34j'ai évidemment passé
18:35énormément de temps
18:36à écrire,
18:38c'est quand même
18:38mon premier métier
18:39d'être écrivaine,
18:40les questions de manière
18:41à ce que la victime
18:42évalue ses propres ressentis
18:44et qu'elle ne soit jamais
18:47dans la situation
18:48où elle doit qualifier
18:49un comportement extérieur.
18:50Et c'est à partir
18:51de son ressenti à elle
18:53qu'elle va pouvoir
18:54poser un diagnostic.
18:55Bref,
18:56je trouve que c'est
18:56une action très forte
18:57quand des entreprises
18:59accrochent dans
18:59toutes les toilettes
19:00ce questionnaire.
19:01Je vous remercie infiniment
19:03toutes les deux,
19:04j'aurais voulu
19:04qu'on puisse parler
19:05encore beaucoup de temps.
19:08Ce qui est sûr,
19:09c'est que si vous nous regardez,
19:11si parmi vous,
19:11il y a des témoins
19:12ou victimes,
19:13le 3919
19:15peut déjà vous aider
19:16à construire une aide
19:17d'urgence.
19:17Il y a d'autres dispositifs
19:19qui viennent d'être cités.
19:20Je vous incite
19:21à découvrir
19:22les profils LinkedIn
19:23de Sarah Barouk
19:23et de VicDys,
19:25Maurice Herrera.
19:27Merci à vous deux,
19:28mille fois.
19:28Je rappelle que VicDys,
19:30Maurice Herrera,
19:30vous avez fondé
19:31Opal Care,
19:32un dispositif,
19:33une solution RH
19:33qui est spécialement dédiée.
19:36Accessible à tout le monde.
19:37Accessible à tout le monde,
19:38gratuitement pour les particuliers
19:40et sous ce format payant
19:41pour les entreprises.
19:43Sarah Barouk,
19:43vous avez fondé
19:44le mouvement Safe Place.
19:45Merci à vous deux
19:45pour vos engagements.
19:48Tous les épisodes
19:48d'Inclusion for Change
19:49sont disponibles
19:51sur le site de Bsmart
19:52et on se retrouve
19:53le mois prochain
19:54pour une très belle
19:55nouvelle émission.
19:56À très bientôt.
19:58Merci.
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