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  • il y a 7 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour d'Agathe Lambret et Renaud Dély.

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00:00Générique
00:00...
00:01Bienvenue dans les informés, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité.
00:10Bonjour Renaud Védé.
00:11Bonjour Agathe.
00:12Deux questions à la lune ce matin.
00:13Sommes-nous en train d'assister à la chute des Mollahs en Iran ?
00:17Et puis l'exécutif agite la menace d'une dissolution, coup de bluff ou menace crédible.
00:22Pour nous éclairer ce matin, nos informés, Louis O'Salter, journaliste politique au Figaro.
00:27Bonjour Louis.
00:27Bonjour.
00:27Stéphanie Despierres, journaliste politique à LCP.
00:30Bonjour Stéphanie.
00:31Bonjour.
00:32Et Isabelle Laverry, journaliste à la rédaction internationale de Radio France.
00:35Bonjour Isabelle.
00:36Bonjour.
00:36On commence Renaud avec notre premier débat.
00:39Va-t-on vers la chute du régime des Mollahs en Iran ?
00:41La rébellion, en tout cas la révolte, s'accentue en Iran.
00:45Elle dure depuis maintenant deux semaines.
00:47La répression aussi, hélas, s'aggrave.
00:49Le bilan du nombre de manifestants s'est nettement alourdi ces dernières heures.
00:53Alors les canaux de communication ont été coupés par le régime.
00:56Donc il est difficile d'avoir des informations extrêmement précises.
00:59Mais plusieurs ONG parlent aujourd'hui de plusieurs centaines de morts avec cette répression qui s'accentue.
01:05Cette protestation née le 28 décembre initialement contre la cherté de la vie.
01:11C'est vite, très vite transformée en une protestation, une rébellion qui réclame désormais la chute du régime des Mollahs.
01:17Elle a gagné de nombreuses autres villes que Téhérans, changé donc d'ampleur.
01:22Et ces dernières heures encore, donc des témoignages faisant état de massacre, nous sont parvenus.
01:27Je propose d'écouter maître Shirin Ardakani, avocate franco-iranienne.
01:32Elle défend notamment la prix Nobel de la paix 2023 à Nargess Mohamedi qui est en prison depuis le mois de décembre dernier.
01:38Et elle est la présidente de l'association Iran Justice.
01:41Elle était l'invité de France Info ce matin.
01:44Ce dont est certain, c'est que les armes lourdes ont été utilisées avec des scènes véritablement de massacres dans les rues.
01:52Les revendications du mouvement sont extrêmement claires.
01:54Elles ont été au départ économiques.
01:57Et puis très rapidement, dans les quelques minutes qui ont suivi, les slogans ne donnaient lieu à aucune ambiguïté.
02:03Mort aux dictateurs, nous voulons la fin de la République islamique.
02:07Alors jusqu'où le régime des Mollahs est-il aujourd'hui fragilisé ?
02:10La chute de ce régime est-elle envisageable ?
02:12Quelle serait dans ce cas-là l'alternative ?
02:14Y a-t-il une alternative démocratique qui serait susceptible de prendre le pouvoir à Téhéran ?
02:18Et puis tout d'abord, quelle est précisément à l'heure où on se parle la situation justement à Téhéran et dans le reste du pays
02:24où en est la révolte et où en est la répression ?
02:27Isabelle Labéry, vous suivez la situation pour la rédaction internationale de Radio France.
02:31Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de la situation aujourd'hui en Iran, où en est la mobilisation, où en est la répression ?
02:37Alors, cette mobilisation, on sait qu'elle continue dans les grandes villes comme dans les petites villes aussi.
02:42Vraiment, toutes les régions sont concernées, même s'il est plus difficile aujourd'hui d'avoir des informations.
02:46Vous le disiez, parce que Internet est toujours coupé, le réseau Starlink échappe au brouillage des autorités.
02:52Donc, il y a quand même des vidéos qui réussissent à parvenir à l'étranger.
