00:00Des sigles qui crispent un peu les Français ces dernières semaines.
00:05Le Mercosur, le MCAF, ça a l'air violent comme ça, ça crispe un peu les Français.
00:13Le MCAF c'est la taxe carbone, MACF pardon, exactement, oui, vous voyez, mais moi j'y arrive pas.
00:19La taxe carbone aux frontières, on va le dire plus simplement.
00:22C'est aussi compliqué que ça, rassurez-vous, c'est aussi compliqué que ça.
00:25Est-ce que concrètement, si on prend du recul, il faut que tout ça, ça passe déjà à l'accord avec le Mercosur ?
00:30Oui, je pense que les deux doivent passer, que les deux en réalité sont liés sur le plan intellectuel.
00:35C'est quoi le MCAF ? On pourrait penser qu'effectivement, c'est le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières,
00:39ça consiste à rajouter une taxe sur les produits importés représentative de la quantité de carbone
00:45qu'il y a dans ces produits sur la base d'un prix du carbone.
00:48Vous êtes pour l'ajout d'une taxe là, Jean-Marc ?
00:51C'est une taxe carbone, c'est une taxe carbone.
00:53Au nom de la folie verte, Jean-Marc est prêt à toutes les transgressions.
00:59Laissons-le développer ça, je vais écouter ça.
01:00Alors pourquoi je suis favorable à cette taxe ?
01:01Parce que c'est une vraie taxe au sens de Arthur Pigou,
01:04c'est-à-dire qu'il s'agit effectivement d'inciter les gens à décarboner l'économie
01:09et donc de mettre au même niveau les contraintes sur les entreprises étrangères
01:13qui nous envoient des produits que sur les entreprises européennes.
01:16Et un autre, il a créé un fonds qui va recevoir le produit de cette taxe
01:21pour là aussi mener une politique de décarbonation
01:23et aider en particulier les PME qui sont en situation les plus délicates sur le plan financier
01:30à mener malgré tout leur programme de décarbonation.
01:34Et donc d'ailleurs la Commission européenne, quand elle a présenté cette taxe devant les instances de l'OMC,
01:41alors qu'elle était attaquée notamment par le Brésil et l'Inde,
01:43elle a bien dit « Le MACF n'est ni un outil commercial, ni un instrument de protection de l'industrie de l'Union européenne,
01:49mais un instrument de lutte contre le réchauffement climatique. »
01:53Et donc effectivement, quand on regarde, alors pourquoi en parler aujourd'hui ?
01:56Parce qu'à partir du 1er janvier, la décision a été prise il y a deux ans, en octobre 2023,
02:02et l'idée c'est tous les deux ans d'avancer vers davantage effectivement de mesures contre le réchauffement climatique.
02:10Donc le prochain rendez-vous c'est en 2028.
02:12Et là, il devrait y avoir encore plus de produits concernés.
02:16Là il y a une liste de produits, il y a l'acier, l'aluminium, le ciment d'un côté,
02:20l'engrais sur le plan agricole, et sur le plan énergétique, l'électricité et l'hydrogène.
02:25Alors, pourquoi il faut signer en parallèle le Mercosur ?
02:30Parce que justement, il faut bien indiquer à nos partenaires commerciaux au niveau international
02:34que nous ne sommes pas dans une logique protectionniste.
02:37Il faut bien indiquer que nous sommes dans une logique de lutte contre le réchauffement climatique
02:41et que les traités de libre-échange continuent à être le fondement de notre action économique et de notre action internationale.
02:48Et qu'il faut bien distinguer le libre-échange d'un côté, la lutte contre le réchauffement climatique de l'autre,
02:55et que nous associons les deux, nous mettons les deux en situation de compatibilité.
02:59Emmanuel Lechup n'est pas d'accord avec vous sur ces dossiers.
03:01Ça c'est de la rhétorique de la commission qui est totalement absurde.
03:04Je ne suis pas du tout d'accord avec Jean-Marc sur le fait que les deux sont complémentaires.
03:08Le Mercosur, c'est un accord commercial.
03:11On est gagnant globalement.
03:13Les agriculteurs ne sont pas d'accord avec vous.
03:14Avec des agriculteurs, et encore pas tous, juste les éleveurs de bœuf notamment, qui sont un peu perdants.
03:19Mais le reste, on est gagnant.
03:22Rien à voir donc avec cette folie qui est ce mécanisme d'ajustement carbone aux frontières.
03:27Alors c'est là où on voit que c'est la folie d'un mécanisme européen.
03:29C'est-à-dire que, comme Jean-Marc l'a dit, ça commence vraiment en 2026.
03:32Mais en réalité, ça a commencé à pourrir la vie des entreprises depuis 2023
03:36sans produire aucun résultat à base de complexité administrative, etc.
03:40Donc c'est bien un mécanisme européen.
03:42La réalité, c'est que ce truc, j'appelle ça ce truc, c'est une usine à gaz technocratique.
03:47Parce que ce qu'a dit Jean-Marc sur les produits concernés, c'est même pire que ça.
03:51C'est-à-dire qu'on va calculer produit par produit, pays par pays, quasiment usine par usine.
03:57Ça va être une charge administrative énorme pour les importateurs européens.
04:01Ça veut dire qu'en fait, c'est des coûts fixes élevés qui ne sont pas accessibles aux petites entreprises.
04:05Il n'y a que les grosses boîtes qui vont pouvoir se payer ça.
04:07Contrairement à ce que dit Jean-Marc, c'est une arme commerciale qui peut se retourner contre l'Europe
04:13parce que le reste du monde ne lui en déplaise.
04:16Il voit quand même un protectionnisme vert avec des risques sérieux quand même de représailles.
04:21C'est un choc de compétitivité quand même parce que c'est là où c'est dingue.
04:25C'est l'anti-accord commercial.
04:27Parce qu'on se tire une gigantesque balle dans le pied dans la mesure où au final,
04:31qui paye, ce sont les filières avales, qui payent pour l'importation par exemple de l'acier, de l'aluminium, etc.
04:37Est-ce que vous avez vu comment les agriculteurs sont vent debout, notamment sur ce mécanisme qui va compliquer et renchérir les importations d'engrais ?
04:45Donc en plus, c'est nos entreprises qui vont payer.
04:47Donc ce truc est une folie à l'efficacité climatique en plus très discutable.
04:52Il y aurait d'autres solutions, mais celle-là n'est pas la bonne.
04:55– Réponse de Jean-Marc Daniel.
04:57– Alors, là où Emmanuel rebondit sur un sujet qui m'est cher, c'est de dire qu'effectivement,
05:03les agriculteurs, ils ont protesté parce que les engrais vont coûter plus cher.
05:07Et c'est l'objectif de ce genre de décision.
05:09C'est-à-dire de faire en sorte que le carbone coûte plus cher pour inciter les gens à moins en utiliser.
05:14À faire en sorte effectivement de se tourner vers d'autres types de consommation.
05:17– Nous mourrons décarbonés, c'est merveilleux.
05:19– Mais si nous ne sommes pas décarbonés, nous mourrons asphyxiés.
05:23Et donc il vaut mieux être décarbonés qu'asphyxiés.
05:26Contrairement à ce que dit Emmanuel.
05:27– Voilà.
05:27– Et donc, je pense qu'effectivement, le véritable problème,
05:31c'est que les gens sont convaincus que derrière tout ça,
05:33il y a un habillage pour faire du protectionnisme.
05:35Et donc il faut véritablement inscrire cette action dans une volonté affichée
05:40de ne pas faire du protectionnisme,
05:42mais de faire véritablement de la lutte contre le réchauffement climatique,
05:45une fin en soi.
05:46– Voilà, on ne veut pas finir asphyxiés.
05:48– On ne veut pas finir asphyxiés, on ne veut finir d'y protégés, d'y asphyxiés.
05:52– Merci beaucoup Jean-Marc Daniel, Emmanuel Lechypre.
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