02:55Dans les zones frontalières aussi, on sait que certains Iraniens ont des cartes SIM étrangères
02:59et profitent des réseaux de proximité pour envoyer ces images.
03:03Il y a aussi des témoignages qui parviennent à la BBC qui a un service en farcie.
03:07Et ces dernières heures, ce sont des médecins qui ont témoigné, beaucoup de médecins qui travaillent dans les hôpitaux de Téhéran et d'ailleurs,
03:13et qui expliquent que les urgences et les services sont débordés,
03:17que les victimes arrivent par dizaines et par centaines parfois dans certains hôpitaux.
03:22Ils se sont même débordés, saturés.
03:24Il faut aller empiler les corps, pardon pour ces détails un peu morbides,
03:27mais il faut aller les empiler dans les salles de prière.
03:30Certains disent aussi, certains médecins, que les jeunes ont été visés,
03:33parce que ce sont des jeunes manifestants, ils ont en général une vingtaine d'années,
03:37certains ont été visés directement à la tête ou au cœur.
03:40Ce qui ne fait aucun doute sur la volonté des gardiens de la révolution, des forces répressives,
03:46de mater cette révolution, puisqu'on peut dire que c'est une révolution à huis clos,
03:51justement le plus loin possible des regards des pays internationaux.
03:55Vous dites que c'est une révolution, ce n'est pas la première mobilisation d'ampleur en Iran.
03:59Là, vous parlez de révolution, qu'est-ce que ça signifie ?
04:02Est-ce que cette fois, le régime des Mola est en train de tomber ?
04:06Vous savez, depuis 2009, notamment la première contestation de la réélection de Mahmoud Armaninejad,
04:12il y a eu à peu près cinq grands mouvements.
04:15Tous avaient des revendications initiales différentes,
04:18tous ont convergé in fine vers la demande de la chute du régime des Mola.
04:22C'est leur point commun.
04:24Ce qui différencie ce mouvement aujourd'hui, c'est qu'il est massif, il est violent,
04:27que la répression, elle aussi, est extrêmement violente.
04:30Elle est aussi, cette contestation, elle se fait contre un régime qui est affaibli.
04:35Les gardiens de la révolution sont affaiblis sur le plan économique.
04:39C'est aussi une puissance économique.
04:40Et comme le reste de la population, ils souffrent de l'effondrement du pays.
04:44Ils sont affaiblis sur le plan militaire.
04:46On sait que les frappes israéliennes et américaines, en juin, ont tué leur chef et plusieurs de ces cadres.
04:52Ils sont aussi affaiblis idéologiquement,
04:54parce que la population iranienne aujourd'hui a compris que la réforme ne viendrait pas de l'intérieur,
05:00que ce régime ne peut pas se réformer.
05:02Donc, il n'y a plus rien à perdre, il faut aller le plus fort possible.
05:06Les gardiens, oui, ils sont affaiblis.
05:08Il se dit même que certains membres des gardiens de la révolution aujourd'hui,
05:12ou en tout cas des basidjis qui répriment les manifestations,
05:16résistent, ne souhaitent pas tirer sur les manifestants,
05:20ce qui conduit à des arrestations en interne.
05:22Donc, il y a aussi des fragilisations en interne au sein de ce corps révolutionnaire.
05:26Une ambiance de fin de règne avec des règlements de compte.
05:28Est-ce qu'il est prêt à tomber pour autant ?
05:30Ce n'est pas complètement sûr.
05:31On sait quand même, enfin c'est le Times qui disait ça il y a quelques jours,
05:34que l'ayatollah Romény, qui dirige le pays aujourd'hui,
05:39qui est vraiment le pilier du régime,
05:41a quand même envisagé cette possibilité,
05:43que les gardiens soient débordés,
05:45et il aura négocié un plan d'exfiltration vers la Russie,
05:47c'est le Times qui explique ça, vers Moscou.
05:49En tout cas, ça veut quand même dire que le régime a peur de la rue aujourd'hui.
05:54Est-ce qu'il y a des alternatives à ce pouvoir aujourd'hui ?
05:58Alors, en interne, dans le pays, non.
06:00L'opposition, elle a été complètement décapitée.
06:04Il n'y a plus d'opposants en Iran.
06:06Ils sont tous en prison.
06:08À l'extérieur, la diaspora, elle est très divisée.
06:10Alors, on parle beaucoup de Reza Pahlavi,
06:12qui est le fils de l'ancien roi d'Iran,
06:14du dernier roi d'Iran, du Shah d'Iran,
06:17qui lui est exilé aux États-Unis depuis 45 ans.
06:19Il apparaît beaucoup en vidéo.
06:22Il incite les manifestants et les forces de sécurité à rejoindre le mouvement.
06:27Il essaie un peu de tirer parti, de tirer profit de ce mouvement
06:31pour revenir au pouvoir.
06:34Est-ce qu'il en a vraiment la capacité ?
06:35Ce n'est pas sûr.
06:36Il n'est pas vraiment fédérateur.
06:38En réalité, vous avez la moitié des Iraniens qui sont issus de minorités.
06:41Azeris, Balouch, Kurdes, qui ne veulent pas entendre parler de Reza Pahlavi.
06:45Et en fait, il y a une espèce, chez certains, de nostalgie de la période monarchique
06:49qui était une période de stabilité pour le pays.
06:52Mais c'est une minorité.
06:53Donc, il n'est pas dit que Reza Pahlavi incarne réellement une alternative aujourd'hui
06:58et puisse conduire une transition si jamais le régime des Mollah tombent.
07:02Quel peut-être le rôle des États-Unis, Renaud ?
07:04C'est une des inconnues, évidemment, de ce qui est en train de se jouer en Iran.
07:08On se souvient de l'intervention américaine il y a quelques mois, au mois de juin,
07:11ce que Donald Trump a baptisé la guerre des 12 jours,
07:14qui a contribué aussi, et Isabelle Lavey le disait à l'instant, à fragiliser le régime.
07:19Donald Trump affirmait hier que l'Iran veut négocier, dit-il.
07:23Il évoque d'ailleurs une réunion en préparation,
07:26qui sera en préparation avec les dirigeants du régime de la République islamique.
07:31Mais il y a toujours aussi la tentation de l'intervention, du coup de force.
07:34Il avait dit, il y a déjà quelques jours, il a répété à plusieurs reprises le président américain
07:37qu'il ne laisserait pas le régime massacrer le peuple iranien.
07:42Et puis, il y a toujours deux questions qui se posent.
07:44S'il y avait une intervention, quelle qu'en soit la forme de la part des États-Unis,
07:47c'est d'abord qu'en serait l'effet.
07:50Le régime des Mollahs a déjà annoncé qu'il y aurait dans ces cas-là,
07:53évidemment, qu'il répliquerait que des sites militaires américains,
07:57notamment dans la région, seraient visés, que la réplique serait terrible.
08:00Est-ce qu'on aurait de nouveau une forme d'escalade, bien sûr ?
08:05Et puis, est-ce que, mais là, cette deuxième hypothèse semble beaucoup moins envisageable
08:09dans le contexte actuel, vu l'état du régime,
08:11est-ce que ça pourrait produire, à contrario, un effet d'une population
08:15qui se ressouderait un peu autour du régime, justement à cause d'une intervention américaine ?
08:20Dans le contexte actuel, on voit à quel point le régime est décrédibilisé.
08:23Et d'ailleurs, la répression sanglante qu'il met en œuvre contribue un peu plus,
08:26évidemment, à le décrédibiliser auprès de la population,
08:29cette deuxième hypothèse semble moins évidente, bien sûr.
08:33Il y a un précédent, en plus, qui inquiète certains pays autoritaires,
08:39c'est Nicolas Maduro, au Venezuela.
08:41Si les États-Unis ont enlevé un dictateur une fois,
08:45ils peuvent en faire tomber peut-être d'autres.
08:48Alors, c'est vrai que certains Iraniens appellent de leur vœu
08:50l'intervention américaine dans leur pays.
08:52Et l'exemple de Nicolas Maduro leur montre, en tout cas,
08:56qu'on peut enlever un dictateur en place assez facilement.
09:00La grande différence, quand même, c'est que le Venezuela,
09:02c'est l'arrière-cour des États-Unis,
09:04et que changer le jeu en Iran, c'est aussi courir un risque
09:07de vraie réplique sismique régionale.
09:09Et ça, je pense que Donald Trump y réfléchit à deux fois
09:11avant de lancer l'option militaire, en tout cas sur le territoire iranien.
09:15Vous y croyez, à une option militaire américaine ?
09:18Est-ce que c'est possible, Louis-Alter ?
09:20Comme Donald Trump, souvent varie, mais en général,
09:23quand il a fixé une position, il fait plutôt ce qu'il dit.
09:25Et on l'a vu avec le Venezuela, asphyxié peu à peu
09:26par une opération militaire.
09:28S'il dit qu'il veut plutôt y aller pour l'instant
09:29par la négociation avec les Iraniens,
09:32c'est soit qu'effectivement, il va faire ça,
09:33soit qu'il veut garder un effet de surprise
09:35pour une éventuelle intervention.
09:36Il ne faut pas non plus oublier le rôle d'Israël, évidemment,
09:39et le Mossad est très actif,
09:41puisque c'est l'allée historique des États-Unis
09:42et que c'est l'ennemi numéro un du régime des Mollahs
09:44qui a pour but l'anéantissement d'Israël.
09:47Le New York Times a évoqué d'ailleurs des scénarios militaires
09:49qui auraient été aussi proposés à Donald Trump.
09:52Comme toujours, comme le disait Louis-Alter à l'instant,
09:55avec la communication de Donald Trump,
09:57il s'applique, il le fait assez bien,
10:00à embrouiller, à entretenir une forme de brouillard
10:02de façon à masquer, d'une part, ses véritables intentions
10:05et d'autre part aussi le timing.
10:07C'est-à-dire que ce n'est pas parce qu'il évoque une réunion,
10:10un processus éventuel de discussion,
10:11dont on ne voit pas bien encore les contours d'ailleurs,
10:14qui pourrait se dérouler dans quelques jours, voire un peu après,
10:17qui ne pourrait pas finalement intervenir plus tôt.
10:19Il l'a déjà fait.
10:21Et visiblement, tous les scénarios sont sur la table.
10:24Le New York Times évoque donc des scénarios militaires
10:26qui auraient été proposés au président américain par le Pentagone.
10:29Stéphanie, pardon, Isabelle Labéry voulait dire un mot pour terminer ce sujet ?
10:33Non, non, je pense que Donald Trump étudie effectivement toutes ses options,
10:36mais que pour l'instant, il semble en tout cas privilégier à la fois la menace,
10:39mais la volonté de dialogue pour sortir de ce conflit
10:42sans avoir à utiliser l'option militaire.
10:45Merci beaucoup Isabelle Labéry,
10:47journaliste et la rédaction internationale de Radio France.
10:49Je vous libère avant de passer à notre deuxième sujet.
10:54Dans un instant, est-ce que l'exécutif bluffe
10:56en agitant la menace d'une dissolution ?
10:58Mais tout de suite, c'est l'info en une minute
10:59avec Diane Ferschit, il est 9h17.
11:03L'Iran veut négocier, c'est ce qu'assure Donald Trump
11:05après ses menaces d'une intervention militaire américaine.
11:08L'Iran où les manifestations contre le régime
11:10durent depuis un peu plus de deux semaines.
11:12L'Iran qui ne cherche pas la guerre,
11:13mais est tout à fait préparé pour la guerre,
11:15affirme ce matin le ministre iranien des Affaires étrangères.
11:19Selon plusieurs ONG, le bilan des répressions des manifestants
11:22s'élève à plusieurs centaines de morts.
11:24En France, la colère des agriculteurs toujours vive
11:27après avoir tenté de bloquer le port du Havre.
11:29Ils ont débuté hier soir une action sur l'autoroute A1,
11:33un barrage filtrant au sud de l'île
11:34qui les envisage de tenir plusieurs jours.
11:37Sur l'autoroute A63, en revanche, le blocage est levé.
11:40Après le signalement d'un site internet
11:42soupçonné de ficher les musulmans,
11:44le ministre de l'Intérieur dit se saisir du dossier.
11:46Site qui provoque l'indignation d'élus politiques
11:48et d'associations SOS Racisme va porter plainte.
11:51La gendarmerie de Savoie déconseille vivement le ski hors piste
11:56face aux risques d'avalanches.
11:57Il reste de 4 sur 5 aujourd'hui dans plusieurs massifs des Alpes des Avalanches
12:01qui ont causé la mort de 6 skieurs ce week-end.
12:04La ministre des Sports se rend ce matin sur place.
12:07France Info
12:11Les informés, Renaud Delis, Agathe Lambret
12:16Les informés avec Léo Zalter, journaliste politique au Figaro
12:22et Stéphanie Despierre, journaliste politique à LCP.
12:25On passe à notre deuxième sujet, Renaud.
12:28Budget introuvable, menace de censure.
12:30Est-ce qu'on se dirige tout droit vers une dissolution ?
12:32Avec une réunion de la dernière chance à Bercy aujourd'hui sur cette négociation budgetale.
12:36Encore une réunion de la dernière chance en attendant la future réunion de la dernière chance.
12:39Bref, au bout de 5 mois bientôt, bientôt 5 mois de discussion,
12:43on voit bien qu'il n'y a toujours pas de succès, de compromis en vue
12:46malgré les discussions en particulier entre le gouvernement et les socialistes.
12:50L'échec menace donc.
12:51La nécessité aussi peut-être de recourir à l'article 49.3 pour essayer de faire passer ce budget
12:56devient de plus en plus pressante, malgré l'engagement de Sébastien Lecornu jusqu'à présent
13:01à ne pas y recourir.
13:03Et donc le Premier ministre qui évoque désormais, si jamais une motion de censure
13:06faisait tomber son gouvernement, l'hypothèse d'une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale.
13:11Deux premières motions de censure vont d'ailleurs être débattues dès cette semaine.
13:13Ce sera après-demain à l'Assemblée nationale.
13:16L'une déposée par LFI, l'autre par le Rassemblement national.
13:19Toutes deux portent sur le traité signé entre l'Union européenne et le Mercosur.
13:24Pourquoi ? Parce que les Insoumis, comme le Rassemblement national, reprochent en quelque
13:28sorte au gouvernement et à la France de s'être opposés à cet accord, comme ils le souhaitaient
13:33précisément.
13:33Donc c'est vrai que ces deux motions de censure sont assez surprenantes.
13:37Et d'ailleurs, les socialistes ne les voteront pas, comme l'expliquait hier sur ce plateau
13:42François Hollande, l'ancien président de la République.
13:44Elles sont inappropriées ces motions de censure.
13:46On ne peut pas reprocher au gouvernement une action que nous avons encouragée.
13:52On demandait de voter contre.
13:53C'était même à l'unanimité de l'Assemblée nationale.
13:56Et puis deuxièmement, ce n'est pas à l'Assemblée nationale.
13:58Aujourd'hui que le débat va s'engager sur le Mercosur, c'est au Parlement européen.
14:03Donc les partis politiques qui veulent éventuellement bloquer cet accord, qui veulent produire un recours
14:10devant la Cour de justice de l'Union européenne, c'est au Parlement européen, ce n'est pas au Parlement français.
14:14Donc ces deux motions, a priori, ne seront pas adoptés mercredi.
14:18Mais en revanche ensuite, et notamment si Sébastien Lecornu déclenche le 49-3, ce qui pourrait
14:22entraîner le dépôt d'une nouvelle motion de censure, est-ce qu'il y a un risque d'abord
14:25que le gouvernement tombe sur le budget ? Et dans ce cas-là, est-ce qu'effectivement
14:28il y a un risque d'une nouvelle dissolution ou est-ce que le Premier ministre bluffe ?
14:32Alors, est-ce qu'il bluffe le Premier ministre, Louis ?
14:35En tout cas, il met la pression, mais ce n'est pas nouveau, depuis quasiment le début
14:39de son deuxième quinquennat, Emmanuel Macron lui-même met la pression sur les oppositions
14:44en disant une motion de censure se transformerait en dissolution.
14:47Bon, finalement, il a dissous sans qu'il n'y ait aucune motion de censure et ça n'a pas
14:50été parfaitement compris.
14:51Donc on voit que son usage de cette arme peut être un peu curieux.
14:56Je pense que Sébastien Lecornu a voulu mettre la pression, non pas tant en raison des motions
15:00de censure qui se présente mercredi, en effet pour des raisons un petit peu curieuses.
15:05On lit même dans la motion des Insoumis que c'est à la fois le vote contre le Mercosur
15:09en l'occurrence, mais aussi l'enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela parce qu'Emmanuel
15:14Macron n'aurait pas qualifié comme il faut l'opération américaine.
15:18On veut bien que le gouvernement Lecornu tombe sur les opérations de Donald Trump en Amérique
15:22latine, mais ça paraît quand même un petit peu éloigné du ballon pour parler en termes
15:26footballistiques.
15:26En revanche, les échéances qui intéressent Sébastien Lecornu, c'est évidemment
15:30le budget.
15:31Il se trouve dans une impasse pour faire adopter ce budget, sachant que pour l'instant
15:35il ne veut pas renoncer à sa promesse de ne pas utiliser l'article 49.3.
15:39Mais comme les partis politiques restent sur leur position, on s'enlise, on ne pourrait
15:44pas avoir de budget avant la fin janvier.
15:46Emmanuel Macron s'impatiente et puis ne peut faire que ça, s'impatienter puisqu'il
15:48a très peu de marge de manœuvre et les élus s'intéressent plus aux élections
15:52municipales de mars.
15:53Donc on sent que Sébastien Lecornu essaie de trouver le moyen de se sortir de l'ANAS
15:58sans que ce soit vraiment opérant pour l'instant et vraiment compris parce que dissoudre
16:02l'Assemblée justement juste avant des élections municipales à un peu plus d'un an de la fin
16:07de mandat du président de la République, ça serait pour le moins baroque.
16:10Je ne dis pas que la première dissolution n'était pas baroque, mais ça serait au moins
16:13autant sinon plus.
16:14A qui s'adresse précisément Sébastien Lecornu, Stéphanie Despierre, elle est où la menace
16:19de renversement du gouvernement aujourd'hui ?
16:21Il s'adresse aux parlementaires parce que le problème numéro un de Sébastien Lecornu
16:24c'est de trouver un budget pour le payer et de ne pas tomber sur ce budget que pour
16:28l'instant malgré des réunions la semaine dernière par exemple on disait qu'elles
16:32étaient productives, il y en a une nouvelle cet après-midi à Bercy, le compromis n'avance
16:37pas, les députés ont étudié à nouveau le budget en commission jeudi et vendredi,
16:43il n'y a pas de compromis en vue, là ils vont recommencer cette fois dans l'hémicycle
16:47demain, donc en général il y a plus de monde, c'est plus politique, c'est plus théâtral
16:51mais pour Sébastien Lecornu c'est une manière de mettre la pression en disant regardez
16:55si ça ne va pas, s'il n'y a pas de budget, si vous me faites tomber sur le budget, et
17:01bien derrière il y aura une dissolution.
17:02Et autant Emmanuel Macron brandit la menace en permanence, autant Sébastien Lecornu
17:05n'était jamais allé aussi loin et là on voit bien que certains politiques disent
17:11c'est un coup bleu, c'est le gouvernement à la trouille, mais c'est vrai que c'est
17:14une manière de mettre la pression parce que le président de la République veut un budget
17:17d'ici fin janvier, Bercy et le Premier ministre considèrent qu'il faut aller vite, mais
17:22pour l'instant ça n'avance pas et ça va prendre encore probablement un peu de temps
17:26pour arriver à un budget que les socialistes sans l'accepter, en tout cas accepteraient
17:31de ne pas faire tomber le gouvernement de Sébastien Lecornu.
17:34Si l'exécutif envisage de dissoudre ce qu'il s'attend potentiellement à être censuré,
17:38est-ce que ça signifie qu'ils vont utiliser le 49-3 sur le budget ?
17:41Alors ça devient de plus en plus difficile pour Sébastien Lecornu de ne pas y recourir,
17:45il faut bien comprendre juste en termes d'arithmétique à l'Assemblée nationale, c'est que la gauche
17:50ne votera pas pour le budget parce que voter pour un projet de loi de finances et appartenir
17:55de fait à la majorité, ce qui distingue donc ce vote du vote du budget de la Sécu il y a
17:59quelques semaines, ce qui signifie que pour faire adopter son budget Sébastien Lecornu
18:03a besoin qu'au moins toute la gauche s'abstienne, c'est-à-dire socialiste mais aussi communiste
18:09et écologiste, les socialistes pourraient peut-être s'abstenir, ce n'est pas le cas
18:13alors qu'il est des communistes et des écologistes, dans ce cas-là le budget ne passe pas parce
18:16que si vous faites l'addition des Insoumis et du RN qui voteront contre de toute façon
18:21quoi qu'il y ait dedans, puisqu'ils veulent même censurer le gouvernement quand ils appliquent
18:24leur décision sur le Mercosur, il y a une cohérence, ils veulent absolument revenir aux urnes,
18:30donc c'est d'où leur attitude, ça ne passerait pas dans ce cas-là, d'où l'hypothèse
18:36de plus en plus crédible de recourir au 49-3, puisque à l'inverse la gauche pourrait
18:39ne pas voter une motion de censure, ce qui ne serait pas le fait, ce n'est pas aussi
18:43lourd que de voter pour le projet de loi de finances. Mais dans ce cas-là, le fait, ce
18:47que rappelle Sébastien Lecornu me semble assez logique, c'est-à-dire que dans cette hypothèse-là,
18:52après 5 mois de négociations, une loi spéciale, de lourdes concessions du gouvernement, notamment
18:57la suspension de la réforme des retraites, si la France se retrouve sans budget et sans
19:00gouvernement, si le gouvernement était censuré à l'issue d'une motion de censure déposée
19:04par exemple après un 49-3, il faut rappeler que ce serait le troisième Premier ministre
19:08qui tomberait en un peu plus d'un an, en à peine un peu plus d'un an, le fait de retourner
19:13aux urnes d'un point de vue démocratique semble assez logique, pour le coup c'est beaucoup
19:17plus facile de l'expliquer, me semble-t-il cette fois-ci, ce serait beaucoup plus facile
19:19de l'expliquer aux organisations politiques, que c'était le cas en juin 2024, où pas
19:23grand monde a compris ce qui s'est produit.
19:25Ça ferait les affaires de qui une dissolution aujourd'hui ? Parce que plus on approche de
19:28la présidentielle, plus ça va déranger pas mal de candidats, non Louis ?
19:33Pas grand monde, en fait, effectivement de moins en moins de monde à l'approche des
19:36échéances. Pourquoi il y a des partis qui réclamaient une dissolution, voire la
19:39démission du président de la République ? C'est pour accélérer l'élection présidentielle.
19:42Sauf qu'en fait, la campagne présidentielle, on y est à la fin du printemps, juste
19:46après les municipales. Donc en ce sens, plus le temps avance, moins on voit les uns et
19:50les autres réclamer, comme ils le faisaient avant, une dissolution, voire une démission.
19:55Stéphanie Despierre ?
19:56Oui, c'est le cas. On entend évidemment de Fassal, le RN et les Insoumis dire
20:00« On est prêt, chiche, on retourne aux urnes », c'est Jean-Luc Mélenchon qui l'a dit.
20:04Mais en fait, à quelques semaines des municipales, ça n'arrangerait clairement personne.
20:08C'est aussi Sébastien Le Gornu, un message, je pense, en direction à des Républicains,
20:12la semaine dernière, avant que le président de la République dise « On va voter non » au Mercosur.
20:16Bruno Retailleau, le président des Républicains, a fait monter la pression en disant
20:19« Si le président de la République ne s'oppose pas au Mercosur, la droite pourrait voter une
20:23motion de censure ». Là, c'est pareil, peu de monde croit à une dissolution.
20:28C'est l'épouvantail, le cauchemar pour les députés, les Républicains.
20:31Mais la semaine dernière, moi j'ai un député du groupe qui me disait « Si vraiment
20:33Emmanuel Macron ne va pas contre le Mercosur, on sera assez nombreux, on sera nombreux à voter
20:39la censure ». Donc c'est aussi un avertissement à toutes les composantes du Bloc central et
20:43des Républicains pour tenter de pousser au compromis et d'avoir un budget.
20:47Et puis Sébastien Le Gornu n'a cessé depuis des semaines de dire « Je n'utiliserai
20:51pas le 49-3 ». Il lui faut aussi un peu de temps, il pousse la négociation jusqu'au
20:56bout, il met la pression jusqu'au bout pour pouvoir ensuite, s'il l'utilise, le justifier
20:59auprès du grand public et expliquer que « Regardez, les parlementaires ne se sont pas mis
21:04d'accord, je n'ai pas d'autre choix que de faire un 49-3 ».
21:07– Renaud, le mot de la fin ? – Oui, c'est une façon de responsabiliser
21:09un certain nombre de parlementaires, notamment socialistes et LR, qui pourraient être tentés
21:12de voter telle ou telle motion de censure, pas cette semaine encore une fois, mais une
21:15à venir un peu plus tard, un peu comme un mouvement d'humeur.
21:18Et on l'a vu ces dernières années, parfois certains députés votaient motion de censure
21:22juste parce qu'ils ne sont pas d'accord avec telle ou telle décision, ce qui est
21:25parfaitement légitime, sauf que normalement quand on vote une motion de censure, c'est pour
21:27faire tomber un gouvernement.
21:29Et dès lors, il faut peut-être se poser la question si on est en mesure de le remplacer,
21:32et soi-même d'aller justement aux affaires.
21:33Et ça, souvent, il y a un nombre de parlementaires qui oublient de se poser cette question.
21:38– Merci beaucoup les informés, merci aux alters journalistes politiques au Figaro,
21:41vous nous donnez la une du Figaro ?
21:42– Le suspens sur les municipales à Paris, et je vous permets de vous signaler le bicentenaire,
21:46les festivités du bicentenaire du Figaro, qui commencent mercredi au Grand Palais à Paris.
21:49– 200 ans, Louis, mais vous ne les faites pas, vous ne les faites pas.
21:52Bon anniversaire, Louis.
21:52– Merci Renaud.
21:53– Et pour mieux comprendre Emmanuel Macron et l'exécutif en ce moment, il faut lire votre livre,
21:57vous nous reparlez de votre livre, Louis.
21:58– La foudre et les cendres, merci à Agathe d'en parler, aux éditions de l'Observatoire.
22:02– Aux éditions de l'Observatoire, merci Stéphanie Despierre, journaliste politique à LCP.
22:07Les informés reviennent ce soir à 20h, à demain Renaud.
22:10– A demain Agathe.
22:11– Très bonne journée.
22:11– Sous-titrage Société Radio-Canada
22:24– Sous-titrage Société Radio-Canada
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